L'Hybride Solo

Mercredi 5 décembre 2046 — après-midi
Parc — Poudlard
6ème année



Enfin résonne la sonnerie marquant la fin du cours d’Histoire de la Magie. Je fourre mes affaires dans mon sac, passe la lanière sur mon épaule et me précipite vers la sortie sans un regard pour Lydon ni mes camarades de classe. Zikomo et Nyakane m’attendent à la sortie, comme prévu. D’un geste du menton, je les enjoins à me suivre et impose un rythme rapide pour nous faire sortir du château. Aujourd’hui, pas le temps d’aller déjeuner dans la Grande Salle, quoi qu’en dise Nyakane. Hier, il m’a suffisamment pris la tête : « Nous n’irons pas nous entraîner sans que tu aies mangé, Aelle ! » On aurait dit papa. Un peu plus et je lui rétorquais que j’étais majeure et que je n’avais d’ordre à recevoir de personne. Je me suis retenue au dernier moment et me suis dépatouillée en lui promettant de prendre une double ration au petit déjeuner pour pouvoir grignoter avant que nous nous entraînions.

Une fois hors du château, je sors le sandwich rapidement confectionné ce matin et croque dedans à un rythme effréné. Je croque, je mache, j’avale ; je croque, je mache, j’avale. Je tousse pour déloger une miette s’étant coincée dans ma gorge et je recommence mon manège malgré les protestations de mon estomac qui n’apprécie pas devoir digérer de la nourriture alors que le reste de mon corps est en mouvements. J’envoie se faire paitre mon estomac : je n’ai pas le temps de me préoccuper de quoi que ce soit d’autre que ce que j’ai en tête.

Le froid est impitoyable, aujourd’hui. La neige recouvre le parc de Poudlard et des flocons tombent en tourbillon malgré la clarté du ciel d’hiver. Mon excitation m’empêche d’avoir froid, ainsi que mon bonnet et mon écharpe dont je finirai de toute manière par me débarrasser. C’est la nouvelle lubie de Nyakane, s’entraîner à l’extérieur lorsque le temps est le moins favorable à un entraînement en extérieur ; « C’est pour que tu saches te débrouiller quelles que soient les conditions ou le contexte dans lequel tu te trouves ». J’ai arrêté de me plaindre de me peler tous les jours au moment où je me suis avouée, avec difficulté, qu’il avait raison.

En arrivant à notre endroit habituel, je me débarrasse de mon sac près de l’arbre, de mon bonnet, de mes gants et de mon écharpe. Je ne garde que ma cape et ma baguette. Je sautille pour me réchauffer, prête à en découdre. Zikomo, en quelques bonds, saute sur l’arbre et s’installe sur une branche à mi-hauteur. Je lui lance un regard en coin, un léger sourire moqueur aux lèvres.

J’ouvre la bouche pour proposer mon idée au Serpentaire mais ce dernier me dévance, m’indiquant le programme du jour :

« Sortilèges informulés, m’ordonne-t-il sur un ton strict et sérieux.
C’est qu’aujourd’hui, commencé-je d’une voix joyeuse, j’avais plutôt l’idée de…
Nous en avons déjà parlé, Aelle. Mes entraînements, mon programme. »

Bordel, ce que cet oiseau est coincé ! Il ne dévie jamais de son programme, il faut toujours que tout soit comme il l’a décidé. C’est d’un ennui mortel. « Tu as besoin d’un cadre » me dit-il quand je me révolte — je lui en foutrais bien un dans le bec, moi, de cadre. Et si habituellement son programme me plait bien, aujourd’hui je tiens réellement à ce que nous fassions quelque chose de nouveau. J’y ai pensé toute la nuit ; c’est une idée splendide que j’ai eu, je me demande même pourquoi je n’y ai pas songé avant !

« Je sais, soufflé-je en ravalant ma frustration, mais je suis sûre que ça va te plaire, c’est une idée que j’ai eu il y a quelques jours ! »

Il y a quelques jours, lorsque je me suis retrouvée avec une certaine préfète de Gryffondor à devoir me débarrasser d’un Mngwi ennuyant. Avec un gloussement, je me rappelle le Stupefix que la fille s’est pris en pleine poire. Heureusement que je n’ai pas raconté ça à Nyakane ou j’aurais été bonne pour une séance de visée pendant toute l’après-midi — il n’y a rien de plus ennuyant que de devoir réaliser un sortilège encore et encore parce qu’un Serpentaire borné n’est pas content du résultat.

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Nyakane est un étrange phénomène. Il est dans ma vie depuis plus d’un an mais je ne le considère toujours pas comme je considère Zikomo, et je pense que cela n’arrivera jamais. Je veux cependant bien avouer que notre relation s’est un peu améliorée depuis quelques mois.

Au début, Nyakane n’était qu’une épine dans mon pied. Un bon instructeur, certes, qui connaissait suffisamment la magie et qui avait assez d’expérience pour m’apprendre tout un tas de choses, mais c’était bien le seul point positif de sa présence près de moi. Tout le reste n’était bon qu’à me le faire détester. Sa proximité avec Zikomo, sa maturité, son intelligence, son sérieux, son manque d’humour… Sa sévérité avec moi… Ses reproches, les piques qu’il me lançait… Merlin, je lui en ai parfois voulu si fort ! Là où Zikomo était doux, Nyakane était brutal dans ses paroles. Combien de fois m’a-t-il reproché d’être butée et immature ? D’être égoïste, incapable d’écouter les autres ou de me remettre en question, une gamine qui ne sait pas regarder plus loin que le bout de son nez, qui a un ego de la taille de l’Afrique, qui est d’une susceptibilité exceptionnelle, une sale gosse, m’a-t-il dit un jour, une sale gosse qui ne mérite pas l’intérêt qu’on lui porte — après qu’il m’ait dit ça il a refusé de me parler durant des jours, juste parce que je lui avais dit, et à raison, que son avis ne m’importait pas, surtout si c’était pour me reprocher des choses.

De toute façon, Nyakane ne sait faire que cela. Se plaindre, me reprocher tout ce que je suis, me faire douter et culpabiliser (ou du moins essayer). Il a mis des mois et des mois avant de se dérider. Avant cet été, cela n’était jamais arrivé. Nyakane était un professeur et comme tous les professeurs, il n’était pas destiné à m’apporter du bonheur et de la joie, pas comme Zikomo. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de partager mon quotidien. La nuit, le jour, je passais des heures avec lui. Mais contrairement à mon ami bleu, il lui arrivait régulièrement (et cela lui arrive encore aujourd’hui) de disparaître pendant des heures, parfois un jour ou deux pour aller faire je ne sais quoi. Et cela ne m’a jamais questionné. Nyakane a toujours été libre et indépendant et cela ne changera pas. Il fait sa vie, je fais la mienne. Je n’ai pas besoin d’avoir un Serpentaire caractériel sur le dos — j’ai déjà Loewy, c’est suffisant la plupart du temps (et je ne risque pas de m’en plaindre mais c’est un autre sujet).

Je ne savais pas que les choses avaient changé entre Nyakane et moi. Je ne l’ai remarqué que très récemment. Durant les vacances d'été pour être plus précise.

Nous étions tous les trois installés dans ma chambre. Je travaillais, comme souvent ; Zikomo était penché sur la lecture d’un grimoire et je me moquais de lui à chaque fois que je devais lui tourner une page parce que ses pattes de Mngwi ne lui permettaient pas de le faire lui-même ; Nyakane était dans son coin, planté devant ma fenêtre comme un piquet, regardant l’extérieur. J’ai l’habitude de le voir ainsi. En fait, il réfléchit. Il peut rester des heures immobile, perdu dans ses pensées et ses réflexions — c’est une chose qui m’a toujours plu chez lui et impressionnée, même si je ne risque pas de l’avouer tout haut. Nyakane était donc en pleine réflexion et moi je potassais un livre sur la magie élémentaire lorsque j’ai buté sur un paragraphe que j’ai eu du mal à comprendre. J’ai essayé de trouver ma réponse par moi-même, j’ai essayé un long moment, avant de reconnaître que j’avais besoin d’un coup de pouce. Alors je me suis tournée vers Nyakane puisque c’est lui le professeur.

« Eh, Nya, pourquoi est-ce qu’on doit… »

Ma langue a buté, je me suis tu. Nyakane m’a jeté un regard, reflet exact du mien dans lequel se devinait sans aucun doute de la surprise.

C’était la première fois que je lui donnais un surnom. La toute première fois. Je ne l’ai jamais appelé autrement que Nyakane et ne pensais pas que cela changerait un jour. Pourtant, c’est ce surnom qui est sorti de ma bouche à ce moment-là. Un Nya que je n’ai même pas vu arriver. J’en ai été bouleversée. J’ai baissé les yeux, dis : « Non, rien » et j’ai fini au bout de quelques minutes par m’échapper dans la cuisine pour ne plus sentir le regard curieux qu’il posait sur moi. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je ne sais pas pourquoi c’est arrivé. Je n’ai jamais donné de surnom à d’autres personnes que ma famille, excepté Zikomo. Même Elowen, je ne l’appelle pas Elo, comme tous les cons qui la côtoient. Et je ne risque d’ailleurs pas de le faire, je m’en fais la promesse. Si je dois lui donner un surnom, autant que ce soit un surnom que personne d’autre n'utilise — je ne suis pas comme les autres, moi, je ne fais pas partie de la masse grouillante qui lui tourne autour, je dois donc me démarquer.

Aucun de nous trois n'a reparlé de cet incident depuis et moi je n’ai jamais réutilisé ce surnom même s’il m’arrive parfois d’y penser et d’en avoir le coeur qui bat un peu plus rapidement.

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Depuis, j’ai accepté que Nyakane n’était plus exactement le même qu’au début. Il nous arrive de discuter de nos vies respectives, il m’a raconté sa jeunesse, quelques anecdotes vécues durant ses années passées à côtoyer la famille d’Erza. Parfois, nous passons des heures à débattre sur un sujet profond et complexe, tous les deux ou avec Zikomo. Nous avons chacun nos arguments, nous tenons nos positions, nous écoutons les opinions des autres pour mieux les démonter, jusqu’à ce que l’un de nous ait le dernier mot — souvent, il arrive que ce soit moi. Une fois, Nyakane m’a même dit avec un sourire se devinant dans sa voix que j’étais butée et que c’était une belle qualité que j’avais. Je n’étais pas peu fière.

Le Serpentaire n’est pas exactement un ami, il n’est pas tout à fait un professeur, pas un compagnon ni même un collègue. Il est toujours cet être hybride que j’ai accueilli sans trop le vouloir dans ma vie sauf que désormais j’ai un peu de mal à imaginer ce que ce serait sans lui. Parfois lorsque je le regarde je me dis que ce serait sympa qu’il soit fait d’os et de chair comme Zikomo, mais je me dis cela sans forcément y penser, parce que je sais que je ne sacrifierai jamais la dernière goutte d’Élixir pour lui. Le lien qui m’uni à Nyakane est étrange. Je n’ai nul besoin de savoir ce qu’il fait de ses journées, pas besoin de lui donner rendez-vous pour le retrouver très vite ou de lui raconter ma journée ; il ne me conseille pas sur ma vie personnelle, ne me donne que rarement son avis à propos de mes drames intimes, même s’il est forcément au courant puisqu'il partage mon quotidien. Ce n’est pas lui qui vient me rassurer le soir lorsque l’angoisse me prend aux tripes, pas lui qui se roule en boule dans mon cou la nuit quand nous dormons. Sa voix ne me réconforte pas ni ne m’apaise. Je ne le regarde pas avec de la tendresse dans le regard ou le coeur, je n’ai pas envie de lui sourire, de lui plaire ou de le retenir. Nyakane n’est pas Zikomo et il ne le sera jamais. Mais il est lui, Nyakane, Nya, et je crois que je suis enfin habituée à sa présence.

En observant le Serpentaire se détacher sur le pâle ciel d’hiver me revient un souvenir que ne parvient pas encore à me remémorer sans avoir le coeur qui se serre.

C’était au début de l’année 2046, juste après toute cette histoire d’urne. À cette époque, je n’acceptait plus la présence de Thalia près de moi, ne voulais plus lui parler ni la voir, rien que de penser à elle me déchirait le coeur en deux — j’ai toujours du mal à penser à elle, toujours du mal à la voir ; plus elle reste loin, mieux je me porte. Thalia, je la détestais si fort que je n’en dormais plus la nuit, j’étais tellement en colère, tellement mal, tellement triste. Zikomo ne me parlait quasiment plus puisqu’à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, je l’envoyais se faire voir. Aodren ne me côtoyait pas, nous nous étions disputés. Je n’aime pas me souvenir de cette époque, je ne contrôlais rien alors que maintenant je contrôle bien mieux, n’est-ce pas. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où ni pourquoi mais un jour de grande colère j’ai dit à Nyakane qu’il pouvait bien se barrer puisqu’il n’était pas content. « Tire-toi ! lui ai-je balancé. Repars dans ta putain d’Afrique, j’m’en fous que tu t’en ailles ! ». Je me souviens encore de la boule de rage dans ma gorge et des larmes dans mes yeux. Nyakane m’a regardé comme il me regarde souvent, de ses yeux froids et insensibles. Il m’a répondu mot pour mot : « Oui, je pourrais bien partir un jour si tu continues sur cette voie-là » et il s’est envolé dans un puissant battement d’ailes.

Je n’arrive pas à penser à cele sans avoir le coeur qui tambourine dans ma poitrine… Je n’arrive pas, je ne peux pas… Je ne peux pas croire qu’il le pensait réellement… Pourtant, de temps en temps me prends l’angoisse que ce soit vrai. Et s’il partait ? Et s’il s’en allait, s’il me laissait ? Après tout, ce serait logique que cela arrive, ils finissent tous par le faire. À quand le tour d’Elowen ? Alors moi, quand j’ai toutes ces choses dans la tête je travaille pour les oublier et pour ne pas y penser. Parce que si je n’y pense pas, ça ne deviendra pas réel. Et puis aussi, lorsque cela m’arrive, je souris un peu moins à Nyakane, je ne lui parle pas, je reste de mon côté durant quelques jours pour me rappeler que de toute façon, je ne suis pas attachée à lui et que je m’en fous s’il s’en va loin de moi.

« Bon, Aelle ! C'est quand tu veux ! »

Je ramène mon regard sur Zikomo, bats des paupières et éloigne de moi mes peurs abstraites. Se concentrer sur le moment présent, ne jamais se laisser envahir.

« Il fait froid, gémit mon ami, accouche un peu !
Il a raison, souligne Nyakane en me perforant de ses yeux. Si tu n’as rien de plus à dire, commence ton entraînement. »

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Je leur lance un regard noir, les accusant silencieusement d’être trop impatients pour leur propre bien. Heureusement qu’ils ne connaissent pas la couleur de mes pensées, je m’en serais étouffée de honte.

« La dernière fois avec Zik, on a fait un truc super ! Tu t’en rappelles, hein ? » Puis, sans attendre la réponse du Mngwi : « Alors je me suis dit qu’on pouvait faire un truc différent pour une fois. Je…
Hors de question... » souffle Zikomo en secouant le museau.

Il est futé. Mon sourire s’agrandit. J’ignore le petit être bleu pour me concentrer sur mon professeur.

« Il pourrait courir de partout et moi je lui lancerais des sortilèges ! Tu sais, pour m’entraîner à la visée mais surtout à lancer des sortilèges sans prendre le temps de la réflexion. Une cible mouvante, quoi, dis-je fièrement. Dans un environnement naturel, pas en salle d'entraînement ! »

Je sais comment marche Nyakane. Si je lui dit qu’au fond, j’ai bien envie de m’amuser à canarder Zikomo parce que tout de même, c’était bien marrant ce moment avec O’Belt dans la cours de l’horloge et que j’ai envie de m’amuser, il refusera. Mais si je lui montre l’intérêt qu’il peut y avoir à une telle entreprise…

Zikomo refuse, se plaint, il s’exclame et me défit du regard mais au final il n’est pas forcément contre l’idée, je le sais. La preuve :

« Je te lancerai seulement des sortilèges inoffensifs, tu risques rien !
Parce que tu penses que tu vas réussir à me toucher, Aelle ? »

Il a l’air de croire, en prononçant cette phrase moqueuse, que c’est là un espoir vain dont je ferais mieux de me débarrasser — cela me vexe.

« Très bien, je ne retiendrai pas mes coups, alors. Tu feras moins le malin quand tu te retrouveras coincée dans un bloc de glace ! Nyakane, alors, on fait ça ? On peut faire ça, non ? »

Je n’ai pas l’habitude de demander son avis à qui que ce soit pour faire ce qui me plait de faire mais malheureusement, Nyakane m’a fait comprendre il y a des mois et des mois que si je ne me pliais pas à ses instructions durant les entraînements, il ne m’apprendrait rien du tout. Et moi, pour le savoir, je suis prête à accepter ses conditions d’oiseau frustré et avide de contrôle.

Ledit oiseau hoche simplement la tête et je prends ça pour un accord. Nyakane est toujours si avare de mots. Il est capable de garder le silence des heures durant, de ne rien dire pendant des jours parfois ! Il ne prononce jamais une phrase inutile, n’ouvre pas le bec pour blablater sans raison comme le font certains.
J’aime ça, chez lui.
Enfin, je veux dire que cela ne me dérange pas.

« Allez, Zikomo ! lancé-je à mon ami en me mettant en position, la main serrée autour de ma baguette. Sois rapide et surtout te vexe pas quand tu te prendras un sortilège dans le museau !
Tu as un ego surdimensionné Aelle, s’exclame Zik en sautant de son perchoir pour courir dans la neige à toute allure. Ne te vexe pas quand tu sortiras de ton entraînement épuisée et frustrée ! »

Et le voilà à courir de partout, à sauter, tourbillonner, se cacher, éviter, plonger dans la neige pour en ressortir quelques secondes plus tard. Des fuseaux de toutes les couleurs s’échappent de ma baguette, mon souffle s’étire dans ma gorge et me lacère les poumons. Je suis bientôt essoufflée, en nage mais je continue de crier toutes les formules que j’ai en tête, concentrée à m’en faire exploser le crâne pour visualiser et ressentir en même temps que je pense et analyse. C’est après plusieurs minutes de ce manège éreintant, alors que je n’ai évidemment pas réussi à toucher le Mngwi, que Nyakane intervient en m’imposant une nouvelle règle :

« Sortilèges informulés, Aelle. À partir de maintenant, je ne veux plus t’entendre. »

Et la mâchoire serrée, les sourcils froncés par la concentration, je me soumets à sa consigne sans rechigner (et sans réussir à lancer le moindre sortilège) parce que c’est comme ça, parce que Nyakane est mon instructeur et qu’il m’arrive parfois de penser à lui en l’appelant Nya.

Un jour, peut-être m’avouerais-je que j’éprouve une certaine tendresse pour lui. Un jour mais pas aujourd’hui.

— Fin —