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Et il aimerait bien qu'elle s'y penche au plus tôt. Même si lui allait avoir un rythme de travail différent d'ici une petite semaine, ils seraient deux et il n'aurait pas à enchaîner toutes les journées, toutes les nuits et tous les week-ends. Le jeune soignant en assurerait certainement plus au début, pour que Miss Lloyd ait la possibilité de se reposer après plusieurs mois seule à la barre de l'infirmerie, mais ce ne serait que le temps de quelques semaines; tout s'équilibrerait par la suite. Mais il fut coupé par la jonction de leurs lèvres et il laissa tomber alors qu'elle s'installait confortablement. Diarmuid allait la laisser gérer comme elle le souhaitait, restant disponible en soutien. Il savait son instinct de protection fort avec les personnes qu'il aimait, et qu'il pouvait être perçu come étouffant, il avait appris à prendre sur lui.

Il était maintenant concentré sur une tâche tout autre, soulager les jambes endolories d'être restées actives une journée durant. Répétant des gestes qu'il connaissait bien, le châtain leur trouvait une tout autre saveur de les réaliser sur Annaëlle. La pression de ses doigts et de ses paumes faisaient leur œuvre, accompagnée par un flux devenu instinctif de sa magie pour aider les circulations sanguine et lymphatique à se faire. Les mains du jeune homme remontaient doucement en direction des genoux de la sorcière et, alors qu'il s'attardait sur le haut d'un de ses mollets, il s'arrêta et releva la tête vers le visage de l'anglaise.

La jeune gérante venait d'effleurer son tatouage du bout des doigts en en demandant implicitement, mais sans forcer, la signification. Ses yeux noisettes firent un aller-retour entre les prunelles vertes de sa petite-amie et son bras. Il avait été déstabilisé et un peu pris de court. Il savait, en s'engageant dans une relation qui se voulait à long terme, qu'il devrait lui raconter un jour. Mais était-il prêt à tout dire? Non. C'était trop tôt. Mais peut-être l'essentiel? Au moins sur la face qui se trouvait dans le pli de son coude.

- "
Il y a des choses que je ne veux pas, ou plus, oublier." Commença le soignant un peu hésitant, cherchant comment il allait expliquer ce qu'il se sentait en mesure d'expliquer. Mais pour ça, il préférait avoir Annaëlle contre lui, alors il tendit son bras gauche pour l'inviter à venir. "Viens." Ajouta le châtain pour verbaliser sa demande avant de préciser: "Je n'ai jamais vraiment expliqué à personne. Mais je pense que Domhall a compris. Il connaît l'ogham, l'équivalent du futhark pour les irlandais." Et il connaissait toute l'histoire. Ennis elle, devait certainement encore se demander ce que signifiait la partie arrière. Il s'attendait à un interrogatoire. Pour Owen, il ne savait pas, soit il connaissait aussi cette écriture, peut être en avaient-il parlé avec son frère. Lui avait choisit d'attendre qu'on lui demande.

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Le temps s'était suspendu. Elle ne quittait pas l'irlandais des yeux, inquiète de sa réaction. Avait-elle franchi une limite qu'elle n'avait pas su sentir ? La jeune femme ne tarderait pas à le savoir. Les mains du médicomage s'était arrêté et elle refusait de se soustraire à son regard. Elle avait demandé des explications, c'était maintenant temps d'assumer ses paroles. Essayant d'avoir l'air le plus calme possible, ouverte à la discussion, elle avait l'impression de marcher sur des boursouflets et ne savait pas comment réagir.

Lorsque le jeune homme pris la parole, il avait toute son attention, bien que c'était déjà le cas auparavant. Ne plus oublier certaine chose... elle n'était pas certaine de comprendre à quoi cela rimait, mais resta muette, laissant son petit-ami poursuivre. Lorsqu'il l'invita à prendre place contre lui, la rousse lui offrit un petit sourire avant de replier ses jambes sous elle et d'installer sa tête contre son épaule. Ophélie, qui était alors bien lové dans sa main, vint retrouver la table basse du salon alors que sa maitresse tendait le bras pour la déposer doucement. De nouveau attentive, elle attrapa la main du jeune homme et entrelaça leur doigt, écoutant la suite de son explication.

De ce qu'elle avait compris après avoir lu quelques livres sur le sujet, le futhark était un alphabet runique, et donc, en toute logique, ce devait être la même chose pour l'ogham, même si elle ne pensait pas en avoir déjà entendu parler. Ne sachant pas quoi ajouter, elle rebondit, en relevant les yeux vers lui, sur ce qu'il venait de dire.

-Tu n'es pas obligé si tu ne veux pas t'expliquer. Je serais jamais bien loin si un jour l'envie te prend. Elle tenait à ce qu'il le sache, elle avait beau être curieuse, elle attendrait qu'il soit prêt pour avoir réponse à ses questions.

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L'irlandais serra la main d'Annaëlle tout suite après qu'elle ait entrelacé leurs doigts. Il n'imaginait pas que dire ce qui se cachait sous ces quelques lettres oghamiques pouvait être difficile. Enfin si. C'était difficile parce que, par définition, parler chez les O'Belt - pour se confier ou s'épancher - n'était pas vraiment la part d'éducation qui était mise en avant. Alors quand elle captura son regard pour lui dire qu'elle n'avait pas besoin d'une réponse dans l'immédiat, il nicha son nez dans ses cheveux pour en inspirer l'odeur et y déposer un baiser.

- "
Pas tout. Mais une partie oui." Prononça le médicomage à voix basse avant de se redresser et de tourner son bras droit, libre, pour qu'elle voit les quatre symboles qui représentait sa fratrie. "Cette partie là représente mes frère et sœurs. Et moi." Parce que oui, et ce n'était pas par narcissisme, il s'était inclus dans ce tatouage. Parce qu'ils étaient, les uns pour les autres, la seule constance depuis leurs naissances.

- "
Les deux lettres identiques, pour Domhall et moi. C'est Duir, l'équivalent du D. En bout de ligne c'est Edhadh. Le E, pour Ennis." Chacune des lettres s'était agité grâce à l'effet magique appliqué à l'encre quand il en avait parlé. Il inspira, parler du symbole tracé en blanc était pour le moment un peu complexe. Pas sans quelques explications. "Notre père n'a jamais trop été là quand on était enfants, surtout à partir de mes quatre ans." Ça lui permettait d'introduire en douceur ce sujet délicat qu'était Rosin. "Notre mère a toujours eu un haut degré d'exigence avec nous trois. Ce n'était pas toujours facile. On s'est soudé. On a protégé Ennis au mieux avec Dom, mère était d'autant plus sévère avec elle." Il prit le temps d'inspirer doucement avant de relâcher le tout en un soupir. Tout ceci était clairement à mille lieues du Diarmuid souriant et positif que tous ou presque connaissait. Son moyen de défense avait été d'être d'autant actif, un peu taquin, parfois hyperactif qu'il lui fallait être le contraire chez lui. Habile parade tout en restant toujours du bon côté de la ligne réglementaire de Poudlard. On ne pouvait rien lui reprocher.

- "
Et depuis six mois c'est notre mère qui se met à prendre des distances, même à nous rejeter. De manière directe Dom et Sio. Pour le moment je semble échapper à la disgrâce." Il eut un rire nerveux. Il avait presque envie de demander, de manière rhétorique, jusque quand cela durerait. Il suffisait qu'elle apprenne pour son couple pour trouver quelque chose à redire, pas assez de sorciers dans l'arbre généalogique d'Annaëlle par exemple. Quoiqu'il ne connaissait pas son arbre généalogique, lui s'en fichait. "Enfin l'idée est là. Notre père semble vouloir faire amende honorable en nous consultant." Il pensait à cette demande pour le statut de Sang-Pur. "Mais ma, notre, seule certitude, c'est que nous serons toujours tous les trois." Il n'y avait pas à dire, il avait été un peu mécanique dans ses explications, bougeant parfois son bras pour que la rouquine voit mieux les symboles. Restait la lettre correspondant à Rosin. Mais il avait besoin de respirer un peu avant.

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Elle était rassurée en entendant sa réponse. S'il avait souhaité se défiler, sa dernière phrase aurait été sa porte de sortie, mais en continuant, il l'assurait que ce n'était pas à cause d'une quelconque pression qu'il se confiait à la jeune femme. Blottit contre le châtain, elle ne perdait pas une miette de ce qu'il lui disait. Les quatre symboles représentaient donc la fratrie O'Belt. Deux D pour Domhall et lui, un E pour Ennis et une dernière lettre qui restait mystérieuse pour le moment. Ses prunelles vertes s'étaient tournées vers l'encre sur l'avant-bras du jeune homme au fur et à mesure de ses explications, observant avec curiosité les symboles s'agiter un à un, sans doute un effet d'une magie quelconque.

La rousse ne savait toujours pas le pourquoi du comment il avait décidé de se faire tatouer les lettres représentant son frère et sa sœur, mais comme son discours avançait, elle saisissait l'essentielle de l'idée. Elle ne pouvait pas prétendre à comprendre ce qu'il avait ressenti à l'époque. Ce n'était pas ce qu'il y avait à dire et elle se rendait bien compte que, bien qu'elle soit et qu'elle ait souvent été dans une impasse avec ses parents, la situation était loin d'être la même. Ils avaient toujours été là, d'une manière ou d'une autre, même si à certains moments elle aurait souhaité le contraire.

Un soupir coupa un instant les explications du soignant. Un rapide coup d'œil inquiet dans sa direction lui suffit pour voir à quel point c'était difficile pour lui. Elle le savait, mais en prendre pleinement conscience était tout autre chose. Elle découvrait une nouvelle facette de sa personnalité, plus fragile, et elle se sentait touché d'y avoir accès. Machinalement, son pouce caressa le dos de sa main toujours lié à la sienne, se remettant à écouter, toujours en silence. Enfin, jusqu'à ce qu'elle ne puisse retenir son incompréhension.

-Hein, mais pourquoi elle ferait ça ? demanda-t-elle en redressant la tête pour croiser son regard. Parce que si elle pouvait comprendre que des parents s'éloignent de leurs enfants, elle n'arrivait pas à imaginer qu'une mère puisse rejeter radicalement sa progéniture. Elle avait ses différents avec la sienne, mais une chose dont elle était certaine, c'était que malgré leurs différents, elle serait toujours là, qu'importe à quel point la rousse pouvait l'exaspérer à certains moments. Et le père du jeune homme, même s'il essayait de se rattraper aujourd'hui, à ses yeux il avait manqué sa chance. On ne bâtissait pas en un battement d'aile ce qui aurait dû prendre des années de présence. Mais ce n'était pas à elle d'en décider, loin de là même.

Tous les trois, encore l'omission de cette quatrième personne, présente d'une manière ou d'une autre dans l'histoire comme elle avait eu droit à sa lettre. Mais cette fois, elle garda le silence, déjà qu'elle était désolé de l'avoir brisé une fois, ce n'était pas elle qui dirigeait le courant qu'était les paroles de son petit-ami.

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Annaëlle resta silencieuse presque jusqu'au bout de ces premières explications. Elle avait eu une question qu'il avait entendu mais esquivé sur le moment. Il avait poursuivit en laissant son regard être capté mais, il n'y était pas vraiment. Il avait juste besoin de temps pour rassembler ses pensées. Trouver dans quel ordre aborder les différentes choses n'était pas aussi simple qu'il n'y paraissait. Et, plutôt que de décrire sa fratrie dans un ordre chronologique, il avait préférer attendre avant d'évoquer Rosin. Mais l'interrogation de sa petite amie allait l'obliger à parler d'elle. Cette petite sœur dont son cerveau avait finit par nier l'existence à force de non-dits et d'interdiction même d'en parler alors qu'il n'était qu'un petit garçon. Une information qui s'était enfouie dans son subconscient jusqu'à revenir violemment à la surface en décembre dernier.

Le jeune homme ferma les yeux appuyant sa tête contre le dossier du canapé en prenant le temps d'inspirer et expirer profondément. Une minute ou deux plus tard, il les rouvrait et callait sa tête contre celle de la rousse. "
Peu de temps après mes quatre ans, Rosin est née. Et décédée, je ne sais plus... quelques jours, maximum semaines après. Je ne sais plus vraiment." Tout ce qui concernait cette petite sœur était flou. "Ruis, en blanc. C'est pour elle." Il inspira longuement.

- "
On m'a forcé à ne pas en parlé, j'étais réprimandé. Son souvenir s'est enfoui. C'est ressorti quand ils nous en ont reparlé en décembre, la veille de notre rencontre sur le Chemin de Traverse. Depuis, ça revient en flash, en dormant souvent." Il en avait eu quelques souvenirs qui étaient remontés ainsi. Penché sur son berceau curieux, posant des questions, rappelé à l'ordre quand il prononçait son prénom... Et il savait que d'autres pouvaient revenir à tout moment.

- "
Mon père s'est réfugié dans le travail. Ma mère, je pense qu'elle est en dépression depuis. Mais elle avait deux garçons à s'occuper. La naissance d'Ennis a été dure pour elle. Elle ne voulait plus d'enfant. Elle a dit à Sio ne jamais avoir réussi à s'attacher à elle." Ca avait été d'une violence rare pour Ennis comme pour ses deux frères. "Et pour Domhall... Disons que, c'est son étroitesse d'esprit. Ma mère n'a jamais caché ses convictions d'un autre temps. Elle n'a pas supporté apprendre ses préférences amoureuses." Nouveau soupir. Ses doigts qui se serrent sur la mains de la libraire. Sa main libre, la droite, qui se porte à son visage pour que pouce et index viennent exercer une légère pression sur ses yeux avant de se reposer sur leurs mains jointes.

- "
Tu as l'essentiel de ce qui se cache derrière ce tatouage. Cette partie là. Je prévoyais de le faire depuis quelques mois, pour mon anniversaire. J'ai fait ajouté le symbole pour R au dernier moment par le tatoueur. Pour ne plus oublier." C'était déjà beaucoup de dit en peu de temps. Mais loin d'être le plus difficile. Il n'était pas prêt. Trop tôt. Trop tôt dans leur relation pour avouer ce qui lui semblait ne pas pouvoir l'être.

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Sa question resta un moment sans réponse et pendant un moment, elle pensa que ça resterait ainsi. Mais après une ou deux minutes, les explications reprirent, leurs têtes posés l'une sur l'autre. Et sans détour, la pièce manquante de l'histoire vint s'ajouter au puzzle. Une petite sœur née, puis décédée peu de temps après. Le malheur s'était abattu sur ses parents, différemment pour l'un comme pour l'autre, et le petit garçon qu'il était avait été incapable de garder un souvenir du membre de sa famille, forcé d'oublier. C'était... elle n'avait pas les mots. De tout ce qu'elle s'était préparée à entendre, elle ne s'était pas attendu à ça.

Décembre. La journée avant qu'ils ne se retrouvent. La rousse se souvenait d'un détail, une courte mention concernant Ennis et Domhall qui avaient besoin de se changer les idées en cette période. Elle n'y avait pas spécialement porté attention alors, mais avec les nouvelles informations qui s'emboitaient, elle se doutait qu'il y avait alors un rapport avec cette annonce.

Mais la jeune femme n'eut pas le temps d'y penser davantage, la suite étant encore à venir. Trouvant réponses à sa question dans la suite des explications, ça ne justifiait tout de même pas les actes de la mère à ses yeux. C'était, dans une certaine limite, compréhensible, mais impardonnable. Blesser consciemment ses enfants en balançant pareil atrocités, ça ne se faisait tout simplement pas, qu'importe dans quel état elle se trouvait.

Elle resta silencieuse un moment, digérant ce qu'elle venait d'apprendre et cherchant quoi répondre, refusant de laisser sortir la pointe d'humour qu'elle avait sur les lèvres. Ce n'était pas approprié et encore beaucoup trop tôt. Elle avait toujours eu de la difficulté à prendre la parole lors d'une discussion sérieuse lorsque c'était le bon moment. Mais Dia lui avait avoué qu'il avait un peu le même problème et pourtant il venait répondre à sa question du mieux qu'il pouvait. À son tour de briser sa zone de confort silencieuse.

-Je... je suis désolé, dit-elle d'une petite voix. Ça a dû être compliqué chez vous depuis... La compassion transparaissant dans sa voix, elle n'imaginait pas ce que ça avait dû être de grandir dans pareil ambiance pour finalement apprendre un évènement important en lien avec sa famille des années plus tard.

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Un nouveau silence s'était installé et, aussi surprenant que cela puisse paraître au jeune homme qui était plutôt du genre à le briser pour éviter qu'il ne s'installe trop, il le laissa planer. Diarmuid avait besoin de ce temps pour assimiler tout ce qu'il venait de dire, tout ce qu'Annaëlle venait d'apprendre de sa bouche. Des armes dirait sa mère, des armes qu'il venait de lui offrir et qu'elle pourrait utiliser, alors que leur relation était naissante. C'est ce que Cathleen lui dirait. Mais l'ancien Serdaigle était d'un avis tout autre. La rousse actuellement lovée contre lui n'était pas une parfaite inconnue malgré un couple tout récent. Il se connaissaient depuis maintenant presque sept ans et avait nourri une amitié pendant Poudlard. Pas aussi forte qu'avec Owen, loin de là, mais suffisante pour qu'il sache qu'il pouvait lui faire confiance. Et puis, ça faisait du bien aussi d'expliquer, expliquer cette histoire familiale lissée de l'extérieure, la famille parfaite avec les parents, leurs trois enfants, l'aîné medicomage, le cadet en études atypique et la benjamine dont les bulletins ne laissaient que peu de doute sur un avenir prometteur. Alors que de l'intérieur... ils traînaient des balais défectueux voir hors d'usage.

La voix de sa petite-amie s'éleva alors, compatissante, timide, désolée de ce qu'il venait de dire comme à couper le silence. C'est l'impression qu'il en avait. Il bougea doucement redressant sa tête pour lui embraser le front, déplaçant sa main droite pour lui caressée l'avant-bras.

- "
Tu n'as pas à t'excuser. Personne ne peut deviner tout ça. Je pense que même mes grands-parents n'ont rien vu du malheur de mes parents à l'époque." Il était aussi vrai que c'était ces mêmes grands-parents qui avaient transmis leurs valeurs rigides à Briac d'une part et Cathleen de l'autre. "Ce sont de vieilles mœurs, disons que tendresse et valorisation ne sont pas les principes les plus mis en avant." Un sourire d'excuse se dessina sur ses lèvres. "Mais je pense que finalement, on n'a pas trop mal réussi à s'en affranchir avec Dom et Sio." Dit-il en plongeant son regard dans celui de sa belle. S'il pouvait s'y perdre, il le ferait. Son sourire changea, devint tendre. L'irlandais se décala doucement pour faire face à la libraire et l'embrasser, les doigts de sa main gauche toujours noués à ceux de la jeune femme et sa main droite remontant jusqu'à son visage. De la tendresse, il en avait à revendre, s'en priver était stupide.

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Elle respira de nouveau lorsque le jeune homme posa ses lèvres sur son front pour y déposer un léger baiser. Elle avait eu peur d'avoir été maladroite dans ses paroles, mais il semblerait que non, ou du moins pas comme elle l'avait craint. En la rassurant doucement, elle hochant la tête lentement. Si même les grands-parents n'avaient rien vu venir...

La suite la fit peu à peu retrouver son sourire. Ah ça, elle pouvait bien comprendre. Ils avaient été élevé différemment, ça, elle l'avait bien compris. Mais il n'y avait aucun doute que sur certain point, leur éducation convergeait. Pas dans l'extrême pour la rousse comme avait pu le vivre le médicomage, mais juste assez pour que leur personnalité respective en soi encore affecté aujourd'hui. Avec un père qui se souciait peu de sa présence et une mère stricte au point d'en être étouffante, valorisation et tendresse n'était pas les mots d'ordres pour décrire l'ambiance familiale des Woods non plus. Naturellement empathique et sensible aux autres, elle avait finit par dissimuler ses émotions derrières des traits d'humours. C'était plus simple et on ne lui avait jamais vraiment appris à faire autrement.

Se perdant dans le regard du beau brun, la jeune femme était sur le point de lui répondre lorsque celui-ci se décala afin de se retrouver plus ou moins face à face. Son corps s'électrisa d'un coup, lui faisant complètement oublier la fatigue qui l'avait peu à peu quitté au fil de la discussion. Les doigts de l'irlandais portés sur son visage et ses lèvres sur les siennes, la rouquine glissa sa main libre derrière la nuque de son petit-ami et d'une légère pression, approfondi leur baiser. Ce ne fut qu'après un long moment qu'elle se détacha finalement, tâchant de reprendre le contrôle d'elle-même.

-Je pense que c'était une preuve suffisante, dit-elle à voix basse dans un sourire taquin.

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Après s'être autant livré, c'était déjà un grand pas pour lui d'en dire autant sur lui et sa famille, Diarmuid s'était perdu dans les sensations que lui procurait ce baiser. Très nombreuses, peut-être trop. Et si Anna ne l'avait pas rompu, il aurait pu continuer encore longtemps, certainement en se laissant aller à plus de contact encore. Mais ils étaient dans le salon et il était encore tôt. Ce n'était pas raisonnable, surtout avec la boursouflette qui n'aurait pas pu s'empêcher de s'immiscer entre eux. Il pourrait en faire un pari que si elle se trouvait dans la même pièce qu'eux dans un moment où le fil de ses pensées se concrétisait... La concrétisation s'en trouverait interrompue par une boule de poils violette qui se donnerait pour objectif de les séparer. Mais mêmette idee ne suffisait pas à calmer ce qu'il ressentait, encore moins la voix de sa petite-amie qui venait d'attiser encore plus ses sensations. Il recula aussi de quelques centimètres juste pour ne pas perdre tout à fait le contrôle de lui-même. Il devait respirer profondément pour calmer les battements de son cœur qui avaient pris un rythme bien trop soutenu mais aussi déplacer légèrement l'une de ses jambes pour prendre une position moins inconfortable pour lui.

- "
Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point tu m'y aides." Réussit-il finalement à dire à voix basse en rouvrent les yeux pour la regarder, admirer son visage. Il n'était pas encore capable de lui expliquer pourquoi, pourquoi la deuxième face de son tatouage, pourquoi il avait sombré, ni ce qu'il avait été en remontant. Parce que point de vue tendresse l'année passée, il n'avait pas vraiment été le meilleur élève.

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S'ils n'avaient pas été dans le salon, à la merci d'Ophélie et de Léonie qui pouvait rentrer à n'importe quel moment, la jeune femme n'aurait pas pu résister à l'envie de joindre à nouveau leurs lèvres et d'y rester un moment, s'abandonnant à ce qu'elle ressentait. Mais la part de son cerveau encore en fonction eu raison d'elle et la rousse ne brisa pas les quelques centimètres les séparant, se contentant de la main du jeune homme toujours dans la sienne. Et puis, à regarder la boule de poil violette, il était impossible de ne pas comprendre le regard qu'elle lui lançait. Un peu plus longtemps et elle aurait démontré ses talents de voltigeuses en sautant de la table basse au sofa. Clairement c'était à éviter, quoique la scène aurait été assez amusante à voir.

Lorsqu'il reprit la parole, elle attrapa son regard et sourit tendrement. Non, elle ne s'en rendait pas nécessairement compte. Après tout, elle n'avait jamais vraiment observé son comportement avec les autres à Poudlard, il l'aidait et ils s'amusaient ensemble, c'était à peu près tout ce qui s'était passé à l'époque. Et depuis cet hiver, ses priorités étaient légèrement modifiées. Mais après tout ce qu'il venait de lui raconter, la libraire comprenait mieux la portée de cette déclaration.

-Je crois qu'on fait l'un et l'autre meilleur, répondit-elle simplement. Parce que c'était vrai. Elle apprenait peu à peu que se confier aux autres pouvait être bénéfique et qu'elle n'avait pas à faire tout toute seule. Se reposer sur ses proches n'étaient pas un signe de faiblesse, seulement de confiance et elle admettait que c'était un peu grâce à Dia tout ça. Serrant la main du jeune homme un peu plus fort, elle se retenait fort pour ne pas balayer la distance les séparant, cette fois, la petite part de rationalité ne lui serait pas suffisante.

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