{ J'ouvre les yeux }

Œuvre sans nom, /
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< Thème musical : Flash – Lomepal >
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❝ HANNAH ! ❞
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Hannah, 13 ans
1er Décembre 2046 [Matinée]
Hall d'Entrée, Poudlard
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Avertissement : Mort (très légèrement)
< Thème musical : Flash – Lomepal >
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❝ HANNAH ! ❞
Lui
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Hannah, 13 ans
1er Décembre 2046 [Matinée]
Hall d'Entrée, Poudlard
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On s'est assis sur les marches de cet escalier pour discuter.
On évite de parler des choses qui fâchent, on se détourne du sujet principal car on veut pas se blesser l'un et l'autre, on veut pas appuyer sur le point sensible. Et l'essentiel, me dis-je, c'est que je sois là, à pouvoir communiquer avec lui. Le reste importe peu, pour le moment. Il est trop tôt, nos cœurs sont encore trop essoufflés pour cela, comme si nous avions couru un mille mètres sans frémir et que notre corps avait soudain besoin de lâcher complètement. Alors ont parle de tout et de rien, comme si rien ne s'était passé. Moi, ça me convient.
Aristid est un dieu-vivant. Je ne lui dis jamais, mais je l'admire, vraiment. Il est aussi grand et lumineux que le soleil, aussi courageux que David. Je ne sais pas si un jour j'arriverai à verbaliser tout ça, mais en tout cas je le pense très fort. Actuellement, je suis malheureusement incapable de parler, j'ai la gorge nouée depuis quatre jours. Tout ce que je suis capable de prononcer c'est des morceaux de mots qui se confondent les uns avec les autres. Aristid, lui, il respecte ça. Et c'est bien le seul.
En cours, je me laisse aller. Je me mets au fond de la classe et je dessine de la fumée sur mes rouleaux de parchemins. Une fumée aussi noire que ce que contient mon Cœur. Mes notes baissent, je me repose sur ce que j'ai lu depuis des années. J'essaie d'apprendre mais je suis sans cesse déconcentrée par quelque chose. Le vide m'a envahi.
Dès fois, je dors. Dès fois, je pleure. Aristid reste près de moi quand il le peut. Il sacrifie son temps libre pour moi. Il passe sont temps à étudier ou à veiller sur moi. Alors je me sens coupable. Coupable d'avoir été aussi conne, coupable de l'avoir inquiété, coupable de ne pas être capable d'aller mieux. Et lui, il reste là, près de moi. Je ne sais pas comment il fait pour tenir, pour garder ce sourire mi-inquiet mi-rassuré, et se tenir à mon chevet. Moi, je ne sais pas si je serais capable de faire tout ça pour lui, et ça me rend folle. Je suis horrifiée par ce constat, et à chaque fois que je le vois ma culpabilité augmente encore un peu.
Mais je suis là. Il est là. Nous sommes là. Nous reposons sur les marches de cet escalier parmi tant d'autres. Quelques élèves passent de temps en temps. La plupart sont en cours ; j'ai séché. Je ne me sentais pas d'y aller ce matin. Alors Aristid aussi a séché, par solidarité. Et encore une fois, je ne le comprends pas. Il aime tant s'enivrer de connaissance ! C'est comme si je comptais plus pour lui que toutes les choses passionnantes qu'il pourrait apprendre ! Et puis, si d'un côté sa présence me réconforte, je me sens encore plus faible qu'avant. Encore plus vulnérable. Je suis comme un pétale de coquelicot — la Beauté en moins. Je me laisse secouer par le vent sans pouvoir me protéger. J'ai besoin d'être raccrochée à quelque chose, par des Liens. Je dois aujourd'hui admettre que j'ai besoin d'Eux. De Swann. De Lexa. D'Alyona. D'Aristid.
Je vais devoir voir une psychomage. Je n'ai pas le choix. Tout le monde (c'est à dire mes parents, et Aristid) me l'a demandé, pour ne pas dire supplié. Alors je vais y aller, pas de mon plein gré, certes, mais quelque part je sais aussi que cela me rassure, d'être suivie par quelqu'un qui s'y connait dans ce domaine. Je me sens un peu plus protégée, même si je donne l'impression aux autres qu'on m'emmène droit à la Geôle.
Un jour, ça ira mieux. Je ne sais pas quand, exactement, mais je le sens. Je suis sur la bonne voie je crois. Frôler la chute libre, jouer avec les extrêmes m'a rappelé à quel point la Vie est grande. Être proche de la Mort m'a fait ouvrir les yeux sur celle-ci, sur son sens, sur son goût. J'ai décidé d'écouter les sages paroles du Messager. J'ai décidé de faire en sorte de voir plus souvent les personnes qui me sont chères, et de me battre. Me battre contre les helminthes qui me *bouffent* les entrailles, me battre pour mon sommeil, me battre pour ma vie, mais aussi pour mes droits. Alors oui, ce ne sera pas tous les jours faciles. Oui, il y aura des moments de tristesse. Oui, il y aura des moments où j'aurais envie de tout envoyer valser. Mais désormais j'ai compris une chose : je ne suis plus seule face à mes démons.
« Merci, merci pour tout »
Je me remets à pleurer en serrant Aristid de mes bras frêles. Je pense à cette phrase de Bottero qui dit que les Larmes, plus que les Mots, sont un signe d'Humanité. Je les ai si longtemps refoulées. J'ai si longtemps prêté attention à l'image que je donnais aux autres que je me suis sabotée moi-même. Cette Façade que je voulais à tout prix conserver. Je comprends en versant ces Larmes que c'était une énorme erreur de les retenir. Car ça me fait un bien fou. Je ne sais pas combien de litres d'eau salée j'ai pu écouler depuis quelques jours, mais il y aurait sûrement de quoi alimenter une rivière !
« C'est normal. On est tous avec toi. »
Je ne sais pas si je dois le croire, mais sa phrase a le don de m'arracher un timide sourire. J'ai hâte, Zeus, j'ai hâte que tout aille mieux ; il faut que je m'arme de patience. Que j'arrête de courir après des chimères — comme Bristyle, par exemple. Avec le recul, je me suis faite balader comme une gamine, et elle m'a envoyé promener pour une simple remarque. Qu'elle s'en aille ! Ma fascination a atteint aujourd'hui ses limites. Ce n'est sûrement pas d'elle dont j'ai besoin. Ce dont j'ai besoin, c'est de la douceur de Swann, du sourire d'Aristid, de l'intrépidité de Lexa, des mains d'Alyona. Pas des rictus moqueurs et des paroles blessantes volontaires.
*Tu m'a appris quelque chose, Bristyle. A fuir les arrogants.*
J'ouvre les yeux.
Je veux revoir la Nuit, les étoiles, sans intention funeste. Je veux revoir ton Sourire avec un grand S, Swann. Je veux vous revoir, tous, quand je serai fin prête. Le repos m'attend ; je me lève. Aristid m'imite. Je lui souffle une plaisanterie sur les décorations de Noël du château, il rit ; et la vie continue.
𓏢
Elle vit.
Comme l'oiseau, comme le bourgeon, comme la coccinelle ; elle vit.
*sǝlɔʎɔ ǝp uoıʇsǝnb ǝun ʇsǝ ʇnoʇ*
Comme l'oiseau, comme le bourgeon, comme la coccinelle ; elle vit.
*sǝlɔʎɔ ǝp uoıʇsǝnb ǝun ʇsǝ ʇnoʇ*
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Résurgence