Quelque chose d'heureux chantant dans l'infini

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.


Victor Hugo


Mi-mars 2046,
Devant la cabane du Garde-Chasse, 16h20
Avec @Scary Limpson


Colombe, sa mère, qualifiait le printemps du ‘moment où tout renaît après un sommeil gelé’. Elle aimait cette saison de renouveau, où la nature sortait timidement de l’hiver pour se parer de ses plus belles nuances de vert, de rose et de jaune. Le printemps était une saison inspirante pour les écrivains, de ce qu’avait fini par comprendre Lydia.

Elle avait, quant à elle, peu de souvenirs des printemps qu’elle avait vécus. Les saisons marquantes étaient soit l’hiver, soit l’automne. L’hiver pour les forts sentiments : la douleur, l’amour naissant et le changement en général. L’été pour sa saveur, ses couleurs, ses odeurs. Elle redoutait l’été tout autant qu’elle l’aimait. Elle passait son printemps à penser au mois de juillet, encore plus cette année que les précédentes.

Aujourd’hui il faisait beau. Elle se sentait plutôt légère, plutôt joyeuse. Son état d’esprit était similaire à celui qu’elle avait lorsqu’elle avait rencontré une Rouge et Or et que la discussion s’était engagée sur les liens pouvant exister entre les personnes – avec une pierre soumise à la métamorphose Avifors en guise de public. C’était assez étrange comme moment ; un instant pratiquement paradisiaque. Et puis ensuite la femme dans la Grande Salle, les tigres blancs transpercés et cette main d’Elyna dans la sienne, serrant encore et encore pour tenter de se rassurer. Aujourd’hui, il faisait beau. Mais est-ce qu’aujourd’hui aussi, tout vacillerait ? Qui allait-on retrouver dans la Grande Salle cette fois ? Déjà qu’avec le tournoi qui s’approchait, rien n’était certain, rien n’était rassurant, tout était inquiétant, tout était angoissant.

Lydia secoua la tête. C’était pratique, ce mouvement de nuque, cette rotation du cou, pour pouvoir enlever tout ce qui nous pesait là-dedans. Elle s’agenouilla devant la cabane du garde-chasse. Elle se demandait si Hagrid ou l’apprenti viendrait, elle n’avait pas particulièrement envie d’être dérangée de ses propres pensées.

Une petite abeille butinait. Elle se nourrissait sur une petite fleur, jolie. Pas le genre de fleurs qu’on voit apparaître dans les boutiques moldues fleuristes. Pas non plus exactement le type que Lydia avait pu voir en cours de botanique. C’était une petite fleur sauvage, fragile avec sa tige toute fine, mais néanmoins très jolie. Elle ressemblait à une violette. Ses pétales étaient cependant plus ovales et la jeune Holmes n’avait pas souvenir d’avoir déjà vu une fleur de cette sorte.
Elle hésita d’abord à la cueillir. Puis elle ramena son bras pour entourer ses genoux accroupis avec la pensée en tête qu’elle n’avait pas vraiment à priver cette fleur de la vie, de la liberté. C’était très naïf mais eh ! elle n’avait pas perdu encore toute sa mentalité de fillette rêveuse et poétique.

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La neige a enfin fondu, la Rouge commençait à trouver cela un peu triste, le monde peint en blanc sur une photo sans couleur figeant un long instant qui se prolonge durant tout l'hiver. La neutralité du blanc lui a en premier lieu beaucoup plu et le froid n'y changeait rien. Quand elle pense que le mois dernier elle contemplait tranquillement le neige à la fenêtre du dortoir... Le temps est vite passé durant ce moment glacé.

Elle décida d'aller profiter du soleil qui brillait haut dans le ciel pour la première fois depuis qu'il avait fait son grand retour, et se dirigea par hasard vers la cabane du garde-chasse. Aussitôt, son regard se porta inconsciement sur la forêt interdite, bien qu'elle fut inaccessible. *Stop*. Elle détacha son regard de ce qui l'attirait inlassablement et qui pourtant était hors de sa portée pour reporter son attention sur l'herbe qui poussait là. *Impossible*. Elle s'empêcha de la regarder encore une fois, une *dernière* de son point de vue, mais qui ne le serait sûrement pas. Depuis quelque temps, aller dans cette forêt est devenue une obsession pour elle, plus encore que de se balader la nuit après le couvre-feu qui était son premier objectif de l'année. Ironique lorsque l'on pense que ses bonnes résolutions consistent à faire des choses interdites ou non recommandée.

Est-ce que c'est la pression montante dans le château à cause du Dominion qui renforce ce trait de caractère typique du je m'en fout je fais quand même ? Se lâcher sur le règlement quand tout devient si oppressant que cela la gêne pour suivre les cours correctement ? Bon reflet de sa mentalité qui ne cesse d'aller dans ce sens depuis que l'Urne est arrivée. oui, elle ne voit que des horizons bouchés par cette notion qui l'insupporte appelée fréquemment imprévisible, qui l'empêche de prévoir correctement le déroulé d'une journée qu'un évènement à lui tout seul peut bouleverser.

Elle chasse de son esprit ces pensées désagréables qui pourtant ne sont qu'un reflet de la réalité et fronce sans s'en rendre compte les sourcils. C'est devenu une habitude pour elle, si elle ne fait pas plus attention, elle finira par avoir des rides au front.*Et ? Ca fait quoi ?*. Elle ignore totalement cette remise en question sur son futur physique dont elle se moque autant que le changement qui narguait la neige fondante d'un air presque malsain il y a quelque temps. Conclusion, elle est maintenant persuadée que l'on ne peut s'opposer au changement. Sinon, la neige n'aurait pas fondue, non ?*Au moins si la situation est mauvaise, elle non plus n'y résisteras pas*. Ce n'est pas ce qui s'appelle une vision très joyeuse d la situation délicate dans laquelle est plongé en ce moment le château. *Comment l'être ?*. La pression remonte à l'intérieur de sa tête tandis que ses pensée dérivent à nouveau vers le tournoi.

Froncement de sourcils. Encore un, rien de plus efficace pour chasser les mauvais pressentiments. Elle se concentra plutôt sur le soleil qui faisait sa fête., voilà qui remettra un peu de clair dans toute cette brume contraignante. Détournant la tête, elle aperçoit une autre fille que tu pris d'abord avec erreur pour Cousine à cause de sa coupe de cheveux avant de se rendre compte que ce n'était pas elle du tout.*Tant mieux*. Elle eu un mouvement d'hésitation lorsqu'elle la vit se demander si elle allait cueillir une petite fleur violette, et lâcha un soupir de soulagement quand l'autre se ravisa.*Elle a bien fait...* Bien qu'elle ai une fâcheuse tendance à se moquer de ce qu'il se passe, s'il y a une chose qui a toute son attention c'est bien la bonne santé de la nature.

Rassurée, elle se laissa délicatement tomber sur l'herbe et la caressa de sa main droite. tant que l'autre n'abîme pas la nature, la Rouge peut bien la laisser elle aussi faire sa vie. Néanmoins, elle garda pour cette inconnue un regard discret au cas où.

@Lydia Holmes plus la peine de me mentionner pour ma part !

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Un regard pouvait brûler.
Cela pouvait être une petite étincelle qui se pose délicatement sur une peau ou quelque chose de beaucoup plus chaud et douloureux. Un regard avait de nombreuses capacités : il pouvait brûler, transcender ou encore attirer des sentiments contradictoires et complexes pour la personne qui en était la propriétaire. Ils lui permettaient également de deviner une personne, de savoir si elle était joyeuse ou triste.
Les regards étaient importants pour Lydia. Elle en avait peur : ce n’était plus « pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » mais plutôt « à qui sont ces œillades contraires et complexes ». Mille regards étaient presque aussi effrayants que les mille et une main de son Epouvantard.
Surtout, elle doutait des regards. Souvent. La jeune fille se demandait sans arrêt quelles réflexions avaient en tête celles et ceux qui la fixaient. La trouvaient-ils trop grosse ? Trop âgée ? La connaissaient-ils par des bruits de couloir, des ragots étranges ?
Les regards étaient donc mystérieux, importants, effrayants et brûlants. Celui de la personne à côté rassemblait et résumait bien toutes ses caractéristiques.

Lydia sentit son pouls s’accélérer. Elle avait en souvenir la rencontre avec un garçon de son page où elle s’était sentie coincée, ridiculement méprisante. Aujourd’hui elle ne voulait pas recommencer cette scène où tout semblait se moquer d’elle. Elle désirait admirer le printemps et sortir de la foule, au moins une fois, pour palper le silence, rien qu’une fois.
Ses jambes tremblaient. Elle savait que ses muscles commençaient à fondre, elle percevait très nettement que la force qu’elle avait acquise auparavant en courant partout commençait à disparaître. Elle fut obligée de les ranger sous ses fesses et de savoir plus convenablement.

La fleur la narguait. Il était si tranquille ce petit végétal. Rageuse, la petite Holmes l’arracha brusquement du sol et regretta son geste tout aussitôt. Que lui arrivait-il ? Toutes ses actions qui lui ressemblaient si peu devaient bien avoir une signification, une cause précise enfin ! Cueillir violemment cette violette était tellement ridicule…

« Bon… » murmura-t-elle.

Elle inspira et se mit en face de l’inconnue. Son ton resta légèrement agressif, arrogant et pressé. Lydia avait du mal à se reconnaître et sentait la peur d’elle-même, de ce qu’elle pouvait faire, répondre à l’appel qui lui était gracieusement lancée.

« On fait quoi du coup ? On se présente ? Donc bonjour, tu fais quoi ici ? J’étais en train de regarder une fleur, c’était joli mais je t’ai entendue arriver. »

Elle avait senti son regard sur sa nuque également mais c’était une autre histoire. Lydia veilla bien à montrer que l’arrivante était coupable d’indiscrétion et qu’elle lui en voulait légèrement.

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Petit à petit, elle se calma. Il ne semblait plus dans les ambitions de l'autre fille d'arracher cette fleur à son habitat naturel comme elle avait failli le faire quelques temps plus tôt. Elle détacha un court instant son regard d'elle pour le porter vers la Cabane du Garde Chasse, se demandant s'il y avait quelqu'un à l'intérieur. Ecoutant les oiseaux chanter, elle se dit alors que si c'était cela la plénitude, elle voulait bien y rester toute sa vie.

Seulement, un bruit qu'elle aurait préféré ne pas entendre la tira de se réflexions. Un bruit de fleur qui se détache du sol. Son regard se reporta aussitôt sur l'autre fille qui était à coup sûr la responsable de ce bruit.

Une petite seconde d'inattention. Deux tout au plus. C'est ce qui avait suffi pour que les précédentes partent en fumée. *Tout ça pour rien, c'est malin*, pensa-t-elle tandis que l'autre fille qui semblait appartenir à la maison des Aigles se retournait. L'attitude de l'inconnue déplaisait fortement à la Rouge. Persuadée que la Bleue voulait lui montrer que c'était elle qui avait le contrôle sur la situation, elle retint une remarque piquante et choisi d'attendre que l'aiglonne prenne la parole. Elle avait déjà vécu trop de malentendus se terminant en cris pour prendre le risque d'en vivre un nouveau alors même que le printemps était là.

En soit, depuis l'an passé elle préfère éviter les quiproquos et malentendus, mais le printemps et son air doux était sans doute sa saison préférée, ce qui la rendait de meilleure humeur que d'ordinaire, alors que l'été l'étouffe sous la chaleur écrasante et la pression des examens et que l'hiver gèle ses os comme il gèle dans la glace tout ses a priori. Et même si ce printemps est différent des autres, tant que les Lignées n'empêcheront pas les fleurs de s'ouvrir et le soleil de briller, le printemps gardera toute son âme et restera ce qu'il est.

Et parce que non, elle ne peut pas juste se mettre à toujours crier sur les gens, elle attendit les quelques mots presque violents que la fille lui adressa. Pour se retenir de répliquer vivement et prendre le temps de comprendre un peu ses paroles, elle serra les dents, empêchant les sons de sortir de la bouche. Qu'ils y restent, ils y feront moins de mal. ce n'est pas la première fois qu'elle se retrouve confrontée à ce genre de situation. A chaque fois cela s'est mal terminé. *Qu'est-ce que je sui susceptible*. Pas aujourd'hui. De petits efforts de temps en temps ne vont pas la détruire. Ne pas en faire, cela reste à prouver.

Alors elle essaya quelques seconde de se mettre à sa place. C'est toujours comme cela qu'elle procède lorsqu'elle tente de comprendre l'opinion de quelqu'un. Bien vite, il lui apparut qu'il s'agissait là d'une réaction en chaîne causée par de petits éléments. Un regard, une fleur, et encore un regard, puis des paroles agressives de quelqu'un qui n'aime pas être espionné. En conclusion, rien de très choquant à ce que cette Bleue soit un minimum brutale. Scary ne réagirait pas bien différemment si elle avait été à sa place. Elle esquissa une légère grimace se rendant compte de sa part de responsabilité dans cette réaction, et lui répondit :

- Salut, je m'appelle Scary Limpson. Je voulais juste venir voir le printemps. Alors j'ai regardé un peu partout autour de moi et quand je t'ai vu sur le point d'arracher la fleur, je me suis mise à te regarder plus attentivement. Je suis désolée, je voulais pas que tu te sentes espionnée ou quoi... J'aime bien le printemps, d'ordinaire c'est une saison agréable.

Alors qu'elle avait pris un air sérieux pour les premières phrases, la dernière sans aucun rapport laissait refléter son côté rêveur et son regard se perdit dans le vague avant de retomber sur la fille et, sans vraiment la fixer, de s'arrêter.

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Elle s’appelait Limpson. Le nom lui disait vaguement quelque chose, elle avait dû l’entendre prononcé par un professeur. Etonnant comme certains noms lui restaient en tête tandis que d’autres disparaissaient purement et simplement de son esprit.
Lydia analysa rapidement la personne qu’elle avait en face d’elle. Elle voulait venir voir le printemps : poétique, rêveuse sur les bords. Avait regardé un peu partout autour d’elle : curieuse, observatrice et sans doute courageuse. Ce dernier point était déduit tout d’abord de la couleur de la cravate, mais aussi parce que regarder impunément une inconnue était une marque de témérité. Ou de bêtise ; la chose pouvait être interprétée de différentes manières, la deuxième option était seulement plus fourbe.

Limpson expliqua sa curiosité en justifiant que tout était à cause de la fleur. Elle avait eu peur que la petite Holmes lui fasse du mal, la déracine et l’arrache avec brutalité. Lydia sourit, avec un petit air moqueur et enchaîna sur autre chose :

« Tu connais le Petit Prince ? »

C’était un livre français ou italien – elle ne savait plus vraiment. Elle avait formulé le titre de l’œuvre en anglais pour masquer son hésitation. C’était un des nombreux livres qui lui avait été offert pendant son enfance et qu’elle avait eu la chance de lire. Elle ne s’en rappelait plus très bien, quelques phrases seulement s’étaient imprimées dans son esprit. Il y en avait notamment certaines sur la rose, la fleur, qu’elle essayerait de citer. Si elle faisait ça, c’était sans nul doute pour montrer sa supériorité intellectuelle : après tout, elle était face à une… Gryffondor.

Tandis que sa maîtresse se préparait à fanfaronner devant une fille de sa promotion, Diphda s’approchait de la fameuse fleur. Cette couleur dis-donc, était étrange. La grenouille n’avait pas souvenir d’avoir vu un tel violet dans la nature – et pourtant, elle en avait vu des plantes ! Le violet était joli mais le bleu y était assurément préférable (Elowen aurait dû comprendre ceci rapidement). Au-delà de cette teinte vraiment intrigante, il y avait une petite chose qui attirait encore plus le batracien. Elle avança sa tête vers le cœur de la fleur et fixa plus attentivement. Il y avait bel et bien un petit moucheron. Venait maintenant la partie la plus athlétique : sa langue devait se tendre et attraper l’insecte tant désiré. Quel met délicieux ! Son cœur était empreint d’un enthousiasme et d’une fierté qu’elle n’avait pas ressenti depuis longtemps.

Son méfait accompli, elle caracola vers sa maîtresse. Lydia la regarda, l’air intriguée : pourquoi diable Diphda se dirigeait vers Limpson ? Se pouvait-il qu’elle se trompe de propriétaire, après tout ce temps ? Apparemment oui.

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Elle essaya brièvement de se souvenir du nom de l'Aiglonne, mais peine perdue, rien ne semblait venir. Scary mit cet oubli sur le compte du nombre conséquent de brunes au carré dans sa promo qui lui avait toujours sembler disproportionné. Elle se jura de ne plus l'oublier après ce jour ; si la Bleue voulait bien le lui donner. Car elle avait beau demander des présentations, elle ne disait rie d'elle. Cela ne la mettait pas vraiment en confiance. Pourquoi elle ne donnait pas son nom elle aussi ? Ferait-elle une campagne d'espionnage auprès des deuxièmes années ? Assise dans l'herbe, la Rouge imaginait déjà de nombreux scénarios dans lesquels son interlocutrice manigançait des expériences louches.

Bien qu'elle se méfiait toujours, elle se détendit quelque peu lorsqu'elle vit que la tueuse de fleur ne comptait sans doute pas en arracher d'autres. Sa réponse fut une grande surprise, bien qu'elle masqua habilement son étonnement sous un sourire amusé. Le Petit Prince ? Elle prit une moitié de seconde à faire le lien entre le livre qu'elle avait dû lire une bonne dizaine de fois et la situation présente. Cependant, elle ne comprenait pas vraiment la Bleue. Qu'avait-elle à poser tout le temps des questions ainsi ? Mais elle décida de s'en soucier plus tard et répondit d'un ton confiant :

- Bien sûr ! La Rose et le Petit Pince, quelle belle histoire ! Tu me prends pour qui ?

Pour elle, tout le monde connaissait le Petit Prince. Après tout, ce livre était un classique de la littérature. Comment aurait-elle pu le rater ? Cette fille était moins intelligente que Scary ne l'aurait cru ; car c'est vrai, elle était tout de même à Serdaigle. Qui sait, le Choipeau avait peut-être reçu un sortilège de confusion ce jour-là. Cela expliquerait bien des choses. Ou peut-être, qu'elle faisait semblant. Peut-être que cette fille est une génie, et qu'elle a tendance à sous-estimer les gens. Il s'agissait sûrement de cela. *Elle aurait bien besoin qu'on lui dégonfle les chevilles celle-là*. La Rouge se retrouvait face au problème cliché avec les Serdaigles. Tellement fiers de leur soi-disante intelligence qu'ils prennent les autres pour des imbéciles. Elle retint un soupir. Rien que le fait de penser cela était une preuve de stupidité.

Son attention se reporta sur une grenouille qui semblait avoir repéré quelque chose de particulièrement passionnant. Piquée par la curiosité, la fillette se tourna vers la grenouille et chercha ce qui pouvait bien l'attirer sur cette fleur. Elle repéra bien vite un petit insecte qui devait être très alléchant. Elle se demanda ce que pouvait bien manger une grenouille. Apparemment, elle était carnivore pour manger ainsi les insectes. Mais il n'était pas possible de se nourrir uniquement de cela non ? Sinon, avec toute les grenouilles qu'il y a dans le château, il y aurait une pénurie d'insectes dans le parc.

Mais la jeune Limpson n'était pas au bout de ses surprises. Après avoir avoir manger l'insecte, la grenouille se mit en marche... vers elle. Si elle n'avait pas d'animaux, il y avait une bonne raison à cela ; elle était bien incapable de s'en occuper. La grenouille s'était de toute évidence tromper de propriétaire *sûrement à cause de la couleur des cheveux*. Curieuse, elle demanda :

- Elle s'appelle comment ta grenouille ?

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Lydia avait conscience d’être assez désagréable. Elle se justifiait en disant qu’aujourd’hui n’était pas un jour à se faire déranger par de banals étudiants de Poudlard mais savait pertinemment que la faute venait d’elle. A vrai dire, elle aurait préféré être sociable et avenante, seulement c’était trop difficile. Elle prononçait une phrase, les répliques s’enchaînaient et la scène ne se déroulait pas du tout comme elle le souhaitait. Son instinct primait sur les codes sociaux, elle apparaissait ainsi comme brusque et renfermée. Le ‘tu me prends pour qui ?’ de Limpson le révélait bien ; la brunette avait en face, un personnage vexé qui comptait répliquer jusqu’au bout plutôt que de se laisser dominer dans un dialogue.

« Non non j’sais pas, j’ai pas trop croisé de gens qui connaissaient… »

Elle n’avait posé la question à personne surtout. Et ne savait plus en quelle langue était ce livre, voire n’était plus tellement sûre de si elle l’avait vraiment lu ou si elle n’avait fait que regarder les illustrations.

« Enfin bref, faudrait que je le relise. Merlin, quel aveu de faiblesse ! Il fallait vite justifier, on était face à une Gryffondor encore une fois. Parce qu’avec le temps j’ai dû oublier. Comme ça on précise qu’on l’a lu à un âge auquel les autres ne sont normalement qu’au stade babillage. Mais j’ai souvenir d’avoir été touchée par cette histoire avec la rose, son orgueil face à ses défenses pourtant si fragiles. Bien rattrapé, avec une petite analyse philosophique en prime. »

Diphda de son côté était beaucoup moins scrupuleuse dans sa rencontre avec la Rouge et Or. Fi des bonjours policés, elle voulait faire connaissance avec une nouvelle partenaire de jeu ! Elle avait replié ses pattes vertes et fixait Limpson de ses pupilles triangulaires. Lydia s’était toujours demandé ce qu’elle pouvait penser en croisant un nouvel humain. Le jugeait-elle sur des critères physiques ? Percevait-elle toutes les différences qui existaient entre chaque personne ? Lydia se plaisait à penser que, dans son monde de grenouille, elle était le centre et le reste de la population mondiale n’était qu’un magma de chair sans aucun intérêt. Elle couva la bestiole du regard.

« Elle s’appelle Diphda. C’est tiré d’une étoile qu’on définit comme l’étoile de la grenouille, j’trouvais ça amusant. »

Au-delà de l’amusement, il y avait des raisons bien plus personnelles. Elle se souviendrait à jamais de cet été où ses rapports avec son père s’étaient dégradés. Celui-ci avait acheté Diphda pour s’excuser, se faire pardonner et tenter de reconstruire une relation soudainement réduite en ruines. Lydia avait choisi son nom en regardant les étoiles ; et peut-être qu’elle pleurait un peu ce soir-là d’ailleurs.

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Scary s'était à présent détendue. Bien qu'elle avait l'impression que la Bleue essayait de se montrer supérieure, la Rouge avait décidé de passer outre ce trait de caractère qu'elle rencontrait assez peu souvent. Il faut dire que d'ordinaire, c'était plutôt la Rouge qui se mettait sans cesse au dessus des Autres. *Mais ça c'est uniquement parce que la plupart d'ceux qu'j'ai recontrés sont stupides*. Elle trouvait les gens tellement peu cultivés à présent, qu'elle avait fini par s'habituer contre son gré à ce que ses interlocuteurs ne saisissent pas ses références. Certes, elle ne savait pas tout elle non plus, mais il y avait un certains seuil de culture générale, que, d'après elle, les gens atteignaient de moins en moins. C'est pourquoi, la réponse de Lydia ne l'étonnait pas plus que ça ; le constat était pour elle dramatique, mais elle s'y était faite. Elle répondit donc d'un air las :

__ Bah, j'suis même pas sûre que ça me surprenne vraiment. J'ai l'impression que personne ne s'y connais en littérature moldue...

Enfin bref, ça n'allait pas du tout. Des sorciers qui ne connaissent pas la littérature moldue c'est presque pire que des nés-moldus qui ne connaissent pas les règles du Quidditch. Il y avait des limites au manque de culture.
Pendant ce temps, l'autre fille affirmait vouloir le relire sous une tone ne justifications, comme si relire un livre était un crime. Au contraire, la troisième année appréciait souvent la seconde lecture, car elle lui permettait de rentrer plus profondément dans le livre alors que parfois, lorsqu'elle parcourait un livre pour la première fois, elle se concentrait principalement sur la trame narrative plus que sur le message potentiel de l'auteur.

Ce qui était tout de même plaisant avec Lydia, c'était que l'Aiglonne semblait être réellement intelligente, et qu'elle devait effectivement avoir l'habitude de surplomber les échanges vu l'aisance et la minutie avec laquelle elle semblait préparé ses paroles. Depuis qu'elle était à Poudlard, elle avait trouvé l'intelligence dans très peu de personnes qu'elle avait rencontré, et ces personnes étaient presque toutes des Serdaigles. *Mais qu'est-ce que je fous chez les Lions moi ?*. Lorsqu'elle croisait des gens, elle avait souvent l'impression que l'âge ne réussissait pas au Choipeau. Il suffisait de voir Morrow ; cette fille, à Poufsouffle ? *Quelle idée*. La direction devrait peut-être trouver un système plus fiable pour éviter les malentendus entre un chapeau magique vieillissant et des élèves qui se sentent mal cernés. Pour Lydia, le Choipeau ne semblait pas s'être trompé. La Bleue semblait cultivée et réfléchie, comme elle venait de le démontrer à la phrase précédente, ce à quoi la Rouge répondit :

__ Oui, j'aimerais bien relire certains livres moi aussi, mais le volume de ma malle étant limité, je n'ai pas la place d'emporter de chez moi tout ce que je voudrais... Elle fit une petite pause puis enchaîna rapidement Oui, surtout quand on pense qu'elle a laissé partir le petit prince uniquement pour protéger son orgueil et que c'est peut-être à cause de cela qu'elle s'est fait _ si finalement le mouton n'avait pas de muselière _ dévorée par celui-ci.

La grenouille ne semblait pas vouloir la lâcher. Peut-être était-elle particulièrement excitée à cause de la venue du printemps... Que peut-elle bien se dire dans sa tête pour approcher ainsi la Rouge qui n'a même pas d'animaux de compagnie, que ce soit chez elle ou au château.
Cependant, elle fut encore plus surprise lorsqu'elle découvrit le nom de la grenouille et sa source. On ne peut pas dire que Scary était une spécialiste des étoiles, mais elle n'avait jamais entendu parler d'une étoile de la grenouille et avait l'impression d'avoir rencontré un puis à connaissances.

__ Waouh, belle inspiration. Et elle a l'habitude de jouer du coup ?

Navrée pour le délai ...

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