L'arbre à souhaits

L'arbre à souhait


Dimanche 7 décembre
8h10


Il pleuvait ce matin là. Un jour d'hivers régulier. Lugubre, sombre, déprimant. Une petite tête brune regardait à travers la fenêtre. Des yeux mi-ouverts surmontés par des sourcils froncés lui donaient un air maussade. Agnès frotta ses mains pour procurer de la chaleur à ses doigts abîmés et tâchés d'encre.
Agnès tourna légèrement la tête vers son bureau en bois verni. Une montagne de boules en papiers dominait le bureau et le plancher. Une expression de dégoût surmontait désormais le visage de la jeune fille à la vue du désordre qui prit place dans la chambre qu'elle partageait éventuellement avec une autre Gryffondore, celle-ci s'était déjà livrée à ses activités quotidiennes de bon matin. Agnès lacha un soupir lent et pénible. Elle détourna vite le regard encore une fois vers la fenêtre. La pluie s'est arrêtée. Perdue dans ses pensées, Agnès écoutait le ruisselement distinct des gouttes de pluies sur la paroi vitreuse de la fenêtre. Agnès attendait, elle avait toujours attendu c'est vrai; mais aujourd'hui était différent. Elle avait écrit une lettre à son père lui demandant de ses nouvelles, sa santé, enfin toutes les choses ennuyeuses dont on parle dans ces fichues lettres. Elle savait que son père ne lui répondrait jamais mais "Peut-être. Pensait Agnès. Qu'il serait assez complaisant pour me répondre". Elle ne l'admettrai jamais mais c'était la première lettre qu'elle avait jamais écrite, raison de plus justifiant son impassiance pour recevoire une réponse. Agnès soupira une deuxième fois. Elle suffoquait dans cette chambre donc elle décida de se promener dans le parc de ce si grand château, respirer un peu d'air frais lui fera le plus grand bien, pourvu qu'elle ne ferait pas de rencontre indésirable. Encore dans son pyjama à carreaux, Agnès se leva et enfilla un pull chaud, une paire de jean et de bottes fourés. Elle descenda les escaliers sous les yeux curieux de quelques élèves matinals errant dans le hall. Arrivée à destination, Agnès prit le temps de contempler la vue magnifique qui se présentait devant ses yeux ébahis. Elle essuiyat son nez rouge de son bras tout en se dirigeant vers un banc sous l'ombre d'un énorme érable argenté. Cet arbre est facilement reconnaissable de par sa haute silhouette et l'aspect brun-orangé de son écorce. Les feuilles sont grandes, lobées et plus ou moins dentées; mais le plus remarquable c'est son tronc solide surmonté d'une ramure charpentée. Agnès s'assit sur le banc ne quittant pas l'arbre des yeux. Une forte odeur de fleurs séchées lui chatouillat les narines, elle sentit une présence près d'elle. "Oh non! Pensa Agnès. Je ne veux aucune interaction humaine aujourd'hui, surtout pas aujourd'hui!"

"Le vrai courage c'est celui de trois heures du matin"