22 déc. 2021, 14:07
 Solo|+  Ce sentiment étrange
Décembre 2046
*j'aime être seule*


Il fut un temps où cette pensée semblait totalement vraie. Si quelqu'un lui avait posé cette question : « T'aimes vraiment être seule ? », la rousse aurait répondu sans hésitation : « Oui. » Aussi simple que cela.
Solenn n'était pas effrayée par la solitude. Elle aimait travailler seule à la Bibliothèque ou à la Salle Commune jusqu'à ce que ses yeux se ferment sans qu'elle puisse les en empêcher. Cela ne la dérangeait pas de manger seule, matin, midi et soir ; quelquefois même, elle récupérait une gazette qui traînait là sur la table et cela lui passait le temps. Les couloirs étaient tellement bruyants à certains moments qu'elle ne s'imaginait pas essayer de tenir une conversation. Elle n'avait pas non plus le temps de commérer en classe, elle devait être attentive pour avoir des notes suffisantes.

Aussi, ses activités étaient plutôt solitaires : elle dessinait de plus en plus, ce qui l'obligeait à travailler de plus en plus tard. Elle ne prenait pas vraiment le temps de faire autre chose, aussi comment aurait-elle pu avoir des amis tout le temps avec elle, comme certains de ses camarades ?
Elle s'était toujours considérée comme une fille « neutre » : pas tellement drôle, mais pas totalement ennuyante non plus. Ses sujets de conversation n'étaient pas les meilleurs, mais elle pouvait parler longtemps avec quelqu'un si cela l'intéressait un tant soit peu. Elle n'était pas un de ces élèves populaires que tout le monde, ou presque, appréciait. Elle n'était pas un de ces élèves qui avaient vécu des aventures folles et qui pouvaient en parler longuement. Elle ne faisait plus partie d'un club, sa seule vraie interaction avec les autres se faisait pendant les cours.

De toute façon, elle n'était pas totalement seule. Elle n'avait peut-être pas d'amis à proprement parlé, mais elle ne passait pas non plus ses journées totalement recluses de la société.
Et en plus, elle aimait ça, non ? La solitude, on pouvait dire que c'était sa vraie amie, non ?

*bien sûr*


Pourtant.
Les semaines de sa sixième année se succédaient, les unes après les autres, et un sentiment étrange grandissait en elle. Auparavant, elle ne ressentait ça qu'en voyant des amoureux dans les couloirs ou dans la Salle Commune. Mais c'était de plus en plus fort, et de plus en plus présent. C'était là, bien trop souvent. Comme si quelqu'un lui plantait une aiguille dans le cœur, la sortait, et la replantait. Et ainsi de suite. Et Solenn ne parvenait pas à comprendre ce qui se passait. Pourquoi fallait-il que maintenant, même les amitiés la dérangent ? Elle avait compris pour les amoureux : c'était à cause de Cassiopée, son cœur était devenu allergique. Mais pour les amis ? La Serpentard vivait depuis longtemps presque seule, et maintenant elle n'y arrivait plus ? Ça n'avait pas de sens. Cela devait venir d'autre chose.

*mais de quoi ?*

Isaac, parcourant les montagnes, avec un pagne dans son sac
septième année rp • filière tronc commun • #9A4002

22 janv. 2022, 18:26
 Solo|+  Ce sentiment étrange
Elle avait eu peu de réels amis dans sa vie. Ayle, Violet, Cassio-

Oh, Cassiopée. La première personne qui l'avait compris, en un regard. La brune l'avait pris par la main, et lui avait donné envie de s'en sortir.
Cela faisait plus de deux ans qu'elle était partie. Solenn avait enfin fait le deuil de son baiser, et ne ressentait plus ce vide comme auparavant. Pourtant, il lui arrivait de repenser à cette fille, cette créature si compliquée et si simple à comprendre à la fois. Il lui arrivait de se souvenir de l'amour qu'elle lui portait, des papillons dans le ventre et de son sentiment d'appartenance à quelque chose. Oui, elle savait que Cassiopée ne reviendrait pas. Solenn se l'était assez répété, et ça ne faisait plus mal. C'était juste... dommage. Les souvenirs restaient dans sa tête, comme d'innombrables plantes, tantôt douces et colorées, tantôt piquantes et dangereuses. Elle pouvait les regarder sans ressentir un vide, car ça ne l'était pas, au contraire ! Les souvenirs avaient rempli son cœur. Pourtant, elle se souvenait aussi très bien de la douleur qu'elle avait ressenti. Trop de larmes avaient été versées. Combien de nuits avait-elle passé les yeux dans le vide, ses joues asséchées par les larmes, son ventre qui n'en finissait plus de la faire souffrir ?
Oui, elle était parvenue à accepter cette perte : cela ne signifiait pas qu'elle avait oublié les chamboulements.

La rousse avait accepté son besoin de partir, de recommencer tout, même si cela signifiait couper totalement les ponts entre elles. Solenn s'était demandé plusieurs fois qu'elle aurait été son choix si c'était elle qui avait du décider : garder contact, rester accroché d'une façon ou d'une autre à son passé ? Ou tout reprendre à zéro, avoir enfin cette chance de tout laisser derrière soi ?
Elle n'avait pas trouvé de réponse. Son enfance avait été douce et calme, et elle savait qu'elle ne pourrait jamais totalement imaginer ce que Cassiopée avait vécu. Alors, elle avait laissé cette question dans un coin de sa tête. Elle avait laissé cette question, car, en vérité elle ne voulait pas vraiment trouver la réponse. Pourquoi cherchait-elle toujours à remuer le passé ? Cassiopée avait pris sa décision, la meilleure décision pour elle, et Solenn avait appris à la respecter. Cela lui avait pris beaucoup de temps, mais elle y était arrivée : elle n'en voulait pas à sa p'tite Lune.

C'était agréable, d'être enfin arrivée au bout du chemin. C'était si agréable ! Vivre tout cela lui avait pourtant appris quelque chose : l'amour, l'amour romantique plus précisément, finissait toujours mal. Sa mère avait bien trop souffert en perdant son mari. Solenn avait souffert à cause de Ryan, et puis à cause de Cassiopée. Enfin, les sentiments qu'elle avait ressentis pour Ryan s'étaient révélés si insignifiants par rapport à ceux qu'elle avait eu pour Cassiopée. Mais pourtant, elle avait du prendre le temps de guérir pour les deux.

Pourquoi aimer alors ?

Isaac, parcourant les montagnes, avec un pagne dans son sac
septième année rp • filière tronc commun • #9A4002

30 janv. 2022, 17:16
 Solo|+  Ce sentiment étrange
Violet Romans.

C'était une fille, presque une femme, qui avait une place importante dans le cœur de Solenn. Violet était arrivée d'une manière plutôt impromptue, et cela avait chamboulé - une fois de plus - la vie de Solenn. Mais cette fois-ci d'une des meilleures façons possible. Solenn avait découvert en sa cousine une amie, quelqu'un sur qui compter. Les deux enfants avaient bien vécu la découverte d'une partie de leur famille, la découverte respective d'une autre fille, ce qui avait soulevé bien des questions. La rousse avait rencontré Violet, puis Amber, sa jumelle. C'était très étrange comme situation, de rencontrer deux filles avec qui elle aurait pu créer tant de souvenirs, avoir tant de bons moments. Oui, leurs parents avaient fait des choix égoïstes, et Solenn ne le réalisait que depuis quelques temps.

Mais Solenn n'avait pas de problème à définir sa relation avec Violet comme de l'amitié. C'était agréable, d'avoir quelqu'un avec qui on était lié et sur lequel on pouvait compter.
Durant leur fin de première année, ainsi que leur deuxième année, les deux sorcières étaient restées plutôt distantes l'une de l'autre, pour plusieurs raisons. Solenn ne regrettait pas vraiment de ne pas avoir tenté de connaître Violet plus tôt, elle se rendait compte qu'elles n'avaient pas cherché à le faire parce qu'elles n'en ressentaient pas le besoin.
Mais lors de leur troisième année, peu de temps après le départ de Cassiopée, les deux cousines s'étaient considérablement rapprochées. Enfin, l'emploi du temps de Solenn était toujours chargé, mais la plupart de son temps libre elle l'avait passé avec Violet.

Mais, lors de sa cinquième année, Solenn avait commencé à travailler de plus en plus, à devenir de plus en plus solitaire, sans s'en rendre totalement compte. Violet avait de nombreux amis, et Solenn ne s'était jamais senti assez à l'aise pour essayer d'entrer dans ce groupe d'amis. Violet lui offrait un peu de temps lorsqu'elle n'était pas avec son groupe, et Solenn n'était pas vraiment dérangée par ce fonctionnement, qui avait plutôt bien fonctionné pendant plus d'un an. Mais depuis l'année dernière, les cours devenant toujours plus compliqués, elle avait eu toujours moins de temps. Ian s'était plus vite éloigné que Violet, mais les deux avaient finis par le faire. Non, c'était incorrect de le souligner de cette façon : c'était Solenn qui s'était éloignée. C'était Solenn qui avait mis cette distance avec eux, c'était elle. Pas parce que Violet ou Ian avaient d'autres amis, pas parce qu'ils n'avaient pas été patients. C'était peut-être désagréable comme pensée, mais Solenn s'en rendait compte maintenant, alors que sa sixième année avançait de plus en plus.

*mais pourquoi je dois toujours faire un choix ?*


@Violet Romans j'avais envie de te mentionner :cute:

Isaac, parcourant les montagnes, avec un pagne dans son sac
septième année rp • filière tronc commun • #9A4002

20 févr. 2022, 22:56
 Solo|+  Ce sentiment étrange

Je l'ai trouvée devant ma porte
Un soir, que je rentrais chez moi
Partout, elle me fait escorte
Elle est revenue, elle est là


La solitude est réellement un sentiment étrange. Pour certains, elle arrive soudainement, ses longs droits griffus serrant alors leurs gorges frêles. Pour d'autres, elle s'insinue bien plus lentement dans leurs vies. Elle construit doucement sa cage de métal autour d'eux, et c'est lorsqu'elle a finalement fermé la porte avec sa clé, lorsque c'est trop tard qu'ils réalisent ce qui se passe. Alors, quels sont les chemins que l'on peut prendre ? N'y a-t-il qu'une seule finalité ? Tourner en rond dans cette cage jusqu'à dépérir ?

La renifleuse des amours mortes
Elle m'a suivie, pas à pas
La garce, que le Diable l'emporte
Elle est revenue, elle est là


Sommes-nous capable de l'ouvrir, cette cage ? Avons-nous ce qu'il faut pour tordre les barreaux de fer ? Mais surtout, est-ce à nous de le faire, ou devons-nous attendre quelqu'un, là-bas, à l'extérieur, pour piquer les clés à Solitude et nous libérer de sa cage ?
Toutes ces questions, Solenn se refusait de les poser. Parce qu'elle n'acceptait pas l'idée qu'elle puisse être malheureuse seule, et peut-être parce que c'était trop dur seulement d'y penser. Elle cachait tellement bien qu'elle détestait être seule qu'elle avait réussi à se persuader elle-même, n'était-ce pas magnifique ?

Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés
Elle nous fait le coeur à la traîne
Elle nous fait le coeur à pleurer


Elle se rappelait les larmes qu'elle avait versé pour l'absence de son père. Elle se souvenait du vide dans son cœur, et doucement, elle s'était souvenu, petits bouts par petits bouts, de son état lors de sa première année. Elle s'était souvenue de ces bulles qu'elle avait créé, pensant peut-être que c'était la situation à tous ses maux. Ne pas penser à la douleur de l'avoir perdu. Ne pas essayer de se rappeler son odeur, la façon dont il caressait ses cheveux, son rire et son sourire. Elle avait tant aimé ses fausses colères, ses vraies colères. Elle avait tant aimé ses bras autour de son petit corps. Elle aurait tant aimé qu'il apprenne qui elle était vraiment, qui sa mère était vraiment. Deux sorcières.

Elle nous fait des matins blêmes
Et de longues nuits désolées
La garce ! Elle nous ferait même
L'hiver au plein coeur de l'été


Perdre quelqu'un laissait une place vide dans le cœur. Malgré ses bulles, malgré le temps, cette place restait vacante, noire de néant. Solenn ne savait pas si ce creux cicatriserait un jour, ou si cela resterait comme aujourd'hui. En réalité, elle ne voulait pas vraiment le voir disparaître. Car cette douleur, si ténue était-elle, lui permettait d'avoir toujours une piqure de rappel. Si elle guérissait, oublierait-elle tout cela ? Oublierait-elle ce que cela faisait de ressentir l'absence de son père ?

Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés
T'as la mine du désespoir
Tu n'es pas belle à regarder


Elle portait maintenant ce qu'il lui avait légué : le roux de ses cheveux, le bleu de ses yeux, la forme de son nez. Et tant bien même elle ne parvenait pas à se trouver belle, elle se souvenait très bien de la beauté de son père.
Elle s'était sentie si seule sans son père. C'était d'ailleurs la première fois que Solitude était arrivée dans sa vie. Elle s'était installée là, près d'elle, et depuis ce jour l'avait suivi à la trace, sans répit. Il y avait eu d'autres moments où Solitude s'était encore rapprochée. Après le départ de Cassiopée, Solenn avait senti ses ongles lui griffer la peau, son souffle dans sa nuque.

Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l'ennui
Je n'ai pas le goût du malheur
Va t-en voir ailleurs si j'y suis


Aujourd'hui, Solitude était plus discrète, mais peut-être encore plus dangereuse. Solenn ne la sentait pas assez pour s'en méfier, elle se laissait aller doucement.

Isaac, parcourant les montagnes, avec un pagne dans son sac
septième année rp • filière tronc commun • #9A4002

23 oct. 2022, 12:45
 Solo|+  Ce sentiment étrange
Je veux encore rouler des hanches
Je veux me saouler de printemps
Je veux m'en payer, des nuits blanches
A coeur qui bat, à coeur battant


Elle aimait ces moments où, tout à coup elle oubliait tout. Comme si la réalité n'existait pas, comme si elle n'était plus Solenn Cooper en 6ème année à Serpentard. Elle était seule mais cela ne lui faisait plus rien. Sa solitude n'était plus quelque chose qu'elle portait sur son dos en la subissant. Elle aimait alors se retrouver avec elle-même. Ces moments, elle ne les vivait que très rarement lorsqu'elle dessinait. Quelquefois, lorsqu'elle avait le temps d'aller s'asseoir devant le Lac, ou alors dessiner ce qu'elle voyait de la fenêtre de son Dortoir, à ces moments-là, le bonheur qu'elle ressentait de laisser courir le crayon sur le papier la faisait grandir et devenir plus forte. Alors, sans même s'en rendre compte, elle devenait assez grande pour casser la cage que la solitude lui avait créé.
C'étaient réellement des petites bulles de bonheur, qu'elle chérissait tout particulièrement. Le poids habituel sur sa poitrine se soulevait, son cœur devenait plus léger, elle sentait moins sa présence.

C'était étrange de se dire qu'elle n'était vraiment heureuse que quand elle dessinait.

Avant que sonne l'heure blême
Et jusqu'à mon souffle dernier
Je veux encore dire je t'aime
Et vouloir mourir d'aimer


Quelque fois, en y pensant, Solenn se disait qu'elle aurait peut-être pu rencontrer quelqu'un après Cassiopée. Une personne qui l'écoutait autant que Cassiopée le faisait. Une personne qui la regardait comme Cassiopée le faisait. Tout simplement une personne qui l'aimait com...

*non. impossible.*


Comment pouvait-elle penser cela ? La probabilité qu'une personne comme ça existe était si faible ! Trouver quelqu'un avec qui elle connectait autant qu'elle avait connecté avec la brune, impossible. C'était impossible.
Leur relation avait été brève, mais avait suffi à lui faire comprendre qu'elle ne retrouverait personne comme ça. Ce qu'elles avaient vécu était unique, magique.

Et de toute façon, même si par on ne sait quel hasard elle rencontrait quelqu'un, avait-elle envie de revivre ça ? Oui bien sûr, se sentir comme elle s'était senti auprès de Cassiopée, elle aurait tant donné pour ranimer ce sentiment. Mais les relations comme ça ne finissaient jamais bien. Son père n'était plus là pour sa mère, et Cassiopée n'était plus là pour elle. Alors, si elle devait retrouver quelqu'un, cela signifiait qu'elle devrait souffrir encore une fois. Cela signifiait qu'elle allait devoir ressentir de nouvelles fois ce qu'elle avait ressenti. Et non, elle n'avait peut-être pas envie de vouloir mourir d'aimer. Elle savait qu'elle était sûrement trop pessimiste pour la plupart des gens, mais elle devait penser à elle. Solenn devait se protéger, c'était la seule façon qu'elle avait de s'assurer un avenir stable où elle pourrait retrouver petit à petit un bonheur plus constant.

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Isaac, parcourant les montagnes, avec un pagne dans son sac
septième année rp • filière tronc commun • #9A4002