Au détour d'un couloir
Un début d'après-midi, un mercredi
Samedi 26 Septembre 2046
Avec Aelle Bristyle
Samedi 26 Septembre 2046
Avec Aelle Bristyle
La journée avait bien commencé. On était mercredi, donc pas de cours aujourd'hui. Ce n'est pas que je n'aime pas aller en cours, au contraire, mais une journée sans en milieu de semaine, ce n'est pas plus mal car cela me permet d'avancer sur les devoirs et ne pas être en retard, passer du temps avec les filles - et apprendre à les connaître - et de temps en temps me promener dans le parc ou écrire des lettres pour mes proches en Angleterre. En parlant de lettre, après en avoir reçu une de ma grand-mère maternel - qui a été évidemment mise dans la confidence sur mon nouveau statut de sorcière - je me suis mise à la rédaction de ma réponse. C'est donc avec celle-ci, empaquetée dans une enveloppe à destination de Pré-au-Lard dont la poste fait le lien entre le monde magique et non magique, que je me dirige d'un pas tranquille vers la volière.
Les couloirs ne sont pas compactés d'élèves, la plupart sont soit déjà en cours soit dehors dans le parc. En même temps, il vaut mieux en profiter. Depuis quelques jours déjà, l'air se refroidit ; on sent bien que l'automne est là, ou presque. Ici, pas de télévision et de bulletin météo pour se tenir au courant de la météo des prochains jours. On ne peut que se fier à la couleur du ciel, la force de la brise, la température.
Je ralentis le pas en passant près d'une ouverture qui donne une vue sur l'extérieur et y jette un coup d'oeil. Le ciel bleu est parsemé de quelques nuages moutonneux. Ca et là, des élèves parcourent les terrains.
Je reprends ma marche, ma lettre cachetée entre mes doigts.
Au détour d'un couloir, j'aperçois une silhouette qui me semble familière qui marche quelques pas devant moi. En continuant, je sens mon coeur battre un peu plus vite : c'est bien ce que je pensais ! C'est la cinquième année que j'ai rencontré dans les dortoirs au début du mois. Mon cerveau mouline quant à son prénom... Aelle... oui c'est ça. Cette jeune fille brune, élancée, est la maîtresse d'un renard bleu au regard fascinant - et qui sait parler, et qui est intelligent ! - que j'ai pu rencontré il y a donc quelques semaines. Depuis, nous nous étions pas de nouveau vraiment croisé. Je l'avais aperçu à table une ou deux fois, silencieuse. Je n'avais pas alors osé l'accoster. Notre seul et unique échange avait été quelque peu tumultueux. Mais, son renard... son renard... Zikomo... Ah, son renard avait ce quelque chose... et il avait été bien sympathique avec moi et avait accepté que l'on se revoit !
Curieuse, en accélérant le pas un peu mais pas trop, je regarde si Aelle est seule ou pas...
@Aelle Bristyle
Dernière modification par Constance Nelson le 22 févr. 2023, 23:54, modifié 1 fois.
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's 🔥
Au détour d'un couloir
26 septembre 2046
Couloir — Poudlard
6ème année
J'ère dans les couloirs à la recherche d'un lieu calme et solitaire. J'ai le coeur qui tambourine un peu trop fort et un mal de tête persistant. J'ai mal quelque part dans le corps mais je ne sais pas où exactement. Cela fait une semaine que j'ai du mal à lancer des sortilèges sans ressentir une fatigue lancinante ou une douleur quelque part. Une semaine également que je me réveille en sueur chaque nuit, persuadée que se penche au-dessus de mon lit le corps décharné de ma directrice qui me couve de son regard inquiet plein de larmes. Parcourir des distances trop longues me fatigue aisément. Je me sens faible depuis notre escapade sur le Plateau, faible et lourde de tout un tas d'émotions ambivalentes. La seule chose à retenir c'est que je ne parviens pas à détourner mes pensées de Kristen Loewy et qu'au milieu de la rancœur de m'être fait abandonnée devant les portes du château alors que j'allais mal, il y a la reconnaissance d'avoir eu un aperçu d'une nouvelle utilisation de la magie. Tout cela se mélange évidemment à ma honte d'avoir échoué et d'avoir bien failli crever là-bas. Cela aussi explique mes cauchemars récurrents.
J'ère donc sans trouver ce que je cherche, seule par nécessité : je ne supporte pas la présence de grand monde lorsque je vais mal. Je m'arrête au beau milieu du couloir en grimaçant, repliée sur moi-même. J'imagine ce que Zikomo dirait s'il était là, cette conversation que nous avons déjà eu dix fois :
« Tu vas bien, Aelle ?
— J'comprends pas comment ça peut faire aussi mal, marmonnerais-je sur le même ton, les yeux fermés. Ça fait une semaine.
— Tu dois prendre le temps de t'en remettre. Tu as déstabilisé ton noyaux magique. »
Je secoue la tête pour m'arracher à ce rêve éveillé et reprends lentement ma marche, perdue dans mes souvenirs.
Couloir — Poudlard
6ème année
J'ère dans les couloirs à la recherche d'un lieu calme et solitaire. J'ai le coeur qui tambourine un peu trop fort et un mal de tête persistant. J'ai mal quelque part dans le corps mais je ne sais pas où exactement. Cela fait une semaine que j'ai du mal à lancer des sortilèges sans ressentir une fatigue lancinante ou une douleur quelque part. Une semaine également que je me réveille en sueur chaque nuit, persuadée que se penche au-dessus de mon lit le corps décharné de ma directrice qui me couve de son regard inquiet plein de larmes. Parcourir des distances trop longues me fatigue aisément. Je me sens faible depuis notre escapade sur le Plateau, faible et lourde de tout un tas d'émotions ambivalentes. La seule chose à retenir c'est que je ne parviens pas à détourner mes pensées de Kristen Loewy et qu'au milieu de la rancœur de m'être fait abandonnée devant les portes du château alors que j'allais mal, il y a la reconnaissance d'avoir eu un aperçu d'une nouvelle utilisation de la magie. Tout cela se mélange évidemment à ma honte d'avoir échoué et d'avoir bien failli crever là-bas. Cela aussi explique mes cauchemars récurrents.
J'ère donc sans trouver ce que je cherche, seule par nécessité : je ne supporte pas la présence de grand monde lorsque je vais mal. Je m'arrête au beau milieu du couloir en grimaçant, repliée sur moi-même. J'imagine ce que Zikomo dirait s'il était là, cette conversation que nous avons déjà eu dix fois :
« Tu vas bien, Aelle ?
— J'comprends pas comment ça peut faire aussi mal, marmonnerais-je sur le même ton, les yeux fermés. Ça fait une semaine.
— Tu dois prendre le temps de t'en remettre. Tu as déstabilisé ton noyaux magique. »
Je secoue la tête pour m'arracher à ce rêve éveillé et reprends lentement ma marche, perdue dans mes souvenirs.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 18 sept. 2022, 20:58, modifié 1 fois.
Au détour d'un couloir
Il me semble qu'Aelle est seule. Il n'y a pas de renard bleu à ses côtés ni devant. Soudain, elle s'arrête brusquement. Je m'arrête tout aussi rapidement. N'osant plus bouger, un peu comme une statue, je prie pour qu'elle ne se retourne pas pile à ce moment-là. Ne fais pas demi-tour, ne fais pas demi-tour. Il ne manquerait plus qu'elle croie que je la suis. Par ce que, à l'origine, ce n'est pas vraiment le cas. J'étais, enfin je suis en chemin vers la volière.
Dans son attitude, je sens que quelque chose ne tourne pas rond. Tout aussi soudainement, elle secoue la tête et reprend sa marche, d'un pas lent comme si... comme si elle semblait porter le monde sur ses épaules, ou qu'elle est extrêmement fatiguée, ou les deux. Je me mords la lèvre. Je ne peux, veux vraiment pas l'importuner. La dépasser comme si de rien n'était ? Non, je serais trop mal de la laisser derrière moi alors qu'elle n'a pas l'air bien. Mais pourquoi ce soudain élan d'empathie ? Après tout, on ne peut pas dire que notre dernier échange fut très agréable, qu'elle fut très agréable.
Oui mais... ce n'est pas une raison. Et, on est de la même maison, non ? On doit se serrer les coudes, pas vrai ?
Au fond de moi, je sais que ce prétexte est futile et bidon.
Je pense alors à Zikomo, que je connais très peu mais qui m'a fasciné. S'il reste avec elle, c'est qu'elle doit avoir un bon fond. Cela, j'en suis persuadée. C'est juste qu'elle le cache, qu'elle préfère se cacher derrière de hautes barrières. Très hautes les barrières.
Oui mais comment faire pour attirer son attention sans me faire envoyer balader ?
Soit je trouve un stratagème soit j'y vais au culot.
@Aelle Bristyle, Constance ne sait pas comment s'y prendre pour accoster Aelle, elle sent qu'il y a un souci. En même temps, ce n'est pas dans sa nature de laisser quelqu'un "de côté"
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Dans son attitude, je sens que quelque chose ne tourne pas rond. Tout aussi soudainement, elle secoue la tête et reprend sa marche, d'un pas lent comme si... comme si elle semblait porter le monde sur ses épaules, ou qu'elle est extrêmement fatiguée, ou les deux. Je me mords la lèvre. Je ne peux, veux vraiment pas l'importuner. La dépasser comme si de rien n'était ? Non, je serais trop mal de la laisser derrière moi alors qu'elle n'a pas l'air bien. Mais pourquoi ce soudain élan d'empathie ? Après tout, on ne peut pas dire que notre dernier échange fut très agréable, qu'elle fut très agréable.
Oui mais... ce n'est pas une raison. Et, on est de la même maison, non ? On doit se serrer les coudes, pas vrai ?
Au fond de moi, je sais que ce prétexte est futile et bidon.
Je pense alors à Zikomo, que je connais très peu mais qui m'a fasciné. S'il reste avec elle, c'est qu'elle doit avoir un bon fond. Cela, j'en suis persuadée. C'est juste qu'elle le cache, qu'elle préfère se cacher derrière de hautes barrières. Très hautes les barrières.
Oui mais comment faire pour attirer son attention sans me faire envoyer balader ?
Soit je trouve un stratagème soit j'y vais au culot.
@Aelle Bristyle, Constance ne sait pas comment s'y prendre pour accoster Aelle, elle sent qu'il y a un souci. En même temps, ce n'est pas dans sa nature de laisser quelqu'un "de côté"
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Au détour d'un couloir
J’accélère le pas, comme si je pouvais abandonner mes pensées derrière moi et continuer d’avancer sans elles. Les talonnettes de mes bottines frappent sur le sol à intervalle régulier. Un tap tap tap qui me taperait sur le système s’il ne me rappelait pas le bruit que fait une certaine femme lorsqu’elle traverse les couloirs de cette façon. Je me demande ce qui lui passe par la tête à celle-là, je crois que je ne la comprendrai jamais. Je crois également que j’ai accepté cette situation, malgré mon corps douloureux et le traumatisme d’avoir bien manqué crever dans cette montagne, accepté qu’elle était ainsi. Je crois que je ne souhaite pas qu’elle soit autrement, au fond.
Un soupir m’arrache à mes pensées. Bordel, je déteste vraiment cette semaine ! Je suis trop étroite dans ma peau sensible, j’étouffe, je souffre, et je dois bien vivre avec mon échec qui ne fait que prouver que je ne suis pas grand chose. Elle est belle la sorcière exceptionnelle ! Ouais, elle est belle !
Au bout du couloir, celui-ci tourne sur la droite. Je sais qu’il donne sur l’un de ses voisins dont les murs sont percés de grandes fenêtres qui donnent sur le parc. C’est en empruntant le tournant que j’aperçois cette petite ombre, au loin. Étant donné que je suis dans une école rempli d’élève, je me contente d’un regard rapide ; c'est bien une élève dont l'existence me laisse de marbre.
J'avance dans le couloir aux murs percés, le regard braqué sur le ciel bleu. La beauté de sa couleur nous laisse penser qu'il fait bon dehors mais je suis désormais bien trop habituée à l'Écosse pour savoir que l'air se refroidit considérablement et que je suis mieux ici que dehors. Je me pose contre la vitre, l'avant du bras et le front en tête à tête avec celle-ci et laisse mon regard se perdre sur les montagnes qui se détachent majestueusement sur l'horizon.
Je vois que Constance a du mal oui et je la comprends ! Aelle n'a pas encore compris qu'elle était suivi, dommage pour elle !
Un soupir m’arrache à mes pensées. Bordel, je déteste vraiment cette semaine ! Je suis trop étroite dans ma peau sensible, j’étouffe, je souffre, et je dois bien vivre avec mon échec qui ne fait que prouver que je ne suis pas grand chose. Elle est belle la sorcière exceptionnelle ! Ouais, elle est belle !
Au bout du couloir, celui-ci tourne sur la droite. Je sais qu’il donne sur l’un de ses voisins dont les murs sont percés de grandes fenêtres qui donnent sur le parc. C’est en empruntant le tournant que j’aperçois cette petite ombre, au loin. Étant donné que je suis dans une école rempli d’élève, je me contente d’un regard rapide ; c'est bien une élève dont l'existence me laisse de marbre.
J'avance dans le couloir aux murs percés, le regard braqué sur le ciel bleu. La beauté de sa couleur nous laisse penser qu'il fait bon dehors mais je suis désormais bien trop habituée à l'Écosse pour savoir que l'air se refroidit considérablement et que je suis mieux ici que dehors. Je me pose contre la vitre, l'avant du bras et le front en tête à tête avec celle-ci et laisse mon regard se perdre sur les montagnes qui se détachent majestueusement sur l'horizon.
Je vois que Constance a du mal oui et je la comprends ! Aelle n'a pas encore compris qu'elle était suivi, dommage pour elle !
Au détour d'un couloir
Je continue sur les traces d'Aelle sans un bruit. Allez Constance, fais quelque chose ! Je me mords la lèvre, totalement dans l'incertitude. Toujours ma lettre dans ma main qui s'est alors crispée, je sens la matière de l'enveloppe contre les doigts. Ne voulant pas l'abimer, je la roule et la fourre dans ma grande poche de sorcière.
Notre couloir débouche sur un autre dont les murs sont percés de grandes fenêtres donnant sur le parc. Mon regard est tout de suite happé par la vue. Ce n'est pas la première fois que je viens ici pourtant, comme à chaque fois, je ne peux m'empêcher de me sentir impressionnée par la vue. Notre école se trouve quand même dans un endroit magnifique.
je ne sais pas si j'ai fait un bruit particulier, moi qui me croit silencieuse comme une petite souris, mais Aelle tourne alors la tête de côté comme si elle avait vu quelqu'un ou entendu quelque chose. Je déglutit. Sait-elle que je suis là ? Est-elle agacée ?
Allez Constance, sois courageuse ! Elle n'est pas un monstre non plus.
Inspirant et expirant profondément, je commence à accélérer légèrement le pas lorsque Aelle s'arrête subitement et s'adosse contre une des fenêtres. Le regard fiché sur dehors, elle semble perdue dans ses pensées.
C'est le moment où jamais.
Je m'arrête à deux pas d'elle. Je sens mon coeur battre un peu fort. Je n'ai pas peur d'elle. Non. Je suis plutôt inquiète de la tournure que pourrait prendre notre échange. Mais c'est plus fort que moi. J'inspire et expire profondément, doucement. Puis je me lance.
- Salut ! Alors comme ça, ton ami renard - Zikomo c'est ça ? - n'est pas avec toi ?
Je me tourne ensuite vers la vitre, comme elle et affecte de regarder dehors.
@Aelle Bristyle
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Notre couloir débouche sur un autre dont les murs sont percés de grandes fenêtres donnant sur le parc. Mon regard est tout de suite happé par la vue. Ce n'est pas la première fois que je viens ici pourtant, comme à chaque fois, je ne peux m'empêcher de me sentir impressionnée par la vue. Notre école se trouve quand même dans un endroit magnifique.
je ne sais pas si j'ai fait un bruit particulier, moi qui me croit silencieuse comme une petite souris, mais Aelle tourne alors la tête de côté comme si elle avait vu quelqu'un ou entendu quelque chose. Je déglutit. Sait-elle que je suis là ? Est-elle agacée ?
Allez Constance, sois courageuse ! Elle n'est pas un monstre non plus.
Inspirant et expirant profondément, je commence à accélérer légèrement le pas lorsque Aelle s'arrête subitement et s'adosse contre une des fenêtres. Le regard fiché sur dehors, elle semble perdue dans ses pensées.
C'est le moment où jamais.
Je m'arrête à deux pas d'elle. Je sens mon coeur battre un peu fort. Je n'ai pas peur d'elle. Non. Je suis plutôt inquiète de la tournure que pourrait prendre notre échange. Mais c'est plus fort que moi. J'inspire et expire profondément, doucement. Puis je me lance.
- Salut ! Alors comme ça, ton ami renard - Zikomo c'est ça ? - n'est pas avec toi ?
Je me tourne ensuite vers la vitre, comme elle et affecte de regarder dehors.
@Aelle Bristyle
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Au détour d'un couloir
Je ne l'entends qu'au dernier moment. Sa voix me frappe, je me retourne dans un sursaut, surprise de la voir ici alors que j'avais aperçu une silhouette derrière moi dans le couloir. J'avais déjà oublié. Et je le regrette au moment même où je reconnais l'enfant. Comment s'appelle-t-elle, déjà ? Ça ne me revient pas, pourtant notre rencontre n'est pas si vieille que ça. Il faut dire qu'elle n'avait pas été très marquante non plus et que j'ai vécu ces derniers temps des événements bien plus prenant qui occupent chaque coin de mon esprit et de ma mémoire, même les plus obscurs.
Et cette question... Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi, tout simplement ? C'est vrai qu'elle a eu l'occasion de parler à Zikomo, à mon plus grand malheur... Et comme la plupart des jeunes gens de cette école, elle pense qu'elle a le droit de venir me poser des questions à son propos, comme si Zikomo n'était pas un créature douée d'une conscience capable de se coltiner la fatigante corvée de devoir expliquer les raisons mêmes de son existence. Quoi que... Un doute me prend, je lui lance un regard en coin : peut-être vient-elle pour moi, après tout, et que sa question n'est destinée qu'à rendre le rapprochement plus facile ? Je ne vois pas ce qu'elle peut bien me vouloir mais je doute que ce soit intéressant.
« Un renard ? demandé-je d'une voix traînante. Je vois pas ce que tu veux dire, je suis amie avec aucun renard. »
Je me rencogne contre la vitre, plus sombre que précédemment. Je prends pour témoin de ma fatigue le ciel qui me parait immense, trop grand face au sentiment d'échec qui me poursuit depuis une semaine et qui met à mal la confiance qui a toujours été la mienne.
« Tu me voulais un truc ? »
Je n'ai pas la patience d'attendre qu'elle daigne arriver au cœur du sujet.
Et cette question... Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi, tout simplement ? C'est vrai qu'elle a eu l'occasion de parler à Zikomo, à mon plus grand malheur... Et comme la plupart des jeunes gens de cette école, elle pense qu'elle a le droit de venir me poser des questions à son propos, comme si Zikomo n'était pas un créature douée d'une conscience capable de se coltiner la fatigante corvée de devoir expliquer les raisons mêmes de son existence. Quoi que... Un doute me prend, je lui lance un regard en coin : peut-être vient-elle pour moi, après tout, et que sa question n'est destinée qu'à rendre le rapprochement plus facile ? Je ne vois pas ce qu'elle peut bien me vouloir mais je doute que ce soit intéressant.
« Un renard ? demandé-je d'une voix traînante. Je vois pas ce que tu veux dire, je suis amie avec aucun renard. »
Je me rencogne contre la vitre, plus sombre que précédemment. Je prends pour témoin de ma fatigue le ciel qui me parait immense, trop grand face au sentiment d'échec qui me poursuit depuis une semaine et qui met à mal la confiance qui a toujours été la mienne.
« Tu me voulais un truc ? »
Je n'ai pas la patience d'attendre qu'elle daigne arriver au cœur du sujet.
Au détour d'un couloir
-Un renard ? répond Aelle d'une voix traînante. Je vois pas ce que tu veux dire, je suis amie avec aucun renard.
Je sens mon coeur battre un peu plus vite à ces mots et la regarde furtivement du coin de l'oeil. Réponds quelque chose, réponds quelque chose.
Je pense alors à notre dernière rencontre et visualise - étrangement assez nettement - le renard bleu, et son regard qui m'avait alors fasciné tandis qu'il m'avait parlé.
Aelle s'appuie contre la vitre, le visage grave. Peut être qu'on lui parle souvent de Zikomo et qu'elle en a marre ? Peut être qu'elle pense que je me suis arrêté près d'elle, interrompant le fil de ses pensées sombres, pour lui parler uniquement de son ami. D'ailleurs, le ton qu'elle a pris, d'une lenteur calculée, faisait référence à quoi ? Elle me croyait stupide ? Je n'avais rien imaginé. J'avais beau aimé lire et avoir une bonne imagination, je n'avais quand même pas imaginé que je croiserais la route d'un magnifique renard bleu qui savait parler et qui semblait être pourvu d'une rare sagesse.
- Oui, bien sûr... soufflais-je en esquissant un petit sourire en coin.
-Tu me voulais un truc ?
Cette question sans détour à le mérite de me faire tourner vers elle spontanément, mes yeux balayant son visage sérieux.
Je me tourne à nouveau vers le dehors, mes lèvres esquissant cette fois-ci un léger sourire. Elle m'avait surprise, moi qui pensait qu'elle allait me rembarrer, je ne m'attendais par à une question si "naturelle", neutre, de sa part. Comme quoi. Après tout, je ne savais pas grand chose d'elle mis à part qu'elle a un sacré caractère et est amie avec un renard. Ah si, je sais, enfin, je sens - là au fond de moi - qu'elle s'est forgé une sacré carapace mais que dessous il y a une jeune fille avec sa propre sensibilité et qu'elle a un bon fond - sinon, comment cela se ferait que Zikomo soit ami avec elle ? -, qu'il faut juste l'apprivoiser ? Dubitative face à cette pensée, je reste silencieuse l'espace d'une seconde.
Je hausse les épaules, voulant paraître désinvolte.
- Je t'ai reconnue, et j'ai voulu te saluer. Désolée si je te dérange...
Je glisse une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Comment lui dire que je sens aussi qu'il y a un truc qui cloche là, chez elle, et que ça m'embête de la laisser en plan, sans qu'elle me rit au nez et m'envoie promener ?
- Au fait, je me demandais... tu as pris quelle filière ?
Ouais, super Constance ! Intérieurement, je me tape le front.
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Je sens mon coeur battre un peu plus vite à ces mots et la regarde furtivement du coin de l'oeil. Réponds quelque chose, réponds quelque chose.
Je pense alors à notre dernière rencontre et visualise - étrangement assez nettement - le renard bleu, et son regard qui m'avait alors fasciné tandis qu'il m'avait parlé.
Aelle s'appuie contre la vitre, le visage grave. Peut être qu'on lui parle souvent de Zikomo et qu'elle en a marre ? Peut être qu'elle pense que je me suis arrêté près d'elle, interrompant le fil de ses pensées sombres, pour lui parler uniquement de son ami. D'ailleurs, le ton qu'elle a pris, d'une lenteur calculée, faisait référence à quoi ? Elle me croyait stupide ? Je n'avais rien imaginé. J'avais beau aimé lire et avoir une bonne imagination, je n'avais quand même pas imaginé que je croiserais la route d'un magnifique renard bleu qui savait parler et qui semblait être pourvu d'une rare sagesse.
- Oui, bien sûr... soufflais-je en esquissant un petit sourire en coin.
-Tu me voulais un truc ?
Cette question sans détour à le mérite de me faire tourner vers elle spontanément, mes yeux balayant son visage sérieux.
Je me tourne à nouveau vers le dehors, mes lèvres esquissant cette fois-ci un léger sourire. Elle m'avait surprise, moi qui pensait qu'elle allait me rembarrer, je ne m'attendais par à une question si "naturelle", neutre, de sa part. Comme quoi. Après tout, je ne savais pas grand chose d'elle mis à part qu'elle a un sacré caractère et est amie avec un renard. Ah si, je sais, enfin, je sens - là au fond de moi - qu'elle s'est forgé une sacré carapace mais que dessous il y a une jeune fille avec sa propre sensibilité et qu'elle a un bon fond - sinon, comment cela se ferait que Zikomo soit ami avec elle ? -, qu'il faut juste l'apprivoiser ? Dubitative face à cette pensée, je reste silencieuse l'espace d'une seconde.
Je hausse les épaules, voulant paraître désinvolte.
- Je t'ai reconnue, et j'ai voulu te saluer. Désolée si je te dérange...
Je glisse une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Comment lui dire que je sens aussi qu'il y a un truc qui cloche là, chez elle, et que ça m'embête de la laisser en plan, sans qu'elle me rit au nez et m'envoie promener ?
- Au fait, je me demandais... tu as pris quelle filière ?
Ouais, super Constance ! Intérieurement, je me tape le front.
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Au détour d'un couloir
Mon regard ne reflète d'abord qu'un simple étonnement teinté d'agacement : tu as voulu me saluer ? Alors que nous nous sommes parlé qu'une seule fois, que tu n'es qu'une première année et moi une sixième année ? Me saluer, sérieusement ? Oui tu me déranges, voudrais-je lui dire, si j'avais voulu avoir de la compagnie, je serais resté dans la Salle Commune où il y a toujours un abruti ou une abrutie comme toi pour venir m'embêter. Je le lui aurais dit si elle n'avait pas continué sur le mauvais chemin qu'elle commençait à fouler.
Mon rictus agacé se voit désormais clairement sur mon visage lorsque je me détourne du paysage pour la regarder franchement.
« Les filières ? m'étonné-je d'une voix dure. Tu es sincèrement venue me parler des filières ? »
Existe-t-il un monde dans lequel il serait possible que cette enfant traverse tout un couloir pour venir me poser des questions à propos d'un sujet aussi peu intéressant que les filières ? Par ailleurs, elle n'aura à choisir la sienne que dans deux ou trois ans ; c'est quoi son problème ? Il y a des élèves plus âgés qui portent littéralement sur le visage la gentillesse à l'état pur. Des gens, même, qui vont voir les élèves de première année pour leur parler de ce genre de choses. Et elle préfère venir me voir moi alors que je n'ai jamais, et je le jure, fait quoi que ce soit pour encourager les autres à m'approcher ? Encore une fois : Merlin, c'est quoi son problème ?
« William Jefferson, Maddie Joy, Herminie Peers, commencé-je à énumérer d'une voix moqueuse. Megan Arrington, Machin O'Connors, même cette foutue Dwight ou l'autre Kernac'h... Tu veux que je continue ou pas ? Tu les connais, non ? Ils sont beaucoup plus à même que moi de répondre à toutes les questions que tu pourrais te poser, tu sais pourquoi ? Parce qu'ils auront envie de le faire. »
Je la regarde pendant quelques secondes encore histoire qu'elle comprenne bien ce que je cherche à lui dire avant de me rencogner contre la vitre pour diluer mon existence dans le magnifique paysage qui me fait face. J'ai conscience de ma méchanceté mais Merlin est témoin que je n'en ai absolument rien à faire : c'est elle qui me dérange, c'est elle qui est en tort.
Bienvenue dans le monde d'Aelle, petite Constance !
Excuse-moi pour le retard !
Mon rictus agacé se voit désormais clairement sur mon visage lorsque je me détourne du paysage pour la regarder franchement.
« Les filières ? m'étonné-je d'une voix dure. Tu es sincèrement venue me parler des filières ? »
Existe-t-il un monde dans lequel il serait possible que cette enfant traverse tout un couloir pour venir me poser des questions à propos d'un sujet aussi peu intéressant que les filières ? Par ailleurs, elle n'aura à choisir la sienne que dans deux ou trois ans ; c'est quoi son problème ? Il y a des élèves plus âgés qui portent littéralement sur le visage la gentillesse à l'état pur. Des gens, même, qui vont voir les élèves de première année pour leur parler de ce genre de choses. Et elle préfère venir me voir moi alors que je n'ai jamais, et je le jure, fait quoi que ce soit pour encourager les autres à m'approcher ? Encore une fois : Merlin, c'est quoi son problème ?
« William Jefferson, Maddie Joy, Herminie Peers, commencé-je à énumérer d'une voix moqueuse. Megan Arrington, Machin O'Connors, même cette foutue Dwight ou l'autre Kernac'h... Tu veux que je continue ou pas ? Tu les connais, non ? Ils sont beaucoup plus à même que moi de répondre à toutes les questions que tu pourrais te poser, tu sais pourquoi ? Parce qu'ils auront envie de le faire. »
Je la regarde pendant quelques secondes encore histoire qu'elle comprenne bien ce que je cherche à lui dire avant de me rencogner contre la vitre pour diluer mon existence dans le magnifique paysage qui me fait face. J'ai conscience de ma méchanceté mais Merlin est témoin que je n'en ai absolument rien à faire : c'est elle qui me dérange, c'est elle qui est en tort.
Bienvenue dans le monde d'Aelle, petite Constance !
Excuse-moi pour le retard !
Au détour d'un couloir
Son visage passe de l'étonnement à... un air clairement agacé. Bon. Un rictus lui barre les lèvres et elle détourne le regard vers dehors... sûrement en train de choisir sa répartie préférée pour me rembarrer.
D'une voix froide, elle me demande si j'avais vraiment eu l'intention de venir la voir pour lui parler de son orientation.
Elle est sérieuse ? Elle a pas juste pensé que j'ai... paniqué ? Enfin, pas au sens propre du terme. Mon cerveau m'a juste abandonné l'espace d'un instant. J'ai juste voulu changer de sujet, discuter. Non, elle me croit vraiment stupide alors : tiens, et si j'allais me promener dans les couloirs... ah mais c'est Aelle, tiens et si j'allais l'aborder - parce que c'est bien connu, Aelle a la réputation d'être une fille hyper avenante et tout - et lui demander de me parler de son orientation scolaire. Oui, bien sûr.
C'est alors qu'elle commence à énumérer une liste de prénoms :
- William Jefferson, Maddie Joy, Herminie Peers, Megan Arrington, Machin O'Connors, même cette foutue Dwight ou l'autre Kernac'h... Tu veux que je continue ou pas ? me demande-t-elle d'une voix moqueuse. Tu les connais, non ? Ils sont beaucoup plus à même que moi de répondre à toutes les questions que tu pourrais te poser, tu sais pourquoi ? Parce qu'ils auront envie de le faire.
Mes lèvres forment une moue dubitative. Du Aelle tout craché : direct et avec un soupçon de subtilité. Le tact, pourquoi faire ?
Je choisis mes mots, choisissant de conserver un ton calme et léger.
- Je t'avoues que non, je ne les connais pas tous. De nom, certains oui. Je fais mine de faire une pause, regardant dehors. Ouh, que je suis forte. Mais, non, je ne les connais pas à ce point mais c'est gentil de me passer leurs noms, ce sera alors plus facile de les trouver quand j'aurais des questions sur mon orientation. Après, j'ai le temps, non ?
A travers la vitre, je vois une nuée d'oiseaux s'envoler dans le ciel. Du regard, je suis leur ballet aérien. Intérieurement, je m'exhorte à inspirer et expirer profondément. Parfois, c'est comme un pansement : ça ne sert à rien de tourner trop longtemps autour du pot.
- A vrai dire, je sais qu'on ne se connait pas bien, pas vraiment même et... tu dois sûrement te demander ce que je te veux. Désolée si je te dérange. Ce n'était pas mon intention. J'ai senti que ça n'allait pas. Et... je lui jette un regard franc, sans détour, tachant de ne pas ciller et de paraître calme et résolue. Matûre, quoi. Ne prends pas mal, mais je ne me voyais pas te laisser en plan comme ça. Je sais, tu crois sûrement que c'est stupide, dis-je en faisant mine de lever les yeux en l'air, mais je suis comme ça. A me soucier d'autrui. Cela ne veut pas dire que j'ai l'intention de te coller aux basques ou... cherchant mes mots, je regarde alors les oiseaux s'éloigner. Te tomber dessus au détour de chaque couloir, j'ai bien d'autres choses à faire, je souris plus pour moi-même que pour elle. Mais saches que si tu as besoin de parler sans forcément échanger, juste parler, eh bien ça ne me dérange pas. Je sais bien écouter. Et, je ne juge pas. Et je sais tenir ma langue.
Sur ces derniers mots, j'attends une seconde ou deux avant de lui jeter un regard en coin. Alors, qu'a-t-elle à me dire ?
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's 🔥
D'une voix froide, elle me demande si j'avais vraiment eu l'intention de venir la voir pour lui parler de son orientation.
Elle est sérieuse ? Elle a pas juste pensé que j'ai... paniqué ? Enfin, pas au sens propre du terme. Mon cerveau m'a juste abandonné l'espace d'un instant. J'ai juste voulu changer de sujet, discuter. Non, elle me croit vraiment stupide alors : tiens, et si j'allais me promener dans les couloirs... ah mais c'est Aelle, tiens et si j'allais l'aborder - parce que c'est bien connu, Aelle a la réputation d'être une fille hyper avenante et tout - et lui demander de me parler de son orientation scolaire. Oui, bien sûr.
C'est alors qu'elle commence à énumérer une liste de prénoms :
- William Jefferson, Maddie Joy, Herminie Peers, Megan Arrington, Machin O'Connors, même cette foutue Dwight ou l'autre Kernac'h... Tu veux que je continue ou pas ? me demande-t-elle d'une voix moqueuse. Tu les connais, non ? Ils sont beaucoup plus à même que moi de répondre à toutes les questions que tu pourrais te poser, tu sais pourquoi ? Parce qu'ils auront envie de le faire.
Mes lèvres forment une moue dubitative. Du Aelle tout craché : direct et avec un soupçon de subtilité. Le tact, pourquoi faire ?
Je choisis mes mots, choisissant de conserver un ton calme et léger.
- Je t'avoues que non, je ne les connais pas tous. De nom, certains oui. Je fais mine de faire une pause, regardant dehors. Ouh, que je suis forte. Mais, non, je ne les connais pas à ce point mais c'est gentil de me passer leurs noms, ce sera alors plus facile de les trouver quand j'aurais des questions sur mon orientation. Après, j'ai le temps, non ?
A travers la vitre, je vois une nuée d'oiseaux s'envoler dans le ciel. Du regard, je suis leur ballet aérien. Intérieurement, je m'exhorte à inspirer et expirer profondément. Parfois, c'est comme un pansement : ça ne sert à rien de tourner trop longtemps autour du pot.
- A vrai dire, je sais qu'on ne se connait pas bien, pas vraiment même et... tu dois sûrement te demander ce que je te veux. Désolée si je te dérange. Ce n'était pas mon intention. J'ai senti que ça n'allait pas. Et... je lui jette un regard franc, sans détour, tachant de ne pas ciller et de paraître calme et résolue. Matûre, quoi. Ne prends pas mal, mais je ne me voyais pas te laisser en plan comme ça. Je sais, tu crois sûrement que c'est stupide, dis-je en faisant mine de lever les yeux en l'air, mais je suis comme ça. A me soucier d'autrui. Cela ne veut pas dire que j'ai l'intention de te coller aux basques ou... cherchant mes mots, je regarde alors les oiseaux s'éloigner. Te tomber dessus au détour de chaque couloir, j'ai bien d'autres choses à faire, je souris plus pour moi-même que pour elle. Mais saches que si tu as besoin de parler sans forcément échanger, juste parler, eh bien ça ne me dérange pas. Je sais bien écouter. Et, je ne juge pas. Et je sais tenir ma langue.
Sur ces derniers mots, j'attends une seconde ou deux avant de lui jeter un regard en coin. Alors, qu'a-t-elle à me dire ?
@Aelle Bristyle désolée, ma plume s'est un peu emballée 
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5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
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Au détour d'un couloir
Bla bla bla. La phrase moqueuse résonne dans ma tête et si je ne lève pas les yeux au ciel, c'est seulement qu'il me manque l'énergie pour le faire. Elle n'a décidément pas compris que je n'avais aucune envie de discuter avec elle. Elle commente tout ce que je dis, comme si je m'intéressais à ce qu'elle racontait, et sa présence me tape un peu plus sur le système à chaque seconde qui s'écoule. Puis elle se met à hésiter, à couper chacune de ses phrases comme si ce qu'elle disait était trop difficile à sortir. Il s'en faudrait de peu pour qu'elle balbutie. Je me tourne vers elle pour qu'elle ne manque rien de mes expressions faciales : sourcils qui se dressent sur mon front, nez qui se froisse, lèvres qui s'incurvent vers le bas, soupir qui fait se lever et s'abaisser mes épaules. Tout y passe mais rien y fait puisqu'elle continue de déblatéter.
Je crispe les mâchoires à la phrase : « j'ai senti que ça n'allait pas ». Merci, gamine, de me dire sans aucun tact que j'ai une tronche déplorable et que je me traîne dans les couloirs comme un cadavre à qui un détraqueur aurait aspiré toute son âme. Je sais que je suis misérable, je le sens figure-toi, sur ma peau et dans mon corps. Mais tu ne comprends pas, toi, tu ne sais pas ce que c'est cette souffrance.
Je prends alors conscience d'une chose qui m'avait échappée : cette jeune fille est d'une innocence maladive pour croire qu'avec son petit discours je vais m'épancher et en plus la remercier d'avoir été là pour moi. Dans quel monde ça arrive ? Elle n'est rien. À quel moment elle pense que je pourrais lui raconter mes petites aventures et lui conter comment, il y a une semaine, la grande directrice de Poudlard m'a amené loin du château pour me faire découvrir une manipulation magique que j'ai échoué à contrôler ? À quel moment ?
Que dire ? Elle est incapable d'écouter alors autant garder ma salive pour moi. Et réfuter ses paroles seraient inutiles : j'ai la tronche de l'emploi, elle ne me croira pas si je lui dit que je vais bien, elle me collera encore plus, ça va vriller, je vais lui gueuler dessus et si elle part pas je lui lancerai un sortilège, chose que je ne devrais évidemment pas faire puisque je me suis vidée de ma magie il y a peu. Autant me taire, me taire jusqu'à ce qu'elle comprenne d'elle-même.
Alors, la mine sombre, je garde le silence. Ce genre de silence malaisant qui la fera, je l'espère, se sentir aussi mal que moi.
Excuse-moi pour le retard !
Ne perdons pas espoir, je suis sûre qu'il y a un monde dans lequel elles peuvent discuter.
Je crispe les mâchoires à la phrase : « j'ai senti que ça n'allait pas ». Merci, gamine, de me dire sans aucun tact que j'ai une tronche déplorable et que je me traîne dans les couloirs comme un cadavre à qui un détraqueur aurait aspiré toute son âme. Je sais que je suis misérable, je le sens figure-toi, sur ma peau et dans mon corps. Mais tu ne comprends pas, toi, tu ne sais pas ce que c'est cette souffrance.
Je prends alors conscience d'une chose qui m'avait échappée : cette jeune fille est d'une innocence maladive pour croire qu'avec son petit discours je vais m'épancher et en plus la remercier d'avoir été là pour moi. Dans quel monde ça arrive ? Elle n'est rien. À quel moment elle pense que je pourrais lui raconter mes petites aventures et lui conter comment, il y a une semaine, la grande directrice de Poudlard m'a amené loin du château pour me faire découvrir une manipulation magique que j'ai échoué à contrôler ? À quel moment ?
Que dire ? Elle est incapable d'écouter alors autant garder ma salive pour moi. Et réfuter ses paroles seraient inutiles : j'ai la tronche de l'emploi, elle ne me croira pas si je lui dit que je vais bien, elle me collera encore plus, ça va vriller, je vais lui gueuler dessus et si elle part pas je lui lancerai un sortilège, chose que je ne devrais évidemment pas faire puisque je me suis vidée de ma magie il y a peu. Autant me taire, me taire jusqu'à ce qu'elle comprenne d'elle-même.
Alors, la mine sombre, je garde le silence. Ce genre de silence malaisant qui la fera, je l'espère, se sentir aussi mal que moi.
Excuse-moi pour le retard !
Ne perdons pas espoir, je suis sûre qu'il y a un monde dans lequel elles peuvent discuter.