PV Perceptions En-Portées

Arc I: Début des troubles
Près d'un arbre,
Parc llalallalalalaala
Samedi 14 octobre 2045,
dans l'après midi
Hjúki Anastase

Un peu plus d'un mois de cours, et Elizabeth était quelque peu perdue. Non pas dans le château, quoiqu'il était gigantesque, mais plutôt perdue et mitigée quant à son avis: que pensait-elle de Poudlard ? Elle ne savait répondre à cette question, car aucune réponse ne lui venait à l'esprit. Marchant seule dans l'herbe fraîche, elle réfléchissait à la question, se souvenant de la lettre que lui avait envoyé le dénommé Hjúki. La fillette faisait également des efforts pour se souvenir de la conversation qu'elle avait eu avec lui, quelques années auparavant près des falaises de Moher, mais quelques bribes de la conversation lui revenaient à l'esprit: elle en avait besoin, pourquoi sa mémoire ne pouvait-elle faire un effort pour une fois ? Elle s'arrêta près d'un arbre et s'assit, dos contre le bois. Elle se souvenait des jours où elle était tout excitée d'aller à Poudlard, et passait ses journées à lire l'Histoire de Poudlard pour en apprendre plus sur le sujet. La jeune Poufsouffle se rappelait également des soirées où ses grands-parents et ses parents racontaient des petites histoires qui leur étaient arrivées quand ils étaient adolescents. Aujourd'hui avait-elle les yeux aussi brillants qu'avant ? Le premier jour de la rentrée, la première année était éblouie devant la grandeur et la magnificence du château. Mais dans ce cas là, c'était la magie qui faisait tout le charme de Poudlard. Lors de la répartition, le fait d'avoir le Choixpeau sur sa tête l'avait fait frissonner: elle s'était toujours demandée dans quelle maison elle irait, laquelle lui conviendrait le mieux. Elle avait posé la question à son petit frère, qui lui avait répondu "Beuuh, si tu es dans une maison à Poudlard, c'est déjà super trop coooool !". Il n'avait pas tord, mais il ne répondait pas à la question d'une part, et d'autre part, sous entendait-il quelque chose vis à vis du fait qu'elle soit sorcière ou non ? Mais elle avait retiré cette possibilité: il était encore beaucoup trop jeune pour avoir des pensées aussi noires envers sa propre grande soeur. Puis elle s'était dirigée vers son père, qui lui avait soupiré: "Eh bien... Les maisons ne sont pas en fonction de celles de ses propres parents, mais en fonction de soit. Le caractère vient en partie des parents, même si on se forge soi-même... Ce n'est qu'une hypothèse, mais j'aurais dit Serdaigle, même si je pense que Poufsouffle te conviendrait également". Et Jack avait vu tout à fait juste. Sa fille se demandait parfois s'il n'avait pas un don en divination, incompris parce qu'il n'avait pas vraiment excellé dans cette matière lors de sa scolarité. Enfin, la brune avait tenté de poser la question à sa mère, qui lui avait répondu vaguement: "Pas Serpentard, ni Gryffondor, j'en suis sûre". D'une certaine manière, elle avait également eu bon en sous entendant qu'elle irait probablement à Serdaigle ou à Poufsouffle. Pour Elizabeth, après une longue réflexion, elle s'était penchée sur Serdaigle, du en grande partie à sa grande curiosité. Elle n'avait pas vraiment imaginé Poufsouffle qui pourrait être sa maison. Lorsque le Choixpeau l'avait réparti chez les jaunes et noirs, elle n'était pas déçue: tous les élèves avaient l'air bienveillant là bas. La salle commune était très confortable et jolie à vue d'oeil, et son dortoir lui convenait parfaitement. Puis, lorsque ses cours débutèrent, elle était très intéressée par chaque matière, et au bout d'une quinzaine de jours, elle réussit à savoir quelles disciplines elle préférait à d'autres. Cependant, elle n'arrivait toujours pas à dire ce qu'elle pensait du château. D'une part, elle était contente de ce qu'elle avait découvert pour l'instant, mais de l'autre elle était frustrée. Un sentiment qui la mettait mal à l'aise, la dérangeait. Mais elle ne savait ce que c'était. Elle ne comprenait pas d'où cela venait. Elizabeth s'étira avant de se laisser tomber sur l'herbe, et attrapa une feuille du sol qui venait de tomber, afin de la contempler:
- T'as pas à te soucier de ça toi...
Elle parlait à des feuilles mortes. Au diable le regard des autres, elle avait besoin d'une réponse.

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@Hjúki Anastase hésite pas si quelque chose ne va pas !

Info sur le TDI- 5e année RP - cofondatrice de la PTC #D9603B - Inspectrice Elisabête, experte en déstabilisation des Bôs Debilus - Traîneuse de catastrophes comme un boulet attaché à sa cheville- Retard RP- L'entarteuse de Poudlard (Senku<3)

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Exhalant lourdement, l’adolescent jeta un regard dépité sur la couverture automnale qui parsemait les extérieurs. Que voilà de ‘délicieux’ crissements qui l’attendaient, songea-t-il sombrement. Une fois n’est pas coutume, sa démarche s’adapta aux aspérités du sol, ses semelles ne choisissant de se poser que sur des couleurs ou textures spécifiques, opérant sûrement ce qu’un observateur qualifierait d’écarts absurdes pour éviter ici un pétale vivace, là une feuille desséchée. Se retrouvant en équilibre sur une jambe, le buste oscillant dans l’espoir de ne pas entraîner sa chute, à ne pas savoir où atterrir pour que son prochain pas n’éclate point en un concert de bruissements, une partie de Hjúki en vint à se questionner sur ce qu’il fichait dans ce parc, à louvoyer entre ses manifestations les plus naturelles. Concédant qu’il n’était pas correct de manipuler l’ordre des choses, il se retint de modifier magiquement la composition notamment aqueuse de la flore pour la transformer en un tapis plus agréable à fouler. Au terme d’une longue enjambée, ce dilemme d’une seconde fut résolu, avant de tourner sur soi-même pour constater son degré d’enfoncement. Tendant le bras pour jauger de la taille des éléments du paysage, l’objectif était d’atteindre une distance telle que le château tiendrait au creux de ses mains. Optiquement, bien sûr, même s’il ne nierait pas n’avoir rien contre l’emprisonnement de Poudlard en une petite boule scellée tenue entre deux phalanges.

Conscient que s’il détenait son sort en son pouvoir ; il souhaiterait tout autant l’écraser pour sauver les générations futures que la préserver pour en étudier les héritages honorables qui auraient été dévoyés contre l’intention première. Revenir en ces lieux n’était pas tellement sa propriété cette année, c’était autant de temps perdu auprès de son Opa alors qu’il commençait à se rendre compte de ce que signifiait concrètement le fait d’être élevé par le représentant d’une génération trop éloignée, avoir des références vieillottes était le dernier de ses soucis mais l’âge rattrapait peu à peu son tuteur pile à la période ingrate où Hjúki était trop jeune pour que le rôle de protection puisse s’inverser – ce n’était pas un niveau Aspic qui fournissait le bagage de guérison pour rétablir la santé d’un vénérable sorcier – mais déjà trop vieux pour reposer encore sur son Beschützer comme avant – censé avoir gagné en autonomie, il ne se sentait absolument pas prêt à admettre que l’un de ses soutiens était sur le point de céder. Et puis, les milliers de kilomètres le poussaient sûrement à se montrer plus pessimiste que de raison. S’il n’avait tenu qu’à lui, il ne serait pas là mais c’est précisément parce qu’il était entouré que l’adolescent avait rempilé. Il conserva les lèvres closes, se refusant à lui confier quoique ce soit à travers les Nuées ou quelque matière commune aux territoires séparées d’une mer. Évidemment qu’il sera incapable de sérénité cette année.

Et pourquoi diable ses commandes s’employaient-elles à préserver l’intégrité de ces morceaux de nature morte ? Non, son corps était trop sage et ne permettra pas qu’il se défoule en déglinguant toutes les feuilles sur son passage, il fallait les laisser tranquille, le jeune Anastase ne sachant même pas pour quel motif il se retenait d’en faire des confettis. Vérifiant régulièrement au fil de sa trajectoire en spirales la proportion à laquelle se réduisait la pierre, une Silhouette s’imprima dans sa rétine, le forçant à se concentrer en sa direction. Ne connaissant pas les résidents benjamins et n’y accordant guère d’attention, son cerveau aurait dû la traiter comme quelconque, mais elle remuait au contraire des formes passées. N’ayant pas beaucoup de gosses dans son répertoire… *oh…* Arrivé un peu mieux à portée de vue, la petite avait eu le temps de s’installer au sol, en une posture suffisante pour que l’adolescente se confirme avoir bien affaire à l’Éveillée des Falaises. Ramassant à son tour un vestige végétal, il convint de ne pas l’imiter après l’avoir examiné. La symbolique de quêter conseil à l’inerte ne le tentait pas trop.


« Si j’attendais une réponse, je m’en remettrais plutôt à la sève qui l’a nourrie et qui a dû en surmonter, des soucis. »

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Pendant qu'elle observait la feuille aux cellules mortes, une voix qu'elle avait l'impression de connaître lui proposa de plutôt poser sa question à la sève elle même, afin d'avoir une réponse plus certaine. La façon dont il lui parlait lui était extrêmement familière: elle l'avait déjà entendu et/ou lu quelque part. Tandis que son cerveau réfléchissait à toute vitesse, la première année se redressa lentement du sol et resta assise quelques secondes: pourquoi appréhendait-elle autant le fait de dévisager l'inconnu ? Elle déglutit difficilement avant de se relever et de se tourner vers l'élève en question.
- Le garçon de la Falaise ! Je... je veux dire, Hjúki !
Ses yeux s'étaient écarquillés en regardant le garçon: c'était bien lui. Celui avec qui elle avait discuté il y avait environ deux ans. Celui qui lui avait envoyé une lettre l'an passé. S'il n'avait pas parlé, elle aurait peut-être douté quelques instants: il avait changé en un peu plus de vingt-quatre mois. En réfléchissant bien, Elizabeth avait aussi changé non ? Elle se pinça la joue gauche avant de renoncer à sa pensée; elle avait toujours son visage enfantin, elle venait à peine d'entamer le cycle de l'adolescence. Elle se frotta rapidement les yeux avant de risquer:
- Comment tu la trouves ta nouvelle année à Poudlard ? Ça fait seulement un mois et quelques jours, mais tu peux comparer aux années passées... non ?
C'était lui qui pourrait l'aider à répondre à sa question. Ils avaient dialogué pas mal de temps sur le sujet auparavant, et avoir un nouvel avis du garçon ne lui ferait pas de mal. Elle lâcha un léger soupir: pourquoi se posait-elle la question ? Pourquoi devait-elle absolument trouver une réponse maintenant ? À cause de sa curiosité et de son obstination, aurait probablement répondu son père. Parce que c'était elle. Et elle recommençait encore à s'éparpiller, et à se perdre dans ses pensées. Elle créait beaucoup d'ouvertures sans qu'elle ne s'en aperçoive, et cela la frustrait beaucoup: elle perdait du temps, et en faisait perdre à ses interlocuteurs quand elle était accompagnée.
- J'ai été répartie à Poufsouffle, continua la fillette en se balançant sur ses deux pieds. La maison est très sympa, mais... J'ai quelque chose à l'intérieur qui me frustre... J'arrive pas à savoir quoi.
Elle avait dit cela en pointant sa poitrine à l'aide de son doigt. Elle ignorait si son aîné avait une réponse, s'il connaissait ce sentiment, ou simplement s'il voulait en parler. Elle pensait qu'elle avait le coeur meurtri car c'était la première fois qu'elle allait être séparée aussi longtemps de Lyam. Elle n'avait pas de quoi combler le vide. Elle ne connaissait personne en tant qu'élève avec qui elle resterait tout le temps. Elle bavardait parfois avec certains sorciers, mais la plupart du temps, elle restait seule. Elle écarquilla les yeux avant de se perdre de nouveau dans ses pensées et de songer à une possibilité: serait-ce la solitude qui lui faisait mal ? C'était une possibilité à ne pas écarter, voire même la possibilité qui avait le plus de chance d'être juste. Elle voulait exposer sa théorie à Hjúki, mais s'en empêchait à cause, d'une part parce qu'elle avait l'impression de beaucoup trop parler, et de peut-être le déranger, et de l'autre, peur que lui même connaissait cette solitude. Cela allait peut-être lui faire remonter de mauvais souvenirs qu'il souhaitait oublié ? La solitude était une des grandes peurs de la jaune et noire, elle comprenait pourquoi c'était un sujet délicat. Mais serait-elle en train de la rencontrer en personne ? Non, impossible, elle n'était pas vraiment seule. Elle connaissait des gens. Ils allaient l'aider à combattre la solitude, n'est ce pas ? Elle y croyait secrètement, et devait s'y accrocher: il était hors de question de perdre un combat dès le début de sa scolarité à Poudlard. La première année releva la tête, ses yeux étaient rivés sur le sol quelques secondes plus tôt, et regarda le garçon de la Falaise dans les yeux, en souriant: elle n'était pas seule actuellement. Hjúki était là maintenant. Mais... Et demain ?

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Devant l’engouement inattendu, il inclina seulement la tête en survolant les traits qui dans le détail avaient connu plus de variation que les contours identifiés de loin, même s’il la retrouvait sans aucune hésitation. Sans se concerter, ils s’étaient respectivement associés au lieu de leur première rencontre, les Falaises qu’il avait visitées à plusieurs reprises dans son enfance du fait de la relative proximité avec sa ville irlandaise pour assister au spectacle de Pan qui prouvait sa puissance, sa vivance, dissipant ses doutes en y écoutant le pouls des éléments. Ça lui suscitait l’impression de sillonner véritablement des corps conscients, à qui il devait peut-être sa propre nature et dont il avait le potentiel de se présenter comme égal. À côté ce parc sonnait plutôt inerte, accordons-lui d’être en phase ensommeillée. Leur échange se poursuivait comme s’il n’avait jamais été interrompu, replongeant Hjúki en ce premier mois mais également dans l’année passée. Son cercle s’était élargi dans le sens il était désormais accompagné pas seulement à distance mais également ici, par une partenaire de maturité proche. Elle l’avait reconnecté à lui, réparant quelques fils qu’il avait rageusement arrachés à sa propre essence au cours de ses débuts au château. Bien sûr pas au point de rétablir l’harmonie partout, pour réaccorder un instrument, encore faut-il trouver le Tempérament convenant le mieux au répertoire auquel il est destiné et elle n’était pas lui. Il se savait néanmoins moins enthousiaste qu’à la rentrée dernière puisque la guérison partielle pointait avec d’autant plus de clarté à son regard pessimiste les parties de soi qui n’étaient plus modulables. Son émissaire ne le détournait pas non plus ses préoccupations à l’égard de son Beschützer qui avait récemment perdu son image de force inébranlable alors que son Enkel avait été témoin d’affaissements. C’était moins pire que d’être livré purement à soi-même, mais il aurait largement préféré juste profiter de la présence du membre essentiel de sa famille avant que sa santé ne décline encore et toujours plus. Ne se retenant pas, il grimaça, comme si se trouver face à quelqu’un qui l’avait croisé plus jeune l’autorisait à ne pas tenir une posture adulte, statut en lequel il ne se reconnaissant pas. Le constat n’était guère joyeux, les premières années il avait été écœuré de ce milieu mais il lui suffisait de songer au retour pour tenir le coup. À présent, s’il avait un soutien qui rendait Poudlard une once moins insupportable, la pensée tournée vers sa terre le glaçait et l’étourdissait, il était privé de mois beaucoup trop précieux avec son Opa que l’âge fragilisait.

« Ce qui est à l’extérieur compte immensément plus. Ceux qui vivent en parallèle, nous ne les voyons pas grandir, vieillir, … »

Le jeune Anastase n’avait pas de fratrie mais avait de la peine rien que de s’imaginer que les sorciers n’avaient le droit de voir leurs frères, leurs sœurs qu’à de trop rares occasions ponctuant l’année. Il imaginait en conséquence cette spécificité de l’intra-Monde où les adelphes étaient plus qu’enclins à être étrangers les uns par rapport aux autres, tels des cousins extrêmement éloignés ne se voyant guère plus qu’à Noël, Pâques et l’été. C’était d’un tel non-sens. Adieu l’intérêt qu’il avait décelé à la richesse des enfants réunis ici. Comme il l’avait déjà lâché à même interlocutrice beaucoup plus tôt, c’était l’épanouissement pour ceux qui n’avaient d’attaches extérieures, les orphelins ou jeunes au cadre hostile. Si des êtres ou espaces dehors importaient, qu’ils composent avec le manque impossible à combler.

L’adolescent n’était pas clairvoyant au point de détecter ou deviner la nature de la frustration dont lui faisait part Elizabeth, il n’eut en revanche pas à y réfléchir beaucoup pour comprendre qu’elle évoquait un sentiment qui n’était probablement aucunement lié à sa maison. C’était un détail de l’organisation des lieux qui échappait très aisément des considérations de Hjúki qui aurait presque besoin d’un mémo pour redire l’espace qui lui avait été attribué. Incapable de la lire, il décida de formuler ses propres ressentiments, sans connaître assez son histoire pour déterminer si cela aurait un quelconque écho avec ce qui hantait sa benjamine.


« Hum… je ne comprends pas non plus pourquoi être investi de pouvoirs magiques nous ôte le droit autant à une famille qu’à un foyer. »

C’était du temps gâché, il n’y avait d’autre mot pour qualifier cela. Il avait brisé une relation si précieuse et était parvenu au stade où il ne sentait même plus capable de revenir vivre avec Opa une fois que ce sera fini, le renouement était devenu inimaginable autant avec lui qu’avec Galway. Déraciné de son chez soi, nulle part désormais il ne retrouvait la sensation d’ancrage de sa petite enfance. Les élèves externes n’existaient que chez les non-moldus, pourquoi avaient-ils cette alternative et pas eux ? À onze ans il s’était senti abandonné par son aïeul en devant entrer à Poudlard, aujourd’hui il était conscient que c’était lui qui abandonnait sa famille en y revenant, cette heptade ne se rattrapera jamais. Des arrachés, des déchirés. Voilà en quoi la magie nous transformait.

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Ce qu'on ressentait à l'intérieur serait plus important que le reste ? C'était tout à fait juste et logique, mais comment trouver le problème ? Arrivé à la source, que fallait-il faire ? Elizabeth savait que sa frustration était du à Poudlard. Pas à Poufsouffle en particulier, ni à l'école, mais plutôt à son environnement. Elle ne saurait décrire son ressentiment, si ce n'était un vide. Un trou noir pourrait représenter son ennui, mais ce n'était pas parfait. Il manquait quelque chose à sa représentation, et ce "quelque chose" répondrait très probablement à sa première question: quel était le problème ? Hjúki la sortit de ses pensées en lui confessa qu'il ne comprenait pas pourquoi le fait d'avoir des pouvoirs magiques les empêchaient de vivre chez eux. Il n'avait pas tord: ils auraient pu aller à l'école comme les moldus non ? Des écoles de magie dans chaque ville du Royaume-Uni pour permettre aux élèves de rentrer chez eux le soir, et de continuer à vivre en famille. Mais Poudlard existait afin de cacher l'existence de la magie aux sans-pouvoirs. En y réfléchissant bien, cela serait étrange d'avoir une école qui n'accueille que certains élèves, c'est-à-dire les sorciers, cette dernière pourrait éveiller des soupçons auprès du gouvernement et mettre en danger le personnel et les apprentis magiciens.
- Je comprends ton point de vue, mais... comment faire pour assurer une totale protection ? questionna la fillette en se rasseyant lourdement par terre. Enfin, les moldus pourraient trouver ça bizarre que certains enfants qui n'ont pas l'air d'avoir de point commun, si ce n'est la magie, soient les seuls à y entrer... Ce qui revient à réfléchir à la question de la cohabitation entre moldu et sorcier... C'est compliqué...
Elizabeth était sûre d'une chose: une cohabitation en parfaite harmonie entre les deux espèces étaient tout bonnement impossible. Tout n'était pas blanc et tout n'était pas noir, il y avait forcément un élément perturbateur dans le lot, car c'était dans la nature des êtres humains: ne jamais suivre totalement le groupe. Les idées différaient selon les personnes, et il était sûr que du côté des sorciers, il y avait forcément des personnes qui détestaient les moldus: soit par pur égoïsme, soit à cause de la guerre et du fait que les moldus aient tué de nombreux sorciers, et cela dans les deux camps. Une entente totale n'existait pas, et n'existera jamais. En poussant un peu plus la réflexion, Elizabeth pensait que Poudlard était à la fois un lieu de défense, la protection des jeunes sorciers, mais également une usine à fabrication d'armes: les élèves étaient l'arsenal qui devaient être programmés en cas de guerre. La première année frissonna à l'idée qu'elle était une vulgaire pièce d'artillerie: à vrai dire elle n'était pas totalement sûre quant à cette hypothèse, personne n'avait rien dit de tel dans ses souvenirs, mais elle conclut une chose de cette réflexion: il fallait qu'elle reste sur ses gardes. En se souvenant qu'elle n'était pas seule, la brune tourna la tête vers son aîné et l'observa: que pensait-il d'elle au juste ? La jaune et noire passait son temps à se perdre dans des réflexions insensées qui n'aboutissaient jamais à grand chose, comme à l'heure actuelle, et n'était seulement bavarde qu'en présence de son père et de son meilleur ami, c'est à dire pas grand monde. Son esprit se redirigea vers le sujet principal de la discussion, mais dévia aussitôt sur la politique. La jeune Merrow ferma les yeux quelques secondes avant de les rouvrir et de soupirer:
- Même au pouvoir, en tant que ministre de la magie ou directeur, directrice de Poudlard par exemple, on peut pas faire grand chose en soit, n'est ce pas ? On reste limiter même si on est en haut de la hiérarchie... Y a forcément un truc plus fort que nous... La fatalité ? Les plaisirs humains qui engendrent une multitude de problèmes ? J'ai mal à la tête à force d'y penser...
Elle lâcha un bâillement avant de se pincer la joue gauche et de se masser les tempes dans l'espoir de faire partir sa migraine, qui arrivait petit à petit.

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Ce retard est ignoble... Excuse moi T-T

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*Vraiment ?* se demanda intérieurement Hjúki sans y croire un instant. Un établissement n’accueillant qu’un certain type de profil n’éveillerait en rien les soupçons, c’était monnaie courante dans les institutions moldues. Évidemment qu’ils n’y trouveraient rien de bizarre, avait-il immédiatement rétorqué mentalement. Dans ses premières années, pour qu’il ait l’opportunité de fréquenter des enfants de sa tranche d’âge, il avait vécu un court passage dans une structure périscolaire avant d’en être extrait – ses pouvoirs lui avaient au moins conféré l’avantage du droit à une éducation libre avec Opa – et cet aperçu lui avait suffi pour constater que les écoles virent, certes parfois par des procédés officieux, à la détection de la moindre différence au prétexte qu’elles ne sont pas aptes à ‘gérer’. Alors il faut trouver des solutions alternatives, les écoles qui accueillent par particularité sont assurément légion. Sans compter que les collèges d’élite à critères de sélection extrêmement précis constituent pour ainsi dire une culture chez les Britanniques. Les anglo-saxons se démarquent par l’anticipation excessive requise pour les candidatures à leurs soi-disant si brillants établissements. Quand ailleurs en Europe on pouvait s’y prendre à partir du second semestre, dans leur univers il fallait anticiper et présenter un dossier prêt environ un an à l’avance par rapport à la rentrée visée. Dans le pays d’une éducation sélective, attachée au classement ; qu’une énième école décrète ne prendre des étudiants que sur entretien de personnalité ou test d’aptitudes ou qu’importe quelle autre invention qui justifie d’ouvrir la porte aux uns et de la claquer aux autres n’aurait rien de nouveau ni d’étonnant. Ce n’était pas comme si les moldus et les sorciers représentaient des groupes uniformes, la persécution existe en chacun d’entre eux, que la différence s’appelle ‘magie’ ne change pas grand-chose, ce pourrait être n’importe quoi, absolument tout est prétexte à la violence en ce monde. Dans sa perception, cela n’avait aucun rapport à la cohabitation entre sorcier et moldu, ce n’est qu’un chef de distinction noyé au sein d’un océan de déclencheurs de rejet. Il siffla avec détachement son jugement sur la question.

« Crois-moi, personne ne sera intrigué de voir seulement certains enfants fréquenter un lieu, la société au contraire aime distinguer ses strates, et il n’est de milieu plus exclusif que l’école pour la jeune génération. Il y a mille autres raisons que la sorcellerie comme motif de différence et d’exclusion au sein du système moldu. »

Le jeune Anastase n’était pas précisément renseigné sur la latitude offerte aux représentations du pouvoir, l’angle par lequel il l’avait un peu étudié était surtout le domaine culturel où l’observation des coulisses lui avait appris que même s’il était donné une carte blanche à quelqu’un pour étendre le monde et la scène artistique, à moins d’éduquer au préalable le public à un minimum de curiosité et de soif, c’était de toute façon condamné à la répétition de classiques pour ne pas couler. Et qui avait autorité sur l’éveil de la population manquait encore d’un pouvoir périphérique, au point de se rendre que les intrications interdépendantes du système ne perdront leur statut de chaînes qu’à l’heure où il s’effondrera. L’histoire ne manquait pas d’appels à la révolution, mais la grande Révolution, celle du bouleversement des structures millénairement atrophiées, n’avait toujours pas eu lieu ; comme si l’humanité n’était ni ne sera prête.

« Je ne pense pas qu’il faille compter sur le pouvoir qui se nourrit de la hiérarchie… »

Il y avait bien des éléments qui méritaient un regard vers le passé et non tourné vers un futur utopique ; des compréhensions antiques probablement oubliées, qui l’aidaient à rediriger le focus et sur lesquelles l’adolescent s’était assez naturellement appuyé après les avoir découvertes.

« C’est notre pouvoir qui devrait compter… Si fatalité y a, en tant qu’habitants du Wyrd nous avons bien un rôle même infime sur ses ondulations. »

Il revenait à une croyance syncrétique mêlant sa lecture d’Hésiode à la tradition germanique, pour converger vers l’idée qu’en tant partie de ce monde, nous en sommes l’une des Puissances constituantes, et notre champ d’action existe indéniablement ; transférant la notion ‘au pouvoir’ soulevée à l’instant en la conscience d’en incarner essentiellement un.

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Personne ne se demanderait pourquoi certains élèves sont inscrits dans un lieu en particulier, et que les enfants ne peuvent pas y entrer sur dossier ? Elizabeth n'était pas tout le monde mais elle était sûre que ce genre de cas l'intriguerait et qu'elle ferait tout pour trouver la véritable raison. Mais le jeune Anastase n'avait pas tord sur un point: la sorcellerie n'était pas le seul motif d'exclusion qui existait. En y réfléchissant bien, un moldu était un être humain dépourvu de magie, n'étant pas sensé connaître son existence. De ce fait, l'idée que des élèves soient scolarisés dans une école en particulier à cause de leurs pouvoirs n'allait jamais leur venir à l'esprit. Et puis, même s'ils venaient à le découvrir, y croiraient-ils vraiment ? La jeune Poufsouffle en doutait fortement.
- T'as sûrement raison, soupira-t-elle en se frottant la nuque. C'est peut-être moi qui suis trop curieuse.
La preuve de ses dires était sans aucun doute le nombre incalculable de questions qu'elle posait au septième année. Dans un sens, la jeune Merrow était semblable à une machine: si personne ne l'arrêtait, seul l'épuisement serait en capacité de le faire. Parfois elle avait honte de sa curiosité sans limite, car elle se rendait compte un peu tard que ses questions pouvaient heurter la sensibilité de ses interlocuteurs. Pour l'instant, son camarade n'avait pas l'air d'être dérangé par les dires de la fillette ce qui semblait positif. Cependant, elle ne savait reconnaître les sentiments que lorsqu'ils étaient réellement exprimés, il ne fallait donc pas qu'elle le voit comme une victoire. Elizabeth se pinça l'arête du nez afin de se concentrer pour reprendre le fil de la discussion: elle ne devait pas se laisser aller en si bon chemin.
- "Le pouvoir qui se nourrit de la hiérarchie" comme tu l'as dit, remarqua-t-elle en observant l'herbe sous ses pieds. Il y a seulement ça qui existe non ? Enfin, dans le sens où c'est cette sorte de pouvoir gouverne le monde... Notre société actuelle en fait.
Elle n'arrivait pas à voir d'autre forme de gouvernements. Bien qu'elle ne connaissait pas grand chose en sciences politiques en Angleterre, et surtout pas dans les autres pays du globe, elle concluait simplement que tout le monde devait fonctionner de la même façon, et que personne ne faisait exception à la règle. Chose qui était bien dommage selon la jaune et noire, car elle n'avait pas l'impression que l'existence de tous les êtres humains était au meilleure de sa forme. La suite des propos de Hjúki était cependant intéressante, outre le fait d'être vraie: leur pouvoir devrait être comptabilisé, ou plutôt, devrait être bien plus important sur la balance. C'était à eux de dicter leur propre choix, donc pourquoi ne pas les écouter directement ? Après réflexion, la première année comprit que demander l'avis d'une population entière serait bien trop compliqué. Et il y avait ceux qui se fichaient royalement du pouvoir, ce qui ne facilitait en aucun cas la tâche. Cette histoire était bien plus compliquée que prévue.
- Habitants du Wyrd ? demanda Elizabeth en fronçant les sourcils. C'est quoi le Wyrd au juste, je ne te suis pas trop... Ça doit pas être une région n'est ce pas ?
N'arrivant pas à trouver de réponses correctes ayant peur d'avoir mal compris ce que voulait dire son aîné, elle décida de questionner le jeune homme sur ses propos. En effet, la fillette n'avait jamais entendu ce mot, et était curieuse de savoir de quoi il parlait: il était vrai que parfois elle n'arrivait pas à comprendre tout ce qu'il disait, mais cela ne l'empêchait pas d'aimer discuter avec lui. La question l'avait aidé à ne pas donner son avis concernant le pouvoir et le peuple: Elizabeth avait l'impression que la conversation l'échappait, car ils entraient peu à peu dans des sujets un peu trop compliqués pour la pauvre fillette de onze ans qu'elle était. Cependant, elle serait ravie d'écouter son interlocuteur en parler longtemps, même si, elle en était sûre, la jeune Poufsouffle ne suivrait pas la totalité de ses idées.

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mon retard est abominable, encore plus affreux que mes précédents, j'en suis terriblement navrée !!!! je ferai tout mon possible pour essayer de reprendre un rythme plus normal, promis. Encore désolée de t'avoir fait attendre... ><

Info sur le TDI- 5e année RP - cofondatrice de la PTC #D9603B - Inspectrice Elisabête, experte en déstabilisation des Bôs Debilus - Traîneuse de catastrophes comme un boulet attaché à sa cheville- Retard RP- L'entarteuse de Poudlard (Senku<3)

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Il n’y avait pas tellement prêté attention jusque-là, mais il constatait qu’il ne savait rien du parcours de la jeune fille. Pour qu’elle trouve curieux que des enfants aient besoin d’établissements spécialisés, il était possible qu’elle n’ait jamais fréquenté le milieu scolaire ou apparenté, ce qui arrivait probablement dans quelques familles entièrement sorcières et ne se souciant pas du fait que limiter le cercle de leurs enfants aux seuls autres mages impliquait un entourage presque vide, une fois hors de Poudlard, à moins de s’installer dans un village accueillant un dense foyer magique, les sorciers ne sont guère légion ; raison pour laquelle Hjúki avait eu des contacts sporadiques avec des gosses moldus, même s’il restait en somme surtout marqué par le fait d’avoir grandi avec un tuteur d’une toute autre génération, cette prise de contact avec des pairs ayant vite été prise de court. Et puis, le système académique du château était si similaire à celui à l’extérieur que c’était à croire que les jeunes arrivants avaient besoin de cette formation, même chez les moldus, pour comprendre ce qui leur tombe dessus une fois enfermées entre ces murs. En effet, sans éducation ‘normée’ engagée très tôt, comment comprendre le concept d’examens et d’enfermements à répétition pour brasser de l’air ? Quelqu’un ayant connu une pédagogie sur-mesure aurait bien de la peine à percevoir le moindre rapport avec l’apprentissage.

Le jeune Anastase acquiesça, contrit, au constat de sa benjamine. Cette forme de pouvoir était vraisemblablement généralisée, même s’il essayait d’y penser le moins possible. C’était tellement insensé qu’il était plus simple d’oublier cela et les contraintes conséquentes qui le pressaient de toutes parts. Malheureusement, le reconnaître, c’était bien vite se rendre compte que ce genre de fonctionnement était parfaitement creux, et être dans la main d’une poupée vide a de quoi terrifier. Si foi il doit y avoir, ce n’est certainement pas en cela, mais en l’alternative de la puissance individuelle, même s’il y a toujours des périodes pour en douter. L’adolescent ne pourra strictement rien contre la sensation de temps perdu et d’enfance volée lorsqu’il posera son regard sur son passage à Poudlard, et cela lui donna probablement la très désagréable sensation qu’il n’a pas fait la démonstration du pouvoir qu’il est censé abriter, il l’a laissé se calciner au fond de lui. Toujours plus facile de penser que d’agir. Exprimer ses pensées, est-ce agir ? Des bijoux de pensées avaient atterri sur le papier, et pourtant bien peu de houle s’était levée. Des puissances qui ne demandaient qu’à être animées sans doute, et qui valaient plus que ces coquilles de pacotille, le réseau ne demande qu’à être tissé pour qu’elles croissent.

Levant le menton, il capta d’innocentes questions qui eurent pour effet d’alléger légèrement son tourbillon de mouron pessimiste. Ayant fait l’emploi d’un concept anglo-saxon existant dans des esprits locaux et non spécialement réservé à l’héritage germanique, il avait probablement l’illustration de la perte de vieux éléments culturels chez les jeunes. Peut-être qu’il avait été nourri de cette croyance du fait du saut générationnel entre lui et Opa, les aïeux l’évoquaient encore mais ça devait avoir disparu chez les parents, les adultes d’âge moyen. À moins que certains environnements sorciers arrogants ne balaient aussi à dessein des visions trop humbles du monde, certains croient que leurs stupides capacités magiques les rendent plus puissants ou importants que les moldus, alors évidemment qu’ils n’adhèrent pas à l’idée que tout un chacun ait des pouvoirs, seraient-ils d’une nature différente. Le genre de mages capable de sortir des âneries telles que Dieu serait sorcier ou que tout être un tant soi peu intéressant dans l’histoire de l’humanité était forcément investi de magie.


« C’est un terme pour désigner le destin, mais aussi de façon plus large l’association des fils de destin rattachées à chacune des entités de ce monde. L’idée c’est que nos propres vibrations affectent les autres fils de la toile, d’une certaine manière ça illustre ce pouvoir individuel que nous aurions sur le sort du monde en s’agitant. »

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En écoutant attentivement l'explication du jeune homme, Elizabeth sentit naître une vive impression vis à vis de son aîné: elle était absolument subjuguée par ses paroles. L'idée qu'il venait d'évoquer à propos des habitants du Wyrd était extrêmement pertinente aux yeux de la jaune et noire, et nota l'explication dans un coin de sa tête, afin de ne pas l'oublier et de le ressortir le moment venu. La jeune Merrow trouvait que les propos de Hjúki était juste, et le lien qu'il venait de construire avec le pouvoir individuel était plutôt concret.
- J'aime beaucoup ton explication, s'exclama Elizabeth tout enjouée. Enfin, ça me paraît logique maintenant que tu le dis... Je ne sais pas où, ou bien qui t'a appris ça, mais merci de me l'avoir partagé ! Ça peut paraître assez... euh étrange dit ça comme ça, mais je n'avais jamais eu une telle conversation avant de te rencontrer... En comptant bien sûr notre première rencontre aux falaises de Moher.
Elle ignorait ce que l'avenir lui réservait et les pensées que le jeune homme pouvait avoir sur elle, mais la jeune Poufsouffle était sûre qu'elle ne regretterait pas d'avoir croisé son chemin. À l'origine, elle était venue se promener dans le parc afin de réfléchir un peu sur elle-même et sur ce qu'elle pensait de l'école, puis revenir sans réponse au château et reprendre ses activités quotidiennes. Cependant, elle avait eu la chance de tomber sur le jeune Anastase, avec qui elle pouvait partager ses pensées et ses ressentis, tout en dérivant sur de nombreux sujets. Tandis que le vent frais d'octobre lui caressait le visage, Elizabeth se souvint brusquement du contenu de la lettre que son interlocuteur lui avait envoyé en septembre 2044.
- Ça n'a pas de rapport avec le sujet précédent, expliqua-t-elle en se pinçant la joue gauche, mais je viens de me rappeler de ce que tu avais écrit dans la lettre que tu m'avais envoyée. La lettre est dans ma malle d'ailleurs ! Bref, je ne sais pas si tu t'en souviens, même si je pense que si, tu avais écrit que tu avais réfléchi à l'éventualité de ne pas terminer ta scolarité à Poudlard. Tu es toujours là cette année et... excuse ma curiosité, mais quelque chose t'a fait changer d'avis ? Ou bien, tu t'es dit qu'il valait mieux terminer ton cursus ici puis t'orienter sur des études qui t'intéressaient, ou faire autre chose de ta vie d'ailleurs... Parce que personnellement, j'aime beaucoup dessiner, et je me dis pourquoi pas m'orienter sur quelque chose en rapport avec l'art... Et en y réfléchissant bien qu'est ce que Poudlard peut m'apporter dans ce domaine ? Si ce n'est la botanique et les croquis des plantes...
Elle venait de beaucoup en dire et n'était pas sûre que l'élève ait compris la portée de ses paroles. En effet, l'exemple qu'elle venait de donner qui la concernait restait tout de même maladroit : elle venait d'entrer à Poudlard et songeait déjà à ce qu'elle voulait faire plus tard. Sachant que le fait qu'elle changera d'avis d'ici quelques années n'était pas négligeable.
- Mon cas est particulier parce que ce n'est qu'une idée qui n'aboutira sûrement pas, reprit-elle en tentant de nuancer ses propos. Mais le contenu de la lettre a attiré mon attention à cause des différentes questions que je me pose... Ah mais tu peux ne pas y répondre si jamais c'est trop personnel !
La fillette continuait de s'enfoncer six pieds sous terre en essayant de sauver la situation. Gênée par ce qu'elle venait d'évoquer, Elizabeth décida de se taire, pensant que c'était mieux pour elle comme pour lui. Elle n'avait vraiment pas le talent d'orateur de son père et ne comprenait vraiment pas comment faire pour l'acquérir. La jaune et noire trouvait que le fait de s'exprimer restait un art bien trop complexe et trop mystérieux pour elle : faire attention au choix de ses mots tout en exprimant clairement l'idée. La jeune Merrow nota dans un coin de sa tête de demander conseil à son père, afin de, peut-être, supprimer la maladresse de ses paroles. Peut-être.

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Un léger mouvement d’inclinaison de la nuque répondit silencieusement au remerciement pour son explication. Ce ne lui aurait probablement pas coûté de s’épancher plus longuement sur la source de son initiation à cette conception, voire croyances, mais ses mâchoires restèrent collées et il ne se prononça pas sur l’accompagnement en pointillé de son tuteur, même à partir de sa scolarité forcée à Poudlard, grâce auxquels ses horizons incluaient des idées et images dont le château ne se faisait pas forcément le véhicule. Sans doute qu’il ne souhaite pas laisser un prétexte de s’attarder sur quelques de ses apprentissages non académiques et de ses lectures de récits ne se trouvant pas tous dans les ressources bibliothécaires destinées aux apprentis sorciers. Pour une partie, c’est n’est ‘que’ de la fiction, mais l’adolescent observe avec curiosité ces fenêtres de ce qui pourrait être et qui n’est pas, ces interprétations tantôt farfelues tantôt séduisantes. Il commenta sobrement la remarque pas si étrange de l’enfant.

« Je ne m’en étonne pas, au même âge je n’avais pas non plus rencontré tellement de personnes prêtes à converser… je ne sens sûrement pas assez adulte pour ressentir une responsabilité à l’égard de la jeunesse qui me contraindrait à maquiller la réalité ou à inventer des portraits simplifiés pour rassurer, et je ne pense pas que le peu d’expérience de l’enfance justifie de leur livrer des berceuses fades bardées de filtres. »

C’est irresponsable peut-être. Hjúki avait conscience de sa subjectivité, mais de celle de tous, en somme. Quel mal y aurait-il à livrer sa vérité, ne concorderait-elle pas avec celles d’autres ? Il ne croyait pas que la vie que l’on imposait aux enfants et leur traitement soit pour le mieux, et le respect pouvait commencer par ce genre de conversation, où il n’associait pas la jeunesse à l’infériorité ou à une incapacité de compréhension, ce que des adultes faisaient un peu trop souvent à son goût. Certes, il est des perspectives qui ne se développent qu’au fil des années, pour autant ils étaient capables de saisir plus ce que laissaient des supports esquissés pour le jeune public. Il n’adhérait pas au principe du discours noir et blanc pour les petits, le gris réservé à ceux qui commençaient à en compter dans leur chevelure. C’était un reproche qu’il adressait alors mentalement à certains Conteurs qui se retenaient, patientaient, comptaient sur le mûrissement du lectorat avant d’enfin apporter la touche de nuance qui manquait et aurait ajouté bien plus de saveur à leurs propositions pourtant élégantes. Sans compter les personnes dont la capacité de faire montre de subtilité était questionnable, néanmoins encensées pour leur lissage à outrance que le jeune Anastase ne trouvait qu’irritant.

Une tirade l’éloigna de l’égarement où ses pensées l’avaient mené, le poussant à se remémorer les touches et les impressions qu’il avait pu transcrire à l’époque à l’intention d’Elizabeth Merrow. Heureusement, elle précisa assez vite le thème qui l’interrogeait, lui épargnant de passer en revue toutes les bribes donc était constituée la lettre. Qu’elle ait été conservée ne l’étonnait pas particulier, de son côté même les papiers insignifiants étaient archivés selon leur provenance et les sujets abordées, considérant le geste de destruction comme un acte fort, quoiqu’il acceptât comme pas impossible que des mages se délestent de parchemins prenant de la place inutilement à leurs yeux. L’adolescent n’avait toutefois pas beaucoup repensé à son contenu, en partie parce que, contrairement à sa destinataire, il n’en avait pas le produit physique à portée de main. À certains égards, la réponse pouvait être personnelle, mais il pouvait tout à fait partager ses constatations sans entrer dans le détail de ses activités l’ayant conduit à tolérer cette charge de pierre tout autour de lui.


« J’ai en effet reconsidéré mon avis. Poudlard, selon une certaine formulation, peut ne rien apporter. Cependant il faudrait préciser que Poudlard désignerait ici les obligations qui pèsent sur ses résidents, il se peut que notre projet ne concorde pas avec le contenu de l’emploi du temps imposé. En ce cas, il s’agit de se rendre compte que le focus peut se trouver ailleurs que du côté des cours, par des rencontres, un emploi de l’espace pour des aspirations personnelles. Tu peux profiter des extérieurs pour dessiner les fragments de faune et de flore qui s’offriront à tes yeux ou les images te passant par la tête, trouver ici une inspiration visuelle ? »