29 oct. 2021, 10:52
Elfie et Lexa
17ème jour d’éveil
1er septembre 2046


- Louis ?

J’appelais mon petit frère. Il faisait sa première rentrée à Poudlard, aujourd’hui. Le pauvre enfant n’avait plus toute sa tête. *Je vais finir à Serpentard moi aussi Lex' ?* Cette boule d’énergie m’avait épuisée ces dix-sept derniers jours, et je ne doutais plus que ceux qui précédaient furent exactement les même. *Dis Lex’, tu m’aimeras toujours sur je suis à Poufsouffle ?* La phase première de l’éveil avait été rude ; je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait, qui j’étais, ni même ce que je pensais. J’étais perdue entre ce que me rappelai Louis, ce que me rappelait ma mère, ce que me rappelait les objets autour de moi. *Eh, Lex’ ! C’est vrai ce que tu m’as dit sur la salle commune de Serpentard ?*

- Une de mes amies me rejoins ici. Pourrais-tu aller dans un autre compartiment ?

Il y a très exactement 17 jours, je me suis réveillée. Je ne savais pas ce qu’il m’était arrivée. Le dernier souvenir que j’avais datait de - de quand ? Je ne m’en souviens même plus. *Je pourrais manger avec toi, hein Lex’ ?* Maman m’avait racontée que depuis mon retour à la maison, je n’avais parlé que pour demander du sel, ou de l’eau. Je ne bougeais pas, j’étais toujours assise à ma fenêtre, le regard fixé sur la Grande Rue de Godric’s Hollow. *Lex’ ? On va faire un tour dehors ?*

Parfois, des bribes de tentatives de conversations me revenait. Elles me hantent, s’immiscent dans les tréfonds de mes souvenirs. J’essaye de trier entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Ça pouvait être Louis qui me questionnait sur Poudlard, ou ma mère qui s’inquiétait. *Tout va bien, ma chérie ?* J’étais pourtant bien active, à ce moment-là. Mes cheveux étaient restés aussi court qu’en avril dernier, je les avais donc forcément coupés.

Il y a très exactement 17 jours, je me suis réveillée, le matin. J’étais redevenue un être-humain, pas seulement une enveloppe faite de peau. D’après les quelques souvenirs que j’ai, la période de sommeil a débuté en mai. J’avais vue Hannah, en janvier. Et Welmina, le beau Regard, en mars. après ça, je n’avais plus rien de gravé en moi. *Lexa, Lexa ! C’est ton anniversaire !* Je ne me souvenais de rien d’autre que de ce matin d’août, à mon réveil.

La tête blonde hoche la tête. J’avais un frère, un second. Calixte. Il est décédé. Presque un an avant l’éveil. Comment était-il mort, déjà ? C’était une maladie Moldue, mais laquelle ? Je ne m’en souvenais plus. *Lexa ? Pourquoi Calixte pleure pas ?*J’avais honte de ne pas m’en rappeler. Cette chose avait détruit ma famille, encore une fois. Et même si nous semblions nous reconstruire pas à pas, le décès d’un jeune enfant était quelque chose d’inoubliable.

Personne n’allait me rejoindre, en fait. Pas Dawn, pas Antonn, pas Ava. Les trois personnes qui pouvaient accepter de me voir ne prendrait pas la peine d’aller jusqu’au dernier compartiment quand tous ceux qui le précède sont libres. *Tu as des amis à l’école, Lexa ?* Ainsi, j’étais certaine d’avoir de la paix pour réfléchir à cette période de sommeil, si ce mot là convenait.


@Elfie Sweetheart, si tu es toujours partante (:

Couleur RP : #274e13
5ème année [48-49] - filière sciences
Lexa Queen, ou le trèfle à 4 feuilles vivant de Maiy Lewis

11 févr. 2022, 21:25
Elfie et Lexa
Les vacances d'été étaient définitivement terminées. La gorge éprouvée par les sanglots, Elfie serra maladroitement Ellen dans ses bras. Elle déposa un baiser sur son cuir chevelu parfumé à la fraise. Une fois par mois, leur grand-mère les conduisait en effet au Dunnes Stores pour leur permettre d'acheter le nécessaire : entre autres, son shampoing préféré. Une fantaisie que leurs parents n'auraient jamais été en capacité de leur offrir. Une fantaisie qui allait lui manquer. Elfie soupira. Aujourd'hui, leurs parents n'avaient même pas daigné se déplacer à Londres. Ils n'avaient d'ailleurs jamais accompagné Elfie jusqu'à la barrière de la gare de King's Cross. Pourtant, sur le quai 9, les parents moldus ne manquaient pas. Trois ans qu'elle n'avait pas vu ses propres parents – ou devrait-elle les appeler Barbara et Joseph. En quittant sa grand-mère et sa petite sœur, son unique regret serait alors de ne plus être en mesure d'épargner l'épreuve de la solitude à cette dernière.

Bien que Theodora veille sur ses deux petites-filles comme si elle s'occupait de ses propres filles, ce n'était pas son rôle. Les grand-mères ne remplaçaient pas les mères. Ainsi allaient les choses. Theodora ne parlait jamais des Sweetheart, sauf si Ellen ou Elfie en ressentaient le besoin. Elle ne blâmait guère plus sa fille biologique et son beau-fils pour leur absence délibérée. Elle se contentait de courber l'échine en silence, écrasée par le poids des responsabilités. En effet, les pouvoirs d'Ellen s'étant révélés en juin dernier, une initiation complète au monde sorcier s'était imposée. Elfie ne remercierait d'ailleurs jamais assez Dieu ou quiconque ayant permis ce miracle. Cependant, si Ellen ne l'avait peut-être pas encore compris, Elfie savait parfaitement que les mères, qu'elles soient grandes ou petites, n'étaient pas éternelles. L'âge finirait d'user la corde, jusqu'à la cendre. Et alors, qui prendrait soin d'elles ? Les Cox et leur garce de gamine ? Elfie s'y opposerait : Ellen ne méritait pas d'endurer une telle vie.

Elfie libéra sa sœur, le cœur en charpie. D'un geste tendre, elle effleura son visage de poupée, encadré de boucles blondes vénitiennes. La jeune fille n'était pas sûre et certaine que sa petite sœur saisisse toute l'importance des choses. Elle sourit, enviant la candeur d'Ellen.

— « Au revoir, ma puce, murmura Elfie. Tu feras un câlin à mamie de ma part ?

Sur ces mots, la rousse agita la main à l'adresse de sa grand-mère, qui attendait plus loin sur le quai.

Oui. »

Elfie s'accroupit.

— « Ellen, tu es une petite fille très courageuse, tu sais. Bientôt, tu viendras vivre avec moi dans un grand château et on ne sera plus jamais séparées, lui promit-elle avant d'embrasser une dernière fois son petit front blanc.

Je sais. »

La jeune fille se releva abruptement, surprise par le comportement inhabituel de sa sœur. Pragmatique, elle mit cependant cette froideur sur le compte d'un trop-plein d'émotions. Enfin, Elfie s'éloigna à reculons en agitant de nouveau la main, avant de s'élancer en direction d'un wagon. Les cheminées de l'Express crachèrent alors une étouffante fumée blanche, informant les retardataires du départ imminent. La rousse se fraya un passage un passage à travers les nuages de vapeur d'eau stagnante et s'empressa de grimper à l'intérieur du train. Elle releva instinctivement sa garde. Le Poudlard Express était le seul lieu magique où elle pouvait croiser Roberta et terminer en chair à saucisse. La prudence était donc de mise. Elfie marchait lentement, inspectant nerveusement les cabines de chaque wagon. Soudain, en passant devant une cabine occupée par des années supérieures, elle crut apercevoir deux charbons luisants qui la fixaient, menaçants, à travers une frange noir de jais parfaitement entretenue. L'adolescente pressa le pas, réprimant des larmes de panique. Plus qu'un an et demi et le calvaire serait définitivement terminé.

Arrivée au bout du train, Elfie n'eut d'autre choix que d'entrer dans la dernière cabine disponible. Elle avait ignoré les précédentes, terrifiée à l'idée de s'installer trop près de son ex-tortionnaire. Elle referma la porte avec un soupir de soulagement, dos à l'intérieur de la cabine. Puis, Elfie comprit qu'elle n'était pas seule. Si prévisible que la rouquine n'avait pas envisagé cette possibilité. Elle se retourna vivement, prête à bafouiller des excuses, mais les mots moururent au bord de ses lèvres. Sa bouche s'ouvrit pour former un "O" étonné lorsqu'elle reconnut l'occupante des confortables banquettes matelassées. Lexa Queen. Elfie reconnaîtrait cette chevelure platine entre mille.

— « Oh, bonjour, je suis désolée, dit-elle, en sachant très bien que Lexa ne serait pas la plus gênée dans l'histoire. »

L'avait-elle reconnue ? Elfie, sa plus ancienne amie. La rousse avait encore le choix : soit elle restait avec Lexa, soit elle faisait demi-tour, au risque de se faire lapider en public. Quelle chance ! Elfie avait toujours eu l'instinct de survie très développé. Sans laisser à Lexa le temps de protester, Elfie quitta son gilet et s'assit sur la banquette libre.

— « Je me ferais toute petite, déclara-t-elle. »

En réalité, l'idée de voyager avec une ennemi des moldus ne l'enchantait guère mais elle était sûre que Lexa ne lui ferait pas de mal, contrairement à d'autres.
Dernière modification par Elfie Sweetheart le 24 oct. 2022, 15:52, modifié 1 fois.

Quatrième année rp à la rentrée 2047-2048
Membre des Crocheers de Serpentard

15 févr. 2022, 00:03
Elfie et Lexa
Pourquoi je ne suis pas avec Dawn et Antonn ? Je suis montée directement avec Louis, sans chercher mes amis. Peut-être qu’avec eux, j’aurais passé un meilleur moment. Peut-être qu’on aurait ri ensemble, et se racontant nos vacances. Peut-être qu’on aurait l’innocence de prétendre au bonheur qu’on atteindra jamais. Peut-être qu’on parlerait d’un monde libre, où Lexa, Dawn et Antonn n’auraient assistés à rien de plus grave qu’un jour de pluie en plein été.

Quand la porte s’ouvre, je jette un coup d’œil, rapide. Assez rapide pour ne pas reconnaitre de visage, assez lent pour voir une tête rousse. C’est au « je suis désolée » que je regarde plus attentivement celle avec qui je partagerais le compartiment. Elfie. La première personne que j’ai rencontrée dans ce foutu château. Ma première amie. *Lex', tu crois que je vais me faire un copain comme toi à la rentrée ?* Si Louis voulait absolument suivre mon chemin, c’est peut-être qu’il ne connaissait pas toute l’histoire. Comment finit une amitié entre une Née-Moldue et quelqu’un qui lutte contre eux ? Mal. Encore plus quand cette amitié essaye d’évoluer en pleine guerre. J’ai eu la chance d’être à Poudlard, mais lui ? Lui, il était terrifié, obligé de quitter la maison où il a grandi pour rejoindre un grotesque appartement à Godric’s Hollow. Et j’ai osé me plaindre.

- Ne t’excuse pas, tu ne me dérange pas, je lui dis, sourire aux lèvres. Ça fait longtemps. Tu as passée de bonnes vacances ?

Qu’est-ce qu’on dit à une amie à qui on n’a pas parlé depuis s’être rencontrées ? Je ne sais rien d’elle. Je ne sais plus rien d’elle. Comment vont ces parents ? Et sa sœur ? Elle m’avait bien parlée d’une petite sœur, non ? Ou un petit frère ?

J’ai juste honte de moi, sur le moment. On se rappelle tous de nos premiers amis. On se rappelle tous de petits détails de leur vie. Parce que les premiers amis sont le plus précieux. On a beau les haïr, les perdre, s’éloigner d’eux, on n’oublie jamais. N’est-ce pas ? Louis n’a jamais quitté son premier ami. Ma mère non plus. Et moi, j’ai remplacé Elfie par une demi-sœur, et un nouvel ami, qui me comprend bien mieux que la rousse ne m’aurait jamais compris. Est-ce pour ça qu’elle semble si gênée ? Parce qu’on ne se comprend plus ? Qu’on ne se comprendra plus jamais ? Qu’on diffère l’une de l’autre, comme la lune et le soleil ? Peut-être que dans un autre monde, Elfie m’aurait rejoint ici parce que c’était son intention. Peut-être que nous serions de vraies amies. Peut-être qu’oserait inséparable. Aujourd’hui, seule la différence nous relie. On est habitées par la gêne de ne pas se comprendre. Parce que nous avons changées. Évoluées.

Couleur RP : #274e13
5ème année [48-49] - filière sciences
Lexa Queen, ou le trèfle à 4 feuilles vivant de Maiy Lewis