Une baguette vaut mieux que deux points de croix
SAMEDI 21 SEPTEMBRE
Fin de matinée, table de Serpentard
Avec @Sybil Donevant
Fin de matinée, table de Serpentard
Avec @Sybil Donevant
Orla eut beaucoup de mal à descendre les escaliers ce matin-là. D'abord parce qu'elle était encore toute courbaturée de son premier match de Quidditch. Certes, le match de découverte datait d'une semaine tout juste, mais il reste que son corps se souvenait comme si c'était hier des coups de cognards. Ensuite et peut-être surtout parce qu'elle portait un énorme manuel sous son bras, avec en prime son nécessaire de couture et des patrons de tailles diverses et variées. Certains élèves voulurent bien lui prêter assistance en voyant cette gamine chargée comme une mule avancer à pas d'escargots, mais elle refusa chaque proposition avec son entêtement qui la caractérisait si bien.
Elle fut cependant bien aise d'enfin parvenir à la Grande salle. Avec un grand « PAF ! », elle laissa tomber son barda pêle-mêle sur la table la plus proche, sans prêter la moindre attention aux élèves qui pourraient s'y trouver attablés. Elle était persuadée qu'il s'agissait de la table des Poufsouffle, ce qui expliquait son attitude sans-gêne.
Après avoir pris place sur un blanc, Orla commença à trier son bazar. D'abord, la malette de couture : elle aligna sa pochette à aiguilles devant elle, ainsi que les différentes bobines de fil. Puis son dé à coudre doré et assorti à son ruban à mesurer, qu'elle ne mit pas longtemps à placer à côté des patrons aux angles écornés. Ensuite et pour finir, cet énorme manuel qu'elle avait ramené de Derry. C'était une véritable Bible pour les passionnés de la mode de l'époque victorienne.
C'était précisément ce sujet qui passionnait Orla depuis les vacances d'été. Elle avait décidé d'entreprendre la réalisation d'un gant de soirée. La preuve de cette tentative reposait à présent sur la table en bois cirée : elle s'était appuyée sur des patrons flous et peu instructifs qu'elle avait imprimés en vitesse peut avant son départ. Le gant en question faisait peine à voir, tout piqué qu'il était d'épingles et d'aiguilles en tout genre. Orla s'était mis en tête de dessiner son propre patron à partir de lithographies d'époque pour tenter de l'améliorer.
Orla feuilleta les pages du manuel d'une main experte – elle l'avait lu et relu jusqu'à en connaître les moindres détails, en témoignaient les nombreux post-its colorés qui dépassaient. Puis, courbée sur son carnet à croquis, elle entreprit de tracer une première courbe à l'aide de son rapporteur et d'un crayon à papier. Elle tirait la langue sous l'effet de la concentration, et comme souvent lorsqu'elle était absorbée par une activité, le son provenant de l'extérieur de sa bulle fut bien vite étouffé pour laisser place à celui de sa respiration calme et régulière.
Et voici ! N'hésite pas à me dire si quelque chose ne te convient pas.