souvenirs, souvenirs...
Mercredi 11 avril 2040
18, Shafton Road, Londres
Domicile de la Famille Nelson
18, Shafton Road, Londres
Domicile de la Famille Nelson
-Maman ! Maman ! Mamaaaan !
Mrs Nelson poussa un soupir en entendant les cris excités de sa fille, dévalant les escaliers.
-Ne cries pas comme ! Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-elle patiemment en pliant un léger pull en coton.
-C'est vrai c'qu'il dit Papa ? C'est vrai ? demande la fillette, les yeux brillants.
Mrs Nelson plissa le front, cherchant du regard son mari qui se tenait dans l'encadrure de la porte derrière sa fille , adossé au chambranle, un sourire satisfait.
Qu'est ce qu'il a pu encore lui raconté ?
Mary Nelson était la jeune mère de 32 ans de Constance, âgée de 5 ans depuis quelques jours.
Elle était infirmière et était mariée à Pete Nelson, trentenaire travaillant dans l'immobilier.
La petite famille habitait dans une petite maison, dans le quartier de Hackney, à quelques pas du Parc Victoria. Ils y vivaient depuis quelques années, le couple ayant fait l'investissement d'acheté cette maison pas loin du centre-ville londonien, charmé par la quiétude du quartier et l'environnement sympathique avec le grand parc tout proche.
Mary était en train de finir de plier le linge qu'elle rangeait avec soin dans un grand sac de voyage. Ils avaient prévu de partir pour une semaine du côté de Brighton chez ses parents. Ils y avaient un charmant cottage à la campagne.
-Et qu'a dit Papa ? demande-t-elle avec patience à sa fille, jetant un regard à son mari.
-Il a dit... il a dit... il a dit que pour mon anniversaire, Granny a prévu une surprise ! C'est vrai ? demande la fillette avec un sourire lui illuminant le visage. Tu sais c'que c'est ? Elle te l'a dit ? La questionne-t-elle d'une voix rapide.
Mary ne put s'empêcher de rire.
-Ah bah bravo ! fit-elle remarquer ironiquement à son mari. Je ne te félicite pas !
Celui-ci haussa les épaules, un grand sourire maintenant lui barrant le visage et montant jusqu'à ses yeux rieurs. Mary ne put s'empêcher de sourire en retour et se tourna alors vers Constance.
-Si c'est une surprise, c'est une surprise ! Non ?
Avant même que la jeune châtaine put répondre, elle ferma la fermeture éclair du sac et le prenant par les anses, le tendit à Pete.
-Tiens, va donc mettre ça dans la voiture avant de raconter davantage de bêtises à Constance, toi ! lui dit-elle d'un air se voulant exaspéré.
Sans un mot, il prit le sac et s'éclipsa. Mais Constance ne s'avouait pas vaincue et persévérait dans ses questions.
Eludant les réponses, sa mère la prit par la main et l'emmena vers la porte d'entrée.
-Allez, mets tes chaussures et n'oublies pas ton petit manteau. Tiens !
Tandis que sa fille enfilait ses bottines, Mary vérifia qu'ils n'avaient rien oublié et attrapa son sac à main et le petit sac à dos de sa fille.
-C'est bon ? Allez, c'est parti ! Granny et Grand-père nous attendent pour déjeuner.
Elle ferma derrière elles la porte à clé et dirigea sa fille vers la voiture où son mari les attendait.
***
Domicile des grands-parents maternels
Campagne de Brighton
Début d'après-midi
Campagne de Brighton
Début d'après-midi
Ils venaient de terminer le repas, et Granny venait de poser le Tea pot sur la table de la véranda où les rayons du soleil illuminaient la petite pièce.
Mary apportait quant à elle les tasses et le petit pichet à lait, Constance sur ses talons, tenant la boîte à sucres en cubes.
Pete et son beau-père finissaient de nettoyer et ranger la vaisselle.
-Alors ma chérie, ça te fait combien maintenant ? fit mine de s'interroger Granny, le doigt sur le menton.
Constance ne put s'empêcher de sourire, levant les yeux au ciel. Elle regarda avec amusement sa grand-mère. Celle-ci venait de s'asseoir sur la banquette et tapotait la place à côté d'elle à son attention.
La fillette s'y assit donc, sentant la tiédeur de sa Granny toute proche. Elle leva les yeux vers elle, observant son visage à peine ridé, ses yeux noisettes et ses cheveux bruns.
-Tu le sais bien, j'ai 5 ans, ne put -elle s'empêcher d'annoncer d'un air fier.
-Donc tu es assez grande pour te servir toute seule avec le lait alors ? demande Granny en lui tendant le petit pichet de lait et avançant une tasse près de sa petite-fille.
-Maman, tu es sûre ? Constance fait attention, hein ? ne put s'empêcher d'intervenir Mary rapidement.
Agitant la main vers sa fille d'un air désinvolte, Granny prit le tea pot et versa un peu de thé dans la petite tasse en porcelaine.
-Alors, 5 ans... c'est fou comme tu pousses vite, ma chérie... Et pour cette occasion, je t'ai préparé une petite surprise... dit-elle d'un air mystérieux.
Constance ne répondit pas mais ses yeux légèrement écarquillés de ravissement étaient fixés vers son visage.
-Je ne vais pas te faire attendre plus longtemps... commença Granny en jetant un oeil amusé à sa petite fille puis à sa propre fille. Avec ton grand-père, Maman et Papa, on t'emmène... dans une petite ferme qui se trouve non loin d'ici. Ce n'est pas une ferme comme les autres, il y a là-bas toute sorte d'animaux. Des animaux de la ferme donc mais aussi, des lamas, des cochons d'inde, des ânes, et des poneys.
Voyant l'air ravi de sa petite fille qui était comme suspendue à ses lèvres, elle termina son petit discours d'un air enthousiaste.
-Et je les ai appelé et... je leur ai dit que tu venais d'avoir 5ans. J'ai donc réservé un petit tour de balade à poney !
La bouche de Constance s'arrondit de plaisir, les yeux brillants et, après avoir tout posé précautionneusement sur la table, elle sauta au cou de sa grand-mère.
***
Ferme pédagogique
Campagne de Brighton
Courant d'après-midi
Campagne de Brighton
Courant d'après-midi
Constance trépignait d'impatience en sortant du break familial conduit par son grand-père.
Le soleil brillait haut dans le ciel, c'était une belle journée de printemps. Une légère brise fraîche agitait les branches des arbres environnant. Ils s'étaient garé sur un petit parking gravillonné devant un corps de ferme. Des petites pelouses et parterres de fleurs décoraient le devant de la façade. On entendait un chien aboyé. S'avançant, curieuse, de quelques pas, Constance aperçut un grand chien beige aux poils mi-longs qui agitait la queue tout en poussant des aboiements brefs de derrière le portillon. Lorsque les adultes furent près, la fillette prit la main de sa Granny et elles franchirent le petit portillon de bois peint en vert sapin. Le golden retriever leur fit la fête et la fillette se cacha le visage des mains en riant, voulant éviter les léchouilles. Granny et son grand-père avaient eux aussi une chienne, une berger croisée border-collie. La petite fille n'était pas donc vraiment effrayée.
Le petit groupe fut alors accueilli avec enthousiasme par une dame aux cheveux blonds tirant sur le gris clair. Elle s'appelait Elisabeth et elle allait les emmener vers la zone de préparation où Cactus, un petit poney shetland pie alezan (blanc avec de larges tâches marron clair) les attendait.
A l'approche du poney, celui-ci, qui était attaché par une corde à une poutre horizontale en bois, tourna la tête vers eux et émit un petit hennissement.
Ce n'était pas la première fois que Constance voyait un poney, elle en avait déjà vu lors de promenades à pied dans la campagne anglaise, les équidés étant dans des champs. Elle avait même osé un jour en caressé un avec timidité. Mais elle n'en avait jamais approché un qui était là pour elle.
Le poney n'était pas très grand mais suffisamment pour elle : la base de son encolure (de son cou) lui arrivait au niveau du front. Sa crinière était longue et mélangée de crins marrons et blanc.
-Tu peux le caresser si tu veux, l'invita gentiment Elisabeth en le caressant elle-même sur le dos. Tu peux le caresser sur sa crinière, ou même sur son "cou" si tu y arrives, rajoute-elle avec le sourire.
La fillette regarda la dame puis le poney. "Cactus" pensa-t-elle.
Elle avança une main timide vers sa crinière, ses doigts plongeant dans sa crinière touffue. C'était pas si doux que ça. La pulpe de ses doigts sentant quelque chose de plus doux, elle appuya la main et ses doigts traversant complètement la crinière caressèrent légèrement les poils de l'encolure, eux très doux. Elle sourit. Le poney tourna la tête vers elle, soupira et mâchouilla comme s'il avait quelque chose dans la bouche.
Elle regarda Granny et les autres d'un air émerveillé.
-Tu vas voir, il est très gentil. Il a l'habitude de faire des balades et si tu le caresses beaucoup et que tu le brosse bien alors il sera content ! continua sur sa lancée, Elisabeth en lui tendant une brosse avec des poils durs. Tu peux appuyer, cela ne lui fait pas mal. Tu vois, elle passa un coup de brosse sur le dos, tu brosses dans le sens du poil, tu peux même brosser en-dessous de sa crinière. Il faut le brosser partout, mais bon, évite la tête, les poils sont quand même un peu dur. Quand tu as fini ce côté et qu'il est propre et tout doux, tu vas de l'autre côté en mettant ta main sur sa croupe, comme ça, dit-elle en posant franchement sa main sur le haut des fesses et tout en gardant sa main posée, elle fait le tour du poney et se retrouve de l'autre côté. Tu vois ? Ce n'est pas compliqué, et comme tu le préviens que tu passes derrière lui. Lorsque tu auras fini de le brosser, continue Elisabeth et s'écartant et donnant une brosse supplémentaire à Granny, je mettrai la selle et tu pourras partir faire un tour avec tes parents et tes grands-parents ! fini-t-elle avec un nouveau sourire. Allez, bon pansage !
Avec l'aide de Granny, Constance s'attela à la tâche qu'on lui avait confié et même si au début, les premières minutes, elle était un peu timide, elle prit de l'assurance en voyant que Cactus ne bougeait pas (sauf de temps en temps la queue pour chasser les mouches, d'ailleurs c'était plutôt drôle de voir ça !) et était doux comme un agneau. Ses parents et son grand-père la regardaient avec tendresse et prenaient quelques photos.
Une fois le pansage terminé, Elisabeth posa la selle et sangla Cactus. Puis, elle posa un casque sur la tête de Constance, ''Un casque spécial", qu'elle ajusta avec concentration.
Le moment de monter était un moment fort. Avec l'aide d'un petit marche-pied, Constance, se tenant fermement à la selle et entournée d'Elisabeth et Granny, enfourcha Cactus, faisant attention de ne pas retomber lourdement dans la selle. ''Je ne veux pas lui faire mal..." pensa la fillette.
-Wahou... dit la châtaine impressionnée. Cactus ébroua sa tête et son encolure.
Après avoir enfilé les étriers, Elisabeth expliqua aux adultes le chemin à emprunter pour la balade de trente minutes. "Bonne promenade !!" leur souhaita-t-elle en agitant la main.
Souriante mais n'osant pas lâcher la poignée de la selle, Constance se laissa guider par sa grand-mère qui tenait la corde dans ses mains, se tenant à gauche du poney comme on lui avait expliqué.
La balade se passa sans encombre. Une fois, Cactus s'arrêta manger de l'herbe, ce qu'elle trouva fort amusant. Elle regardait alors Granny s'exercer à imposer son autorité sur le petit poney sans grand succès, celui-ci ayant le nez dans l'herbe. Finalement, la balade se termina - plus tôt qu'elle ne l'aurai voulu - et après avoir dessellé le poney et l'avoir re-brosser, Constance lui fit un câlin en lui promettant de revenir le voir. Elle avait passé un moment formidable avec lui. Un moment qui resterait ancré dans ses souvenirs encore longtemps. "Merci Cactus" lui chuchota-t-elle.
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Été 2045
18, Shafton Road, Londres
Domicile des Nelson
18, Shafton Road, Londres
Domicile des Nelson
C'est une chaude journée qui s'annonce. Dès 8h, la capitale anglaise est engoncée dans une nappe de chaleur frôlant les 23°C. Le soleil haut au-dessus des toits n'est pas embarrassé par de quelconques nuages.
Constance se réveille vers 8h15, dans sa chambre située au 1er étage. Le rideau occultant laissant entrevoir la lumière du jour sur son pourtour, plongeant la pièce dans une semi-obscurité. Elle regarde son radio-réveil et penche la tête vers le bas, sur le côté de son lit. Une masse de cheveux dépasse du sac de couchage. Son amie Johann est invitée à dormir pour deux jours à la maison. Son autre meilleur ami, Michael, les rejoint au déjeuner car il était chez ses grands-parents pendant quelques jours.
La jeune fille s'étire et s'extirpe des draps fins. À pas de loup, elle sort de la chambre en veillant à ne pas réveiller son amie.
Descendant en short de flanelle et haut de pyjama assorti, elle rejoint la cuisine pieds nus, se demandant si elle est la seule levée.
Avec un sourire, elle aperçoit son père assis à la table de la cuisine, lui tournant le dos, en train de lire le journal – un exemplaire du jour du Times, comme d'habitude – avec une tasse de café fumante.
Ses pieds nus passe du parquet au carrelage froid de la cuisine alors qu'elle entre dans la pièce. Une lumière douce, provenant de la fenêtre au-dessus de l'évier, inonde la pièce d'une teinte claire. Elle remarque d'un coup d'oeil que son père a entrouvert la fenêtre.
-Coucou mon Papa, le salue-t-elle. Elle dépose un bisou sur sa joue où une légère barbe naissante pointe le bout de son nez.
Levant les yeux du quotidien, Mr Nelson lui sourit.
-Bonjour ma princesse, bien dormi ?
Ne relevant pas le sobriquet, elle se prend un bol dans l'étagère ainsi qu'une boîte de corn flakes sucrés.
-Mmmh umm... acquiesce-t-elle en se versant des céréales.
Elle repart vers le frigo cette fois-ci et y pioche la brique de lait en vérifiant soigneusement l'inscription : « Lait de vache ». Sa mère, en effet, achète depuis quelque temps du lait d'avoine – parfois du lait de soja – mais elle n'est pas très fan du goût.
-Tu as vu comme il fait chaud ? Je me demande combien il fait ? S'interroge-t-elle. En tout cas, c'est le temps parfait pour...
-Un barbecue, je sais, sourit l'air désabusé son père, ne t'inquiète pas, je n'ai pas oublié.
D'un air satisfait, la mistinguette se verse du lait sur les céréales en veillant que le niveau de celui-ci ne dépasse pas le top des corn flakes du dessus. L'habitude.
-Au fait, ta mère a acheté des avocats, on va pouvoir faire du guacamole pour aller avec les chips-tortillas.
-Chouette !
Constance n'était pas très compliqué au niveau de l'alimentation, ses parents ayant essayé de lui faire goûté à tout dès son plus jeune âge. Mais parmi les aliments qu'elle préférait : l'avocat était clairement dans le top 10 si ce n'est dans le top 5. Le guacamol. Un des met simple à réaliser qu'elle a très vite appris à confectionner avec son père et qu'elle adorait faire dès que l'occasion se présentait. Comme un barbecue par exemple.
Quelques minutes plus tard, sa mère, suivie de quelques instants de Johann, entra dans la cuisine.
-Bonjour bonjour ! Elle embrassa son mari sur la jour – Ah tu piques ! Le taquina-t-elle – puis sa fille.
Mrs Nelson était souvent de bonne humeur le matin. Habituée à se lever tôt pour son travail, lorsqu'elle se levait, par habitude, « tôt » le matin alors qu'elle ne travaillait pas, elle était de fait assez guillerette.
Ouvrant le frigo, elle attrapa sa brique de lait d'avoine et une bouteille de jus d'orange.
-Ah tiens, bonjour Johann ! Celle-ci venait de faire son entrée, en se frottant les yeux. Je te sers un verre de jus d'orange ?
La jeune brune acquiesça, l'esprit encore embrumé par le sommeil. Elle, au contraire, n'était pas vraiment du matin. Mais elle avait l'habitude maintenant de l'humeur de Mrs Nelson, après toutes ces années où leurs familles se côtoyaient.
-J'veux bien, merci. Elle s'attabla et regarda d'un air absent son amie et son bol de céréales.
-On va faire du guacamole tout à l'heure, lui indiqua "l'air de rien" Constance.
Johann la regarda sans mot dire. D'accord...
Mrs Nelson rit et indiqua à sa fille de laisser Johann se réveiller proprement avant de lui parler cuisine.
Puis elle mit la bouilloire en route et sorti deux grands verres.
Après avoir but son thé avec un soupçon de lait d'avoine et son grand jus d'orange, Mrs Nelson se leva de table et commença à sortir des ingrédients du frigo. Elle avait prévu de faire une salade pour accompagner le barbecue.
Tandis que sa mère s'affairait, Constance finit tranquillement son bol de céréales en discutant de tout et de rien avec une Johann qui se réveillait tranquillement, son verre de jus à la main, et une banane dans l'autre.
Après le petit-déjeuner et être passées à la salle de bain, les deux amies s'étaient rejointes autour de la table de la cuisine pour préparer le fameux guacamole.
Prenant un couteau et faisant attention de ne pas se couper avec, Constance entama un des deux avocats, découvrant le noyau central. Après avoir récupéré la chair avec une cuiller, elle entreprit sa préparation, tandis que Johann s'occupait de l'autre. Elles terminaient leurs mixture quand la sonnerie de la porte d'entrée se fit entendre.
-Ah c'est sûrement Michael, intervint sa mère en passant par là.
Jetant un œil à la table de la cuisine, elle indiqua à Constance :
-Et n'oublies pas de passer un coup d'éponge sur la table !
-Oui, oui... répondit distraitement la châtaine en se levant. Après s'être essuyé les mains avec un torchon, elle alla ouvrir à son deuxième meilleur ami : Michael. Grand, blond cendré, svelte, le jeune garçon était taillé pour faire du basket ; ça tombait bien, c'était son sport de prédilection.
Il entra, et après avoir salué les filles, leur proposa immédiatement son aide.
Le reste de la journée se passa merveilleusement bien, le soleil omniprésent rappela à l'ordre notre jeune héroïne qui n'oublia pas d'aller chercher la crème solaire dans la salle de bain.
Le barbecue fut une réussite. Aaah, heureusement que le guacamole était là... c'était donc le genre d'instant « parfait ». Le genre de journée, simple mais qui reste parmi les meilleurs souvenirs de Constance. D'ailleurs, son père possédant un appareil photo Polaroïd avait immortalisé cette journée. Certaines de ces photos sont présentes dans le livret de Constance, qu'elle a emmené avec elle à Poudlard.
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5 décembre 2045
Domicile des Nelson
Vers 18h00
Domicile des Nelson
Vers 18h00
Ça y est ! On était au mois de décembre ! Bon, c'est vrai, la saison de l'hiver n'était pas la favorite de notre petite Constance - mais en même temps, cette saison l'était pour qui ?
Toutefois, elle amenait avec elle son lot de joie comme toute saison. Malgré le froid, la pluie, le froid - quoi ? je l'ai déjà dit ? - et les jours qui raccourcissent, eh bien l'hiver apportait les festivités de fin d'année avec Noël, le nouvel an... et bien sûr les vacances, la neige - les quelques années qui en bénéficiaient lui ont rapportés un lot de souvenirs... - les cadeaux, le pain d'épices, les illuminations, les sports d'hiver... Bref, le tableau n'était quand même pas tout noir.
En cette fin de journée de mardi, la père et la fille attendaient dans le salon Mrs Nelson, qui devait rentrer de son travail d'une minute à l'autre. Ils l'attendaient car ils s'apprêtaient à décorer le sapin, événement majeur de la saison.
La porte s'ouvre, Mary Nelson entre, légèrement frigorifiée, referme la porte, enlève ses chaussures, son manteau, son écharpe et fais quelques pas dans le couloir. Pour aviser dans le séjour sa petite famille sagement assise dans le canapé. La vue du sapin nu juste à côté lui amène un petit sourire.
- Bah, qu'est ce que vous attendez là ? Constance, t'as fait tes devoirs ? Chéri, est ce que tu as préparé quelque chose pour le dîner ou j'm'y attaque ? dit-elle d'un air désinvolte, feignant de ne pas savoir ce que son mari et sa petite fille attendaient si patiemment.
Constance, du haut de ses 10 ans, lève les yeux au ciel tout en se levant et se dirige vers le carton où sont rangés toutes les décorations.
- Mamaaann ! fit-elle d'un air faussement exaspéré. Tu vas pas m'dire que t'as oublié ? J'suis sûre que t'y as pensé toute la journée. Ou au moins toute l'après-midi !
Mary Nelson sourit et rit. Non elle n'a pas vraiment eu le temps d'y penser avec son travail où elle ne s'arrête jamais. Mais il est vrai, que rendue sur le trajet du retour, elle était ravie à l'idée de la soirée à venir. Que voulez-vous, peut importe notre âge, c'est souvent un plaisir de décorer le sapin. Cela ramène des souvenirs et en même temps "enclenche" la période des festivités. Qui ne sourit pas en descendant au salon le matin et aperçoit le sapin décoré, festif ?
Par contre, elle se doutait que sa puce y avait songé à plusieurs reprises.
Elle s'avance à son tour vers la boîte, embrasse son mari avec un "ça va ta journée ?" et indique à Constance :
- Bien bien, tu m'as percé à jour ! Allez, commençons !
C'est ainsi que notre trio commença à déballer les décorations et les entreposer avec soin sur le sapin.
Au fil des minutes, alors que les parents discutaient de leurs journée, que Constance répondait aux questions sur la sienne, le sapin s'habillait doucement mais sûrement.
- Et ce sucre d'orge ? J'peux le mettre où à votre avis ? demande la châtaine en penchant la tête, en pleine réflexion.
- Là, ce sera très bien ! indique son père en montrant du doigt un endroit du sapin.
La boîte regorgeait de décorations, amassées au fil des années, de sorte que le sapin n'était jamais tout à fait le même.
- Tiens, regardez, des serpentins ! montre Mary en en soulevant un.
Le père et la fille firent la moue, regardèrent le sapin, puis à nouveau Mary.
- Mouais... commença Constance.
- Non, finit Pete en riant en regardant sa fille. Je pense que le sapin est suffisamment décoré comme ça, tu ne trouves pas ? demande-t-il à sa femme.
Celle-ci hausse les épaules en souriant et repose le serpentin avec d'autres boules et guirlandes non utilisées.
- Okay, par contre, dit-elle avec solennité, je tiens à ajouter ceci !
Elle brandit une petite décoration fait-main par Constance quand elle devait avoir 6 ou 7 ans. Un rennes en pâte à sel, peint.
Constance sourit puis fait une moue.
- T'es sûre ?
- Oui, oui, avec, ce sera parfait ! répond sa mère en l'accrochant.
Le trio se recule alors pour contempler son "oeuvre" et satisfait, range la boîte et s'en va préparer le dîner - enfin, les parents vu que Constance avait quelques devoirs à faire.
Mr Nelson se dirige vers le tourne-disque et y pose un vinyle de jazz avant d'aller se servir deux verres de vin pour sa femme et lui. Il avait hésité avec celui de musiques de Noël, mais bon il était peut être un peu tôt pour ça.
- Mary, on se fait quoi ce soir pour manger ?
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Vendredi 31 octobre 2042
Quartier de Hackney, Londres
Constance a 7 ans
Quartier de Hackney, Londres
Constance a 7 ans
Soir d'Halloween.
Il doit être 20h30 quand Constance et Johann sortent de sa chambre, au domicile des Nelson.
Déguisées et maquillées, elles descendirent l'escalier, excitées à la pensée de la soirée qu'elles s'apprêtent à passer.
Avec Michael, ils se sont mis d'accord sur des costumes en lien. Cette année, c'est le conte du Petit Chaperon Rouge. Avec le chaperon évidemment, le loup et le chasseur.
- Les filles ? appela Mary, la mère de Constance, depuis la cuisine. Vous êtes prêtes ? Vous venez m'aider à finir ?
- Oui, oui, on arrive !
Constance rit en voyant Johann marcher devant elle dans le couloir.
Celle-ci poussa la porte de la cuisine et s'écria :
- BOUH !! Une sucrerie ou un sort ?!
Mary Nelson s'était aussi apprêtée, même si plus discrètement, pour l'occasion. Elle portais une tenue noire mais simple, un chapeau de sorcière noir et avait ajouté un rouge à lèvres sombre pour matcher avec la tenue.
- Whoua ! Très réussi, les complimenta sincèrement cette-dernière.
Constance avait enfilé une perruque blonde-jaune, qu'elle avait natté avec deux tresses, une robe rouge et une cape avec capuche d'un rouge plus sombre, des collants noirs. Johann avait choisi le personnage de la grand-mère/loup et avait récupéré une vieille robe vintage lilas avec des volants qu'elle avait accessoirisée avec un bonnet de nuit bleu clair, lui aussi décoré de petits volants. Elle aurait pu avoir une allure grotesque si ce n'est le maquillage auquel elle s'était employé avec Constance.
Avec des crayons khôl marron et noir, elles avaient minutieusement recouvert son visage de petits traits figurant des poils de loup. Et bien sûr, pour finaliser le tout, elle avait rajouté sur son nez une paire de vielles lunettes rondes qu'elle avait récupéré dans un grenier chez ses grands-parents. Constance de son côté, n'était pas en reste. On aurait pu dire qu'elle avait un teint peau de pêche si ce n'est l'allure lugubre que son visage dégageait avec ses orbites grisées, ainsi que certains traits du visage comme l'arête du nez ou le creux des joues. Un trait de faux sang avait été ajouté sur une de ses pommettes figurant une coupure, pour le côté théâtral.
- Si vous ne revenez pas avec pleins de bonbons, j'assumerais que vous aurez tout mangé ! s'exclama Mary en riant.
La fête d'Halloween était encore fêtée en 2042 - la tradition a la peau dure - mais tous les quartiers ne jouaient pas forcément le jeu. Celui d'Hackney, heureusement, avait des habitants acceptant de bonne grâce de se plier à la tradition en décorant parfois les vitres de stickers ou de fausses toiles d'araignées, et surtout en préparant des stocks de sucreries à distribuer aux petits monstres venant toquer à leurs portes.
- Tenez, vous voyez le paquet là, indiqua Mary en montrant un sachet de bonbons, il faut le vider dans ce saladier. Ah, et il faut... la sonnette de la porte d'entrée résonna, penser aux chocolats qu'il y a dans le salon, dit-elle en se dirigeant vers la porte.
Constance partit à sa suite au salon pour récupérer les dits-chocolats tandis que Johann s'occupait du sachet à vider.
Michael et son père entrèrent.
Le jeune garçon avait coiffé sa tignasse blonde décoiffée d'une sorte de béret couleur caca d'oie, enfin kaki foncé, et enfilé une large chemise à carreaux bien trop grande pour lui, un jean bleu foncé, des boots, une grosse veste de treillis qu'il avait empruntée, laissée ouverte, une fausse carabine en plastique et avait maquillé de noir ses orbites, son teint pâle les faisant ressortir.
- Coucou ! Ouah, effrayante ta version du chaperon ! salue-t-il Constance.
- Héhé, t'as pensé aux munitions ? répondit-elle du tac au tac.
Michael lui fit un clin d'oeil en tapotant sa poche.
- Comment ça des munitions ? demanda son père, suspicieux. Tu nous a rien dit sur ça !
- T'inquiète, t'inquiète... rassura d'un air nonchalant son fils. Bon, Papa, on va bientôt y aller. A demain hein !
Ce-dernier leva les yeux face à la façon cavalière de son fils de prendre congé de lui et posa au sol le sac de couchage et le sac à dos destinés pour la nuit chez les Nelson.
- Quel toupet ! fit-il mine de s'offusquer. Qu'est ce que ça va être dans 10 ans !
Mary Nelson s'esclaffa et l'invita à rester prendre un café, ce qu'il accepta avec un air rieur vers Michael. Celui-ci levant les yeux au ciel s'exclama :
- Il est bien trop tard pour un café, voyons !
- Michael, allez viens, on finit d'aider pour les bonbons et pis après on file, lui dit Constance en le tirant par la manche.
Pendant que les adultes prenaient un café en discutant de trucs d'adultes, le trio fini de vérifier que le stock de sucreries, pour les autres enfants passant par là pendant leur tournée, soit prêt et discutèrent rapidement à l'écart de leur stratégie pour la soirée.
- Bon, on est d'accord ? S'ils ont pas de bonbons, on leur balance les confettis ! dit Michael en montrant le creux de sa main. Il avait prit le temps plus tôt dans l'après-midi de préparer des confettis qu'il avait fait avec une troutrouyeuse dans du papier noir, marron, orange. Il avait préparé trois petits sachets.
- Oui, mais j'pense qu'en général, les gens auront préparé de quoi faire, souligna Constance - même si elle espérait pouvoir asperger quelqu'un au moins une fois dans la soirée.
- Ouais, 'fin, tu t'souviens du voisin l'an dernier... précisa Johann en faisant allusion à un vieux voisin un peu aigri qu'il y avait quelques maisons plus loin.
- C'est ton père qui nous accompagne, c'est ça ? demanda Michael.
- Pas pour les premières maisons, mais celles du bout de la rue, oui. Au cas où, ajoute-t-elle en levant les yeux au ciel.
Quand on parle du loup, Mr Nelson passa la porte de la cuisine et salua son ami, Mr Lewis puis se tourna vers les enfants.
- Seigneur ! Que dis-je ? Par l'esprit du Diable en personne ! Vous êtes cruellement effrayants les enfants ! s'exclame-t-il avec théâtralité, ce qui fit rire les deux autres adultes, et mine de rien sourire les trois gamins.
- Pff, alors là Papa, t'es pas un peu trop... âgé pour te déguiser comme ça ? , plaisante Constance en levant les yeux au ciel, se retenant de rire devant le costume de vampire de son père.
- Jeune fille ! fit-il mine de s'offusquer. Je ne vous permet pas ! Une parole de plus et votre hantise ce soir ne sera point de rentrer les poches vides, mais plutôt de vous faire dévorer !
La châtaine pouffa. C'était bien trop tentant.
- Dévorer ? Je croyais que les vampires suçaient le sang de leurs victimes !
Le père et la fille continuèrent leur échanges tandis que Johann et Michael attrapèrent les trois citrouilles en plastique destinées à recevoir leur butin de la soirée.
- Mr le baron, il inclina la tête solennellement, mademoiselle ... chaperon ? s'esclaffa Michael, y allons-nous ?
- Ouiiii... fis Johann d'une voix grave, j'ai faim mes petits ! Une faim de loup !
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mots en gras et soulignés pour Jeu Poufsouffle
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's