OS+ solo Le faux préfet de Poudlard - suite Jacob


samedi 8 septembre 2046
après le déjeuner


Wilson.
Jacob savait à quel point les actions du Serpentard pouvaient être audacieusement insensées, mais justement, c'était pour cela qu'elles marquaient les esprits. Du Protego Maxima lancé avec Paul et Joy dans les tribunes de la troisième tâche, au scandale relatif à l'équipe des Crochets d'argent, sans parler du nom différent du sien dans l'urne noire, Wilson agissait en-dehors des normes.

Mais même si la façon de faire n'était pas la plus sérieuse ni la plus délicate, il soulevait de vraies questions à chaque fois. La protection défaillante des tribunes. La place des Nés-Moldus dans sa maison. L'absurdité de l'urne. L'action coup de poing était peut-être une façon d'éveiller l'attention du plus grand nombre sur un problème dont on n'avait pas la solution. Et même si lui, Jacob, ne se reconnaissait pas dans son mode d'action, il trouvait que cette posture de voix d'opposition à Poudlard qui faisait entendre un autre discours n'était pas sans intérêt. Et d'ailleurs, il aurait trouvé intéressante cette intégration d'une voix d'opposition dans le discours officiel en le nommant préfet.

Alors il s'était sincèrement réjoui de la nomination d'un préfet, qui contre toute espérance, brisait les codes des habitudes préfectorales ; qui, contre toute espérance, avait ce franc-parler un peu rugueux qu'on savait servile à aucune autorité. Il avait appris dès l'entrée dans le dortoir en en rediscutant que malheureusement, Wilson n'était pas préfet.

Poudlard, école de sorciers avait destitué de son poste de préfet un Né-Moldu parce que ses parents non-sorciers n'avaient pas rempli une autorisation de sortie sorcière dans le passé, l'avait destitué pour des faits qui ne relèvaient pas de sa responsabilité, et un retour ne faisait certes pas partie des probabilités les plus élevées, si on se plaçait dans une logique d'écarter les formes d'opposition plutôt que de les intégrer bien sûr.

Un instant, une vague d'optimisme s'était pourtant emparée du Gryffon, d'habitude réticent au contact des autorités et il avait authentiquement cru à une agréable surprise. Peut-être un tournant pour compléter l'interception de Carry sur le quai ? Parfois les attentes de Jacob à l'égard de l'autorité étaient bien trop élevées. Et l'attente réaliste était désormais qu'on allait imposer à Wilson une retenue et jamais proposer de coudre les insignes sur la tenue.

Aussi, lors d'un tour express à la volière après le déjeuner, il se décida à confier un petit mot à son hibou pour le Serpentard, comme on mettrait un mot dans un casier moldu :
"Wilson, ça te dirait de se recroiser, pas en tant que préfet cette fois-ci ? Jacob."
Le plus âgé restait un élève dont le cran l'intriguait. Il aurait aimé comprendre le pourquoi de ces actions coup de poing, comprendre ce qui lui, le motivait. Il avait bien compris Damian et sa façon de penser, en allant vers lui même après qu'il soit monté sur la table de la maison. Il était de cette opinion que chaque avis comptait et à condition que l'avis ne consiste pas juste à enfoncer l'autre pour ce qu'il est, chaque avis méritait d'être écouté et détenait peut-être une part de la vérité. Que c'était un peu trop arbitraire de donner à l'autorité en place le monopole de la vérité.

En bref, il avait 16 ans et entendait l'idée de diversité d'opinions et de liberté. Il avait 16 ans et il commençait à sérieusement se politiser. Et tout en connaissant ce qui devait être pensé pour être conforme aux autorités, il était intéressé pour comprendre tout ce qui pouvait être pensé. Débattre, écouter et discuter en somme, pas apprendre par coeur un discours comme une bête de somme, pour se forger ses idées avec toujours plus de délicatesse et donner son accord à un discours pas par réflexe, mais de manière éclairée.

@Wilson Kingson, pour info :wink3:.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)