Pluie d'été
Juillet 2047,
En début de matinée
Fitzgerald's Park of Cork,
Munster, Irlande
En début de matinée
Fitzgerald's Park of Cork,
Munster, Irlande
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En cette belle matinée d'été, Ellana avait décidé de sortir se promener un peu. Cela faisait tout juste une semaine qu'elle était rentrée de Poudlard et elle avait eu beaucoup à faire depuis son retour. Ce jour-là était son premier véritable jour sans programme à suivre du matin jusqu'au soir ; et cette seule pensée avait le pouvoir d'illuminer sa journée !
La jeune fille s'était levée tôt ce matin-là, aux alentours de sept heures. Eileen dormait encore et seul son père était déjà debout. Après avoir avalé son bol de porridge aux myrtilles, Ellana s'était alors précipitée dehors, n'important que sa sacoche et sa kalimba.
Quelques mois auparavant, Mr Graham lui avait offert cet instrument d'origine africaine, et elle était bien décidée d'apprendre à l'apprivoiser.
La sorcière emprunta ainsi le long chemin dans les bois menant au centre ville afin de rejoindre son parc favoris. Ce trajet lui prit une bonne quinzaine de minutes durant lequel elle n'avait pu s'empêcher de faire tinter quelques touches de son instrument avec curiosité.
Une fois parvenue au Fitzgerald's Park, Ellana s'installa sur un banc à l'écart, face à l'immense fontaine qui trônait au centre. C'était définitivement l'un de ses endroits préférés – mais bien loin d'être le seul, car Ellana adorait les falaises également. En vue de l'heure très matinale, le parc était presque désert. L'environnement était paisible, laissant envoler le chant des oiseaux entre les hauts branchages, pour le plus grand plaisir d'Ellana. C'est alors qu'elle sortit la fameuse kalimba de son vieux sac. Calant son dos contre le dossier du banc, la jeune fille se mit en position, prête à jouer.
Comme emmitouflée dans un doux cocon, Ellana se laissa porter par son intuition, pressant les notes avec délicatesse et fermeté. Les notes aiguës s'envolaient avec grâce, se mêlant discrètement à la musique de l'eau glissant dans la fontaine et du chœur des oiseaux. Il lui semblait prendre part à un orchestre dont elle n'était saurait être la cheffe. Ellana ne voulait surtout pas briser la symphonie qu'elle accompagnait, dénaturer l'environnement qui l'accueillait à chaque fois qu'elle en ressentait le besoin.
Certes il lui restait encore un peu de pratique avant de totalement apprivoiser son instrument, mais elle était déjà satisfaite de la simplicité du jeu de cet instrument. Selon elle, il était à la portée de tous et sonnait toujours juste ; et c'était justement ce qui en faisait son charme. Ellana aurait pu rester des heures ainsi, à laisser ses pouces pianoter de touches en touches, malgré la dureté de ce dernières... À la surface de chaque lame métallique étaient gravés un chiffre et une lettre, correspondant ainsi à chaque note ; il y avait treize lames, mais Ellana restait persuadée qu'elle n'avait pas encore tout compris de l'objet.
Ellana avait déjà essayé de reproduire quelques airs de musique qu'elle connaissait et cela ne s'était pas toujours avéré très concluant. Ainsi, elle avait préféré cette fois-ci en inventer un elle-même tout en profitant du paysage et de la douceur du climat.
Soudain, une voix provenant de derrière fit irruption mais Ellana était tellement habituée à jouer que ses pouces ne purent s'arrêter de se mouvoir.
— Bonjour, jeune fille. C'est vraiment magnifique, comment s'appelle cette musique ?
Il s'agissait d'une vieille femme ; Ellana lui aurait donné soixante-dix ans. Petite et voûtée, elle affichait un sourire radieux. Quelque peu étonnée, Ellana répondit :
— Oh, merci ! Bonjour... euh, il s'agit de...
Elle jeta un bref coup d'œil à la fontaine, puis aux nuages flottant dans le ciel ensoleillé.
— "Pluie d'été". Il s'agit de "pluie d'été".
Ce titre lui plaisait bien. Il était poétique ; au moins tout autant que l'était sa source d'inspiration.
Ellana était toujours sous le choc, étonnée que la dame eût trouvé son morceau improvisé "magnifique" en dépit de son manque de maîtrise de l'instrument. Mais peut-être était-ce cela, après tout, l'Art de la musique. Peut-être qu'il n'était pas seulement question de technique mais plutôt d'émotions. En ce qui concernait Ellana, elle ne s'était jamais sentie libérée que depuis qu'elle accordait moins d'importance à la technique qu'aux émotions. Il fallait que la musique ait du sens. Pour comprendre la musique et éprouver des sensations. La musique se ressent par tous le sens. En comprenant cela, Ellana avait retrouvé le goût de la musique ; sa perception avait changé à jamais. Grâce à Max Graham ; cela, elle ne l'oublierait jamais.
Alors qu'Ellana continuait de piano, d'une façon plus discrète, la vieille femme s'approcha de quelques pas hésitants. Elle rajusta ses lunettes sur son nez tout en plissant les yeux.
— Qu'est-ce que c'est ? Une boîte à musique ? questionna-t-elle.
Étonnée par la question de la femme, Ellana baissa la tête vers son instrument, dubitative. Elle se demandait comment son interlocutrice avait pu le confondre avec une boîte à musique, bien qu'il était vrai que le son et l'aspect pouvaient s'y apparenter. Finalement, la sorcière leva le visage vers la femme tout en esquissant un sourire amusé.
— Non, c'est une kalimba, un instrument de musique traditionnel africain, expliqua-t-elle en veillant à bien articuler.
Visiblement surprise, la vieille femme hocha la tête tout en marmonnant pour elle-même :
— Oh, une ka...lim...ba.
Son regard se posa sur la baguette d'Ellana qui dépassait de sa sacoche. Elle semblait étonnée, se demandant certainement ce que faisait une branche d'arbre dans le sac de la jeune fille. Ellana en déduisit donc qu'il s'agissait d'une moldue. Elle enfonça alors la baguette plus profondément dans son sac puis se décala afin de cacher ce qu'elle ne parvenait à dissimuler. Discuter d'instruments de musique ne dérangeait pas Ellana – bien au contraire – mais l'idée de devoir inventer des mensonges pour couvrir son identité de sorcière ne l'enchantait guère. Pourtant, la petite Irlandaise ne manquait pas d'imagination, cela est une certitude ! Mais mentir à propos de ses origines la mettait toujours profondément mal à l'aise.
Si jamais vous lisez ce RP, je vous invite à suivre la petite note de musique en haut de la page pour vous mettre dans l'ambiance et imaginer ce qu'Ellana est en train de jouer.
Ellana Collins - Poufsouffle - 5e année RP (2048-2049) - Fiche PR - #Bf9000 #ad621c
"Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es."
"Suis-moi, que je te condamne aux Enfers pour l'éternité."