Aux quatre vents PV

Dimanche 16 décembre 2046 — fin de journée
Volière — Poudlard
6ème année



Je me suis emmitouflée dans mon écharpe jusqu'au nez et j'ai pris soin, ce matin, d'enfiler ma cape d'hiver la plus épaisse, alors même que je n'ai pas prévu de sortir dans le parc. Quand la neige cesse de tomber et que le lac se recouvre de glace, les couloirs du château sont d'un froid effroyable. Pour une fois, j'ai eu du mal à sortir du salon chaud et réconfortant de la Salle Commune, d'autant plus pour prendre le chemin de la volière qui est sans aucun doute l'un des lieux les plus glaciaux de l'école puisqu'il est soumis au quatre vents. J'aurais préféré rester au chaud mais certaines choses ne peuvent attendre. Je file donc dans les couloirs pour remplir au plus vite mon objectif ; les talons de mes bottines claquent contre la pierre à chacun de mes pas. Je me sens importante à marcher à cette allure. Je ne sais pas d'où me vient cette idée, elle me quitte aussi vite qu'elle est apparue.

À l'abri dans les poches de ma cape se trouvent deux parchemins consciencieusement pliés. Le premier est destiné à Aodren. Depuis qu'il a quitté Poudlard nous conversons par hibou. C'est une première puisque nous n'avons jamais été véritablement séparés avant cette année. Quelle surprise de recevoir un courrier de lui en septembre ! Je ne m'y attendais pas. Fidèle à lui-même, il a noirci plusieurs pages de parchemin pour me raconter sa rentrée et m'a demandé de faire de même. Je n'ai évidemment pas été aussi loquace mais je me suis prêtée au jeu. C'est étrange de ne plus l'avoir au château. En cinq ans, j'ai pris l'habitude de le voir dès que j'en ressentais l'envie. Et si cela n'arrivait que rarement, j'étais tout de même heureuse de le savoir là, quelque part. Depuis la rentrée, nous échangeons donc régulièrement des courriers. Nous avons notre rythme ; bien moins intense que mes échanges avec Zakary mais les échanges sont plus fréquents qu'avec Natanaël qui eux sont inexistants (la première lettre que j'ai eue de lui cette année étant celle qu'il m'a envoyée pour mon anniversaire).

Le second courrier est destiné à Zakary. Je lui envoie une réponse négative à sa proposition, je cite : « Viens donc passer quelques jours à la maison durant les vacances de Noël ! Ça ferait plaisir à Lounis de te voir. » La maison étant le pavillon dans lequel vit le compagnon de mon frère, et donc la fille de celui-ci ; ai-je envie de passer plusieurs jours avec Krissel Grewger, cette fichue Poufsouffle envahissante et bavarde ? Non. c'est ce que j'ai dit à Zakary : « Il me faut un accès illimité à la bibliothèque de papa. Et les Aspics sont dans un an et demi ! Je ne peux me permettre de passer plusieurs jours dans un environnement qui n'est pas propice à la concentration ».

J'accélère le pas lorsque j'arrive au pied de la dernière volée d'escaliers. Je monte les marches deux à deux dans l'espoir de me réchauffer. J'arrive au sommet les joues colorées de rouge et le cœur battant à toute vitesse. L'odeur habituelle des lieux et le bruit qui l'accompagne me frappent. J'esquisse un drôle de sourire ; cet endroit m'est plus familier que ma propre chambre. D'un coup d'œil je vérifie qu'aucun des hiboux que j'utilise habituellement n'est présent puis me dirige sans hésiter vers une grande chouette hulotte dont le regard perçant m'attire. Je la salue d'une douce caresse sur le haut de son crâne.

Je me souviens de ce hibou, il y a quelques années. Il avait un regard jaune qui me perforait l'âme. Je garde un souvenir mitigé de cet animal. Je voulais qu'il m'appartienne. Et mieux encore : qu'il me choisisse. Mais Hibou-aux-yeux-jaunes, c'était son prénom, ne m'a jamais apprécié comme je l'appréciais. Normal : c'était un hibou. Parfois j'avais de la chance et je le trouvais dans la volière lorsque j'arrivais. Je me dirigeais vers lui, lourde de cette impression qu'il n'attendait que moi. Mais quand je revenais plus tard, son absence me prouvait que je n'avais aucune importance pour lui. Qu'il se contentait, comme tous les volatiles de cette volière, d'emporter au loin le courrier du premier élève lambda qui en avait besoin.

Aujourd'hui, je pense à Hibou-aux-yeux-jaune sans ressentir quoi que ce soit d'autre qu'un léger malaise. Heureusement, cette période de ma vie est terminée, bouclée, oubliée. Plus jamais je ne serai une enfant.

« Il faut amener ça au Pays de Galles, dis-je à la chouette en lui tendant le courrier destiné à Zakary. Pays de Galles. Zakary Bristyle. »

Je me penche pour accrocher la lettre à la patte de l'animal, prenant soin de ne pas lui faire mal et que le courrier ne le dérange pas durant le vol.

« Quelle idée d'habiter dans c'trou paumé ? marmonné-je pour moi en secouant la tête. C'est complèt'ment con... »

Cela fait plusieurs mois que Zakary a quitté l'appartement que je lui ai toujours connu pour emménager chez Lounis... Mais depuis le premier jour ce changement me déplait et me laisse dubitative : quel est l'intérêt de quitter un endroit où l'on est bien pour un coin paumé ? Pour se coltiner à chaque vacances une gamine de quatorze ans ? Cela fait-il de Zakary le deuxième père de Krissel ? La petite voix dans ma tête se pose des questions : ai-je perdu mon frère si Krissel a gagné un père ?

Aux quatre vents PV
Deuxième année.

L'excitation de la veille n'était pas encore retombée que je m'en voulais un peu de ce que j'avais fait. Finalement, j'étais allée à Pré-Au-Lard sans l'avis de mes parents, est-ce qu'ils allaient m'en vouloir ? Est-ce que je devrais leur dire ? Mais j'en ai tellement assez de voir mes amis pouvoir faire ce dont ils ont envie en me laissant éternellement derrière. Je n'ai jamais le droit de rester avec eux peu importe à quel moment parce que j'ai eu le malheur de naître un an trop tard. Pourquoi je n'ai pas fait comme tout le monde ? Pourquoi je ne me suis pas liée d'amitié avec des premières années comme moi ?

Cette question me taraude alors que je monte vers la volière à grand-pas pour aller retrouver Sowyn et lui demander de porter une lettre. Je ne savais pas vraiment à qui en parler mais j'ai le sentiment que tante Penny sera la plus à même de m'aider. Après tout, elle m'a toujours raconté qu'elle avait fait les quatre cents coups quand elle était à Poudlard. Oh elle ne correspond pas exactement à l'idée que l'on se fait d'une Serdaigle mais elle est parfaite comme ça. En marchant bien vite vers la tour, j'essaie de chasser mes pensées qui virevoltent dans ma tête telles une mer enragée. Depuis hier, je me repasse le film de la journée sans m'arrêter, la boutique de bonbons et...

Je cours dans les escaliers, le bonheur se lisant sur mon visage mais sans vraiment penser à là où je mets les pieds. Parfois, je trébuche sur une marche ou une autre mais rien ne peux m'empêcher d'être de bonne humeur. C'est tout de même un peu étrange, la journée d'avant était si magique ! Mais je crois que j'ai un peu stressé. C'était si difficile d'essayer de ne pas crier dans les barques quand j'ai aperçu la rive enneigée et les guirlandes partout ! Il y avait tellement de choses à voir et je ne pouvais pas trop parler. Heureusement, j'ai pu avoir plein d'idée pour mes bonbons pour plus tard.

Sans même m'en rendre compte, j'arrive à la volière. Pour une fois, je n'ai pas à chercher longtemps Sowyn. Ce garnement a décidé de rester dans la volière quand je lui ai interdit de venir avec nous au village la veille. J'ai presque peur qu'il vienne bouder. Je crois qu'il ne va pas trop m'aimer aujourd'hui. Même s'il ne va pas si loin, tante Penny habitant en Ecosse, il déteste me quitter un peu trop longtemps je crois. J'espère qu'il ne boudera pas trop... Et qu'il sera rentré avant vendredi prochain qu'on puisse aller voir le dernier cours de soin aux créatures magiques ensemble avant les vacances....

Après un petit coup d'oeil, je remarque directement mon hibou planté dans un coin. C'est toujours facile de le repérer, il a une tête un peu étrange et il me regarde toujours quand j'arrive, j'me dis qu'il me reconnait, c'est mignon. Il couine aussi, il miaule comme un chat le ferait et il a un petit cri trop mignon quand j'arrive le voir.

Puis, je remarque une deuxième personne dans la volière. Une personne avec laquelle je ne m'étais pas retrouvée vraiment seule depuis... Longtemps. Ma lettre oubliée, je la pose au fond de ma poche et je me dirige vers elle après avoir fait un signe de tête au hibou l'air de lui dire de venir s'y a envie. Je hausse les épaules quand je le vois s'envoler et partir par une fenêtre en manquant de foncer dans le mur juste à côté. Un murmure m'échappe.

- Oh non... Il est parti.

Je pousse un soupire, ne pouvant m'en empêcher. Puis, je me dirige enfin vers la grande ronchon, qui, encore une fois, semble marmonner dans sa barbe. Je décide consciemment d'abandonner pour Sowyn, il reviendra bien après tout ! Et je m'écris à la jaune sans réfléchir.

- S'lut Bristyle ! Tu v'nais envoyer une lettre à quelqu'un ?

Oups je n'ai réellement pas réfléchi.

La première personne s'est invitée dans mes mots sans que je ne le souhaite particulièrement... J'ai laissé comme ça du coup :grin:

Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily

Aux quatre vents PV
Une caresse sur la tête, une seconde sur le côté du bec et je me redresse, contente d'avoir jeté mon dévolue sur cette chouette au regard si plaisant. J'ai confiance, je sais qu'elle mènera mon courrier là où il doit aller. L'animal déploie ses grandes ailes, prend son élan, claque le bec dans ma direction et s'envole. Ses ailes s'agitent contre le vent. Je m'écarte d'un pas pour ne être frappée au visage. La chouette s'engouffre par la fenêtre et se laisse porter par les bourrasques. Avant même qu'elle ne puisse disparaître, avalée par le ciel et ses nuages, un bruit me fait sursauter. Je la quitte du regard pour regarder derrière moi. Un piaillement, un bruit d'ailes, un murmure et...

*Dwight*. Une grimace déforme mes traits et un petit soupir coule d'entre mes lèvres. J'aurais davantage apprécié tomber sur un ou une inconnue. Mais je suis consciente qu'il y a pire que Dwight. Ou du moins, c'est ce que je pensais avant qu'elle ne se précipite vers moi. J'ai une pensée agacée pour son volatile ; s'il était resté, serait-elle venue me trouver ? Je n'aurais jamais la réponse. Je détourne mes yeux de la fenêtre par laquelle a disparu celui que je sais être son hibou pour les poser sur la toute petite seconde année. Il y a tant d’emphase dans sa voix.

« À ton avis, Dwight ? demandé-je sur un ton certes ironique mais dénué de toute agressivité. Est-ce que je viens dans la volière pour envoyer une lettre à quelqu'un ? »

Un sourcil se dresse sur mon front. Elle m'amuse ; certaines personnes posent des questions si peu pertinentes. J'accorde un dernier regard à la blonde avant de la contourner pour m'approcher d'un autre oiseau. J'observe tout ceux qui se trouvent là, distingue les volatiles appartenant aux élèves et ceux étant la propriété de l'école pour me concentrer sur ces derniers. Je repère un tout petit hibou qui ne paye pas de mine. Mais il a le bon sens de piaffer et de paraître impatient de me servir. Soit, ce sera donc lui qui apportera ma réponse à Aodren.

Papa m'a demandé à plusieurs reprises si je voulais avoir une chouette pour mon anniversaire. « Pour tes dix-sept ans ce serait un joli cadeau, non ? ». Je lui ai répondu que non, ce ne serait pas un beau cadeau puisque je n'en ai pas l'utilité ni même l'envie. Je vois tous ces élèves qui sont plus que ravis d'avoir leur propre chouette... Aodren était surexcité lorsqu'il a eu Vif, il y a de cela une éternité. Et nul doute que Dwight doit tout autant aimer son hibou que mon frère aime le sien. Je ne comprends pas. À Poudlard, nous avons la chance d'avoir une volière remplie de volatiles pour tracter nos courriers, ça ne sert donc à rien d'une part de dépenser de l'argent pour l'achat d'un hibou et d'autre part de s'encombrer d'un animal dont il faut s'occuper. Une pensée me traverse l'esprit : si je donnais corps et chair à Nyakane, accepterait-il de faire traverser le Royaume-Uni à mes lettres pour les amener à bon port ?

Je m'accroupis sur le sol crasseux de la volière, en équilibre sur mes orteils pour ne pas me salir. Je sors la lettre soigneusement fermée de ma poche et la présente à l'oiseau.

Tu as bien fait de tout laisser à la première personne si c'est celle-ci qui s'est imposée ! Il ne faut pas contrarier sa plume.

Aux quatre vents PV
Comme toujours, je suis happée par le regard de cette grande. Oh je sais que j'ai peut-être dit une bêtise et que finalement mes mots sont sortis un peu trop rapidement de ma bouche. Quand ses paroles me reviennent aux oreilles, je comprends avec son ton qu'elle se moque un peu de moi. Mais étrangement ça n'a pas l'air méchant. Pourtant à force de l'observer, j'ai vu qu'elle n'était pas toujours agréable avec les autres comme elle avait pu l'être avec moi.

Mais pourtant même si mon approche était un peu faiblarde, je sais qu'elle ne va pas s'en aller tout de suite au plus profond de moi-même. Et je refuse de laisser passer cette opportunité. Je souhaite lui parler depuis si longtemps ! Je n'ai pas réellement d'idée de ce que je voudrais lui dire mais je crois que notre précédente discussion m'a un peu chamboulée. Non, je ne crois pas. J'en suis sûre. C'est à cause... Grâce ? à elle que j'ai passé tant de temps à m'entrainer frénétiquement en pensant à sa magie qui fluide et puissante. Pourtant maintenant ce n'est plus vraiment à cela que je veux ressembler. Je n'ai pas envie d'une magie qui détruit. J'ai envie d'une magie qui illumine les yeux des gens qui la regardent, d'une magie utile et pratique.

Soudain, une idée me traverse. Oh mais oui ! Elle doit savoir faire elle ! C'est comme une grande chaleur qui monte dans mes poumons. Je sais... Je crois que j'ai compris qu'elle ne voulait pas m'aider. Mais... Est-ce que mon idée l'intéresserait ? Je ne sais pas. Mais qui ne tente rien n'a rien ?

Bristyle... Elle m'impressionne. Chaque fois, ou presque, que je l'ai croisée, elle était seule ou accompagné de ses étranges animaux. Je ne sais pas comment elle fait pour survivre toute seule. C'est pour cette raison, parce qu'elle est impressionnante et que moi, je ne vais pas pouvoir lui montrer mon idée comme ça que je ne veux pas parler tout de suite de ce à quoi j'ai pensé. Après tout, c'est il y a déjà presque une année qu'elle a refusé ma demande pourtant presque sensée.

- J'sais pas ! T'as peut-être un hibou et tu veux v'nir le voir ! Ou alors tu voulais juste voir le paysage !

On peut faire plein de choses à la volière même si envoyer une lettre est réellement la chose pour laquelle on se déplace dans ce lieu le plus souvent. Après un temps de réflexion, je me rend compte que c'est plus souvent mon hibou qui vient à moi que moi qui vient à lui. Cette pensée m'arrache un sourire et je me lâche en continuant de parler avec la grande.

- Ça t'arrive jamais à toi de v'nir juste à un endroit où tu t'sens bien pour regarder le paysage ? Les couchers d'soleil dans la volière c'est quelqu'chose !

Sans réellement m'en rendre compte, je souris jusqu'aux yeux. Malgré la manière dont Bristyle en impose, je me sens plutôt à l'aise avec elle. Et puis... Elle est tout de même... Mmmh pas gentille non. Mais appréciable quand elle le veut !

Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
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Aux quatre vents PV
Je pose un genou au sol pour apaiser la douleur qui crispe mes mollets. Devant moi, le petit hibou excité claque le bec sur un coin de mon courrier. Je prends ça pour un accord de sa part : il veut emporter ma lettre au loin, même s’il ne sait pas encore où est-ce qu’il va devoir aller. Cela m'apaise, j'aime quand tout fonctionne comme je le désire. Doucement, presque tendrement, j’entreprends d’accrocher la lettre destinée à Aodren autour de la patte de l’oiseau.

Dwight n’a pas l’air décidée à partir, ou décidée à faire quoi que ce soit d'utile. Cela me force à me demander si elle m’a suivit jusqu’ici, si elle est venue juste pour discuter avec moi. Je repousse cette idée : elle n’aurait aucune raison de faire cela. Nous n’avons pas véritablement discuté depuis un bon moment, elle et moi, et je ne peux tout simplement pas l’imaginer avoir envie de me parler. En général, les gens n’ont pas envie de me parler, sauf s’ils veulent me demander quelque chose. Mais Charlotte Dwight n’a rien à me demander. Normalement, elle a compris ce que je lui ai dit la dernière fois et cette bête idée que je lui offre mon aide a quitté l’esprit.

Je prends appuie sur ma jambe et me tourne malgré tout vers la jeune fille dont l’immense sourire m’étonne. Une moue dubitative déforme mes lèvres. Elle a raison, je pourrais très bien être ici pour faire autre chose, pour nourrir mon animal ou quoi que ce soit d’autre… Mais regarder le paysage ? Dwight pose sa question sur un ton particulier qui me fait comprendre que c’est de la simple curiosité, pas un questionnement sérieux. Je l’observe un instant avant de tourner les yeux vers le ciel que l’on aperçoit par l’une des ouvertures du mur. Je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi ma réponse intéresse cette petite fille. Qu’est-ce que cela lui apportera-t-il de savoir si j’aime regarder les paysages ?

Je termine d’accrocher ma lettre à la patte de l’oiseau. Je me redresse difficilement, époussette ma robe de sorcière pour l’en débarrasser des cochonneries du sol. J’enfonce les mains dans mes poches et laisse mon regard se perdre sur le ciel bleu d’Écosse, étonnamment pâle aujourd’hui. Au loin, à la frontière entre ciel et terre se dessinent la ligne de quelques sommets enneigés.

« Parfois, je m’assoie sur la rive du lac, tout là-bas, dis-je en désignant du menton l’une des fenêtres. Je regarde le ciel et les montagnes se refléter sur la surface du lac. »

Je m’y vois, silhouette solitaire assise sous la brise du vent, qui regarde le ciel se mélanger avec son reflet dans le lac, jusqu’à ce que les deux ne forment plus qu’une seule et même toile parfaitement lisse — tant que le Calmar ne fait pas des siennes. Cela ne m’arrive que peu souvent. Observer pour observer ne m’intéresse pas.

« J’y vais pour réfléchir, » rajouté-je comme pour me justifier.

Je cligne plusieurs fois des paupières pour revenir à moi. Je quitte du regard le paysage pour le poser de nouveau sur la petite blonde qui se tient près de moi sans aucune gêne, comme si elle avait l’habitude de le faire. Je hausse des épaules et ramène mon attention sur le hibou qui piaffe en attendant mes ordres.

« C’est pas très utile de regarder le paysage, conclus-je. C’est pas ça qui nous fait avancer. D’ailleurs, les personnes qui sont dans la contemplation ne sont pas les plus douées. »

Gabryel est un contemplatif. Il passe ses journées allongé dans l’herbe à observer les insectes ou à contempler les brins d’herbe. Gabryel n’est pas totalement dénué de talent, je veux bien le reconnaître… Mais il ne sera jamais un sorcier ultra puissant. Tout au plus saura-t-il se débrouiller. Et je suis persuadée, sans savoir comment, que cela sera suffisant pour lui.

Je me penche sur le hibou. Contrairement à la chouette de tout à l’heure, je n’essaie pas de le caresser ; il semble suffisamment nerveux pour me pincer.

« Aodren Bristyle, » lui soufflé-je.

L’oiseau prend son envol et disparaît par la fenêtre.

Tsss, tu attises ma curiosité !

Aux quatre vents PV
Cette fille m'intrigue. Pour une étrange raison j'ai envie d'en savoir plus sur elle. Après tout, de ce que j'ai pu l'observer, elle est tout le temps seule avec ses deux créatures, ou qu'une seule d'ailleurs. Il est possible que j'ai développé une légère obsession a son égard... Je n'ai pas besoin de me justifier ! Elle a une attitude tellement bizarre avec les autres personnes de Poudlard que je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de la connaître un peu mieux.

Mon sourire reste étiré sur mes lèvres inconsciemment quand je me rends compte qu'elle répond à ma question. Et sur un ton presque calme !

Satisfaite par la suite que prend cette conversation, je me permets de m'appuyer sur le mur à ses côtés. Peut-être en a-t-elle assez de mon regard curieux ? Mais moi, je n'en ai pas conscience. La seule chose qui me permet de profiter est de savoir comment elle pense la vie. La dernière fois, je voulais réellement lui demander son aide. Mais... Ce n'est plus le cas. Je voudrais juste son avis, son avis déguisée sous une sorte de conseil. Me dire que j'ai pu avoir une discussion normale avec elle est presque une sorte de fierté que je n'oserais pas avouer.

Mais je refuse de lui parler trop directement. Il ne me reste plus qu'à discipliner ma bouche pour que je ne me précipite pas sur des mots lâchés bien trop vite.

Alors qu'elle laisse partir son hibou, je plonge mon regard vers l'horizon, le soleil plutôt bas dans le ciel. Il faut croise que de mon côté je ne suis pas capable de regarder le paysage sans bouger. Mais depuis quelques temps j'aime beaucoup me mettre dans mon arbre pour regarder Sowyn bouger et faire de la magie. Je ne peux pas rester sans bouger pour réfléchir... Et c'est quelque chose que j'ai du mal à comprendre.

- T'as raison. J'peux pas non plus rester sans rien faire devant un paysage... Mais partager des souvenirs beaux avec d'autres comme ça c'est vraiment... Agréable. Et on s'prend pas la tête.

Rapidement je continue, en me concentrant pour ne pas dire un mot de travers, toujours dans une optique de la comprendre et de savoir comment elle fait pour vivre aussi seule, aussi froide.

- Mais... J'sais pas comment on peut faire pour rester seul trop longtemps...

Je me rends compte soudainement que j'ai détourné le regard d'elle alors que je réfléchissais. Vivement, avec un sourire toujours éclatant, je me recentre sur son visage.

- Si contempler et observer ça aide pas ? C'est quoi alors qui te permet d'être aussi...

Puissante ? Non. Plutôt...

- Qui te permet d'avancer toi ?

Je me sens un peu bête d'avoir envie d'une conversation aussi simple avec cette fille. Peut-être même que c'est une conversation trop profonde pour simplement une rencontre dans la volière mais... Je trouve que, tant qu'elle me répond et si on arrive à avoir un échange... Cela ne pourrait être qu'intéressant.

Je suis vraiment désolée pour le temps que je t'ai fait attendre :/

Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
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Aux quatre vents PV
Je culmine à des hauteurs qu’elle ne peut atteindre, aussi en profité-je pour la regarder de biais lorsqu’elle ne peut pas me voir. Son profil se fait tantôt lumineux tantôt songeur. Ses lèvres semblent douées d’une vie propre : elles sourient simplement, très fort, avec toutes les dents qui les accompagnent. Dwight me rappelle d’autres enfants que j’ai côtoyés : Krissel, malheureusement, quoi qu’elle est bien moins surexcitée et collante qu’elle était ; Rosenberg évidemment, mais la Poufsouffle est davantage intéressante et… propre sur elle ; Gabryel dans ses jeunes années et ses questions posées avec innocence. C’est peut-être pour cela que je suis moins désagréable avec elle qu’avec les autres, parce qu’elle est pleine d’une innocence qui m’intrigue autant qu’elle m’exaspère. Et il faut dire qu’elle a de l’esprit, Charlotte Dwight, ce que j’avais déjà repéré la dernière fois, caché derrière sa détermination, et que je retrouve ici dans sa curiosité.

Je détourne brièvement le regard quand elle parle de solitude et hausse les épaules quand elle me pose ses questions. Je finis par me tordre la nuque pour jeter mes yeux dans le plafond haut où une dizaine de hiboux et de chouette me rendent mon œillade songeuse.

Je n’ai jamais réfléchi aux questions qu’elle se pose : comment faire pour rester seule longtemps et qu’est-ce qui me permet d’avancer ? Je crois que les réponses sont tellement simples que je ne ressens nul besoin de me questionner à leur propos. Je coule un regard, encore, vers l’enfant : est-elle de ceux qui se torturent pour de vaines réflexions ou a-t-elle une idée derrière la tête ? M’est avis qu’elle est trop bavarde et qu’elle profite de ma présence pour dégueuler tous les mots et toutes les pensées qui prennent de la place dans sa tête.

« Pourquoi j’aurais besoin de quelque chose pour avancer ? questionné-je en crevant le plafond de mon regard d’ombre. J’avance, c’est tout. »

C’est à la fois bien vrai et bien faux. Peut-être cherche-t-elle à connaître le moteur de ma vie, savoir ce qui me fait me lever le matin et me coucher le soir en ayant hâte du lendemain ? Est-ce mon objectif de vie qu’elle souhaite connaître ?

Pendant un instant, un tout petit instant, je prends peur : pour quoi me pose-t-elle ces questions ? veut-elle utiliser les informations que je lui livrerai contre moi ? souhaite-t-elle obtenir de moi des choses que je ne ve— peux pas lui donner ? L’amitié, la loyauté, des connaissances, de la compagnie ? L’angoisse m’étreint une fraction de seconde avant de disparaître lorsque je me souviens que je suis maîtresse de mes choix et de ma vie, et que cette toute petite fille au sourire trop grand ne peut rien contre moi.

« C’est la raison de ma motivation que tu veux connaître ? »

Apparait soudainement, sans prévenir quiconque et surtout pas moi, un sourire qui m’étire les lèvres ; tout petit sourire qui pourrait presque paraître complice si tant est que l'on sache l'observer sous le bon angle.

« Tu essaies encore de savoir faire, toi ? »

Lorsque nous nous sommes rencontrées elle et moi sur cette même rive du lac où me prend parfois l’envie de réfléchir en observant un paysage qui ne m’intéresse pas, elle arguait vouloir essayer de faire les choses au lieu de les dire ; ce jour-là, j’ai essayé de lui apprendre qu’il ne suffisait pas d’essayer pour avoir ce que l’on voulait : il fallait le faire.

Je balaye mes propres paroles en secouant la tête. La réponse ne m’intéresse de toute façon pas. Et cela fait trois questions que je lui pose, soit trois fois plus de risque qu’elle babille sans s’arrêter alors que ces questionnements étaient purement rhétoriques.

« C’est l’envie d’en savoir plus, c’est tout, soupiré-je en haussant les épaules. Il y a toujours un truc à apprendre, à découvrir. À comprendre. C’est tout. »

C’est tout. Rien d’autre ne me motive. Rien d’autre ne me permet d’avancer.
Surtout, il s’agit de la seule chose qui ne m’entrave pas.
Ce que j’aime dans la quête du savoir, Dwight, c’est que c’est une relation à sens unique : je prends tout ce que je veux sans ne rien devoir en échange. Je n’ai besoin de rien d’autre que cela. C’est la seule chose qui ne pourra jamais me trahir ou m’abandonner ou me blesser de quelque manière que ce soit.

« Rien d’autre ne compte. »

Aux quatre vents PV
Le mur derrière mon dos est froid, mais j'ai l'impression que mon corps est en ébullition. Ce n'est pas tellement une sensation agréable, j'ai presque peur d'en connaitre plus sur cette grande et je me sens un peu comme une intruse dans ses pensées. Pourtant, elle n'est pas désagréable non plus, c'est comme une tension qui me donne autant envie de continuer à discuter avec elle que de partir m'enfuir dans un coin. Pourtant, je suis coincée. Il y a cette lettre dans ma main qui doit être envoyée à mes parents et je ne peux y échapper. Après tout, je me suis promis qu'après avoir fait ma bêtise je les préviendrais. Mais c'est tout de même un peu flippant. Alors je ne suis pas pressée non plus que Sowyn revienne. J'en viens presque à redouter ce moment par ailleurs.

Je l'écoute, comme une science inébranlable. Je la mets sur un piédestal sans même m'en rendre compte et pourtant je crois qu'encore une fois je ne la comprends pas. Comment on peut être autant... Sans objectif particulier ? Juste avancer comme elle le dit ? Je crois que si j'arrive à vivre ma vie telle qu'elle est, je ne suis pas capable de de juste... Avancer.

Quand elle me rappelle ce souvenir de l'année dernière... Mon sourire s'agrandit. C'est peut-être une de mes plus grandes fierté. Je crois que j'ai réussi à faire. Mais peut-être pas comme elle l'avait pensé, du moins je n'en sais pas grand chose. Avant de répondre à sa question, j'essaie de songer à ce qu'elle vient de me dire. Que va-t-elle faire de ces connaissances ? Tout d'un coup, mon esprit d'enfant imagine ma camarade devenir une bibliothèque géante mais toujours inaccessible, tellement haute que personne ne pourrait jamais l'atteindre. Face à cette pensée un rire m'échappe et aussitôt j'ai envie de rebondir sur ce qu'elle a dit.

- Oh mince j'suis désolée. Tu compte toujours tout garder pour toi tout ce que tu auras acquis ? Les connaissances c'est jamais perdu après tout... Mais...

Et si cela lui prenait trop de place à un moment dans la tête ? J'ai parfois peur qu'à force de tout apprendre on ne devienne trop... Plein. Et puis j'suis pas sûre que des sortilèges puissent aider à faire ça. Mon sourire est toujours là, mais je ne ris plus.

- J'trouve ça un peu triste. Les gens quand ils apprennent quelque chose ils font des jolis choses après.

Je ne veux pas la juger, c'est elle qui vit sa vie. Mais parfois... Je crois que je ne la comprends pas. J'ai un instant l'impression qu'apprendre prend une telle part dans sa vie qu'elle ne s'amuse plus. Du tout. Jamais. Enfin... Peut-être que je la juge mal mais c'est un peu l'image qu'elle me renvoie en cet instant.

- Pour répondre à ta question. Oui ! Et j'crois que j'ai réussi à faire quelques petites choses.

Mon sourire s'étire. Oui, et je la regarde dans les yeux, tout comme précédemment.

- Mais peut-être pas comme je l'entendais avant... J'voulais juste faire comme toi parce que c'était incroyable. Mais en fait j'aime bien faire des choses jolies et pas forcément super puissantes. Je me suis bien amusée avec la magie.

Un petite pause rêveuse et je soupire.

- C'est une belle amie la magie pour faire.

Est-ce qu'elle essaie de s'amuser elle aussi parfois ? Je crois que j'aimerai bien savoir si des fois elle rigole avec des amis... Ou même avec les étranges animaux. cela me parait tellement improbable. Comme si elle était une grande statue... Et cette image de bibliothèque revient dans mon esprit à coup de marteau. Seulement cette fois, des remparts tellement haut qu'on n'en aperçoit même plus les murs apparaissent. Inaccessible. Mais étrangement pas si froide. C'est peut-être le petit sourire que je capte parfois...

Je crois que Charlotte comme moi avons l'esprit qui part en vrille...

Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily

Aux quatre vents PV
Désolée ? Mais désolée de quoi ? Que le savoir soit mon moteur, mon but, l'air que je respire ; j'ouvre la bouche mais aucun son n'en sort. C'est bien la première fois que l'on se désole de cette passion. On peut ne pas la comprendre, ne pas la partager mais en être désolée ? Et puis c'est quoi cette question ? Évidemment que je vais garder pour moi tout ce que j'aurais acquis, que veut-elle donc que j'en fasse ? La partager, comme le font les professeurs et même quelques élèves en quête d'attention ? Non merci, je n'ai pas que cela à faire, moi. Le savoir me fait grandir chaque jour qui passe, c'est apprendre qui me permet de me débrouiller dans la vie. Avec l'apprentissage vient l'intelligence et l'expérience. Je me servirai de tout ce que j'apprends, de la magie, de l'histoire, de la théorie, de la pratique ; le savoir est une arme qui permet de vaincre tous ceux qui n'en détiennent pas suffisamment ou qui ne savent pas s'en servir — ce qui fait beaucoup. Ne le sait-elle donc pas ? Ce ne serait pas étonnant, elle est toute jeune après tout et il y a à peine un an elle ne comprenait pas la différence entre faire et essayer.

Mes lèvres se réduisent en une fine ligne quasiment invisible. Dwight, en bonne Poufsouffle et surtout en bonne enfant heureuse et excitée, trouve triste ma condition et pense même que je ne suis pas capable de faire de jolies choses avec tout le savoir que j'emmagasine. J'imagine qu'elle me trouve ennuyante même si cela ne semble pas l'empêcher d'avoir voulu, un jour, me ressembler. Ce fait m'enorgueillit et mon sourire s'affirme. Décidément, je ne peux pas m'agacer d'une personne, toute enfant soit-elle, qui considère la magie comme une belle amie pour faire. Elle a le truc, la compréhension qui manque a beaucoup de jeunes sorciers. Elle considère la magie comme une Entité plus qu'une simple présence à l'intérieur de son corps. Si elle continue sur cette voie-là, Dwight deviendra une belle sorcière, à défaut d'être une sorcière puissante — ce qui semble tout à fait lui convenir.

Il ne lui manque que la confiance.

« Tu as réussi à faire, insisté-je en la dardant d'un regard sévère. À moins que ce soit qu'une croyance et pas un fait ? »

À sa place je me trouverai profondément agaçante à jouer avec les mots mais je ne suis pas à sa place et les mots sont importants puisqu'ils montrent ce que l'on pense ; cette fille pense donc qu'elle n'est pas certaine d'avoir réussi, ce qui veut dire beaucoup de chose. À commencer qu'elle manque de confiance en elle. Je n'attends pas de réponse à cette question, ce n'est pas mon rôle d'apprendre la confiance à une enfant, je n'ai pas envie de l'encourager sur ce chemin : cette discussion ne m'intéresse pas.

« Enfin bref, continué-je sans laisser le temps au silence de s'installer, triste, tu dis ? » Un rire me secoue les épaules. « Tu crois que je sais pas faire de belles choses avec la magie, parce que je garde pour moi ce que j'apprends ? Tu résonnes bizarrement... »

Je hausse les épaules, persuadée qu'elle resterait sans voix si elle me voyait faire de jolies choses. Je tourne le dos aux volatiles et me poste face à elle. Bien en face, les yeux dans les yeux. Ainsi, notre différence de taille semble plus marquée encore. Sans être minuscule, Dwight n'est pas non plus très grande. Elle porte l'enfance sur son visage et dans le regard.

« Et toi ? la défié-je. Qu'est-ce que tu fais comme jolies choses ? »

Je plisse les yeux comme si je ne la pensais pas capable de me prouver quoi que ce soit alors que c'est faux. Je ne doute pas d'elle, je suis seulement curieuse de savoir ce qu'elle appelle jolies choses. Je ne m'attends à rien d'exceptionnel puisqu'elle m'a clairement dit que la puissance ne l'intéressait pas mais la magie peut se montrer étonnante, surtout si elle est maniée par des âmes étonnantes.

Charlotte Dwight, impressionne-moi !

« Montre-moi. »


Partez donc en vrille, oui, nous verrons si Aelle se laisse entraîner !

Aux quatre vents PV
Je ne voulais pas rire d'elle. Et si mon rire m'a échappé c'est parce que je prenais cette discussion avec le sourire et peut-être un peu trop de liberté. Tellement de liberté que j'en ai oublié avec qui je parlais. Pourtant je refuse d'être celle qui accepte tout comme la dernière fois. Je crois que j'ai envie d'être son égale. Mais parfois, mes envies me paraissent un peu trop lointaines comme si je n'avais aucunement la possibilité de les atteindre. Et celle-ci... Je n'ai réellement aucune chance de l'atteindre. Pourtant, je sais que je le désire ardument. Après tout, elle m'a toujours beaucoup impressionnée Bristyle.

Ses yeux perçants m'impressionnent malgré son sourire, et ce dernier pour autant qu'il soit là, me déstabilise. J'ai un peu de mal à savoir ce qu'elle attend de moi et encore une fois elle joue sur les mots. Simplement... Elle enchaine rapidement les mots et je me retrouve passablement démunie quand elle me demande de lui montrer. Je sais que la beauté est subjective et maintenant j'ai réellement du mal à savoir ce qu'elle attend.

Je sais que faire voler ma pierre comme j'en ai l'habitude ne la satisfera pas. J'en ai l'intime conviction. Mais je me trouve la force de lui rétorquer un petit mot, à elle à qui j'ai envie de ressembler de par sa force et sa détermination... Mais jamais sur sa manière de vivre. Je lui souris, en essayant d'avoir confiance en ce que je vais lui balancer tout en n'étant absolument pas certaine de mes dire.

- Tu joues sur les mots Bristyle pour toi aussi... A quoi ça t'sert d'apprendre plein d'choses si c'est pour rien en faire ? Tu sais juste ? Et à la fin du sauras tout ce que tu pourras sur tout mais ça t'aura servi à quoi ?

Je n'ai pas envie de l'embêter et peut-être qu'elle se demandera pourquoi je suis venue l'ennuyer ce jour là. Simplement... Avoir l'occasion de lui parler comme si elle avait mon âge, comme je parle parfois à Deryn ou encore à Lilly... C'est une occasion que je ne voulais pas manquer et que je me refuse de rater quand je me retrouve seule en sa présence. C'est une certitude maintenant.

Je me lance alors.

- C'est assez subjectif la beauté. Et... Je me doute bien que ce que j'vais faire ça va pas t'impressionner. J'aime bien pouvoir faire plein de chose en même temps, me concentrer sur plusieurs objets en même temps.

Encore une fois mon sourire s'agrandit et je la regarde dans les yeux.

- J'me doute bien que tu sais faire des belles choses. Tu s'rais pas toi sinon.

Et pas la personne que j'admire, pour moi elle sait faire un nombre incalculable de choses... Je l'ai au départ considérée comme une grosse brute qui aimait exploser des cailloux mais d'une manière absolument spectaculaire. Simplement... Si elle est capable de cela je sais qu'elle peut bien y aller en finesse aussi.

- Bref. Si je te montre, tu f'ras de la finesse toi aussi ? Ou tu veux tout garder pour toi ?

J'ai dit ça sur un ton du défi, alors que je me sais ne jamais être à la hauteur. Mais c'est amusant bien qu'un poil stressant. Je sors alors ma baguette et deux petits cailloux de ma poche. Ils sont tous les deux tout ronds et assez gros, de bons galets de la plage du lac. Je les ais colorés pour que l'un soit jaune et l'autre bleu. Au milieu des deux cailloux, je sors une petite graine. J'espère que Sowyn va revenir alors je scrute un instant la fenêtre pour vérifier qu'il me rejoindra à un moment.

Je fais un sourire à la jaune et je siffle doucement. Je sais qu'il n'est pas parti bien loin.

- C'est parti...

Je sens la magie monter en moi, je respire pour être certaine d'être assez concentrée et je souris. Je ne sais pas faire de choses très étonnantes mais j'apprécie m'amuser et je sais que ce sera amusant, c'est comme une représentation pour les Hel's Angels non ? J'ai pris un peu d'avance dans les cours et si je n'y arrive pas bien, je sais utiliser quelques flammes.

De ma main gauche, je lance le caillou vers la sixième année comme si c'était une attaque et dans un murmure je le rattrape grâce à un sortilège de lévitation au dernier moment. Je lui fais faire le tour de la tête de ma camarade en le faisant tourner un peu sur lui même puis je lance le deuxième caillou. Au prix d'un effort assez grand, j'arrive à le faire voler également aux côtés de son ami caillou. Les dissocier est réellement difficile et j'y arrive plus ou moins bien. Ils s'entrechoquent un peu rendant leur trajectoire vacillante. Pourtant, ils tournent assez vite. Parfois en faisant le tour de sa tête, parfois tournant l'un autour de l'autre devant elle. J'essaye de dessiner des arabesques avec difficulté et je n'y arrive pas très bien. C'est encor un peu vacillant tout ce que j'effectue.

Pourtant je respire calmement, je me sens à ma place comme si je volais moi aussi avec ces galets. J'essaye ensuite d'être suffisamment calme pour lancer mon prochain sortilège, de me laisser porter par magie, qu'elle m'accompagne, que je sois fière d'être une sorcière. Finalement, vu comme cela me demande pas mal de magie de faire tourner ces cailloux autour de la jaune, en essayant de dissocier leur trajectoire, je passe directement au sortilège suivant sans passer par les flammes.

Je lance un avifors avec la certitude qu'il va fonctionner et mes deux cailloux de transforment en deux belles chouettes hulottes que j'essaie de diriger. De ma main gauche je lance ma graine vers elles et l'une d'entre elle l'attrape avant de voler vers la fenêtre. C'est à ce moment que... Par miracle, Sowyn fait son apparition. Ma petite chouette lui donne la graine qu'il attrape et tout à coup mes apparitions disparaissent laissant retomber au sol mes deux cailloux.

Sowyn reste là, lui et je ne dis rien. Je ne sais pas quoi dire et maintenant que j'ai terminé, je suis plutôt essoufflée. Je ne sais pas ce qu'elle va penser. Après tout ce sont juste galets que j'ai fait danser un peu. Mais je suis pas mécontente de ma prestation, ils sont allés assez vite et j'ai réussi à rattraper le caillou avant qu'il ne touche Bristyle.

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Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
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