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19 avr. 2022, 14:27
La Moldue aux Camélias — Chapitre II
⇝ Prologue : La Moldue aux Camélias — Chapitre I
PRESENTS DANS CE RP :

ELIAN KERNAC'H (personnage joué)
A treize ans dans ce RP (septembre 2044), il rentre en troisième année d'études à l'école de sorcellerie Poudlard.


EVELYN KERNAC'H (père)
Sorcier de quarante-sept ans, il est trésorier dans une entreprise de fabrication de chaudrons.


POPPY JONES (mère)
Moldue britannique de quarante-quatre ans, elle vit à Paris.




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« Ils descendirent doucement dans le Jardin, et sautèrent
par-dessus les murailles. Ils coururent presque toute la nuit,
toujours en tremblant et sans savoir où ils allaient. »
– Charles Perrault


1st September, 2044
Aux alentours de la gare King's Cross


Avec les capacités attentionnelles dignes de celles d'un chat, Elian n'attendit pas la réponse de sa camarade et se retourna sur lui-même pour confirmer le fait qu'il n'était pas complètement paranoïaque. Il la vit alors très clairement, cette dame qui les observait depuis le chœur extérieur de l'église paroissiale. C'était... Maman ? Tous les enfants revoyant leur mère depuis tant d'années auraient accouru dans ses bras, le cœur battant et les larmes aux yeux. Elian, lui aussi, ressentait bien cet instinct naturelle de tomber dans ses bras, mais plusieurs choses le modéraient à cet instant : la présence de son père en premier lieu et la mauvaise temporalité en second lieu. C'était bel et bien le jour de la rentrée et il ne fallait absolument pas rater le Poudlard Express au risque d'avoir affaire aux Robes Noirs... aux Blousons Noirs... aux Manteaux Noirs, oui aux Manteaux Noirs ! Peu importait leur nom de fashion-addict, Elian les craignait sans même en avoir réellement croisé un jusqu'à présent. Pourtant, Poppy Jones était bel et bien là, il n'y avait aucun doute possible. C'était inimaginable de l'imaginer ici, aujourd'hui, à Londres... En réalité, c'était inimaginable de l'imaginer tout court, pour Elian qui ne l'avait pas revu depuis près de quatre ans depuis son départ ! Ses yeux se posèrent sur la pendule de l'église : il restait une heure, non... Il plissa les yeux : une heure quarante-huit avant le départ du train. Son père était visiblement encore occupé avec celui de Siobhán. La tête d'Elian ne cessait de réaliser des aller-retours entre la pendule, le grand sorcier et la Moldue. Tic, tac. Tic, tac. Fais ton choix Kernac'h, vite ! Que venait-il de tomber de la poche de la dame au trench-coat écarlate ? Sa curiosité était piquée. Détective Kernac'h, au rapport ! Non... Il ne pouvait pas faire ça à son père... Tic, tac. Tic, tac. Il croisa soudain le regard de Solal la Crapaude dans son terrarium, toujours fixé entre deux tombes au pied de l'arbre, comme un instant suspendu. Crôa. Que veux-tu dire ? Le garçon secoua la tête et se retourna de nouveau : sa dame leur adressait un signe de la main, faisant mine de s'éloigner comme si de rien n'était, dans la direction opposée à la leur. Elle semblait vouloir être suivie, c'était certain, et le jeune sorcier n'avait besoin que de ce signal - ce prétexte - pour partir d'un seul coup à sa poursuite. Il lança un « Couvre-moi ! » à Siobhán, sans vraiment savoir comment sa camarade pourrait justifier sa subite absence à son père, avant de se précipiter pour rejoindre l'arrière de l'édifice où sa mère venait de disparaitre. Quatre ans d'absence et seulement des lettres au contenu bien mystérieux envoyées l'année passée... Poppy Jones se donnait bien du mal pour lui, juste pour lui !

Elian ne modéra pas son arrivée au centre des musiciens et chanteurs de l'église, il déboula et ramassa la chose qui était tombée de la poche de sa mère au passage. Sous les rouspétances du petit public, il continua sa route à vive allure jusqu'à l'endroit où il avait vu Poppy Jones disparaître et s'arrêta enfin, haletant. Un parfum fruité le saisit soudain.
« Maman ? » hasarda-t-il, incrédule. Tournant dans toutes les directions, il dut rapidement arriver au constat qu'elle semblait avoir soudainement disparu. Merlin, il avait décampé comme un voleur et voilà qu'il perdait la tête ! C'était trop tard pour reculer : son poing qui avait agrippé la chose abandonnée au sol s'ouvrit sur une fleur. Elle avait maintenant une drôle de tête mais il l'identifia rapidement comme étant un géranium rouge. Son sourire s'étira : c'était bien elle, ça, à devoir passer par des intermédiaires pour s'exprimer à lui. C'était probablement un message à déchiffrer, comme l'année dernière au cours de leur correspondance épistolaire, bien que cette fois-ci elle avait décidé de se montrer directement. Son cœur s'accéléra de nouveau quand il entendit la voix tonitruante de son père, au loin. Oh non, il était au courant de son escapade ! L'avait-il vu partir dans cette direction ? Siobhàn n'aurait pas pu faire grand chose pour lui faire gagner du temps, de toute façon... Mais Elian ne désirait qu'une chose, c'était d'éclaircir ce qu'il venait de se passer pour pouvoir trouver sa maman avant de partir en Ecosse. Sa main se referma sur la tête de géranium, la rapprochant de son cœur et fermant les yeux. Respire Kernac'h, réfléchis... Cet exercice aurait été rendu plus facile s'il avait eu sur lui le manuel d'interprétation du langage des fleurs, resté bien au chaud à la bibliothèque de Poudlard. Un géranium rouge pour... Pour une invitation ! Oui, c'était bien ça, il s'en souvenait parfaitement !
« Elian, qu'est-ce que tu fais ?! » L'ombre de son père se dessina tout près du pan de mur à côté de lui, et le garçon décampa à toute vitesse de l'autre côté de la paroisse. Pour lui, ce n'était pas fini tant que ce mystère n'avait pas trouvé de réponse. C'est surtout pour revoir maman... Alors qu'il tournait au virage, il croisa une nouvelle fleur qu'il ramassa au passage sur le gravier. Une adorable pâquerette : la vérité. Il rangea les deux fleurs dans la poche de son manteau. L'invitation à la vérité, c'était de cela qu'il s'agissait ? Elian observa le sol dans les environs, sachant maintenant ce qu'il devait chercher. La grille au fond du parc le dérangea un instant de son grincement caractéristique. Il releva la tête et surprit le pan d'un manteau rouge se faufiler derrière la haute haie. Poppy Jones venait de quitter le parc. Sans réfléchir, il se précipita à sa suite, sautant par-dessus la porte de la grille au lieu de prendre le temps de la pousser comme un humain normal. Il entendait son nom retentir derrière lui d'une façon plus menaçante mais, tant qu'il se trouvait parmi des Moldus, son père ne pouvait pas transplaner ni l'entraver d'un sort. Elian était bien plus petit et agile, il distança facilement le sorcier, évitant soigneusement de croiser son regard dans sa course : il l'aurait sûrement fusillé sur place.
Dernière modification par Elian Kernac'h le 1 mai 2022, 20:30, modifié 1 fois.

Cinquième année en RP

« Osmanthus wine tastes the same as I remember
but where are those who share the memory? »
look alive, sunshine
。 *
 ・*。・

26 avr. 2022, 17:39
La Moldue aux Camélias — Chapitre II
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1st September, 2044
Aux alentours de la gare King's Cross
H-1h40 avant le départ du train

L'invitation à la vérité... Elian était persuadé qu'il détenait bien la raison de la présence de Poppy Jones à Londres selon le langage codé qu'ils employaient pour communiquer tous les deux. Au loin, toujours dans la longue rue adjacente au parc, il voyait bien la silhouette de sa mère avancer d'un pas pressé. Comment pouvait-elle savoir qu'il avait saisi son message et qu'il la suivait ? La Moldue devait avoir une totale confiance en lui, mais le jeune sorcier se concentrait pour le moment sur sa course, n'y réfléchissant pas plus que cela. Un rapide coup d'œil jeté derrière son dos confirma le fait que son père le poursuivait toujours, à une cinquantaine de mètres plus loin. Le garçon allait, d'une minute à l'autre arriver, à toute allure au niveau de l'intersection derrière laquelle Poppy Jones venait de passer avant lui, disparaissant temporairement de son champ de vision. Déjà essoufflé - il ne se souvenait même pas de la dernière fois où il avait couru aussi vite - le garçon se sentait ralentir. L'air se comprimait dans ses poumons et il fallait dire que la grosse écharpe dissimulant la moitié de son visage ne l'aidait pas à reprendre son rythme cardiaque habituel. Heureusement, la voix lointaine de son père lui indiquait que ce dernier était toujours hors de portée.

Cambré, les mains sur ses genoux, il souffla plusieurs fois avant de reprendre sa course de plus belle, tournant au même endroit que sa mère une minute plus tôt. A mesure qu'Elian regardait autour de lui, sa démarche ralentissait : elle semblait avoir une nouvelle fois disparu et la rue se divisait en plusieurs chemins. Il avança encore pour atteindre le premier croisement, toujours essoufflé par cet effort matinal. « Maman ?! Ou-hou ! Maman ? » tenta-t-il. "Je suis loin derrière toi !" Ce terrible souvenir qui revenait... Malgré la situation, Elian était parvenu à garder son calme, sûrement grâce à sa certaine capacité pour foncer tête baissée sans trop analyser ses actions. Mais si cet épisode - qui avait tristement marqué son enfance avec Poppy Jones - s'entêtait à se rappeler à sa mémoire... Il souffla plus longuement, comme s'il soupirait déjà de sa très proche défaite. Il ne saurait pas se perdre plus loin, au hasard dans les rues de ce quartier de Londres. Devait-il attendre, les mains dans les poches, que son père le rejoigne ? Après tout, il pouvait encore empêcher que son pauvre papa ne fasse un infarctus. Sa main droite toucha soudain les petites fleurs ramollies laissées par sa mère dans le parc. Le sol, regarde le sol ! Ce regain d'espoir l'activa instantanément au plein milieu du trottoir. Jusqu'à maintenant, Poppy Jones n'avait rien laissé au hasard ! A quelques mètres devant lui, au prochain croisement, un nouveau plan végétal trônait royalement sous ses yeux ébahis. « Elian ! Arrête-toi ! Maintenant ! » entendit-il beugler derrière lui. Bien qu'il voyait son père arriver sur lui dans une rage folle, la barbe emmêlée et le visage rouge sang, Elian ravala sa salive et repartit à toute enjambée sur la plante qui lui était destinée, l'enfournant dans sa poche avec les autres sans prendre la peine de l'observer et tournant dans le bon entrecroisement. La rue était toujours traversée par les voitures Moldues, c'était sa chance ! Même si son père était bien capable de briser les lois sorcières pour le stopper, quelque chose lui faisait dire qu'il ne franchirait tout de même pas ce pas et cette chose se résumait en la fierté de le rattraper sans l'usage de la magie. C'était vrai qu'il agissait d'une manière bizarre ces derniers temps : il s'apprêtait plus longuement dans la salle de bain et il s'attardait sur les articles de Sorcière Hebdo comme s'il cherchait quelque conseils de séduction ou quelque chose dans ce genre-là. La dernière fois que les Kernac'h s'étaient faits des passes avec un ballon Moldu dans le hameau de Lavernock, son papa s'était un peu importé dès l'instant où des dames les avaient observés avec intention, comme si son père était entré soudainement en compétition avec lui. Bien entendu, il s'en était voulu après coup d'avoir envoyé de toutes ses forces le ballon en plein dans la tête de son fils chéri qui avait reçu mille et une graines à planter autour de la chapelle et double dose de chaque aliment trouvé à son goût en compensation. En conclusion, Evelyn Kernac'h semblait développer une envie de se montrer toujours "dans la course". Une petite crise de la quarantaine, probablement. « Eliaaan !? » Distanciation opérée, les yeux du garçon ne tardèrent pas à surprendre de nouveau le trench-coat écarlate de Poppy Jones, cette fois-ci parmi une foule de londoniens pressés.

Il put enfin respirer de nouveau, son cœur battant toujours contre sa poitrine, mais il réalisa dans le même temps qu'il ressentait l'envie irrépressible de plonger sa main droite sous l'eau. Tout en continuant de slalomer d'un pas pressé entre les personnes qui croisaient son chemin, Elian sortit sa main de sa poche et l'inspecta un instant. Elle était aussi rouge que le visage de son père ou le trench-coat de sa mère. Il prit la décision ingénieuse de sortir également la plante qu'il venait de ramasser : un plant d'ortie. « Hein ?! » laissa-t-il échapper, ses yeux exorbités réalisant des aller-retours entre la silhouette pressée devant lui et sa main. Il avait beau adorer toutes ses amies les plantes, l'ortie faisait partie de celles qui ne l'appréciaient pas en retour. Pourtant, il y a quelques années de cela, la nature sorcière d'Elian s'était révélée grâce à elle : alors enfant, il avait été poussé dans les orties sans que leur pouvoir urticant ne l'atteigne. Nul doute que Poppy Jones se référait à ce moment de sa vie, bien qu'aujourd'hui leur dard lui piquait bien ses grands morts. Elian connaissait également leur signification donnée par le manuel d'interprétation du langage des fleurs, la trahison ou bien la franchise, une dualité assez drôle. Si l'on prenait en compte le sens des deux premières fleurs laissées par Poppy Jones, l'invitation à la vérité, il fallait d'après le garçon plutôt considérer la franchise. Mais la trahison pouvait tout aussi bien trouver sa place dans la vérité... Que voulait donc dire Poppy Jones ? Il fallait absolument qu'il la rattrape !

Cinquième année en RP

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