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Le temps semblait arrêté entre les deux jeunes adultes. Plusieurs idées s'entrechoquaient dans la tête du médicomage. La première, c'est qu'il devait se rendre à une évidence, son amie lui faisait ressentir des choses qu'il n'avait pas ressentit depuis... plus d'un an. La deuxième c'est que ça lui fichait la trouille. La peur que malgré les choses qui s'eveillaient à nouveau, il soit incapable de ne pas retomber dans ses travers des derniers mois. La troisième, c'était qu'il était hors de question de gâcher son amitié avec Annaëlle en lui faisant du mal. Il ne se remettrait pas il avait déjà suffisamment faire de conneries pour ne pas ajouter celle-ci à la liste.

C'est sur cette pensée qui lui avait fait prendre une mimique un peu plus sérieuse qu'il sentit les doigts de la rousse s'échapper des siens. Elle s'éloignait doucement entre les arbres. Le châtain fronça les sourcils doucement, elle devait faire attention, il y avait un mur qu'elle finirait par percuter de plein fouet. Mais heureusement elle s'arrêta... et il se fit avoir comme un débutant... la boule de neige venait de s'écraser sur son épaule:

- "
Tu perds rien pour attendre!" Ria l'irlandais en se baissant pour amasser de la neige au mieux avant de la lancer sur la jeune femme, non sans s'approcher d'une bonne enjambée. Le petit projectile s'envola pour retomber sur la caisse de la jeune femme. Il s'avança encore et se baissa pour prendre une nouvelle poignée à compacter en une boule. Sauf qu'il n'y parvint pas, la neige s'effritant toujours un peu plus. Dépité, il cherchait une nouvelle idée, repris de la neige et s'approcha encore un peu, il la lança en direction de l'anglaise sans même essayer d'en faire un projectile. La poudreuse s'envole et retomba de manière éparse autour de son visage. C’était ridiculement drôle, il ririat de sa non performance.

Une voix s'éleva près de la porte. Le plus vieux des deux amis se retourna, le serveur les signifiait l'arrivée de leur plat. Il pivota à nouveau et proposa sa main, encore, sans y penser. Mais ça avait été si agréable.

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Toujours en train de rire de son attaque surprise et de la réaction du jeune homme, la rouquine se fit à son tour prendre. Bien qu'elle s'y attendait, qu'elle comptait même dessus, elle ne put s'empêcher de lâcher un petit cri de surprise alors que la boule blanche s'écrasait sur sa cuisse. Le jeune homme se rapprochait considérablement et elle n'avait nul part où fuir, sentant que la cours s'arrêtait non loin derrière elle. Et puis autant dire que sa concentration s'était envolé alors qu'une moitié d'elle était toujours en train de rigoler et l'autre consciente des moindres mouvements de son ami.

Lorsque la poudreuse s'abattit sur elle, la rouquine ne put faire autrement que de rester immobile, observant les flocons tomber sur son visage. Incroyablement consciente de la proximité de leur deux corps, elle ne put s'empêcher de rougir, mais masqua le tout habilement derrière un sourire nonchalant.

-Je me vengerais de ça un jour, la poudreuse, c'était un coup de trop, blagua-t-elle tout en essayant de détendre son corps qui s'était soudainement crispé. Se perdant un instant dans les yeux de son ami, elle pivota brusquement, comme prise en flagrant délit, lorsque le serveur leur adressa la parole de la porte. Secouant ses vêtements pour ne pas entrer couverte de neige, elle se saisi de nouveau de la main que lui tendait le jeune homme. Encore une fois, les battements de son cœur s'accélérèrent. Encore une fois, ses pensées en étaient toutes retournées. Elle n'avait jamais été du genre à vouloir s'attacher, que ça soit à un endroit ou à une personne, les circonstances ne semblaient jamais être les bonnes et elle mentirait sans mentionner qu'elle avait également un peu peur. Peur de ce qui allait arriver ensuite. Mais, n'était-ce pas la même chose pour tout le monde ?

Entrant à la suite du jeune homme, elle frissonna légèrement dû au changement de température et se rassit à sa place de tout à l'heure. Elle avait encore un peu de neige qui lui dégoutait dans les cheveux, mais son attention était présentement tourné vers les deux plats qui se trouvaient face à eux. Après leur petite sortie, elle avait bien faim finalement.

-Mmh, ça à l'air délicieux, j'ai bien hâte de gouter ! Mais avant tout, une petite chose s'imposait. Prenant son verre dans sa main, elle le leva et croisa le regard de son ami. À nos retrouvailles, dit-elle avec un sourire.

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Diarmuid avait cette impression particulière qu'Annaëlle lui envoyait des signaux contradictoires. Ça ne l'aidait clairement pas à faire le tri dans ce qu'il ressentait lui. Clairement ses réactions physiques à lui étaient un peu trop claires. Mais dans sa tête c'était d'un confus. Et puis elle avait peut-être quelqu'un, il se faisait certainement un film, comme disaient les moldus. À tous les coups c'était ça.

Mais au moins, ils arrivaient à rire, comme les deux adolescents qui s'étaient quittés il y a cinq ans. C'est que dans la remise à niveau de la rousse, puis les révisions, ils en avaient aussi profité pour faire quelques bêtises gentilles. Se câblages mutuellement pour des coupes improbables ou des lacets fous ou des semelles collées... jamais méchant, toujours marrant.

- "
J'attends de voir ça!" Répondit l'irlandais sur le même ton blagueur. Oui, il attendait de voir sa vengeance... L'arrivée du serveur les contraint à rejoindre l'intérieur. Un peu déçu qu'il coupe ce moment agréable, l'ancien Serdaigle ne bouda pas son plaisir en sentant la main de la femme qui lui faisait face se glisser dans la sienne pour rejoindre leurs places. Il épousta le reste de neige sur son épaule et remarqua le frisson de celle qui l'accompagnait. Repris par les doutes, il préféra ne rien dire et s'installa. Lodeur qui venait de leurs assiettes termina de lui ouvrir l'appétit:

- "
Si c'est comme dans mes souvenirs, on va se régaler." Dit-il en attrapant son verre pour l'entrechoquer avec celui de la propriétaire de bien beaux yerts verts. Il lui répondit d'ailleurs en essayant de ne pas s'y perdre, et en se rattrapant in extremis:

- "
A nou-os retrouvailles." Bon sang Diarmuid ressaisit toi! Une amie. Une amie. Il se donna contenance en buvant la bière légère mais teintée d'amertume qu'il avait commandé avec le curry:

- "
Bon appétit!"

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Son esprit formant déjà quelques idées de ce qu'elle pourrait bien faire afin que la rousse et le châtain soit finalement quitte, serra davantage sa main lié à celle du jeune homme, savourant bien plus cette sensation que ce qu'elle avait initialement prévu. Il allait bien falloir qu'elle finisse par s'avouer ce qui était en train de se passer non ? Leur relation avait changé, il avait changé, et ce n'était peut-être pas forcément pour lui déplaire. Et même si, depuis le début de leur soirée, certaine réaction du jeune homme avait été assez clair, il y avait toujours ce petit doute. Petit doute qui la ramenait à l'adolescence alors qu'aucun des deux parties n'osaient aborder la question de peur que l'autre ne soit pas du même avis.

Sortant de ses pensées alors que l'odeur de leur plat lui donnait l'eau à la bouche, elle trinqua avec son ami, fronçant légèrement les sourcils à son bégaiement. Lui qui était habituellement sur de lui, qu'est-ce qui pouvait bien lui arriver ? Elle devait simplement l'avoir pris par surprise, mais encore une fois, le petit doute pointa le bout de son nez. Et si…? Mais la jeune femme n'osa point y penser. Buvant une gorgée de sa boisson histoire de penser à autre chose, elle finit par gouter un morceau de son assiette et elle devait bien avouer que le jeune homme avait raison. C'était vraiment délicieux, elle allait devoir trouver la recette, elle devait bien se trouver dans l'un des livres de cuisine de la librairie.

Observant du coin de l'œil le soignant manger, elle ne savait plus quel sujet aborder. Les voyages, s'était fait. Leur passé à Poudlard, fait également. Leur parcourt après leur séparation, aussi. Bref, rapidement, elle n'avait plus d'idée. Mais comme à son habitude, elle parla sans réfléchir.

-Si on était dans un roman, qu'est-ce qu'il nous arriverait, là maintenant ? demanda-t-elle de but en blanc. C'était un jeu qu'elle faisait souvent avec Léonie, même encore aujourd'hui, pour passer le temps. C'est pas obligé d'être réelle ou même possible, c'est que pour s'amuser, tu vois ? Elle savait depuis qu'elle l'avait croisé sur le chemin de traverse qu'il ne lisait pas pour le plaisir, mais ça, c'était autre chose, non ? Et puis, elle ne serait pas totalement honnête avec elle-même en disant qu'elle n'était pas curieuse de connaitre sa réponse.

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Aucun doute, ce plat était un des meilleurs de ce restaurant. En manger le ramenait à quelques souvenirs de soirées étudiantes. Cela ne le fit pourtant pas décrocher de la discussion qu'Annaëlle menait. Il était plutôt celui qui répondait, avec plaisir. Il était en train de boire quelques gorgées de bières quand elle lui posa une question qu'il trouvait sortie de nul part:

- "
Dans un roman?" Demanda-t-il étonné et en suspendant le geste qui l'aurait amené à reposer son verre. La rousse savait que le châtain ne lisait pas, sa sœur avait vendu l'information. Il laissa passer une seconde pendant laquelle elle lui fournit d'autres explications sur le sens de sa question. L'irlandais termina son geste, le verre retrouva sa place et essuya ses mains sur sa serviette avant de les joindre devant son assiette.

- "
Je ne sais pas is je vais être très doué... vu mes lectures." Il eut un sourire d'excuse avant de se lancer. "Tu vois l'homme qui lit encore et toujours son journal? Dans un roman, il se lèverai d'un coup pour tenir des propos incompréhensibles. Mais toi tu comprendrais qu'il faut enquêter sur la disparition du propriétaire. Et on partira enquêter. Toi Sherlock et moi... comment il s'appelle déjà? Bref, celui qui est avec lui. A nous deux je suis sûr qu'on pourrait remonter la piste des leprechauns qui l'ont kidnappé. On avancerait pas après pas, dans la bonne direction. Et je te servirais de traducteur aussi, les leprechauns ne parlent qu'en irlandais." Ça sortait d'il ne savait trop où. Il était même étonné d'avoir su ressortir le nom du personnage moldu. C'était sûrement à force de voir les bouquins que Dom lisait en ce moment. Sur cet enquêteur. Il en avait retourné un pour lire une quatrième de couverture sans pour autant aller plus loin.

- "
Alors, je passe l'épreuve pour devenir romancier?" Dit il sur un ton très sérieux, trop pour être crédible.

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Elle savait sa question un peu, pour ne pas dire beaucoup, hors contexte. Il n'y avait rien qui rattachait la discussion précédente à celle-ci, mais elle avait toujours été comme ça, sortant des choses de son esprit sans aucune logique pour ceux incapable de suivre le court de ses pensées. Et comme personne n'avait encore pratiqué de la legilimencie sur la rousse, c'était assez rare qu'une autre personne qu'elle-même sache d'où provenait ses questions incongrues. Mais elle s'était fait à l'idée de paraitre parfois étrange et même si la réaction du jeune homme la fit rire, elle n'y porta pas plus d'attention, en attente de sa réponse.

À sa question, elle hocha simplement la tête, ne voulant pas parler alors qu'elle mastiquait une bouchée de son repas et attendit le temps qu'il fallait à Diarmuid pour trouver une idée. Lorsqu'il commença à parler, la jeune femme se pencha légèrement par dessus la table comme pour prendre une position de confidence. Comme si ce qu'ils pouvaient être amené à dire aurait la moindre répercussion sur les autres clients de la brasserie ! Mais elle se trouvait bien marrante.

Bref, elle fut bien impressionnée par l'imagination de Diarmuid, pour une personne qui ne lisait pas, c'était franchement pas mal. Un sourire amusé flottant sur son visage, elle se tourna vers l'homme en question afin de l'observer avant de reporter son regard sur son ami qui continuait son histoire. À la mention des leprechauns kidnappant l'homme au journal, elle pouffa de rire, essayant d'imaginer la scène.

-Hum, laissez-moi réfléchir Mr. O'Belt, votre histoire à un bon potentiel. Il faudrait peut-être retravailler l'intrigue légèrement, mais l'idée me plait, répondit-elle avec un air faussement supérieure avant de rire à nouveau, incapable de rester sérieuse plus longtemps. Plongeant une nouvelle fois sa fourchette dans son assiette, elle avala une nouvelle bouchée.

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Pendant tout son récit à dormir debout, et sans poion de sommeil sans rêve, Diarmuid avait vu Annaëlle particulièrement concentrée, légèrement penchée vers lui. Le sourire qui barrait les lèvres de son ancienne camarade d'école était communicateur. Ça faisait longtemps qu'il n'avait ni autant sourit, ni autant passé une bonne soirée. Pourtant, il en avait passé quelques unes depuis un an, des soirées avec de la compagnie féminine. La différence tenait certainement dans le fait qu'il s'agissait d'une amie. Ou du moins c'était ce qu'il se répétait pour s'en convaincre. Mais s'il avait été honnête, cette soirée était meilleure que les soirées entre amis qu'il avait pu faire également.

- "
Oh vraiment? Quelle partie est à retravailler? Peut-être les propos sibyllin de monsieur café?" Il hésita avant de tenter quelque chose. C’était osé, mais peut-être que ça l'aiderait à y voir plus clair: "A moins que tu ne préfères quelqu'un d'autres à tes cotés pour cette enquête un peu surréaliste?" Il tachait de conserver un air mi sérieux, mi amusé. Il leva sa bière à ses lèvres avant d'ajouter:

- "
Tu ne me voles pas l'idée pour la présenter à Whizz Hard Books ou Obscurus Books?" La taquina-t-il avant de reprendre une bouchée de son plat, bien conscient que son histoire ne devait pas valoir grand chose. Il s'était inspiré de la dernière discussion des trois férus de livres qui avait animé l'appartement quelques jours auparavant. C'était certainement du vu et du revu.

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Ça faisait un moment qu'elle ne s'était pas autant amusé avec quelqu'un. Même Lorsqu'elle retrouvait sa meilleure amie. La rouquine adorait passer du temps ave elle et le plaisir était toujours au rendez-vous, mais cette soirée, elle était différente. Revigorante. Ça lui faisait du bien et elle devait bien avouer que la compagnie y était bien pour quelque chose. Retrouver son ami, c'était vraiment le destin qui lui souriait. Et un coup de chance qu'elle ne voulait pas manquer.

La jeune femme repris donc son air mi sérieux lorsque l'ancien serdaigle lui répondit. Avant de simplement se transformer en tomate ambulante lorsqu'il poussa l'interrogatoire plus loin. Avait-elle bien compris ce que le jeune homme sous-entendait ou s'imaginait-elle des choses à trop souhaiter en voir ? Elle ouvrit la bouche dans l'idée de simplement répondre avec une quelconque plaisanterie pour éviter de répondre, mais se ravisa en inspirant. Elle qui pensait être plus ou moins maitresse d'elle même depuis le début de la soirée, Dia venait de balayer ses certitudes avec une simple question. Ramenant ses mains vers elle, elle ignora leur moiteur alors qu'elle replaçait une mèche lui tombant dans le visage. Aller Anna, fait juste répondre à sa question. Mais elle avait toujours été nulle pour les choses sérieuses la concernant. Lorsqu'elle devait défendre un point qui lui tenait à cœur, elle ne mâchait pas ses mots, mais dès qu'elle devait discuter de ses émotions, de ce qu'elle ressentait, elle avait toujours préféré éviter et tourner le tout vers le sarcasme ou la plaisanterie.

-Mmh, je pense pas que changer mon équipier soit la bonne solution, après tout, tu l'as dit toi-même, il me faut quelqu'un parlant Irlandais et ça ne se trouve pas partout. Une taquinerie, encore et toujours. Elle était vraiment un cas. Et même si son visage refusait de reprendre sa teinte normale, que son cœur faisait des siennes dans sa poitrine et que ses mains persistait à rester aussi humide alors qu'elle détestait cette sensation, elle ne lâcha pas le regard de son ami. Que son ami. Essayant de transmettre à travers se prunelles vertes ce qu'elle avait été incapable de dire à haute voix. Par contre, continua-t-elle, essayant de faire comme si de rien était, je pense qu'il serait judicieux de revoir les actes de l'homme au journal, baragouiner des phrases sans queue ni tête, c'est peut-être pas un bon élément déclencheur, ria-t-elle.

-Je pense que malheureusement, l'idée à déjà été prise par quelqu'un d'autre, dommage, tu aurais pu venir signer des copies de ton ouvrage à la librairie, ajouta la rouquine. Puis se souvenant d'un détail, elle ajouta : Watson. Celui qui accompagne Sherlock, c'est Watson, histoire de cultiver tes notions littéraires, le taquina-t-elle.

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Diarmuid, tu viens d'avoir l'idée du siècle... Pourquoi lui arrivait-il de suivre impulsivement les idées qui lui venaient spontanément? La rousse avait rougi à vu d'œil, il n'avait pas pu passer à côté. Il la regardait, il avait du mal à détacher son regard de son visage, et il savait qu'elle n'avait pas suffisamment bu pour que son corps réagisse à ce point. Et il y avait eu ce mouvement de recul. Il avait mit la barre de la gêne à une hauteur qu'un sauteur modlu, même avec un grand bâton, ne pourrait franchir sans un coup de pouce magique. Annaëlle eut même un mouvement de recul. Il allait se prendre un arrêt monumental et il comprendrait. Et ça serait clair. Sauf que... sauf que non. Elle reprit avec un ton rempli d'humour et les yeux empli d'une expression qu'il ne parvenait pas à déchiffrer. Il n'était pas vraiment avancé. Échec total de la manœuvre, sans compter qu'il ne pouvait plus détacher son regard de celui de la libraire, peinait à se concentrer sur la conversation. Heureusement qu'elle reprenait des éléments de ce qu'il avait dit lui même. Sinon il aurait été de la revue. Il fut ainsi en mesure de répondre affirmativement de la tête quand elle rebondit sur sa blague à propos des deux maisons d'édition présentes sur le Chemin de Traverse. Il réussit à sourire au rappel du nom de l'acolyte du fameux Sherlock. Il passa sa main gauche sur sa nuque et la massa doucement en pressant la pilpe de ses doigts sur sa peau tout en disant:

- "
Maintenant que tu le dis, oui, c'est ça." Réussit-il à articuler dans un souffle. Il avait beau essayer de toutes ses forces à penser à la rousse comme à une amie, il devait se rendre à l'évidence. La main placée sur sa nuque migra jusqu'au premier bouton de sa chemise qu'il défit dans l'espoir de mieux contrôler sa respiration et la sensation de chaleur qui montait. Bon sang, il était foutu. Si la jeune femme qui lui faisait face lui reposait la même question sur ce qui se passerait dans un roman, il n'aurait pas la même réponse. Ses yeux étaient accrochés à leurs jumeaux, ses mains se posèrent sur ses cuisses pour les serrer et s'ancrer dans la réalité. Mais rien à faire. Il devait dire un truc, et vite, n'importe quoi... non surtout pas n'importe quoi:

- "
Je... je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. Je suis... désolé." Son accent irlandais était ressorti comme jamais. Il n'avait jamais été aussi effacé que celui de son frère, mais là, il était au moins aussi prononcé que celui de meur sœur. Ça trahissait sa confusion. Et ses yeux étaient on ne peut plus clairs. Il y avait plus qu'une simple amitié, il venait de sen rendre compte.

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Pourquoi fallait-il toujours qu'elle soit incapable de ne rien prendre au sérieux ? Ah, elle se détestait à l'instant. Elle venait de tout gâcher, de tout mettre en l'air ce qui se passait entre les deux jeunes gens. Le serveur ne pouvait-il pas passer afin de dissiper la gêne qui commençais à s'installer ? Ou mieux, Ophélie ne pouvait-elle pas transplaner ici afin de les distraire un instant avec ses cabrioles ? Bref, peu importe tant qu'elle décroche son regard des yeux de Diarmuid qu'elle n'arrivait pas à lâcher, essayant de décrypter ses expressions et mettre du sens dans ses pensées. Elle avait été stupide de penser qu'il pourrait lire à travers ses prunelles vertes, après tout, il n'était pas voyant. Pour s'exprimer, il fallait parler, mais parler, elle en était bien incapable à l'instant.

Sa plaisanterie passa comme dans du beurre et elle ne put masquer sa déception. Déception qui se dirigeait contre elle-même. Agrippant ses mains l'une après l'autre sous la table, elle mordilla sa lèvre intérieure, incapable d'avaler quoique ce soit. Lorsque le jeune homme reprit la parole, elle releva soudainement la tête, se rendant par la même occasion compte qu'elle l'avait baissé afin d'observer son assiette. Et l'attitude qu'il avait devait être un simple reflet de la sienne alors qu'elle peinait à calmer les papillons volants dans son estomac.

Elle se sentait terriblement mal. C'était de sa faute tout ça et elle devait au moins s'expliquer, ou du moins essayer. Pas question que Dia s'excuse pour ce qu'elle avait causé.

-Non, non, c'est...c'pas ta faute t'inquiète, dit-elle d'une petite voix. S'accrochant à son regard noisette, elle reprit en cherchant bien ses mots. C'est moi je... je suis pas. Bon sang Annaëlle, essaye de terminer avant demain. J'arrive pas toujours à dire ce que je ressens lorsque c'est vraiment important. Parler des émotions, sentiments, c'est pas vraiment quelque chose qui me vient naturellement, alors j'évite, désolé si ça t'a blessé, c'était pas le but, au contraire, elle n'était pas certaine si son explication était clair, mais elle avait fait du mieux qu'elle pouvait, essayant de rassurer le jeune homme avec un petit sourire tendre.

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