Le clan des Cil Terminé solo RP +

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27 août 2047 ,
Ménagerie Magique,
Cillya


Le vent soufflait sur le Chemin de Traverse presque désert, un vent puissant, indomptable, inarrêtable et infatigable. Ses bourrasques faisaient voleter des petits objets dans la rue, comme des morceaux de papier par exemple. Le temps gris tirant sur l'orageux correspondait très bien aux pensées et aux humeurs sombres et lassées d'une jeune rousse qui, la main sur la tête pour maintenir son béret noir en place, empêchait avec difficulté son long manteau de s'envoler dans les tourbillons et les rafales du temps déchaîné. Cilblanc n'était pas accompagnée, et parcourait le Chemin de Traverse pour une seule et unique raison : faire acquisition d'un animal de compagnie.
Peu après la perte de son animal, ses parents lui avaient suggéré cette option. Ou plus encore : il lui avaient presque forcé la main, l'avaient presque obligé, même si jusque-là, la jeune bleu et argent de troisième année avait catégoriquement refusé toute négociation d'achat. Elle ne voulait pas, elle n'était pas prête à prendre sous son aile un nouveau compagnon. Pourtant ses parents avaient insisté : elle était totalement déprimée, portait toujours du noir, parlait très peu et déprimait complètement son entourage.
Ils voulaient qu'elle tourne la page.
Pourtant ce n'était que plus d'un mois après que la jeune fille empruntait seule la rue principale du Chemin de Traverse, à contrecœur. Elle n'était pas là pour tourner la page. Elle était certaine de ne jamais pouvoir la tourner, du moins totalement. Un petit coin de page au moins resterait là pour toujours. Mais elle en avait assez qu'on la regarde avec pitié, tristesse ou regret. Elle avait donc pris les devants, avait loué une chambre au Chaudron Baveur pour quelques semaines de tranquillité. Puis presque à la dernière minute elle avait décidé de se payer un animal. Elle avait un peu d'argent de côté qu'elle avait fini par se convaincre d'utiliser. C'était sans doute mieux qu'un balais ou qu'une carte des souterrains de Poudlard. Elle avait longtemps voulu que Forêt l'accompagne mais ses parents n'étaient pas sûrs qu'une telle responsabilité pour une fillette de onze ou douze ans soit raisonnable. A treize ans, ses parents l'auraient laissée l'emmener, si seulement...si seulement il n'était pas mort avant...
Et à présent elle se dirigeait à pas las mais réguliers vers la ménagerie magique, habillée de noir comme à sa nouvelle habitude. Elle aurait souhaité quelque chose de plus original que le magasin d'animaux que tous les sorciers fréquentaient, mais elle n'avait pas vraiment le choix et ne comptait pas partir à la chasse aux caribous dans le Montana. Elle aurait pu passer dans un refuge moldu où de pauvres animaux avaient été abandonnés par leurs maîtres, mais elle n'avait pas eu cœur à cela.
Dernière modification par Cilblanc Elk le 25 oct. 2022, 13:03, modifié 1 fois.

Nous faisons partie du grand tout. Tout est conscient, il suffit d'écouter la nature... || Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit || Quatrième année RP || Couleur : #c64711
Spero Patronomiste, autrement dit membre du dortoir Spero Patronum

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Elle ne jeta pas un coup d’œil aux magasins devant lesquels elle passait. Elle ne s'arrêta que devant la porte de la Ménagerie Magique, et pénétra silencieusement dans le magasin.
Les hululements de chouettes et hiboux, les miaulements, bruits de cages emplissaient d'un vacarme tel la ménagerie que Cilblanc ne fut même pas remarquée. Elle se faufila parmi les cages pour regarder les animaux. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle cherchait. La jeune fille regarda chaque animal, un par un. Elle scrutait leurs gestes, pénétrait leurs regards, tant et si bien qu'elle avait probablement fini par établir le record du client qui prenait le plus son temps à la ménagerie. Un joli chat tigré attira son attention. Il ressemblait tellement à Forêt ! Mais il avait l'air moins joyeux, plus tranquille. Forêt, lui, jouait tout le temps, comme le faisait avant sa maîtresse. Ensembles ils formaient la paire.
La fillette passa près des araignées. Elle n'aimait pas beaucoup ces animaux. Trop noirs, trop velus. Les araignées se ressemblaient beaucoup. Elle fit une longue pause face aux boursouflets. Elle aimait beaucoup ces créatures, toutes mignonnes et joyeuses ! Cependant chaque boursouflet ressemblait beaucoup à son voisin...Elle hésita une bonne quinzaine de minutes. Elle en avait repéré un au pelage violet et aux yeux d'un joli bleu qui la regardait avec attention et curiosité. Il ne semblait pas apeuré par la présence d'une humaine. Finalement elle passa son chemin. Il fallait qu'elle soit plus rapide ! Jamais elle n'aurait le temps de tout voir si elle était si lente. Elle accéléra donc la cadence, du moins essaya-t-elle. Elle ne s'arrêta pas près des serpents. Elle n'avait rien contre ces animaux, à vrai dire elle ne s'y était pas beaucoup intéressée, mais elle n'avait pas d'affinité particulière avec eux. Elle les attribuait plutôt aux Serpentard, même si il ne s'agissait que d'une image. A vrai dire un certain nombre de ses camarades de Serdaigle avaient un serpent. Si ce cliché persistait, les pauvres propriétaires de serpents finiraient par être envoyés chez Serpentard pour cause de persécution !
Elle les ignorait peut-être parce qu'elle était trop pressée de voir les autres animaux.
Ensuite vinrent les hiboux et chouettes. Un petit hibou au joli plumage cendré attira tout particulièrement son œil. Elle était très hésitante : un hibou était particulièrement utile, contrairement aux autres animaux que proposait la ménagerie et autorisés à Poudlard. Mais sa famille avait acheté récemment une chouette, et si elle voulait correspondre depuis l'école, comme elle l'avait souvent fait, elle n'avait qu'à emprunter un des hiboux qui étaient disponibles dans la volière de Poudlard. Elle n'en avait donc pas obligatoirement besoin et n'était pas très attachée aux hiboux et chouettes. Elle aurait préféré que des aigles soient en vente, mais les animaux représentants de sa maison étaient interdits à Poudlard. Elle continua donc sa route sans trop s'attarder dans ce coin de la ménagerie.
Elle regarda rapidement les rats. Ça ne l'intéressait pas vraiment d'en acheter, d'autant plus qu'Hortense, sa sœur, avait en horreur les rats. Mieux vaudrait éviter de provoquer des tensions familiales. Et, malgré son originalité due au fait que peu d'élèves en possédaient, elle n'était pas fan de ses animaux à longue queue. De plus cela lui faisait penser à Peter Pettigrew, cet animagus qui avait servi Voldemort et était resté treize ans sous forme de rat - quel dommage de gâcher un si superbe talent pour ça !
Enfin, elle s'arrêta devant les chats. Un magnifique chat crème leva vers elle ses doux yeux expressifs ambrés. Elle commença à étudier chacun des chats, à en faire le tour un par un, un pincement lui serrant cœur. Forêt était mort plus d'un mois auparavant, mais la douleur était trop forte. Lorsqu'elle eut presque les larmes aux yeux, elle quitta ce côté du magasin. Elle était prête à changer d'avis, à partir de la ménagerie aussitôt. Elle en avait assez vu, assez supporté pour la journée. Pourquoi avait-elle fini par céder à l'achat d'un animal qu'elle n'était pas convaincue de désirer ?

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La Ménagerie Magique était sans aucun doute un lieu fascinant et plein de surprises : à peine eut-elle commencé à rebrousser chemin qu'elle s'arrêta aussitôt pour contempler un animal par-ci, puis un par-là. Chaque animal l'attirait de sa propre façon et pour une raison différente.
La jeune rousse aimait énormément la nature et les animaux, et malgré son humeur sombre, elle ouvrait son cœur à eux. Inlassablement, ils l'accompagnaient, elle les accompagnait dans la vie. Lorsqu'elle était d'humeur sombre, ils la réconfortaient. Lorsqu'elle était joyeuse, ils l'étaient aussi. Y avait-il une raison pour que tous les animaux de la ménagerie semble aller vers la jeune sorcière ? Alors qu'elle s'apprêtait à quitter les lieux, elle oublia soudainement ce qu'elle faisait.
Elle réfléchit à quel animal elle désirait pour l'accompagner après ce qu'elle avait vu. Pas une araignée. Pas un rat. Probablement pas un hibou. Peut-être un boursouflet. Et, malheureusement, pas un chat, cela provoquait en elle trop de douleur.
Ne lui restait plus que les serpents qu'elle n'avait pas encore vus. La jeune fille se dirigea donc vers l'endroit où les serpents séjournaient à la ménagerie. Elle se rendit compte que ces animaux la captivaient bien plus qu'elle ne le pensait. Elle y était réceptive. Cilblanc chercha, passa du temps, fouilla, persévéra, insista. Ce serpent était trop classique. Lui trop gros. Celui-ci trop foncé. Celui-là trop sauvage. Trop peureux. Trop mécontent. Trop terne. Trop triste. Trop, trop, trop, trop...
Ça n'en finissait pas. Chaque serpent avait un défaut. Espérait-elle trouver le serpent parfait ? Elle commençait à douter que son bonheur soit parmi les serpents. Elle s'apprêta à se diriger vers les boursouflets.
Au lieu de quoi, elle s'enfonça encore plus profondément dans les cages de serpents. Elle avançait, avançait, avançait... Elle s'enfonçait encore et toujours plus dans les méandres de la ménageries. Au bout de dix minutes, elle fut persuadée que personne n'était pas venu là depuis quelques années au moins en exceptant les gérants du lieu. Elle n'écoutait plus son cerveau, elle était perdue dans une jungle de serpents où un mystérieux guide l'enfonçait plus profondément encore.
Là. Un serpent. Une fille ou un garçon ? On s'en fiche. Magnifique. Pas un mot de plus pour le décrire. C'est bien plus que magnifique. Ça dépasse les mots.
Le temps s'arrêta. Le temps s'arrête. Le temps s'arrêtera. Il n'y avait, a, aura pas de temps. Pas de jours, pas d'heures, pas de minutes, pas de secondes. La fermeture du magasin ? On s'en fiche. Il n'y avait qu'avec un être vivant que l'on pouvait ressentir ces choses. Elle ressentait la même chose avec Forêt. A chaque fois qu'elle le regardait, le temps s'arrêtait.
C'est lui, ou c'est elle ! Elle attrapa la cage alors qu'elle était persuadée que le serpent lui avait accordé sa permission. Elle le sentait, elle en était sûre. Elle retraversa l'intégralité de la ménagerie. Elle paya le prix qu'on lui demanda. Elle le trouvait bien maigre par rapport au bonheur qu'il lui procurerait !

Une fois dehors, Cilblanc consulta du regard son nouveau serpent. Le vent soufflait toujours aussi fort, le temps était aussi gris et le paysage désert et teinté de sombre. Les vêtements de la jeune fille allait parfaitement avec le triste décor, tout comme lorsqu'elle était venue beaucoup plus tôt dans la journée. Mais, à la différence de lors de sa venue, une esquisse de sourire changeait son visage pour le rendre plus doux et plus vivant.
Et, dans une cage, un serpenteau femelle avait toute son attention tournée vers sa nouvelle maîtresse, ou, bien mieux encore, à sa nouvelle amie. Elle était plutôt petite, assez fine, pas très longue, mais elle était jeune et avait le temps pour grandir. Les écailles de ce bébé serpent était d'un bleu profond, d'un bleu saphir, dans un dégradé parfait de sombre et de clair ; le soleil pourtant timide envoyait cascader sur elle une pluie d'étincelles aux teintes multicolores, aux reflets arc-en-ciel sur qui la regardait de plus près. Ses yeux étaient noirs, noirs comme ceux d'un serpent, mais présentait une chaleur enjouée et débordante d'énergie, et non d'un noir froid comme le milieu d'un tunnel. On ne pouvait pas la décrire avec de simple mots, ni même avec de simple images. Il fallait la voir, vivre à côté d'elle et lui porter une attention particulière pour décrire et sentir tout ce mélange de couleurs, d'étincelles, de profondeur, de vie.
Ça aussi c'est une forme de magie. Une forme de magie que les moldus peuvent connaître.
La rousse regarda enfin l'étiquette accrochée à la cage, donnant des spécificités sur l'animal qu'elle avait choisi. Sur le petit morceau de papier, il était indiqué « Serpenteau femelle. Couleuvre bleue agile. Espèce rare. Peut atteindre les 1 mètres 50 de long. Née le 19/09/2047, Irlande. » Elle n'était née il n'y avait que neuf jours ! Et en Irlande, de plus !
Maintenant il fallait lui trouver un nom. Cilblanc passa en tête tous les serpents célèbres qu'elle connaissait. Celui du jardin d’Éden. Non, trop mauvais et fourbe. L'Hydre. Trop monstrueux pour un pauvre petit serpent innocent. Et cela continua, continua, continua. Elle n'en trouvait aucun de correct, et se coucha sans idée de nom pour son bébé serpent.
Mais, la nuit, une idée lui vint tout naturellement.
Et si elle l'appelait Cillya ?

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