5 mars 2021, 19:11
Lorsqu'Athéna veille...
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@Adaline Macbeth


13 janvier 2046,
Près de l'estrade du club de duel
Après ce duel
Post exceptionnellement écrit à la première personne


J’ai peur de l'échec.

C’est une peur tapie au fond de mon cœur, qui est là, à guetter chaque moment où elle pourra se dévoiler. Et puis, quand cela s’y prête, elle sort et m'emporte. Elle me fait vaciller. Trembler. Bégayer. M’empêche de parler, de danser, de m'activer.

C’est une honte d’avoir peur de l’échec. Je devrais être contente de ce que j'ai. Mon corps fonctionne, j’arrive à penser, j’ai mes deux parents, j’aime et on m’aime. Je devrais considérer ma vie comme une succession de réussite. Et pourtant... Pourtant, la réussite se situe pour moi dans l’inatteignable. Dans quelque endroit que je ne pourrais jamais visiter, dans une surface atmosphérique qui n’existe que dans mon esprit mais que je veux toucher du bout des doigts.

Je ne veux pas voir l’étiquette ‘ratée’ sur mon front. Je préfèrerais un diadème. Une couronne qu’on poserait délicatement sur mes cheveux ébène.

Dans mes rêves, je me vois puissante. Forte dans ce que je suis.
Dans mes cauchemars, je me vois faible. Misérable par ce que je fais.

Je descends de l’estrade en jetant un regard en coin à Cooper. Enfin Lili. Mon adversaire – la gagnante du duel. Je dois continuer à l’appeler Lili, l’emploi du prénom qui pour certains Autres est si anodin a une signification bien particulière pour moi. Macbeth par exemple, je voudrais connaître son prénom. C’est froid un nom de famille ; c’est pour les Autres, pour les inconnus et ceux que je n’aime pas. Ceux que je préfère oublier.

Macbeth, je voudrais pouvoir affirmer que je la connais, que je l’apprécie. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai demandé à Kyana sa vraie identité. Pour pouvoir affirmer une relation auprès de tout le monde. De tout mon monde.

Tout mon monde qui semble d’ailleurs s’écrouler en ce moment précis. Perdre ce duel m’a fait peur. Du mal. Je me sens vulnérable, comme un chaton blessé dont personne ne voudrait. Et ce que je n’aime pas, c’est d’avoir été vue dans cette posture. J’ai assisté au duel d’Eaven et dans un sens je le regrette. Contempler deux personnes s’affronter à la seule force de la magie tout en sachant très bien qu’une des deux sera surprise pendant son échec… Je chasse cette pensée de mon esprit. Surprise pendant son échec me fait trop penser à moi-même, ce moi qui se roule en boule et se cache dans un trou de souris pour éviter les regards. Mais le pire est que ce moi n’arrive pas à échapper à deux yeux noirs, perçants. Des yeux doux également, je suis obligée de l’ajouter.
Des yeux qui plairaient à papa. Parce que moi, je crois que mes yeux sont trop insolents, trop têtus. Mon père ne les aime pas.

J’ai peur de l’échec. Et je me sens obligée de justifier de mes peurs, d’expliquer le pourquoi du comment. C’est pour cela que je dévale les marches de l’estrade et vais trouver les billes noires qui m’ont fixée ; que j’ai redoutées.

« Macbeth. »

Je baisse la tête. Des larmes tentent de poindre à mes yeux mais je les refoule en me mordant la joue. Je saignerai – et qu’importe. Tout plutôt que de perdre à nouveau la face. Tout plutôt que de me montrer encore une fois misérable.

Je lui ferai une bonne impression. Peut-être pourrais-je l’appeler par son prénom dans quelques minutes. Je veux lui faire une bonne impression. Je me montrerai froide, distante et mature tandis que se secoue mon cœur pour venir au bord de mes lèvres.
Je ne lui montrerai pas que j’ai peur de l’échec.

Je relève la tête et plante droit mes iris bleus dans les siens. Si absorbants. Si envoutants. Si intelligents. C’en est effrayant. Je prends la parole dans un murmure.

« Merci d’être venue. »

Échec et Mat.

#5d9686
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8 mars 2021, 16:39
Lorsqu'Athéna veille...
Le 13 janvier 2046
Près de l'estrade du club de duel

3ème année


Je me tiens bien droite en regardant Holmes descendre de l’estrade. La fille que je viens de quitter n’est déjà plus qu’un vague souvenir et c’est celle que je regarde fixement qui occupe toute ma tête. Les mots que je veux lui dire se rassemblent et s’agglutinent aux portes de ma bouche – tellement que j’ai peur qu’ils s’échappent tous dans un véritable bazar. Mais le visage que je donne à voir est fermé. Je la laisse venir à moi, calmement, sans bouger un orteil. Finalement, elle est là. Elle me salue par mon nom de famille, et si certains pensent que ça impose une distance, j'aime me faire appeler par mon prénom. C'est comme m'inventer un monde, c'est comme être adulte, c'est comme un jeu.

Je lui adresse un signe de tête, pour la saluer, avec un regard aussi dur que doux. C'est un étrange mélange et je me rends compte de toutes ses contrariétés, elles s'inscrivent aussi sur le visage que j'observe : mais c'est un autre contraste. Son visage est paré d’un fier désespoir alors que les remerciements qu’elle me lance au visage sont durs. Je souris parce que c’est le genre de phrase que j’aurais pu dire si j’avais perdu – quand j’ai perdu.

« Merci pour le spectacle. »

Mes mots s’écrasent contre sa joue, j’espère que je ne l’ai pas blessée, pensé-je immédiatement. Le ton que j’ai employé n’est pas maîtrisé, il est presque morne, il trahit des pensées qui ne m’ont traversées qu’un instant à peine : ils veulent dire merci d’avoir échoué. Mais je ne veux pas qu’elle les comprenne comme ça.

Le silence commence à s’étaler entre nous, et se répand dans la bulle qui semble nous entourer. Autour de nous, les autres s’en vont bruyamment en délaissant les bancs avec fracas et en riant ou en jurant dans tout autant de fracas. Je soupirerais si j'étais certaine qu’Holmes ne le prenne pas personnellement.

La tension s'étend avec le silence et mon cœur se serre.

« Tu t'es bien battue, Holmes. »

Dis-je finalement. Ces mots-là témoignent de mon affection, une grande affection qui m'ensevelit, si l'on fouille dans leurs intonations, si l'on ressent leur signification, si l'on écoute les battements de mon cœur, si l'on regarde le petit sourire au coin de mes lèvres. Tout est empli de fierté : mes mots, mon cœur, mon sourire.

Animagus renard polaire
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12 mars 2021, 23:28
Lorsqu'Athéna veille...
Elle s’était donnée en spectacle. C’était tout ce qu’elle avait fait pendant le laps de temps où les sortilèges s’échappaient entre les deux baguettes, volaient dans l’air pour tenter d’atteindre leur cible respective.

Macbeth avait eu l’impression d’assister à un spectacle, sûrement une comédie qui faisait rire aux éclats tandis qu’on se moquait des personnages. A moins que ce ne soit une tragédie, vu comment cela s’était fini pour Lydia.

La fillette ne s’était jamais sentie aussi petite. Elle avait honte. Elle se sentait enfant, dépourvue de toute maturité, toute crédibilité. C’était si dur à supporter qu’elle hésita pendant un instant à courir et s’enfuir. Quitter ce regard noir qui avait l’air souriant pourtant. Par Circée, qu’est-ce qui était amusant ? Sa tête suppliante ? La pitié qu’elle inspirait ? Quelle qu’en soit la raison, elle était cruelle.

Lydia laissa le silence créer une bulle autour d’elles. Les anges passaient, les mouches volaient. Après tout c’était mieux ainsi. Elle ne parlait qu’avec les yeux. Ses pupilles qui tentaient vainement de trouver un contact avec Macbeth, qui s’accrochaient désespérément à la Muraille Noire, ripant dessus à chaque mot que les lèvres situées en dessous prononçaient.

Ses yeux voulaient tout dire. M’abandonne pas là. S’il-te-plaît Macbeth, j’ai peur. Je sais pas ce que j’ai fait à ce duel, j’ai échoué. L’échec me fait peur et maintenant, c’est toi qui me fais peur. J’aimerais tellement que tu sois fière, pourtant. Tu sais, chère modèle, c’est quand j’ai croisé ton visage dans les tribunes que j’ai eu cette envie de vaincre et de donner le meilleur de moi-même. La défaite aurait eu moins d’importance s’il n’y avait pas eu… Toi. Tu veux bien m’aid…

La voix de son interlocutrice la coupa net. Elle s’était bien battue. Battue, comme si elle avait eu des armes, un bouclier et une côte de mailles. Et elle avait bien fait le combat : ne lâchant rien, perdant non pas à cause d’elle-même mais de son adversaire.

Lydia fondait intérieurement. Elle s’était toujours crue de glace et pourtant… La neige fondait, glissait en flots à l’intérieur de son corps. Et se matérialisa ensuite en quelques paroles.

« Tu trouves ? Merci. »

Ce merci était un de ceux qu’on dit en étant prêt à donner son cœur pour récompenser encore plus la personne. C’était un des mercis qu’elle disait à Kyana, quand celle-ci lui parlait de la vie ; d’elles-deux ; des constellations et des firmaments de l’Univers.

C’était un merci précieux. Parce que – elle le comprit d’un coup – les mots de Macbeth étaient la chose la plus importante pour elle à cet instant précis.

#5d9686
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10 avr. 2021, 09:23
Lorsqu'Athéna veille...
Merci. Ce merci est particulier dans la bouche de cette fille, et le son qui l'accompagne est profond, un silence profond. C'est le genre de merci qui réchauffe mon cœur parce qu'on n'a pas l'habitude de l'entendre. Pourtant, j'entends beaucoup de merci : il m'arrive de plus en plus souvent d'aider des camarades avec leur devoir, de leur expliquer des étymologies, de leur apprendre des sortilèges. Aucun de ces merci ne vaut celui-là, pensé-je presque immédiatement, il a quelque chose de si sincère et de presque déchirant.

Immédiatement, avec le sourire qui naît sur mes lèvres, une autre pensée germe. Une pensée qui, bizarrement, fait retomber les deux extrémités de mes lèvres déformées en ce tout jeune sourire. Bien qu'elle ne soit pas particulièrement douloureuse à mon esprit, elle change radicalement l'expression sur mon visage. Mes yeux jusque-là rieurs se perdent dans le flou quelques instants. Ce merci : c'est le merci que j'aurais pu dire si les rôles avaient été inversés il y a un an. Désespéré, mais foutrement reconnaissant.

« Oui... J'acquiesce avec ma mine moitié jouasse moitié paumée. Tu es douée. »

Si le sourire qui avait commencé à pointer le bout de son nez est en train de revenir doucement sur mes lèvres, c'est surtout mon ton qui s'est fait engageant. J'ai envie qu'elle croit à ce compliment autant que moi. J'ai envie de la convaincre que cette défaite ne signifie pas la fin de quoi que ce soit. J'ai envie de la rassurer comme j'aurais aimé être rassurée. En fait, je me rends compte que c'est aussi à propos de moi.

« Ton adversaire était plus forte. »

J'ajoute, avec cette fois un sourire large et assuré. Et quelque chose me chatouille encore la langue, quelque chose que j'ai envie de lui dire, de partager avec elle.

« Tu sais, j'ai combattu en duel l'année dernière. Et j'ai perdu. »

Animagus renard polaire
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12 avr. 2021, 22:04
Lorsqu'Athéna veille...
Macbeth avait un regard nostalgique. Comme si des souvenirs lui remontaient en tête. Comme si des voix, des odeurs, des flashs, lui remontaient tout à coup.

Macbeth avait un regard penseur. Comme si elle avait été dans la même situation que Lydia. Quand, comment, pourquoi, à cause de quoi, la jeune fille n’en savait rien. Mais elle commençait à savoir lire dans les yeux. Dans ceux de la Rouge et Or, la lecture se faisait un peu plus chaotiquement que chez les autres. La jeune Holmes commençait à être tiraillée par la pensée Tobias la préfèrerait, elle serait capable de soutenir son regard : ce que, moi, je n’ai pas pu faire puis ensuite l’infime soupçon de jalousie qu’elle avait toujours du mal à contrôler. Enfin, après quelques secondes de déchiffrage pénible, elle arrivait à trouver la brèche et à comprendre enfin ce que pouvait ressentir Macbeth. Pas simple, les secrets de son regard étaient bien gardés.

Elle crut que son cœur allait exploser quand son interlocutrice annonça qu’elle était douée.

« Je… Non. »

Elle mit une main devant sa bouche mais trop tard ; les mots étaient sortis. Elle n’avait vraiment pas l’habitude de se dévaloriser – ou alors elle le faisait mais sans y penser vraiment, juste pour ne pas trop paraître vantarde. Tandis que là… Les légers frissons, à peine remarquables, qui parcouraient son corps signifiaient tous sa surprise et la négation.

La puissance de l’adversaire n’était pas une excuse à l’échec. Au contraire. Tous ces ‘tu t’es bien battu’ ne rimaient à rien, juste à lui renvoyer la certitude cuisante de son échec. Pourtant, elle n’avait pu s’empêcher de trouver une rime à cette phrase, puisqu’elle avait été diablement émue quand Macbeth l’avait prononcée.

L’émotion fut encore plus forte quand son interlocutrice lui annonça qu’elle aussi avait subi l’échec.

« Oui mais toi c’est pas pareil… »

Elle sentait sa confiance en elle-même dégringoler à nouveau.

« Ça peut pas être pareil… »

#5d9686
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2 sept. 2021, 19:48
Lorsqu'Athéna veille...
Je ne m'exaspère pas du comportement d'Holmes, alors que je pourrais en être agacée d'en d'autres conditions. Je vois souvent des sorciers et des sorcières jouer la surprise, le désarroi, en rajouter des caisses, mais ce n'est pas ce que je vois dans l'attitude de la sorcière en face de moi. J'aurais certainement pensé que c'était de la superficialité que je voyais dans le comportement d'Holmes, au lieu de la sincérité, si je ne la connaissais pas déjà - et j'aurais bien tort. Plus je côtoie des gens, et plus je me rends compte que je me trompe sur eux. Cette idée me fait sourire et la réaction de Holmes me fait sourire d'autant plus ; j'ai l'impression de la regarder comme ma grand-mère me regarde, avec les yeux brillants et un sourire tout doux.

Je toussote, dans mon poing, parce que si la compassion que j'éprouve pour Holmes m'attendrit, le souvenir de la défaite n'en est pas moins amer. J'ai beau penser que lui raconter mon expérience l'aidera à dépasser sa propre défaite, les mots ont du mal à sortir.

« Non, c'était exactement pareil ! »

M'exclamé-je en cherchant à capter le regard océan de la sorcière. Je me surprends à agir comme ma grand-mère quand je suis triste, quand je fais la moue ou quand je suis en colère. Je veux la convaincre et me convaincre que mon adversaire était plus fort, comme le sien l'était.

« J'ai combattu contre Chems, je sais pas si tu le connais ? je marque une pause, rougissante. Il a un an de plus. J'ai rien pu faire parce qu'il était juste plus fort que moi. »

Cet aveu me coûte bien plus que je ne l'avais imaginé. Mes joues s'empourprent d'avoir avoué une faiblesse. Le piédestal sur lequel les yeux admiratifs d'Holmes m'ont fait grimper semble s'effondrer avec ma fierté. Pourtant, cela ne fait pas de moi une faible, cela ne change rien au fait que je sois première de ma classe, cela ne change pas mes capacités magiques. Mais je me sens nulle, tout d'un coup, et je guette autour de nous pour être sûre que personne d'autre ne l'a entendu - ce n'est certes pas un secret que j'ai perdu un duel (et qui s'en préoccupe) mais les résultats de ce duel ne sont plus affichés depuis des lustres alors je crois qu'ils ont été oubliés dans l'imaginaire collectif.

Je me triture un peu les doigts et reviens au visage de la sorcière devant moi. Elle n'en mène pas large, pensé-je, et moi non plus, pensé-je ensuite.

« Mais... »

Bégayé-je. Les mots sont juste là, dans ma tête, et ils attendent que je les dise. Bientôt, l'estrade se vide complètement. J'hausse les épaules avec une petite moue que j'espère réconfortante, et un petit rire secoue mes épaules.

« Ça m'empêche pas d'être douée. »

Animagus renard polaire
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14 nov. 2021, 13:03
Lorsqu'Athéna veille...
Elle toussota, plutôt bruyamment. Lydia savait que la jeune fille en face remontait dans ses souvenirs et se remémorer une défaite n’était pas agréable. Elle sentait encore l’effet cuisant et violent des sorts de Lili sur son corps. Elle avait encore cette impression d’être faible, que tout le monde allait la mépriser. Elle ne savait pas vraiment pourquoi faisait-elle tout un drame de cette histoire ; c’est normal de perdre. Qui a dit cependant que la normalité ne pouvait pas laisser un goût pourri dans la bouche, que même le plus parfumé de miel ne parviendrait à l’en enlever ?

Elle écouta avec attention la tirade de Macbeth. C’était amusant, pour un spectateur ou une spectatrice, d’observer ces deux jeunes filles – presque enfants – en train de parler. Elles s’identifiaient l’une à l’autre, mélangeaient leurs songes et chacune concédait une part de son essence profonde à l’autre. C’était amusant, étonnant peut-être aussi.
Lydia hocha la tête lorsque son interlocutrice déclara être douée. Bien sûr qu’elle l’était ! Toute la promotion des troisièmes années savait que c’était une excellente élève, déterminée et douée.
Tous les élèves commençaient à quitter la pièce ; il était temps pour la jeune Holmes de mettre fin à cette conversation.

« Oui, tu as raison, dit-elle d’une voix hésitante. Mais j’crois que j’ai encore besoin d’y réfléchir de m’entraîner. »

Elle commença à tourner les talons puis se retourna et regarda Macbeth une dernière fois.
Quelques pas pour se rapprocher d’elle. Quelques secondes encore de petite gêne avant que Lydia décide de passer ses bras autour de sa camarade. Un câlin ? Bon, pourquoi pas…

Le câlin c'est un cadeau pour ce rp que j'ai grandement apprécié écrire, merci beaucoup !

#5d9686
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8 janv. 2022, 18:20
Lorsqu'Athéna veille...
Autour de nous, la salle de duel commence à se vider dans le fracas des chaises qui raclent le sol, des conversations qui se terminent sur des au revoir et des elfes de maisons qui transplanent pour venir nettoyer. Et alors petit à petit, un peu comme on verrait le jour décliner, les élèves assis se lèvent, les élèves qui discutaient se taisent, et ceux qui étaient proches de la porte la franchissent. C'est à ce moment que je lève la tête pour regarder autour de nous et constater que dans la bulle qui nous entoure, je n'ai pas vu le jour s'évanouir pour laisser sa place à la nuit. Le ciel s'est assombri et la lumière se fait plus faible, pourtant je vois le visage de Holmes toujours aussi clairement.

Ce n'est pas un sourire que je vois sur son visage mais cela ne me gêne pas. On ne peut pas sourire tout le temps, c'est épuisant de garder toujours un sourire sur le visage et c'est encore plus fatiguant de forcer ses joues et ses lèvres à se redresser lorsqu'elles sont lourdes. Pour avoir essayé de garder une face souriante toute une journée, sous les conseils foutrement mal avisés de mon oncle, je peux dire que c'est un supplice. En pensant à cela mais aussi en pensant à la sorcière en face de moi, je ne peux empêcher un sourire. Les sourires me font du bien - même si je ne suis pas prête de l'avouer - quand ils sont sincères et je regrette presque le temps passé à les empêcher de se montrer sur mon visage.

Sa voix, son ton, ses mots sont encore amers à cause de la défaite qu'elle a subi. J'aurais presque envie de poser une main sur son épaule ou dans son dos pour lui montrer que je la comprends. Ô comme je la comprends.

Je sens que la conversation va s'arrêter et elle commence à tourner les talons pour me l'assurer. Voilà, notre conversation est terminée. Cette fois, c'est le goût dans ma bouche qui est amer, et si j'aurais du mal à dire pourquoi je sais que mon cœur sait. Mon cœur sait à quel point j'aimerais continuer à parler avec elle à cet instant précis mais ma tête me freine de tenir la patte de la bleue pour l'emmener s'entraîner tout de suite. Ce que je crois, c'est que lui demander d'aller s'entraîner maintenant tout de suite me fasse passer pour ce que je ne suis pas, une faible, une dépendante.

Je n'ai pas le temps de faire une erreur que Holmes se retourne déjà. Sans un mot et dans une atmosphère qui se métamorphose tout d'un coup : elle me fait un câlin. Un câlin ! Je n'ai pas subi beaucoup de câlins et j'ai toujours du mal à savoir réagir quand cela arrive malencontreusement. Pourtant, mon cœur est soulagé de recevoir cette marque d'affection - si fort qu'il exploserait !

« On devrait s'entraîner ensemble, Holmes... »

Je lui dis tout bas, le nez dans ses cheveux, en me laissant aller à poser une main dans son dos. Argh, je n'aime pas les contacts et pourtant celui-là ne me donne pas la gerbe. Je ne pourrais pas dire qu'il me plaît - ou que je recommencerais ! - mais ce n'est pas à vomir. Est-ce que je suis en train de m'affaiblir ?

Finalement, elle hoche la tête et elle me quitte. Son air est décidé et il m'arrache un autre sourire alors que je la regarde passer le pas de la porte.


Fin.

Animagus renard polaire
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