Bienvenue en terre inconnue
Comptoir du bibliothécaire, mardi 11 septembre 2046, 15h40 (après le cours d'EDM des 5ème année)
Reducio
Plan RP de la bibliothèque pour se figurer le trajet.
Jacob n'était pas un grand voyageur, et hormis l'exception de la colonie de formation des jeunes sorciers dans la Somme où il avait rencontré quelques futurs camarades de Poudlard comme Infini en deuxième année, il passait ses étés à Cambridge ou chez ses grands-parents, d'abord à Bath, maintenant à Brighton. Les Coupes du Monde de Quidditch et de Dragonnerie ne comptaient pas vraiment dans les voyages à proprement parler, comme il ne découvrait qu'un stade ou qu'un village créé ex-nihilo.
Un jour oui, un jour il volerait dans les aurores boréales et verrait l'éruption de volcans, mais ce n'était pas encore maintenant. Mais aujourd'hui pourtant, il était déjà en mission en pays inconnu. Armé de son appareil photo sorcier en bandoulière, il avait cet air de touriste en terre étrangère qui ne trompait pas sur le nombre de fois où il avait franchi le pas de l'endroit.
Un livre sur les appareils de télécommunication moldus pris dans le rayon d'EDM sous le bras, un de ces livres imagés comme les guides de voyage, il avançait droit le long des étagères, traversant juste l'allée du vol au passage, pour jeter un coup d'oeil aux couvertures colorées qui en composaient le paysage. Virant de bord à la fin pour retourner dans l'allée principale suffisamment vide en cette heure creuse de l'après-midi pour filer sans avoir à s'attarder, pour cause d'embouteillages d'élèves, sur les créatures et autres plantes qui devaient peupler les rayons de SACM et de botanique qu'il n'avait aucune envie de croiser.
Son idée initiale était de prendre des photos sur place des images des outils de télécommunications du livre - d'élégantes photos sorcières qui sauraient donner un petit air de vacances au devoir d'Etude des Moldus de la semaine prochaine. Mais il avait bien vu à la lumière cachée par les boiseries arrangées et aux quelques visages concentrés des autochtones installés - dans une bande-dessinée, de la fumée se serait échappée de leurs cerveaux en pleine activité -, qu'il ferait mieux de prendre ses photos dans le dortoir. Et dans ce cas, il ne restait plus qu'à passer emprunter le livre au comptoir.
Il ne connaissait qu'à peine le bibliothécaire, si ce n'était qu'il était réputé pour être Né-Moldu - ce que Jacob estimait, il devait justement en connaître un rayon sur ces objets clignotants transportables moldus qui visiblement étaient bien plus efficaces que les hiboux - et que son langage était d'un autre temps, différent du reste des adultes. Vu la dernière expérience de Jacob avec un adulte de Poudlard, qui était - les étoiles ne devaient pas être alignées pour le Gryffon ce jour-là - devenu son DDM à la rentrée, cette impression d'un autre temps, d'un bibliothécaire qui pensait autrement que les autres adultes, était plutôt positive.
Profitant du peu d'intéressés pour déjà emprunter à cette heure - la coutume locale semblait de rester installé dans l'endroit jusqu'à la fin de l'après-midi -, il put s'adresser directement au bibliothécaire : "Bonjour Mister O'Lake, j'aimerais emprunter ce livre pour une semaine s'il vous plaît."
Il n'allait tout de même pas non plus laisser son regard planté dans le blanc des yeux de l'homme en restant muet aussi longtemps que la réalisation d'un prêt, aussi il tendit une petite question en même temps que son livre, par politesse : "Est-ce que vous envisagez de nous donner accès à la presse moldue ? Ca m'intéresserait." Le bibliothécaire avait cet air attentif qu'il trouvait très Serdaigle, à l'affût de nouveaux savoirs, dans l'analyse. Du moins, tel qu'il le percevait.
Se doutant que Mister O'Lake aurait besoin de son nom pour la fiche d'emprunt, et à peu près certain qu'avec la fréquence de ses passages à la bibliothèque équivalente aux arrivées d'étoiles filantes dans le ciel, il ne lui avait encore jamais dit de lui-même, il ajouta : "Tramontane.". "Tramontane, Jacob, 5ème année, Pratique et Ouverture." "Gryffondor" se voyait sur sa tenue comme une évidence.
@Lancelot O'Lake 
Bienvenue en terre inconnue
La nouvelle organisation des cours permettait l’obtention d’un récent souffle dans la bibliothèque. Moins de rassemblement, plus de sérénité, néanmoins, cela n’apportait guère toujours de bons moments.
En ce jour, je me trouvais — comme souvent — au comptoir, le B.O.I. n’ayant pas le même succès que d’ordinaire en ce début d’année, mais cela n’était guère bien grave ; je m’y étais déjà habitué.
Alors que l’ensemble de mon antre de travail était bien calme, silencieux et éparpillé. Je pus observer l’arrivée imminente d’un élève en ma direction. D’un premier abord, il me semblait bien perturbé, perdu, mais seuls ses yeux montraient ce trait de sa personnalité ; son corps, quant à lui, restait dans une posture parfaitement contrôlée, mais qui étais-je pour faire pareille constatation ?
Il ne fallut guère plus d’analyse pour le voir émettre de premiers sons, quémandant à sa manière si l’emprunt d’un livre pouvait être réalisé. Bien évidemment, je ne pouvais pas le lui refuser. Alors qu’il fut sur le point de me livrer les informations importantes pour finaliser correctement l’objectif de sa venue, je l’entendis me poser une question dédiée à la visualisation de presse moldue. Cela l’intéressait. Pour moi, il n’en fallut pas plus pour constater qu’il s’agissait d’un élève parfaitement clément par rapport à ceux qui aujourd’hui étaient considérés tel des sans valeurs ni mérite ; des sans-statuts à proprement parler. Je me permis donc une observation bien plus attentive de sa personne. Certes, sa maison fut celle du grand chevalier Godric, mais il avait en lui une part accrue de découverte à la connaissance comme l’eut possédé l’importante Rowena. Ce fut en outre des traits de son « individualité » qui me plurent immédiatement. Mais il fallait bien l’avouer : malgré ces points positifs, ce que ses yeux continuaient de « crier » m’inquiétait, m’intriguait même.
— [font=monotype corsiva]Je conçois votre demande. Il me faut encore attendre quelques revues centenaires pour finaliser la mise en place publique et officielle de la lecture de presse. Néanmoins, pour celles que j’ai déjà en ma possession, il est tout à fait envisageable de vous ouvrir l’accès à l’arrière de ce comptoir pour vous en permettre le déchiffrage. Avez-vous une année bien déterminée pour la découverte accrue du monde moldu ? Enfin, si cela ne vous dérange point de m’en dire plus, car je serai bien plus que ravi de vous aider à consentir à ce qui — aujourd’hui — n’intéresse plus grand monde. Il va s’en notifier que le monde magique, encore pour les sang-mêlés et les sans-statuts, possède bien plus de vertus et de cultures que le monde moldu, et cela, à bien des regrets personnels.[/font]
Je terminai ma première tirade avec un soupir nostalgique. Moi-même eus, par le passé, oublié une part de ma véritable unité afin de me calquer à ce monde qui s’ouvrait devant moi. J’avais conséquemment le devoir de pouvoir permettre aux jeunes d’identifier une autre société ; par ailleurs, la refaire découvrir à ceux qui tentaient de l’escamoter pour des raisons dont je ne connaissais certainement pas l’existence ou même la profondeur.
Je me remis donc à l’écriture des bons d’emprunt, et ne m’arrêtant pas lorsque j’entendis l’entièreté de son identité. Son nom, son apparence m’eurent dit quelque chose, mais maintenant, je comprenais — d’une certaine manière — ce que son regard voulait dire.
Ce jeune garçon était Jacob Tramontane, ancien participant de l’actuel combat-interécole du dominion afin d’y affronter les établissements régis par les lignées ; je n’eusse acquis qu’une vision bien extérieure à sa situation, et nonobstant…
Je lui tendis finalement la fiche d’emprunt à accoler dans la première de couverture et tentai l’avènement d’un sourire. Pourtant, une question brûlait mes lèvres et je ne pus la retenir plus longtemps.
— [font=monotype corsiva]Est-ce que vous vous portez bien, jeune homme ?[/font]
En ce jour, je me trouvais — comme souvent — au comptoir, le B.O.I. n’ayant pas le même succès que d’ordinaire en ce début d’année, mais cela n’était guère bien grave ; je m’y étais déjà habitué.
Alors que l’ensemble de mon antre de travail était bien calme, silencieux et éparpillé. Je pus observer l’arrivée imminente d’un élève en ma direction. D’un premier abord, il me semblait bien perturbé, perdu, mais seuls ses yeux montraient ce trait de sa personnalité ; son corps, quant à lui, restait dans une posture parfaitement contrôlée, mais qui étais-je pour faire pareille constatation ?
Il ne fallut guère plus d’analyse pour le voir émettre de premiers sons, quémandant à sa manière si l’emprunt d’un livre pouvait être réalisé. Bien évidemment, je ne pouvais pas le lui refuser. Alors qu’il fut sur le point de me livrer les informations importantes pour finaliser correctement l’objectif de sa venue, je l’entendis me poser une question dédiée à la visualisation de presse moldue. Cela l’intéressait. Pour moi, il n’en fallut pas plus pour constater qu’il s’agissait d’un élève parfaitement clément par rapport à ceux qui aujourd’hui étaient considérés tel des sans valeurs ni mérite ; des sans-statuts à proprement parler. Je me permis donc une observation bien plus attentive de sa personne. Certes, sa maison fut celle du grand chevalier Godric, mais il avait en lui une part accrue de découverte à la connaissance comme l’eut possédé l’importante Rowena. Ce fut en outre des traits de son « individualité » qui me plurent immédiatement. Mais il fallait bien l’avouer : malgré ces points positifs, ce que ses yeux continuaient de « crier » m’inquiétait, m’intriguait même.
— [font=monotype corsiva]Je conçois votre demande. Il me faut encore attendre quelques revues centenaires pour finaliser la mise en place publique et officielle de la lecture de presse. Néanmoins, pour celles que j’ai déjà en ma possession, il est tout à fait envisageable de vous ouvrir l’accès à l’arrière de ce comptoir pour vous en permettre le déchiffrage. Avez-vous une année bien déterminée pour la découverte accrue du monde moldu ? Enfin, si cela ne vous dérange point de m’en dire plus, car je serai bien plus que ravi de vous aider à consentir à ce qui — aujourd’hui — n’intéresse plus grand monde. Il va s’en notifier que le monde magique, encore pour les sang-mêlés et les sans-statuts, possède bien plus de vertus et de cultures que le monde moldu, et cela, à bien des regrets personnels.[/font]
Je terminai ma première tirade avec un soupir nostalgique. Moi-même eus, par le passé, oublié une part de ma véritable unité afin de me calquer à ce monde qui s’ouvrait devant moi. J’avais conséquemment le devoir de pouvoir permettre aux jeunes d’identifier une autre société ; par ailleurs, la refaire découvrir à ceux qui tentaient de l’escamoter pour des raisons dont je ne connaissais certainement pas l’existence ou même la profondeur.
Je me remis donc à l’écriture des bons d’emprunt, et ne m’arrêtant pas lorsque j’entendis l’entièreté de son identité. Son nom, son apparence m’eurent dit quelque chose, mais maintenant, je comprenais — d’une certaine manière — ce que son regard voulait dire.
Ce jeune garçon était Jacob Tramontane, ancien participant de l’actuel combat-interécole du dominion afin d’y affronter les établissements régis par les lignées ; je n’eusse acquis qu’une vision bien extérieure à sa situation, et nonobstant…
Je lui tendis finalement la fiche d’emprunt à accoler dans la première de couverture et tentai l’avènement d’un sourire. Pourtant, une question brûlait mes lèvres et je ne pus la retenir plus longtemps.
— [font=monotype corsiva]Est-ce que vous vous portez bien, jeune homme ?[/font]
@Jacob Tramontane 
Bibliothécaire : 01.09.45 - 28.10.46 |Professeur d'EdM : 29.10.46 - ...|DDM Serpentard : 15.11.49 - 27.08.50
Bienvenue en terre inconnue
En effet, il n'avait jamais vu de mots aussi exotiques que ceux dont le grand blond faisait usage. Avec de tels "finaliser" et "ouvrir l'accès", l'activité locale semblait de toute complexité, si abstraite dans ce déluge de mots qu'il ne la saisissait sans doute pas avec autant de fermeté que la fiche désormais dans sa main à glisser dans l'ouvrage pour l'emprunt.
Consulter la presse moldue, ce serait un peu comme consulter une carte, qui donne des indications pour se diriger ensuite vers de nouvelles découvertes. Jacob mentirait s’il disait qu’il n’était pas au courant que d'aucuns méprisaient les Moldus. Mais lui, avec sa curiosité et son envie de découverte, il ne pouvait pas. En bon explorateur, il connaissait déjà les recoins de Poudlard, et à 16 ans, il avait besoin de se projeter, de voir plus loin. Alors n'ayant pas de cours de géographie sorcière ou d'étude des sorciers, il se plongeait dans ce qui s'offrait à lui : l'étude des moldus.
Et ce désir de liberté, d’indépendance, allait pour lui à l’encontre du monde étriqué de conventions de ses parents. Il ne comprenait pas pourquoi les sorciers, qui étaient des années-lumière en retard en matière de communication d’un endroit à un autre, ne s’inspiraient pas des téléphones portables des Moldus. Ce mot était comme la sonnerie d'un futur, les clignotements d'une promesse de progrès.
Il ne comprenait pas plus pourquoi on laissait certains élèves ne jamais passer par l’Etude des Moldus hormis si le but était de rester enfermé dans un monde sorcier figé dans son état rétrograde actuel, sans l'améliorer. Même ceux qui méprisaient le monde moldu pourraient y trouver leur compte finalement, à y puiser les clés pour faire du monde sorcier un monde encore plus riche, encore plus puissant.
Ce monsieur semblait en tout cas très familier de ces deux mondes étrangers - la bibliothèque et le monde moldu - à ainsi lui parler comme un fabuliste de 'vertus' et de 'cultures'. Il hocha la tête pour manifester son intérêt : il était d’accord pour suivre derrière le comptoir, il était d'accord pour découvrir de nouvelles histoires de la réalité moldue. « Du présent. » Il avançait déjà d’un pas quand… une question le frappa : *Est-ce que vous vous portez bien, jeune homme ?*.
Instinctivement, il se retourna. Personne. C’était donc lui *jeune homme*. Ah. Et c’était surtout lui -triple ah d’étonnement mentalement- à qui on demandait s’il allait bien. Bien ? Ses sourcils s'arquèrent par réflexe, sentant le retour dans la réalité, sa réalité, celle avec cette moche cicatrice mal effacée et ces bracelets à ses poignets : « Ah. »
Il replanta son regard dans celui de l'homme. « Dans quel sens ? » C'était nul de ne pas s'admettre qu'il entrevoyait bien ce à quoi cette question se référait et à quel point cet adulte était lui aussi, connecté à la réalité sorcière de Poudlard de l'an passé. Mais il se disait, et ne pouvait pas s'en empêcher, que tant qu'il n'aurait pas explicitement confirmé, un mince espoir résistait, un mince espoir que ce ne soit pas cela.
Consulter la presse moldue, ce serait un peu comme consulter une carte, qui donne des indications pour se diriger ensuite vers de nouvelles découvertes. Jacob mentirait s’il disait qu’il n’était pas au courant que d'aucuns méprisaient les Moldus. Mais lui, avec sa curiosité et son envie de découverte, il ne pouvait pas. En bon explorateur, il connaissait déjà les recoins de Poudlard, et à 16 ans, il avait besoin de se projeter, de voir plus loin. Alors n'ayant pas de cours de géographie sorcière ou d'étude des sorciers, il se plongeait dans ce qui s'offrait à lui : l'étude des moldus.
Et ce désir de liberté, d’indépendance, allait pour lui à l’encontre du monde étriqué de conventions de ses parents. Il ne comprenait pas pourquoi les sorciers, qui étaient des années-lumière en retard en matière de communication d’un endroit à un autre, ne s’inspiraient pas des téléphones portables des Moldus. Ce mot était comme la sonnerie d'un futur, les clignotements d'une promesse de progrès.
Il ne comprenait pas plus pourquoi on laissait certains élèves ne jamais passer par l’Etude des Moldus hormis si le but était de rester enfermé dans un monde sorcier figé dans son état rétrograde actuel, sans l'améliorer. Même ceux qui méprisaient le monde moldu pourraient y trouver leur compte finalement, à y puiser les clés pour faire du monde sorcier un monde encore plus riche, encore plus puissant.
Ce monsieur semblait en tout cas très familier de ces deux mondes étrangers - la bibliothèque et le monde moldu - à ainsi lui parler comme un fabuliste de 'vertus' et de 'cultures'. Il hocha la tête pour manifester son intérêt : il était d’accord pour suivre derrière le comptoir, il était d'accord pour découvrir de nouvelles histoires de la réalité moldue. « Du présent. » Il avançait déjà d’un pas quand… une question le frappa : *Est-ce que vous vous portez bien, jeune homme ?*.
Instinctivement, il se retourna. Personne. C’était donc lui *jeune homme*. Ah. Et c’était surtout lui -triple ah d’étonnement mentalement- à qui on demandait s’il allait bien. Bien ? Ses sourcils s'arquèrent par réflexe, sentant le retour dans la réalité, sa réalité, celle avec cette moche cicatrice mal effacée et ces bracelets à ses poignets : « Ah. »
Il replanta son regard dans celui de l'homme. « Dans quel sens ? » C'était nul de ne pas s'admettre qu'il entrevoyait bien ce à quoi cette question se référait et à quel point cet adulte était lui aussi, connecté à la réalité sorcière de Poudlard de l'an passé. Mais il se disait, et ne pouvait pas s'en empêcher, que tant qu'il n'aurait pas explicitement confirmé, un mince espoir résistait, un mince espoir que ce ne soit pas cela.
Bienvenue en terre inconnue
Une impression de surprise semblait traverser le regard de Jacob, comme si la question posée perturbait son sentiment de sécurité personnelle le mettant dans une situation de danger. Cela n’était guère désiré, même si toutefois, il apportait une réponse silencieuse à mon interrogation. Je ne pouvais pas lui en vouloir, cela était totalement rationnel par rapport au contexte qu’il affrontait depuis son retour du Dominion. Il avait tant souffert en ce lieu même si, à distance, la perception pouvait en paraître tout autre ; beaucoup semblaient y avoir observé une aventure grandiose, mais pleine de rebondissements : ce n’était pas vrai. Les quatre participants avaient tous — à présent — des particularités étranges. Le sentiment du « spectacle » proposé par les Lignées avait offert à tous les voyeurs des appréhensions diverses, et ce jeune homme en avait bien trop subi.
Depuis son retour, beaucoup le percevaient comme une personne arrogante et ne désiraient plus être dans son cercle intérieur. Et cela était assez grave ; les relations sociales étaient primordiales pour atteindre la sérénité individualiste.
Sa réponse apporta un coup de plus à la réalité à laquelle je pensais, il était perdu. Cela m’inquiétait, mais je ne pouvais guère lui imposer une question bien plus importante que ce dont j’eusse fait preuve en lui demandant comment il allait.
— [font=monotype corsiva]Il y a beaucoup de sens fournis à cette phrase, il est vrai. Néanmoins, je me requérais sur le fait de savoir comment vous vous sentiez en tant qu’individu, car vous semblez un peu ailleurs. Voulez-vous en discuter ? [/font]
Depuis son retour, beaucoup le percevaient comme une personne arrogante et ne désiraient plus être dans son cercle intérieur. Et cela était assez grave ; les relations sociales étaient primordiales pour atteindre la sérénité individualiste.
Sa réponse apporta un coup de plus à la réalité à laquelle je pensais, il était perdu. Cela m’inquiétait, mais je ne pouvais guère lui imposer une question bien plus importante que ce dont j’eusse fait preuve en lui demandant comment il allait.
— [font=monotype corsiva]Il y a beaucoup de sens fournis à cette phrase, il est vrai. Néanmoins, je me requérais sur le fait de savoir comment vous vous sentiez en tant qu’individu, car vous semblez un peu ailleurs. Voulez-vous en discuter ? [/font]
Bibliothécaire : 01.09.45 - 28.10.46 |Professeur d'EdM : 29.10.46 - ...|DDM Serpentard : 15.11.49 - 27.08.50
Bienvenue en terre inconnue
C'était bien de cela dont le bibliothécaire parlait. Jacob plissa les yeux, pour éviter que ce flot d'images ne traverse son regard, pour protéger celui qui lui faisait face de ce regard qu'il n'aurait pas mérité. Ce regard porteur de réalités gravées. De Dominion. De peau déchirée. Des responsabilités lacérées. Mémoire de l'obsession là-bas de retrouver les poudlariens. De foncer, à corps perdu, de tout essayer pour les retrouver en vie, pour s'en assurer. Et lâcher les autres concurrents, les lâcher, les lâcher, dans cet aveuglement. Parce qu'il voulait retrouver les trois qu'il connaissait. Et puis non, sûrement parce qu'au fond de lui il était ce garçon qui faisait preuve de déloyauté, il s'en persuadait. Pensée-poignard. Idée qu'il détestait. Et savoir d'autres fous et statufiés. Il aurait pu en être, avec sa magie ratée. Et, et, et... cette impuissance incrustée en lui aux sons et aux goûts que l'horreur avait dans une forte odeur de tisane filtrée. AAAAH. Désordre entremêlé de sensations pas digéré. Il chassa d'un geste de main cet instant béant d'intensité, pour tout de suite rouvrir les yeux plissés sur le bibliothécaire.
Il se trouvait comme un peu coincé par cette question. Il y avait, d'un côté, ces cicatrices sur sa paume et ses bras qu'il voulait à tout prix garder - comme pour montrer qu'elle avait existé, cette souffrance dans la chair percée. Ces cicatrices dont il avait besoin sur sa peau pour se sentir vrai. Avant le Dominion, il avait toujours, toujours eu à coeur de dire la vérité. Et la peau indemne, c'aurait été un mensonge à la face du monde. Alors il ne pouvait pas dire qu'il allait seulement juste bien comme de rien, avec ses mains lézardées l'une à l'autre accrochée. Il était Jacob sans dire des mensonges, ou il n'était rien.
Mais ce qu'il voulait profondément, essentiellement, c'était ne pas se trahir. Et rester, comme il était, à ne pas faire porter la faute sur les autres, être le pilier sur lequel les autres pouvaient compter. Et c'était en ce sens qu'il lui était si compliqué de tout affronter : il avait certes besoin d'assumer ses blessures mais il ne voulait pas pour autant vraiment les exposer à quelqu'un : il ne voulait faire couler personne avec lui. Et il ne voulait pas être dépendant de quelqu'un, pas être ce fardeau à traîner. Sérieusement, un cinquième année. Il voulait croire qu'il était suffisamment fort pour ne pas écraser les autres de sa vérité, il le voulait si fort, si fort à s'en persuader.
Il y avait bien Leo, mais elle était comme... . Elle était beaucoup plus qu'une meilleure amie. Elle était beaucoup plus qu'une petite amie. Alors avec leur connaissance mutuelle, quoiqu'il fasse, elle saurait la vérité. Mais Leo était hors de toute comparaison avec les autres. Leur lien était particulier. Comme deux personnes qui resteraient liées par de certaines choses qu'elles se sont dites, qu'elles ont vécu et qu'elles ne peuvent pas oublier. Mais maintenant, alors qu'il ne se sentait plus toujours la force physique, le temps, l'envie d'aller voler tout le temps pour aller épuiser cette frustration dans l'effort physique comme avant-Dominion, l'expression à d'autres que Leo semblait tout de même un moyen auquel il ne pourrait pas renoncer éternellement.
Il fronça les sourcils, examina du regard l'adulte. Il était seul à seul avec lui, dans un endroit un peu hors du monde pour lui. Cet adulte était dans un autre temps, ou il espérait qu'il le soit et se raccrochait à cela pour lui faire confiance. En-dehors de son univers, de la cinquième année, de Gryffondor. Il n'était pas comme les autres, il était Né-Moldu, il n'avait rien à voir avec ça. Il fallait le croire. Alors il hocha la tête. Puis il plissa les yeux pour préparer son regard. Comme il le faisait les journées, comme une démonstration ultime de force, il contrôlait ce regard pour l'amener artificiellement dans le domaine de la force de la vie, de l'envie. Ajusté comme un petit merci pour la patience que le bibliothécaire avait, comme une ouverture, ce regard d'énergie qui disait aussi que oui, oui, il allait répondre. Et ce regard qu'il préparait pour rester pareil même en parlant de ça.
Il n'était pas un lâche, il n'évitait pas les sujets directement posés. Oui, il allait puiser les mots pour le formuler. "J'ai." Fit non de la tête, chercha quelque chose du regard, tiens, sa fiche d'emprunt qu'il glissa dans le livre, revint le planter relevé dans celui de l'adulte. *Allez* La voix était directe, comme ce regard qu'il portait tout droit sur celui de son interlocuteur : "été un monstre." Pause. "Si je suis aussi ce que j'étais avant le Dominion et avant le collier... je n'arrive pas à être à nouveau comme j'étais. Je ne me retrouve pas. Je ne sais pas." Il redoubla l'intensité de sa voix : "Mais vous inquiétez pas, hein, je souris, je travaille, je discute. Je suis bien en fait." Oui, il tenait les journées. Donc s'il forçait son apparence de bonne humeur avec succès et arrivait à la façonner artificiellement, il n'allait pas mal, nan ? Et puis avant ou après Dominion, il serait toujours là pour ses proches. Et il ne faillirait jamais à cette mission. Oui, il mettait sa force dans sa présence auprès d'eux. Alors, finalement, s'il était capable d'être là pour d'autres que lui, c'est qu'il n'allait pas mal, non ? Et c'est ainsi qu'il se raccrochait comme à une bouée à l'élément précis qui le conduisait à ne pas s'ouvrir sur ce qu'il s'était passé.
Il se trouvait comme un peu coincé par cette question. Il y avait, d'un côté, ces cicatrices sur sa paume et ses bras qu'il voulait à tout prix garder - comme pour montrer qu'elle avait existé, cette souffrance dans la chair percée. Ces cicatrices dont il avait besoin sur sa peau pour se sentir vrai. Avant le Dominion, il avait toujours, toujours eu à coeur de dire la vérité. Et la peau indemne, c'aurait été un mensonge à la face du monde. Alors il ne pouvait pas dire qu'il allait seulement juste bien comme de rien, avec ses mains lézardées l'une à l'autre accrochée. Il était Jacob sans dire des mensonges, ou il n'était rien.
Mais ce qu'il voulait profondément, essentiellement, c'était ne pas se trahir. Et rester, comme il était, à ne pas faire porter la faute sur les autres, être le pilier sur lequel les autres pouvaient compter. Et c'était en ce sens qu'il lui était si compliqué de tout affronter : il avait certes besoin d'assumer ses blessures mais il ne voulait pas pour autant vraiment les exposer à quelqu'un : il ne voulait faire couler personne avec lui. Et il ne voulait pas être dépendant de quelqu'un, pas être ce fardeau à traîner. Sérieusement, un cinquième année. Il voulait croire qu'il était suffisamment fort pour ne pas écraser les autres de sa vérité, il le voulait si fort, si fort à s'en persuader.
Il y avait bien Leo, mais elle était comme... . Elle était beaucoup plus qu'une meilleure amie. Elle était beaucoup plus qu'une petite amie. Alors avec leur connaissance mutuelle, quoiqu'il fasse, elle saurait la vérité. Mais Leo était hors de toute comparaison avec les autres. Leur lien était particulier. Comme deux personnes qui resteraient liées par de certaines choses qu'elles se sont dites, qu'elles ont vécu et qu'elles ne peuvent pas oublier. Mais maintenant, alors qu'il ne se sentait plus toujours la force physique, le temps, l'envie d'aller voler tout le temps pour aller épuiser cette frustration dans l'effort physique comme avant-Dominion, l'expression à d'autres que Leo semblait tout de même un moyen auquel il ne pourrait pas renoncer éternellement.
Il fronça les sourcils, examina du regard l'adulte. Il était seul à seul avec lui, dans un endroit un peu hors du monde pour lui. Cet adulte était dans un autre temps, ou il espérait qu'il le soit et se raccrochait à cela pour lui faire confiance. En-dehors de son univers, de la cinquième année, de Gryffondor. Il n'était pas comme les autres, il était Né-Moldu, il n'avait rien à voir avec ça. Il fallait le croire. Alors il hocha la tête. Puis il plissa les yeux pour préparer son regard. Comme il le faisait les journées, comme une démonstration ultime de force, il contrôlait ce regard pour l'amener artificiellement dans le domaine de la force de la vie, de l'envie. Ajusté comme un petit merci pour la patience que le bibliothécaire avait, comme une ouverture, ce regard d'énergie qui disait aussi que oui, oui, il allait répondre. Et ce regard qu'il préparait pour rester pareil même en parlant de ça.
Il n'était pas un lâche, il n'évitait pas les sujets directement posés. Oui, il allait puiser les mots pour le formuler. "J'ai." Fit non de la tête, chercha quelque chose du regard, tiens, sa fiche d'emprunt qu'il glissa dans le livre, revint le planter relevé dans celui de l'adulte. *Allez* La voix était directe, comme ce regard qu'il portait tout droit sur celui de son interlocuteur : "été un monstre." Pause. "Si je suis aussi ce que j'étais avant le Dominion et avant le collier... je n'arrive pas à être à nouveau comme j'étais. Je ne me retrouve pas. Je ne sais pas." Il redoubla l'intensité de sa voix : "Mais vous inquiétez pas, hein, je souris, je travaille, je discute. Je suis bien en fait." Oui, il tenait les journées. Donc s'il forçait son apparence de bonne humeur avec succès et arrivait à la façonner artificiellement, il n'allait pas mal, nan ? Et puis avant ou après Dominion, il serait toujours là pour ses proches. Et il ne faillirait jamais à cette mission. Oui, il mettait sa force dans sa présence auprès d'eux. Alors, finalement, s'il était capable d'être là pour d'autres que lui, c'est qu'il n'allait pas mal, non ? Et c'est ainsi qu'il se raccrochait comme à une bouée à l'élément précis qui le conduisait à ne pas s'ouvrir sur ce qu'il s'était passé.
Bienvenue en terre inconnue
L’hésitation et la honte semblaient émaner du jeune homme tel qu’il n’osait certainement pas me dire ce qui lui transperçait l’esprit. Ce qui pouvait être compréhensible ; je ne pourrais pas lui en vouloir d’en faire avec moi un non-dit.
Néanmoins, je désirai rester présent pour lui, car même étant un adulte n’ayant pas vécu cette épreuve de l’intérieur, je pouvais lui apporter un soutien par un point de vue externe. Quand même si l’avis ressenti paraissait égoïste à cause de sa méfiance et sa confiance en lui, il avait fait du mieux qu’il eût pu pour survivre à une telle situation plus que complexe.
J’allai m’adosser à ma chaise quand ses premiers mots brisèrent le silence qui venait de s’immiscer entre nous deux. Et comme j’avais pu le penser, la force du regard des autres et l’appréhension des élèves à son égard lui eurent inscrit à l’esprit ; ils le voyaient tel un monstre que lui-même se voyait d’une manière analogue. Il souffrait, mais ne désirait pas l’avouer en se créant une carapace de bien-être, et pouvais-je seulement le lui faire comprendre ? Je n’étais peut-être pas psychomage, mais à force de lire des livres, on découvrait multiples personnalités et diverses réalités.
— [font=monotype corsiva]Mais tout ça, n’est-ce pas un bouclier afin de dissimuler le tourment que vous ressentez au plus profond de vous-même ? Je ne vous ai pas vu agir comme un monstre, vous ne l’étiez pas. Je peux comprendre ce que vous soyez perdu au fond de vous, mais l’ancienne version de vous est toujours là, elle est juste cachée à cause de l’horreur que vous avez vécue.[/font]
Je me voulais sincère avec lui. Il fallait que cela se fasse, il ne méritait nullement un autoacharnement pour donner résultat à l’aventure cauchemardesque qu’il eût connue. Je me redressai, ensuite, afin de me mettre à hauteur égale à la sienne et lui offrit ce qui s’apparentait à un authentique sourire.
— [font=monotype corsiva]Et en ce qui concerne vous savez qui, est-ce que cela vous encombre encore dans la vie ? [/font]
Néanmoins, je désirai rester présent pour lui, car même étant un adulte n’ayant pas vécu cette épreuve de l’intérieur, je pouvais lui apporter un soutien par un point de vue externe. Quand même si l’avis ressenti paraissait égoïste à cause de sa méfiance et sa confiance en lui, il avait fait du mieux qu’il eût pu pour survivre à une telle situation plus que complexe.
J’allai m’adosser à ma chaise quand ses premiers mots brisèrent le silence qui venait de s’immiscer entre nous deux. Et comme j’avais pu le penser, la force du regard des autres et l’appréhension des élèves à son égard lui eurent inscrit à l’esprit ; ils le voyaient tel un monstre que lui-même se voyait d’une manière analogue. Il souffrait, mais ne désirait pas l’avouer en se créant une carapace de bien-être, et pouvais-je seulement le lui faire comprendre ? Je n’étais peut-être pas psychomage, mais à force de lire des livres, on découvrait multiples personnalités et diverses réalités.
— [font=monotype corsiva]Mais tout ça, n’est-ce pas un bouclier afin de dissimuler le tourment que vous ressentez au plus profond de vous-même ? Je ne vous ai pas vu agir comme un monstre, vous ne l’étiez pas. Je peux comprendre ce que vous soyez perdu au fond de vous, mais l’ancienne version de vous est toujours là, elle est juste cachée à cause de l’horreur que vous avez vécue.[/font]
Je me voulais sincère avec lui. Il fallait que cela se fasse, il ne méritait nullement un autoacharnement pour donner résultat à l’aventure cauchemardesque qu’il eût connue. Je me redressai, ensuite, afin de me mettre à hauteur égale à la sienne et lui offrit ce qui s’apparentait à un authentique sourire.
— [font=monotype corsiva]Et en ce qui concerne vous savez qui, est-ce que cela vous encombre encore dans la vie ? [/font]
Bibliothécaire : 01.09.45 - 28.10.46 |Professeur d'EdM : 29.10.46 - ...|DDM Serpentard : 15.11.49 - 27.08.50
Bienvenue en terre inconnue
Jacob fixait le bibliothécaire. Le Gryffon tenait le comptoir des mains, fermement, serrait les dents sous son sourire.
Un bouclier pour dissimuler que je n'allais pas bien.
Oui. Et si j'arrachais ma peau en retirant ce bouclier qui me couvrait ? Si je ne supportais plus de me montrer dans ma vulnérabilité ? Si en tendant ce que j'étais, je tendais le dos aux réactions pareilles aux ronces qui transpercent ? Savez-vous seulement ce que ça fait d'être renvoyé par des camarades de dortoir et amis juste parce qu'on leur a dit la vérité et que la vérité fait mal à entendre ? Pire, de faire souffrir en silence involontairement un proche qu'on aime déjà affecté par une année compliquée en lui étalant l'état de nos souffrances ? Je l'ai fait, je l'ai fait. Je l'ai fait... avant le Dominion. Je connais - je connais. A Poudlard, il n'y a aucune intimité. Si je craque, tout le château le saura, je ne contrôlerai plus aucune conséquence que je vais infliger et les pierres ont une mémoire.
Tout dire, c'était cela. Risquer de me faire voler en éclats de larmes, d'impuissance, de rage et de souffrance et de planter des éclats dans ceux qui m'étaient chers. Voilà. Et j'avais terriblement peur de cela. Je me sentais si redevable de mes proches, je leur voulais tout le bien du monde. En parlant de trahison, tiens. "J'ai abandonné mes alliés dans le Dominion. Quand on risque sa vie, ce n'est pas déloyal, c'est monstrueux. Ca peut être mortel." J'avais haussé le ton. Je serrai la table plus fort. Et me repris, plus doucement. "Pardon. D'accord il faudrait m'ouvrir, mais je ne sais pas comment faire sans pulvériser toute joie autour de moi." Le ton était rapide, sec, cassé.
Je me repris plus lent, mon regard incrusté artificiellement de façon de cette joie permanente contrastant toujours avec mes paroles : "Ressentir des envies de tuer, c'est monstrueux, Monsieur. Ne me dites pas que c'est normal. Et je ne sais pas si la version de moi dont vous parlez ne m'est pas cachée à jamais, de ce fait." Je me demandais toujours si vouloir la mort d'un autre, tout elfe meurtrier qu'il fut, n'est pas un cap de non-retour. "Et si je n'arrive pas à retrouver mon moi d'avant, comment je fais ?"
Et là, mes pensées s'arrêtèrent net, j'ouvrais de grands yeux d'étonnement.
*vous savez qui*. Donc il savait ce qu'il s'était passé dans le Dominion ? Que savait-il ? Par qui ? Non... j'avais confiance en les autres Dominiés. Ils ne crieraient pas ce que je leur avait dit. Alors, d'où ? Toujours avec ce regard joyeux sans aucun rapport avec mon intériorité et la tentative d'une voix posée : "Qui vous a parlé de vous savez qui ?" Dès que j'obtiendrai sa réponse, j'ajouterai : "Je ne connais pas de vous savez qui." En haussant un sourcil pour signifier que je ne comprenais vraiment pas : j'avais croisé plusieurs... *trucs vivants* dans le Dominion.
J'haussai les épaules, repensais que ce n'était pas la faute du bibliothécaire et essayais de le guider : "Vous parlez d'un élève d'une autre école que vous connaissez ? Oh ! Vous avez peut-être des origines étrangères..." C'était enrichissant, j'aimais beaucoup ces profils venus d'horizons variés. Et j'accompagnais d'un sourire mon regard joyeusement constant.
Un bouclier pour dissimuler que je n'allais pas bien.
Oui. Et si j'arrachais ma peau en retirant ce bouclier qui me couvrait ? Si je ne supportais plus de me montrer dans ma vulnérabilité ? Si en tendant ce que j'étais, je tendais le dos aux réactions pareilles aux ronces qui transpercent ? Savez-vous seulement ce que ça fait d'être renvoyé par des camarades de dortoir et amis juste parce qu'on leur a dit la vérité et que la vérité fait mal à entendre ? Pire, de faire souffrir en silence involontairement un proche qu'on aime déjà affecté par une année compliquée en lui étalant l'état de nos souffrances ? Je l'ai fait, je l'ai fait. Je l'ai fait... avant le Dominion. Je connais - je connais. A Poudlard, il n'y a aucune intimité. Si je craque, tout le château le saura, je ne contrôlerai plus aucune conséquence que je vais infliger et les pierres ont une mémoire.
Tout dire, c'était cela. Risquer de me faire voler en éclats de larmes, d'impuissance, de rage et de souffrance et de planter des éclats dans ceux qui m'étaient chers. Voilà. Et j'avais terriblement peur de cela. Je me sentais si redevable de mes proches, je leur voulais tout le bien du monde. En parlant de trahison, tiens. "J'ai abandonné mes alliés dans le Dominion. Quand on risque sa vie, ce n'est pas déloyal, c'est monstrueux. Ca peut être mortel." J'avais haussé le ton. Je serrai la table plus fort. Et me repris, plus doucement. "Pardon. D'accord il faudrait m'ouvrir, mais je ne sais pas comment faire sans pulvériser toute joie autour de moi." Le ton était rapide, sec, cassé.
Je me repris plus lent, mon regard incrusté artificiellement de façon de cette joie permanente contrastant toujours avec mes paroles : "Ressentir des envies de tuer, c'est monstrueux, Monsieur. Ne me dites pas que c'est normal. Et je ne sais pas si la version de moi dont vous parlez ne m'est pas cachée à jamais, de ce fait." Je me demandais toujours si vouloir la mort d'un autre, tout elfe meurtrier qu'il fut, n'est pas un cap de non-retour. "Et si je n'arrive pas à retrouver mon moi d'avant, comment je fais ?"
Et là, mes pensées s'arrêtèrent net, j'ouvrais de grands yeux d'étonnement.
*vous savez qui*. Donc il savait ce qu'il s'était passé dans le Dominion ? Que savait-il ? Par qui ? Non... j'avais confiance en les autres Dominiés. Ils ne crieraient pas ce que je leur avait dit. Alors, d'où ? Toujours avec ce regard joyeux sans aucun rapport avec mon intériorité et la tentative d'une voix posée : "Qui vous a parlé de vous savez qui ?" Dès que j'obtiendrai sa réponse, j'ajouterai : "Je ne connais pas de vous savez qui." En haussant un sourcil pour signifier que je ne comprenais vraiment pas : j'avais croisé plusieurs... *trucs vivants* dans le Dominion.
J'haussai les épaules, repensais que ce n'était pas la faute du bibliothécaire et essayais de le guider : "Vous parlez d'un élève d'une autre école que vous connaissez ? Oh ! Vous avez peut-être des origines étrangères..." C'était enrichissant, j'aimais beaucoup ces profils venus d'horizons variés. Et j'accompagnais d'un sourire mon regard joyeusement constant.
Bienvenue en terre inconnue
Veuillez bien accepter mes excuses pour ce retard inadmissible.
Le ressentiment de colère qui ressortait de lui me fustigea sur le coup. Comment pouvait-il être possible qu'un adolescent eût pu acquérir une telle affection à l'irascibilité ? Comment avons-nous pu laisser cela se créer ?
Je désirais tant comprendre pourquoi telle chose fut acceptée à l'expérimentation. Toutes ces victimes du Dominion possédaient à présent les effets secondaires à ce passage ─ même minime ─ dans ce lieu aux milles et uns mystères. Ils n'avaient pas mérité cela, même s'ils eurent possession de leur libre arbitre pour effectuer une telle action.
Était-ce pour la dignité de Poudlard ? Pour cela, je pouvais le concevoir !
Était-ce pour leur propre popularité ? Là, mon avis divergeait.
Les adolescents pouvaient tant être des sujets intéressants pour le changement pubertaire, mais ici, tant de facteurs rendaient l'approche bien différente, voire plus dangereuse. Et je n'avais point pu agir pour tenter de les préserver de cette triste réalité. Et il la tenait si bien entre ses pensées aujourd'hui si négative. Mais Jacob n'avait nullement le droit de se présenter comme il le faisait. Même si je le croisais si peu en ces lieux, je me souvenais d'un élève toujours à la solde de l'envie de rendre ses camarades heureux, et j'avais pu observer cette lubie que j'admirais chez lui ; il ne pouvait donc pas se dénigrer de la sorte !
─ [font=monotype corsiva]Je n'ai ni origine étrangère, ni connaissance des autres élèves des autres écoles. Néanmoins, je me doute clairement que cette expérience vous a tous chamboulés, les autres et particulièrement vous, Monsieur Tramontane. Néanmoins, je ne peux vous laisser vous clabauder de cette façon ! Nous avons tous des moments où nous apprécions le monde de manière si péjorative, tout le monde passe par cette répugnance de la vie et des autres que nous cherchons un moyen de les harasser. C'est donc normal de penser ces choses, nous sommes tous passés par cette étape, moi le premier... Surtout quand l'on se voit arracher à l'être qui possédait notre esprit et notre cœur. [/font]
La bombe venait d'être lâché et d'étrange souvenir me revinrent à la figure comme le boomerang que pouvait être la vie. Je regardai alors le jeune homme en essayant d'effacer ce jour funeste ─ ce divorce ─ de mon esprit. Il était prioritaire et il le resterait.
─ [font=monotype corsiva]Même si cela se présente comme un mur, vous retrouverez toujours la personne que vous étiez par le passé. Chassez le naturel, même involontairement, il reviendra toujours au galop.[/font]
Le ressentiment de colère qui ressortait de lui me fustigea sur le coup. Comment pouvait-il être possible qu'un adolescent eût pu acquérir une telle affection à l'irascibilité ? Comment avons-nous pu laisser cela se créer ?
Je désirais tant comprendre pourquoi telle chose fut acceptée à l'expérimentation. Toutes ces victimes du Dominion possédaient à présent les effets secondaires à ce passage ─ même minime ─ dans ce lieu aux milles et uns mystères. Ils n'avaient pas mérité cela, même s'ils eurent possession de leur libre arbitre pour effectuer une telle action.
Était-ce pour la dignité de Poudlard ? Pour cela, je pouvais le concevoir !
Était-ce pour leur propre popularité ? Là, mon avis divergeait.
Les adolescents pouvaient tant être des sujets intéressants pour le changement pubertaire, mais ici, tant de facteurs rendaient l'approche bien différente, voire plus dangereuse. Et je n'avais point pu agir pour tenter de les préserver de cette triste réalité. Et il la tenait si bien entre ses pensées aujourd'hui si négative. Mais Jacob n'avait nullement le droit de se présenter comme il le faisait. Même si je le croisais si peu en ces lieux, je me souvenais d'un élève toujours à la solde de l'envie de rendre ses camarades heureux, et j'avais pu observer cette lubie que j'admirais chez lui ; il ne pouvait donc pas se dénigrer de la sorte !
─ [font=monotype corsiva]Je n'ai ni origine étrangère, ni connaissance des autres élèves des autres écoles. Néanmoins, je me doute clairement que cette expérience vous a tous chamboulés, les autres et particulièrement vous, Monsieur Tramontane. Néanmoins, je ne peux vous laisser vous clabauder de cette façon ! Nous avons tous des moments où nous apprécions le monde de manière si péjorative, tout le monde passe par cette répugnance de la vie et des autres que nous cherchons un moyen de les harasser. C'est donc normal de penser ces choses, nous sommes tous passés par cette étape, moi le premier... Surtout quand l'on se voit arracher à l'être qui possédait notre esprit et notre cœur. [/font]
La bombe venait d'être lâché et d'étrange souvenir me revinrent à la figure comme le boomerang que pouvait être la vie. Je regardai alors le jeune homme en essayant d'effacer ce jour funeste ─ ce divorce ─ de mon esprit. Il était prioritaire et il le resterait.
─ [font=monotype corsiva]Même si cela se présente comme un mur, vous retrouverez toujours la personne que vous étiez par le passé. Chassez le naturel, même involontairement, il reviendra toujours au galop.[/font]
Bibliothécaire : 01.09.45 - 28.10.46 |Professeur d'EdM : 29.10.46 - ...|DDM Serpentard : 15.11.49 - 27.08.50