Aux quatre vents
C'est étonnant de l'entendre prononcer de tels mots sans pour autant que sa voix ait la tonalité inflexible que l'on s'attendrait à leur voir associé. Tu sais juste ? Avec toute sa candeur d'enfant qui aime trop la vie, elle parvient à ébranler ma confiance. Non pas parce qu'elle me fait douter — cela ne risque pas d'arriver tant je suis persuadée de faire les bons choix — mais parce que je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit si blessante. Cela m'apprendra ; c'est ce que je me répète intérieurement tandis qu'elle continue de déblatérer. Je me réjouis qu'elle ne puisse rien percevoir de mon trouble et me force à décrisper les mâchoires. Tout dans son discours montre que je suis pour elle une personne à impressionner et capable de belles choses, ce qui semble être une grande qualité pour elle. Pourtant, elle me dégomme de quelques phrases subtiles.
Je ne sais pas tellement pourquoi ses « Tu sais juste ? » et « Tu veux tout garder pour toi ? » m'assomment autant. Elle se permet des raccourcis un peu trop rapides à propos de moi. Comme si c'était absolument répréhensible de vouloir garder pour moi ce que j'apprends, comme si je devais m'en vouloir de ne pas souhaiter partager avec les ignorants ce que je sais. Comme si mon intelligence et mon savoir me rendaient incapable d'agir et de faire des choses qui comptent réellement. Ce qu'elle pense de moi ne m'importe guère, je n'ai rien à lui prouver. Mais le gouffre entre son opinion et la vérité est si grand que je crains m'y perdre — une partie cachée dans quelques replis de mon âme essaie de me faire croire qu'il y a du vrai dans ses propos alors que je sais pertinemment bien où se situe la vérité.
Ses paroles s'enchaînent. C'est à peine si je laisse un rictus ébranler ma figure lorsqu'elle me demande si moi aussi je vais faire de la finesse. Comme elle m'a mise en colère, son choix de mots me paraît idiot ; là où un instant auparavant il m'aurait fait sourire, à présent il me fait hausser les sourcils : qui d'autre qu'une enfant qui ne sait pas se permettrait un tel mot ?
Je m'enferme dans mon silence, n'ayant aucune envie, et surtout pas le temps, de commenter ses propos comme je le voudrais. Qu'elle fasse donc sa démonstration au lieu de parler.
Aveugle à ses mouvements, je ferme brièvement les yeux, me recule d'un pas et prends le temps de ravaler toutes les émotions qui m'obstruent la tête. Place à la magie. Soudainement, elle ne me parait plus du tout capable de quoi que ce soit pour m'impressionner. Lorsque je relève les yeux, c'est un regard dur comme la pierre que je pose sur elle.
Charlotte Dwight agit enfin. Je retiens tant bien que mal un geste brusque quand elle jette son caillou dans ma direction, suivit d'un sortilège. Mon coeur rate un battement puis je me rassure : un simple sortilège de lévitation. Silencieuse, enterrée dans mon silence comme si je souhaitais y prendre racine j'observe son jeu et il ne me faut que quelques secondes pour reconnaître, plutôt difficilement je l'admet, que ce qu'elle fait n'est pas commun. Je perds une partie de mon humeur altérée en suivant du regard les cailloux qui me tournent autour ; j'ai l'impression de visualiser les deux flux magiques distincts qu'elle maîtrise, peut-être pas à la perfection mais avec une aisance naît d'un entraînement consciencieux. Ça s'entrechoque, c'est maladroit mais c'est de la magie et ce qu'elle fait n'est pas réalisable par n'importe qui.
Je me détache du spectacle pour observer son visage à elle. J'y lis une grande concentration et un effort certain. Elle lutte, elle se concentre et elle visualise. Les rouages de son cerveau vont à toute allure.
Le spectacle se termine plutôt brillamment. Il faut dire que je ne m'attendais pas à voir apparaître son hibou, pas plus que j'aurais pu deviner qu'elle enchaîne plusieurs sortilèges différents sans échouer. Se rend-elle seulement compte que sa magie n'est pas seulement belle ? Que c'est en s'entraînant à la finesse comme elle dit qu'elle apprend à manipuler toute la complexité de sa magie ?
Je soutiens son regard quelques secondes et hausse très haut le menton.
« La plupart des sorciers sont incapables de faire plusieurs choses en même temps, » dis-je enfin. Je m'extirpe de mon mutisme avec difficulté. Mon ton froid garde trace de la rancœur qu'ont fait naître en moi ses paroles inconsidérées. « C'était joli. Et plutôt... J'irai pas jusqu'à dire brillant, t'as encore beaucoup de travail à fournir. Mais ça montre une certaine maîtrise de ta magie. Tu devrais continuer à t'entraîner. »
J'ai du mal à me dérider. Ma bonne humeur tangue sous l'assaut de mes pensées.
« Tu ne sais pas grand chose..., commencé-je à mi-voix après un instant de silence en plantant mes yeux dans les siens, si tu crois qu'le fait de garder pour moi ce que je sais signifie que j'en fais rien. » Trois secondes théâtrales d'attente puis : « Dommage, je suis sûre que ça t'aurait plu de voir "ma finesse à moi". »
Oh oui, Dwight aurait apprécié mon golem, elle aurait aimé également me voir le faire se mouvoir sans prononcer la moindre parole. Je peux difficilement contrôler une grosse quantité de pierre mais avec une toute petite, je suis capable de mouler un golem tout en détails qui bouge avec réalisme. Dommage que Dwight m'ait coupé l'envie de l'impressionner.
Dommage, mais son manque de confiance et ses raccourcis m'agaçent.
Pardon pour ce terrible retard !
Je ne sais pas tellement pourquoi ses « Tu sais juste ? » et « Tu veux tout garder pour toi ? » m'assomment autant. Elle se permet des raccourcis un peu trop rapides à propos de moi. Comme si c'était absolument répréhensible de vouloir garder pour moi ce que j'apprends, comme si je devais m'en vouloir de ne pas souhaiter partager avec les ignorants ce que je sais. Comme si mon intelligence et mon savoir me rendaient incapable d'agir et de faire des choses qui comptent réellement. Ce qu'elle pense de moi ne m'importe guère, je n'ai rien à lui prouver. Mais le gouffre entre son opinion et la vérité est si grand que je crains m'y perdre — une partie cachée dans quelques replis de mon âme essaie de me faire croire qu'il y a du vrai dans ses propos alors que je sais pertinemment bien où se situe la vérité.
Ses paroles s'enchaînent. C'est à peine si je laisse un rictus ébranler ma figure lorsqu'elle me demande si moi aussi je vais faire de la finesse. Comme elle m'a mise en colère, son choix de mots me paraît idiot ; là où un instant auparavant il m'aurait fait sourire, à présent il me fait hausser les sourcils : qui d'autre qu'une enfant qui ne sait pas se permettrait un tel mot ?
Je m'enferme dans mon silence, n'ayant aucune envie, et surtout pas le temps, de commenter ses propos comme je le voudrais. Qu'elle fasse donc sa démonstration au lieu de parler.
Aveugle à ses mouvements, je ferme brièvement les yeux, me recule d'un pas et prends le temps de ravaler toutes les émotions qui m'obstruent la tête. Place à la magie. Soudainement, elle ne me parait plus du tout capable de quoi que ce soit pour m'impressionner. Lorsque je relève les yeux, c'est un regard dur comme la pierre que je pose sur elle.
Charlotte Dwight agit enfin. Je retiens tant bien que mal un geste brusque quand elle jette son caillou dans ma direction, suivit d'un sortilège. Mon coeur rate un battement puis je me rassure : un simple sortilège de lévitation. Silencieuse, enterrée dans mon silence comme si je souhaitais y prendre racine j'observe son jeu et il ne me faut que quelques secondes pour reconnaître, plutôt difficilement je l'admet, que ce qu'elle fait n'est pas commun. Je perds une partie de mon humeur altérée en suivant du regard les cailloux qui me tournent autour ; j'ai l'impression de visualiser les deux flux magiques distincts qu'elle maîtrise, peut-être pas à la perfection mais avec une aisance naît d'un entraînement consciencieux. Ça s'entrechoque, c'est maladroit mais c'est de la magie et ce qu'elle fait n'est pas réalisable par n'importe qui.
Je me détache du spectacle pour observer son visage à elle. J'y lis une grande concentration et un effort certain. Elle lutte, elle se concentre et elle visualise. Les rouages de son cerveau vont à toute allure.
Le spectacle se termine plutôt brillamment. Il faut dire que je ne m'attendais pas à voir apparaître son hibou, pas plus que j'aurais pu deviner qu'elle enchaîne plusieurs sortilèges différents sans échouer. Se rend-elle seulement compte que sa magie n'est pas seulement belle ? Que c'est en s'entraînant à la finesse comme elle dit qu'elle apprend à manipuler toute la complexité de sa magie ?
Je soutiens son regard quelques secondes et hausse très haut le menton.
« La plupart des sorciers sont incapables de faire plusieurs choses en même temps, » dis-je enfin. Je m'extirpe de mon mutisme avec difficulté. Mon ton froid garde trace de la rancœur qu'ont fait naître en moi ses paroles inconsidérées. « C'était joli. Et plutôt... J'irai pas jusqu'à dire brillant, t'as encore beaucoup de travail à fournir. Mais ça montre une certaine maîtrise de ta magie. Tu devrais continuer à t'entraîner. »
J'ai du mal à me dérider. Ma bonne humeur tangue sous l'assaut de mes pensées.
« Tu ne sais pas grand chose..., commencé-je à mi-voix après un instant de silence en plantant mes yeux dans les siens, si tu crois qu'le fait de garder pour moi ce que je sais signifie que j'en fais rien. » Trois secondes théâtrales d'attente puis : « Dommage, je suis sûre que ça t'aurait plu de voir "ma finesse à moi". »
Oh oui, Dwight aurait apprécié mon golem, elle aurait aimé également me voir le faire se mouvoir sans prononcer la moindre parole. Je peux difficilement contrôler une grosse quantité de pierre mais avec une toute petite, je suis capable de mouler un golem tout en détails qui bouge avec réalisme. Dommage que Dwight m'ait coupé l'envie de l'impressionner.
Dommage, mais son manque de confiance et ses raccourcis m'agaçent.
Pardon pour ce terrible retard !
Aux quatre vents
Je suis essoufflée. Une étrange fatigue s'empare de moi. Je sais que j'ai un peu trop forcé pour l'impressionner, elle que j'admire tant. Et pourtant je n'ai aucune certitude sur ce point. Je sais juste qu'il faut que je m'appuie contre un mur pour me reposer quelques instants. Souvent, je ne fais pas attention au coup énergétique que la magie requiert et même si ce sortilège est mon préféré, il est fréquent que je me retrouve dans cet état.
Tout en la regardant du coin de l'oeil, je me déplace légèrement vers un mur et fais un signe discret pour que mon hibou me rejoigne. Je sais qu'il ne devrait pas tarder, je suis certaine qu'il n'est plus fâché. Généralement sa jalousie ne dure pas trop...
Pour une personne en milieu de deuxième année, je crois que je peux être assez heureuse de ce que je viens de faire... J'ai hâte d'améliorer cette méthode et malgré la fatigue je sais que cela sera très enrichissant. Je ne peux pas quitter des yeux son regard. Peut-être que je devrais baisser la tête mais à ce moment je n'en ai aucunement l'envie. J'appréhende ce qu'elle va me répondre. J'ai peur qu'elle n'ai pas apprécié. Il est très probable que la plupart de mes doutes se voient dans mes yeux mais tout de même j'essaie de faire bonne figure. Après tout j'ai voulu l'instant juste avant qu'elle soit mon égale... Il faut que j'en sois digne non ? Du haut de mes douze ans, j'essaie de paraitre un peu plus grande, de la rattraper elle.
Quand elle ouvre la bouche, mes oreilles sont grandes ouvertes pour capter le moindre mot qui sortira de sa bouche même si je me sais peu apte à recevoir une critique négative actuellement. Et je doute. Encore encore...
Et pourtant après ses paroles je suis surprise, mes yeux s'agrandissent et ma bouche s'entrouvre sans que je ne puisse m'en empêcher. Ses mots sont très important et quand elle a terminé de parler de moi, un léger "merci" s'échappe de ma bouche alors que mes muscle dorsaux se relâchent et que des légères couleurs rouges apparaissent sous mes yeux.
Pourtant, quand la suite arrive, un petit sourire reparait. Mes doutes se sont enfuis, balayés par ses compliments qui me donnent un force étrange et inattendue.
Je souris.
- J'aurais été très contente oui.
Les mots veulent sortir sans que je ne sache les ordonner alors... Je me laisse porter.
- J'suis triste de n'pas le voir et j'aurais adoré avoir la possibilité de te revoir faire de la magie. Mais si tu veux pas...
Quelques secondes trainent le temps que je sache quoi faire pour qu'elle revienne sur son envie. Qu'elle accepte de me montrer ses pouvoirs. Après tout, elle est en sixième année maintenant, elle doit savoir faire encore mieux.
- Est-ce qu'il y a quelque chose que je pourrai faire pour avoir l'occasion de voir ta jolie magie ?
Oh Bristyle grand manitou ! Cela serait très inspirant ! Un sourire un peu naïf sur les lèvres je lui parle comme si elle était mon amie, je n'ai pas remarqué qu'elle était vexée et je ne me rends compte de rien malgré ses dernières paroles.
- J'aimerai tout savoir sur la magie. Et toi t'en sais beaucoup sur plein de choses. Mais... J'aurais aimé être... J'aurais aimé pouvoir parler de belle magie avec toi. De savoir comment elle marche. Comment on peut se tortiller le cerveau pour faire des variations même si Miss Priddy m'a dit que c'était pas de mon âge. Parce que c'est intéressant et... Amusant et que toi... Tu es vraiment une sorcière qui en sait beaucoup.
Je lui fais un sourire tout en continuant de la regarder.
Ne t'excuse pas pour ça... C'est moi qui suis toujours à la bourre
Tout en la regardant du coin de l'oeil, je me déplace légèrement vers un mur et fais un signe discret pour que mon hibou me rejoigne. Je sais qu'il ne devrait pas tarder, je suis certaine qu'il n'est plus fâché. Généralement sa jalousie ne dure pas trop...
Pour une personne en milieu de deuxième année, je crois que je peux être assez heureuse de ce que je viens de faire... J'ai hâte d'améliorer cette méthode et malgré la fatigue je sais que cela sera très enrichissant. Je ne peux pas quitter des yeux son regard. Peut-être que je devrais baisser la tête mais à ce moment je n'en ai aucunement l'envie. J'appréhende ce qu'elle va me répondre. J'ai peur qu'elle n'ai pas apprécié. Il est très probable que la plupart de mes doutes se voient dans mes yeux mais tout de même j'essaie de faire bonne figure. Après tout j'ai voulu l'instant juste avant qu'elle soit mon égale... Il faut que j'en sois digne non ? Du haut de mes douze ans, j'essaie de paraitre un peu plus grande, de la rattraper elle.
Quand elle ouvre la bouche, mes oreilles sont grandes ouvertes pour capter le moindre mot qui sortira de sa bouche même si je me sais peu apte à recevoir une critique négative actuellement. Et je doute. Encore encore...
Et pourtant après ses paroles je suis surprise, mes yeux s'agrandissent et ma bouche s'entrouvre sans que je ne puisse m'en empêcher. Ses mots sont très important et quand elle a terminé de parler de moi, un léger "merci" s'échappe de ma bouche alors que mes muscle dorsaux se relâchent et que des légères couleurs rouges apparaissent sous mes yeux.
Pourtant, quand la suite arrive, un petit sourire reparait. Mes doutes se sont enfuis, balayés par ses compliments qui me donnent un force étrange et inattendue.
Je souris.
- J'aurais été très contente oui.
Les mots veulent sortir sans que je ne sache les ordonner alors... Je me laisse porter.
- J'suis triste de n'pas le voir et j'aurais adoré avoir la possibilité de te revoir faire de la magie. Mais si tu veux pas...
Quelques secondes trainent le temps que je sache quoi faire pour qu'elle revienne sur son envie. Qu'elle accepte de me montrer ses pouvoirs. Après tout, elle est en sixième année maintenant, elle doit savoir faire encore mieux.
- Est-ce qu'il y a quelque chose que je pourrai faire pour avoir l'occasion de voir ta jolie magie ?
Oh Bristyle grand manitou ! Cela serait très inspirant ! Un sourire un peu naïf sur les lèvres je lui parle comme si elle était mon amie, je n'ai pas remarqué qu'elle était vexée et je ne me rends compte de rien malgré ses dernières paroles.
- J'aimerai tout savoir sur la magie. Et toi t'en sais beaucoup sur plein de choses. Mais... J'aurais aimé être... J'aurais aimé pouvoir parler de belle magie avec toi. De savoir comment elle marche. Comment on peut se tortiller le cerveau pour faire des variations même si Miss Priddy m'a dit que c'était pas de mon âge. Parce que c'est intéressant et... Amusant et que toi... Tu es vraiment une sorcière qui en sait beaucoup.
Je lui fais un sourire tout en continuant de la regarder.
Ne t'excuse pas pour ça... C'est moi qui suis toujours à la bourre
Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
Aux quatre vents
Je tique et mon regard de biais se transforme en regard franc. Je la considère pendant de longues secondes alors qu'elle parle et me sourit comme si... Oui, c'est cela qui me perturbe autant. Son sourire semble sincère, ses yeux brillent mais ses paroles revêtent un ton qui ne me plait guère. Je ne sais pas si je dois croire à sa sincérité parce qu'il y a une grande partie de moi qui se demande, et qui se demande sérieusement, si elle n'est pas en train de se foutre de ma gueule ou, pire, d'essayer de me manipuler avec ses sourires et ses paroles soi-disant innocentes. Sans doute n'aurais-je pas été si méfiante si ses précédentes paroles ne m'avaient pas vexée. Le fait est que ma suspicion est réveillée et qu'elle est plutôt tenace. Je la sens qui s'accroche à moi de toutes ses forces. C'est plus fort que moi. J'y crois. Je crois que Charlotte Dwight essaie de me manipuler avec son grand sourire et ses compliments à tout va : elle cherche à m'apaiser, tout cela pour voir ma démonstration de magie. Après tout, il n'y aucune autre raison pour qu'une moitié d'inconnue comme elle m'abreuve de tant d'éloges.
Je me referme en même temps que je détourne les yeux vers le paysage, l'air un peu plus sombre que précédemment même si c'est difficile de le remarquer puisque mon visage a toujours plus ou moins le même air morne. Si je n'explose pas de colère, c'est seulement parce que Dwight est une enfant intéressante et qu'au-delà de la méfiance qu'elle m'inspire aujourd'hui, je sais que certaines de ses... Tendances sont sincères ; comme le fait qu'elle m'ait admiré, un jour.
Je me détourne d'elle et fais quelques pas dans la pièce jusqu'à me placer devant l'une des autres ouvertures qui percent le mur. Je croise les bras sur ma poitrine, dresse le menton et observe la beauté peinte du ciel comme si je n'étais pas déçue.
« Elle a raison, articulé-je enfin à mi-voix. Priddy. Ta magie est pas assez développée pour ça mais ça t'empêche pas d'essayer et de t'entraîner. C'est comme ça que tu y arriveras un jour. Pas en attendant que tu aies l'âge. Il faut juste être capable de supporter l'échec. »
Ma voix est immensément calme et surtout elle ne comporte pas la moindre variation de ton. Une voix aussi plate que la surface du lac. Je prends une grande inspiration qui fait se soulever mes épaules et me nourris du paysage magnifique qui se dévoile à moi avant de m'en arracher pour regarder de nouveau la Poufsouffle.
« J'ai jamais refusé de parler de "belle magie" ou de tout autre sujet permettant de se "tortiller le cerveau", Dwight, l'informé-je en haussant les épaules. Sauf quand la personne en face est emmerdante à souhait. » Ce qui n'est pas son cas. « Ou quand elle fait des hypothèses sans fondement à mon propos. »
Je promène mon regard sur les oiseaux qui nous entourent. Je prends alors conscience du bruit qu'ils font, de leurs puissants piaillements ; j'avais occulté cela jusqu'ici.
« Si tu veux voir une démonstration de magie, apprends à respecter la sorcière que tu veux voir à l'oeuvre. »
Je lui dis cela sous la forme d'un conseil mais au final il s'agit plus d'une menace qu'autre chose. J'ai douloureusement conscience, et Dwight n'en saura jamais rien, qu'encore une erreur de sa part et elle perdra toute l'estime que je commençais à avoir pour elle. Néanmoins, sa naïveté est une force dans son cas : elle lui permet de se voir accorder une seconde chance, merveilleux.
Désormais, je me sens de mauvaise humeur et affligée par le genre humain. Rien de bien consistant, tout cela s'enfuira dès que je penserai à autre chose, mais une chose est sûre : la plénitude qui a été la mienne durant les premiers instants de la conversation vient de disparaître et c'est de la faute de cette enfant. Bordel, pourquoi tout le monde doit être si décevant ?
« Bonne fin de journée, » conclus-je en faisant mine de partir.
Je me referme en même temps que je détourne les yeux vers le paysage, l'air un peu plus sombre que précédemment même si c'est difficile de le remarquer puisque mon visage a toujours plus ou moins le même air morne. Si je n'explose pas de colère, c'est seulement parce que Dwight est une enfant intéressante et qu'au-delà de la méfiance qu'elle m'inspire aujourd'hui, je sais que certaines de ses... Tendances sont sincères ; comme le fait qu'elle m'ait admiré, un jour.
Je me détourne d'elle et fais quelques pas dans la pièce jusqu'à me placer devant l'une des autres ouvertures qui percent le mur. Je croise les bras sur ma poitrine, dresse le menton et observe la beauté peinte du ciel comme si je n'étais pas déçue.
« Elle a raison, articulé-je enfin à mi-voix. Priddy. Ta magie est pas assez développée pour ça mais ça t'empêche pas d'essayer et de t'entraîner. C'est comme ça que tu y arriveras un jour. Pas en attendant que tu aies l'âge. Il faut juste être capable de supporter l'échec. »
Ma voix est immensément calme et surtout elle ne comporte pas la moindre variation de ton. Une voix aussi plate que la surface du lac. Je prends une grande inspiration qui fait se soulever mes épaules et me nourris du paysage magnifique qui se dévoile à moi avant de m'en arracher pour regarder de nouveau la Poufsouffle.
« J'ai jamais refusé de parler de "belle magie" ou de tout autre sujet permettant de se "tortiller le cerveau", Dwight, l'informé-je en haussant les épaules. Sauf quand la personne en face est emmerdante à souhait. » Ce qui n'est pas son cas. « Ou quand elle fait des hypothèses sans fondement à mon propos. »
Je promène mon regard sur les oiseaux qui nous entourent. Je prends alors conscience du bruit qu'ils font, de leurs puissants piaillements ; j'avais occulté cela jusqu'ici.
« Si tu veux voir une démonstration de magie, apprends à respecter la sorcière que tu veux voir à l'oeuvre. »
Je lui dis cela sous la forme d'un conseil mais au final il s'agit plus d'une menace qu'autre chose. J'ai douloureusement conscience, et Dwight n'en saura jamais rien, qu'encore une erreur de sa part et elle perdra toute l'estime que je commençais à avoir pour elle. Néanmoins, sa naïveté est une force dans son cas : elle lui permet de se voir accorder une seconde chance, merveilleux.
Désormais, je me sens de mauvaise humeur et affligée par le genre humain. Rien de bien consistant, tout cela s'enfuira dès que je penserai à autre chose, mais une chose est sûre : la plénitude qui a été la mienne durant les premiers instants de la conversation vient de disparaître et c'est de la faute de cette enfant. Bordel, pourquoi tout le monde doit être si décevant ?
« Bonne fin de journée, » conclus-je en faisant mine de partir.
Aux quatre vents
Lors de ma tirade, ses yeux me fixent et me perturbent un peu. Pourquoi faut-il qu'elle ait un regard si perçant ? J'ai l'impression qu'il me transperce de part en part et que je ne peu qu'être immobile devant elle. Pourtant, la machine est lancée et je ne peux m'empêcher de continuer à parler. Mon seul désir est de parler avec elle comme si elle était mon amie. Seulement, en me faisant traverser par ce regard je me sens démunie comme je ne l'ai pas souvent été. J'essaie de lui renvoyer son regard, d'être objective, de la voir comme une simple grande plus puissante que moi, mais si j'ai réussi pendant un certain temps j'ai du mal maintenant. Elle prend son ascendant sur moi et je ne peux rien faire.
Je suis toujours appuyée sur le mur et lorsque son regard me fuit pour le paysage, mon sourire pâlit mais je continue de la regarder pour essayer de la comprendre. J'écoute ses mots. Ils sont criants de vérité. De toute manière, je n'arrêterai pas de m'entrainer parce que je me suis trouvé une passion. Depuis l'année dernière, ma baguette est devenue mon amie et je ne compte plus l'abandonner ni la critiquer. Elle fait partie de mon âme et de mon coeur. Tout comme la magie.
Et de nouveau son regard me perfore et je me sens bloquée. Sourire à ce moment là m'est impossible mais j'arrive tout de même à soutenir son regard. Je déchante. Je ne pensais pas qu'elle était blessée. Je pensais que nous allions continuer la conversation et que je pourrai peut-être en savoir plus sur elle. Mais là... Je n'arrive pas à savoir si elle me traite d'emmerdante à souhait ou de faire des hypothèses à son propos. Certainement la deuxième expression au vu de mes propos précédents. Ou les deux peut-être ? J'aurais réussi à tout foirer dans cette rencontre si je me retrouve à être emmerdante à souhait, on me l'a peut-être dit parce que je parlais trop... ET encore une fois, ce n'est pas parce que j'ai trop parlé mais parce que je n'ai pas dit ce qui a fait plaisir à cette grande que j'apprécie trop. Si ses yeux n'étaient pas posés sur moi cela m'arracherait un rire nerveux mais je ne fait simplement pas la fière à ce moment là.
Et sans crier gare, elle me tourne le dos et comme à s'en aller en me saluant. Je ne sais pas ce que je dois faire à ce moment. J'aurais réellement aimé continuer à parler avec elle. Dois-je la laisser partir comme ça ? Je fais un pas en avant, quittant mon mur réconfortant et une fois de plus mon impulsivité prends les commandes. La plus grande part de moi qui l'admire surpasse ma peur et le choc que ses mots ont fait en moi. je me redresse un peu, un sourire un inexistant sur mes lèvres mais une détermination sans faille dans les yeux. Un courage factice surpasse ma peur. Je sais ce que je risque et j'ai décidé que je ne voulais pas arrêter cette discussion là dessus. Ce n'est pas pour sauver les botrucs. Leurs arbres sont déjà bien morts et pourris. Mon corps parle de lui même.
- Bristyle ! J'ai certainement parlé trop vite.
Mes mots me reviennent à la tronche en comprenant ce qu'elle me soutient. Et je suis obligée d'enchainer.
- L'année dernière, tu m'as surprise et beaucoup impressionnée. Tu as peut-être l'habitude d'impressionner mais malgré tout ça... ça a changé... Ce que je voyais de la magie. Et je n'ai pas compris, je ne comprends toujours pas en fait. Je ne veux pas te faire partir avec ma maladresse.
J'inspire, j'expire, mes joues deviennent un peu rouge mais je repars dans des mots que je vais certainement regretter quand elle partira loin de moi. Fichu pour fichu...
- Je voulais découvrir une partie de ton monde pas... t'ennuyer. Je regretterai beaucoup que tu veuilles plus parler avec moi et j'aurais beaucoup aimé savoir c'que tu veux faire de ce que tu connais. J'ai eu envie qu'tu me détrompe, que ce qui me venait à l'esprit soit complètement faux, que je comprenne enfin quelle motivation tu pourrai avoir pour faire de la magie comme tu la fais. Parce que j'ai du mal à savoir comment on peut utiliser la magie différemment de comme je le pense.
Je baisse les yeux fuyant son regard qui pourrait se poser sur moi et fait un signe à Sowyn pour qu'il vienne se poser sur mon épaule. Il était toujours sur le rebord, il lance un piaillement et rejoint mon épaule pour grignoter une mèche de mes cheveux que j'aurais bien tortillé. Je suis réellement tendue.
- Si tu pars maintenant... Accepterais-tu de rediscuter avec moi un autre jour où je n'aurais pas trop parlé ?
Perdu pour perdu...
Je suis toujours appuyée sur le mur et lorsque son regard me fuit pour le paysage, mon sourire pâlit mais je continue de la regarder pour essayer de la comprendre. J'écoute ses mots. Ils sont criants de vérité. De toute manière, je n'arrêterai pas de m'entrainer parce que je me suis trouvé une passion. Depuis l'année dernière, ma baguette est devenue mon amie et je ne compte plus l'abandonner ni la critiquer. Elle fait partie de mon âme et de mon coeur. Tout comme la magie.
Et de nouveau son regard me perfore et je me sens bloquée. Sourire à ce moment là m'est impossible mais j'arrive tout de même à soutenir son regard. Je déchante. Je ne pensais pas qu'elle était blessée. Je pensais que nous allions continuer la conversation et que je pourrai peut-être en savoir plus sur elle. Mais là... Je n'arrive pas à savoir si elle me traite d'emmerdante à souhait ou de faire des hypothèses à son propos. Certainement la deuxième expression au vu de mes propos précédents. Ou les deux peut-être ? J'aurais réussi à tout foirer dans cette rencontre si je me retrouve à être emmerdante à souhait, on me l'a peut-être dit parce que je parlais trop... ET encore une fois, ce n'est pas parce que j'ai trop parlé mais parce que je n'ai pas dit ce qui a fait plaisir à cette grande que j'apprécie trop. Si ses yeux n'étaient pas posés sur moi cela m'arracherait un rire nerveux mais je ne fait simplement pas la fière à ce moment là.
Et sans crier gare, elle me tourne le dos et comme à s'en aller en me saluant. Je ne sais pas ce que je dois faire à ce moment. J'aurais réellement aimé continuer à parler avec elle. Dois-je la laisser partir comme ça ? Je fais un pas en avant, quittant mon mur réconfortant et une fois de plus mon impulsivité prends les commandes. La plus grande part de moi qui l'admire surpasse ma peur et le choc que ses mots ont fait en moi. je me redresse un peu, un sourire un inexistant sur mes lèvres mais une détermination sans faille dans les yeux. Un courage factice surpasse ma peur. Je sais ce que je risque et j'ai décidé que je ne voulais pas arrêter cette discussion là dessus. Ce n'est pas pour sauver les botrucs. Leurs arbres sont déjà bien morts et pourris. Mon corps parle de lui même.
- Bristyle ! J'ai certainement parlé trop vite.
Mes mots me reviennent à la tronche en comprenant ce qu'elle me soutient. Et je suis obligée d'enchainer.
- L'année dernière, tu m'as surprise et beaucoup impressionnée. Tu as peut-être l'habitude d'impressionner mais malgré tout ça... ça a changé... Ce que je voyais de la magie. Et je n'ai pas compris, je ne comprends toujours pas en fait. Je ne veux pas te faire partir avec ma maladresse.
J'inspire, j'expire, mes joues deviennent un peu rouge mais je repars dans des mots que je vais certainement regretter quand elle partira loin de moi. Fichu pour fichu...
- Je voulais découvrir une partie de ton monde pas... t'ennuyer. Je regretterai beaucoup que tu veuilles plus parler avec moi et j'aurais beaucoup aimé savoir c'que tu veux faire de ce que tu connais. J'ai eu envie qu'tu me détrompe, que ce qui me venait à l'esprit soit complètement faux, que je comprenne enfin quelle motivation tu pourrai avoir pour faire de la magie comme tu la fais. Parce que j'ai du mal à savoir comment on peut utiliser la magie différemment de comme je le pense.
Je baisse les yeux fuyant son regard qui pourrait se poser sur moi et fait un signe à Sowyn pour qu'il vienne se poser sur mon épaule. Il était toujours sur le rebord, il lance un piaillement et rejoint mon épaule pour grignoter une mèche de mes cheveux que j'aurais bien tortillé. Je suis réellement tendue.
- Si tu pars maintenant... Accepterais-tu de rediscuter avec moi un autre jour où je n'aurais pas trop parlé ?
Perdu pour perdu...
Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
Aux quatre vents
Trois grands pas me permettent de rejoindre l'entrée de la volière. J'aurais pu disparaître en deux secondes, dans un battement de cape dépité, m'en aller loin de cette volière et de cette jeune fille qui me vexe par ses propos et par sa seule façon d'être : ce n'est pas tant elle qui m'a déçue que le genre humain en général. Des Charlotte Dwight, c'est à dire des personnes avec un bon potentiel qui me déçoivent, il en existe des milliers, des milliards. Partout dans le monde. Et cela me désespère grandement parce que j'ai compris depuis un moment déjà qu'il n'y a sur cette Terre personne au monde incapable de ne pas me décevoir.
J'aurais donc pu disparaître rapidement, le coeur enflé de sentiments obscurs, mais sa voix m'arrête sur le palier de la volière. La main sur le mur, je me retourne à demi pour soutenir son regard. Le mien beaucoup plus sombre et dur que le sien qui cherche à me faire passer tout un tas de choses que je ne comprends pas. Les lèvres pincées, j'accueille donc ses paroles — peut-être ne l'aurais-je pas fait si j'avais su avant qu'elle ne se lance qu'elle allait partir dans un long discours sincère.
C'est assez étonnant de voir une gamine se remettre en question. Déjà que les grands ont parfois du mal à le faire, alors une enfant qui n'est arrivée à aucune maturité sur aucun pan de sa vie, surtout pas celui de la réflexion ? Étonnant. Je ne laisse rien paraître pendant que je l'écoute mais le seul fait qu'elle se soit assise sur sa si grande confiance pour me dire ces choses me perturbe suffisamment pour que j'en vienne à me questionner quant aux conclusions que j'ai tirés à son propos.
Le rouge sur ses joues, son regard fuyant, le débit hâté de ses paroles... Tout me prouve qu'elle n'est pas à son aise, pourtant elle continue de parler et j'accuse réception de ses mots sans savoir qu'en penser. Évidemment, le fait qu'elle se dise impressionnée par moi ne m'étonne pas même si je me demande si elle est sincère. Elle parle de maladresse, j'aurais employé le mots "connerie". Quand elle parle de mon monde, je me retiens de lever les yeux au ciel. Encore un naïve qui croit qu'il y a de la place pour elle dans mon monde, c'est ça ? Mais que croit-elle ? Que je suis un objet d'étude, que j'ai envie de lui partager ces choses dont elle me parle ? Mes pensées sont acides, certes, mais son ton s'attire à ce moment de son discours quelques émotions un peu plus apaisées de ma part : ce qu'elle dit sur la magie me parle sincèrement. Et apprendre des autres comment ils utilisent la magie d'une manière différente de moi, c'est typiquement ce qui m'a encouragée à m'inscrire pour le programme AMICO. Ou ce qui m'a motivée, il y a des années, à vouloir apprendre d'un certain étudiant chinois. Entre mes treize ans et mes dix-sept ans, il n'y a pas grand chose qui a changé : j'ai toujours envie de comprendre la magie, toute la magie, surtout celle que je ne connais pas — la manière, donc, dont certaines personnes l'utilisent pour en faire des choses qui ne me sont pas familières. Alors oui, les propos de Dwight résonnent en moi.
Malgré le fait que j'apprécie son geste et son effort pour me présenter les choses différemment, je n'oublie que le coeur de sa pensée se résume en cette seule et unique phrase : « Tu sais juste ? ». Voilà ce qu'elle pense de moi et aucune de ses parole ne pourra effacer ça. Je ressens encore dans mon coeur la pique douloureuse de ma fierté blessée et rien que pour ça, j'ai envie de lui dire d'aller voir ailleurs si j'y suis, à cette gamine qui a de belles qualités et de belles capacités de réflexion mais qui ne sait s'en servir qu'une fois sur deux.
Je me tourne complètement vers elle pour planter mon regard dans le sien. Mes bras se croisent sur ma poitrine sans que j'en ai conscience et je lève le menton bien haut, comme on m'a appris à le faire.
« Est-ce qu'un tel jour existe au moins, Dwight ? Quel intérêt de parler avec une personne qui s'efforce de ne surtout pas être ce qu'elle est ? »
L'éclat dans mes yeux se durcit encore.
« Si je rediscute avec toi un autre jour, est-ce que ton avis sur moi aura changé ? C'est à toi-même que tu dois poser des questions, pas à moi. »
Ces mots sont lancés sur un ton froid et dur. Je me tourne de nouveau et m'enfonce dans les escaliers qui descendent la volière. J'espère au fond de moi qu'elle ne m'arrêtera pas. Maintenant, il ne lui reste qu'à mûrir mes mots. Je n'aurais aucun intérêt à refuser une discussion intéressante à une jeune sorcière à la réflexion intéressante. Par contre, je n'accepterai jamais auprès de moi une personne qui pose un regard si tranché sur moi — alors qu'elle ne me connait pas le moins du monde. Le seul problème c'est qu'elle ne parviendra sans doute jamais à me prouver que son regard a changé. Et je doute qu'elle fasse de toute façon l'effort de me le prouver.
Aelle va partir si Charlotte ne l'interrompt pas mais si elle dit quelque chose, je répondrai sans doute à la suite !
Quelle tournure étonnante, ce RP. J'aime bien quand Aelle fait des leçons de morale qu'elle ne respecte pas elle-même.
J'aurais donc pu disparaître rapidement, le coeur enflé de sentiments obscurs, mais sa voix m'arrête sur le palier de la volière. La main sur le mur, je me retourne à demi pour soutenir son regard. Le mien beaucoup plus sombre et dur que le sien qui cherche à me faire passer tout un tas de choses que je ne comprends pas. Les lèvres pincées, j'accueille donc ses paroles — peut-être ne l'aurais-je pas fait si j'avais su avant qu'elle ne se lance qu'elle allait partir dans un long discours sincère.
C'est assez étonnant de voir une gamine se remettre en question. Déjà que les grands ont parfois du mal à le faire, alors une enfant qui n'est arrivée à aucune maturité sur aucun pan de sa vie, surtout pas celui de la réflexion ? Étonnant. Je ne laisse rien paraître pendant que je l'écoute mais le seul fait qu'elle se soit assise sur sa si grande confiance pour me dire ces choses me perturbe suffisamment pour que j'en vienne à me questionner quant aux conclusions que j'ai tirés à son propos.
Le rouge sur ses joues, son regard fuyant, le débit hâté de ses paroles... Tout me prouve qu'elle n'est pas à son aise, pourtant elle continue de parler et j'accuse réception de ses mots sans savoir qu'en penser. Évidemment, le fait qu'elle se dise impressionnée par moi ne m'étonne pas même si je me demande si elle est sincère. Elle parle de maladresse, j'aurais employé le mots "connerie". Quand elle parle de mon monde, je me retiens de lever les yeux au ciel. Encore un naïve qui croit qu'il y a de la place pour elle dans mon monde, c'est ça ? Mais que croit-elle ? Que je suis un objet d'étude, que j'ai envie de lui partager ces choses dont elle me parle ? Mes pensées sont acides, certes, mais son ton s'attire à ce moment de son discours quelques émotions un peu plus apaisées de ma part : ce qu'elle dit sur la magie me parle sincèrement. Et apprendre des autres comment ils utilisent la magie d'une manière différente de moi, c'est typiquement ce qui m'a encouragée à m'inscrire pour le programme AMICO. Ou ce qui m'a motivée, il y a des années, à vouloir apprendre d'un certain étudiant chinois. Entre mes treize ans et mes dix-sept ans, il n'y a pas grand chose qui a changé : j'ai toujours envie de comprendre la magie, toute la magie, surtout celle que je ne connais pas — la manière, donc, dont certaines personnes l'utilisent pour en faire des choses qui ne me sont pas familières. Alors oui, les propos de Dwight résonnent en moi.
Malgré le fait que j'apprécie son geste et son effort pour me présenter les choses différemment, je n'oublie que le coeur de sa pensée se résume en cette seule et unique phrase : « Tu sais juste ? ». Voilà ce qu'elle pense de moi et aucune de ses parole ne pourra effacer ça. Je ressens encore dans mon coeur la pique douloureuse de ma fierté blessée et rien que pour ça, j'ai envie de lui dire d'aller voir ailleurs si j'y suis, à cette gamine qui a de belles qualités et de belles capacités de réflexion mais qui ne sait s'en servir qu'une fois sur deux.
Je me tourne complètement vers elle pour planter mon regard dans le sien. Mes bras se croisent sur ma poitrine sans que j'en ai conscience et je lève le menton bien haut, comme on m'a appris à le faire.
« Est-ce qu'un tel jour existe au moins, Dwight ? Quel intérêt de parler avec une personne qui s'efforce de ne surtout pas être ce qu'elle est ? »
L'éclat dans mes yeux se durcit encore.
« Si je rediscute avec toi un autre jour, est-ce que ton avis sur moi aura changé ? C'est à toi-même que tu dois poser des questions, pas à moi. »
Ces mots sont lancés sur un ton froid et dur. Je me tourne de nouveau et m'enfonce dans les escaliers qui descendent la volière. J'espère au fond de moi qu'elle ne m'arrêtera pas. Maintenant, il ne lui reste qu'à mûrir mes mots. Je n'aurais aucun intérêt à refuser une discussion intéressante à une jeune sorcière à la réflexion intéressante. Par contre, je n'accepterai jamais auprès de moi une personne qui pose un regard si tranché sur moi — alors qu'elle ne me connait pas le moins du monde. Le seul problème c'est qu'elle ne parviendra sans doute jamais à me prouver que son regard a changé. Et je doute qu'elle fasse de toute façon l'effort de me le prouver.
Aelle va partir si Charlotte ne l'interrompt pas mais si elle dit quelque chose, je répondrai sans doute à la suite !
Quelle tournure étonnante, ce RP. J'aime bien quand Aelle fait des leçons de morale qu'elle ne respecte pas elle-même.