Bienvenue, deuxième round !
11 Août 2046,
Campagne d'Aberdeen,
Ecosse.
- On est bientôt arrivés ?
Lino Diary, neuf ans, posait cette question pour la vingt-septième fois depuis le depuis le départ de Londres. Six fois dans l'avion, vingt et une dans la voiture. Et comme à chaque fois, il n'obtint pas de réponse. Sa sœur, Kim, n'avait pipé mot depuis la veille. Et Jack, son père, faisait mine de se concentrer sur la route. Bref, c'était la grande joie.
Et c'était ainsi depuis un an déjà. Depuis une conversation à laquelle le petit garçon n'avait pas assisté, et se demandait s'il l'aurait vraiment voulu, finalement.
Lino caressa du bout des doigts la photo polaroïd collée dans son carnet, pensif. Il y notait tout, dans ce "journal de bord" : de ses rêves au menu de la cantine, de la météo à sa liste de cadeaux de Noël. C'est tout naturellement qu'il y avait collé la photographie.
Photographie qu'il avait eu un an auparavant également, et qu'il regardait tous les jours ou presque depuis.
Il fut sortit de sa rêverie par l'arrêt plutôt brutal de Jack, qui s'était garé devant un grand portail en fer forgé.
Ils étaient arrivés.
L'enfant rassembla ses affaires bien plus vite qu'il n'aurait jamais pensé le faire.
Son père ouvrait les grilles rongées par le temps pendant que Kim sortait les sacs du coffre. Le petit garçon trépignait d'impatience. Sa famille ! Enfin ! Il avait passé son temps à les imaginer, les idéaliser !
Derrière l'énorme portail, Lino aperçut un immense manoir. Et le mot est faible. Un parc gigantesque précédait la demeure, et une allée incroyablement large y menait, juste après les grilles.
L'enfant couru, mais s'essouffla très vite au bout de quelques mètres à peine. Etrange. Ses poumons ne suivaient pas. Il s'arrêta, se mit à tousser, ses yeux lui piquaient.
- P'tit frère ? Ca va ?
Lino tourna la tête vers Kim. Elle portait leurs sacs, qu'il savait très lourds. De toute évidence, elle aussi avait couru jusque là, mais omis le léger rouge qui lui était monté aux joues, rien ne le laissait paraitre. Cependant, son visage tout entier laissait entrevoir de l'inquiétude.
Le petit garçon lui fit un sourire crispé, respirant avec peine :
- Ou... Ouais...
- C'est encore tes "essoufflements" ?
- Na... Nan, je... Vais... B-Bien...
Kim lâcha un "Hmmm" sceptique et continua sa route.
Son frère s'empressa de la suivre. Enfin, il essaya de se presser. Une douleur le serrait au niveau de la poitrine.
La brune jeta un regard derrière son épaule et vit Lino qui traînait la patte.
Elle posa les sacs par terre et s'approcha de l'enfant. D'un geste, elle lui fit signe de monter sur son dos. Lino ne se fit pas prier.
- Qu... LA VACHE, LINO ! Mais t'as maigri ou quoi ?! T'es plus léger qu'l'année dernière !
Le petit garçon ne répondit pas. Il avait certes perdu un peu d'appétit durant l'année, mais continuait de manger normalement.
- Promets-moi qu'une fois rentré à Manchester, tu iras chez l'médecin avec Maman.
L'intéressé opina. Si c'était son père qui payait la consultation, tout irait pour le mieux. D'ailleurs, où était- il passé, celui-là ?
- Je ne pense pas que ce soit le bon moment pour jouer à saute-mouton.
Ah, ben trouvé.
Jack avait quant à lui marché tranquillement, sans se presser ni rien, jusqu'à ses deux enfants.
Kim l'ignora et avança, tête haute, vers la grande bâtisse. L'homme soupira et ramassa les sacs qui traînaient dans l'allée.
La moitié de famille remonta jusqu'à l'immense manoir sans dire un mot.
La brune arriva devant l'entrée. Elle fit descendre Lino et aperçu une petite plaque.
"Diary House"... Aujourd'hui, tu retrouves une part de ta famille.
Kim sonna et attendit quelques secondes. Elle, Lino et leur père entendirent la clé tourner dans la serrure avant que la lourde porte ne s'ouvre.
Campagne d'Aberdeen,
Ecosse.
- On est bientôt arrivés ?
Lino Diary, neuf ans, posait cette question pour la vingt-septième fois depuis le depuis le départ de Londres. Six fois dans l'avion, vingt et une dans la voiture. Et comme à chaque fois, il n'obtint pas de réponse. Sa sœur, Kim, n'avait pipé mot depuis la veille. Et Jack, son père, faisait mine de se concentrer sur la route. Bref, c'était la grande joie.
Et c'était ainsi depuis un an déjà. Depuis une conversation à laquelle le petit garçon n'avait pas assisté, et se demandait s'il l'aurait vraiment voulu, finalement.
Lino caressa du bout des doigts la photo polaroïd collée dans son carnet, pensif. Il y notait tout, dans ce "journal de bord" : de ses rêves au menu de la cantine, de la météo à sa liste de cadeaux de Noël. C'est tout naturellement qu'il y avait collé la photographie.
Photographie qu'il avait eu un an auparavant également, et qu'il regardait tous les jours ou presque depuis.
Il fut sortit de sa rêverie par l'arrêt plutôt brutal de Jack, qui s'était garé devant un grand portail en fer forgé.
Ils étaient arrivés.
Une semaine plus tôt...
Lino garda son impression béate sur le visage pendant un petit moment. Peut-être même qu'il aurait pu gober des mouches si Kim n'avait pas claqué la portière de la voiture violement.- Heu... Pardon ? Même pas en rêves.
Kim, Lino et Jack étaient assis dans le salon de la "P'tite maison d'Londres".
- Kim, pour la énième fois, ça n'était pas une question. Anna est partie voir sa famille avec Lili, alors à moins que tu ne veuilles rester ici à me lancer des regards mauvais, nous allons à Aberdeen !
- Moi, j'veux bien, avait lancé Lino, histoire de détendre l'atmosphère.
Sa sœur le regarda, l'air plus blasée que jamais, et reprit.
- J'veux pas, j'viens pas.
- De toutes façons, tout est déjà prévu. Tu n'as pas ton mot à dire, trancha le père.
- Raaaaaaaaaaaaah !!!!
La brune donna un coup de pied rageur dans la table basse, puis se leva d'un bond et alla s'enfermer dans sa chambre qu'elle détestait tant. Trop étouffante. Comme la famille.
==============================================================
- Qu'est-ce qui vient de s'passer, là ?
- L'adolescence, mon fils, l'adolescence.
- Hum, murmura Lino. Et du coup, on va voir Jonathan et Lester et Sophie et Liam et Garry et Lony et Elizabeth, vu qu'on va chez eux ?
Jack hocha lentement la tête, une impression triste sur le visage.
- Oui. Vous allez les voir pendant trois jours complets.
L'enfant rassembla ses affaires bien plus vite qu'il n'aurait jamais pensé le faire.
Son père ouvrait les grilles rongées par le temps pendant que Kim sortait les sacs du coffre. Le petit garçon trépignait d'impatience. Sa famille ! Enfin ! Il avait passé son temps à les imaginer, les idéaliser !
Derrière l'énorme portail, Lino aperçut un immense manoir. Et le mot est faible. Un parc gigantesque précédait la demeure, et une allée incroyablement large y menait, juste après les grilles.
L'enfant couru, mais s'essouffla très vite au bout de quelques mètres à peine. Etrange. Ses poumons ne suivaient pas. Il s'arrêta, se mit à tousser, ses yeux lui piquaient.
- P'tit frère ? Ca va ?
Lino tourna la tête vers Kim. Elle portait leurs sacs, qu'il savait très lourds. De toute évidence, elle aussi avait couru jusque là, mais omis le léger rouge qui lui était monté aux joues, rien ne le laissait paraitre. Cependant, son visage tout entier laissait entrevoir de l'inquiétude.
Le petit garçon lui fit un sourire crispé, respirant avec peine :
- Ou... Ouais...
- C'est encore tes "essoufflements" ?
- Na... Nan, je... Vais... B-Bien...
Kim lâcha un "Hmmm" sceptique et continua sa route.
Son frère s'empressa de la suivre. Enfin, il essaya de se presser. Une douleur le serrait au niveau de la poitrine.
La brune jeta un regard derrière son épaule et vit Lino qui traînait la patte.
Elle posa les sacs par terre et s'approcha de l'enfant. D'un geste, elle lui fit signe de monter sur son dos. Lino ne se fit pas prier.
- Qu... LA VACHE, LINO ! Mais t'as maigri ou quoi ?! T'es plus léger qu'l'année dernière !
Le petit garçon ne répondit pas. Il avait certes perdu un peu d'appétit durant l'année, mais continuait de manger normalement.
- Promets-moi qu'une fois rentré à Manchester, tu iras chez l'médecin avec Maman.
L'intéressé opina. Si c'était son père qui payait la consultation, tout irait pour le mieux. D'ailleurs, où était- il passé, celui-là ?
- Je ne pense pas que ce soit le bon moment pour jouer à saute-mouton.
Ah, ben trouvé.
Jack avait quant à lui marché tranquillement, sans se presser ni rien, jusqu'à ses deux enfants.
Kim l'ignora et avança, tête haute, vers la grande bâtisse. L'homme soupira et ramassa les sacs qui traînaient dans l'allée.
La moitié de famille remonta jusqu'à l'immense manoir sans dire un mot.
La brune arriva devant l'entrée. Elle fit descendre Lino et aperçu une petite plaque.
"Diary House"... Aujourd'hui, tu retrouves une part de ta famille.
Kim sonna et attendit quelques secondes. Elle, Lino et leur père entendirent la clé tourner dans la serrure avant que la lourde porte ne s'ouvre.
Être normal, c'est être différent.☆ Troisième année RP ☆ Le joueur est un garçon, merci de me genrer tel quel !
Bienvenue, deuxième round !
Un jeune homme, quittant l'enfance vers l'âge adulte, se tenait sur le pas de la porte. Un grand sourire béat étirait un visage marqué par des nuits blanches. De grosses lunettes noires à verres épais se tenaient sur son nez droit, et ses cheveux en bataille ne semblaient pas très enclins à être disciplinés.
Lony.
- Salut vous ! Moi, c'est Lony, vous savez, votre cousin, trop content de vous rencontrer enfin ! Oh là là, je sens que ça va être le meilleur week-end en famille de ma life !
Kim arqua un sourcil.
Comment il fait pour parler aussi rapidement sans respirer ?
Jack sourit. Une première depuis longtemps.
- Lony, tu as changé, tu es devenu un homme maintenant !
- En douze ans, ce n'est pas très étonnant, oncle Jack.
L'homme perdu son sourire. Son neveu venait bien de lui manquer de respect, là, non ?
Lony considéra "oncle Jack" d'un regard froid, puis se tourna vers ses cousins, la flamme chaleureuse dans son regard revenue.
- Entrez, ne restez pas là ! Je vais prendre vos sacs !
Joignant le geste à la parole, le jeune homme attrapa les sacs et les chargea sur ses épaules.
- Salut, dit une voix de femme légèrement grave provenant de l'intérieur.
Lino sursauta, un peu effrayé. Kim, qui n'avait pas peur pour un sou, se retourna, haussant son second sourcil.
La voix appartenait à une très belle femme. Son teint très clair, presque fantomatique, caractéristique des Diary, ses yeux et ses cheveux noirs de jais et sa prestance montraient bien qu'elle appartenait à l'une des familles les plus riches d'Aberdeen. De plus, elle avait une étonnante ressemblance avec Jack, telle que l'on aurait pu les croire jumeaux, ces deux-là.
Sophie.
Le père de Lino et Kim eut un sourire triste.
- Fifi'...
- Jack-Jack...
Les deux adultes se regardèrent, un peu gêné. Puis, lâchant toute retenue, ils se prirent dans les bras l'un de l'autre. Lony, quelque peu embarrassée, chuchota à Kim et son frère :
- Venez, on les laisse entre eux.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les cousins entrèrent à la file indienne dans le grand manoir.
Il flottait une drôle d'odeur, à l'intérieur. Un mélange de tabac froid, de cake sortant du four et de feu de bois. Kim grimaça devant cette drôle d'alliance. Lino, qui lui se fichait de cette fragrance comme de son premier biberon, laissa échapper un petit bruit d'admiration en apercevant le hall d'entrée.
Un immense escalier en pierre et bois lustré vous emmenait à l'étage, où de grandes alcôves faisaient de l'ombre aux tapisseries représentant l'arbre généalogique de la famille Diary. Un volumineux lustre en cristal éclairait le tout.
La brune enfonça ses mains dans ses poches, blasée. C'était magnifique, elle ne pouvait le nier. Mais il y avait quelque chose qui ne lui plaisait pas. Un truc, un détail, allez savoir quoi, qui ne lui revenait pas. Elle n'eut pas le temps d'esquisser le moindre mouvement, que, déjà, Lony criait de toutes ses forces.
- AAAAAAALFRED !!!
Lino eut un frisson, pas habitué à ce que l'on crie pour appeler les gens. Kim, elle, fronça les sourcils, les mains toujours enfoncées au fin fond des poches de son jean.
Qu'est-ce qui dit, l'autre encore ?
À peine trente secondes plus tard, un homme âgé, en costume de domestique, déboulait dans l'entrée. Le monocle brillant, les cheveux plaqués à la brillantine, moustache fournie mais entretenue, gants blancs et sourire chaleureux (ou exaspéré, en fait, ou peut-être les deux), bref, le majordome cliché.
- Mister Lony... Que puis-je pour vous et pour vos invités ?, qu'il leur dit, le ton aimable.
Le "Mister" offrit un sourire encore plus grand.
- Tu pourrais nous monter les valises là-haut, s't'eupl'? Et c'est pas des invités; c'est Lino et Kim, nos cousins ! Nanny a du te le dire, non ?
La jeune fille lança un regard étonné à son frère. "Nanny" ? Mais... Qui était-ce ?
- Hum, oui... Cela fait si longtemps. Bienvenue.
Alfred fit une révérence, puis attrapa les sacs et entreprit de monter à l'étage.
Qu'est-c'que j'fiche ici ? Y'a des domestiques qui font des courbettes, des escaliers d'marbre, et même un jardin qu'est pas en friche... C'est quoi c'truc ?!
Kim n'était, en effet, pas vraiment habituée à tout cela. Chez elle, on se répartissait les tâches équitablement, et surtout, on avait un vieux parquet qui grinçait quand on marchait dessus. Un peu éloigné du mini château, quoi.
Lino, qui ne semblait plus réfléchir depuis quelques temps, prit la parole, enjoué.
- Et vous vivez ici depuis longtemps ?
Pauvre petit garçon innocent qui ne connait rien du monde réel. Si seulement tu savais...
Nono... Not'père est un gosse de riche pourri gâté qu'est né avec une cuillère en argent dans l'a bouche, parc'qu'sa famille s'est enrichi sur l'dos d'la planète et des gens pauvres, pour faire en sorte d'avoir suffisamment d'fric pour s'imposer au Royaume-Uni ! Ils vivent ici depuis qu'ils ont eu assez d'thune pour acheter c'te baraque ! *
Lony ne perdit pas son sourire, au contraire. Il émit un petit rire tandis que notre brunette soufflait d'agacement.
- Ça fait longtemps que nous sommes là, ouais. Avant ma naissance, celle de nos parents, et celle de nos grands-parents. Depuis, heu...
- D'puis toujours.
Le jeune homme tourna la tête vers sa cousine. Elle s'était appuyée contre le mur, sourcils froncés, bras croisés.
Lony leva les mains en signe de paix.
- Ok, ok... Bon, alors... Pourquoi tu fais la gueule ?
Kim a bien cru que sa mâchoire allait s'écraser sur le marbre. Quoi que, ça aurait fait enrager son père, alors pourquoi se gêner ?
Mais... WHAT ?!
Son cousin, toujours souriant, continua :
- T'as pratiquement pas lâché un mot depuis votre arrivée ( 《 Ça t'dérange ? 》), t'as toujours l'air d'être en guerre contre le monde ( 《 Qu'est-c'qui t'dis qu'c'est pas l'cas ?》) , et on pourrait croire que tu vas à un enterrement !
C'est ça, t'as tout compris : j'vais aux obsèques d'ma conscience.
La sorcière commença par un 《 Pft... 》 puis quelques secondes de silence, durant lesquelles Lino semblait fasciné par la contemplation du carrelage.
- Moi, j'voulais pas v'nir ici, pis d'abord pourquoi douze ans après ?! Et ici, dans c'te baraque qui fait cinquante... Non, cent fois notre maison ?! Et pourquoi vous êtes tous si souriants alors qu'le monde déconne ?! Pourquoi nous, on a jamais rien su de vous, hein ?! Pourquoi ?!
Kim avait lâché tout ça tellement vite qu'elle en était essoufflée. Lony sourit encore plus.
Mais... MAIS IL M'ÉCOUTE PAS OU QUOI ?!
- Je me pose les mêmes questions.
La brune sentit son visage s'empourprer de rage.
Elle se détacha du mur, se retourna et se mit à crier dans ses poings. Pour des raisons évidentes de respect d'autrui, je ne peux vous rapporter ses dires.
Toujours est-il que Lony éclata de rire et que Lino dit la question que l'on se pose tous :
- Pourquoi c'est ma sœur ?
Lony.
- Salut vous ! Moi, c'est Lony, vous savez, votre cousin, trop content de vous rencontrer enfin ! Oh là là, je sens que ça va être le meilleur week-end en famille de ma life !
Kim arqua un sourcil.
Comment il fait pour parler aussi rapidement sans respirer ?
Jack sourit. Une première depuis longtemps.
- Lony, tu as changé, tu es devenu un homme maintenant !
- En douze ans, ce n'est pas très étonnant, oncle Jack.
L'homme perdu son sourire. Son neveu venait bien de lui manquer de respect, là, non ?
Lony considéra "oncle Jack" d'un regard froid, puis se tourna vers ses cousins, la flamme chaleureuse dans son regard revenue.
- Entrez, ne restez pas là ! Je vais prendre vos sacs !
Joignant le geste à la parole, le jeune homme attrapa les sacs et les chargea sur ses épaules.
- Salut, dit une voix de femme légèrement grave provenant de l'intérieur.
Lino sursauta, un peu effrayé. Kim, qui n'avait pas peur pour un sou, se retourna, haussant son second sourcil.
La voix appartenait à une très belle femme. Son teint très clair, presque fantomatique, caractéristique des Diary, ses yeux et ses cheveux noirs de jais et sa prestance montraient bien qu'elle appartenait à l'une des familles les plus riches d'Aberdeen. De plus, elle avait une étonnante ressemblance avec Jack, telle que l'on aurait pu les croire jumeaux, ces deux-là.
Sophie.
Le père de Lino et Kim eut un sourire triste.
- Fifi'...
- Jack-Jack...
Les deux adultes se regardèrent, un peu gêné. Puis, lâchant toute retenue, ils se prirent dans les bras l'un de l'autre. Lony, quelque peu embarrassée, chuchota à Kim et son frère :
- Venez, on les laisse entre eux.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les cousins entrèrent à la file indienne dans le grand manoir.
Il flottait une drôle d'odeur, à l'intérieur. Un mélange de tabac froid, de cake sortant du four et de feu de bois. Kim grimaça devant cette drôle d'alliance. Lino, qui lui se fichait de cette fragrance comme de son premier biberon, laissa échapper un petit bruit d'admiration en apercevant le hall d'entrée.
Un immense escalier en pierre et bois lustré vous emmenait à l'étage, où de grandes alcôves faisaient de l'ombre aux tapisseries représentant l'arbre généalogique de la famille Diary. Un volumineux lustre en cristal éclairait le tout.
La brune enfonça ses mains dans ses poches, blasée. C'était magnifique, elle ne pouvait le nier. Mais il y avait quelque chose qui ne lui plaisait pas. Un truc, un détail, allez savoir quoi, qui ne lui revenait pas. Elle n'eut pas le temps d'esquisser le moindre mouvement, que, déjà, Lony criait de toutes ses forces.
- AAAAAAALFRED !!!
Lino eut un frisson, pas habitué à ce que l'on crie pour appeler les gens. Kim, elle, fronça les sourcils, les mains toujours enfoncées au fin fond des poches de son jean.
Qu'est-ce qui dit, l'autre encore ?
À peine trente secondes plus tard, un homme âgé, en costume de domestique, déboulait dans l'entrée. Le monocle brillant, les cheveux plaqués à la brillantine, moustache fournie mais entretenue, gants blancs et sourire chaleureux (ou exaspéré, en fait, ou peut-être les deux), bref, le majordome cliché.
- Mister Lony... Que puis-je pour vous et pour vos invités ?, qu'il leur dit, le ton aimable.
Le "Mister" offrit un sourire encore plus grand.
- Tu pourrais nous monter les valises là-haut, s't'eupl'? Et c'est pas des invités; c'est Lino et Kim, nos cousins ! Nanny a du te le dire, non ?
La jeune fille lança un regard étonné à son frère. "Nanny" ? Mais... Qui était-ce ?
- Hum, oui... Cela fait si longtemps. Bienvenue.
Alfred fit une révérence, puis attrapa les sacs et entreprit de monter à l'étage.
Qu'est-c'que j'fiche ici ? Y'a des domestiques qui font des courbettes, des escaliers d'marbre, et même un jardin qu'est pas en friche... C'est quoi c'truc ?!
Kim n'était, en effet, pas vraiment habituée à tout cela. Chez elle, on se répartissait les tâches équitablement, et surtout, on avait un vieux parquet qui grinçait quand on marchait dessus. Un peu éloigné du mini château, quoi.
Lino, qui ne semblait plus réfléchir depuis quelques temps, prit la parole, enjoué.
- Et vous vivez ici depuis longtemps ?
Pauvre petit garçon innocent qui ne connait rien du monde réel. Si seulement tu savais...
Nono... Not'père est un gosse de riche pourri gâté qu'est né avec une cuillère en argent dans l'a bouche, parc'qu'sa famille s'est enrichi sur l'dos d'la planète et des gens pauvres, pour faire en sorte d'avoir suffisamment d'fric pour s'imposer au Royaume-Uni ! Ils vivent ici depuis qu'ils ont eu assez d'thune pour acheter c'te baraque ! *
Lony ne perdit pas son sourire, au contraire. Il émit un petit rire tandis que notre brunette soufflait d'agacement.
- Ça fait longtemps que nous sommes là, ouais. Avant ma naissance, celle de nos parents, et celle de nos grands-parents. Depuis, heu...
- D'puis toujours.
Le jeune homme tourna la tête vers sa cousine. Elle s'était appuyée contre le mur, sourcils froncés, bras croisés.
Lony leva les mains en signe de paix.
- Ok, ok... Bon, alors... Pourquoi tu fais la gueule ?
Kim a bien cru que sa mâchoire allait s'écraser sur le marbre. Quoi que, ça aurait fait enrager son père, alors pourquoi se gêner ?
Mais... WHAT ?!
Son cousin, toujours souriant, continua :
- T'as pratiquement pas lâché un mot depuis votre arrivée ( 《 Ça t'dérange ? 》), t'as toujours l'air d'être en guerre contre le monde ( 《 Qu'est-c'qui t'dis qu'c'est pas l'cas ?》) , et on pourrait croire que tu vas à un enterrement !
C'est ça, t'as tout compris : j'vais aux obsèques d'ma conscience.
La sorcière commença par un 《 Pft... 》 puis quelques secondes de silence, durant lesquelles Lino semblait fasciné par la contemplation du carrelage.
- Moi, j'voulais pas v'nir ici, pis d'abord pourquoi douze ans après ?! Et ici, dans c'te baraque qui fait cinquante... Non, cent fois notre maison ?! Et pourquoi vous êtes tous si souriants alors qu'le monde déconne ?! Pourquoi nous, on a jamais rien su de vous, hein ?! Pourquoi ?!
Kim avait lâché tout ça tellement vite qu'elle en était essoufflée. Lony sourit encore plus.
Mais... MAIS IL M'ÉCOUTE PAS OU QUOI ?!
- Je me pose les mêmes questions.
La brune sentit son visage s'empourprer de rage.
Elle se détacha du mur, se retourna et se mit à crier dans ses poings. Pour des raisons évidentes de respect d'autrui, je ne peux vous rapporter ses dires.
Toujours est-il que Lony éclata de rire et que Lino dit la question que l'on se pose tous :
- Pourquoi c'est ma sœur ?
Être normal, c'est être différent.☆ Troisième année RP ☆ Le joueur est un garçon, merci de me genrer tel quel !
Bienvenue, deuxième round !
- On vous dérange ?
Kim cessa d'étouffer ses cris dans ses poings et se tut. Sophie et son père se tenaient là, dans l'entrée... Que dis-je, dans le hall, et les regardaient, l'un en fronçant les sourcils, l'autre en leur offrant un sourire aristocratique. Plus elle les regardait, plus la brune leur trouvait des ressemblances. Le grain de beauté sur le visage, la forme des yeux, celle du nez, des lèvres, les sourcils fins...
- Il serait peut-être temps de s'engager vers le salon, vous ne croyez pas ?, proposa Sophie.
Lony haussa les épaules.
- Bien.
Et ils s'engagèrent vers une grande porte à gauche de l'escalier. Ils débouchèrent sur un très grand salon. Une des deux cheminée était allumée, où un feu s'animait joyeusement.
"Y'a qu'deux saisons en Ecosse : juin et l'hiver."*
Peu à peu, Kim reconnut la salon présent sur la photographie. Le même tapis épais, les mêmes fauteuils en cuir... Les mêmes personnes. Un vieil homme à l'air sévère, une femme âgée et toujours aussi belle, un homme ayant la quarantaine, trois ados.
L'homme âgé était assis dans un fauteuil, lisant un journal, fumant un cigare. Jonathan. Le quadragénaire était face à lui, également assit dans un meuble style baroque, mais tirant sur une cigarette, complétement absorbé par sa lecture d'un roman dont Kim n'arriva pas à déchiffrer le titre. Garry. La vieille femme taillait une belle orchidée blanche, posée devant une des très grandes fenêtres. Elizabeth. Un garçon, à la peau pâle, aux cheveux de jais et aux yeux noirs comme la nuit, était assit à la grande table à droite de la porte. Il semblait perdu dans ses pensées, devant son grand cahier. Liam. En face de lui, Kim aperçut son portrait craché, en plus jeune. Lui avait des écouteurs branchés dans ses oreilles et les yeux rivés sur un livre sur le cerveau. Lester.
C'est là que la brune se rendit compte que Lony, Liam et Lester semblaient être les mêmes personnes à des âges différents. Comme des sosies. Comme Jack et Sophie.
Liam leva soudainement la tête en se rendant compte de leur présence.
- Oh, bonjour !
Kim grimaça. Trop chaleureux. Trop faux.
Le garçon alla saluer son oncle d'une poignée de main. Puis il se tourna vers Lino, et lui expliqua que la dernière fois qu'il avait vu Jack, il avait quatre ans et quasiment aucun souvenir. Il ajouta aussi qu'il était ravi d'avoir l'occasion de les rencontrer. Pendant ce temps, Elizabeth s'approcha de son fils pour le serrer dans ses bras. Garry vint également à la rencontre de Lino. Seuls Jonathan et Lester ne bougèrent pas. Kim croisa les bras. C'était quoi cette famille ?
L'éducation qu'elle avait reçu n'était pas la même que ses cousins, ça sautait aux yeux. Pas de cours pendant les vacances. Pas de salon luxueux. Pas de maison surdimensionnée.
C'est alors que son grand-père prit la parole.
- Jack, commença-t-il d'un ton méprisant. Je croyais que tu avais un fils et une fille.
L'intéréssé, prit au dépourvu, haussa les épaules.
- C'est le cas, père. Voici Kim et Li...
- Je ne vois qu'un travesti et une ratée. Au moins, je suis sûr que ce sont tes enfants. Tout ton portrait.
Kim serra les poings. Comment pouvait-il parler ainsi à son fils ? De ses petits-enfants ? Ses yeux noisettes lançaient des éclairs. Pourquoi personne ne disait rien ?
- J'suis pas une ratée ! Et mon frère c'est pas un travelo !
Jonathan leva son regard, noir comme la nuit, froid comme la glace et sans émotions sur elle.
- Vraiment ? J'en doute. Les hommes portant ce genre de vêtements, comment appelles-tu ça ?
La brune jeta un coup à Lino. Il portai un pull rose et un pantalon clair. En un an, son frère avait laissé pousser ses cheveux; ils lui arrivaient désormais sous le menton. Pour ses neuf ans, le petit garçon avait voulu se faire percer les oreilles, et portait depuis deux petits ronds de plastique noir et blanc, représentant le Ying et le Yang. Il retenait ses larmes, ça se voyait. Il avait toujours été harcelé, que ce soit pour son avance à l'école ou le côté efféminé de sa personnalité. Il avait toujours été un bouc émissaire.
Un rictus moqueur apparut sur les lèvres du vieil homme.
- Et toi. Regardes-toi. Je pense sincèrement que tu es loin de tout réussir. N'est-ce pas ?
La jeune fille ne répondit rien. Elle se contenta de regarder celui qui était son grand-père, le visage complètement déformé par la peur. Les autres reprirent leurs activités, comme si rien ne s'était passé. Mais Kim resta figée, impuissante.
- Bonjour.
Elle sursauta presque en entendant la voix. Elle se tourna doucement, et découvrit Liam. Sourire. Timbre chaleureux.
- ...Bonjour ?
Liam penchait la tête sur le côté. Comme elle, parfois.
- Je te fais visiter ?
Kim haussa les épaules.
- S'tu veux.
Liam se détourna et alla secouer Lester. Il chuchota quelque chose à son oreille. Le plus jeune soupira, lança un regard méprisant vers Lino, Jack et elle, puis se leva, non sans soupirer de nouveau. Lony se pencha vers Lino et Kim, et, d'un geste de la main, les invita à sortir. Les cinq cousins sortirent du salon. Même si la plupart ne laissaient rien parâtre, aucuns n'avait envie d'y rester.
- Bon, ici, c'est l'entrée. Là, la cuisine, là, la chambre d'Alfred. Là, celle d'Emlyn, expliqua Lony en pointant chaque porte du doigt. Venez, on monte, on va vous montrer vos chambres.
Lino glissa un "C'est qui Emlyn ?" à l'oreille de sa sœur. Elle haussa les épaules : elle l'ignorait.
Les cinq grimpèrent l'escalier jusqu'au deuxième étage et empruntèrent un long couloir. Il débouchèrent devant une rangée de portes, toutes portant un numéro différent.
- La 27, c'est celle de Lester. La 6 est à Lony. Kim, tu est au numéro 16, et Lino, au 9. Moi, c'est simple, c'est la 13, expliqua Liam. Les numéros sont nos dates de naissance.
Il fit un clin d'œil avant de poursuivre : "Ils se font pas chier, pas vrai ?". Lester fit un vague geste de la main, visiblement agacé.
- Bon, entrez, qu'on en finisse et que j'aille me reposer.
- Bonjour Lester, moi aussi, je suis ravie d'te r'voir. 'Fin même si ça a l'air d'être la première fois parc'que ça fait quand même... Attends, j'sais plus... Ah, si ! Onze ans.
Kim, qui avait prononcé se mots, regarda tour à tour les frères, en leur crachant à la figure tout ce qu'elle avait accumulé au bord des lèvres depuis un an.
- Parce que c'est vrai, nan ? Vous vous souvenez sérieusement d'moi ? Bien sûr qu'nan. Vous jouez tous la comédie pour plaire à "Seanair"*, c'est tout ! Vous foutez pas d'ma gueule, c'est bon ! Y'a qu'à voir comment P'pa a réagi d'vant lui ! Vous êtes riches, cultivés, polis, vous êtes d'la Haute ! Vous êtes tous pareils, avec vos balais dans l'cul ! Alors arrêtez vot' fausse gentillesse et causez-nous normalement, les bawbag* !
La réaction fut casi-immédiate.
Lester rebrancha ses écouteurs en murmurant un "Je vous l'avez dit.".
Lony se retenait de rire difficilement.
Liam soupira, puis lui indiqua une autre porte, celle tout au fond du couloir. Elle ne portait pas de numéro, mais, contrairement à toutes les autres, peintes en blanc, celle-ci était noire.
- Tu veux qu'on parle sans détour ? D'accord. Mais pas ici.
Ils se dirigèrent tous vers la porte. Lony tourna la poignée et les invita à entrer. On entendit rien, à part le soupir de lassitude de Lino :
- Sérieux, j'peux jamais rien dire moi ?
Kim cessa d'étouffer ses cris dans ses poings et se tut. Sophie et son père se tenaient là, dans l'entrée... Que dis-je, dans le hall, et les regardaient, l'un en fronçant les sourcils, l'autre en leur offrant un sourire aristocratique. Plus elle les regardait, plus la brune leur trouvait des ressemblances. Le grain de beauté sur le visage, la forme des yeux, celle du nez, des lèvres, les sourcils fins...
- Il serait peut-être temps de s'engager vers le salon, vous ne croyez pas ?, proposa Sophie.
Lony haussa les épaules.
- Bien.
Et ils s'engagèrent vers une grande porte à gauche de l'escalier. Ils débouchèrent sur un très grand salon. Une des deux cheminée était allumée, où un feu s'animait joyeusement.
"Y'a qu'deux saisons en Ecosse : juin et l'hiver."*
Peu à peu, Kim reconnut la salon présent sur la photographie. Le même tapis épais, les mêmes fauteuils en cuir... Les mêmes personnes. Un vieil homme à l'air sévère, une femme âgée et toujours aussi belle, un homme ayant la quarantaine, trois ados.
L'homme âgé était assis dans un fauteuil, lisant un journal, fumant un cigare. Jonathan. Le quadragénaire était face à lui, également assit dans un meuble style baroque, mais tirant sur une cigarette, complétement absorbé par sa lecture d'un roman dont Kim n'arriva pas à déchiffrer le titre. Garry. La vieille femme taillait une belle orchidée blanche, posée devant une des très grandes fenêtres. Elizabeth. Un garçon, à la peau pâle, aux cheveux de jais et aux yeux noirs comme la nuit, était assit à la grande table à droite de la porte. Il semblait perdu dans ses pensées, devant son grand cahier. Liam. En face de lui, Kim aperçut son portrait craché, en plus jeune. Lui avait des écouteurs branchés dans ses oreilles et les yeux rivés sur un livre sur le cerveau. Lester.
C'est là que la brune se rendit compte que Lony, Liam et Lester semblaient être les mêmes personnes à des âges différents. Comme des sosies. Comme Jack et Sophie.
Liam leva soudainement la tête en se rendant compte de leur présence.
- Oh, bonjour !
Kim grimaça. Trop chaleureux. Trop faux.
Le garçon alla saluer son oncle d'une poignée de main. Puis il se tourna vers Lino, et lui expliqua que la dernière fois qu'il avait vu Jack, il avait quatre ans et quasiment aucun souvenir. Il ajouta aussi qu'il était ravi d'avoir l'occasion de les rencontrer. Pendant ce temps, Elizabeth s'approcha de son fils pour le serrer dans ses bras. Garry vint également à la rencontre de Lino. Seuls Jonathan et Lester ne bougèrent pas. Kim croisa les bras. C'était quoi cette famille ?
L'éducation qu'elle avait reçu n'était pas la même que ses cousins, ça sautait aux yeux. Pas de cours pendant les vacances. Pas de salon luxueux. Pas de maison surdimensionnée.
C'est alors que son grand-père prit la parole.
- Jack, commença-t-il d'un ton méprisant. Je croyais que tu avais un fils et une fille.
L'intéréssé, prit au dépourvu, haussa les épaules.
- C'est le cas, père. Voici Kim et Li...
- Je ne vois qu'un travesti et une ratée. Au moins, je suis sûr que ce sont tes enfants. Tout ton portrait.
Kim serra les poings. Comment pouvait-il parler ainsi à son fils ? De ses petits-enfants ? Ses yeux noisettes lançaient des éclairs. Pourquoi personne ne disait rien ?
- J'suis pas une ratée ! Et mon frère c'est pas un travelo !
Jonathan leva son regard, noir comme la nuit, froid comme la glace et sans émotions sur elle.
- Vraiment ? J'en doute. Les hommes portant ce genre de vêtements, comment appelles-tu ça ?
La brune jeta un coup à Lino. Il portai un pull rose et un pantalon clair. En un an, son frère avait laissé pousser ses cheveux; ils lui arrivaient désormais sous le menton. Pour ses neuf ans, le petit garçon avait voulu se faire percer les oreilles, et portait depuis deux petits ronds de plastique noir et blanc, représentant le Ying et le Yang. Il retenait ses larmes, ça se voyait. Il avait toujours été harcelé, que ce soit pour son avance à l'école ou le côté efféminé de sa personnalité. Il avait toujours été un bouc émissaire.
Un rictus moqueur apparut sur les lèvres du vieil homme.
- Et toi. Regardes-toi. Je pense sincèrement que tu es loin de tout réussir. N'est-ce pas ?
La jeune fille ne répondit rien. Elle se contenta de regarder celui qui était son grand-père, le visage complètement déformé par la peur. Les autres reprirent leurs activités, comme si rien ne s'était passé. Mais Kim resta figée, impuissante.
- Bonjour.
Elle sursauta presque en entendant la voix. Elle se tourna doucement, et découvrit Liam. Sourire. Timbre chaleureux.
- ...Bonjour ?
Liam penchait la tête sur le côté. Comme elle, parfois.
- Je te fais visiter ?
Kim haussa les épaules.
- S'tu veux.
Liam se détourna et alla secouer Lester. Il chuchota quelque chose à son oreille. Le plus jeune soupira, lança un regard méprisant vers Lino, Jack et elle, puis se leva, non sans soupirer de nouveau. Lony se pencha vers Lino et Kim, et, d'un geste de la main, les invita à sortir. Les cinq cousins sortirent du salon. Même si la plupart ne laissaient rien parâtre, aucuns n'avait envie d'y rester.
- Bon, ici, c'est l'entrée. Là, la cuisine, là, la chambre d'Alfred. Là, celle d'Emlyn, expliqua Lony en pointant chaque porte du doigt. Venez, on monte, on va vous montrer vos chambres.
Lino glissa un "C'est qui Emlyn ?" à l'oreille de sa sœur. Elle haussa les épaules : elle l'ignorait.
Les cinq grimpèrent l'escalier jusqu'au deuxième étage et empruntèrent un long couloir. Il débouchèrent devant une rangée de portes, toutes portant un numéro différent.
- La 27, c'est celle de Lester. La 6 est à Lony. Kim, tu est au numéro 16, et Lino, au 9. Moi, c'est simple, c'est la 13, expliqua Liam. Les numéros sont nos dates de naissance.
Il fit un clin d'œil avant de poursuivre : "Ils se font pas chier, pas vrai ?". Lester fit un vague geste de la main, visiblement agacé.
- Bon, entrez, qu'on en finisse et que j'aille me reposer.
- Bonjour Lester, moi aussi, je suis ravie d'te r'voir. 'Fin même si ça a l'air d'être la première fois parc'que ça fait quand même... Attends, j'sais plus... Ah, si ! Onze ans.
Kim, qui avait prononcé se mots, regarda tour à tour les frères, en leur crachant à la figure tout ce qu'elle avait accumulé au bord des lèvres depuis un an.
- Parce que c'est vrai, nan ? Vous vous souvenez sérieusement d'moi ? Bien sûr qu'nan. Vous jouez tous la comédie pour plaire à "Seanair"*, c'est tout ! Vous foutez pas d'ma gueule, c'est bon ! Y'a qu'à voir comment P'pa a réagi d'vant lui ! Vous êtes riches, cultivés, polis, vous êtes d'la Haute ! Vous êtes tous pareils, avec vos balais dans l'cul ! Alors arrêtez vot' fausse gentillesse et causez-nous normalement, les bawbag* !
La réaction fut casi-immédiate.
Lester rebrancha ses écouteurs en murmurant un "Je vous l'avez dit.".
Lony se retenait de rire difficilement.
Liam soupira, puis lui indiqua une autre porte, celle tout au fond du couloir. Elle ne portait pas de numéro, mais, contrairement à toutes les autres, peintes en blanc, celle-ci était noire.
- Tu veux qu'on parle sans détour ? D'accord. Mais pas ici.
Ils se dirigèrent tous vers la porte. Lony tourna la poignée et les invita à entrer. On entendit rien, à part le soupir de lassitude de Lino :
- Sérieux, j'peux jamais rien dire moi ?
"Il y a deux saisons en Ecosse : juin et l'hiver." : Billy Connoly.
Seanair : Grand-père.
Bawbag : insulte écossaise intraductible.
Être normal, c'est être différent.☆ Troisième année RP ☆ Le joueur est un garçon, merci de me genrer tel quel !