4 juil. 2021, 18:09
Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Il ne sait pas flotter dans l'eau et abandonner tout ses soucis juste avec ça, tout comme il ne sait pas gérer les vagues qui s'abattent sur sa vie. Il aimerait pouvoir faire tout ça mais ça semble simplement hors de ses compétences. Il n'a pas la force pour apprendre à souffler et à accueillir la nouveauté comme quelque chose de bien. Elle lui fait peur. Pour être honnête, elle le terrorise même. La nouveauté apporte du danger, et tout un univers qu'il ne sait pas contrôler et ce manque de contrôle de la situation lui flanquait des coups dans l'estomac. L'eau était une nouveauté qui était loin d'être la bienvenue. Il ne savait pas nager et, objectivement, il ne voulait pas apprendre. Bien sûr, il se faisait une raison : ne pas savoir nager était honteux pour un garçon de son âge, et dangereux aussi. Mais si Infini ne lui avait pas proposé de l'accompagner à la piscine avec ses joues rouges et son grand sourire innocent, Edwin n'aurait jamais accepté. Il n'aurait accepté avec personne d'autre, parce que dire oui pour faire plaisir aux gens n'avait jamais été sa spécialité. Il avait toujours été très égoïste sur ça, jamais à faire quelque chose dont il n'avait pas envie. Pour Finn, c'était différent. Encore une de ses règles aux multiples exceptions. Mais il est toujours trop fier pour changer d'avis. Ses jambes sont tendues, ses épaules courbées et son souffle court, mais il n'avouera pas qu'il a peur. Il ne peut pas, il a l'impression que s'il donne des mots à tout les sentiments qui se battent en lui, il s'effondrera. Il est devenu très fort pour s'ignorer. Ce n'est pas le meilleur moyen de passer au dessus des choses, certes, mais c'est le sien et il n'a de toute façon aucune envie d'en changer parce que ça voudrait dire affronter tout ça. Et il ne peut pas, ou en tout cas pas maintenant.

Ouais, bien sûr dit-il, crispé. Bien sûr qu'il est revenu. Ce n'était pas faute d'avoir imaginé s'enfuir en courant et prétexter une urgence pour ne pas avoir à revenir, cependant. Il n'avait pas pu se résoudre à planter Infini comme un débile, l'autre n'aurait pas comprit et la dernière chose qu'il voulait était de le faire pleurer. Parce qu'Edwin en était persuadé : Infini était une espèce de petite bille de sentiments bien trop sensibles pour ses conneries, alors il n'avait pas eu le cœur d'être égoïste. Tant pis pour le mal que ça lui ferait, si ça n'en faisait pas à l'autre alors c'était bien. Il avait trop l'habitude de faire souffrir les autres. Même si sa mère disait sans relâche que c'était parce qu'il était comme ça et qu'il faisait exprès, Edwin lui savait qu'il n'avait aucune envie de faire tout ça. Blesser les autres était horrible.

Il ferme les yeux, prend une longue inspiration et les rouvre, espérant que cela suffise à le calmer. Ce n'est pas vraiment le cas, mais il peut déjà reprendre un rythme cardiaque un peu moins élevé. Ses yeux se baladent sur le visage de l'autre, de ses cheveux mouillés et collés sur son front à ses joues rougies. Il n'avait jamais été aussi proche de l'autre. Enfin, si, quand il passait son bras autour de ses épaules il était techniquement plus proche qu'à l'instant, mais là il n'avait pas ses tonnes de tissu sur le dos pour cacher tout ce qu'il ne voulait pas montrer. Il se sentait nu et décortiqué par le regard de l'autre. Infini le regarde et tout ce à quoi Edwin arrive à penser c'est qu'il doit juger. Juger comment il est, et se dire qu'il est horrible et qu'il n'aurait pas dû lui proposer d'aller à la piscine. Parce qu'il regarde l'autre et il peut citer toutes les choses qui diffèrent avec son corps à lui. Infini n'est pas maigre et sa peau est claire et propre. Si propre qu'Edwin a presque envie de la toucher, simplement pour voir si c'était réel ou pas. Il se dit qu'il aimerait bien avoir un reflet dans le miroir comme ça. Lisse, beau, doux. Infini Parker était beau dans son innocence, beau dans sa façon de sourire et Edwin en avait mal au ventre. De quelque chose qu'il n'arrivait pas à déterminer et de jalousie. T'es beau. lâche-t-il sans y faire attention. E-enfin c-c'est beau, la piscine, le bassin, il est beau bredouille-t-il à la suite en amorçant un pas vers l'arrière.

Est-ce encore trop tard pour s'enfuir ?

Il sursaute quand l'autre pose ses mains sur ses bras, tendu dans l'expectative d'un lancer dans l'eau. Il sait qu'Infini n'est pas méchant, mais il a tellement l'habitude que tout le monde le soit que le moindre contact le dérange presque. Edwin lève les mains et agrippe ses poignets mais sans le faire retirer ses mains. Il s'accroche juste à lui parce qu'il ne sait pas trop quoi faire d'autre. Il laisse Infini le trainer vers le bassin en essayant de calmer son cœur qui recommence à s'emballer J'ai pas peur de l'eau croasse-t-il. Il n'a pas peur de l'eau, elle ne va pas le tuer. Il aura pied, son visage ne touchera même pas la surface translucide. J'ai pas peur de l'eau répète-t-il pour se donner du courage j'aime juste pas ne pas avoir pieds, ça va l'faire, j'suis pas un bébé.

Oh que si, maman, j'ai peur.

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

5 juil. 2021, 17:04
Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Il sentait que l'autre est crispé. Ça se voyait à ses épaules tendues et à l'os de la mâchoire, saillant. Infini aimerait lui dire que c'était pas grave, que tout irait bien et qu'il n'avait pas à avoir peur, mais ça serait lui mentir. Il a le droit d'avoir peur de l'eau. Infini lui-même avait peur de la nuit, et rien que l'idée d'avoir accepté de sortir le soir pour visiter Londres lui donnait des sueurs froides. Mais mutuellement, ils traverseraient leurs peurs, ça, il en était sûr. Et puis traverser ne veut pas dire abandonner. Bizarrement, sa peur du noir était comme un cocon, une couverture dans laquelle il pouvait se faufiler. Et peut-être que sans elle, il n'aimerait pas autant être proche de son père quand ils regardent la télé dans la pénombre. Et sûrement qu'il apprécierait moins d'avoir un protecteur comme Edwin pour sillonner la capitale. Ce garçon était la lampe torche du petit.

« Je sais que t'allais venir, bien sûr, c'est juste que j'ai été surpris de... » Et ses yeux balayèrent le corps d'Edwin. Ça lui avait fait un petit choc, quand il l'avait vu au loin. Un choc pas méchant, et Finn ne voulait absolument pas donner l'impression de le juger parce que simplement il l'admirait. Il avait une envie folle, violente et impulsive de poser sa tête sur le torse d'Edwin et de l'enserrer de ses bras. Et de rester comme ça, longtemps, aussi longtemps qu'ils le pourraient. Mais il trouvait ça égoïste de sa part, Edwin n'aimait pas la piscine, ça se voyait comme un nez au milieu de la face, il n'était pas à l'aise alors un câlin devant tous les autres baigneurs le mettrait potentiellement encore moins à l'aise. A la place, il se contenta du contact de son bras. C'était déjà tellement. Et tellement bien.

L'autre marmonna quelque chose rapidement. Finn avait compris « t'es beau » sauf que c'était pas ça. C'était quelque chose qui ressemblait à ça, mais pas ça. Genre, lavabo, toboggan, credo - il ne savait même pas ce que mot signifiait. Mais la suite de sa phrase révélait que c'était bien le premier sens qui était correct. « Quoi ? » souffla-t-il avec une voix légèrement plus aiguë que d'habitude. Edwin le trouvait vraiment beau ? Il fit craquer ses chevilles et regardait, étonné, Edwin. Il avait envie de se gratter le sommet du crâne, maintenant. Mais il ne voulait pas lâcher les bras de l'autre. Il baissa sa tête et se gratta tant bien que mal sur le bras d'Edwin. « T'es beau aussi, plus que le bassin. » Il se sentait un peu idiot de dire ça. Il avait l'impression que ça manquait de sincérité pourtant il était plus que sincère. Pour masquer sa gêne et calmer les cacophoniques pulsions de son cœur, il se détourna quelques secondes d'Edwin et recula, toujours en le tenant.

Quelques pas en arrière. Un après l'autre, méthodiquement et calmement pour ne pas brusquer Edwin. Et puis encore ce contact peau à peau, dont les parcelles communes étaient comme électrifiées. C'était absolument dingue comment être proche d'Edwin le mettait dans un état pareil. Tout autour de lui avait disparu. Il ne restait qu'Edwin et Finn et le sol légèrement glissant. Enfin, même cette dernière partie devenait presque immatérielle, impalpable. S'il fermait les yeux, il n'y aurait plus que leurs deux respirations. Il pourrait enfin serrer Edwin contre lui, il en avait tellement envie. « On y est presque, 'Dwin. » Infini avait senti la petite butée métallique qui annonçait la première marche. Il entra dans l'eau sans crainte et descendit jusqu'à la seconde petite marche. Il avait de l'eau à mi mollet. « Eh, t'as le droit d'avoir peur, tu sais. Moi aussi j'ai peur, pt'et pas là, mais j'ai peur de la nuit alors que toi tu aimes. C'est pas mal d'avoir peur. Mais par contre, tu sais aussi que t'auras toujours pieds et que je te lâcherai pas, d'acc' ? » Il sourit et caressa la peau d'Edwin avec ses pouces, pour l'encourager et le rassurer. « L'eau est ni froide, ni chaude. Un peu comme la douche. Tu prends des douches, hein ? » Il rigola doucement. Il disait pour rire, mais si lui avait posé la question, il n'aurait pas vraiment ri. Il se lavait à la natation mais en dehors, il détestait. C'était la bataille pendant les vacances pour l'amener dans la baignoire, et souvent un point de friction avec son père. Finn acceptait de prendre une douche seulement si c'était un bain, pour pouvoir patauger à souhait et faire des bulles. « Pour me détendre, je compte. Mais t'aimes pas les chiffres donc ça marchera pas, je pense. Chanter peut-être ? Attends, tu vas entendre ma magnifique voix : relax, take it easy humpf après je sais plus, nananana, are your scared ? are we playing with fire ? Relaaaaax ! » Il chantait terriblement faux.

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be brave enough to dream

5 juil. 2021, 17:51
Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Edwin n'avait jamais eu peur de grand chose avant. Quand il était plus jeune, le noir avait été son enfer, et l'était parfois toujours d'ailleurs. Londres n'était jamais plongée dans le noir, c'était une des choses qu'il aimait le plus avec elle. Avoir peur de l'eau lui semblait totalement idiot mais il ne pouvait s'empêcher de penser au fait qu'il pouvait se noyer, ou que n'importe quoi pouvait se cacher sous la surface qu'il ne pourrait pas voir. Heureusement, l'eau du bassin était translucide, Edwin n'y aurait jamais mit un pied s'il n'avait pas pu voir le fond ou remarquer si quelqu'un lui attrapait la cheville. C'était une peur irrationnelle, personne ne lui attraperait les pieds pour le tirer au fond de l'eau, à des milliers de kilomètres de la surface et pourtant il avait toujours l'impression qu'une bête énorme se préparait à l'attaquer à chaque fois qu'il essayait de nager ou qu'il s'approchait un peu trop près de la surface. Un monstre dont il ne pourrait pas échapper quand il se déciderait à attaquer et qui se penchait sur ses épaules, donnant l'impression à l'adolescent d'avoir des poids supplémentaires à chaque pas. Il n'était pas bien gros et se soulevait facilement, mais dans ces moments là c'était comme s'il pesait des tonnes, les membres paralysés et engourdis jusqu'à devenir des poids morts.

Surpris de quoi ? dit-il, la curiosité piquée avant qu'un voile d'eau glacée ne lui tombe dessus en voyant l'autre le regarder. Oh. Bien sûr, surprit de ça. Forcément, pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Une envie et un besoin de se cacher derrière ses bras lui figea le tronc sans qu'il ne puisse l'assouvir. Il avait juste envie de reprendre ses bras à l'autre, de le faire lâcher prise violement pour pouvoir se cacher dessous et s'enfuir en courant. Mais il n'en fit rien et ravala la nausée qui menaça de lui faire rendre son substitut de déjeuner. Quelque chose dans son esprit essayait de le convaincre qu'Infini ne jugerait jamais qui il était, comment il était et pourquoi, qu'importe que ses angoisses lui disent le contraire. Et Edwin essayait vraiment beaucoup d'y croire, de laisser cette petite voix s'exprimer plus fort que les autres au lieu de la laisser se faire écraser par toutes les autres qui lui hurlaient dans la tête de partir loin, que ça avait été stupide de faire confiance à quelqu'un encore une fois. Comme à chaque fois qu'il se rapprochait de quelqu'un depuis plus d'un an, ces voix ne se taisaient pas. Ce n'était pas pour ça qu'Edwin les écoutait, il continuait toujours à faire confiance, la seule différence était que la trahison le foutait au fond du gouffre à chaque fois.

Il capte le compliment de l'autre quelques secondes après l'avoir entendu. Ah. Son visage prend quelques teintes de rouges de plus et il serre un peu plus ses doigts autour des poignets de l'autre. Il essaya de bredouiller quelque chose mais ce fut un échec total et l'ancien Serpentard laissa juste l'autre se gratter sur son bras. Comme un chaton. Infini était un chat. Innocent, curieux, mignon. Son chat, avait-il envie de se dire. Il ne savait pas encore où placer Infini sur le spectre de ses relations, il oscillait beaucoup entre le rôle de petit frère et le rôle de plus qu'ami. Tellement qu'Edwin ne savait plus trop comment gérer les situations, s'il fallait laisser faire son cerveau inquiet ou la partie qui s'en fichait totalement. Dans tous les cas, Edwin savait qu'il voulait protéger le plus jeune, encore plus quand il faisait des choses comme ça parce qu'il savait que son innocence lui apporterait des ennuis un jour. Tant qu'il serait là, il ferait en sorte que personne n'en abuse, sous peine de se prendre un poing dans le nez.

Il suit l'autre sans trop de mal. L'eau est froide, mais pas glacée comme celle du lac de Poudlard. Il avait eu peur qu'elle le soit, qu'elle l'engourdisse encore plus que la peur et qu'il ne sache même plus bouger ses jambes à cause de ça mais il devait s'avouer que la panique lui avait fait imaginer beaucoup de choses qui semblaient totalement dérisoires maintenant qu'il était à moitié dans l'eau. Nan j'en prend pas, j'suis un gros dégueu, tu savais pas ? glousse-t-il à la remarque de l'autre, ce qui a le don de le détendre légèrement. J'ai... il hésite quelques secondes, avouer ça maintenant qu'il est dans l'eau est beaucoup moins sujet à crise qu'avant j'ai peur de me noyer, ou de pas voir ce que y'a en bas mais là j'ai pieds et je vois le fond donc... ça va, ça va pour le moment Il grimace aux premières notes de l'autre. Si tu veux que je saute à l'eau pour ne plus entendre ce carnage, c'est une bonne idée rigole-t-il à nouveau avant de commencer à fredonner l'air de la chanson. Il me faut juste du temps, j'me sentirais relax après, promis, arrête de chanter il envoie un sourire à l'autre avant de relâcher doucement sa prise sur ses poignets.

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

7 juil. 2021, 17:38
Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Edwin le suivit sans mal dans l'eau. Il en est presque étonné. Enfin pas presque, réellement étonné. Il s'imaginait que ce serait beaucoup plus dur pour lui de rentrer dans l'eau. Déjà quand on n'avait pas peur il subsistait toujours une petite appréhension, une petite crainte. Que l'eau soit vachement froide ou au contraire trop chaude et qu'elle picote la peau fine des pieds. Ou que le plongeon soit un échec total, comme un nombre incalculable des plongeons d'Infini avec tous les désagréments allant avec : les lunettes qui dérapent et finissent au fond du bassin, l'eau chlorée qui pénètre violemment dans des yeux ébahis par le choc de la seconde d'avant, le souffle coupé, la poitrine qui se resserre sous la pression, le torse qui brûle de l'impact et l'impression de ne jamais pouvoir remonter à la surface avant de devoir ouvrir la bouche. Souvent lorsque la tête dépassait enfin le seuil de l'eau, du liquide s'insinuait dans les poumons et Finn toussait à s'en les arracher. Il était content de ne plus rater ses plongeons car dans ces moments-là, il avait peur de l'eau. Il ne l'avouerait sûrement jamais et déniait sa peur à lui-même. Mais sa peur et ses cauchemars de tsunamis ne comptaient plus maintenant. Il tenait le bras d'Edwin.

« Ah, oh, tu te laves pas alors... » Il n'arrivait pas à déceler une quelconque ironie dans la voix de son ami. Et il ne se souvenait pas qu'Edwin ait jamais senti la sueur ou mauvais. C'était énigmatique. « Je me lave au chlore donc je suis plus que propre ! » Quand Edwin gloussa, lui rit et mordilla ses lèvres. Il ne se souvenait l'avoir déjà fait avant, se mordiller mais c'était venu instinctivement. Il avait déjà vu Edwin le faire et il l'avait reproduit. En mâchonnant ses lèvres, un petit goût de sang et de chlore s'insinua dans la bouche du petit. Il passa sa langue sur la petite faille créée par ses dents et avala rapidement pour évacuer le goût ferreux qui s'était mélangé à sa salive.

C'est à ce moment qu'il avait commencé à chanter. Il s'était appliqué à foirer son chant et la tâche n'avait pas été compliqué. Sa voix naturelle de pré-adolescent était déjà en soi difficilement supportable pour l'oreille humaine - une sorte de panel de notes sortant d'une flûte désaccordée qu'un hippopotame avait trouvé par-là par hasard en sortant à moitié ivre d'un bar hippopotamesque - mais lorsqu'il s'appliquait à faire le mariole, c'était trop. Même Pytha, le fidèle compagnon à quatre pattes de la famille, ne pouvait que se coucher sous la table en couinant quand Finn chantait. Seul Percy n'était pas choqué de la voix du petit. Il disait que l'essentiel, c'était la passion et l'intention. L'intention de casser la vaisselle de toute la maison pour aller au restaurant, peut-être. En tout cas, la reprise de la chanson préférée de Finn de Mika avait eu un effet plutôt admirable. « Oh ! Comment t'as fait pour deviner mon objectif aussi rapidement ? Mais avoue, c'était bien trouvé, nan ? » Il continua sur quelques notes et s'arrêta. « J'arrête, il ne pleut pas aujourd'hui, ça serait dommage que ça commence. Et puis, t'as pas besoin de mon carnage auditif pour réussir, t'es super fort. Et j'ai confiance en toi ! »

Ill s'arrêta de parler et laissa Edwin retirer progressivement l'emprise des bras de Finn sur lui. Paradoxalement, l'inverse augmenta. La brisure du contact accentua son envie de le tenir, de le toucher, de le sentir. Mais ce n'était pas raisonnable, il fallait bien qu'il le lâche pour qu'il puisse avancer. Et puis il pourrait bien lui retenir le bras plus tard. Il était heureux de voir qu'Edwin voulait se débrouiller lui même et combattre sa peur en tête à tête. C'était la meilleure façon de s'améliorer. Alors il se recula lentement pour laisser le champ libre au garçon et s'assit. L'eau mouilla Finn jusqu'au début de ses côtes environ mais ses genoux, ramenés vers lui, sortaient un peu du flot calme de la piscine. Il leva la tête vers son ange gardien sombre et mystérieux - c'est comme ça qu'il se plaisait à l'appeler - et lui lança un regard inquisiteur. Il détacha un de ses bras de ses jambes recroquevillées sous l'eau et fêla la lisière de l'eau d'un revers de la main. Il dessina un arc de cercle avec son bras pour montrer l'étendue totalement libre pour l'avancer d'Edwin. Ça, plus un sourire avec toutes les dents, ça signifiait vas-y, à la moindre perte d'équilibre, je te rattraperai.

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16 févr. 2022, 22:46
Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Edwin n'avait pas vraiment peur du fait que l'eau soit d'une température particulière. Ce n'était qu'un soucis de ceux qui n'avait pas peur de nager. Le seul petit détail qui restait était l'eau trop froide, mais pour Edwin, c'était un détail sans importance car le plus compliqué était de trouver le courage de poser un pied dans le bassin. A chaque fois qu'on avait aucun problème dans notre vie pour faire quelque chose, il fallait toujours s'en créer un et les gens devenaient douillets pour la température d'un bassin qui pouvait les tuer s'ils ne remontaient pas à la surface. La température, c'était bien le dernier de ses problèmes. Edwin serait heureux pour le jour où ce serait la seule chose qu'il se demanderait avant d'entrée dans l'eau. Non pas : Est-ce que je vais me noyer ? Mais simplement : Si je pose le pied dedans, est-ce que ça va me glacer les orteils ? Franchement, les gens avaient des problèmes bien éloignés de ce qu'Edwin considérait comme important ou des préoccupations utiles. Pour le moment, la main de son ami lui suffit pour ne pas se rouler par terre pour hyperventiler après être sorti du bassin de terreur. Infini n'est pas très grand ni très costaud mais s'il vient à se noyer, il sera sûrement assez intelligent pour appeler à l'aide. C'est bien pour ça qu'Edwin refuse de se baigner seul : s'il est en danger, il doit se faire aider et il ne peut pas demander de l'aide.

Ce n'était pas comme sur la terre ferme où la seule aide dont il avait besoin était celle qu'il pouvait s'apporter à lui même. Dépendre de quelqu'un le dérangeait, et cela ajoutait un point sur pourquoi il détestait l'eau. Pour Infini, ça allait encore parce qu'Edwin se faisait violence pour ne pas vouloir tout contrôler, mais pour quelqu'un d'autre... Non. Il ne demanderait pas d'aide tout seul et c'était bien le problème.

Ben... Il observe un peu perdu l'autre pour voir s'il blague et pouffe de rire quand il comprend que non Ben si je me lave Finn. J'aime être propre, je supporte pas d'être tout crasseux quand je rentre chez moi.

Il sourit un peu plus fort quand Finn rigole. Il aime bien, c'est doux et ça dédramatise la situation. A parler doucement comme ça, tous les deux, Edwin pourrait presque en oublier qu'il est enfoncé dans l'eau jusqu'à mi bassin. C'est moins pire qu'à Poudlard. Il bouge assez souvent ses pieds pour leur faire frapper le sol, simplement pour s'assurer qu'il est bien là est qu'Edwin ne risque pas de s'enfoncer dans l'eau sans aucun moyen de remonter. C'est idiot, parce qu'il a conscience que le carrelage de la piscine ne va pas disparaître comme par magie spécialement sous lui mais il ne peut pas s'en empêcher. Il claque son talon sans bruit dans l'eau une fois, deux fois, avant de reposer le pied et de recommencer quelques secondes après. Le résultat n'est pas visible plus que ça mais fait clapoter l'eau à sa surface, l'envoyant valser dans de légers arcs de cercle autour de lui.

J'aime bien la pluie, alors ce n'est pas grave si tu fais pleuvoir. Cependant, j'aimerais ne pas devenir sourd maintenant alors je pourrais me contenter d'une journée de soleil sans soucis. Il observe l'autre s'asseoir et lui faire un signe de la main vers le reste de la piscine. Son cœur se serre dans sa poitrine et il mordille ses lèvres en frappant un peu plus fort son talon au bond du bassin. Il observe quelques secondes le fond de l'eau, tremblant sous les ondulations avec une moue incertaine et les sourcils froncés. Ca ne lui inspire pas confiance, pas du tout même. Mais, il suppose que l'autre serait déçu s'il n'avançait pas alors il fait à nouveau quelques pas jusqu'à pouvoir sentir l'eau toucher ses coudes. A P- il se fige quelques secondes avant de reprendre, nom de l'école en moins. C'est un réflexe débile mais ici les gens peuvent l'entendre. Mon ancienne école est à côté d'un lac, tu vois. La dernière fois, je suis tombé dedans avec une fille et j'ai cru... j'ai vraiment cru que j'allais mourir. Sur le coup ça m'a terrifié mais j'allais à peu près bien après. Et puis je suis retourné dans ma chambre après et j'ai pas pu dormir. Elle est sous l'eau, tu vois, dans les sous-sol où sont nos dortoirs et... et c'était comme si à chaque fois que je fermais les yeux, les fenêtre craquaient. Et je sais pas, si je m'endormais peut-être qu'elles se briseraient toutes et que... et que j'allais me noyer comme ça. J'ai fait des cauchemars vachement souvent sur ça après, ça se mélangeait à ceux sur ma mère.

Edwin ramène une main tremblante à son visage pour se frotter le front, veine tentative de garder la face. Finalement, il fait machine arrière et sort de l'eau en quatre grandes enjambées. J'peux pas. Désolé, je peux juste pas. J'vais aller me changer... Ses membres tremblent toujours et l'eau lui parait d'un coup opaque et menaçante. Il tourne des talons et commence à partir vers les vestiaires. Il ne garde pas le rythme des petits pas qu'il faisait en allant à la piscine pour que Finn le suive, non, il fait les plus grandes enjambées possibles. Il ne court pas, mais c'est presque l'impression qu'il donne car Infini devrait le faire pour le rattraper. Il a honte de lui, quel garçon de 13 ans a peur de l'eau comme si elle pouvait le bouffer ? Et, pire encore, après tout ce qu'il avait vécu, pourquoi une piscine lui glaçait le sang ?

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

24 févr. 2022, 18:55
Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Finn finit par poser sa tête sur ses bras à moitié immergés. Il contempla la surface de l'eau, à peine ondulée par quelques vaguelettes créées avec son index. Il observa Edwin lui parler de la crasse et du beau temps. Mmh, concrètement et honnêtement, le petit se lavait vraiment au chlore. Venant tous les jours à la piscine, il se lavait dans les douches communes rapidement et rentrait chez lui sans sous soucier réellement si tout a bien été savonné. Et puis sa chambre est une catastrophe ambulante, et il ne serait pas étonnant de trouver un trognon de pomme dans un état d'oxydation très avancé quelque part sous son lit. Ca fait des nutriments aux petites bêtes, se disait-il toujours. C'était un comportement plutôt étrange parce que son père était maniaque et ne supportait de voir des trucs traîner. Ou alors c'est peut-être pour ça qu'il ne faisait pas gaffe à sa chambre. Pour ne pas passer son temps à chasser la moindre poussière.

Le garçon fut content qu'Edwin lui explique d'où venaient ses peurs. C'était sûr qu'après une quasi-noyade dans un lac magique, puis se retrouver tous les soirs sous ce même lac, s'endormir en voyant l'eau, c'était carrément flippant. Il ne supporterait pas lui-même, c'était trop oppressant, trop sombre, et puis il fallait que les fenêtres soient vraiment très solides. Ca devait être une ambiance angoissante. S'il allait à Poudlard, enfin l'école-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, il voudrait voir le soleil tous les matins et pouvoir sentir la brise fraîche en ouvrant les fenêtres. Même si ça impliquait de ne pas être avec Edwin. « C'est vraiment méchant ce qu'elle a fait, cette fille ! Mais Edwin, t'sais, t'as de la force en toi. » Il n'avait pas tout à fait compris l'histoire des traces de brûlure qu'Edwin avait sur son corps, et puis sa mère qui n'était pas super gentille avec lui, Poudlard qui ne l'avait pas super bien accueilli non plus. A côté, la vie de Finn était faite de paillettes arc-en-ciel crachée par une licorne magique rose bonbon, et ça le rendait triste qu'Edwin soit triste. « Et même si t'y arrives pas aujourd'hui et que t'as super peur, t'as déjà fait des pas, regarde. » Et le brun indique à son ami sa place dans le bassin. Il avait avancé et c'était ça qui comptait. Sa peur, ça se sentait qu'elle était loin, alors il avait déjà fait le plus dur. Il fallait simplement qu'il se dise qu'avancer dans l'eau, c'était avancer contre toutes la souffrance que ça lui fait ressentir, de faire face à sa peur et de lui cracher dessus. Et comme ça, il pourra cracher sur la fille qui a voulu le noyer. « Tu veux dormir chez moi, c'soir ? Je fighterai les cauchemars » demanda-t-il en abattant ses poings dans l'eau.

Et puis il laissa Edwin avancer encore un peu. Il n'avait pas l'air très bien et Finn avait vu juste parce qu'il sortit précipitamment du bassin et commença à marcher à grandes enjambées. Finn sauta les marches du bassin, sauta les obstacles et s'élança derrière lui. Il prit un peu d'élan et glissa pour le rattraper. « Attends, Edwin, s'il te plaîîîît ! » Finn lui attrapa le poignet et l'arrêta. « Edwin ? On arrête là pour aujourd'hui, ok ? ou pour toujours, comme tu veux. Mais tu vois, tu l'as fait, t'es allé dans l'eau. » Il lui caressa le poignet et prit le second pour faire pareil. « Moi, je suis fier de toi ! » Il plaça ses mains dans le creux de la mâchoire du garçon, comme il avait vu Percy le faire avec son père. « Tu sais que ça va aller, hein ? Un chat, ça retombe sur ses pattes. Eh, respire doucement... » Il descendit ses mains sur le torse d'Edwin pour tenter de le calmer. Pendant tout ce temps, il essaya de le regarder dans les yeux, cherchant son regard quand il fuyait. « T'es un guerrier, je te jure. Genre guerrier grec trop beau qui donne envie de le serrer fort dans ses bras et de se sentir protéger. »

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