Glasgow Solo Les étoiles

10, Ashfield St. Glasgow, Écosse, G22 5HG.


Elfie était fascinée par les étoiles. Lorsque le ciel était clair, que la nuit était limpide, dépourvue de tout nuage, elle s'accoudait à l'encadrement de la fenêtre de la pièce où Ellen et elle dormaient. La facture d'électricité n'avait pas été payée; sa maman lui avait dit que les volets électriques étaient cassés. Cette absence, ou plutôt cette présence, la circonstance établie mais inopinée, banale, presque habituelle, ouvrait alors une vue extraordinaire sur le Glasgow d'une petite fille de sept ans. Il s'agissait d'une porte insoupçonnée, cachée, qui la menait vers un autre monde, rempli de rêveries, d'opportunités, de possibilités, auxquelles s'accrocher.

Si, l'après-midi, quand Elfie rentrait de l'école primaire, le soleil brillait encore, la petite fille s'installait sur son lit afin d'y apprendre ses leçons, le front collé à la vitre gelée. Elle attendait que, lentement, le soleil termine sa course quotidienne dans le ciel écossais. Parfois, son besoin d'espoir, de croire, tournait à l'obsession. Elle occupait son esprit en occupant ses mains. Elle aidait son père à cuisiner, sa sœur à empiler des cubes. Elfie avait appris à lancer une machine, repriser des chaussettes, repasser une chemise ou coudre un bouton. Elle savait utiliser un couteau, des ciseaux, manier l'aiguille à coudre ou à tricoter. Quelquefois, elle s'occupait de sa sœur une journée entière car elle savait aussi changer une couche, nourrir et soigner un enfant, malade ou non, avait les bons réflexes si Ellen s'écorchait le genou en tombant ou avait une poussée de fièvre. Alors, le soir quand les étoiles se découpaient timidement au milieu du noir d'encre, Elfie, très souvent épuisée, se couchait en adressant aux étoiles, ou à Dieu, la prière qui comprimait ses lèvres.

Quatrième année rp à la rentrée 2047-2048
Membre des Crocheers de Serpentard