Les calembours mouillés d'acide.
Mon regard est vissé, rien ne pourrait l'en détacher. Cette fille qui joue avec son chien, elle n'en sait rien, elle ne fait pas attention à mes yeux qui la traverse de bout en bout. Pourquoi se distraire de son bonheur, quoi de plus enjouant que de courir après son ami à quatre pattes, rire en tombant par terre, se faire écorcher par des griffes mais c'est pas grave parce qu'on joue, aboyer pour faire comme lui, puis s'assoir et caresser ses grandes oreilles qui se reposent sur nos genoux.
Rien ne peut absoudre un bonheur aussi pur.
"Elle a pas couru longtemps la grosse."
Mon regard se décoince pour se tourner vers mon frère Charles. Son sourire narquois occupe la moitié de son visage, il est visiblement enchanté par sa remarque. Il est beau mon frère, de son visage émane une innocence blanche et immaculé, comme la neige jamais souillée, ou le bruit de la pluie sur l'herbe. Ses cheveux blonds rappellent les rayons du soleil et son sourire rend le printemps.
Mais pas quand il est narquois.
Mon frère quand il est narquois donne deux envies. La première envie est de le gifler très fort, assez pour que sa tête bascule d'un côté ou de l'autre, peu importe tant qu'elle bascule. La deuxième, c'est d'être narquois, aussi. Je ne pourrais pas gifler mon frère, après tout je ne l'ai jamais fait, je l'aime beaucoup trop pour ça. Un sourire mauvais s'étale donc de mes lèvres jusqu'aux oreilles.
"Dix secondes c'est déjà beaucoup pour elle."
Un son venimeux s'échappe de ma gorge, et mon frère lâche le même poison. Nous rigolons d'un rire ignoble à faire pâlir les corbeaux. Je m'entends comme si j'étais à côté. Chaque respiration qui me sert à alimenter ce rire empli de vice goûte amer dans ma bouche.
J'en ai de la chance d'être fin. Je ne me suis jamais laissé aller, mon corps est comme qui dirait idéal, je suis sculpté dans le marbre, athlétique, j'ai fais ce qu'il fallait. Cette fille là, ce n'est sûrement pas le cas, je n'en sais rien finalement, mais c'est tellement plus aisé d'affirmer plutôt que de supposer. Il y a tellement moins d'efforts à fournir.
Je ne fais aucun mal à cette fille, elle ne nous entend pas, elle ne sentira jamais les épines que nous avons planté dans son dos, elle ne nous prêtera pas de méchanceté, sa vie en restera inchangée.
Pourtant, quand lentement les yeux de la jeune fille se lèvent vers les miens, quand elle nous aperçoit pour la première fois alors que mon ignominie s'efface peu à peu de ma face, mon cœur tombe dans ma poitrine. Elle n'est au courant de rien mais ses yeux sont malades, infectés de mon venin.
Deux miroirs qui reflètent ma culpabilité.
Je crois en fait qu'on peut faire du mal, même si on le fait à quelqu'un qui n'en sait rien. Dans un sens c'est encore pire. C'est faire du mal malhonnête.
Les calembours mouillés d'acide creusent l'âme de l'instigateur autant que celle du pauvre diable. Toute ma vie on a voulu me faire croire que j'étais un serpent, on me l'a tellement répété que je ne l'ai jamais remis en question. Mais en deux regards croisés, le doute s'est insinué en moi.
Je ne veux pas faire de mal à cette fille que je ne connais pas. Je n'ai pas le droit de lui faire de mal malhonnête.
Alors, des lors que nous nous regardons encore, je lui souris. Un sourire sans poison, un sourire honnête et doux.
Puis elle me sourit, un sourire honnête et doux.
Et ce n'est pas mon sourire mais le sien qui pardonna mon âme et aida celle de tant d'autre à qui je ne ferais plus de mal malhonnête.
Mon frère qui n'a pas abandonné son rire ni son sourire narquois me donne un coup de coude, histoire de dire "regarde ça!".
Il crie "EH" pour interpeller la fille. Celle-ci tourne les yeux vers lui. Je tourne moi aussi les yeux vers Charles. Celui-ci se mord les lèvres d'excitation. Il est prêt à l'empoisonner.
Il a l'air... il a l'air tellement narquois.
Pour la première fois, j'ai giflé mon frère.
Rien ne peut absoudre un bonheur aussi pur.
"Elle a pas couru longtemps la grosse."
Mon regard se décoince pour se tourner vers mon frère Charles. Son sourire narquois occupe la moitié de son visage, il est visiblement enchanté par sa remarque. Il est beau mon frère, de son visage émane une innocence blanche et immaculé, comme la neige jamais souillée, ou le bruit de la pluie sur l'herbe. Ses cheveux blonds rappellent les rayons du soleil et son sourire rend le printemps.
Mais pas quand il est narquois.
Mon frère quand il est narquois donne deux envies. La première envie est de le gifler très fort, assez pour que sa tête bascule d'un côté ou de l'autre, peu importe tant qu'elle bascule. La deuxième, c'est d'être narquois, aussi. Je ne pourrais pas gifler mon frère, après tout je ne l'ai jamais fait, je l'aime beaucoup trop pour ça. Un sourire mauvais s'étale donc de mes lèvres jusqu'aux oreilles.
"Dix secondes c'est déjà beaucoup pour elle."
Un son venimeux s'échappe de ma gorge, et mon frère lâche le même poison. Nous rigolons d'un rire ignoble à faire pâlir les corbeaux. Je m'entends comme si j'étais à côté. Chaque respiration qui me sert à alimenter ce rire empli de vice goûte amer dans ma bouche.
J'en ai de la chance d'être fin. Je ne me suis jamais laissé aller, mon corps est comme qui dirait idéal, je suis sculpté dans le marbre, athlétique, j'ai fais ce qu'il fallait. Cette fille là, ce n'est sûrement pas le cas, je n'en sais rien finalement, mais c'est tellement plus aisé d'affirmer plutôt que de supposer. Il y a tellement moins d'efforts à fournir.
Je ne fais aucun mal à cette fille, elle ne nous entend pas, elle ne sentira jamais les épines que nous avons planté dans son dos, elle ne nous prêtera pas de méchanceté, sa vie en restera inchangée.
Pourtant, quand lentement les yeux de la jeune fille se lèvent vers les miens, quand elle nous aperçoit pour la première fois alors que mon ignominie s'efface peu à peu de ma face, mon cœur tombe dans ma poitrine. Elle n'est au courant de rien mais ses yeux sont malades, infectés de mon venin.
Deux miroirs qui reflètent ma culpabilité.
Je crois en fait qu'on peut faire du mal, même si on le fait à quelqu'un qui n'en sait rien. Dans un sens c'est encore pire. C'est faire du mal malhonnête.
Les calembours mouillés d'acide creusent l'âme de l'instigateur autant que celle du pauvre diable. Toute ma vie on a voulu me faire croire que j'étais un serpent, on me l'a tellement répété que je ne l'ai jamais remis en question. Mais en deux regards croisés, le doute s'est insinué en moi.
Je ne veux pas faire de mal à cette fille que je ne connais pas. Je n'ai pas le droit de lui faire de mal malhonnête.
Alors, des lors que nous nous regardons encore, je lui souris. Un sourire sans poison, un sourire honnête et doux.
Puis elle me sourit, un sourire honnête et doux.
Et ce n'est pas mon sourire mais le sien qui pardonna mon âme et aida celle de tant d'autre à qui je ne ferais plus de mal malhonnête.
Mon frère qui n'a pas abandonné son rire ni son sourire narquois me donne un coup de coude, histoire de dire "regarde ça!".
Il crie "EH" pour interpeller la fille. Celle-ci tourne les yeux vers lui. Je tourne moi aussi les yeux vers Charles. Celui-ci se mord les lèvres d'excitation. Il est prêt à l'empoisonner.
Il a l'air... il a l'air tellement narquois.
Pour la première fois, j'ai giflé mon frère.
L'immortalité c'est tous les autres qui tombent.
Cinquième année RP