Le fils de trop
3 septembre 2047
Londres, manoir Shell
Londres, manoir Shell
Le manoir des Shell était aujourd’hui très bruyant. Non seulement la fratrie était-elle réunie chez leurs parents, mais les leurs enfants également. Ces derniers n’étant pas encore en âge d’aller à Poudlard, ils s’étaient tous retrouvés obligés d’accompagner leurs parents au repas de famille organisé par Phillips et Enora. Tous adoraient leurs grands-parents, mais l’un d’entre eux semblait plus heureux que les autres…
Âgé de tous juste 1 an, Theo se faisait chouchouté sur le canapé du salon par sa grand-mère, posé sur ses genoux. Son habituel air strict avait disparu pour laisser place à des yeux pleins d’amour et un sourire bienveillant. En face d’elle, les autres adultes discutaient politique, tandis que les enfants étaient en train de jouer dans le jardin, sous la supervision de l’épouse de James.
"De plus en plus de sorciers se font enregistrer comme étant de sang-pur, cela en devient presque une mode." commença Eleonore.
"Ce système est des plus pitoyable si tu veux mon avis. Certaines personnes s’y inscrivant ne sont même pas purs! Si ma mémoire est correcte il faut n’avoir que des sorciers dans sa famille depuis quatre générations, peut-être cinq… Mais même une personne respectant cette règle peut avoir du sang moldu dans les veines datant de par exemple sept générations. Les conditions pour s’y inscrire ne sont absolument pas assez stricts." lui répondit son frère, James.
"Ne pensez-vous pas que nous devrions nous renseigner sur le sujet pour nous y inscrire également, père?"
La plus jeune de la fratrie se tourna vers son paternel, qui lui avait conservé son visage impassible. Ce dernier fronça les sourcils face à la question de sa fille.
"Foutaise! Je n’ai pas besoin d’une confirmation du gouvernement pour savoir que mon sang est pur! Je ne te cache pas mon étonnement Eleonore, j’aurais pensé que tu avais une plus grande estime de notre famille… Qu’en penses-tu très chère?"
Comprenant que son tour de parler était venu, Enora reprit son air sérieux, serrant néanmoins le bébé contre elle.
"J’avoue être d’accord avec Eleonore. Obtenir ce statut de façon officielle pourrait nous permettre d’obtenir pas mal d’avantages, notamment pour les enfants. Je pense que nous devrions réfléchir à la question."
"L'époux de l’une de mes amies l’a fait, ils ne se portent que mieux depuis. Mais je ne pense pas que vous puissiez le faire. N’avez-vous pas une petite fille dont la mère est une sang-mêlée?"
S'étouffant à moitié avec sa propre salive, Phillips se mit à tousser. L’homme n’avait jamais apprécié l’épouse d’Arthur, elle n’avait jamais eu la moindre gène, faisait toujours des remarques inappropriées et ne semblait pas avoir appris à tenir sa langue. Son ancienne place parmi les Gryffondor lui allait parfaitement bien! La retraitée poussa une grande inspiration avant de prendre la parole.
"Cette petite ne fait pas partie de la famille, et son père non plus. Je vous prierais donc de ne pas agir comme si ils l’étaient. Notre nom a déjà était assez souillé, pas besoins d’en rajouter une couche!"
En grand silence s’était installé dans la pièce. Ce n’était pas tout les jours que le sujet de William était mit sur la table, encore moins celui de sa progéniture.
"Vous pouvez dire et penser ce que vous voulez, aux yeux de la loi ils sont de votre famille. Je comprends parfaitement que vous ne souhaitiez pas les reconnaître comme tel, moi même je ne les considérerais pas si j’étais à votre place, mais c’est comme ça… Je trouve cela bien triste que les erreurs génétiques comme cette gamine puissent affecter votre droit d’être reconnue comme pure. Mais après tout, n’était-ce pas vous qui disiez que les règles pour cette procédure étaient trop laxistes?"
Convaincu d’avoir réussi à résonner sa belle-mère, la jeune femme se permit d’esquisser un sourire. Derrière elle, les autres adultes présents ne revenaient pas de la stupidité de la blonde pour avoir osé dire une chose pareil.
"Comment avez-vous le culot de me parler de sorte?!"
Le visage d’Enora devint rouge de rage. Le petit Théo, toujours serré contre elle, se mit à pleurer à chaudes larmes, sentant la tension naissante dans la pièce. Eleonore vint récupérer son fils dans ses bras avec toute la tendresse du monde, avant de s’éclipser de la pièce pour laisser les autres dans leur conversation.
S’éloignant du salon, elle s’en alla rejoindre son autre belle sœur ainsi que les enfants dans le grand jardin du manoir, caressant doucement le dos de son fils pour qu’il se calme.
Hébergeuse d’araignées à plein temps
Colonelle du régiment PAC