23 sept. 2022, 21:44
Tous les secrets de mon cœur  PV 
Lundi 23 septembre 2047
Vers 20h
Avec @Diarmuid O'Belt


Assis sur la table d'auscultation, mes doigts nerveux s'agrippent à ses rebords. J'aimerais être ailleurs, loin d'ici et surtout loin de l'infirmier. Diarmuid O'Belt devrait revenir d'une minute à l'autre dans la salle de consultation et moi, je vais devoir lui expliquer que je suis blessée, que j'ai mal puis le laisser m'examiner. Ces dernières semaines, j'ai réussi à m'arranger pour que mes rares visites à l'infirmerie se fassent en compagnie de miss Lloyd, parvenant ainsi à esquiver encore et encore l'infirmier. L'éviter dans les couloirs, tâcher de ne pas croiser son regard, faire comme s'il n'existait pas et comme si mon cœur ne se lamentait pas chaque jour de l'absence de lien entre nous.

Aujourd'hui, je n'ai pas le choix. J'ai tenté de me persuader que je n'avais rien de très sérieux, que ça allait se remettre tout seul par magie.. je suis bien un sorcier, non ? et donc que je n'avais pas à mettre les pieds à l'infirmerie. Après tout, ça ne fait qu'un peu plus d'une journée depuis ma chute, j'avais juste à être un peu patiente. Mais la nuit a été absolument épouvantable, peu importe la position la douleur ne faisait que s'intensifier. Chaque respiration était éprouvante et fatigante, tirant un peu plus sur le point douloureux comme un constant rappel de ma chute et des événements la précédant. Je n'ai pas réussi à soulager l'inconfort et de fait, je n'ai quasiment pas dormi. J'ai ensuite enduré comme j'ai pu les cours de la journée malgré la fatigue et la douleur lancinante, ne capitulant qu'après le dîner quand à bout de nerfs et épuisé je n'ai pas pu retenir mes larmes après m'être accidentellement fait bousculer par un jeune élève un peu pressé.

J'ai honte et je me sens mal. Mes doigts se resserrent un peu plus sur le tissu de la table d'auscultation. Je n'ai pas envie de m'y allonger, et je ne veux pas que l'infirmier me voit dans cet état et m'approche. J'ai une mine épouvantable et les yeux gonflés, je suis crevé et vraiment pas d'humeur. Pourquoi est-il à Poudlard pour travailler, d'abord ? Il a une petite-amie, il pourrait très bien se satisfaire de juste s'occuper d'elle et lui accorder tout son temps. Pourquoi faut-il qu'il prenne aussi soin des élèves de l'école, pourquoi faut-il que ce soit lui que je vois ce soir ?

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30 sept. 2022, 16:20
Tous les secrets de mon cœur  PV 
Diarmuid venait de prendre en charge un jeune Poufsouffle vraisemblablement victime d'une pastille de gerbe d'une boîte à flemme Weasley glissée dans son dessert et n'avait pas pu éviter une émanation gastrique au moment de l'installer dans un lit avec une potion anti-émétique qui devrait calmer les contractions anormales de son estomac. Il voulait pouvoir l'avoir sous surveillance quand il remangerait quelque chose de léger qu'un elfe apporterait dans une bonne paire d'heures. Aussi, ayant entendu du bruit dans la salle d'attente, il avait invité l'élève à entrer et s'installer le temps qu'il aille changer sa chemine qui avait été atteinte malgré sa blouse. Et il était hors de question de la nettoyer d'un simple sort de nettoyage, le coton risquerait d'en pâtir.

L'étudiant qui l'attendait, il le connaissait, il n'irait pas jusqu'à dire qu'il le connaissait bien mais tout de même. Il s'était attaché au petit première année alors que lui était en septième et avait eu plaisir à le retrouver de temps à autre, notamment dans les tribunes d'une course sur balais. Par conséquent, il avait un traitement de faveur que peu d'élèves pouvaient avoir, il ne l'appelait pas par son nom de famille et le tutoyait. "
Bonsoir Lest. Excuse moi pour l'attente." Lui dit l'irlandais en revenant, constant par la même occasion qu'il s'était assis sur la table d'auscultation.

Ses réflexes médicaux prirent automatiquement le dessus, observant sa crispation et captant le sa respiration difficile. Deux choses anormales trahissant un état de stress pour la première et très certainement un problème respiratoire à prendre au sérieux pour la deuxième, le tout était de savoir ce qui était responsable de tout cela. Restant à distance car il savait le Serdaigle sensible aux contacts physiques non sollicités et non anticipés, il chercha son regard, comme avec tous les élèves et lui demanda. "
Est ce que tu peux m'expliquer pourquoi tu es venu à l'infirmerie? Tu n'as vraiment pas l'air bien." Le constat n'était pas difficile.

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30 sept. 2022, 19:08
Tous les secrets de mon cœur  PV 
Le jeune homme est de retour. Sa présence et pire, son attention portée sur moi déclenchent une salve d'anxiété supplémentaire, ravivant inévitablement la douleur physique de la zone blessée déjà bien stimulée par chaque respiration difficile.

« Diarmuid... » Non, même si l'affection que je porte à l'infirmier ne regarde que moi et qu'une prise de distance peut sembler dérisoire car nous nous connaissons en réalité fort peu, je la sais nécessaire à mon bien-être. « ... monsieur O'Belt » me reprends-je un peu difficilement, car c'est bien la première fois que je m'adresse à lui directement par son nom de famille.

Je détourne un regard qui était déjà posé sur mes genoux, cherchant un autre endroit -un mur, un détail dans le sol ou un meuble où le porter. Tout sauf affronter directement le sorcier. Et pourtant j'ai besoin de soin, alors il faudra bien que je lâche un peu de lest.

« Ce n'est pas grand chose, » supposé-je tout en sachant que c'est totalement faux, « j'ai juste fait une mauvaise chute dans les escaliers hier, et ça me lance pas mal depuis. Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, et ma respiration est un peu difficile. » Je pose une main sur la zone douloureuse -le côté gauche sous la poitrine, veillant à ne surtout pas appuyer pour ne pas aggraver la douleur. Le mouvement m'arrache toutefois une petite grimace d'inconfort, que je dissimule bien vite. Ce n'est pas grand chose, tout comme la blessure de mon cœur, n'est-ce pas ? Je passe une main fatiguée dans mes cheveux et me risque à adresser un timide sourire à l'infirmier, posant mon regard pour la première fois sur lui depuis le début de notre échange. « Je suis toujours aussi maladroit, ça ne changera jamais. »

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9 oct. 2022, 22:25
Tous les secrets de mon cœur  PV 
Un moldu dépourvu de toute empathie serait capable de sentir l'onde d'anxiété qui émanait du jeune adulte assis face à lui, alors lui, Diarmuid, Legilimens même débutant ne pouvait que capter l'angoisse qui suait par toutes les pores du Serdaigle qu'il avait rencontré alors qu'il était en septième année. Il le savait de nature inquiète mais cela surpassait tout ce qu'il avait déjà pu constater. Au point de l'appeler par son nom de famille? Pourtant il l'avait toujours laissé utiliser son prénom dès lors qu'il le faisait en toute discrétion, la salle de consultation, fermée à toutes oreilles qui traînaient un peu trop étant pourtant un lieu où il pouvait le faire sans crainte. Alors pourquoi? "Tu sais que tu peux m'appeler Diarmuid ici, n'est-ce pas?" Reprécisa l'irlandais avant de laisser le Serdaigle reposer la raison de sa venue.

Une chute dans les escaliers donc, qui a causé une douleur thoracique telle que même en posant seul sa main sur la zone cela lui arrachait une grimace. Si le médicomage n'avait pas encore pu faire quoi que ce soit pour poser un diagnostic, il était certain d'une chose, ce n'était pas 'pas grand chose' et il fallait une sacrée chute pour cela, il le sentait. Diarmuid hocha la tête pour signifier qu'il avait bien entendu toutes les explications et s'adressa au blond. "
Il faudrait que tu t'allonges et que tu ôtes ta chemise. Ou bien que tu l'ouvres suffisamment pour que je puisse voir ton thorax." Il plaça ses mains pour montrer la zone qu'il devait pouvoir observer, une sous son propre menton et l'autre à hauteur de son nombril. "Je vais commencer par un sort dès que tu seras près, pour orienter mes recherches. Ensuite je devrais poser mes mains, une sur ton épaule gauche, l'autre sur ton ventre. Avec ça je saurais ce que tu as exactement."

Comment mettre sur le tapis de la conversation cet état de stress qu'il trouvait anormal? Sans parler d'un autre soupçon. Respiration difficile et douleur thoracique aussi vive, ça sentait tout de même la fracture costale à plein nez. Alors, certes on pouvait faire preuve de maladresse, mais il fallait un sacré choc pour casser un os. Les sorciers, même les plus chétifs, étaient tout de même prémunis contre ce genre de chose, il suffisait de voir la violence des cognards qui ne causaient pas tant d'os brisés que ce qu'on pouvait le croire si on venait du monde moldu.

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10 oct. 2022, 22:27
Tous les secrets de mon cœur  PV 
« Ah oui, Diarmuid... » dis-je avec un air éteint, presque absent comme si j'avais oublié que je l'appelais habituellement par son prénom. Il n'en est rien. Ne rien laisser transparaître est mission délicate, et j'y échoue de toute façon lamentablement. Pour ne pas soulever des interrogations supplémentaires chez l'homme, je réponds aussitôt à sa demande en commençant par ôter ma chemise. C'est une entreprise délicate et sentant un tiraillement de douleur quand j'allonge le bras pour tirer le tissu, j'abandonne et finis simplement par la laisser ouverte après l'avoir déboutonnée, et m'allonge sur la table d'auscultation. Désormais installé, c'est le plafond qui cette fois capture toute mon attention. Je l'observe avec intensité comme si l'objet de ma propre contemplation pouvait me soustraire au regard de l'infirmier. Hélas je ne peux savoir si cet effort vain porte ses fruits puisque je suis le premier à rompre le silence, anticipant la question qu'inévitablement l'homme devra poser.

« Je suis prêt, Diarmuid. » Je prends une grande inspiration -du moins je le voudrais mais limite le geste en réponse à la douleur, et ferme les yeux prêt à sentir la magie de l'infirmier parcourir mon corps à la recherche du problème, en espérant qu'il trouve bien celui qui nous intéresse pour la consultation et non celui caché au fond de mon cœur. L'attente est longue là sur cette table de consultation, et même s'il ne se passe qu'une poignée de secondes chacune d'entre elle paraît être une éternité. Pourtant un sort ce n'est pas grand chose, puisque bientôt les mains chaudes de l'infirmier devront effleurer ma peau, toute son attention focalisée sur moi et ma stupide blessure parce que je suis incapable de faire ce que j'ai pourtant fait en six ans de scolarité : être discret et surtout, me faire oublier.

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
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21 oct. 2022, 19:02
Tous les secrets de mon cœur  PV 
Absent. Absent et éteint. Voilà les deux mots qu'il pensons les plus juste pour définir son patient actuel. Il n'avait connu Lest que lors de sa première année, l'enfant qu'il était n'avait jamais et spécialement turbulent mais il se souvenait tout de même de la curiosité intellectuelle qui animait son regard. Mais là rien... et il fuyait tout contact visuel. Diarmuid avait l'impression d'être face à une énigme... Et, quand bien même il venait de recevoir l'autorisation de procéder aux soins, le médicomage était inquiet pour le jeune homme.

Il commença par un sort rassurant concernant le rythme cardiaque et les flux magiques mais montrant une respiration altérée. Ca, il avait pu le constater visuellement et auditivement. Ce serait donc l'analyse plus direct et moins conventionnelle qu'il aurait des réponses. Il préférait de loin, très loin cette méthode à tous les sorts diagnostiques qu'il connaissait et savait utiliser. Celui qui lui avait appris disait que son apprentissage précoce de la méditation et sa connaissance interne de la magie était une des explications. Il la mit donc en place en prévenant le Serdaigle de chacun de ses gestes. Une main sur l'épaule gauche et l'autre sur le ventre comme expliqué, Diarmuid laissa sa magie œuvrer et lui donner les informations dont il avait besoin. De son côté, l'étudiant avait certainement ressenti une forme de chaleur ou des fourmillements.

- "
Bien." Dit Diarmuid en ôtant ses mains doucement et en cherchant le regard du blond. "Lest? Est ce que tu veux bien me dire la vérité? Tu as deux cotes fracturées. Ce n'était pas juste une chute, et pas uniquement de la maladresse n'est ce pas?" Les lésions donnaient l'impression de coups, ou bien d'avoir été poussé contre quelque chose. Si déjà il réglait ce point, ce serait une grande avancée.

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21 oct. 2022, 23:53
Tous les secrets de mon cœur  PV 
CW : mention blessure liée à une agression (non détaillé)
Le premier sort me procure une sensation de chaleur qui parcourt d'abord ma poitrine avant de se répandre dans mon corps. Je ne lutte pas, et quand les mains de Diarmuid se pose sur mon corps -l'une sur mon épaule et l'autre sur le ventre, je me laisse faire aussi. Une chaleur toute différente naît, partiellement magique mais aussi tout bonnement physiologique. Merlin, faites qu'il n'en ait pas pour long... je peux sentir la paume de sa main sur ma clavicule, et l'un de ses doigts qui chatouille mon cou. Un instant, j'oublie le douloureux souvenir de la veille et clos mes yeux fatigués. Je m'imprègne de ce fugace contact et étrangement, ses mains chaudes sur ma peau nue me détendent - c'est naturellement que je m'ouvre un peu plus à lui. Faut-il blâmer l'intimité de la pièce ou la fatigue qui m'assomme pour mon imagination fertile je l'ignore, mais je ne puis m'empêcher de rêvasser sur un doigt qui remonte un peu plus haut sur mon cou, venant caresser la ligne de ma mâchoire avant de chatouiller gentiment ma joue.

Quand Diarmuid ôte ses mains et que le son de sa voix me parvient, les larmes me montent aussitôt aux yeux. Le relâchement initié pendant le diagnostic magique s'intensifie et c'est un regard profondément perdu que j'adresse à l'infirmier -et suppliant. J'ai tout contenu dans mon cœur comme j'ai pu, construis même brique par brique un rempart entre le monde et moi. Si l'agression de la journée passée l'a ébranlé, j'ai enterré aussitôt l'événement me refusant même à y croire sitôt le mal fait et les malfaiteurs partis. Je l'ai tant ignoré que je n'ai pas aussitôt consulté : douleur passe, je l'ai bien compris. Il a fallu une nuit épouvantable pour que je m'y résolve et maintenant, Diarmuid me pose une question sur quelque chose que j'aimerais enterrer au plus profond de moi et oublier.

En me laissant aller un instant plus tôt, je me suis souvenu qu'une partie du cœur du problème réside dans le fait que ce n'est pas une jeune fille que j'avais en tête l'imaginant me caresser l'épaule puis le cou, peut-être effleurer mes lèvres... mais un homme.

Et plus qu'une question d'attirance, il y a aussi une question d'identité. Je ne suis pas un garçon. Ça fait un moment que la pensée me chatouille, se contentant d'abord de me titiller par intervalle, me taquiner quand j'imagine ma vie future ou caresse le tissu d'une jupe -avant de s'imposer plus forte quand le reflet de mon miroir me confirme la présence d'un problème ou que les regards sur moi me tendent, paralysants, au travers de quelques expérimentations vestimentaires ici même à Poudlard.

« Je... je ne veux pas de problème » Les mots sortent difficilement -ils sont lourds, pesants et ma respiration est tant coupée par la douleur que par les larmes. « C'est de ma faute de toute façon. Ne t'en fais pas pour moi, Diarmuid. » Et pourquoi parmi toutes les personnes à qui je pourrais en parler faut-il que ce soit lui ? J'aurais envie qu'il me serre dans ses bras là, quand bien même le geste serait profondément douloureux tant pour mon corps que pour mon cœur, pour apaiser une autre peine qui ne tarit pas.

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4 nov. 2022, 17:11
Tous les secrets de mon cœur  PV 
Si son patient s'était relâché le temps qu'il fasse son évaluation magique, Diarmuid eut l'impression que sa question concernant l'origine de la blessure avait ouvert quelque chose qu'il n'imaginait pas. Quoiqu'il savait le Serdaigle plus sensible que la moyenne des jeunes hommes de son âge. Les yeux brillants qui venaient de se planter dans les siens et les mots qui suivirent valaient confirmation. Il le savait pour l'avoir déjà entendu de la bouche d'autres patients mais aussi de sa propre sœur qui avait eu une difficulté monstre à accepter de ne pas être la cause de ce qui lui était arrivé. Forcément, ça ravivait en lui des émotions très personnelles. "Je serais un bien piètre médicomage si je ne m'inquiétais pas pour un patient dans cet état." Commença-t-il en cherchant sur quel pied danser... La métaphore avait rarement été aussi vraie!

Inspirant et expirant lentement, Diarmuid laissa ses yeux se poser pile à l'endroit où il avait senti la rupture osseuse, puis il redressa la tête et fit un mouvement du poignet pour faire venir à lui une fiole de poussos. C'était encore le meilleur remède pour réparer des côtes même si son amerture révulsait beaucoup d'estomac, même bien accrochés. Quand il eut le flacon en main et de quoi le diluer dans un peu d'eau pour le donner au bleu et bronze, Diarmuid déposa le tout sur un guéridon non loin de lui et posa une main sur la tête de lit. "
Si je comprends bien ce que tu ne me dis pas vraiment, rien n'est de ta faute. Dans une agression la personne qui subit, la victime, n'est pas en tord. Jamais. Maintenant, explique-moi ce qu'il s'est passé, pour être sûr que je ne passe pas à côté de quelque chose." Demanda d'une voix posée et plutôt rassurante l'irlandais avant d'ajouter, "s'il te plaît." Parce que s'il n'était pas là pour que les élèves aillent mieux - sur tous les plans - à quoi servait-il ici? Déjà l'attentat du train, si même dans l'école il ne pouvait pas agir...

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9 nov. 2022, 22:18
Tous les secrets de mon cœur  PV 
TW : mention agression (non détaillé) + transphobie et homophobie
Le mot agression franchit les lèvres de l'infirmier et aussitôt, mon cœur se tort en réponse. Ces trois simples syllabes me frappent directement à la poitrine et réveillent un flot d'émotions en moi. Elles me submergent totalement et s'enroulent autour de ma gorge, la pressant un plus alors que ma respiration se fait déjà haletante et difficile. La douleur de ma blessure s'accentue et jetant un regard paniqué au flacon de Poussos posé à proximité, j'abandonne toute idée de le boire dans l'immédiat : mon estomac n'attend déjà que le premier prétexte pour rendre tout son contenu, ma gorge est bien trop serrée, mon cœur bien trop lourd.

Je penche un peu plus la tête en arrière. Il m'est difficile d'apercevoir les traits du visage de Diarmuid à travers ma vue brouillée par les larmes, mais je le devine sérieux -je le sens à ses mots, à son s'il te plaît qui me paraît si égoïste même si je le comprends.

« Pas aujourd'hui Diarmuid... s'il te plaît. Je veux juste... j'aimerais juste aller mieux, maintenant. Je ne peux pas. » Littéralement. Avec la douleur qui se fait plus forte chaque fois que ma respiration devient plus difficile, je ne puis détailler tous les souvenirs de la veille. Je me refuse même à y penser sinon je cèderais à la panique. J'ai déjà le cœur en pagaille et toutes les émotions qui débordent de moi. J'aimerais les contenir au plus profond de mon être, créer une muraille que personne ne saurait franchir mais actuellement ma détresse est telle que l'on pourrait lire en moi comme dans un livre ouvert. Pris d'une impulsion, ma main vient s'agripper à la manche de son vêtement. Je sers le tissu entre mes doigts. Deux sont au contact de sa peau étonnamment chaude, effleurant son poignet. Sa main est toute proche là, posée sur la tête du lit, si je faisais glisser mes doigts juste de deux ou trois centimètres ma main finirait totalement dans la sienne. Et alors je pourrais la serrer fort, encercler totalement cette paume rugueuse de mes doigts. Peut-être qu'ainsi tous mes tracas s'envoleraient emportés par la chaleur de la main d'un homme que j'affectionne et Merlin, que j'en meurs d'envie ! c'est pourtant si simple et je sais que je trouverais à la chaleur de sa peau toutes les solutions à mes problèmes -du moins au court terme, l'espace de quelques minutes salvatrices avant que la réalité ne me rattrape.

Je m'y refuse, mais l'envie me dévore tant qu'elle brûle dans tout mon être. J'ai besoin d'une diversion, n'importe quoi qui puisse m'éloigner du souvenir de la veille, et de la douleur d'un amour déraisonnable qui me broie de l'intérieur et finalement les mots sortent, douloureux mais libérateurs. « J'aimerais juste que les autres me laissent aimer qui je veux librement. Aimer un garçon si c'est ce que mon cœur me dicte. » Alors que je serre un peu plus le tissu du vêtement de l'homme, mes doigts s'agrippent malgré tout quelque peu à son poignet, trouvant un réconfort supplémentaire au contact de sa peau nue. « Je veux être libre d'être qui je suis. Je veux être perçue telle que je me vois et Diarmuid, ça me hante chaque jour qui passe mais je sais que je ne suis pas un garçon. Mais je suis perdue parce que je n'ai pas l'impression d'être une fille non plus. Mais fille ou autre chose, j'ai l'impression que les autres le perçoivent, et cherchent à me faire payer cette différence. » Je veux juste que tout s'arrête et je veux même que Diarmuid me laisse tranquille. Que je puisse dormir en paix, récupérer doucement et oublier.

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
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15 nov. 2022, 15:21
Tous les secrets de mon cœur  PV 
Il était allé trop loin. A vouloir aider celui qu'il avait connu alors qu'il était en septième année et le blond tout juste arrivé à Poudlard il venait d'augmenter de plusieurs crans sa détresse. Il se la prenait de plein fouet, il le voyait et... il le percevait. Et il n'avait même pas besoin de Legilimencie. En réalité, il se disait même que n'importe qui l'aurait senti tellement cela émanait de lui. Ses compétences ne faisaient que le rendre un peu plus sensible. Quoiqu'il en avait cruellement manqué à vouloir à tout prix faire parler le Serdaigle... Il n'avait pas agit comme un médicomage avec un simple patient adulte mais comme l'adulte avec ses souvenirs d'adolescents d'un enfant qui lui avait rappelé la fragilité de ses frère et sœur. Une fragilité toutefois bien présente puisque le bleu et bronze le suppliait de ne pas insister, la voix cassée de pleurs, son angoisse perlant à chacune de ses syllabes.

Il venait de faire une belle connerie et l'urgence était à rattraper ce qu'il était encore possible. Sa main quitta l'appui-tête pour récupérer sa baguette sur le guéridon, mais Coelestin venait de lui saisir le poignet gauche... L'infirmier tourna la tête et ses yeux tombèrent dans ceux du Serdaigle et là... Frappé, il fut frappé par une force de sentiments qu'il eut dû mal à interpréter dans un premier temps. Diarmuid cligna des yeux, assimilant ce qu'il se refusait à conscientiser. Et pourtant, il devait s'y résoudre. Il eut un temps d'arrêt, comme tétanisé par ce qu'il venait de comprendre... Une absence de réaction dont l'adolescent, le jeune homme maintenant, profita pour finalement s'ouvrir à des douleurs dites à demi-mots.

Ce qu'il sentait, percevait, entendait... Diarmuid avait besoin d'un temps de recul. Mettant de côté l'information qui l'effrayait, il se concentra plutôt sur l'homophobie... non ce n'était pas ça. Ni garçon, ni fille, Lest venait de lui dire qu'il était, le terme mit un temps à revenir, agenre? Pourquoi n'avaient-ils pas plus de cours de ce type à l'IMSM? Il n'avait pas appris à gérer ce genre de particularité, mais Angie certainement que-ci. Par contre, ce qu'il pouvait gérer, c'était la fin de ses aveux. Et ce qu'il devait à tout prix mettre au clair c'était ce qu'il pensait, non qu'il était sûr d'avoir perçut quand la main de Lest s'était agrippée à lui comme si sa vie en dépendait.

Il devait se secouer et répondre à ça. Sa main attrapa sa baguette et il fit venir à lui un philtre apaisant. "
On va prendre les choses en allant. D'accord?" Essaya de rationnaliser un Diarmuid dont le visage devait avoir légèrement pâlit mais certainement pas perdu de sa neutralité habituelle. La voix toujours posée et rssurante, sa voix de médicomage disait Domhall, il continua. "Prend juste ce philtre calmant, ça va t'aider à calmer l'angoisse et reprendre ton souffle, ça fera moins mal." Il laissa Coelestin boire le verre qu'il lui tendait puis, quand il vit une première détente s'opérer, il prit sa main droite pour libérer doucement son poignet gauche en dégrippant les doigts du garçon. Il lui reposa la main le long de son corps et s'éloigna un peu pour l'observer mais surtout lui répondre.

- "
Pour ce qui touche à toi, ce que tu es, je pense qu'il faut que tu en parles à ma collègue, Angie Miller. Moi j'ai appris à soigner les corps, elle a appris à aider les autres à mieux se comprendre et à trier tout ce qu'on ressent." Les questions d'identités de genre ou de sexe... A part faire un suivi de traitement médical, il ne pouvait pas faire grand chose. "Mais pour ce qui est des autres... Je ne sais pas ce qu'ils perçoivent, moi je vois un... une... jeune adulte perdu. Ils le voient certainement aussi et appuient plus ou moins consciemment dessus, verbalement et physiquement." Parce qu'il était évident que cette fracture venait d'une agression physique - Diarmuid récupéra la dose de poussos, augmentant la dilution pour en atténuer le goût, puis la tendit à Lest toujours allongé. "Tu te sens capable de la prendre?"

S'il ne l'était pas... Il serait bien en peine, pour réparer des os, il n'y avait pas d'autres solutions. Et avec ce qu'il venait de découvrir, il n'était pas vraiment en mesure de réfléchir à en trouver une autre. Car ce qu'il avait ressenti alors que Lest lui prenait le poignet et qu'il laissait ses émotions s'échapper, c'était quelque chose qui le mettait profondément mal à l'aise et qui - quelque part - l'effrayait. Le garçon dont le jeune homme allongé sur la table d'auscultation était amoureux... C'était lui.

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