25 oct. 2022, 17:01
Des retrouvailles pour Noël PV
Lundi 24 décembre 2046
Maison de la Famille Nelson
Londres
Première année de Constance


Il était 8h du matin lorsque je me suis réveillée la première fois. Ouvrant un œil, je me rend compte que je suis dans mon lit, chez moi. Comme c'est bizarre de dire ça. Après tout, Poudlard est mon nouveau chez-moi depuis quelques mois. Je roule sur le côté, laissant la vue de mon radio-réveil indiquant l'heure en bâtons rouges, derrière moi. Les yeux fermés, je respire profondément. Une légère odeur de lessive se dégage de la literie, notamment de la taie d'oreiller. Une odeur quelque peu réconfortante à laquelle je suis habituée depuis aussi loin que je m'en souvienne. Pas un bruit ne parvient à mes oreilles. Après tout, on est lundi d'accord, mais si je suis ici et non pas à Poudlard c'est bien pour une raison : ce sont les vacances et pour deux semaines je suis revenue les passer en famille. Arrivée hier à Londres, à la Gare de King's Cross, c'était avec émotion, il faut l'avouer, que j'ai retrouvé mes parents que j'avais quitté quelques mois plus tôt. On avait jamais été séparé aussi longtemps. Et puis, pas moyen de téléphoner ou d'utiliser internet pour se voir, se parler... non, non. Par la poste. Ce qui rend les échanges particuliers, plus distendus aussi mais qui rend les retrouvailles plus précieuses alors.
On est lundi. Mais je n'ai pas besoin de me lever. Il est encore tôt. Je peux encore dormir.
Je pense alors à la date du jour : nous sommes la veille de Noël. Jour de rassemblement familial et de courses de dernière minute. Comme ça fait bizarre ! Un retour à la vie... « normale ».

Grr. Si je pouvais trouver un interrupteur qui tourne mon cerveau en off afin de me rendormir. Mes pensées qui s'agitent là-haut ne facilitent pas un endormissement prompt. Et puis, je suis encore sur le rythme scolaire, j'ai l'habitude à cette heure d'être levée. Je soupire. C'est pas possible.
Je me force à inspirer puis expirer le plus calmement possible. Chasser toutes ces idées. Me rendormir.

Au bout de quelques cycles de respiration contrôlée, je sens mon corps se détendre de plus en plus... et...je... je sombre de nouveau.

***


La deuxième fois que je me réveille, je roule sur le côté vers le radio réveil et, le visage à moitié caché par le gros oreiller, j'ouvre un œil brièvement pour consulter l'heure affichée. 9H26. Bon, c'est déjà mieux. J'étouffe un large bâillement dans mes bras que je croise sur mon visage. Mmm. Je suis bien là.
J'entends un bruit au loin. Je dresse l'oreille. Une porte qui s'ouvre, se referme. Des pas dans l'escalier. Je ne bouge pas, le visage encore enfoui sous mes bras. Les pas continuent sans s'arrêter dans le couloir. Papa ou Maman ? Mes pensées changent brusquement de voie quand j'entends la porte d'entrée s'ouvrir en grand et des voix discuter de façon inintelligible, depuis là où je me trouve. J'essaie de rester encore quelques secondes, quelques minutes... après tout, c'est les vacances et je n'ai pas d'impératifs ce matin. Mais ma curiosité prend le dessus et je me lève. Enfilant un sweat-shirt gris anthracite par-dessus mon pyjama, je parcours pieds nus le chemin jusqu'à la porte de ma chambre, ne faisant aucune attention au décor familier inchangé. Lorsque j'ouvre la porte, une odeur douce parvint à mes narines. Mmmh l'odeur du pain grillé et... je renifle... de viennoiserie – brioche ? Croissant ? - je ne sais pas plus mais je dévale les marches, l'estomac soudain au bord des lèvres. Oui, oui. C'est tout à fait mon estomac qui me guide jusqu'à la cuisine. En m'en approchant, j'entends des voix et je les reconnais aisément. Poussant le battant de la porte pas clenchée avec enthousiasme je m'écris :

-Granny !!! Grand-Père !!!
Ouvrant les bras d'un geste théâtral mais purement spontané, je me jette à leurs cous et les embrasse sous les exclamations de surprise et des rires de mes grands-parents maternels.
-Oh, Constance ! S'écria Granny, tu m'as fait peur ! Elle étouffa un rire. Tu veux que j'ai une crise cardiaque ou bien ?
-Ma petite Constance, comme tu as grandi ! S'exclama Grand-Père, une large main sur mon épaule et me jaugeant des pieds à la tête. Au moins 50cm, au moins !

J'éclata de rire et lève les yeux au ciel.
-Pour ça, faudrait déjà que tu sois très très âgée Granny, y'a encore le temps. Pff, oh oui au moins 50 ! Hahaha ! Quoi, Granny ?

L'expression faussement choquée de ma grand-mère était maintenant remplacée par un air mi attendri mi surpris.
-Rien, rien, tu grandis ma puce, tu grandis !
Ses yeux reflétaient de la fierté et elle m'attira à elle – je me laissa faire avec joie – et m'embrassa.

-Oh ma petite fille, ma petite Constance...
-Plus si petite que ça, hein, même Grand-père atteste que j'ai gagné au moins 50cm !

L'oeil malicieux, celui-ci prit son mug et bu une gorgée de café.
C'est là que je cherche du regard l'un de mes parents devant être là dans la pièce. Je remarque ma mère adossée au plan de travail à côté de l'évier qui me regarde, enfin nous regarde, d'un air attendri comme je ne l'ai pas souvent vu. Je m'approche d'elle avec tendresse et lui tend les bras. Ce genre de démonstration d'affection à ce niveau n'est pas si fréquente mais on s'est retrouvé après tout qu'hier et je ressens le besoin de la serrer dans mes bras.
-Bonjour Maman, soufflais-je en la serrant.
Pour toute réponse, elle me caressa la joue puis me tendit un verre de jus d'orange.
-Je ne savais pas si tu as changé d'habitude au petit-déjeuner mais je me suis dit que le rituel du jus d'orange n'a pas forcément changé, mmh ? Je viens juste de le presser.
-Chouette, merci.
De nouveau, je m'approche d'elle et l'embrasse sur la joue, attirant un regard mi-surpris mi-attendri.
M'installant à table à côté de Grand-Père, en face de Granny, je m'attaque au grand verre de jus tout en lorgnant le contenu de la table. Dans une boîte en carton ouverte, des croissants pêle-mêle, une autre, des petites brioches décorées de perles de sucre... Juste à côté, des tartines de pain légèrement grillées reposaient, pour le moment, sur une assiette.
Sous l'oeil amusé de Grand-père, je choisi non pas une, ni deux, mais trois tartines et saisi le pot de nutella et son couteau.
-Ils te nourrissent pas à ton école ou quoi ? A moins qu'ils ne proposent que du jus de citrouille... me taquine-t-il.
Je lève les yeux au ciel en souriant en tartinant une tranche d'une couche généreuse de nutella qui fond au contact de la matière chaude, et croque dedans à pleines dents. Mmmh. Je suis sûre que je pourrais postuler à une pub pour la marque tellement c'est bon. Est ce que j'aurais le droit de ramener un pot avec moi à Poudlard ? Je sais qu'ils fabriquent des pots de 1kg...
Granny me couve du regard mais ne dit rien. Maman aussi mais elle se reprend et poursuit le fil de la discussion qu'ils avaient jusque là.
-Oui, donc... où en étions-nous ? Cette après-midi, je pensais emmener Constance au marché de Noël dans le centre et puis après, sur le chemin du retour, on récupérera deux-trois trucs. Vous aviez besoin de quelque chose ?
Buvant sa tasse de thé, Granny répondit par la négative, son regard allant de Maman à moi.
Alors qu'ils continuaient de parler de la fin de journée, contenu que j'écoutais d'une oreille, je sentis le regard amusé de Grand-père tandis que je dévorais mes délicieuses tartines de nutella avant d'enchaîner par quelques gorgées de jus et hop ! Je pioche un croissant, le déchire en deux et croque dedans à pleines dents.
A ce moment, Papa fait son entrée dans la cuisine, le téléphone collé contre l'oreille. M'ébouriffant les cheveux au passage, il tendit la main vers la cafetière et se servit une tasse tout en répondant « Bien sûr Maman, oui, oui... Oui... D'accord. Et à quelle heure... D'accord, c'est très bien. Oui, nous serons là, ne t'inquiète pas. Ah, d'accord (minute de silence, il s'adossa contre le mur près du frigo, clignant des yeux avec un sourire vers Granny et Grand-père en guise de Bonjour), okay, bon bah à plus tard alors. Oui, je fais ça. Ouiii, elle est là, donc je vais le faire maintenant, d'accord ? Okay, à tout à l'heure ! Bisous ! » et raccrocha.
Posant le combiné sur le plan de travail, il s'approche de moi et m'embrasse le haut du crâne deux fois « Un pour moi et un pour Mamy ».
L'air malicieux, il ajouta un « laisses-en un peu pour moi » en faisant allusion aux viennoiseries puis salua en bonne et due forme ses beaux-parents.
Souriante, j'observe la scène avec bonne humeur. Aaah, ça faisait du bien d'être rentrée à la maison.

Quelques minutes plus tard, petit-déjeuner terminé, vaisselle nettoyée et rangée, je remonte au premier avec mon petit programme dans la tête : douche – appeler Johann et Michael – repas – marché de Noël.
Ravie de mon programme, je me glisse sous la douche chaude puis me brosse les dents avant de m'habiller : une robe en tweed vert foncé et noir avec une ceinture rouge foncée assortie à un serre-tête bandeau de la même couleur. Une tenue prévue pour l'occasion : le réveillon que l'on passe chaque année tous en semble, tantôt chez l'un tantôt chez l'autre. J'enfile mon collant blanc crème et me dirige vers ma porte :
-Papa ? Maman ? Est-ce que je peux emprunter l'un de vos portables s'il-vous-plaaaaîîît ?
J'aurais été dans un collège moldu, j'aurais eu le droit d'avoir mon propre portable, pour marquer le coup, comme tout nouveau pré-adolescent sortant d'élémentaire et entrant au collège, mais comme ce genre d'objet n'était pas autorisé – et ne fonctionnait pas – à Poudlard, les parents avaient donc décidé que cela ne servait à rien de m'en acheter un. Argument que je n'avais pas contredit : après tout, je passerais plus de temps à Poudlard qu'ici sur une année scolaire.
Entendant une réponse au loin, je me dirige vers la chambre des parents où j'ai entendu une réponse.
Sur le pas de la porte, je vois mon père avec deux chemises : une dans chaque main, il essaie de voir laquelle lui va le mieux en se regardant dans le miroir à pied posé près de la fenêtre.
-C'est pour appeler Johann et Michael. Je peux, du coup ? Demandais-je un peu pressée, le regard cherchant déjà le précieux objet.
-Oui, oui, laisse-moi une seconde et je compose le numéro...
-Pas besoin, le coupais-je en repérant enfin son téléphone. Tu sais, je vais utiliser WhatsApp, m'expliquais-je, tu m'avais montré avant... avant que je partes à Poudlard.
Mon père suspend son geste, me sourit un peu embarrassé.
-C'est vrai. Attends, faut que je le déverrouille avant, dit-il en tendant la main pour récupérer le portable.
D'un geste rapide et sûr, il déverrouille l'écran et me rend le smartphone.
Je le remercie et tout en sortant, lui indique « J'aime bien la bleue claire... ».

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25 oct. 2022, 19:08
Des retrouvailles pour Noël PV
C'est vrai qu'Internet et toutes les applications qui sont liées facilitent grandement le quotidien des non-sorciers. La technologie est un peu leur « magie » à eux. D'ailleurs, prenez un sorcier qui n'a aucune relation avec le monde « moldu » et vous avez une chance sur deux qu'il soit complètement perdu si vous lui parlez d'Internet. Enfin, sauf les gens de mon âge, naturellement. Avant Poudlard, les élèves vont dans des écoles « moldues » pour apprendre les bases de l'éducation « propres » aux deux mondes qui se côtoient – sans que l'un des deux le sache vraiment – soit le langage, les mathématique, l'histoire, la géographie... bref, le « minimum syndical » comme dit Papa.
Et il faudrait vivre dans une grotte pour avoir 11 ans - même 10 - et ne pas savoir ce qu'est Internet ! Sorcier ou non-sorcier.
Avant mon départ à Poudlard, Papa m'avait montré avec son téléphone l'une des applications les plus utilisée au quotidien : WhatsApp qui permet de s'envoyer des messages, s'appeler et même s'appeler en se voyant ! Je me demande si mes camarades de promo sont au courant de cette fonctionnalité et la tête qu'ils feraient si tel n'est pas le cas. Après avoir ajouté les deux numéros de mes deux meilleurs amis londoniens, j'appuie sur l'icône et... attends que l'un d'eux décroche. Allez Johann... Allez Michael...
Après quelques secondes d'attente, je vois le visage de Michael s'afficher en grand sur l'écran. A peine a-t-il le temps de me saluer que le visage de Johann s'affiche dans une case juste à côté.

Voir leurs visages me met un coup au cœur. En fait, quand j'ai ajouté leurs numéros sur le téléphone dans l'idée de les appeler de suite, je l'ai fait presque par automatisme. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas entendu leurs voix ni même vu leurs visages que j'ai agit avec précipitation sans vraiment oser imaginer comment nos retrouvailles se passeraient. J'ai tellement de choses à leur raconter !

Le fait est que lorsque j'ai appris ma double identité l'été dernier, et que nous avons reçu la visite de ce sorcier adulte nous expliquant comment cela allait se passer... tout cela, c'était beaucoup à assimiler. Et je brûlais de courir tout raconter à Johann et Michael. Sauf que lorsque le sorcier a pris congé, mes parents m'ont pris entre quatre yeux et m'ont demandé quelque chose de terrible. Et je n'exagère pas. Ils m'ont demandé de garder le secret, de ne rien révéler à qui que ce soit. Au final, ils ont accepté l'idée de dire la vérité à leurs parents respectifs, mes grands-parents. « C'est plus simple, et c'est la famille. On ne peut pas garder un tel secret dans la famille. »
Pour moi, Johann et Michael sont comme des frère et sœur, alors ne rien leur dire... c'est quelque chose d'impossible sinon de très dur à digérer. J'ai eu beau essayer de les persuader que cela n'engendrerai rien de négatif, qu'ils sauraient tenir leur langue, mes parents ne voulurent rien savoir.
C'est donc avec la mort dans l'âme que j'ai dû annoncer à mes deux meilleurs amis que je n'irais pas au collège avec eux comme prévu. J'ai dû leur annoncer non seulement cela – ce qui constituait une nouvelle aussi triste que déroutante – mais que ce collège se trouvait dans les Highlands, en Écosse : soit à l'opposé d'ici ! À des kilomètres et des kilomètres d'eux. Et attention, ce n'était pas tout ! Je n'allais revenir à Londres qu'aux vacances de Noël et pas avant.
Vous pouvez l'imaginer aisément, ce moment d'explications a été l'un des plus durs de ma vie entière. Comme si le fait de leur annoncer mon départ prochain remuait le couteau dans la plaie et me faisait revivre ce moment où un matin ma vie fut chamboulée. Tout ça, tout a commencé avec une lettre. Qui l'aurait cru ? Mais mes amis ne savaient que la moitié de la vérité et cela m'a bouleversée. À un tel point que, pour la première fois, j'ai vraiment fait la tête à mes parents - plus un mot. Alors ne croyez pas que je leur ai fait la tête pendant quelques jours, non. Pendant 2 semaines. Mais ils n'ont pas changé d'avis. Et bien que j'ai à maintes reprises voulu désobéir, j'ai eu peur des conséquences et des représailles de ces personnes « magiques », « sorcières ».
Finalement, j'ai fini par me résigner et j'ai décidé de passer le dernier mois d'été à profiter à fond de mes amis et de ma famille.
Après des au-revoirs émouvants avec Michael et Johann, le cœur comme pris dans un étau, la veille du départ, j'avais pris comme résolution de leur écrire le plus souvent possible. Eux-mêmes m'avaient promis d'en faire autant en passant leurs lettres à mes parents pour qu'ils me les envoient à Poudlard. Bien sûr, cette modalité a fait lever plus d'un sourcil - « comment ça, les donner à tes parents ? Pourquoi tu nous passes pas l'adresse ?? » - mais ils avaient fini par lâcher l'affaire, trop chamboulés par mon départ.

Après un trimestre entier séparée d'eux, malgré nos échanges épistolaires où je ne pouvais presque rien dire au final... me voilà rentrée. Ici, à Londres.
Et depuis un mois maintenant, une idée forte s'est faite dans mon esprit : lorsque je rentrerai à Londres, je les appellerai et leur donnerai rendez-vous. Je vais tout leur dire. Je sais, c'est un risque. Mais je ne peux pas continuer comme cela. Je ne pourrai pas tenir. Et je ne veux pas vivre dans le mensonges avec les deux amis que je connais depuis le jardin d'enfants et avec qui j'ai grandi, évolué. C'est une sorte de trahison de continuer. Si la magie fait partie de moi, alors je dois le leur dire. Tout ça est bien trop gros pour pouvoir garder ça secret. Et puis, clairement, je n'ai pas envie de garder ça secret. Ce n'est pas une malédiction. C'est une aventure. Et même s'ils ne pourront pas réellement y intervenir, je veux qu'ils soient au courant, qu'ils en fassent partie même indirectement. Ils sont comme ma famille.
La question est comment vont-ils réagir ? Vont-ils me croire ?
Une partie de moi a un peu peur de leur réaction. Déjà, l'idée d'aller à l'encontre de mes parents, sans qu'ils le sachent, et sans avoir l'autorisation express de la communauté sorcière est un peu effrayante... mais alors la nature de leur réaction l'est encore plus.
Mais j'ai pris ma décision.

-Constance, Constance !! Hey oooh ! Tu nous entends ?
-Peut-être que son tel bug ? Constance, on va raccrocher et te rappeler, okay ?

Mes deux amis me tirent de mes pensées : c'est pas le téléphone qui bug mais mon cerveau. Le fait de voir leurs visages, là, devant moi – même si par écrans interposés – m'a fait une véritable claque et m'a ramené à la figure nos adieux à la fin de l'été, notre séparation, et ma décision de tout leur dire.
-Attendez, attendez ! Non, non, c'est bon, je vous vois et vous entends ! Et vous, vous m'entendez ? Je m'exclame en parlant vite et en rapprochant le téléphone de mon visage, l'inquiétude se lisant sûrement sur celui-ci.
-Oui, c'est bon ! Sourit Johann.
-Dis donc, t'as une tête en papier mâché, toi ! S'exclame Michael en faisant la grimace.
Levant un sourcil devant cette expression imagée, je lui adresse une grimace.
-Et là, c'est mieux ?
Je vois leurs visages s'esclaffer et leurs rires me parvient par le haut-parleur enclenché.
Et ça, ça me met le baume au cœur. De suite, je n'ai qu'une envie, les serrer dans mes bras.
-Bon, alors, c'est quand qu'on t'vois ?
-À moins que t'as décidé de nous appeler vit'fait avant de prendre la poudre d'escampette ?

Je lève les yeux à cette nouvelle expression, décidément Michael a une nouvelle lubie, et leur offre mon plus grand sourire.
-J'sais paaaaas.
Faisant mine de me poser la question, je scrute leurs visages.
Johann a laissé ses cheveux poussé, de sorte qu'ils paraissent plus épais et Michael, eh bien lui n'a pas changé d'un iota.
-Ce soir c'est le réveillon mais cet aprem, Maman m'emmène au marché de Noël au centre-ville.
-Ah moi cet aprem, j'peux pas, indique Michael, on va à la patinoire avec la famille.
-Moi non plus je peux pas, s'attriste Johann. Et demain, ça va être compliqué. Mais après-demain, c'est bon ?
Réfléchissant rapidement, je ne parviens pas à savoir ce qu'il y a de prévu exactement avec mes parents. Mais ils comprendront sûrement : après 3 jours en famille, ils pourront au moins être sympas et me lâcher du lest pour vois Johann et Michael, non ?
-Oui, oui, c'est bon pour moi ! M'exclamais-je rapidement. Et toi Michael ?
-Comptez sur moi, assure-t-il avec un clin d'oeil.

Suite à cette décision, nous échangeons rapidement sur le contenu des 3 jours que l'on va passer sans se voir avant que la mère de Michael arrive et nous interrompt. « Bonjour ma belle, me salut-elle rapidement, désolée mais Michael va devoir vous laisser, nous avons une course à faire avant de manger. »
-Okay, bye Michael ! Et tâches de rester sur tes pieds cet aprem, lançais-je gaiement en faisant allusion à la patinoire.
Une grimace en guise d'au revoir et la « case » d'appel sur le téléphone où se trouvait Michael devient noire avant que l'image de Johann prend tout l'écran.
Nous discutons quelques secondes avant que ce soit moi qui me fait interpeller par Papa.
-Constance, tu viens ? Tes grands-parents sont en bas, et ils aimeraient bien passer du temps avec leur petite fille qu'ils n'ont pas vu depuis un p'tit moment, mmh ?
À regret, je détourne le regard vers mon père qui me regarde avec un air « allez, on y va ? » puis regarde à nouveau le visage de mon amie. Qui me regarde avec tristesse.
-Allez, t'inquiète, on se voit bientôt. Me dit-elle d'une voix triste. Elle m'envoie un bisou avec la main et je sens mon cœur se serrer un peu.
Je hoche de la tête rapidement vers elle et lui retourne son baiser.
Mon père m'attend toujours dans l'encadrure de la porte, m'observant d'un drôle d'air.
Sans un mot, je lui rends son téléphone et la tête basse, sort dans le couloir.
Oui, mes grands-parents m'ont manqué, bien sûr, mais c'est pas pareil et surtout : eux savent.

-Allez, fais pas cette tête, tu vas les voir bientôt ! M'interpelle Papa en m'emboîtant le pas.
Je hoche la tête en silence en forçant un petit sourire sur mes lèvres et en détournant le regard.
Nous descendons l'escalier sans un mot. Dans ma tête, une phrase : « Je suis une sorcière, je vais le dire à Johann et Michael, mais vous, vous ne pouvez, vous ne devez pas le savoir. »

Nous rejoignons Granny et Grand-père dans le salon, où ils sont installés dans le canapé avec Maman, assise dans un des profonds fauteuils.
Le sapin décoré de rouge et d'or irait très bien dans la maison des Gryffondor, je pense aussitôt en silence. Du regard, je parcours la pièce. Une guirlande lumineuse éteinte décore des étagères murales, une autre sur le buffet. La crèche bien sûr n'a pas été oubliée et trône sur un petit guéridon non loin du sapin, le petit-Jésus pas encore présent.
Silencieuse, je m'asseois en tailleur sur un coussin au pied du canapé, sur le tapis central.
-Ma petite Constance, un petit jeu de cartes, ça te dit ? Me demande Grand-père.
-Bien sûr, acceptais-je avec un sourire.
Nous enchaînons diverses parties de Président et Quiem's avant de déjeuner tous ensemble.
Ces moments sont plaisant et mine de rien, font du bien au moral. Je suis heureuse d'être rentrée à la maison. Au début, le sujet de Poudlard est plutôt évité, surtout du côté des parents mais Grand-père a l'air curieux et même Granny s'intéresse aux cours auxquels j'ai pu assister, notamment à ceux de Botanique. « C'est formidable que vous ayez cette matière-là au programme ! Ce sera le cas toute ta scolarité ? »
Après un repas sympathique et réconfortant à base de petites pommes de terre grenaille et d'un poulet doré, ainsi qu'une tarte tatin délicieusement fondante, notre groupe part direction le centre-ville de Londres. Au programme : le marché de Noël.
Après une heure à flâner dans les rues et au « marché », nous finissons par nous nous séparer : Papa devait aller récupérer ses parents à la gare, tandis que Granny et Grand-Père rentraient à la maison pour commencer à cuisiner le repas du soir ; Maman et moi nous rendons alors dans l'une des rues commerçantes pour des dernières courses – la bûche de Nöel, des macarons et un colis marron.
Ce moment mère-fille fut agréable. Depuis combien de temps ne nous étions pas retrouvé pour un tel moment en tête-à-tête ?
Bien que Maman semblait résolue à faire comme si de rien était, je sentais, comme une impression, qu'il y avait quelque chose qu'elle ne me disait pas. Pourtant, plus détendue qu'en début d'après-midi, je lui avait même parlé de l'école – à demi-mots bien sûr quand on se trouvait pas seules – et elle s'était intéressée aux rencontres que j'avais pu y faire – Erin, Orla, Amy, Charlotte... - je sentais quand même que l'on pouvait parler de Poudlard sans pour autant trop parler de la magie. Sauf que la magie, elle faisait dorénavant partie de ma vie. Elle était au cœur de ma vie quotidienne à l'école. Et bien que la transition Vie Moldue-Vie à Poudlard avait été étrange, le retour Vie à Poudlard-Vie Moldue l'était tout autant pour moi. Et je n'avais pas envie de faire comme si de rien était, j'avais envie de partager avec elle ce qui m'y étais arrivé.

Mais bon. Il ne faut pas non plus que j'oublie que pour Maman, ça peut aussi faire beaucoup. Ça doit lui faire remonter des souvenirs. Et pas forcément que des positifs. Cette histoire de tante sorcière que je n'ai pas connu, et qui clairement ne doit pas non plus connaître mon existence, est quelque chose de déroutant pour moi. Je, je ne sais pas comment réagir à cela. J'essaie de me mettre à la place de Maman en imaginant que Johann est une sorcière et qu'elle part, en me laissant moi, sans pouvoirs, derrière elle. Mais c'est absurde comme situation. Je veux dire, je suis moi, et... c'est moi qui a connu l'autre côté. Donc, c'est difficile de me mettre à sa place, je trouve.
Je sais au fond de moi qu'il faut que je lui laisse le temps. J'espère que ces fêtes de Noël nous rapprocheront comme « avant ».
Dans la voiture, sur le chemin du retour vers la maison, la nuit commençant à tomber, nous écoutons une vieille musique de Noël comme seules les radios savent diffuser pendant la période de fin d'année. Le genre de musique qui, mine de rien, font du bien quand même à entendre. Le genre folklo qui met le sourire aux lèvres et le cœur dansant.
Nous arrivons enfin et dehors, il fait un froid de canard – comme dirais Michael. À cette pensée je souris. Ah lala, je me demande d'où lui vient cette lubie de parler avec de telles expressions.
Maman, croisant mon regard et me voyant sourire, m'attrape par les épaules et soupire.
-Ah ma Constance, je suis contente que tu sois rentrée.
Je lève alors mon visage vers elle, sentant au passage son odeur que je connais depuis toujours, et lui sourit tendrement.
Alors que la porte d'entrée s'ouvre sur Grand-Papa, le père de Papa, je lui répond d'une voix douce.
-Moi aussi.

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1 nov. 2022, 20:40
Des retrouvailles pour Noël PV
Mercredi 26 décembre 2046
Quartier de Hackney, Londres


Après qu'on se soit confirmé l'heure et le lieu par messages, nous sommes enfin le 26 décembre 2046.
Les fêtes de Noël avec le réveillon et le jour J ont été vraiment super chouettes ! Heureusement qu'il y avait mes grands-parents qui étaient là ! Bon, ça n'a pas duré hyper longtemps, après tout, les parents de Papa sont repartis hier après-midi – une nuit sur place, ça « suffisait », le nombre de couchages étant limités à la maison – et ceux de Maman sont repartis dans la foulée, dans la soirée. Oui, heureusement qu'ils étaient là : ainsi, je n'ai pas eu vraiment de moment seule avec mes pensées - et le soir dans mon lit, je tombais de sommeil – de sorte que je n'ai pas vraiment eu le temps de ruminer ce qu'il va se passer aujourd'hui. Là, maintenant.

Le temps est pluvieux, il s'est maintenu hier, mais aujourd'hui, c'est comme si le ciel déversait ce qu'il avait contenu pendant des jours.
On est dans la voiture avec Papa, il me dépose devant la maison de Johann. La pluie recouvre le pare-brise et le son emplit la voiture. Bon, eh bien une balade au parc, c'est mort. Mais ce n'est pas grave, on va traîner dans le salon ou dans sa chambre. Je me demande si Michael est arrivé. Je regarde au dehors mais je ne reconnais pas de voiture appartenant à ses parents.
-Bon, nous voilà, je viens te récupérer vers quelle heure ? Demande Papa d'un air habitué.
Je le regarde et tourne de nouveau mon regard au-dehors. Je suis à la fois contente à l'idée de les retrouver mais... Mais à la fois craintive de comment cela va se passer. Je déglutis et hausse les épaules d'un air qui se veut nonchalant.
Papa me regarde d'un air étrange.
-Ça va pas ?
-Si si, je réponds d'une voix absente. Je feins un sourire et décroche ma ceinture. Bon, j'y vais. À plus tard !
-À plus tard, passez un bon aprem !
Pour toute réponse, je lui souris et baissant la tête, m'enfuis à toutes jambes en tirant sur ma capuche pour la maintenir, jusqu'à la porte d'entrée.
Je sonne et prie pour ne pas avoir à patienter dehors sous la pluie trop longtemps.
Ce n'est pas le cas et la porte s'ouvre sur Johann qui m'invite à l'intérieur.
-Vite, vite, reste pas dehors !
Elle rit et m'attrape à bras-le-corps à peine j'ai fait un pas dans le hall. Je la serre dans mes bras en retour, souhaitant que ce moment dure toujours, que les secondes durent plus longtemps.
-Hey ! Laissez-en un peu pour moi ! Hey !!
Je relève la tête et aperçois avec un sourire Michael, l'air débonnaire, un bonnet de Noël sur la tête et un pull de Noël avec un sapin dessus.
J'éclate de rire devant son accoutrement et l'enserre lui aussi dans mes bras.
Ils m'ont tellement manqué. Tellement. Je n'ai pas de mots. Nous n'avons jamais, jamais, été séparés aussi longtemps.
Je déglutis et nous rions nerveusement, sous le coup de l'émotion.
Après m'être débarrassé de mon manteau trempé et de mes chaussures humides, je les suis au salon sur mes chaussettes rayées grises et noires.
Les parents de Johann sont partis cet après-midi rendre visite à un parent, exprès pour nous laisser la maison, un peu de temps entre nous après autant de temps séparés. Je hausse les sourcils à cette nouvelle. Je ne m'y attendais pas.

Nous nous installâmes confortablement dans le canapé et le fauteuil.
Après un silence de quelques secondes, on éclate de rire à nouveau : par où commencer ?
Souhaitant repousser le moment fatidique. Après tout, même si J'ai décidé, de moi-même, de leur annoncer ma double-identité, ce n'est pas chose aisée : il y a quelques mois, j'étais comme eux et maintenant je suis une sorcière. Tout un monde nous sépare, on pourrait dire. Enfin, façon de parler. Les deux communautés se côtoient et vivent l'une à côté de l'autre, l'une ne sachant pas évidemment l'existence de l'autre. Bon, d'accord, techniquement, je ne suis pas une sorcière depuis quelques mois mais … depuis toujours ? Sauf que je ne l'ai appris qu'il y a quelques mois. Et ça avait été un sacré choc. Le même que je m'apprête à leur faire vivre. Et je ne sais pas comment ils vont réagir. Me rire au nez ? Genre blague de... Noël ? Être dans le déni ? Y croire et me sauter dans les bras de joie, d'excitation ? Y croire mais avoir peur de moi ?
C'est pas comme si j'avais ma baguette en plus. Vu que l'on doit la confier au Conseil avant chaque départ en vacances scolaires pour la retrouver à notre retour. Donc, leur faire une démonstration n'est pas vraiment possible. En tout cas, je ne saurais pas faire. Et puis, même si tel était le cas, faire de la magie devant des « moldus » est interdit. Genre, y'a une loi et tout. Alors, ils vont devoir me croire sur parole. Uniquement sur parole.
Ça y est, je stresse. Et je stresse bien. Mais qu'est ce que je fais là ? Je veux dire, est ce que c'est vraiment une bonne idée ?! Je m'apprête à bousculer clairement leur vie. Alors qu'ils n'ont rien demandé ?
-Constance, ça va ? Tu te sens bien ? Me demande Johann d'un air interloqué.
-Oui, bien sûr. Pourquoi ? Demandais-je d'un air désinvolte.
Avec Michael, ils échangent un regard.
-Bah quoi ? Demandais-je à nouveau en riant.
Voulant m'occuper les mains, je me lève et commence à marcher dans la pièce. Sous le regard interloqué de mes amis. Ils ne savent pas ce qu'il se passe dans ma tête, ils sont à des lieux de pouvoir imaginer. De pouvoir imaginer ce qu'il s'y passe, mes pensées se bousculant, mon stress qui bat au même rythme que mon cœur, et même ce que j'ai pu vivre depuis l'été dernier.
-Qu'est ce que tu fais ? Demande Michael. Constance, t'es sûre que ça va ?
Pour toute réponse, je tente de rire mais il reste bloqué. Sentant la panique monter, je sais bien que mon comportement a l'air étrange et ce n'est pas du tout, du tout ce que je souhaite, je sens mon visage blanchir.
-Excusez-moi, je dois aller aux toilettes.
Sur ces mots, je file en marchant vite, me retenant de courir, jusqu'à la salle de bain où je m'enferme.
Posant les mains de chaque côté du lavabo, le regard vers le bouchon d'évacuation, je sens mes temps bourdonner. Il faut que je me calme. Il faut que je me calme.
Une vague de tristesse me prend alors aux tripes. Mais qu'est ce qu'il m'arrive ?
Plaquant une main contre ma bouche, je m'efforce de respirer calmement, profondément. Mais n'y parviens pas.
Le temps semble se suspendre tandis que les yeux fermés, je me concentre sur ma respiration. Au bout de ce qui me semble une éternité, alors qu'au final seulement 2-3 minutes se sont écoulées, je parviens à retrouver mon calme.
Les yeux dans les yeux avec mon reflet, je laisse les pensées envahir à nouveau mon esprit. Mais elles ne sont plus désordonnées comme il y a quelques minutes. Si j'ai décidé de faire ce que je m'apprête à faire, c'est pour une raison : j'aime mes amis et je ne me vois pas leur mentir davantage. Je ne me vois pas garder ce secret, toute seule. Le leur cacher est pour moi quelque chose de trop lourd. Ce n'est pas une décision prise à la légère. Adviendra ce qu'il devra arriver.
En espérant que cela se termine bien. Mais en mon fort intérieur, à moins que ce ne soit qu'une lueur candide d'espoir, je crois qu'ils comprendront et, qu'ils m'accepteront. En tout cas, si ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce le sera plus tard. Mais, ce serait quand même mieux aujourd'hui.

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1 nov. 2022, 23:02
Des retrouvailles pour Noël PV
Lorsque je reviens dans le salon, Johann et Michael sont toujours posés à la même place, l'un assis dans le canapé, l'autre dans le fauteuil, les genoux repliés contre elle.
À leurs regards pleins de questions, je réponds d'un sourire que ça va, que j'avais juste besoin d'aller aux toilettes. Peut être un truc que j'ai mangé et qui n'est pas passé.
Je parle d'une voix calme, les regardant dans les yeux. Je suis résolue, je vais leur partager mon secret, oui mais pas maintenant, je me laisse une heure avec eux, à parler de façon insouciante, de tout et de rien. Juste, profiter de l'instant.
Ils n'ont pas l'air sûr de moi, de ma réponse mais ne préfèrent pas s'éterniser dessus, ce dont je leur suis grée. Johann propose qu'on se prenne une petite collation, ce qu'on accepte avec Michael de bonne grâce. Attablés à la table de la cuisine, on discute des dernières nouvelles d'ici. Untel qui vient de se marier. Quelqu'un d'autre qui vient de décéder. Oh et puis, telle maîtresse qui est enceinte. Et puis Michael raconte ses impressions du collège et Johann me parle du poney-club, de quel groupe elle a intégré, de quels poneys elle a monté. Elle me donne des nouvelles des chevaux, poneys, me montre des photos. On doit passer presque une heure à discuter comme ça, et je fini par me détendre, rire et retrouver cette sensation de bien être que j'associe aisément à notre trio.
Et puis, finalement, c'est moi qui me retrouve sous le feu des projecteurs, leurs yeux avides d'informations. Comment qu'c'est ? Les gens sont sympas ? Est ce que je m'y suis fait des amis ? Est ce que l'accent, là bas, est pas trop prononcé ? Et la nourriture, elle est bonne ? Et les lieux, le dortoir ? Et les profs ? Et les garçons ?
Je rougis à cette dernière question, à vrai dire, j'ai des yeux mais clairement je n'ai pas trop pensé à ce genre de trucs depuis la rentrée. Bien trop de choses plus « importantes » à penser comme les nouveaux cours, les devoirs, le fait de ne pas se perdre, le château à découvrir.
Mais ça, je ne sais pas comment leur dire.
Me resservant un verre de soda, je réponds :
-Oulah, eh ben vous en avez des questions. Euh... alors... le château est sympa, immense en fait, les gens y sont très sympas aussi, les profs pareils. Et les garçons, j'y ai pas trop pensé à vrai dire. Je ris en secouant la main, vous voyez, je me suis plus concentré sur le fait de pas me perdre et.. de m'intégrer. Vous voyez.
-Ce que je vois, c'est que tu te fais désirer, indique d'une voix « bougeonne » Michael.
-On veut des détails ! On veut tout savoir !! s'écrie avec emphase Johann.
On rit mais leurs visages reprennent leur sérieux, attendant que je dise quelque chose. L'expression « accrocher aux lèvres de quelqu'un » prend tout son sens, tout d'un coup.
Je les regarde, ils me regardent. Je soupire.
-Mais quoi, mais quoi à la fin ? S'emporte théâtralement Johann.
-Qu'est ce qu'il te prend Constance ? Renchérit Michael.
-Je...je...
Baissant les yeux sur mes mains, je croise celles-ci, les décroisent, les recroisent, les cachent sous la table entre mes cuisses. Je souffle un grand coup. Je le sens. Ça y est, c'est le moment. Faut pas que je me dégonfle.
-J'ai un truc à vous dire, en fait.
Relevant les yeux, je vois deux paires de yeux me fixer avec attention. Génial, de quoi vous mettre à l'aise.
-Eh, me regardez pas comme ça. Vous savez, vous faites grave flipper là ? On est aux périodes de Noël là, pas à Halloween !
-Gagne du temps, c'est ça, gagne du temps... rage gentiment Johann.
-Allez crache le morceau !! On sait bien que tu nous caches quelque chose !! On le sent ! On te connaît depuis... 'fin j'sais pas, depuis qu'on est gamin alors raconte. Il s'est passé quelque chose de grave ?
Me mordant la lèvre, je ne répond pas. Je suis une dégonflée.
Après une minute de silence, Johann pose sa main sur la table, vers moi et d'une douceur extrême, me dis :
-Constance, tu sais que tu peux tout nous dire, n'est ce pas ?
Relevant les yeux vers elle, je me plonge dans ses yeux et sens une boule se former dans ma gorge. Au point de me les faire baisser. Non, pas encore. Je dois respirer, tout dire. Comme on enlève un pansement, comme on dit.

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1 nov. 2022, 23:03
Des retrouvailles pour Noël PV
-Je suis une sorcière.
Ces mots, prononcés platement, les yeux baissés, n'ont pas la même saveur que quand je suis à Poudlard.
-Quoi ? Me demande Johann comme si elle avait mal entendu.
Je soupire. Je dois le redire. Ce n'est pas une honte après tout, c'est un don... non ?
Relevant les yeux, je les plante dans ceux de ma meilleure amie.
-Je suis une sorcière.
Instant blanc comme si un ange passe.
-Je suis désolée, continuais-je sans pouvoir m'arrêter cette fois-ci. Je suis désolée de vous l'annoncer comme ça. En même temps, est ce qu'il y a une façon idéale de le dire ? Je veux dire, pour la première fois à quelqu'un. Je suis une sorcière et j'ai comm...
-Stop ! M'interrompt abruptement Michael tandis que Johann reste sans voix, son regard fixé au mien, sans ciller. C'est une blague, c'est ça ?
Il commence à rire nerveusement.
-Alors quoi, trois -quatre mois sans se voir et tu nous fais plus confiance ? Tu veux pas nous dire ce qui cloche donc... tu inventes ce... ce mensonge bizarre... et tu crois qu'on va avaler ça ? Mais c'est n'importe quoi !
Johann semble revivre en entendant ces propos et secoue son beau visage empreint d'un air triste. Mais elle ne dit rien.
-C'est... c'est pas une blague, Michael.
Ils me regardent, totalement dans l'incompréhension tandis que moi, je sens mon monde s'écrouler.
-Je vous jure, je vous jure que c'est vrai. Je ne vous mens pas. Je vous...
Michael se lève avec un air que je lui ai pas souvent vu.
-Jure pas, jure pas ! Mais qu'est ce que tu nous raconte ?! T'es une sorcière ? Oui bien sûr ! Et mon chat, il sait voler !!
Johann ne prononce pas de mot, non. Elle se passe les mains dans les cheveux.
Et finalement...
-Je comprends pas, je comprends pas... Constance, pourquoi tu nous dit ça ? Je comprends pas. Michael ! Assied-toi ! Ordonne-t-elle à notre meilleur ami qui s'est rapproché de la fenêtre en regardant dehors comme s'il évaluait les chances que la pluie s'arrête et qu'il puisse s'enfuir en courant.
Mais Michael secoue la tête et ne bouge pas d'un millimètre.
La température dans la pièce semble avoir chuté. Mais je sais que ce n'est qu'une sensation. Tout comme mon cœur qui semble se briser en petits morceaux. Un cœur, ça ne se brise pas comme ça, hein ? C'est fait de chair et de sang.
-Johann, Michael, si vous voulez bien m'écouter. Juste un instant. Si vous pouvez me laisser vous expliquer.
Michael commence à ricaner. Je ne le reconnais pas et ouvre de grands yeux interloqués et regarde Johann d'un air lui demandant des explications. Elle ne fait que secouer la tête.
-S'il vous plaît. S'il vous plaît. Au nom... au nom de notre amitié !
Michael soupire mais ne bouge toujours pas.
Je sens les larmes me monter aux yeux et me prends le visage entre les mains l'espace d'une seconde.
-Ça ne devait pas se passer comme ça. Ça ne devait pas se passer comme ça... murmurais-je pour moi-même. Je sentais le raz de marée menacer de me submerger d'un instant à l'autre.
La respiration courte, je sens mon corps comme... refroidit. J'ai froid. J'ai froid et je me sens si mal. Ma tête me lance, j'ai une boule dans la gorge de la taille d'une balle de tennis. Clairement bien trop grosse pour ma gorge.

-Franchement, j'te comprends pas, commence Michael.
Alors que Johann ouvre la bouche pour l'arrêter, il étend sa main pour lui signifier de le laisser continuer.
-Je comprends pas ce revirement de situation. Tu... tu pars... déjà, ça, ça a été dur à avaler, dans une école, enfin dans un collège qui se trouve dans un château, en Ecosse, dans un internat, comme ça, sans vraiment de raison, tu n'as pas le choix etc... okay ! Bon ! Déjà, on a dû avaler ça, ensuite, y'a eu le fait qu'on pouvait pas t'appeler, que c'était forcément par la poste et ENCORE ! On devait passer par tes parents... Et MAINTENANT, tu nous annonces que tu es une sorcière ! Une SORCIERE !
Les larmes brillants dans mes yeux, je ne sais pas pourquoi, je lutte pour ne pas pleurer. Ça n'arrangerait rien.
Michael, secouant toujours la tête, fini par venir se rasseoir, l'air penaud, se prenant la tête entre ses mains.
-Il s'est passé quelque chose ? Demande d'une voix plutôt calme Johann. Cet été ? En fait, tu ne voulais plus nous voir ou... changer d'air et t'es partie, et tu t'es fait plein d'amis là-bas et tu décide de couper les ponts avec nous, c'est ça ?
Secouant la tête à mon tour, m'essuyant les yeux au passage, je lui répond, la voix enrouée :
-Non, non, pas du tout ! Pas du tout !! Laissez-moi vous expliquer. S'il vous plaît, laissez-moi vous expliquer.
-Vas-y, on t'écoute.
Déglutissant, cette grosse boule dans la gorge me bloquant dans ma lancée, je fini par me racler la gorge et pose mes mains sur la table, comme pour me retenir.
-Tout à commencé un matin, en juillet...
-C'est pas vrai ! S'exclame Michael en levant les yeux au ciel, d'un air accablé.
-On a reçu une lettre à la maison, en même temps que le courrier des parents et le journal de Papa. Elle était à mon nom. Elle m'annonçait que j'étais prise dans une école de sorcellerie. Au début, j'ai cru que c'était une blague. De vous deux, finis-je pas rajouter en les regardant alternativement.
L'espace d'un instant, j'hésite à parler du secret de Maman, me mordant la lèvre et alors que Johann ouvrait la bouche, je décide de ne rien dire pour le moment – d'accord, c'est un secret, mais un secret à la fois, c'est suffisant, surtout dans ce contexte-là – et reprend le fil de mon explication. Bref, je vous passe les détails mais j'étais assez choquée quand on a compris que c'était vrai, que c'était pas une blague. Y'a même eu un sorcier qui est venu, oui un sorcier Michael. Comment je le sais ? Formulais-je à sa place, par ce qu'il nous l'a assuré et parce que... Non, non, pas maintenant. Enfin, parce que il nous a donné des éléments qui … proviennent de ma famille et qui... prouvaient ses dires.
Bon, pas totalement les faits tels qu'ils se sont réellement passé, mais une chose à la fois.
-Et du coup, il y a cette histoire de Secret Magique. Parce que si vous croyez, rien qu'un instant que j'y ai cru du premier coup, vous vous plantez le doigt dans l'oeil, dans les deux yeux même ! Ajoutais-je en parlant vite. En fait, la communauté magique, elle coexiste avec le monde non-magique depuis... depuis... pfiou ! Super longtemps, mais on le sait pas, les non-magiques... je m'interrompt en me rendant compte que je ne suis pas, plus, une non-magique. Par ce que il y a ce Secret Magique qui est une mesure de nos deux gouvernements pour protéger les deux communautés. Il y a eu une guerre, en fait, il y a quelques années, quand on était enfants, précisais-je d'un air comme si cet élément n'était pas central dans mon explication. Bref, moi aussi, je croyais que la magie c'était dans les films, les livres, les contes... bref, de la fiction !! Mais en fait c'est réel !! Vraiment réel !
Je m'interrompt pour les regarder, observer leurs réactions. Je me rends compte qu'ils ne m'ont pas interrompu depuis le début de mon discours. Je ne sais pas si c'est une bonne chose ou pas.
-S'il vous plaît, croyez-moi. J'vous mens pas. Si je ne vous ai rien dit avant, c'est à cause de ce Secret Magique. Si on apprend que je vous l'ai dit, j'crois bien qu'il peut m'arriver des bricoles, dis-je d'un ton sérieux et un peu lugubre. Mais passer tous ces mois loin de vous et ne pouvoir presque rien vous dire dans les lettres, ne pas vous avoir au téléphone... vous verriez le château, il est vraiment... chouette ! M'exclamais-je sur un ton d'excuse. Mais c'est pas pareil sans vous et, et le fait de ne rien vous dire ça rendait les choses encore plus affreuses, j'avais cette sensation... cette sensation de vous mentir. Et ça, ça c'était trop dur. Je pouvais pas continuer. Alors j'ai décidé de vous dire la vérité. Par ce que, par ce que... je ne trouvais plus les mots, les mots pour les convaincre. Parce que même si je me suis fait des amis là bas et que ça se passe bien, ben vous, vous y êtes pas. Et peut être que vous êtes pas sorciers, mais j'm'en fiche, vous êtes mes meilleurs amis. Et on s'est toujours dit la vérité. Toujours !!
Les larmes que j'avais chassé étaient bien évidemment revenues aussitôt, ces vilaines fichues larmes, mais là, je n'avais pas la force de les combattre. Mes yeux allant entre mes deux meilleurs amis, ceux que je connaissais depuis le jardin d'enfance, avec qui j'avais vécu mes premières fois, ceux avec qui on formait le trio des « inséparables ». Il m'était trop douloureux de me dire que c'était la fin. Parce que je leur aurais dit la vérité.
-Me détestez pas, dis-je d'une petite voix en essuyant vaguement les larmes qui coulaient sur mes joues. J'vous dit la vérité. Et j'suis pas folle ! M'écriais-je soudain. J'ai vraiment eu cours depuis septembre. Oh, j'ai tellement de choses à vous raconter à ce sujet.

Je ne sais plus quoi ajouter. J'ai l'impression à la fois que davantage de mots, de phrases, ne feront qu'empirer la situation et à la fois que ça pourrait finir par les convaincre.
Que puis-je dire d'autre ? Que mes parents après tout, ne sont pas fous, qu'ils les connaissent depuis qu'ils sont tout-petits. Qu'ils m'ont laissé partir dans un train rempli d'inconnus vers une école lointaine où ils n'ont jamais mis les pieds et où l'électronique, l'électricité ne sont pas autorisés et son proscrits. Ce qui veut dire pas d'internet, pas de téléphone. Uniquement la poste. Et encore, ce n'est pas la poste directe car celle-ci chez les sorciers se fait par hibou.

Je regardais mes mains, mes doigts, agrippés au rebord de la table où restaient une boîte de gâteaux vides et nos verres vides, une bouteille de soda entamée.
Je me sentais comme vidée. Je relève la tête et les regarde à nouveau. Tous deux ont l'air sous le choc. Et encore, je ne suis pas douée de télépathie : je ne sais même pas s'ils me croient ou s'ils me prennent pour une folle. Ou pour une menteuse.

Johann pince les lèvres et formule une pensée d'une voix plus froide que précédemment :
-Du coup, c'est ça ? Tu es une sorcière, tes parents sont bien sûr au courant hein – eux aussi sont des sorciers du coup ? - et tu as fais ta rentrée non pas dans un collège bizarre mais dans une école de sorcellerie où on t'apprends à... à... elle ne réussit pas à finir sa phrase et soupire comme si elle se dégonflait comme un ballon.
-Tu comprends que ça fait plus que beaucoup à encaisser. Continue d'une voix sourde Michael.
J'acquiesce machinalement en silence et rebaisse les yeux. Alors, ça y est, c'est fini ?

Le silence qui suit est pesant mais c'est comme si aucun de nous trois n'ose le rompre. Moi et mes pensées lugubres, anxieuse, et eux, en pleine réflexion sur mes propos et dieu sait quoi d'autre. Je me met à leur place, j'apprendrais que l'un d'eux serait un ou une sorcière, j'aurais été assez choquée et j'aurais eu du mal à encaisser. Il faut peut être que je leur laisse du temps. Pour absorber la nouvelle. Une migraine commence à vriller sous mon crâne et mes larmes sont sèches maintenant. Le frigo laisse passer un soupir, comme seuls les frigos savent le faire au moment opportun, brisant le silence.
-Je crois, commença Johann en pesant ses mots, je crois que tu devrais rentrer Constance.
Ma peine devant se lire sur mon visage, elle ajouta :
-Ca fait beaucoup, je...j'ai besoin de réfléchir à tout ça. Elle se lève et se tourne vers Michael, toi aussi, finit-elle dans un souffle.

J'ose alors lui demander de me prêter son téléphone pour prévenir mes parents, histoire qu'ils viennent me chercher. Le temps qu'ils arrivent, nous nous dirigeons vers le hall, histoire qu'on enfile nos chaussures et manteaux. Une idée me vient en tête et je formule tout haut ce qui me trotte en tête, bien sûr d'une petite voix :
- J'ai une petite demande à vous faire, j'ai brisé le Secret en vous disant la vérité, s'il vous plaît, ne le répétez pas. À personne. Ni à vos parents, ni à qui que ce soit.
D'une mine assombrie, Michael acquiesce sans ajouter quoi que ce soit et Johann d'un air triste, qui la vieillit, acquiesce de même. Nous attendons en silence, dans le hall, dans nos pensées, l'arrivée de nos parents et quittons Johann.
Un dernier regard de ma part se bute au visage fermé de celle-ci quand elle referme la porte.

Le trajet du retour avec mon père fut assez silencieux, malgré les musiques de Noël passant à la radio. Bien trop guillerettes à mon goût mais je m'abstiens de tout commentaire. Quand mon père s'enquit de notre après-midi, peut être est-il étonné d'être venu me récupérer si vite, peut être voit il mes yeux rougis, je lui assure que tout s'est bien passé sauf que je pense avoir mangé quelque chose qui ne passe pas, la veille ou le jour même, car je me sens un peu malade.
Sur ce prétexte, j'ai la possibilité de me réfugier dans ma chambre, une fois arrivés.

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27 nov. 2022, 12:12
Des retrouvailles pour Noël PV
Dimanche 30 décembre 2046
15h34
Domicile des Nelson


Voilà, ça faisait 5 jours. 5 jours depuis que je leur avait tout dit. Enfin, que je leur avait raconté le principal : la vérité sur ma double identité.
Depuis, silence radio. Aucun message, aucun appel. Aucun signe. Et ma bonne humeur d'être rentrée à Londres s'est envolée avec cette après-midi pluvieuse, quelques jours plus tôt.

Allongée sur mon lit, les cheveux défaits autour de moi, j'écoute une playlist sur l'ordinateur portable familial posé sur mon bureau.
And right
befoooore
yooour
eeeyes, i'm breaking...


Bon d'accord, pas très original mais je suis là - aussi mal qu'on peut se sentir mal quand on se sent rejeté par les siens et qu'on attend qu'une chose, qu'ils nous acceptent tel qu'on est - allongée de tout mon long en train de fixer le plafond, et d'écouter une playlist de chansons tristes.
En même temps, quand on se sent aussi mal, aussi déprimée, alors que ce sont les fêtes de fin d'année bon sang, eh bien on est pas vraiment dans le mood d'écouter une playlist plus joyeuse.

This is the last time i'm asking you this...


Ai-je fait une erreur ? Le plafond blanc reste sans réponse. Et pourtant. Au fond de moi, je sens que j'ai pris la bonne décision : j'ai mis fin au mensonge. Et pourtant.
Pourtant, alors que j'ai pris la "bonne" décision, que j'ai été honnête avec mes deux meilleurs amis, je me retrouve seule. Seule avec cette vie qui s'ouvre devant moi.
Mais autant j'ai appris des choses depuis quelques mois et cette vie de sorcière je l'ai accepté, et je suis contente à l'idée de rentrer à Poudlard dans une semaine... autant, savoir que Johann et Michael ne me parleront peut être plus jamais m'afflige énormément.

Alors oui, c'est une sacrée nouvelle que je leur ai annoncé mais ça fait 5 jours que je la leur ai annoncé. Autant dire une éternité.
Je devrais être heureuse d'être rentrée ici à la maison, passer du temps avec Papa et Maman... mais non, je n'en ai pas envie. Je sens une grande tristesse en moi depuis cet après-midi pluvieux. Et je ne peux même pas me confier à ce propos à mes parents car ils m'avait expressément demandé de ne pas le faire l'été dernier. Et j'ai désobéi. Toutefois, mes parents ne sont pas aveugles et ont bien vu mon comportement changé et même si je ne leur ai rien révélé, ils se doutent qu'il s'est passé quelque chose avec Johann et Michael.
Je suis donc seule avec moi même, à ruminer mes pensées sombres, à me remémorer notre conversation, leurs expressions, leurs réactions.

Au "mieux", ils m'ont pris pour une menteuse. Au "pire" pour une folle. A moins que ce soit l'inverse ?

Les derniers accords du morceau laisse place à de nouveaux de guitare.
Je laisse mes pensées errer.

Uh huh, life's like this. Uh huh, uh huh, that's the way it is.


Les accords plus énergiques d'Avril Lavigne semblent finir par avoir de l'effet sur moi, je me redresse et m'assoit.
Je me passe les mains sur le visage. 5 jours c'est longs, mais peut être que c'est le temps qu'il leur faut. Et puis, ça se trouve, ils attendent que je fasse le premier pas. Mmm. Ou peut être pas.

La porte de ma chambre s'entrouvre, je laisse glisser mes mains sur mon visage, celui de Michael apparaît.

L'expression "les bras m'en tombent" me convient tout à fait, là maintenant.

Il jette un coup d'oeil alentours, un air un peu embarrassé, sûrement l'ambiance morose avec la playlist triste, et entre.
- Salut...
- Salut.
Je ne bouge pas, je n'ose pas dire quoi que ce soit de plus à vrai dire.
- Errmmm. Ca te dérange pas si je baisse le son ? il me demande, et à mon hochement de tête, s'approche de l'ordinateur et appuie sur une touche.
Après une seconde d'hésitation, il s'assoit sur le bord du lit, les mains posées à plat sur ses cuisses. Il regarde partout sauf dans ma direction.
Il ouvre la bouche, prêt sûrement à débiter des banalités comme quoi ma chambre n'a pas changé etc. Mais il se ravise et coule un regard rapide vers moi. Je le regarde, sans détour, curieuse de la raison pour laquelle il est là.

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27 nov. 2022, 12:15
Des retrouvailles pour Noël PV
Une grande partie de moi, intérieurement, s'est mise à espérer. Il est là. Il a réfléchi et ne m'en veux pas. Il a digéré. C'est ça, hein ? C'est ça ?
Il m'adresse un sourire un peu embarrassé puis soupire.
Ou bien. Il a décidé de mettre fin à notre relation amicale et pour une raison que j'ignore, il a préféré le faire face à face.
Peut être parce que ça fait 5 jours que j'attends une réaction de leur part, peut être parce que je ne me sens pas capable de faire durer ce silence plus longtemps... De fait, c'est moi qui brise celui-ci.
- Pourquoi es-tu là ? Je veux dire, ça fait 5 jours qu'on s'est pas vu, pas de nouvelles, rien... est ce que tu viens me dire que c'est fini ? Que tu ne veux plus être mon ami ?
Il agite la tête.
- Parce que tu crois que c'est si facile que ça de briser une amitié comme la nôtre ?
Il me regarde avec tristesse puis me sourit.
- 5 jours c'est beaucoup hein ? Bon, pas aussi longtemps que 4 mois mais bon, on peut dire que tout est relatif. Nouveau regard, silence de ma part. C'est toi qui boude maintenant ? Bon. Ecoute, non je suis pas venu pour mettre un terme à... notre relation.
Non ? Je me prend à espérer mais je me sens quand même prudente. Leur réaction il y a quelques jours était ... naturelle mais bon, elle m'a quand même pas mal ébranlée. Il vient me demander des comptes ? Vérifier que je n'ai pas changer de version ?
- Je... tu sais, notre relation, notre trio avec Johann... cela compte beaucoup pour moi. Depuis qu'on est gamins, depuis qu'on peut s'en souvenir, on a toujours été ensemble, on se connait depuis toujours quoi ! Ton départ nous a fichu un sacré coup. Et ton discours mercredi, c'était comme un nouveau coup de massue. Alors qu'on te retrouvait après quasi 4 mois.
Je déglutis. Son discours mérite d'être entendu. Je ne réponds donc rien, mes yeux accrochés à son visage.
- J'ai réfléchi et... si ce que tu dis est vrai, si vraiment tout ce que tu dis est vrai, ben... il soupire, ça n'a pas dû être facile. D'être plongé dans tout ça et de devoir en plus garder ça pour toi.
Nouveau regard. Sans parler du fait que je pense que notre relation compte aussi pour toi, alors, le fait de partir aussi, ça a dû ... être compliqué.

Je baisse les yeux, une nouvelle vague d'émotion me traversant. Je me sens quand même soulagé qu'il ai envie de me croire, qu'il tente et surtout, qu'il comprenne. Je comprends que, durant ces quelques jours, il a beaucoup réfléchi et qu'il s'est mit "à ma place".
- Tu vas bien dire quelque chose, hein ?
- Je suis contente que tu sois là. Je suis contente que... tu essaies de me comprendre et que tu te rends compte de... ce que j'ai pu ressentir.
Cette fois-ci, les rôles sont inversés et c'est lui qui me regarde sans un mot.

And I am feeling so small
It was over my head
I know nothing at all
And I will stumble and fall
I'm still learning to love
Just starting to crawl

- Je ne vous ai pas menti. Il y a quelques mois, j'ai découvert tout ceci. Et en réalité, je ne vous ai pas tout dit. Le jour où j'ai... reçu la lettre, eh bien j'ai découvert... (regard vers la porte, elle n'est pas clanchée, je me lève et la ferme discrètement) j'ai découvert un secret de famille. J'ai découvert que... (soupir) j'ai une tante. Une tante sorcière.
Je me rassois sur le lit à côté de lui.
- Je sais, c'est une info de plus, mais qui confirme davantage ce que je vous ai raconté, mmh ?
Michael me regarde abasourdi, je continue donc, comme ayant besoin de me livrer. J'expire profondément.
- Je ne sais pas qui c'est, j'veux dire, je sais qu'elle s'appelle Judith et qu'il y a des années, elle a reçu une lettre comme moi qui lui a appris sa double identité, et elle est partie à Poudlard, et y a suivi sa scolarité. Elle et ma mère, elles étaient proches avant, tu vois, avant de partir à Poudlard. Sauf que ma mère, qui était plus jeune, elle a pas reçu de lettre et donc... elle est pas allée à Poudlard. Et leurs liens se sont... distendus au fil des années. Au point que, alors qu'elle était adulte, ma mère n'avait plus de nouvelles de Judith. Et puis, après, elle a rencontré Papa, ils m'ont eu et toujours pas de nouvelles. On pense que ma tante ne sait même pas que j'existe. Et on ne sait pas non plus ce qu'elle est devenue, si elle est encore vivante, même.
Je déglutis, me mords les lèvres, coule un regard vers Michael qui se trouve dans une posture de réflexion, le regard baissé, les sourcils légèrement froncés, les bras croisés. Je décide de finir mon explication :
- Ma mère et sa famille, ils se sont mis d'accord, il y a longtemps, de garder toute cette histoire secrète. Mon père n'était même pas au courant. Ma mère pensait pas que ce don pouvait m'être transmis. Après tout, elle n'est même pas une sorcière. Je ne sais pas comment ça a pu arriver, moi non plus. Mais moi aussi, j'ai de la magie en moi. Et j'avais du mal à y croire au début mais... quand j'ai acheté ma baguette, il s'est passé quelque chose, comme une... sensation. Et depuis, bah j'ai été en cours. On a tout plein de cours différents, dont des cours pour apprendre des sortilèges. Et je peux te dire que...
A ces mots, Michael tourne vivement la tête vers moi, ses yeux fixés aux miens. Je lui souris, un peu embarrassée.
- J'ai réussi à faire des trucs que, même moi, j'aurais pas cru possible il y a des mois de cela ! Mais... j'peux pas te montrer. J'ai pas ma baguette avec moi. On a interdiction de faire de la magie devant les... non-sorciers. Donc ils récupèrent notre baguette avant qu'on retourne chez nous et ils nous la rendent quand on rentre.
- Qui ça, ils ?
Je hausse les épaules.
- Des sorciers du gouvernement.
- Il y a des sorciers au gouvernement ?!
Je souris devant son air interloqué, moi aussi j'ai eu cette tête quand le sorcier était venu faire ses explications l'été dernier.
- En fait, il faut que tu comprennes que la communauté magique coexiste avec la communauté non-magique. Et ce, depuis des années ! Par exemple, dans notre pays, il y a le gouvernement qu'on connaît avec les ministres non-sorciers etc... et il y a, à côté, une sorte de gouvernement magique. Les deux Premiers Ministres se connaissent et c'est par eux qu'il y a ce lien. Mais il y a le Secret Magique. C'est pour ça qu'on était pas au courant ! (je m'inclus dans le "on") En fait, il y a quelques années, on était jeunes, on a pas fait attention mais... il y a eu une sorte de... guerre entre les deux communautés ! Ouais une guerre ! Je baisse la voix. Je suis pas censée te raconter tout ça, tu sais. J'sais pas ce qu'il pourrait m'arriver, ou... t'arriver (il écarquille un peu les yeux) mais il est préférable que tu gardes tout ça secret. Mes parents m'ont ordonné de ne rien vous dire l'été dernier. C'est pour ça que j'vous ai rien dit, et pis comme je te l'ai dit, avec cette histoire de Secret Magique, qui est une sorte de décret, avec des lois et tout... ben j'avais un peu peur de ce qu'il pourrait se passer.
Je jette un regard furtif vers la porte. Mis à part la musique, il n'y a pas un bruit.
- Est ce que tu peux me jurer de ne rien révéler, à qui que ce soit ? Ni à tes parents, que sais-je...
- Qui me croirait ? Non, non, il rajoute devant mon air, je te jure que je dirais rien. Je comprends que... il soupire. Je veux pas que qui que ce soit ai des problèmes. Tu sais, étrangement, je te crois. Je crois. Il m'adresse un petit sourire. Tu as beau avoir de l'imagination, tout ça est bien trop gros !!
Je lui souris, reconnaissante. Une bulle de joie m'emplit, m'emplit. Un véritable ascenseur émotionnel toute cette histoire. Spontanément, je bondis, mes bras l'enserrant dans une étreinte, mon visage caché contre son épaule. Sur le moment, il tressaillit puis ses bras se referment sur moi.
Notre câlin dure quelques secondes à peine mais ces quelques secondes semblent avoir un effet magique sur moi. Michael est mon super meilleur ami, son amitié compte beaucoup pour moi.
Lorsque je me détache de lui, mes yeux vissés aux siens, je lui dis :
- Merci Michael. Merci d'essayer. Tout ça, ça fait beaucoup, je le sais bien. L'été dernier, j'ai été à ta place. Mais tu vois, je pouvais pas continuer à vous... mentir ? cacher tout ça ! D'ailleurs, as-tu des nouvelles de Johann ?
Il baisse les yeux, son visage prenant un air triste.
- Pas vraiment, enfin je lui ai envoyé deux messages, elle a répondu vite fait au premier comme quoi, elle avait besoin d'un peu de temps pour réfléchir, elle a pas répondu au deuxième. En fait, je lui ai dit que je venais te voir aujourd'hui.
Devant mon air peiné, il reprend :
- T'inquiète, s'il lui faut du temps, laisse-le lui. Chacun son rythme. Mais elle reviendra, t'inquiète.
J'acquiesce en silence.
- Bon, t'as pas ta baguette, mais j'imagine que tu as d'autres trucs de... comment t'appelles cette école déjà ?
- Poudlard. Oui.
Je me lève et me dirige vers une pile de livres sur mon bureau, m'arrête près de l'ordi et clique sur une icône redirigeant vers une playlist moins mélancolique, prends quelques ouvrages et les lui apporte.
- Tiens, regarde, celui-là il est génial ! dis-je avec enthousiasme, tâchant de ne pas ressasser ses dernières paroles concernant Johann.
Je lui montre l'ouvrage sur les créatures magiques et celui de Garius Tomkink - L'Histoire de Poudlard - et Michael se montre curieux et me pose des questions.

Nous passons près d'une heure à discuter et moi à répondre à ses questions, avant qu'on se fasse interrompre par Maman qui toque (à ce bruit, je lève la tête brusquement et cache les items derrière mon dos) et passe la tête par la porte, un air curieux mais prudent sur le visage :
- Hey les jeunes, ça va ? Tout va bien ? On a fait du pain perdu, un morceau ça vous dit ?

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire: