31 mars 2013, 16:32
L'absence est le plus grand des maux
Chapitre précédent : On hasarde de perde en voulant trop gagner (Trois balais, Pré-au-Lard)
Deux ans. Cela faisait presque deux ans qu'Ellana n'avait pas mis les pieds dans ce maudit château où pullulaient élèves et autres créatures magiques. Pourtant rien n'avait changé, ni les couloirs sombres du sous-sol, ni l'ambiance festive de la Grande Salle à chaque événement d'envergure, ni l'humeur fracassante – tout du moins jamais autant que la sienne – de Rusard, le concierge de l'établissement. Elle eut un léger pincement au coeur en repassant devant la salle de Défense contre les Forces du Mal ce qui ne la fit pas ralentir pour autant. Ellana avait quitté Poudlard de façon précipitée, sans donner plus d'explications que cela, sans daigner prévenir ses collègues et c'est bien de cela dont elle avait peur. De son retour et de la réaction des autres. Elle allait cependant bientôt se rendre compte qu'il n'y avait en réalité pas de quoi s'inquiéter, la plupart des visages des membres du corps professoral lui étant totalement inconnu.
Ellana arriva enfin au cinquième étage. Après s'être égarée dans la déserte salle d'études des moldus elle trouva finalement cette familière et imposante porte en chêne à laquelle on accédait par un escalier en colimaçon.
Du haut de ses 35 ans Ellana perdit soudain un peu de sa confiance. Ce n'était pas tant de se retrouver dans ce lieu qui la dérangeait c'était la personne qu'elle allait y retrouver. Pourtant durant ces 2 ans d'absence la jeune femme avait acquis le peu d'assurance qu'elle pouvait encore acquérir.
Cette fois elle était seule, plus rien ne l'attendait au dehors. Ellana avait fait le tour de toute l'histoire, elle avait tiré un trait sur son passé, rangé le tout dans une enveloppe, l'avait brûlée et s'était promis de garder le silence à jamais. Tout était parfaitement clair dans son esprit et elle allait se faire un devoir de garder sa promesse.
Sans plus aucune hésitation elle entra dans le bureau du directeur sans prendre la peine de frapper à la porte : comme à son habitude.
Le prétendu Bulgare se tenait là, il n'avait pas changé depuis leur première véritable rencontre aux Trois Balais.
Alors, d'un sourire forcé qui se transforma bien vite en mou désapprobatrice Ellana lâcha d'un ton ridiculement joyeux :
"Monsieur Stoyanov, quel plaisir de vous revoir ! C'est que l'on grimpe bien vite les échelons à Poudlard, je vous félicite."
Si il y avait bien des cours dont elle aurait eu besoin, c'était des cours d'hypocrisie car Dieu sait qu'elle n'avait jamais réussi à faire semblant. Le personnage lui inspirait toujours les mêmes sentiments.
Deux ans. Cela faisait presque deux ans qu'Ellana n'avait pas mis les pieds dans ce maudit château où pullulaient élèves et autres créatures magiques. Pourtant rien n'avait changé, ni les couloirs sombres du sous-sol, ni l'ambiance festive de la Grande Salle à chaque événement d'envergure, ni l'humeur fracassante – tout du moins jamais autant que la sienne – de Rusard, le concierge de l'établissement. Elle eut un léger pincement au coeur en repassant devant la salle de Défense contre les Forces du Mal ce qui ne la fit pas ralentir pour autant. Ellana avait quitté Poudlard de façon précipitée, sans donner plus d'explications que cela, sans daigner prévenir ses collègues et c'est bien de cela dont elle avait peur. De son retour et de la réaction des autres. Elle allait cependant bientôt se rendre compte qu'il n'y avait en réalité pas de quoi s'inquiéter, la plupart des visages des membres du corps professoral lui étant totalement inconnu.
Ellana arriva enfin au cinquième étage. Après s'être égarée dans la déserte salle d'études des moldus elle trouva finalement cette familière et imposante porte en chêne à laquelle on accédait par un escalier en colimaçon.
Du haut de ses 35 ans Ellana perdit soudain un peu de sa confiance. Ce n'était pas tant de se retrouver dans ce lieu qui la dérangeait c'était la personne qu'elle allait y retrouver. Pourtant durant ces 2 ans d'absence la jeune femme avait acquis le peu d'assurance qu'elle pouvait encore acquérir.
Cette fois elle était seule, plus rien ne l'attendait au dehors. Ellana avait fait le tour de toute l'histoire, elle avait tiré un trait sur son passé, rangé le tout dans une enveloppe, l'avait brûlée et s'était promis de garder le silence à jamais. Tout était parfaitement clair dans son esprit et elle allait se faire un devoir de garder sa promesse.
Sans plus aucune hésitation elle entra dans le bureau du directeur sans prendre la peine de frapper à la porte : comme à son habitude.
Le prétendu Bulgare se tenait là, il n'avait pas changé depuis leur première véritable rencontre aux Trois Balais.
Alors, d'un sourire forcé qui se transforma bien vite en mou désapprobatrice Ellana lâcha d'un ton ridiculement joyeux :
"Monsieur Stoyanov, quel plaisir de vous revoir ! C'est que l'on grimpe bien vite les échelons à Poudlard, je vous félicite."
Si il y avait bien des cours dont elle aurait eu besoin, c'était des cours d'hypocrisie car Dieu sait qu'elle n'avait jamais réussi à faire semblant. Le personnage lui inspirait toujours les mêmes sentiments.
When you play the game of thrones, you win or you die.
1 avr. 2013, 01:44
L'absence est le plus grand des maux
Pas d'autre bruit que le crépitement des flammes lovées dans l'âtre.
Confortablement installé devant la cheminée, les pieds posés sur la table basse, Arseni essayait tant bien que mal de s'accrocher au récit qu'il était entrain de lire pour ne pas avoir à penser au reste. Sans succès. Tout l'y ramenait. Las, il ferma le grimoire entre ses mains et observa le ballet des flammes nimbées de jaune et de rouge devant lui.
Il avait beau les fuir, il revoyait toujours le visage de cette pauvre enfant, son regard terrifié, après qu'elle eut de peu échappé à la mort. Et celui du professeur Abercallie, troublé d'inquiétude. Il revoyait les parents de la petite faire irruption dans son bureau comme un seul et même ouragan voué à l'écraser. Et toujours cette réaction, ou plutôt cette absence de réaction, comme seule et unique réponse à la tempête qu'il était entrain d'essuyer.
Personne ne pouvait comprendre sa position. Personne ne pouvait imaginer son ressenti. Rien ne le destinait non plus à s'en expliquer devant qui que ce soit. Il avait le coeur serré par l'angoisse de ce qui était encore à venir, les poumons comprimés par le remord de ne pas avoir été en mesure de défendre le château le soir de l'attaque. Sa seule chance, si on pouvait la considérer comme telle, avait été de pouvoir compter sur les compétences et le bon sens du professeur Abercallie pour pallier à son absence. Sinon qui sait comment cette histoire se serait réellement terminée...
Feuxnoyr, son phénix au plumage grenat, entonna soudain une complainte suraiguë comme s'il tentait de le soustraire à ses pensées les plus noires. Arseni tourna à peine les yeux dans sa direction mais le gratifia d'un pâle sourire.
Personne ne pouvait comprendre... si ce n'est un phénix attaché à son maître.
Occupé qu'il était à sceller le dossier scolaire de la petite Cheryl Woletsky, il ne lui vint même pas à l'esprit de lever le nez lorsque Ellana Swan entra en trombe dans son bureau.
“ Monsieur Stoyanov, quel plaisir de vous revoir ! C'est que l'on grimpe bien vite les échelons à Poudlard, je vous félicite. ”
Une voix au fin fond de son esprit lui intima seulement de répondre quelque chose comme : “ tandis que d'autres rétrogradent à vitesse grand v, bravo ”. Mais l'idée s'évapora sous le joug de la retenue. Arseni ne se sentait pas des envies de chamailleries, même face à une grande championne en la matière.
Il se contenta d'imprimer le sceau de l'école dans la cire et de lever les yeux pour détailler les traits de ce fantôme disparu depuis cette fameuse nuit où le contingent d'Aurors s'était installé dans l'école. Elle le méprisait toujours. Il pouvait le lire dans ses yeux.
“ Miss Swan... voilà une visite à laquelle je ne m'attendais pas. Je n'irrai pas jusqu'à me demander comment vous avez obtenu le mot de passe pourr entrrer. Je suppose que vos anciennes collègues y sont pourr quelque chose. Aussi, que me vaut l'honneurr de votrre rréapparrition ? demanda-t-il, non sans une certaine raideur dans la voix. ”
Le signe d'une fatigue toujours plus pressante.
Confortablement installé devant la cheminée, les pieds posés sur la table basse, Arseni essayait tant bien que mal de s'accrocher au récit qu'il était entrain de lire pour ne pas avoir à penser au reste. Sans succès. Tout l'y ramenait. Las, il ferma le grimoire entre ses mains et observa le ballet des flammes nimbées de jaune et de rouge devant lui.
Il avait beau les fuir, il revoyait toujours le visage de cette pauvre enfant, son regard terrifié, après qu'elle eut de peu échappé à la mort. Et celui du professeur Abercallie, troublé d'inquiétude. Il revoyait les parents de la petite faire irruption dans son bureau comme un seul et même ouragan voué à l'écraser. Et toujours cette réaction, ou plutôt cette absence de réaction, comme seule et unique réponse à la tempête qu'il était entrain d'essuyer.
Personne ne pouvait comprendre sa position. Personne ne pouvait imaginer son ressenti. Rien ne le destinait non plus à s'en expliquer devant qui que ce soit. Il avait le coeur serré par l'angoisse de ce qui était encore à venir, les poumons comprimés par le remord de ne pas avoir été en mesure de défendre le château le soir de l'attaque. Sa seule chance, si on pouvait la considérer comme telle, avait été de pouvoir compter sur les compétences et le bon sens du professeur Abercallie pour pallier à son absence. Sinon qui sait comment cette histoire se serait réellement terminée...
Feuxnoyr, son phénix au plumage grenat, entonna soudain une complainte suraiguë comme s'il tentait de le soustraire à ses pensées les plus noires. Arseni tourna à peine les yeux dans sa direction mais le gratifia d'un pâle sourire.
Personne ne pouvait comprendre... si ce n'est un phénix attaché à son maître.
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Occupé qu'il était à sceller le dossier scolaire de la petite Cheryl Woletsky, il ne lui vint même pas à l'esprit de lever le nez lorsque Ellana Swan entra en trombe dans son bureau.
“ Monsieur Stoyanov, quel plaisir de vous revoir ! C'est que l'on grimpe bien vite les échelons à Poudlard, je vous félicite. ”
Une voix au fin fond de son esprit lui intima seulement de répondre quelque chose comme : “ tandis que d'autres rétrogradent à vitesse grand v, bravo ”. Mais l'idée s'évapora sous le joug de la retenue. Arseni ne se sentait pas des envies de chamailleries, même face à une grande championne en la matière.
Il se contenta d'imprimer le sceau de l'école dans la cire et de lever les yeux pour détailler les traits de ce fantôme disparu depuis cette fameuse nuit où le contingent d'Aurors s'était installé dans l'école. Elle le méprisait toujours. Il pouvait le lire dans ses yeux.
“ Miss Swan... voilà une visite à laquelle je ne m'attendais pas. Je n'irrai pas jusqu'à me demander comment vous avez obtenu le mot de passe pourr entrrer. Je suppose que vos anciennes collègues y sont pourr quelque chose. Aussi, que me vaut l'honneurr de votrre rréapparrition ? demanda-t-il, non sans une certaine raideur dans la voix. ”
Le signe d'une fatigue toujours plus pressante.
Dernière modification par Arseni Stoyanov le 2 avr. 2013, 14:11, modifié 1 fois.
1 avr. 2013, 17:04
L'absence est le plus grand des maux
Si il l'avait voulu ils auraient pu continuer. Continuer dans un combat sans fin de répliques mordantes et d'ironie débordante. Mais ce n'était visiblement pas la direction vers laquelle allait le directeur ce qui ne manqua pas de surprendre Ellana.
"Miss Swan... voilà une visite à laquelle je ne m'attendais pas. Je n'irrai pas jusqu'à me demander comment vous avez obtenu le mot de passe pourr entrrer. Je suppose que vos anciennes collègues y sont pourr quelque chose. Aussi, que me vaut l'honneurr de votrre rréapparrition ?"
Ellana resta interdite quelques secondes avant d'esquisser un léger sourire. Elle se souvenait parfaitement de leur première véritable rencontre aux Trois Balais, de la discussion à laquelle elle avait assistée et d'un des secrets du bulgare qui lui avait été révélé; secret qui n'était sans doute que la partie visible de l'iceberg. Cet accent, qu'elle savait inventé de toutes pièces, lui tira une légère grimace, il sonnait désormais tellement faux.
"Je vous en prie, inutile de feindre. Il semblerait que vous soyez un aussi mauvais menteur que moi."
La réplique se voulait moqueuse, elle ne le fut pourtant pas. Ellana avait toujours été réputée pour parler avec assurance, fermeté et conviction. Ces attributs avaient pourtant déserté au beau milieu de sa phrase lorsque son regard avait croisé celui du directeur.
Son envie de combattre avait disparu. Ce penchant naturel qu'elle avait à rechercher le conflit et à prévoir la confrontation s'était évanouit. Cela tombait plutôt bien car les circonstances ne lui permettaient pas réellement de se faire détester par son interlocuteur.
La mine fatiguée du directeur lui confirma qu'elle se devait d'être brève et honnête. Ce qu'elle allait être.
"J'ai besoin d'un emploi. Et vous allez m'en trouver un."
Ce n'était pas un ordre que venait de formuler Ellana, loin de la, c'était une suggestion. Une suggestion qui aurait pu être mal interprétée mais elle n'était pas vraiment en position d'exiger quoique ce soit, la question ne se posait donc pas.
La sorcière jeta un regard sur la paperasse qui se trouvait sur le bureau du directeur, sûrement des ennuis administratifs au vu de la mine du chef d'établissement. Elle jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle puis s'assit sur le siège qui faisait face au bureau, plantant un regard dur et entêté dans celui d'Arseni.
"Miss Swan... voilà une visite à laquelle je ne m'attendais pas. Je n'irrai pas jusqu'à me demander comment vous avez obtenu le mot de passe pourr entrrer. Je suppose que vos anciennes collègues y sont pourr quelque chose. Aussi, que me vaut l'honneurr de votrre rréapparrition ?"
Ellana resta interdite quelques secondes avant d'esquisser un léger sourire. Elle se souvenait parfaitement de leur première véritable rencontre aux Trois Balais, de la discussion à laquelle elle avait assistée et d'un des secrets du bulgare qui lui avait été révélé; secret qui n'était sans doute que la partie visible de l'iceberg. Cet accent, qu'elle savait inventé de toutes pièces, lui tira une légère grimace, il sonnait désormais tellement faux.
"Je vous en prie, inutile de feindre. Il semblerait que vous soyez un aussi mauvais menteur que moi."
La réplique se voulait moqueuse, elle ne le fut pourtant pas. Ellana avait toujours été réputée pour parler avec assurance, fermeté et conviction. Ces attributs avaient pourtant déserté au beau milieu de sa phrase lorsque son regard avait croisé celui du directeur.
Son envie de combattre avait disparu. Ce penchant naturel qu'elle avait à rechercher le conflit et à prévoir la confrontation s'était évanouit. Cela tombait plutôt bien car les circonstances ne lui permettaient pas réellement de se faire détester par son interlocuteur.
La mine fatiguée du directeur lui confirma qu'elle se devait d'être brève et honnête. Ce qu'elle allait être.
"J'ai besoin d'un emploi. Et vous allez m'en trouver un."
Ce n'était pas un ordre que venait de formuler Ellana, loin de la, c'était une suggestion. Une suggestion qui aurait pu être mal interprétée mais elle n'était pas vraiment en position d'exiger quoique ce soit, la question ne se posait donc pas.
La sorcière jeta un regard sur la paperasse qui se trouvait sur le bureau du directeur, sûrement des ennuis administratifs au vu de la mine du chef d'établissement. Elle jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle puis s'assit sur le siège qui faisait face au bureau, plantant un regard dur et entêté dans celui d'Arseni.
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2 avr. 2013, 15:49
L'absence est le plus grand des maux
Ellana Swan le toisait comme on toiserait quelque chose de profondément déplaisant à l'oeil mais de non moins indispensable à la bonne marche des évènements. Arseni se remémora aussi sec ses premières semaines à Poudlard sans réussir à trouver une autre raison que l'incompatibilité de caractère pour justifier l'aversion habilement contenue que cette femme avait pour lui. Dire qu'il l'avait même aidé en la remplaçant à l'aide d'un cours pratique de lutte contre les Erklings.
“ Je vous en prie, inutile de feindre, rétorqua l'aventureuse miss Swan. Il semblerait que vous soyez un aussi mauvais menteur que moi. ”
Arseni encaissa l'offensive sans sourciller. L'applomb d'Ellana Swan lui rappelait inévitablement celui dont faisaient preuve les femmes de fer de sa Bulgarie natale. Rien de bien dépaysant, donc.
“ J'ai besoin d'un emploi. Et vous allez m'en trouver un. ”
Rien que ça.
Avec beaucoup moins de recul cette fois-ci, Arseni se laissa gagner par un sourire aussi léger qu'il était sujet à de nombreuses interprétations. Il aurait du le voir venir, c'est vrai. Le poste de professeur d'Histoire de la Magie s'était libéré quelques jours plus tôt. Nul doute que l'information, à l'instar du mot de passe ouvrant les portes de son bureau, lui avait été sussurée.
Ellana Swan était entrée en conquérante, mais qui sait comment elle repartirait ?
“ Il se trrouve qu'un poste s'est rrécemment libérré. L'Histoirre de la Magie. ”
Arseni s'installa plus confortablement contre le dossier de son siège tandis qu'Ellana prenait place face à lui. Il consacra un moment de silence soutenu à la manière qu'il aurait de tourner la situation encore un peu plus à son avantage. Après tout, si elle avait l'applomb d'entrer dans cette pièce pour exiger quoi que ce soit de lui, il avait le pouvoir de la soumettre en retour à une dette.
“ Si le poste vous intérresse, il est à vous, conclut-il avant de tourner ses yeux vers son phénix, occupé à nettoyer ses somptueuses plumes d'une crasse que l'oeil humain ne pouvait résolument pas détecter. Sachez toutefois qu'il s'accompagne d'une condition. Une sorrte de dette. J'aurrais besoin de vos talents un jourr. Ce jourr, vous aurrez à coeurr de rrayer cette mention de votrre contrrat. Alorrs nous serrons quitte. Rrassurrez-vous, cette dette est contrractée auprrès de l'école, et non de ma perrsonne. Et je ne vous demanderrai rrien que vous ne sachiez fairre rremarrquablement. ”
Son sourire s'atténua sans toutefois disparaître totalement.
Dans l'Antiquité, et en toute époque, les conquérants finissaient toujours pas perdre non seulement pied mais aussi leur liberté à mettre justement les pieds là où ils n'étaient pas invités à les poser.
“ Je vous en prie, inutile de feindre, rétorqua l'aventureuse miss Swan. Il semblerait que vous soyez un aussi mauvais menteur que moi. ”
Arseni encaissa l'offensive sans sourciller. L'applomb d'Ellana Swan lui rappelait inévitablement celui dont faisaient preuve les femmes de fer de sa Bulgarie natale. Rien de bien dépaysant, donc.
“ J'ai besoin d'un emploi. Et vous allez m'en trouver un. ”
Rien que ça.
Avec beaucoup moins de recul cette fois-ci, Arseni se laissa gagner par un sourire aussi léger qu'il était sujet à de nombreuses interprétations. Il aurait du le voir venir, c'est vrai. Le poste de professeur d'Histoire de la Magie s'était libéré quelques jours plus tôt. Nul doute que l'information, à l'instar du mot de passe ouvrant les portes de son bureau, lui avait été sussurée.
Ellana Swan était entrée en conquérante, mais qui sait comment elle repartirait ?
“ Il se trrouve qu'un poste s'est rrécemment libérré. L'Histoirre de la Magie. ”
Arseni s'installa plus confortablement contre le dossier de son siège tandis qu'Ellana prenait place face à lui. Il consacra un moment de silence soutenu à la manière qu'il aurait de tourner la situation encore un peu plus à son avantage. Après tout, si elle avait l'applomb d'entrer dans cette pièce pour exiger quoi que ce soit de lui, il avait le pouvoir de la soumettre en retour à une dette.
“ Si le poste vous intérresse, il est à vous, conclut-il avant de tourner ses yeux vers son phénix, occupé à nettoyer ses somptueuses plumes d'une crasse que l'oeil humain ne pouvait résolument pas détecter. Sachez toutefois qu'il s'accompagne d'une condition. Une sorrte de dette. J'aurrais besoin de vos talents un jourr. Ce jourr, vous aurrez à coeurr de rrayer cette mention de votrre contrrat. Alorrs nous serrons quitte. Rrassurrez-vous, cette dette est contrractée auprrès de l'école, et non de ma perrsonne. Et je ne vous demanderrai rrien que vous ne sachiez fairre rremarrquablement. ”
Son sourire s'atténua sans toutefois disparaître totalement.
Dans l'Antiquité, et en toute époque, les conquérants finissaient toujours pas perdre non seulement pied mais aussi leur liberté à mettre justement les pieds là où ils n'étaient pas invités à les poser.
1 mai 2013, 21:48
L'absence est le plus grand des maux
Ellana avait pris place en face du directeur, attendant patiemment sa réponse. Celle-ci ne tarda pas à venir. Arseni arbora un léger sourire tandis qu'Ellana conserva son air grave, le contraste en était saisissant.
«Il se trrouve qu'un poste s'est rrécemment libérré. L'Histoirre de la Magie.»
Bingo, on ne lui avait donc pas menti. La matière n'était pas celle dont elle rêvait mais Ellana n'allait pas faire la fine bouche elle avait réellement besoin de cet emploi et d'un environnement qu'elle connaissait déjà. Le long silence qui suivit cette annonce n'annonçait cependant rien de bon, le directeur avait manifestement quelque chose derrière la tête. Elle se doutait que ce service allait lui coûter, d'une façon ou d'une autre. Il ne lui restait plus qu'à en savoir le prix.
«Si le poste vous intérresse, il est à vous.»
La réponse était laconique. Un peu trop même. La suite ne mit pas longtemps à s'esquisser.
«Sachez toutefois qu'il s'accompagne d'une condition. Une sorrte de dette. J'aurrais besoin de vos talents un jourr. Ce jourr, vous aurrez à coeurr de rrayer cette mention de votrre contrrat. Alorrs nous serrons quitte. Rrassurrez-vous, cette dette est contrractée auprrès de l'école, et non de ma perrsonne. Et je ne vous demanderrai rrien que vous ne sachiez fairre rremarrquablement. »
Sans sourciller Ellana accusa les paroles de son «employeur». Ce n'était pas tant la condition qu'Arseni posait sur le contrat qui l'ennuyait, plutôt la nature de cette dette. Il n'avait en effet pas donné grande précision sur le service qu'elle devait rendre à l'école et l'idée même de devoir quelque chose à quelqu'un avait toujours répugné Ellana, la dépendance lui déplaisait au plus haut point. La jeune femme hésita longuement faisant d'ailleurs passer cette absence de réponse pour la surprise de la proposition. Accepter signifiait laisser le directeur avoir une emprise sur elle, perdre de sa souveraineté, bref renoncer à l'autorité qu'elle avait sur ses actes. Mais était-elle réellement en position de pouvoir refuser ? Probablement pas. Probablement pas du tout même, elle voulait ce poste et n'avait jamais caché l'animosité qu'elle avait à l'égard du bulgare, elle se voyait donc mal marchander avec celui-ci. Ellana s'était résignée à accepter mais elle fit attendre son interlocuteur ne voulant pas lui donner trop vite satisfaction. Elle l'observa quelques secondes, détourna son regard vers la cheminée et répondit avec un sourire faussement amical.
«Si cela concerne l'école je ne peux qu'accepter. Appelons cela un service plutôt qu'une dette.»
Ellana, jugeant le sujet clos, se leva et salua le directeur. Nul besoin de s'attarder, pensa t-elle, elle repasserait plus tard pour la paperasse administrative.
Alors qu'elle se dirigeait vers la porte, ses jambes ralentirent progressivement pour s'arrêter tout à fait au pas de celle-ci. D'un léger mouvement elle tourna la tête et planta son regard dans celui d'Arseni.
«Croyez vous que l'homme soit capable de tourner la page Monsieur Stoyanov ? De repartir sur de bonnes bases, de démarrer une nouvelle vie ?»
Si la question abordait une généralité il n'était pas difficile de s'apercevoir qu'elle s'adressait en réalité à sa propre personne.
«Il se trrouve qu'un poste s'est rrécemment libérré. L'Histoirre de la Magie.»
Bingo, on ne lui avait donc pas menti. La matière n'était pas celle dont elle rêvait mais Ellana n'allait pas faire la fine bouche elle avait réellement besoin de cet emploi et d'un environnement qu'elle connaissait déjà. Le long silence qui suivit cette annonce n'annonçait cependant rien de bon, le directeur avait manifestement quelque chose derrière la tête. Elle se doutait que ce service allait lui coûter, d'une façon ou d'une autre. Il ne lui restait plus qu'à en savoir le prix.
«Si le poste vous intérresse, il est à vous.»
La réponse était laconique. Un peu trop même. La suite ne mit pas longtemps à s'esquisser.
«Sachez toutefois qu'il s'accompagne d'une condition. Une sorrte de dette. J'aurrais besoin de vos talents un jourr. Ce jourr, vous aurrez à coeurr de rrayer cette mention de votrre contrrat. Alorrs nous serrons quitte. Rrassurrez-vous, cette dette est contrractée auprrès de l'école, et non de ma perrsonne. Et je ne vous demanderrai rrien que vous ne sachiez fairre rremarrquablement. »
Sans sourciller Ellana accusa les paroles de son «employeur». Ce n'était pas tant la condition qu'Arseni posait sur le contrat qui l'ennuyait, plutôt la nature de cette dette. Il n'avait en effet pas donné grande précision sur le service qu'elle devait rendre à l'école et l'idée même de devoir quelque chose à quelqu'un avait toujours répugné Ellana, la dépendance lui déplaisait au plus haut point. La jeune femme hésita longuement faisant d'ailleurs passer cette absence de réponse pour la surprise de la proposition. Accepter signifiait laisser le directeur avoir une emprise sur elle, perdre de sa souveraineté, bref renoncer à l'autorité qu'elle avait sur ses actes. Mais était-elle réellement en position de pouvoir refuser ? Probablement pas. Probablement pas du tout même, elle voulait ce poste et n'avait jamais caché l'animosité qu'elle avait à l'égard du bulgare, elle se voyait donc mal marchander avec celui-ci. Ellana s'était résignée à accepter mais elle fit attendre son interlocuteur ne voulant pas lui donner trop vite satisfaction. Elle l'observa quelques secondes, détourna son regard vers la cheminée et répondit avec un sourire faussement amical.
«Si cela concerne l'école je ne peux qu'accepter. Appelons cela un service plutôt qu'une dette.»
Ellana, jugeant le sujet clos, se leva et salua le directeur. Nul besoin de s'attarder, pensa t-elle, elle repasserait plus tard pour la paperasse administrative.
Alors qu'elle se dirigeait vers la porte, ses jambes ralentirent progressivement pour s'arrêter tout à fait au pas de celle-ci. D'un léger mouvement elle tourna la tête et planta son regard dans celui d'Arseni.
«Croyez vous que l'homme soit capable de tourner la page Monsieur Stoyanov ? De repartir sur de bonnes bases, de démarrer une nouvelle vie ?»
Si la question abordait une généralité il n'était pas difficile de s'apercevoir qu'elle s'adressait en réalité à sa propre personne.
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24 mai 2013, 12:16
L'absence est le plus grand des maux
Un service ou une dette, quelle différence, si ce n'est celle de la signification qu'on veut bien donner aux événements ? Arseni parlait de dette ; Ellana Swan lui répondait service. L'aspect obligatoire de la première obstrué par l'oeuvre charitable du second. Le directeur s'en amusa. Tout n'était qu'une question de perception, et à ce jeu, le reconnaissait-il volontiers, Ellana Swan n'était pas mauvaise intervenante. Reste que peu importe l'apparence qu'on voulait bien lui donner, Ellana Swan aurait bel et bien à agir dans l'intérêt de l'école. Peut-être pas tout de suite, peut-être pas demain, mais un jour elle le devrait. Arseni n'était pas encore à soupçonner toutes les mailles du filet qui semblait se resserrer peu à peu sur l'école et sur sa propre personne, mais en bon diplômé de Durmstrang, il savait déjà précisément où, quand, et de quelle manière il utiliserait les forces à sa disposition. Ellana Swan avait beau ne pas l'aimer, ou tout du moins le montrer avec un certain brio, elle faisait désormais irrévocablement partie du jeu.
Poudlard s'armait d'un nouveau professeur d'Histoire de la Magie. Ellana Swan récupérait la place qu'elle était venue chercher. Et Arseni Stoyanov réussissait à mettre en place l'un des derniers rouages de son plan. Au final, tout le monde, ou presque, avait trouvé son compte dans cette discussion distendue. En tout cas, est-ce ainsi que les portraits des anciens directeurs et directrices de l'école, qui n'avaient pas perdu une seule bouchée de ce qui c'était dit et fait pendant cette entrevue, conclurent l'affaire. De son côté, Ellana Swan se leva, salua le directeur, et s'en alla vers la sortie. Arseni, lui, croisa ses mains alourdies par ses chevalières de champions de duel de sorciers sous son menton, et guetta d'un regard indéchiffrable le soubresaut tant attendu. C'était le problème des entretiens trop formels, il fallait toujours, à un moment donné, que l'un des deux partis sortent du chemin balisé pour prendre l'avantage sur l'autre. La question qui fut alors posée captiva l'attention des portraits, du directeur, et même de son phénix, qui releva sensiblement la tête pour observer attentivement l'auteur de ces paroles.
Les yeux du directeur se plissèrent, son regard vogua un court instant vers le mur des portraits puis revint se fixer sur le désormais estimé professeur Swan. Pas la moindre trace de son raisonnement ne fit ombrage à son visage pâle de nature. Croyait-il qu'on pouvait tourner la page et démarrer une nouvelle vie ? Non. Penser une telle chose, c'était se tromper sur les règles de l'existence et, à terme, se tromper soi-même. Il déclara de ce ton toujours aussi singulier, renforcé par son lourd accent :
“ Il n'y a qu'une seule vie prrofesseurr Swan. Vous et moi, le rreste du monde, chacun de nous a rreçu le don d'une seule vie. De la même manièrre qu'on ne saute pas une page quand on lit une bonne histoirre, nous n'avons pas le don de sauter les étapes qui ont fait de nous ce que nous sommes. On peut s'en perrsuader, mais les faits nous rrappellent toujourrs le contrrairre. Une vie, prrofesseurr Swan, c'est tout ce qui nous a été donné. Belle ou pas, il n'y en a qu'une, et elle ne rraconte qu'une seule histoirre. ”
Poudlard s'armait d'un nouveau professeur d'Histoire de la Magie. Ellana Swan récupérait la place qu'elle était venue chercher. Et Arseni Stoyanov réussissait à mettre en place l'un des derniers rouages de son plan. Au final, tout le monde, ou presque, avait trouvé son compte dans cette discussion distendue. En tout cas, est-ce ainsi que les portraits des anciens directeurs et directrices de l'école, qui n'avaient pas perdu une seule bouchée de ce qui c'était dit et fait pendant cette entrevue, conclurent l'affaire. De son côté, Ellana Swan se leva, salua le directeur, et s'en alla vers la sortie. Arseni, lui, croisa ses mains alourdies par ses chevalières de champions de duel de sorciers sous son menton, et guetta d'un regard indéchiffrable le soubresaut tant attendu. C'était le problème des entretiens trop formels, il fallait toujours, à un moment donné, que l'un des deux partis sortent du chemin balisé pour prendre l'avantage sur l'autre. La question qui fut alors posée captiva l'attention des portraits, du directeur, et même de son phénix, qui releva sensiblement la tête pour observer attentivement l'auteur de ces paroles.
Les yeux du directeur se plissèrent, son regard vogua un court instant vers le mur des portraits puis revint se fixer sur le désormais estimé professeur Swan. Pas la moindre trace de son raisonnement ne fit ombrage à son visage pâle de nature. Croyait-il qu'on pouvait tourner la page et démarrer une nouvelle vie ? Non. Penser une telle chose, c'était se tromper sur les règles de l'existence et, à terme, se tromper soi-même. Il déclara de ce ton toujours aussi singulier, renforcé par son lourd accent :
“ Il n'y a qu'une seule vie prrofesseurr Swan. Vous et moi, le rreste du monde, chacun de nous a rreçu le don d'une seule vie. De la même manièrre qu'on ne saute pas une page quand on lit une bonne histoirre, nous n'avons pas le don de sauter les étapes qui ont fait de nous ce que nous sommes. On peut s'en perrsuader, mais les faits nous rrappellent toujourrs le contrrairre. Une vie, prrofesseurr Swan, c'est tout ce qui nous a été donné. Belle ou pas, il n'y en a qu'une, et elle ne rraconte qu'une seule histoirre. ”
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