10 oct. 2022, 21:37
 Inktober   Lavernock  Contes du Petit Peuple de la Forêt
Reducio
PRESENTS DANS CE RP :

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ELIAN KERNAC'H (personnage joué)
A seize ans dans ce RP (août 2047), il rentre en sixième année d'études à l'école de sorcellerie Poudlard lors de la prochaine rentrée des classes.


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EVELYN KERNAC'H (père)
Sorcier de cinquante ans, il est trésorier dans une entreprise de fabrication de chaudrons.




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Tout va bien


August, 23rd 2047
Lavernock, Pays de Galles


Il y avait des jours avec des jours sans. Parfois, il y avait même des semaines sans, qui vous faisaient vous demander si les choses allaient un jour retourner à la normale. C'était l'une de ces semaines sans que semblait traverser le sorcier Evelyn Kernac'h. Avant de partir se coucher la veille, il avait pourtant cru que les choses iraient mieux : il se permettrait de faire une grâce matinée pour la première fois depuis bien longtemps, puisque c'était son jour de repos. Mais voilà qu'il avait été réveillé aux aurores par son fils trifouillant quelque chose sur le tapis de sa chambre. Les volets étaient à moitié ouverts et laissaient passer un raie de lumière assez aveuglant directement sur son visage.

« Elian, tu ne veux pas t'amuser dans ta chambre ?
— Non merci c'est gentil, j'ai presque fini mon carillon à vent. »

Encore cette histoire de carillon à vent... Le grand sorcier se risqua à jeter un coup d'œil en contrebas. Merlin...

« Explique-moi... Pourquoi tu as décidé de faire ça ici et maintenant ? »

Son fils le fixa comme la bestiole de son terrarium avait l'habitude de le faire. Bien... Il ne saurait donc pas quelle idée lui été passée par la tête pour qu'il décide soudainement d'établir un véritable atelier créatif sur son tapis... D'humeur maussade, les sourcils grincheux, il se redressa sur son lit pour attraper sa robe de chambre et posa pieds à terre pour s'extraire d'ici au plus vite.

« AAARGH !
— Attention Papa, il y a des copeaux de bois un peu partout », prévint Elian à retardement, imperturbable.

Evelyn Kernac'h laissa un juron s'évanouir dans son poing, il s'éloigna jusqu'à la porte en claudicant, attrapant sa baguette magique au passage. Il se posa dans l'une des chaises de la cuisine, au fond du couloir, pour se soigner. Il devait être habitué à présent et pourtant Elian inventait toujours de nouvelles façons d'être une catastrophe ambulante. Le sorcier savait qu'il était dangereux de pratiquer de la magie en étant de mauvaise humeur, il essaya de relativiser : d'ici quelques jours, son fils retournerait à l'école et il regretterait chacun des instants passés à ses côtés. Ah... Voilà qu'il était triste à présent. Ces derniers temps, il ne semblait plus exister de demies mesures avec lui. La coupure soignée, il se prépara un café bien corsé. Visiblement, Elian n'avait pas pris de petit-déjeuner... Avait-il même dormi ou bien était-il resté éveillé toute la nuit pour finir son projet ? Un peu calmé, Evelyn emporta sa tasse et retourna dans sa chambre. Il faillit la lâcher en voyant ce que son fils était en train de faire.

« Elian... Est-ce que... Est-ce que tu es en train de découper ma cape d'été ? »

Visiblement peu dérangé, Elian acquiesçât en battant des cils.

« C'est pour avoir de quoi lier toute la structure... »

La paupière tremblotante, Evelyn observa la fameuse structure qui jonchait sur le tapis. Elle était déjà partiellement montée avec, en effet, des pans de sa propre cape. Il aurait pu nettoyer tout ce bazar en un seul geste, mais pour sa cape, c'était beaucoup plus délicat... Le cœur battant, il désarma son fils des ciseaux d'un geste sec, faisant remuer le contenu de sa tasse dangereusement, pour les ranger dans la poche de sa robe de chambre. Le visage d'Elian s'obscurcit.

« Bon ben je peux plus faire les fils sans les ciseaux maintenant, il faut me les rendre. constata-t-il calmement.
— Non, tu vas tout nettoyer et je ne veux plus rien voir de tes bêtises ici sinon je me fâche ! »

Le ton de sa voix était menaçant, il n'arrivait pas à le contrôler.

« Pourquoi tu te fâches ? » demanda Elian en rampant jusqu'à son carillon à vent comme si ce dernier risquait quelque chose.

Ses yeux commençaient à s'humidifier ou bien Evelyn imaginait toujours le pire. Il devait rester fort.

« Je ne suis pas encore fâché, mais je te conseille de t'activer maintenant... »

Elian attrapa l'un des cylindres qu'il avait taillé et le posa dans son panier en osier, visiblement incertain. Evelyn ne le quitta pas du regard, avalant une gorgée de son café d'un air aussi menaçant que le ton de sa voix.

« Bien sûr que tu es fâché, je le vois bien... Qu'est-ce que j'ai fait ? »

Le grand sorcier pointa du doigt sa cape au pied du lit, mais Elian parut toujours perplexe alors il alla la ramasser pour l'étendre et constater les dégâts.

« Vraiment, tu n'as pas fait semblant.
— Merci, sourit Elian.
— Ce n'était pas un compliment. Dépêche-toi de ranger. »

Encore une fois, le jeune sorcier prit tout son temps pour déposer un autre cylindre dans son panier. Il n'avait pas l'air de bien comprendre la situation. Evelyn sortit sa baguette et, d'une main, réalisa une spirale devant sa cape défrichée.

« Reparo... »

Très grossièrement, les bandelettes de tissu qui jonchaient au sol s'élevèrent pour rejoindre leur tissu avec un effet patchwork des plus indélicat. Mais, plus grave, celles qui entouraient le carillon à vent se détachèrent pour rejoindre cette étrange parade, laissant la structure s'affaisser sur elle-même. Evelyn se détourna de son fils pour se concentrer sur sa cape, il savait que la partie difficile arrivait mais il fallait tenir.

« Mais... Mais...
— Tu trouveras du fil autre part, et je te demanderais de ne pas t'attaquer aux affaires qui ne sont pas à toi à l'avenir, ni aux tiennes d'ailleurs parce que tu connais la règle : ce que tu détruis ou ce que tu perds ne sera pas remplacé. »


Cette règle n'avait que très partiellement fait effet au cours des années... Elian semait ses affaires comme la sorcière matriarche du hameau semait ses graines dans les champs. Son garçon n'avait aucune notion de la propriété privée. Son attention ne put s'empêcher de se focaliser sur le bruit sec que produisait à présent son fils en enfournant tout son matériel et les éléments de son projet dans le panier. Il était fâché.

« Tu sais ce que fait un hibou quand il est pas content ? »

Evelyn, pris au dépourvu, haussa les épaules.

« I'boude ! »

Le grand sorcier l'observa quitter la chambre avec son panier contre lui, visiblement furieux. C'était le monde à l'envers, mais il était habitué avec lui. D'ici quelques minutes, il passerait à autre chose. Lui en revanche observait sa cape qui avait bien besoin d'un passage chez une bonne couturière. Son esprit vagabonda jusqu'à Poppy Jones sans le vouloir. Evelyn s'assit au bord de son lit, le regard perdu dans la table de chevet qui contenait des lettres oppressantes. Lui ne pouvait pas passer à autre chose.
Dernière modification par Elian Kernac'h le 16 oct. 2022, 20:39, modifié 1 fois.

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15 oct. 2022, 20:35
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Le château sur un nuage


Juste à côté de son lit, sous la fenêtre vitraillée, une drôle de construction en amas de foulards et de châles trônait dans la chambre d'Elian. Reclus dans sa chambre, le jeune sorcier s'était apparemment fabriqué une sorte de tente. On aurait pu croire qu'il était privé de sortie depuis qu'il avait découpé la cape de son père, mais il s'était en réalité lui-même isolé toute la journée. Le grand sorcier avait voulu l'inviter à le rejoindre pendant le repas, mais il avait bien compris que son fils n'était pas encore prêt à lui parler, préférant fabriquer sa propre forteresse imprenable. Evelyn Kernac'h avait donc fini par partir seul jusqu'à Londres pour faire raccommoder sa cape d'été dans la boutique de Madame Guipure et pour acheter quelques fournitures scolaires en passant.

Etant donné qu'il s'agissait d'une journée pluvieuse, la sortie avait été désagréable pour le sorcier qui différait de son fils sur ce point-là : il détestait quand ses habits, ses cheveux ou sa barbe étaient mouillés. Il avait bien un parapluie moldu pour les quelques rues non-sorcières qu'il devait traverser - bien qu'il n'aimait pas manipuler cet objet -, mais le temps de faire l'échange... De très mauvaise humeur, il s'extirpa de la cheminée de la cuisine pour déposer son sac. La chapelle de Lavernock étant humide elle aussi, il alluma directement quelques lanternes. Une fois bien arrivé et séché, les manuels scolaires sous le bras et quelques pots d'encre et de lots de parchemin en équilibre par-dessus, le sorcier frappa à la porte d'Elian qui s'ouvrit toute seule étant donné qu'elle était à moitié fermée. Son fils ne l'avait visiblement pas entendu arriver, il semblait en grande discussion avec ses poupées, toujours caché dans sa tente où seule son ombre s'agitait. Evelyn déposa la pile d'affaires sur son lit en écoutant distraitement ce que racontait Elian.

« ...Pour y accéder, il fallait résoudre une énigme. Le petit blaireau n'était pas très fute-fute alors il n'arrivait pas à trouver la réponse. En plus la serrure magique était méchante et ne voulait pas le laisser entrer malgré toutes ses tentatives. Parfois, elle critiquait même ses réponses d'un air un peu hautain. »

C'était toujours assez déroutant de l'entendre parler tout seul avec autant de passion, mais c'était aussi très attendrissant. Quand il n'était qu'un tout petit bébé incapable de savoir ce qu'on lui disait - un peu à l'image des poupées végétales - Evelyn avait parfois l'impression de parler tout seul. C'était une époque où il avait ressenti le besoin immense d'être entendu, et Elian l'avait écouté sans jamais l'interrompre.

« Le château des Aigles, déjà perché tout en haut d'un nuage, était trop bien gardé... Alors le petit blaireau attendait devant la porte qu'un aigle vole à son secours, toujours galvanisé par ce besoin immense de parler à son meilleur ami. Ce dernier était un petit prince dans ce château, l'un des aigles qui passait par-là aida le blaireau en allant prévenir de sa présence à l'intérieur. Peut-être qu'il voulait le combler pour le voir déguerpir plus vite... »

L'allégorie de l'aigle et du blaireau, c'était quelque chose qui mettait la puce à l'oreille du grand sorcier. Il s'assit au bout du lit et écouta la suite dans une attitude très arrêtée.

« Le prince aigle et le blaireau roturier étaient si contents de se retrouver, ils ne pensaient plus jamais se revoir ! Le prince décida de sortir du château, puisque son ami le blaireau n'était pas le bienvenu. Ils se blottirent ensemble sur un petit nuage, le leur, et se racontèrent des histoires tout comme celle que je vous raconte. Ils savaient que le temps était compté, les nuages disparaissaient très vite quand venait le soleil, et seuls les aigles pouvaient voler... Alors le petit blaireau décida de... Euh... de déposer un baiser sur l'une des serres du prince, que le prince rendit en retour. Ils étaient si contents de s'aimer autant, mais le soleil éblouissant se transforma en feu ardant, et le petit blaireau eut soudain l'impression de tomber dans le vide. »

Le grand sorcier plissa les yeux comme s'il venait d'avaler une vieille chaussette. Sous le poids de l'émotion, il décida de quitter la chambre d'Elian sans faire de bruit. Il aurait probablement dû être heureux de constater les progrès narratifs de son fils, mais l'histoire choisie n'était visiblement pas à son goût. Etait-il possible qu'Elian lui en voulait encore, après toutes ces années, de l'avoir séparé de certains de ses amis et surtout du petit aigle aux parents trop laxistes ? Evelyn étudia la question en préparant le dîner, plus maladroit que d'habitude. Se souvenir de cette période où il avait senti son fils s'éloigner de lui plus que jamais faisait remonter sa peur de le voir partir, de constater une telle distance qui ne devait absolument jamais exister entre eux. Il n'avait jamais vraiment accepté officiellement sa décision de s'engager dans des études supérieures et dans la police magique, alors, après tout, Elian ne pourrait pas réellement lui en vouloir s'il le déviait un peu, une nouvelle fois, de ses lubies. Sous pression, il s'assit une nouvelle fois à cette table qui lui paraissait bien trop grande sans la présence de son jeune fils. Une telle chose ne devait pas arriver, il fallait désormais qu'il se montre aussi vigilant qu'à l'époque où son fils avait découvert d'un seul coup toutes les libertés possibles du château de Poudlard.

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16 oct. 2022, 19:41
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Le Conseil du Petit Peuple de la Forêt


Le grand barbu releva la tête de son assiette, reconnaissant directement les pas pourtant discrets d'Elian s'approcher. Hésitant, ce dernier ne semblait toujours pas enclin à lui adresser la parole : il fixait le sol sans vraiment s'engager dans la cuisine. Evelyn craqua, son instinct paternel reprenant le dessus.

« Tu dois avoir faim, je vais te servir quelque chose. »

Il nettoya son assiette vide à l'aide de sa baguette magique, l'agitant de nouveau pour ouvrir la marmite encore chaude.

« Viens voir mon fort. »

La technique du changement de sujet, Elian en était champion même s'il ne le faisait pas réellement exprès. Le grand sorcier s'arrêta dans ses gestes mais ne réfléchit pas bien longtemps. Comme l'occasion d'enterrer la hache de guerre définitivement était trop belle, il décida de suivre son fils jusqu'à sa chambre, trop heureux qu'il lui adresse de nouveau la parole...

« Tu sais, j'ai déjà vu ton fort quand j'ai déposé tes affaires scolaires !
— Peut-être, mais tu n'as pas vu l'intérieur... »


Elian disparut derrière deux longs foulards qui faisaient office d'entrée :

« Entrez, mortel. »

Le grand sorcier allait avoir du mal à ne pas détruire l'édifice, mais il passa la tête à l'intérieur, se sentant tout à fait idiot.

« Monsieur Papa, premier du nom, bienvenue au Conseil du Petit Peuple de la Forêt. Veuillez prendre place sur le coussin du jugement. »

Elian désigna solennellement un coussin à côté de lui et le sorcier laissa échapper un rire franc. Quelle idée... Se prenant tout de même au jeu, il se plia au maximum pour se mouvoir jusqu'au fameux "coussin du jugement", essayant d'éviter le cercle des poupées végétales au centre. Le grand sorcier remarqua alors certaines choses qui, dans un autre contexte, l'auraient rendu furax : des papiers de sucreries jonchaient le sol dans le coin d'Elian. Peu étonnant que ce dernier n'avait apparemment pas faim... Il s'agissait probablement des restes de sa valise et donc de son année à Poudlard.

« Très bien, la séance peut commencer, annonça Elian en craquant une allumette pour la déposer sur une bougie.
— Houla tu fais bien attention hein ! » ne put s'empêcher de commenter le grand sorcier.

Heureusement qu'il avait sa baguette magique au cas où, une flammèche sur la paroi en tissu et tout prenait feu. Son fils ne lui prêta pas attention, concentré comme il l'était sur sa séance :

« Monsieur Papa, vous êtes accusé d'avoir détruit la relique chantante du Petit Peuple de la Forêt. Le Petit Peuple de la Forêt est très triste et demande des excuses sincères. »

L'accusé planta ses yeux dans ceux de son fils, essayant de garder son sérieux. Il ouvrit la bouche, prêt à riposter, mais Elian le devança :

« Le prix à payer aurait pu être plus fort, mais le Petit Peuple de la Forêt a estimé qu'il était aussi fautif dans cette affaire, voire même que son niveau de responsabilité dépassait peut-être celui de l'accusé. Il propose, par le biais de leur ambassadeur Maître Elian, de rembourser les dommages commis envers la cape d'été de Monsieur Papa. »

Elian dévoila un petit tas de piécettes en bronze parsemé de rares pièces en argent sous une grande feuille d'arbre. Evelyn ne lui donnait jamais d'argent de poche, il se demandait d'où venait cette petite richesse bien qu'il avait sa propre idée sur la question.

« Le Petit Peuple de la Forêt et surtout euh... Moi-même... Nous présentons nos excuses pour le préjudice moral et matériel causés. »

Les deux mains d'Elian firent glisser le petit tas jusqu'à lui. Leurs yeux s'observèrent un instant, amusés.

« J'aimerais présenter à mon tour mes excuses pour le préjudice moral et matériel causés à l'ambassadeur du Petit Peuple de la Forêt par la tentative de réparer un peu ma cape. Il se trouve que... »

Evelyn chercha quelque chose dans sa poche, manquant de faire tomber la construction sur leurs têtes - et sur la bougie - en se mouvant. Il avait complètement oublié de déposer cet achat parmi les autres.

« Voilà, je t'ai trouvé du vrai fil dans la boutique de Madame Guipure, pour que tu puisses finir ton carillon à vent. »

Le visage d'Elian s'illumina un instant en voyant le rouleau de ficelle, mais il se reprit rapidement, récupérant son air de juge solennel. Il semblait réfléchir, main sur le menton. Les poupées végétales qui l'entouraient ne pouvaient dire mot et pourtant semblaient réellement vivantes lorsque son fils s'amusaient avec elles. Il porta l'une d'elles à son oreille comme si elle lui chuchotait quelque chose avant de la reposer parmi les autres.

« Le Conseil du Petit Peuple de la Forêt a pris sa décision et déclare l'accusé non-coupable ! Veuillez prendre votre dédommagement et veuillez approcher par-ici. »

Voilà qui était rapide, le Conseil des Sorciers pouvait en prendre de la graine ! Evelyn décala le petit tas sur le côté, il ne toucherait sûrement pas à l'argent de poche que Sigmund lui envoyait, et se pencha un peu pour accueillir son fils dans ses bras. La structure s'affaissa alors complètement sur eux, quelque peu indifférents à présent. Evelyn savait que leurs disputes ne duraient jamais longtemps, mais les rares fois où elles s'éternisaient le temps d'une journée, c'était signe que les choses produites pour en arriver là étaient plus difficiles à oublier. Certaines blessures étaient plus profondes que d'autres. Toujours entremêlés, Evelyn laissa échapper son inquiétude :

« On va éteindre cette bougie d'accord ?
— Bonne idée, oui »
, rigola Elian, visiblement rassuré lui aussi d'avoir pu se faire pardonner.

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17 oct. 2022, 02:03
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Le cœur entier du demi-géant


Les Kernac'h érigèrent de nouveau la petite tente improvisée, le cœur allégé de se retrouver après cette journée maussade. Le grand sorcier, visiblement entraîné dans le jeu, ajouta même quelques draps pour solidifier la construction. Il avait préparé une infusion, soucieux de faire passer tout le sucre que son fils avait ingurgité et avait apporté des lanternes pour éclairer un peu leur forteresse sans prendre le risque de provoquer un incendie. Il déposa le tout et constata que l'ambiance à l'intérieur de la forteresse était beaucoup plus accueillante et chaleureuse que tout autre endroit de la chapelle. Elian sembla remarquer son expression et sauta sur l'occasion :

« Reste encore un peu ! »

Evelyn hésita, il travaillait tôt le lendemain et son fils avait tendance à prolonger le moment avant de dormir... Mais il restait si peu d'occasions de passer du temps ensemble. Le grand sorcier retourna à sa place et Elian, ravi, attrapa sa tasse d'infusion à la camomille.

« On discutait un peu plus tôt des Grands Messieurs parce que je me demandais si le Petit Peuple de la Forêt les craignait. La différence de taille aurait de quoi les intimider et peut-être qu'il n'y a pas d'habitants du Petit Peuple de la Forêt dans la Forêt Interdite parce qu'il y a une rumeur sur le fait que des Grands Messieurs y habitent... »

Evelyn essaya de traiter les informations dans l'ordre.

« Les Grands Messieurs ? Qui sont les Grands Messieurs ?
— Euh Hagrid est un Grand Monsieur. »


Le sorcier inspira de l'air, comprenant soudain que son fils parlait des Géants... Elian avait arrêté tôt les cours d'Histoire de la Magie, alors il en savait probablement moins que la moyenne des sorciers sur les Géants - et même les experts en savaient déjà bien peu sur eux.

« Hagrid n'est pas un vrai Géant, c'est un demi-géant, expliqua-t-il. Sacré Hagrid... »

Il sourit, attendri par quelques souvenirs anciens. Hagrid était la constante de Poudlard, en quelque sorte, depuis de très nombreuses générations. Son père l'avait connu, lui l'avait connu et son fils aussi, c'était assez déroutant en y repensant.

« Il a bien mérité sa retraite... Je me souviens que sa seule mention nous permettait de retrouver le sourire, au château.
— Oui il est si gentil Hagrid mais moi il m'impressionne beaucoup. Maintenant je suis un peu plus grand et il parait un peu moins grand mais comme il ne veut plus travailler on n'aura peut-être plus l'occasion de le voir. »


Encore une fois, Evelyn sourit distraitement. Malgré un métier aussi passionnant que le sien, Hagrid aussi était visiblement un homme comme les autres qui lâchait une activité trop prenante pour se reposer et peut-être se retrouver... Ou alors le sorcier se projetait un peu à travers le demi-géant. Lui n'estimait pas avoir un métier bien passionnant à côté des postes aussi prestigieux que ceux occupés par Hagrid : ses horaires demeuraient aussi fixes que son salaire, ses tâches étaient répétitives et faciles pour lui... Oui, on pouvait dire qu'il avait hâte d'obtenir une retraite pour s'occuper de nouveau à plein temps de son fils qui, selon lui, ne serait jamais réellement apte à devenir totalement indépendant.

« Elles sont rares, les personnes comme Hagrid... »

Il passa un bras derrière les épaules d'Elian qui buvait dans sa tasse.

« ...Mais elles n'en sont que plus précieuses.
— Est-ce que c'est vrai qu'il était le meilleur ami d'une grosse araignée ? »


Le sorcier essaya de chercher dans sa mémoire. Il existait toutes sortes d'informations sur le célèbre demi-géant et il fallait dire que c'était une chose tout à fait plausible étant donné l'amour qu'il portait aux plus immondes des bestioles. Les connaissances d'Elian étaient souvent surprenantes, très spécifiques... Et assez uniques en leur genre. Il ne fallait pas qu'Evelyn perde de vue son objectif de déconstruire cette histoire de Petit Peuple de la Forêt - sa propre histoire - avant le départ de son fils.

« Dis-moi, ça te plairait de faire une belle balade dans la forêt demain après-midi ? »

En voulant répondre précipitamment - sûrement de peur de voir la proposition s'envoler subitement - le garçon s'étouffa un peu dans son infusion. Tout l'été, Elian l'avait prié de l'accompagner dans cette réserve naturelle qui bordait Lavernock comme il n'avait pas le droit de s'y rendre seul. Ils s'y étaient déjà promenés deux ou trois fois, mais Evelyn n'aimait pas autant les promenades en forêt que son fils, trouvant toujours une excuse pour râler. Et étant donné qu'elle était touristique, ils devaient faire attention de ne pas attirer l'attention des Moldus.

« Bien sûr que ça me plairait ! »

C'était décidé, le grand sorcier essaierait de génocider le Petit Peuple de la Forêt à l'endroit où Elian s'imaginait qu'ils vivaient. Au fond, Evelyn savait qu'il ne faisait pas partie de cette famille restreinte de sorciers au bon cœur. Dans sa tête, il n'était qu'un père essayant de composer avec un fils qui nécessitait beaucoup d'attention. Un jour, lui aussi partirait à la retraite, et il rejoindrait le sol sans ses enfants, sans son fils. Cette pensée le perturbait à chaque fois que le caractère fantasque d'Elian le mettait en danger. A vrai dire, la barre de ce qu'il qualifiait comme étant un danger était assez basse dès qu'il s'agissait d'Elian.

« Je t'aime grand comme un Géant entier », souffla Evelyn après avoir rappelé à son fils de se préparer à aller dormir.

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17 oct. 2022, 19:37
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La forêt s'éteint


August, 24th 2047
Lavernock, Pays de Galles


Dans un nuage de poussières aux éclats émeraudes, le grand sorcier atterrit dans la cheminée, de nombreux dossiers sous le bras. Il s'arrêta net en se retrouvant presque nez à nez avec Elian qui le fixait droit dans les yeux devant l'âtre, déjà prêt pour l'excursion qu'on lui avait promis. Il patientait ainsi immobile devant la cheminée depuis une dizaine de minutes au moins.

« On y va ? »

Visiblement très impatient, il avait enfilé ses bottes à ses pieds, son panier à son bras, et son grand chapeau de paille sur sa tête. Son père se pencha un peu pour regarder au-dessus de son panier. Entre ses poupées végétales étaient calés une bouteille de limonade et des biscuits au beurre.

« Laisse-moi dix minutes et on y va ! »

Elian se retourna et fixa la pendule accrochée au-dessus de la porte, prêt à sonner comme un coucou dès que les dix minutes seraient dépassées. Le grand sorcier disparut dans le couloir pour déposer ses affaires dans sa chambre, laissant son fils toujours immobile dans la cuisine. Il se changea rapidement et noua cheveux et barbe, ayant tendance à se prendre dans les branches. Il entendit la voix mécontente d'Elian au loin, visiblement les dix minutes étaient déjà passées.

« Avant de partir, un petit rappel des règles, imposa-t-il tout en constatant distraitement que la pendule au-dessus de lui n'indiquait pas qu'il avait dépassé les dix minutes.
— Je ne dois pas courir à plus de cinq mètres de distance de toi et je dois suivre le chemin tracé. Si tu dis qu'on doit rentrer, on rentre. »

Satisfait, le grand sorcier amorça la sortie par la porte arrière de la cuisine. Elian s'engouffra dehors comme un chien fou. Ça commençait mal. Trwyn Larnog n'était pas une très grande réserve naturelle, mais la promenade permettait de réaliser une bonne marche le long de la côte, à l'ombre des arbres. La présence d'un camping de Moldus non loin, en plus du petit village Moldu couplé à Lavernock, devait néanmoins les inciter à la prudence fallait. Arrivés à un entrecroisement de chemins, Elian s'arrêta et pointa du doigt devant lui.

« La bactérie ! » annonça-t-il comme s'il s'était soudain transformé en guide touristique.

Evelyn lui avait expliqué que la construction en pierre qui se tenait devant eux était une ancienne batterie d'artillerie datant de la Seconde Guerre Mondiale. Comme elle était taguée de toutes parts et souillée par les déchets des touristes, le grand sorcier avait inventé une sombre histoire pour éloigner Elian de cet endroit. Il ne trouva toutefois pas le courage de le contredire sur le surnom que ce dernier venait de lui attribuer, ayant déjà autre chose en tête qui coûterait à son fils beaucoup d'énergie. Il fallait d'ailleurs qu'il amorce son petit plan dès à présent :

« Tu sais Elian, comme tu es très concerné par le Petit Peuple de la Forêt, je pense que tu as mérité de rencontrer le chef du dernier village encore debout. »

Le jeune sorcier s'arrêta complètement, très concentré. Peut-être qu'il sentait déjà l'entourloupe.

« Mais ils ne se montrent plus aux yeux des sorciers... »

Evelyn le dépassa et s'engagea à l'orée du petit bois.

« J'étais bien plus jeune que toi quand je les ai rencontrés la première fois, ici, à Trwyn Larnog. C'est dans cette petite forêt que les derniers habitants se cachent, parmi toutes les espèces de papillons protégés de la réserve. »

Elian le suivait tout en essayant de décrypter son visage, peut-être pour y déceler le mensonge.

« Tu me l'as déjà raconté, je sais tout ça. Mais tu as dit aussi qu'ils avaient décidé de ne plus se montrer du tout parce que quand les sorciers atteignaient l'âge adulte...
— Ils les oubliaient, c'est bien vrai. Mais avec moi c'est différent : j'ai obtenu leur confiance et ils ne m'ont pas fait oublier toutes les aventures que nous avons passées ici, ensemble, pendant mes vacances... Nous sommes les derniers gardiens de leur secret, n'oublie pas. »

Sa main tapota l'épaule de son fils. Visiblement, ce dernier était convaincu sur cette partie-là, sur le fait qu'ils étaient des gardiens, étant donné qu'il dédiait tout son temps à faire naître des poupées végétales qui pourraient combler les effectifs mourants du Petit Peuple de la Forêt, comme un véritable dieu créateur de vie.

« Je suis le seul qui peut te les présenter, lui annonça-t-il en s'arrêtant au milieu du chemin. Mais peut-être que tu ne te sens pas prêt à faire leur connaissance... »

Le jeune sorcier bondit :

« Si si si ! Je veux les rencontrer ! »

Il semblait déjà chercher du regard des petits êtres végétaux tout autour d'eux.

« Bon, dans ce cas, ne faisons pas trop de bruit... Suis-moi ! »

Evelyn quitta le chemin tracé mais son fils sembla réfléchir un instant en l'observant s'éloigner : la règle de son père était de ne pas quitter les chemins tracés. Il décida sûrement que son envie de rencontrer enfin les derniers habitants du Petit Peuple de la Forêt était plus grande que cette transgression, puisqu'il finit par s'engager sur les pas de son père. Précautionneusement, il mimait chacun de ses mouvements dans un silence presque dubitatif. Ils s'enfonçaient au cœur du bois où la luminosité baissait un peu, où les bruits alentours s'évanouissaient lentement et où le paysage ne se constituait plus que d'arbres centenaires autour d'eux. Bientôt, le son d'un léger écoulement leur parvint. Le grand sorcier se baissa derrière un buisson à quelques mètres pour lui chuchoter :

« C'est ici que se trouve le dernier village du Petit Peuple de la Forêt. Je me souviens qu'ils nettoyaient leurs feuilles dans le cours d'eau... Dis-moi si tu vois quelque chose ! »

Elian releva un peu la tête au sommet du buisson, apeuré à l'idée d'apercevoir pour la première fois l'un des habitants du Petit Peuple en chair et en os. Ses yeux cherchèrent bien partout.

« Tu les vois ? Ils sont minuscules mais ils brillent de mille feux, comme des lucioles. »

Tout en effectuant des allers-retours entre son père et l'endroit où devaient se trouver les petits habitants, le visage du jeune sorcier s'assombrissait.

« Papa... Je vois l'eau qui coule, les rayons du soleil qui s'y reflètent et l'herbe qui bouge sous l'action du vent, mais...
— Oh... »


Evelyn adopta une mine très déçue et se redressa à son tour derrière le buisson.

« Tu as raison, ils ne sont pas là... C'est curieux. »

Il se releva complètement pour rejoindre le cours d'eau. Plusieurs lucioles et papillons tourbillonnaient dans les environs. Le grand sorcier attendit de pouvoir être entendu pour continuer sa fausse inspection.

« Est-ce possible que...
— Quoi ? » pressa Elian, tourmenté.

Evelyn se dissimula légèrement derrière le tronc d'un arbre, plissant les yeux pour observer les fleurs butinées. Elian se colla presque à lui pour faire de même.

« Quelque chose me revient... Mais je ne sais pas... murmura-t-il.
— Tu penses savoir pourquoi ils... »

Elian soupira, incapable de finir sa phrase, visiblement contrarié. Le grand sorcier se retourna vers lui et caressa sa joue comme quand il était petit et triste.

« Tu sais, ils ont toujours su que... Eh bien, que leur temps était compté. Je me souviens qu'ils avaient prévu de se métamorphoser dans un dernier souffle de magie... Regarde bien ces papillons. »

Il releva la tête d'Elian pour qu'il puisse se concentrer sur eux.

« C'est tout à fait logique. Les sorciers font plus attention aux êtres qu'ils connaissent déjà, alors ils ont voulu prendre une autre forme, une que l'on apprécie, pour pouvoir continuer de vivre parmi nous. La nature est cyclique... Un jour on se transformera en quelque chose d'autre, nous aussi.
— Mais alors il n'y en a plus du tout ? Le Petit Peuple de la Forêt n'existe plus ?
— Je crois qu'ils sont toujours là... Ils sont tous les êtres qui peuplent la nature, magiques ou non. Les écureuils, les oiseaux, les insectes... Ils ne sont plus le Petit Peuple de la Forêt, mais le Peuple de la Forêt, celui qu'on connait et qu'on doit continuer de protéger. »


Le sorcier avait failli citer les Fées et les Gnomes, mais il ne voulait pas prendre le risque qu'Elian troque une lubie pour une autre. L'effet de cette non-rencontre devait déjà apaiser un peu l'ardeur de son fils pour ses amis imaginaires. Ce dernier baissa les yeux sur son panier et attrapa l'une des poupées. Sous le regard grave d'Evelyn, il arriva à une conclusion :

« Si le Petit Peuple de la Forêt n'existe plus sous cette forme, ils ne pourront plus rien en faire alors... »

Quelque part, la corde sensible du grand sorcier s'était activée.

« On va les laisser dans leur ancien village. Peut-être que si leur esprit est toujours présent ici, ils constateront que deux sorciers se sont souvenus d'eux. »

En observant Elian abandonner ses constructions végétales près du cours d'eau, il ressentit le poids de la culpabilité l'envahir. Mais, en tant que père, il savait que c'était la meilleure chose à faire pour que son fils ne se perde pas trop loin dans les méandres de son imagination sans fond.

« On pourra venir leur rendre visite, on n'est pas loin. Peut-être que quelque chose sera né ici grâce à elles... »

C'était l'une de ces promesses que l'on faisait au vent passager. La ballade, calme et pensive, s'éternisa jusqu'aux derniers rayons du soleil. Retournés dans le petit hameau sorcier de la falaise, Elian sembla vouloir se retourner sur ses amis fragiles, le regard vide.

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18 oct. 2022, 22:03
 Inktober   Lavernock  Contes du Petit Peuple de la Forêt
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Le drôle de chat des voisins


Bien silencieux depuis leur retour de la réserve naturelle, Elian déposa son panier en osier sur le plan de travail de la cuisine. Il y tira la bouteille de limonade puis resta à observer longuement l'intérieur du panier à présent vide. La séparation avec ses amies s'était produite si rapidement qu'il n'avait pas pu leur expliquer la raison pour laquelle il les avait laissées derrière lui...

« Tu peux déposer la bouteille dans la cour arrière, dans l'un des cageots. Et n'oublie pas de bien te laver les mains ! » lui dit son père en passant.

Il avait quelques dossiers à finir. Elian le suivit du regard, visiblement contrarié. C'était tout ce que ça lui faisait, d'avoir perdu définitivement la trace des habitants du Petit Peuple de la Forêt ? Certes, ces derniers vivaient dans l'esprit des animaux, des insectes et des végétaux à présent, mais ils ne retrouveraient probablement plus jamais leur forme initiale qui leur permettait de communiquer avec les sorciers... Les deux poings serrés sur la table de travail, Elian se demandait ce qu'il allait bien pouvoir faire de l'énorme vide qui résonnait au creux de son ventre. Pourtant, il ne les avait jamais rencontrés, lui. Il s'était contenté d'en fabriquer à partir des descriptions que son père lui en avait fait, de s'amuser avec eux et de leur parler assez dans l'espoir de voir la magie s'insuffler en eux. Même si son but avait toujours été de les offrir au Petit Peuple de la Forêt, le jeune sorcier n'aurait jamais pensé que cette rencontre se passerait sous le coup de la déception.

Attrapant la bouteille, il ressortit par la porte arrière de la cuisine illuminée par le soleil couchant. Il monta les quelques marches de l'escalier en pierre et atterrit dans la courette de la chapelle. Les vieux cageots de fruits en bois accueillaient déjà des bouteilles de lait en verre, en plus d'anciennes fioles de potions. Elian déposa la sienne et souffla, les mains sur les hanches et le visage incertain. Quelque chose n'allait pas dans l'histoire de son père. Bong ! Les yeux du jeune sorcier au chapeau de paille cherchèrent l'initiateur de ce bruit. De l'autre côté de la courette, une drôle de pierre, même trop énorme pour être une pierre, bordait la clôture. Tout en se penchant en peu pour mieux examiner la chose, il entendit la voix étouffée de son père depuis l'auberge en contre-bas.

« Ne traine pas trop dehors, il est tard ! »

Son père semblait avoir des yeux partout, mais il ne pouvait apercevoir ce qu'il voyait lui. Prudemment, les mains toujours sur les hanches et le sourire en coin comme s'il s'apprêtait à découvrir une mauvaise farce, il s'approcha de cette sorte de boule. Visiblement, elle était aussi solide que la roche pour avoir su produire un tel bruit. Arrivé à un mètre de la chose, elle se déplia d'un seul coup, laissant Elian tomber à la renverse sous le fait de la surprise. C'était une créature à quatre pattes, il en avait été certain ! Elle s'était mise courir très rapidement le long de la courette et à grimper les tonneaux et les caisses de transports du village jusqu'à se retrouver en hauteur sur la clôture. Elian se redressa et releva un peu son chapeau de paille pour améliorer son champs de vision. Qu'est-ce que c'était que cette chose ?! Un énorme rat couplé avec une tortue ?

« Papa ? Il y a un gros chat tout bizarre dehors ! »

Elian voulait le présenter à Solal, elle aussi se sentait seule sans tous les copains de la salle commune de Poufsouffle. Son père se précipita à ses côtés, il ne mettait jamais beaucoup de temps à arriver quand une situation sortant légèrement de l'ordinaire se présentait à lui - il était donc bien entraîné. Lui-même paraissait perplexe, ce qui eut pour conséquence d'accentuer la curiosité du garçon. Il sentit le bras de son père le forcer à reculer derrière lui.

« Ne bouge surtout pas Elian, c'est un pangolin. Ces bestioles sont infestées de maladies Moldues. »

Le jeune sorcier reluqua l'animal avec étonnement, n'ayant pas bien l'air effrayé même en sachant qu'il était dangereux. A vrai dire, il ressemblait réellement à un croisement de plusieurs animaux et vêtu d'une armure.

« Qu'est-ce qu'il faut pas entendre ! Un pangolin... »

Les Kernac'h se retournèrent d'un même geste. Leur voisine avançait tranquillement jusqu'à l'animal qui redescendait les caisses d'un pas hésitant à sa vue.

« Il a pas du tout une tronche de pangolin, mon p'tit Bonbidou. »

Tandis que Bonbidou trottinait pour dépasser les deux sorciers et rejoindre la sorcière, Elian se sentit poussé en arrière par le corps de son père visiblement toujours suspicieux. C'était une voisine qui habitait juste derrière l'allée accolée à la chapelle. Elle était connue pour partir sans arrêt aux quatre coins du globe, alors ils ne l'avaient croisé que rarement.

« Vous ne craignez rien, c'est mon tatou de compagnie... Mon familier si vous préférez. On revient de vacances du Texas ! »

Toujours bloqué par son père, Elian souriait franchement. Il voulait toucher Bonbidou comme la sorcière qui le prenait dans ses bras.

« Madame c'est où le Texas ? On peut le caresser ?
— Rentre, Elian, il est tard, lui ordonna son père derrière l'épaule avant de revenir vers leur voisine. Si vous pouviez au moins le promener en laisse... Il y a beaucoup de chats par ici, et un crapaud. »

Le soleil n'avait pas encore disparu, alors Elian estimait qu'il n'était pas si tard que cela, c'était un méchant, mais le fait que son père se soucie de Solal lui réchauffa le cœur instantanément. Ils n'avaient jamais été très amis, tous les deux.

« Mon Bonbidou en laisse ? Et mes perroquets, Monsieur Kernac'h, je les mets en laisse aussi ? »

Elian couvrit son rire dans ses mains, combien d'amis cette sorcière pouvait-elle bien abriter dans sa maison ?

« Comment... Vos perroquets sont en liberté aussi ?
— Ça fait depuis bientôt deux ans, soyez tranquilles on ne les a pas encore réaperçus par ici. Ni nulle part ailleurs. Ils préfèrent le climat doux et chaud.
— Je vois... Un peu comme votre pangolin ?
railla son père.
— C'est un tatou, Monsieur Kernac'h. Et il a le droit à la liberté, comme les chats... et comme le petit ! »

Elle désigna le jeune sorcier d'un doigt accusateur. Elian écarquilla les yeux, surpris. Comme il pouvait sentir son père bouillir sur place - bien qu'il ne laissait entrevoir qu'un simple sourire aimable -, il décida que c'était le bon moment pour rentrer à l'auberge. Il leur adressa un geste de la main qui resta imperceptible à leurs yeux et descendit les marches jusqu'à la cuisine avant de se précipiter à la fenêtre. Nul doute que son père essayait de marchander pour obtenir ce qu'il voulait. Après au moins cinq minutes de négociations, la sorcière s'éloigna avec le tatou sous le bras. Est-ce qu'elle le considérait réellement comme un animal en cage ? Ses sourcils se froncèrent, tandis que son père traversait de nouveau la cuisine en coup de vent.

« Non mais de quoi je me mêle... » maugréait-il dans sa barbe.

Elian n'y faisait pas réellement attention, il imaginait une gigantesque ménagerie à quelques pas de la chapelle.

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1 déc. 2022, 23:58
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Le conteur endormi


Tap, tap, tap. Les chaussons d'Elian s'approchaient de la chambre de son père avec précipitation. Il venait de faire le pire cauchemar de toute sa vie au point que la frayeur l'avait poussé à sortir de son lit pour réveiller son père. C'était horrible, il avait été poursuivi par le professeur Mason qui lui avait assené des coups sur la tête à l'aide d'un vieux Comète 260 ! Tout ça parce qu'il avait échoué à sa buse de Vol et qu'il ne pourrait plus suivre ses cours dès la rentrée qui arrivait... Comme une ombre, le jeune sorcier s'insinua dans l'enchevêtrement de la porte et s'assit au chevet de son père. Il ronflait presque, la respiration forte, mais c'était un bruit qui avait cessé de le déranger après plusieurs années passées en compagnie des garçons de Poufsouffle. Le grand sorcier lui tournait le dos, Elian pouvait seulement discerner le bonnet de nuit aux liserés en argent qu'il portait. Les bras croisés, le garçon attendait que sa frayeur passe un peu avant de retourner dans sa chambre, comme s'il associait le souvenir de son cauchemar à cette pièce à présent.

« Mh oui Sigmund, je préparerais la dinde. Ou peut-être que tu préfèrerais de la volaille pour changer ? »

Elian se retourna subitement, surpris. Qu'est-ce que son père racontait ? Il tendit l'oreille.

« Tu peux amener le dessert, ce sera un véritable banquet. Mince pies, pudding, ce que tu veux... »

Elian étouffa son rire dans sa main. Même lorsqu'il dormait, son père semblait en proie à la planification ! Ou bien était-ce un souvenir qui se rejouait dans rêves... Lui aussi, aurait voulu rêver de nourriture !

« Ah non, pas de lait de poule ! Elian ne le digèrera pas. Oui, je sais, je sais, c'est très bon quand on y trempe des petits crackers... »

C'était réellement impressionnant qu'il puisse produire de véritables phrases, une fois entré dans un sommeil profond ! Elian resta silencieux à attendre la prochaine fournée. Pendant un long moment, il n'y eût plus rien, et puis...

« Maman, j'ai accroché ma chaussette de Noël et j'ai fait le sapin pendant que tu étais au travail ! J'y ai accroché le gnome et le lutin en or, le houx, le poinsettia, le système d'auto-poudreuse mais je n'ai pas trouvé l'étoile ! Regarde, je l'ai remplacé par une bougie, en équilibre tout en haut ! Tu crois qu'on verra Rudolphe le rêne depuis ici ? »

Les yeux écarquillés, Elian s'approcha un peu pour ne rien perdre de cet échange solitaire. Son père parlait rarement de sa mère... Grandma avait été une sorcière peu aimante, aussi belle qu'un derrière de Troll rempli de mucus et aussi chaleureuse que si l'on s'était pris en pleine face un Glacius, de ce qu'il en savait - et il en savait bien peu. Il était même possible qu'elle fusse protégée naturellement contre le sort Rictusempra ! Soudain, le volume de la voix de son père augmenta et Elian sentit un impact sur son nez dans le même laps de temps. Le jeune sorcier choisit ce moment pour s'éclipser, nul doute que son père serait très fâché de le voir debout, et surtout dans sa chambre. Il y avait aussi le fait qu'il n'aimait pas être fixé durant la nuit, c'était un passe-temps qu'Elian avait dû se défaire avant de rentrer à l'école Poudlard... Cela dit, durant sa petite veillée, il avait appris que son père parlait dans son sommeil.

Post réalisé pour le premier jour du calendrier de l'avent (oui on fusionne les défis sur ce sujet.)

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28 déc. 2022, 20:18
 Inktober   Lavernock  Contes du Petit Peuple de la Forêt
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Promenade au clair de lune


Se frottant encore l'arrête du nez après le choc, Elian regagnait sa chambre. De l'agitation dans la pièce qu'il venait de quitter l'encouragea à se dépêcher, d'autant plus que le couloir était soudain éclairé d'une lumière : son père se levait. Zut alors ! Le jeune sorcier accéléra jusqu'à son lit et s'emprisonna dans ses draps. Il commençait déjà à étouffer, les températures étaient encore élevées en cette fin de mois d'août. La porte de sa chambre s'ouvrit alors dans son grincement caractéristique et la voix de son père retentit dans une sonorité qui oscillait étonnamment entre le chuchotement et le cri :

« Elian ? Je sais que tu ne dors pas ! »

Le grand sorcier craignait sûrement d'avoir blessé son fils en se réveillant brutalement - bien que ce dernier n'avait rien à faire auprès de lui à l'observer dormir en pleine nuit. Elian sentit une main secouer son épaule et un poids à ses côtés lui signifia que son père s'était assis sur son lit.

« Tu as reçu un coup..? Tout va bien ? »

Un mouvement d'incertitude de la part d'Elian bougea subrepticement son drap, sans compter qu'il manquait d'air : il fallait absolument qu'il respire. Sa tête échevelée refit surface, vaincue.

« Tu parlais dans ton sommeil », lui apprit Elian en chuchotant lui aussi bien qu'il n'y avait personne à déranger dans cette chapelle - ou bien peut-être seulement les esprits qu'elle habitait.

Malgré l'obscurité de sa chambre, il pouvait distinguer la surprise sur le visage de son père. Une grimace rare, puisque le sorcier contrôlait toujours parfaitement ses émotions.

« J'ai un sommeil agité en ce moment, c'est vrai, mais... »

Il se demandait sûrement s'il parlait réellement en dormant. Elian, qui se redressait complètement contre le dossier de son lit en quelques bonds, n'était sûrement pas un menteur, cela dit.

« C'était très drôle. Tu exposais un menu à tonton Sig et ensuite tu étais fier de montrer ton sapin à Grandma qui venait de rentrer du travail. Mais Grandma ne travaille plus depuis longtemps, clarifia-t-il, inquiétant davantage son père.
— Vraiment..? Quelle histoire... »

Sa voix songeuse semblait emplie d'une douceur mélancolique, il lissait sa longue barbe.

« A vrai dire, c'est réellement arrivé. Je m'en souviens bien parce que c'est le dernier sapin qu'on a eu dans notre maison. J'avais installé une bougie à la place de l'étoile à son sommet et... Hum... La bougie est tombée et tout a flambé. Le temps que ma mère trouve sa baguette magique, il ne restait plus grand chose du sapin. »

Elian écarquilla les yeux. Son père avait fait une telle bêtise ?

« Elle n'a pas été tendre, ce Noël-là. Enfin... Elle n'a jamais été très tendre.
— Ah oui ? » déplora Elian.

Il lui aurait suffi d'en faire repousser un autre, de sapin, ce n'était pas réellement un problème pour les sorciers... Peut-être qu'elle avait voulu le punir ou bien lui donner une leçon... Elle n'avait jamais été très vilaine avec lui, Grandma, alors il était difficile de l'imaginer aussi catégorique avec son père. Elian sentit la main de ce dernier lui tapoter son genou.

« Je sais pourquoi on a du mal à dormir, ce soir... annonça-t-il d'un ton mystérieux. Viens. »

Elian tritura ses doigts avant de se dépêtrer de ses draps. Lui pensait déjà savoir pourquoi il n'arrivait pas à s'endormir : le Petit Peuple de la Forêt l'avait quitté. Ses amis végétaux l'avaient tellement aidé dès son retour à Lavernock que leur manque se faisait d'autant plus ressentir à présent qu'ils les avaient laissés au soin de la forêt. Il se sentait de nouveau vulnérable et en proie aux cauchemars sans eux.

« Suis-moi. »

La tête d'Elian se releva en suivant le mouvement de son père. Qu'avait-il en tête ? Sa silhouette le précéda dans le couloir, dans la cuisine puis dans l'arrière-cour de la chapelle. Ils finirent par s'engager sur le petit sentier qui, pour deux sorciers seulement vêtus de leurs habits de nuit, les menait bien trop loin de leur habitation, vers la côte. Ils descendaient, descendaient, descendaient pour finalement gagner la plage en contrebas. A chaque fois qu'Elian s'était senti perdre pied depuis le début des vacances, son père l'avait emmené en promenade pour respirer le grand air. Pour lui qui avait plutôt l'habitude du gavage de potions à tout-va, il n'y avait pas meilleur médicament. Mais jamais ils n'avaient tenté la promenade au clair de lune. Des falaises vertigineuses encerclaient la plage de Lavernock et, pour cette raison ainsi que des miliers d'autres, Elian n'avait pas le droit de s'y rendre seul. Le sable était encore chaud sous leurs pieds nus, la nuit et le passage de la mer n'ayant pas encore eu le temps de le refroidir. Son père le mena au plus près des vagues, lui offrant la lune comme un soleil éclatant au-dessus de l'eau.

« Voilà ! C'est cette pleine lune qui nous empêche tous de dormir ! » lui sourit-il à travers sa barbe, les bras en croix.

Evelyn sembla observer le reflet de l'astre dans les grands yeux sombres d'Elian. Accuser la pleine lune de leurs insomnies était plus facile que de faire face à ce qui préoccupaient réellement leurs âmes la nuit venue. Le jeune sorcier s'était avancé, s'enfonçant un peu dans le remous et rendant son père interrogatif. Pourquoi s'entêtait-il à affronter des choses qui pouvaient l'emporter si facilement loin de lui ? Evelyn le rejoignit, s'arrêtant à ses côtés pour passer son bras autour de ses épaules. Très mauvais nageur, Elian était capable de se noyer dans son bain - ce qui avait réellement failli arriver dès le début des vacances.

« Inspire et expire bien fort, c'est ici que tous nos problèmes peuvent s'envoler. »

La brise caressante dans ses cheveux, Elian se détourna de cette étendue salée - aussi peu réveillée qu'eux - pour inspecter son père.

« Nos problèmes..? Toi aussi tu as des problèmes ? »

Evelyn détourna le regard, désemparé. Nul doute que son fils avait remarqué la fatigue dans ses yeux, les longs soupirs dans les moments creux et, à présent, les vieux souvenirs rejoués durant un sommeil perturbé.

« Rien de très grave... Rien que le vent ne puisse emporter. »

Leurs visages s'assombrirent en même temps. Le long moment contemplatif qui s'ensuivit leur fut prolifique. Ils avaient l'air de deux drôles de vagabonds qui observaient la mer en pyjama.

« Tu sais Elian, je t'ai menti au sujet des conteurs d'histoires... En réalité, ils ne les connaissent pas toutes. Il en existe une qu'ils ne peuvent pas raconter... »

Elian écoutait, attentif.

« La leur, compléta le grand sorcier, énigmatique. Les meilleurs conteurs ont beaucoup de mal à raconter leur propre histoire... C'est pour cette raison qu'ils s'intéressent autant à celles des autres. »

Le visage du garçon fut traversé d'un doute. Que voulait-il dire ? Il inspira longuement l'air salé pour se revitaliser un instant devant ces paroles qu'il ne comprenait pas tout à fait. Est-ce que lui éprouvait une quelconque hésitation à l'idée de raconter sa propre histoire ? Il était vrai que l'exercice n'était pas facile, l'ayant essayé dans son coin, mais peut-être que cela dépendait d'autre chose...

« Tout dépend de l'auditoire, non ? »

Les yeux en fentes du grand sorcier pétillèrent.

« Je ne pense pas. Tu es l'être que j'aime le plus au monde et pourtant... »

Elian comprenait où il voulait en venir. Son père voulait lui confier quelque chose de sa vie passée, sans arriver à formuler ses mots correctement. Le nombre de fois où il s'était lui-même trouvé dans cette situation... Etait-ce à propos de Grandma ?

« Tu es le meilleur conteur que je connaisse ! » essaya-t-il comme pour lui donner le courage qui lui manquait.

Le grand sorcier resserra son éteinte sur l'épaule de son fils.

« C'est compliqué. Si je te racontais la vie que je menais bien avant ton arrivée, il existerait un risque que... »

Evelyn avait peur de donner des idées à son fils, ce dernier s'inspirant déjà beaucoup trop à son goût de la vie insouciante de son parrain. En tant que figure paternelle, il fallait faire attention à ces choses-là. Le grand sorcier avait mené une vie décousue, plus jeune, en rébellion avec ses parents. Une facette de sa vie bien gardée que même Poppy Jones ne connaissait pas réellement. Bien sûr, il avait été visiblement sérieux avec ses études en se reposant sur ses quelques facilités, mais il avait surtout eu envie de quitter le foyer familial très tôt. Pendant un temps, il avait même vécu en véritable saltimbanque, maître chanteur et autres joyeuseries dont sa mère l'avait affublé. Si cette dernière ne l'avait pas remis sur le droit chemin... Elle avait bien fait, même s'il gardait une certain rancœur en lui. Evelyn avait toujours espéré que son fils le suivrait aveuglement sur le chemin qu'il lui traçait, un chemin libéré de toute embûche... Mais plus il grandissait, plus il s'engageait sur une voie très déplaisante. Un jour, il devrait probablement sévir comme sa propre mère l'avait fait avant lui. Il n'aimait pas cette idée.

Elian s'engouffra dans ses bras, repoussant d'un pas l'eau autour de leurs mollets, comme s'il sentait que quelque chose était en train de torturer son père à l'intérieur de son corps. Et cette chose n'était pas si grave, d'un seul coup, pour le grand sorcier qui emprisonna son fils.

« Ne t'en fais pas... On retrouvera le sommeil au prochain croissant de lune. »

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