De belles vacances et quelques annonces.
Lundi 22 juillet 2047
Dans les alentours de 19h-20h
Solo
Dans les alentours de 19h-20h
Solo
Lily trépignait d’impatience : ça y est ! Elle était arrivée en France, le pays de naissance de Mamie Lucy ! C’était la première fois que la jeune fille voyait ce pays durant ses douze longues années d’existence.
Sa grand-mère conduisait. Elle avait insisté pour y aller en voiture, car elle disait : mon pays, mon moyen de transport ! Elle avait grandi à Nice, une belle ville de la Côte d’Azur. Ses deux petites filles regardaient avec joie la mer que l’on apercevait à peine au loin.
Dans la voiture il y avait Lucile, au volant, son fils Liam à son côté et sa belle-fille Athena, à l’arrière, à côté de ses deux petites filles, Lily et Lucy. Pauline et Thomas, la tante et l’oncle des deux petites, étaient déjà sur place avec bébé Sam. Papy Remy, connaissant les lieux, les avait accompagnés.
Après être arrivée en avion à Paris, la famille avait loué une voiture afin de traverser la France. Cela avait duré une dizaine d’heures avec les pauses, et enfin ils étaient arrivés sur la Côte d’Azur.
La voiture s’arrêta peu de temps après dans le parking d’un hôtel moldu, dans une jolie ville nommée Nice, ville natale de Mamie Lucy. Les cinq personnes sortirent du véhicule et entrèrent dans le bâtiment.
Tout était magnifique : les murs étaient recouverts de velours. Sur l’un d’eux était accroché une jolie peinture représentant un homme aux cheveux grisonnants qui ne bougeait pas, ce qui faisait bizarre à Lily. Car, bien qu’elle ait déjà vu des images moldues, elle n’était pas habituée à en voir tous les jours, surtout à Poudlard. Un vieux parquet sombre recouvrant le sol rajoutait un aspect confortable et modeste au lieu.
Ils arrivèrent à la réception.
Bonjour. Nous avons une réservation au nom de Dawson, dit Lucile Dawson, sa petite fille comprenant tout sans peine sauf le mot « réservation ».
___
Quelques instants plus tard, la famille entière était installée autour d’une grande table de forme ovale. Ils étaient tous là, dans le restaurant de l’hôtel. Lily était assise entre les deux Lucile ( sa petite sœur et sa grand-mère ). À côté de la vieille femme était assise Athena, la mère des petites, puis Liam et Pauline, Thomas Mils, l’oncle de la Gryffondor, puis Sam, son fils. Enfin Remy Dawson se trouvait entre son petit-fils et sa petite-fille Lucile.
À la grande surprise de l’élève de Poudlard, Calisto Joy, sa grand-mère maternelle, les avait rejoint à l’invitation de sa fille. La vieille dame, dont les cheveux toujours teint en noir et les yeux cernés lui donnaient un air effrayant, était dans une sorte de dépression depuis que son mari, Henry Joy, est décédé. Elle sort donc rarement de chez elle. La jeune fille était contrariée : elle avait quelque chose à dire et ce n’était pas grand-mère Calisto, peu tolérante, qui allait la soutenir. La vieille dame s’était donc rajoutée entre Sam et Remy.
Tous mangeaient le repas, qui n’était en fait qu’une sorte de sandwich - un pain bagnat comme disait le serveur - mais qui était très bon. La Gryffondor de première année préférait ça qu’un repas gastronomique.
Soudain, sa mère se leva lentement. Celle-ci paraissait fatiguée ces derniers temps. Elle travaillait trop, c’était certain. Lily ne la voyait que très rarement car son travail en magizoologie, d’éleveuse de chats et de fléreurs lui prenait beaucoup de son temps.
Pensant qu’elle allait se coucher, sa fille lui prit la main et dit :
Attends ! J’ai… j’ai quelque chose à te dire.
Ayant entendu ses paroles, toute sa famille se tourna vers elle, pour son grand embarras. Ce qu’elle allait dire n’était peut-être pas facile à avaler pour eux et elle appréhendait leur réaction. Prenant une grande inspiration, elle se lança et parla d’une traite, pour éviter d’être interrompue :
Je… je crois que chuis pas pareille. J’ai… j’ai déjà par le passé aimé des garçons, mais désormais je… je suis amoureuse d’une fille.
Liam garda le silence, heureusement pour sa fille. Sa sœur, Pauline, ne parvint pas à cacher une exclamation de surprise. Elle porta une main contre sa bouche, mais c’était trop tard, sa nièce l’avait entendu. Le grand-père de la Gryffondor la regardait avec des yeux ronds. Lucy ouvrit la bouche et la referma, comme pour demander si c’était possible d’aimer une personne du même sexe que soi. Mais le pire, pour Lily, ce fut :
Non mais c’est quoi cette blague ? Aimer une fille, et puis quoi encore ? C’est encore cette mode ridicule… tu nuis à la prestigieuse famille des Ivy, c’est une honte !
C’était Calisto Joy, la grand-mère de Lily, qui avait prononcé ces mots, faisant fondre en larmes la jeune fille de douze ans. À ces paroles, tout le monde s’était immobilisé, la plupart furieuse. Lucile Dawson Sr se leva, pleine de colère, et hurla contre la belle-mère de son fils :
C’est VOUS qui êtes une honte ! Vous préférez vos petites traditions ridicules plutôt que le bonheur de votre petite fille ! Honte à vous !
Comment osez-vous ?
Maman… tenta de la raisonner le père de la première année, mais en vain.
Plus personne ne s’écoutait et tout le monde se criait dessus. Lily, recroquevillée sur elle-même et en pleurs, se demandait vraiment si elle aurait dû gâcher les vacances ainsi. Soudain, Athena Dawson prit son verre et sa cuillère et, d’un geste théâtral, elle frappa trois coups pour attirer l’attention de toute la famille Dawson en colère.
Ça suffit, dit-elle calmement.
La mère avait le don de rester apaisée malgré les tensions.
Lily a le droit de décider qui elle aime ou non. Pas la peine de s’entre-déchirer pour ça.
D’un coup, tout le monde se tut. Même bébé Sam s’arrêta de parler et grand-mère Calisto, après un regard haineux à sa belle-fille, arrêta d’embarrasser sa petite fille. Lily leva un regard reconnaissant à sa mère. Elle l’avait sorti du malaise et la soutenait pleinement. C’était sa maman adorée et elle ne la quitterait à jamais pour rien au monde.
La jeune femme semblait se tendre tout à coup, comme sa fille peu avant elle. Avait-elle elle aussi quelque chose d’important à annoncer ? Comme pour répondre à sa question intérieure, Athena poursuivit.
J’ai moi aussi quelque chose de très important à annoncer.
La femme aux cheveux noirs jeta un regard à son mari qui lui répondit par un sourire heureux.
Je suis de nouveau enceinte.
Quoi ?! Lily en fut surprise, mais tout de suite réjouie. Elle allait être de nouveau grande sœur ! À côté d’elle, sa petite sœur Lucile paraissait contrariée. Elle se retourna, semblant bouder. Voulait elle rester la petite dernière de sa maman ? Avait-elle peur que, avec huit ans de différence avec le nouveau-né elle serait moins chouchoutée ? Sa grande sœur n’en savait rien.
Son père rayonnait. La famille allait s’agrandir. Mamie Lucy et Papy Remy les complimentèrent plusieurs fois, lui et sa femme. Le regard de Pauline s’illumina et Thomas serra la main de son beau-frère et de sa belle-sœur. Sam, lui, ne comprenait évidement pas. Malgré son air mauvais, Lily comprit que sa grand-mère maternelle était fière de sa famille.
Elle même était heureuse. Un grand sourire se dessina, effaçant ses larmes récentes, et elle s’exclama :
Génial, maman !
Finalement, les vacances commençaient bien.
