1 sept. 2021, 15:05
Comme un orage en nous
coraline
vendredi premier sept. 45
vers dix heures dix
suite d'un long échange

La peur dévorait mon ventre, s’immisçait dans ma gorge et jouait avec mes cordes vocales, s’accrochait à mes membres pour les faire trembler, les secouer dans tous les sens. L’angoisse était comme une bête sauvage, un prédateur vous suivant partout, guettant le meilleur moment pour vous sauter dessus et sonner le début de l’assaut. Le maillon me suivant dans cette immense chaîne alimentaire d’émotions était une énorme boule de souvenirs, de cauchemars, de moments inoubliables cachés, telle une poussière noire au fond d’une armoire.

Je savais qu’il y avait deux types de stress : le stress positif et le stress négatif. Le premier, mélangé à de la joie, de l’excitation, de la hâte, une situation que j’attendais avec impatience mais qui me donnait mal au ventre. Et le deuxième… celui qui nous empêchait de bouger, de penser, de parler, de réfléchir, de faire quoi que ce soit qui ne soit pas se rouler en boule, tremblotant.

Je ne savais pas à quel genre d’angoisse j’avais affaire en ce moment, quelles émotions exactes formaient une boule dans ma gorge… Mais je savais très bien pourquoi celles-ci étaient apparues.

1er septembre… Cette date ne vous évoquait rien ? C’était la rentrée, le retour en salle de classe, le retour… au château. À Poudlard. Sur cette île mystérieuse, cette île peuplée par d’étranges créatures nommées élèves. Entre ces quatre murs, à à peine quelques pas de l’endroit où c’était déroulé…

Je déglutis. Voilà la clé du problème, voilà tout ce qui m’effrayait. Retourner à l’endroit où c’était passé l’innommable, m’asseoir à la même place, revoir ces instants tourner en boucle… Les mêmes raisons pour lesquelles Maman avait décrété, il y avait un mois et demi, que je ne reposerais plus les pieds là-bas. Et ça… ça ne m’avait pas plu non plus. Parce que Poudlard… Poudlard n’était pas la Grande Salle, et la Grande Salle n’était pas le château ; non, je dissociais très bien ces deux éléments. L’édifice en pierre, c’était Poufsouffle, c’était ma salle commune et les dortoirs que j’adorais, c’était mes ami.e.s et des dizaines de rencontres surprenantes, c’était les cours, les professeurs, parfois de l’ennui, et parfois de la motivation. Et tout ça, je ne voulais pas le perdre.

Et puis cet internat, c’était aussi Lena. C’était nos discussions interminables, nos éclats de rire, nos sessions pour travailler – qui partaient parfois, *ou souvent*, en vrille –, nos confessions, les repas passés ensemble… Et Lena me manquait énormément. On avait beau avoir échangé de longues lettres durant l’été, *c’tait pas assez : plus d’une semaine pour envoyer et recevoir la lettre suivante ? Beaucoup trop de temps*. On s’était vues aussi, pas très loin de la gare où je me trouvais maintenant, et on avait passé des superbes moments ensemble ! Mais rien de tout ça n’égalait partager les dortoirs et vivre dans ce château ensemble.

Heureusement, nous avions rendez-vous… Voilà quinze minutes que Maman et moi étions posées à quelques mètres de l’entrée de la voix magique, jetant des coups d’œil aux quelques sorciers qui y passaient avec discrétion. La longue attente me forçait à me triturer les mains, trembloter, une énorme boule de stress dans la gorge. Et si elle ne venait pas ? Et si elle arrivait en retard ?

Et si…

Et si…

M’man, il est quelle heure ?

Encore ? elle soupira tandis que ma douleur de ventre s’intensifiait. Deux minutes de plus que la dernière fois que je te l’ai dit. Dix heures dix. C’est bon, on a du temps !

Mais je n’écoutais même plus ce qu’elle disait.

Cinq minutes.

Lena devait arriver dans cinq minutes.

Trois-cent-soixante secondes.

*Un… Deux… Trois…*

Ne pas lancer un rp ? C'est mal me connaître, @Lena Smith :3
Pas de souci pour le délai eheh, je tenais juste à poster ce moment !

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2 sept. 2021, 22:04
Comme un orage en nous


1er septembre 2045
Deuxième année
12 ans




Image


« Zackaryyy ! Dépêche toi on va être en retard ! »

Un énième soupir s'échappa de la bouche de sa mère et de la sienne. Cela faisait au moins 10 minutes qu'ils attendaient que son cousin descende. *C'est long... Je veux voir Eryne moi*
Par moment, elle avait envie de secouer Zack pour qu'il se bouge. Sérieusement, il ne pouvait pas aller à la même vitesse que tout le monde et arrêter de faire semblant d'être super lent ? Pire qu'un escargot.

Des murmures étouffés leur parvint, puis un bruit de valise qu'on trainait sur le sol puis dans les escaliers et enfin un adolescent d'1m80 apparut sur le seuil du salon.

« Me voilà ! J'ai été méga rapide, non ? »

Un sourire narquois s'afficha sur le visage de Zackary, ce qui eut le don de lui faire lever les yeux au ciel.
Ils se dirigèrent vers la cheminée. Papa passa devant, prit de la poudre de cheminette et dit d'une voix claire et articulée :

« 21 Balfe Street ! »

*Pouf, disparu chez Mamie et Papi*
Zack passa ensuite, puis ce fut son tour. Elle refit la même chose que son cousin et son père avant elle, puis atterrit d'un coup chez ses grands parents paternels. Leur salon décoré façon moldue lui réchauffa le cœur. Elle aimait beaucoup cette branche familiale. Sa mère apparut à son tour. Ils saluèrent rapidement les parents de Papa, puis sortirent de l'immeuble et marchèrent d'un pas rapide jusqu'à l'entrée de King Cross. Heureusement que c'était juste à côté ! Les valises étaient pleines à craquer et elle se sentait fatiguer.

L'heure sur la grande horloge indiquait 10h10. Dans 5 minutes, elle serait devant la barrière menant au quai 9 3/4. Dans 5 minutes, elle reverrait Eryne. Et dans 45 minutes, elles seraient dans le train, loin des parents, *libérées* et en train de parler et de manger des friandises en attendant avec impatience l'arrivée à Poudlard.



Là, devant elle, une silhouette très familière. Cheveux blonds et longs, petite taille, grosse valise, une adulte *sa mère ?* à côté...

« Eryyyne ! »

Elle courut vers son amie, un large sourire aux lèvres. Saluant d'une petite voix polie la personne qui devait être sa mère, elle enchaîna d'une voix enthousiaste, toute excitée :

« Ça va ? C'était comment les vacances ? Tu m'as trop manquée ! C'était bien de parler par lettres mais... Oh et quand on s'est vues à Londres c'était trop bien aussi ! Attend, j'vais te présenter ma famille. »

Elle se retourna, fit signe à ses parents et à Zack d'approcher avant de reprendre la parole :

« Voici Maman, Papa, et Zackary - tu peux l'appeler Zack - mon cousin. Ça te gêne s'il fait le voyage avec nous ? »

Ses parents dirent bonjour à Madame-la-Maman-d'Eryne et son cousin lâcha un "salut", toujours avec son habituel sourire moqueur. Elle lui donna un coup de coude, pour lui faire comprendre qu'il aurait dû être plus respectueux.
Elle reprit la parole, étonnée de se voir si enjouée :

« Ça te dit qu'on aille sur le quai ? Si on s'dépêche pas ri il risque de plus y avoir de places. »

Et sans attendre la réponse d'Eryne, elle prit le chariot de ses bagages, se plaça en face du mur, regarda si aucun moldu n'était dans les parages avant de foncer vers la barrière et de se la prendre comme Harry et Ron dans le 2 et de pénétrer sur le quai de départ du Poudlard Express.

Cinquième année rp 2048-2049
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3 sept. 2021, 11:51
Comme un orage en nous
*Cent-quarante-deux… Cent-quarante-trois… Cent-quarante-quatre…*

Le temps était long, et chaque seconde resserrait l’emprise de la bête noire sur mon ventre. Maman semblait tranquille, lisant quelque chose sur son téléphone, et jetant des coups d’œil autour de nous de temps en temps. Mon pied droit tapotait le sol à un rythme régulier, seul ancrage pour ne pas que l’angoisse m’emporte.

Deux coups par terre. *Cent-quarante-neuf* Deux coups. *Cent-cinquante* Deux coups.

Eryne, tu peux arrêter ?

Je soupirai et plaquai le talon contre le sol.

J’ai mal au ventre.

Faut pas que tu stresses.

*Facile à dire pour toi*

Il est quelle heure ?

Maman se tourna vers moi, un air exaspéré se lisant sur son visage, et me lança une réponse en me demandant d’arrêter de lui poser la question. « Pourquoi tu demandes par une montre pour ton anniversaire ?1 » *Quatorze !* Il était dix heures quatorze selon ma mère. Plus que…

Je relevai la tête en entendant mon prénom. *LENA* La blonde courait vers moi, un immense sourire sur son visage. Deux pas plus tard, je sautai vers elle pour la serrer dans mes bras – mais pas longtemps, ça restait Lena quand même. Je ris en voyant l’expression surprise sur son visage, qui disparut très vite sous son flot de paroles.

Sans me laisser le temps de répondre, elle se tourna vers celleux l’accompagnant, que je saluai d’un bonjour timide. Je fus impressionnée par son cousin, me dépassant d’aller-savoir-combien de têtes, et son père, encore plus haut que l’élève de Poudlard. C’étaient tous des géants, dans sa famille ?

Maman s’approcha des autres adultes, un grand sourire aux lèvres comme d’habitude.

Bonjour ! Enchantée ! Je m’appelle Kiara, je suis la mère d’Eryne. Comment allez-vous, le trajet jusqu’ici s’est bien passé ?

Je l’enviai, avec sa capacité d’aller vers les autres avec cette bonne humeur constante et de se faire aimer par toustes, dès que le mode Kiara-la-bavarde était enclenché. Laissant les Grands parler entre eux, je me tournai pour répondre aux exclamations de ma meilleure amie.

Nah, pas de problème pour ton cousin, glissai-je en regardant discrètement celui-ci. J’suis trop trop contente de te voir ! Toi aussi tu m’as beauuuuuucoup trop manquée ! Les lettres c’était looong ! J’ai trop hâte de retourner à Poudlard !

La présence de ces inconnu.e.s autour de nous avait beau m’intimider, rien ne pouvait freiner la joie de revoir Lena. Je hochai la tête pour lui répondre et me tournai vers ma mère.

M’maaan, on va sur le quai ? J’prends cette valise et tu prends l’autre ?

Sans attendre sa réponse, beaucoup trop pressée de retrouver la *deuxième année*, je me saisis du bagage et courus la rejoindre de l’autre côté du mur. Le petit coup stressant de ce moment passé, je sautillai jusque la fille.

Ça fait trop bizarre d’se revoir ! Tes vacances à toi, ç’a été ? Moi c’était trop bien ! J’me suis beaucoup ennuyée, mais c’était trooooop bien !

1 Elle l'a vraiment fait :grin:
La :sparkles: ponctualité :sparkles:

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