14 sept. 2022, 22:34
Petit prince cherche grand magicien  Privé 
Avec Coelestin Noestlinger,
le 14 septembre 2047

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ㅤㅤㅤQuand le petit prince arriva sur cette planète, il n'y trouva qu'un habitant. Il semblait très concentré.
ㅤㅤㅤ- Que fais-tu ? demanda le petit prince, curieux.
ㅤㅤㅤ- J'essaie de réussir un exercice, répondit le garçon sans lever les yeux.
ㅤㅤㅤ- Pourquoi ?
ㅤㅤㅤ- Pour rendre mes parents fiers.
ㅤㅤㅤ- Ils ne sont pas fiers ? s'enquit le petit prince.
ㅤㅤㅤ- Non, ils sont fâchés, confessa le garçon d'un air triste.
ㅤㅤㅤ- Fâchés pourquoi ?
ㅤㅤㅤ- Parce que je veux toujours tout réussir ! s'exclama-t-il.


𝙊scar était venu à Poudlard avec un but. Un objectif. Un destin.
Devenir le meilleur sorcier de son temps.
Et c'était mal parti.

À la surprise générale, on n'apprenait pas à tuer des vilains mages noirs dès le premier cours de Défense contre les Forces du Mal (et les cours de Sortilèges n'avaient pas relevé le niveau, si certains se posent la question) ; on ne pouvait pas monter de dragons en cours de Vol, seulement des balais ; on ne concocterait que des potions toutes douces et innocentes - et avec des gants, s'il vous plaît, il ne faudrait surtout pas risquer de se faire agresser par un des insectes morts qu'on leur demandait de manipuler précautionneusement.

Nous étions un samedi matin et l'été quittait doucement les plaines écossaises. Oscar se leva tard et traîna longtemps dans son dortoir, boudeur, se tournant et se retournant sous ses couvertures rouges sans parvenir à retrouver le sommeil. Résigné, il enfila une vieille tenue puis jeta un œil par la fenêtre avant de quitter son dortoir vide ; son humeur finit d'être assommée à la vue du ciel chagrin qui couvrait Poudlard. Il ne pleuvait pas mais tout était gris.

Sans passer par la case Grande Salle (de toute façon, restait-il encore à manger à cette heure tardive de la matinée ?), Oscar traîna des pieds dans le château, hésitant à aller frapper à la porte du bureau du professeur Valerion pour lui demander quand est-ce qu'ils allaient pouvoir passer aux vrais sorts. Après un temps de réflexion, il décida de ne rien en faire ; il n'avait pas peur de son enseignante, bien sûr ! mais il supposa simplement qu'elle n'était de toute façon probablement pas dans son bureau.

Les mains dans la poche de son pull gris, ennuyé, il tourna machinalement la tête vers la grande fenêtre qui donnait sur le lac et aperçut deux élèves de Gryffondor, sans doute en sixième ou en septième année, qui jouaient avec un frisbee magique dans le parc. Il observa leur jeu sans rien penser pendant quelques secondes, et soudain il comprit.

Ils étaient juste là.
Des sorciers expérimentés (en tout cas plus que lui) et moins ennuyants, à n'en pas douter, que ses professeurs tant à cheval sur la sacro-sainte sécurité.
Bon, pas ceux-là spécifiquement, évidemment - ils semblaient trop occupés pour qu'Oscar ose les interrompre - mais il existait plein d'autres élèves en dernière année. Ses sauveurs.

Il s'élança au-dehors en furie, passa en courant devant les deux Gryffondor qui lui lancèrent un regard légèrement étonné avant de retourner à leur jeu, et repéra bientôt un élève bien plus âgé que lui au bord du lac, dans un coin isolé, plongé dans un grimoire qui n'aurait pas pu retenir l'attention d'Oscar même s'il s'était mis à chanter un air d'opéra.

Il s'approcha de l'élève (le messie, le libérateur de sa prison d'ennui, le faiseur de sorts) et s'arrêta à quelques centimètres derrière lui. Le garçon était assis, les yeux rivés sur son livre, et Oscar, toujours debout derrière lui, se pencha en avant, légèrement vers la droite, de sorte que ses cheveux et le haut de son front s'imposent dans l'angle de vision de son sauveur (grand mage et émancipateur d'enfants bridés, on le rappelle).

« Ça va ? demanda-t-il, toujours la tête en bas. Je m'appelle Oscar, ajouta-t-il en contournant l'élève pour se placer face à lui et observer ses traits. Je te dérange pas ? Tu lis quoi ? »

Simples formules de politesse, bien sûr. Oscar se fichait bien de ce qu'il pouvait lire, il ne pensait qu'à sa baguette magique nichée au creux de la poche de son pull moldu, prête à faire ses prouesses.

Devant mon ordi j'attends le chaos
Troisième année RP
15 sept. 2022, 22:27
Petit prince cherche grand magicien  Privé 
Ne m'ont manqué à Poudlard je l'avoue que ma plante verte Alfred, et la bibliothèque. Où autre trouver avec aisance Anthologie des enchantements au XVIIIe siècle et ses aussi passionnantes suites, si ce n'est dans les rayonnages de Poudlard ? Les étagères de papa sont bien remplies aussi, mais l'offre est évidemment bien plus importante à l'école -et les livres de papa, je les connais déjà par cœur.

J'avoue peut-être aussi avoir ressenti un léger manque pour ma tranquillité. Il pourrait paraître étrange de songer que ce calme tant estimé se trouve dans l'enceinte de Poudlard et non dans la chaleur de la maison où j'ai grandi mais j'ai, voyez-vous, une petite-sœur. Du moins sur les bons jours, c'est une petite-sœur : ce mois d'août l'enfant avait surtout des airs de Focifère. Oui, cette même créature colorée aux grands yeux ; outre l'apparence mignonne au premier abord, Amelia a aussi en commun la capacité de mettre en péril la santé mentale de son entourage à force de bavardages incessants. Après une première année à Poudlard bien mouvementée la jeune fille ne sait plus s'occuper seule, sans le quotidien rythmé par les cours et les jeux avec les copines qu'elle n'a vues qu'à de rares occasions. Autrement dit, mon mois d'août a grandement été composé de « Grand frère adoré, tu viens jouer avec moi ? », de « Dis, tu fais quoi ? » ou « Hein, tu lis quoi ? » mais aussi « Lestichou, tu t'occupes de moi dis ? T'as promis ! » ; faux, je n'ai jamais rien promis. Ou peut-être dans un élan de fatigue, pour me débarrasser momentanément de la chose, mais ça ne compte pas.

De retour à l'école, j'ai retrouvé mon quotidien, ma plante verte qui est aussi ma meilleure amie et... étonnamment mon sommeil et mon temps libre, n'ayant pas été sollicité par Amelia une seule fois en deux semaines à l'exception de la lettre commune envoyée à nos parents.

Autrement dit, je suis désormais parfaitement libre. Affranchi de toute créature d'un mètre vingt, libéré des jacassements enfantins, libre ! Poudlard est remplie d'enfants, mais aucun ne me sollicite : ils font tous leur vie et c'est très bien. Je les entends, ils me dérangent à chaque pas, presque à chaque respiration tant l'été avec Amelia a été épouvantable, mais aucun de ces murmures, aucun de ces regards ou tentatives de communication ne me sont adressés, si bien que je peux sagement les ignorer et ne m'en prive pas.

Je suis bien là, assise sur mon manteau à même le sol, les plis de ma jupe repliés sous mes jambes. Que mon livre est passionnant, que le temps est doux !

Jusqu'à évidemment un élément perturbateur.

« Tu lis quoi ? » Un frisson parcourt mon échine et descend le long de mon dos. Si de petites mèches blondes me font penser au Focifère, l'inélégance vestimentaire et le visage poupon (ainsi qu'un peu de raison une fois l'origine du traumatisme écarté) m'indiquent une personne toute autre, inconnue au bataillon. Un première année donc.

Repliant sèchement mon livre que je repose sur mes genoux -d'expérience je sais qu'il y en aura pour un moment, j'adresse un regard contrarié à l'enfant.

« Bien sûr que tu me déranges, un peu de bon sens : tu vois bien que j'étais en train de lire. »

C'est qu'il a l'air jeune, celui-là. Je ne lui donne même pas les onze ans réglementaires pour la première rentrée à l'école -s'est-il échappé de son berceau par hâte d'apprendre la magie ? Après un soupir ennuyé, je lui adresse un visage un peu plus adouci et reprends d'un ton plus modéré.

« Que me veux-tu, enfant, à part m'interrompre... » durant une occupation infiniment plus importante que ta petite personne, non c'est un peu rude, et faux. « ...dans ma lecture ? »

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
Appelez-moi Ada ou Lest ! ♦
17 sept. 2022, 03:16
Petit prince cherche grand magicien  Privé 
Oscar sursauta presque quand le garçon referma brusquement son livre mais parvint à retenir son mouvement de surprise et à maintenir sa posture confiante. L'adolescent était contrarié, ce qui ne faisait pas partie de ses plans. Il ne l'avait même jamais envisagé, considérant que Poudlard était un lieu où tout le monde faisait de la magie nuits et jours et où personne ne perdait son temps à lire sans y être obligé - et encore, Oscar lui-même n'était prêt à considérer l'option que sous menace. Quand même, ce n'était pas lui qui était impoli ; ce garçon était en week-end et s'il n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'ouvrir un vieux bouquin poussiéreux, c'est bien qu'il était mort d'ennui. Oscar était sincèrement surpris que son interlocuteur ne manifesta aucune reconnaissance alors qu'il venait le distraire durant son après-midi morne.

À moins...
À moins que...
À moins que ce ne soit un Serdaigle.
Ces gens-là étaient des bizarres. C'était sans doute aussi ce qui expliquait sa jupe et ses fleurs dans les cheveux. Il avait d'abord pensé que c'était un déguisement qu'il avait décidé de porter pour amuser ses amis, mais si ce garçon était bien un des rejetons excentriques de Rowena, Oscar avait de quoi remettre son hypothèse en doute puisque, comme tout le monde le savait, les Serdaigle n'avaient pas d'amis. Il se serait permis une remarque si l'adolescent à fleurs avait été plus jeune, mais le tempérament courageux du petit Gryffondor n'allait pas encore jusqu'à le pousser à se moquer d'un élève de sixième ou de septième année (surtout que s'il lisait de son plein gré en week-end, qui sait de quoi d'autre il était capable ?) et il se contenta de l'observer d'un œil curieux tandis qu'il se faisait sermonner.

« Je suis pas un enfant ! protesta l'enfant. Je suis grand comme toi, presque. »

Résolu à rester debout, il essaya de lire le titre du livre qui semblait tant passionner le Serdaigle présumé, quelquefois qu'il aurait pu s'agir d'un conte que sa mère lui avait lu petit, mais puisqu'il était à l'envers, il abandonna vite.

« T'es à Serdaigle toi ? demanda-t-il en resserrant ses deux petites mains sur la baguette qui reposait dans la poche de son pull. Tu dois être fort en cours. »

Il sortit sa baguette de sa poche et la mit sous le nez du garçon comme s'il avait de quoi s'en émerveiller et qu'il n'avait encore jamais vu d'objet pareil en sept années d'études dans une école de sorcellerie.

« T'as vu ? demanda-t-il, très fier. Moi en première, les cours sont nuls. Les profs font que parler. Tu veux bien m'apprendre des sorts ? Je te donne des bonbons en échange. »

Dans son excitation, il fit tournoyer sa baguette en l'air en accompagnant son geste d'un « pshiou, pshiou », imitant un lancer de sorts qu'il imaginait grandiose.

Devant mon ordi j'attends le chaos
Troisième année RP
18 sept. 2022, 21:25
Petit prince cherche grand magicien  Privé 
« Non. » Nette, la réponse a fendu l'air comme un coup d'épée sans la moindre hésitation pour sa malheureuse cible d'un mètre vingt et sa tête de gnome hébété. Non, parce que j'ai bien mieux à faire que d'accorder mon temps à un enfant impatient et non, parce que je ne suis pas professeur et ne suis pas qualifié pour apprendre ses premiers sorts à un jeune élève : accompagner une personne dans un apprentissage déjà débuté et apporter de l'aide aux devoirs, je fais occasionnellement. Apprendre des sorts à un gosse qui ne connaît probablement même pas les cinq premières décimales de Pi ni même l'historique des potions travaillées par Glover Hipwoth, ça m'est impensable.

« pshiou, pshiou » J'avoue toutefois que mon regard dérive sur cette gestuelle rocambolesque et la débordante énergie enfantine pleine d'enthousiasme et regrette de ne jamais avoir connu cette période, ayant toujours été même enfant cet individu sans saveur qui ne lève le nez de son bouquin que trois fois dans l'année : pour souffler les bougies d'anniversaire, ouvrir les cadeaux de Noël, s'extasier de la beauté d'un joli garçon. « Place ta main un peu plus bas. Tu ne tiens même pas ta baguette correctement, » râlé-je malgré ma volonté d'une totale inaction. Raté, mais l'intention était là.

Avec un soupir résigné, je sors ma propre baguette magique et la tiens dans ma main, bras tendu face au garçon dans l'espoir qu'il interrompe ses inepties deux secondes le temps de regarder ce que je lui montre. « Prends-la légèrement à la base comme ça. Pas trop, mais pour bien raffermir ta prise dessus et contrôler ta gestuelle c'est mieux. Tiens-la fermement, mais ne serre pas trop ta main non plus sinon tu risques de la mouvoir de façon trop sèche ou saccadée. » Tout en expliquant, je lui montre comment je place mes doigts sur mon propre catalyseur magique, l'invitant à faire de même sur le sien. Puis d'un geste souple accompagné d'un « Orchideus » que j'exécute rapidement pour que le garçon ne soit pas tenté d'assimiler les étapes et de reproduire ce sort bien trop compliqué pour lui, je fais apparaître une petite pivoine dans le creux de mon autre main.

C'est bon, j'ai fait ma bonne action de la journée. Je range ma baguette magique et reprends mon bouquin, retrouvant aussitôt avec plaisir le passage où je m'étais arrêtée. Voyant que le garçon n'est toujours pas parti1, je soupire à nouveau avec plus de lassitude et découragement encore. Qu'il m'ennuie, il est mignon mais qu'il est agaçant !

« J'ai un défi pour toi, futur grand magicien, » dis-je avec malice en plongeant mon regard dans le sien. « Tu sais que devenir un grand sorcier demande une aussi grande maîtrise de soi et une bonne dose de talent, n'est-ce pas ? Un secret bien gardé se cache derrière tout ça... tu veux savoir ? Pour bien maîtriser ses émotions et être capable de prononcer un sort comme il faut -le mot juste, la prononciation parfaite et tout, il faut être capable de silence. Un sorcier qui sait se taire au bon moment saura quand et comment agir en temps voulu.

De fait, j'ai pour toi un exercice parfait. On va jouer au Roi du Silence. Tais-toi pendant une heure et si je n'entends pas le son de ta voix durant tout ce temps et que tu ne m'embêtes pas, je te montrerai quelque chose de merveilleux. »


Et maintenant, puis-je retourner à ma lecture tranquillement ?
______
1 J'ai supposé qu'il ne s'enfuyait pas en courant après cette démonstration de magie !

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
Appelez-moi Ada ou Lest ! ♦
26 sept. 2022, 19:30
Petit prince cherche grand magicien  Privé 
En dépit de son air grognon et de son ton agacé, le garçon prit sa propre baguette, lui prodigua quelque conseils avec l'air de lui rendre un service particulièrement coûteux, puis fit apparaître une jolie fleur dans le creux de sa main grâce à une formule magique et quelques gestes rapides et compliqués qu'Oscar ne parvint pas à mémoriser. Il observa la fleur apparue de nulle part en se demandant à quoi ce sort pouvait bien servir et si la couronne de fleurs que son professeur improvisé arborait dans ses cheveux s'expliquait par le fait qu'il s'entraînait souvent à ce sort floral, mais il n'eut le temps de poser aucune de ses questions que le grand magicien s'était déjà impoliment replongé dans sa lecture.

Oscar resta planté là, surpris par l'attitude lunatique du sorcier mais bien décidé à en apprendre davantage. Au moment où il allait reprendre la parole pour lui demander de lui réexpliquer plus lentement comment il fallait lancer ce sort, le regard du Serdaigle croisa le sien. À l'instant où il prononça le mot « défi », les yeux d'Oscar s'illuminèrent. Quoiqu'il faille prouver au septième année pour lui assurer qu'il était digne de recevoir son enseignement, il était prêt. Il déchanta pourtant bien vite quand il comprit que le sorcier exigeait de lui qu'il joue au roi du silence pendant près d'une heure pour des raisons plus qu'obscures, et qui ne convainquirent guère Oscar. Il était certes naïf mais pas complètement stupide ; ses propres parents avaient souvent eu recours à cette stratégie durant son enfance pour l'enjoindre à se taire et profiter de quelques minutes de répit (tout au mieux) au milieu des incessants blablas dont les bassinait Oscar au sujet de la magie et de son brillant futur présumé.

Il ne croyait pas que le silence soit une qualité indispensable à la maitrise de ses pouvoirs, mais il était clair que s'il cédait à l'exigence du Serdaigle avare de tranquillité, celui-ci n'aurait pas d'autre choix que de le remercier pour sa patience et sa détermination et il lui faudrait bien lui montrer ce quelque chose de merveilleux qu'il lui avait promis - et s'il avait menti, tant pis ! il n'aurait qu'à inventer quelque chose de véritablement merveilleux, car Oscar n'en démordrait pas.

Ainsi, il se tut. Il s'assit dans l'herbe face aux garçons aux fleurs et le fixa du regard mais il était résolument plongé dans son livre. Déjà profondément ennuyé après quelques secondes de silence, il arracha machinalement l'herbe du parc puis se souvint soudainement de quelque chose.

Il se leva comme une flèche et courut vers le château, avant de penser qu'il n'était de toute façon absolument pas pressé et que cela ne pourrait lui faire que du bien de perdre du temps ; il ralentit le pas, s'efforça de contenir sa hâte et gravit quelques marches du grand escalier qui le menèrent droit devant la Grosse Dame où il se retrouva confronté à un problème qu'il n'avait pas anticipé ; comment entrer dans la salle commune de Gryffondor sans prononcer le mot de passe ? Bien sûr, il aurait pu déroger aux règles du roi du silence juste pour cette fois, mais il craignait que le Serdaigle connaisse un sort qui lui permette de savoir qu'Oscar avait triché, même s'ils se trouvaient à plusieurs dizaines de mètres de distance, et il n'était pas prêt à perdre son défi pour une telle broutille. Il attendit.

Au bout de quelques minutes, un élève de Gryffondor apparut et salua Oscar, qui lui rendit son bonjour d'un signe de la tête vigoureux. L'élève lui demanda pourquoi il attendait là, comme ça, planté comme un piquet devant le portrait de la Grosse Dame, et Oscar tapota sur sa bouche pour essayer de lui faire comprendre qu'il ne pouvait pas parler. « Tu as oublié le mot de passe ? » demanda gentiment son camarade ; non, fit Oscar de la tête. « Ça va ? » continua-t-il, les sourcils légèrement froncés, d'un ton plus inquiet ; oui, oui ! répondit Oscar d'un nouveau signe de la tête. « T'as pas besoin d'aide ? » ; non, fit Oscar sans perdre de son énergie, espérant que le dynamisme de ses basculements de tête fassent comprendre à son aîné qu'il n'avait aucune raison de s'en faire. « Bon », dit finalement l'autre, haussant les épaules, et il prononça le mot de passe ; Oscar le suivit dans la salle commune, soulagé, et fonça dans son dortoir.

Il ouvrit sa valise en désordre négligemment rangée sous son lit et y récupéra quelques vieilles dragées Bertie Crochue et une montre moldue. Elle indiquait 10h42. Il supposa qu'il pouvait sans risque compter que son trajet et son attente devant le portrait avaient duré au moins dix minutes, et il considéra que le défi avait commencé à 10h32. Il quitta son dortoir en furie, ayant déjà oublié sa réflexion sur l'absence de besoin de se presser, et rejoignit le parc où le garçon n'avait pas bougé d'un millimètre. Essoufflé mais toujours silencieux, il déposa les bonbons qu'il avait récupérés dans sa valise juste à côté du Serdaigle ; il les lui avait promis.

À nouveau, il attendit. Pour faire passer le temps, il prit sa baguette, essaya d'appliquer les conseils qui lui avaient été prodigués, la lâcha car il s'était trop souvenu du conseil lui indiquant de la tenir légèrement mais pas assez de celui lui rappelant de ne pas trop desserrer sa prise non plus, la récupéra au sol, et s'entraîna tout à fait au hasard au sortilège que lui avait montré le garçon. Il ne prononça évidemment pas la formule, espérant que la force de ses talents et de sa volonté suffisent à un résultat concluant, ce qui ne fut pas le cas.

Pendant une bonne demi-heure, il tourna en rond, regarda au-dessus de l'épaule du Serdaigle pour essayer de s'intéresser à ce qu'il lisait, arracha de nouvelles touffes d'herbe, observa sa baguette magique sous toutes ses coutures, puis enfin il s'allongea sur le dos et attendit, consultant sa montre toutes les vingt secondes. Au bout d'une éternité, elle indiqua 11h32. Il attendit 11h33 pour être sûr, puis la tendit devant les yeux de son nouveau professeur et s'exclama :

« Voilà ! Une heure ! Tu as lu pendant une heure, tu as vu, je t'ai laissé tranquille. C'est quoi, le truc merveilleux, alors ? »

Toutes ses réserves de patience avaient été épuisées. Il ne tenait plus en place.

Devant mon ordi j'attends le chaos
Troisième année RP
28 sept. 2022, 22:49
Petit prince cherche grand magicien  Privé 
Le garçon ne proteste pas. Je comprends à son silence qu'il accepte le jeu mais ne m'en inquiète pas : je connais les gamins de son espèce et lui donne même pas cinq minutes avant son abandon et enfin, le retour total de ma tranquillité. Comme pour confirmer ma pensée, l'enfant se lève soudainement et déguerpit en courant, sans même un au revoir. « Déjà ? » murmuré-je pour moi-même presque avec une pointe de déception. Il est resté quoi, deux minutes ? J'espère pour lui qu'il saura travailler sa patience à l'avenir, car il s'agit réellement d'un élément important pour le bon apprentissage des sortilèges. Mais ce n'est pas mon problème, et je suis très heureuse d'enterrer et oublier cette histoire au profit de mon bouquin.

Une petite poignée de minutes plus tard, des bruits de pas dans ma direction me tirent de ma lecture. Je relève les yeux vers une silhouette élancée et une touffe de cheveux bruns. C'est une personne de ma maison qui après m'avoir salué, demande : « Est-ce que tu pourrais m'accorder un peu de temps ce soir pour m'aider avec mon devoir de métamorphose ? » Elle semble un peu timide et gênée de formuler sa requête. Je la rassure avec un sourire. « Bien sûr, si j'ai moi-même fini mes tâches d'ici là ! » Son regard s'écarquille. « Vraiment ? Merci, t'es super serviable ! » Et il est vrai que je suis plutôt connue dans ma maison pour mon aide régulière aux plus jeunes. « Mais de rien, c'est toujours un plaisir d'aider. » L'élève s'en va, me laissant retourner à mon livre -décidément, il est difficile de continuer cette lecture.

Bientôt, j'entends de nouveaux bruits de pas. C'est le gamin de tout à l'heure qui est de retour. Que fait-il là ? Il dépose un sac de dragées à côté de moi. Je pose un regard interrogateur sur la marchandise puis sur le gosse. Non, ce ne sont quand même pas les bonbons promis ? Et puis mince, j'ai déjà dit que je ne m'en occupais pas. Je ne lui accorde aucune attention supplémentaire : à ce rythme, je ne finirai même pas un chapitre avant le déjeuner. Veillant à scrupuleusement ignorer la chose qui gigote autour de moi -je suis en train d'aborder un chapitre absolument passionnant sur la complexité à lancer des sortilèges nécessitant l'usage de plusieurs émotions différentes dans un contexte de bataille, je ne relève pas le nez de mon bouquin avant un très long moment.

Il est étonnant comme le temps passe vite quand nous sommes totalement absorbés par quelque chose qui nous tient à cœur. Une heure entière passe comme un battement de cil, et alors que mes yeux fatiguent et que mon estomac gronde, c'est la voix d'un enfant qui me tire à nouveau de ma lecture.

« Mais qu'est-ce que tu fais encore là toi ? » Une heure, il a bien dit une heure ? Déjà, il était prévu que je passe à la volière en fin de matinée donc je ne devais pas lire aussi longtemps et puis ; mince, il n'a tout de même pas attendu aussi longtemps ? Merlin que ce gosse est STUPIDE.

Le regard que je pose sur lui est désolé et chargé de pitié. Qu'il a l'air innocent avec cet air enfantin et son enthousiasme débordant. J'ai la douloureuse impression d'avoir abusé de sa naïveté et le voyant là à toujours attendre, la culpabilité me gagne. Il attend. Bien sûr qu'il le fait : je lui ai promis quelque chose de merveilleux. Et qu'ai-je à lui montrer ? Absolument rien du tout.

Déjà, je dois gagner du temps.
« Tu as été très patient Oscar, tu es un bon garçon. » Réfléchir. Puis broder, comme dans mes devoirs d'histoire de la magie quand j'en avais encore. « Cette qualité -la patience, sera indéniablement ta meilleure alliée pour devenir un excellent sorcier plus tard. Car il en faut pour apprendre tous les sorts qui te seront enseignés, l'apprentissage de la magie ne se fait pas en un jour, » et j'insiste sur ses mots. « La patience, c'est aussi ce qui t'aidera à réitérer un exercice après chaque échec. Recommencer un sort que tu ne maîtrises pas, jusqu'à atteindre tes objectifs. Elle est aussi utile à ton âge et en début d'apprentissage pour bien identifier les cinq étapes pour lancer un sort et les appliquer, une à une puis quand tu auras l'habitude simultanément, afin de réussir tes sortilèges. La méditation -et encore une fois la patience entre en jeu, peut aussi t'aider à te connecter avec ta magie et identifier tes émotions. Mais dans un premier temps, peux-tu me rappeler ces cinq étapes pour lancer un sort ? »

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
Appelez-moi Ada ou Lest ! ♦
9 déc. 2023, 01:49
Petit prince cherche grand magicien  Privé 
Écrit et publié avec l’accord d’Ada

La patience, meilleure alliée pour devenir un excellent sorcier ? Et puis quoi encore ? « Débarrasse-toi de ta baguette, n'essaie plus jamais de jeter un sort, file dans un collège moldu, tu vas voir, c'est la recette secrète pour devenir un grand magicien » ? La méditation qu'il lui dit ! Identifier ses émotions ! Oscar n'aurait pas eu l'air moins assommé si son interlocuteur lui avait récité un livre d'histoire sur un ecclésiastique du treizième siècle. Mais ces barbaries d'un ennui mortel n'étaient pas le pire : le Serdaigle eut l'audace de ponctuer son monologue en lui demandant un rappel des cinq étapes pour lancer un sort, à croire qu'il le prenait pour un demeuré.

Non, il ne ravalerait pas sa frustration et sa déception, il ne lui réciterait pas patiemment ce qu'on lui avait servi en cours deux semaines plus tôt. Déjà parce que ces étapes imbéciles, il les avait oubliées, il ne s'en souvenait plus, voilà. Il ne les avait pas notées durant son premier cours de Sortilèges car ce n'étaient que des blablas pour débutants, des mises en garde inutiles, des explications basiques pour enfants de moldus. Et d'ailleurs, c'était quoi cette arnaque ? Il lui avait promis quelque chose de merveilleux (ses propres mots !) et le voilà qui lui répétait presque mot pour mot un cours qu'il avait déjà eu. Après avoir été silencieux pendant une heure, lui avoir apporté des bonbons et s'être entendu promettre monts et merveilles, Oscar s'estimait en son bon droit de n'attendre rien de moins de la part de son interlocuteur qu'un pur miracle.

« T'exagères, osa-t-il, sa déception grandissante prenant doucement la place de l'admiration qu'il avait d'abord vouée au grand sorcier. »

Il eut tout de même un peu honte de son audace car il baissa son regard sur l'herbe verte du Parc qu'il arrachait par poignées. Puis il reprit un peu de bravoure à l'âme car il avait été réparti à Gryffondor, tout de même ! C'était moins bien que Serpentard mais si le vieux Choixpeau avait lu dans son esprit qu'il était courageux, Oscar lui prouverait qu'il avait raison.

« Je connais pas tes étapes et d'ailleurs je m'en fous ! Si je veux qu'on me répète tous ces trucs ennuyants pour la millième fois, j'irai voir Valerion ou Priddy, elles le feront mieux que toi ! »

Il osa un regard vers l'adolescent et y lut un agacement qu'il jugea absolument injuste. C'était Oscar qui avait été trahi dans l'histoire, c'était lui qui avait perdu toute une matinée parce que ces insupportables Serdaigle qui pensaient valoir mieux que les autres mentaient comme des arracheurs de dents et promettaient des tours de magie qu'ils ne savaient même pas exécuter. Avant qu'il n'eut le temps de réclamer son dû, le manipulateur lui fit savoir avec son ton de patience froide qu’il en avait assez, qu’il voulait continuer sa lecture et que de toute façon, il n’était pas professeur.

Hors de question : une promesse était une promesse ! Oscar tint bon, lui rappela qu’il avait promis quelque chose de merveilleux, qu’il avait fait apparaître une fleur de nulle part et qu’il ne lui avait pas bien expliqué comment, mais sous ses yeux ébahis le septième année se leva, réitéra qu’il ne pouvait rien pour lui et qu’il n’avait pas le temps, et il s’en alla.

Oscar resta planté là, rouge de fureur. Il ne le quitta pas des yeux tandis que le Serdaigle longeait le lac pour s'engouffrer dans la cour du château, où il disparut de son champ de vision. En le voyant disparaitre, Oscar reprit soudain vie et s'anima. Il courut pour le rattraper, petites jambes grandes foulées, mais le château était déjà trop plein d'élèves que la faim avait sortis de leur torpeur et le doux fumet en provenance des cuisines finit par convaincre Oscar d'abandonner celui qui l'avait abandonné pour rejoindre la table de Gryffondor où l'attendait un repas bien mérité après ces dures heures de silence et de négociations bornées.

Fin

Devant mon ordi j'attends le chaos
Troisième année RP