Solo Fuir à tout prix...

Royaume-Uni, automne 2040


Le couperet était tombé, j’étais officiellement célibataire. Si la démarche avait été commencée, il y a quelques temps déjà, le point final avait été inscrit par les officiels, emportant avec lui les dernières miettes d’espoir d’un renouveau, mon divorce avait été prononcé. Nos chemins devaient se séparer mais aurais-je la force de continuer ma route, seul ? Même si seul, je ne l’étais pas vraiment, il y avait mes enfants, ma famille et mes amis. A cet instant pourtant je ne voyais rien d’autre que ce chagrin qui m’enveloppait peu à peu, envahissant chaque pore de mon être. Tel un cobra, il m’enserrait doucement mais surement, me faisant suffoquer un peu plus à chaque seconde.

Je marchais comme un robot, sous ce soleil arrogant, me dirigeant rapidement vers mon refuge. Le poing serré, je me hâtais de rejoindre ma tanière, laissant mes larmes couler. Je me moquais bien de ce que pouvait penser les autres en me voyant, moi, je voulais juste être dans ma bulle, loin de tout le monde, loin de tout ce que je connaissais.

Une fois arrivé, je m’écroulai derrière la porte et laissai éclater mon chagrin. J’étais fou, c’était si injuste… Pourquoi cela m'arrivait-il ? Qu’ avais-je fait de mal ? Ne méritais-je pas le bonheur ? Où avais-je fauté ?Je me levai, faisant les cent pas comme un lion en cage. Je renversai et cassai tout ce qui pouvait me passer sous la main dans un funeste espoir d’atténuer ma douleur, mais rien n'y faisait. Je m’allongeai alors criant dans mon oreiller, le martelant, laissant coulait toute mon amertume, ma frustration et mon chagrin jusqu'à que la fatigue m'emporte et que je m'endormes.

Les jours suivants, je n’étais guère mieux. Pareil à un automate qui ne vivait que par pur automatisme, parce qu'il avait été programmé à respirer, vivre… J’avais l’impression de sombrer chaque jour un peu plus dans ce petit studio. Très vite, je compris que si je voulais survivre, je devais partir loin. Aller ailleurs, n'importe où, tant que c'était loin, très loin d'elle et voir ce que la vie m’apporterait. Il me fallut quelques jours pour prendre la décision finale puis encore quelques uns pour tout préparer puis je partis loin des terres que je connaissais tant, loin de cet être que j'aimais tant mais haïssais aussi, celle qui m'infligeait ces lancinantes douleurs. Avec les quelques économies qui me restaient, je partis à l’aventure, avec seulement quelques affaires. J’écrivis néanmoins une lettre à mes deux enfants, leur expliquant que j’avais besoin de partir me ressourcer pour revenir plus fort mais que la distance n’enlèverait rien à l’amour que je leur porterais, que je serais toujours là près d’eux par la pensée et que je leur donnerais de mes nouvelles dès que possible. J'espérais qu'ils finiraient par comprendre… J’envoyais aussi une missive plus courte à mes parents et à ma sœur, je savais que par amour ils accepteraient ma décision.

Me dirigeant vers la cheminée qui me conduirait vers de nouvelles contrées. J’avais décidé de commencer mon périple par le Brésil, chez un ami pour me changer les idées, l’aider dans sa plantation et parfaire mes connaissances dans le seul domaine qui serait assez fort pour me passionner assez pour m’échapper un temps à mes démons, ma passion de toujours, la botanique. Je me plongerais à tête perdue dans l’exploration et la culture de la flore locale, oubliant tout le reste…

« Du flouz, du flouz, encore et toujours du flouz ! » - Team Picsou

Couleur de Luan : #008000