Une aventure glissante

28 décembre 2047 - 18h12 -
Ice Rink Canary Wharf, Londres
Un Rp en compagnie de @Constance Nelson

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Le miroitement de la glace sous les lumières festives de Noël avait créé un tableau enchanteur. Tant de par l'air frais de l'hiver empli des échos joyeux des patineurs qui glissaient gracieusement sur la patinoire que de par les arbres couverts de neige qui semblent avoir été peints avec un pinceau magique. Ces derniers, bordant la patinoire, avaient pour habits des guirlandes et des boules de Noël scintillantes, rappelant alors à tous l'allégresse de l'approche de fête.

Mais de ces noisettes aussi scintillantes que le reflet du soleil sur la neige des rues de Londres, je n'avais d'yeux que pour ces patins que papa et maman m'avaient offert pour Noel. En coque en cuir, je soupçonnais papa, alors que je les enfilais sur le banc, de les avoir modifiées à l'aide de quelques coups de baguette. L'intérieur était bien trop confortable et chaud pour une chaussure censée découper la glace...

M'en relevant du banc de manière un peu chancelante, je regagnais la glace sur un fond de musique de Santa. Si le père Noël avec une guitare et une voix aussi aigue, je ne demandais qu'à voir soupirais-je alors que mon patin gauche rejoignait fébrilement l'iceberg.

« Allez Nowan... »

Murmurais-je en guise d'encouragement alors que d'une démarche maladroite, je faisais mes premiers pas sur la banquise. Des pas certes malhabiles, mais suffisants pour raviver les mêmes sentiments que j'avais ressentis lors de cette séance il y a deux mois. Liberté. Légéreté. Sur cette lame lisse et polie, les pieds aux chauds, je me sentais prendre, au fil des tours, de l'assurance. Qui donc aurait pu m'arrêter dans mon aventure glissante venais je à me demander alors que j'abordais un virage de façon peu consciencieuse.

Je n'eus pas à attendre longtemps pour en connaître la réponse. Mon pied dérapa, je me sentis perdre l'équilibre et à la manière d'une boule de bowling, je glissais plat ventre sur une dizaine de mètres avant de me percuter aux quilles qui ne furent autres que les jambes d'une jeune fille...



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Une aventure glissante
En ce samedi soir, alors que les lampadaires s'étaient allumés depuis une heure, que le froid vif et sec nous mordait le nez, nous nous avancions tranquillement vers la patinoire située à l'ouest du centre-ville, dans le quartier d'affaire de Canary Wharf. On venait de se prendre un goûter dans le centre, dans un salon de thé et on avait pris le métro pour venir. C'était l'idée des parents de se rendre ce soir à la patinoire dans un vain espoir de me changer les idées après hier soir. Enfin, je dis "vain", parce que mon moral est bien enfouis sous mes semelles et non pas dans mes chaussettes. J'ai eu Michael et Johanna au téléphone ce matin, ça ma rassuré quelque part : ils vont bien. J'ai prévu d'aller les voir en personne demain bien que Papa et Maman doutent que ce soit une si bonne idée pour ma santé mentale. "Prends déjà le temps de digérer les choses", m'avaient-ils conseillé. S'ils n'avaient pas eu leur mot à dire, ce ne serait pas par le téléphone que j'aurais pris des nouvelles de mes deux meilleurs amis. Enfin, bon, j'ai été un peu "trainée" par le colbac cet après-midi pour me "changer l'air".
Mon éternel bonnet noir à pompon avait été troqué contre un nouveau reçu à Noël : jaune moutarde avec des flocons blancs et un gros pompon en fausse fourrure. Merci Mamy et Papy ! Il y avait même les chaussettes assorties dans le paquet ! Ravie de ces nouveaux accessoires aux couleurs de ma maison, le jour où je les ai déballé, je leur avais promis que je les arborerais fièrement à l'avenir.

Une fois les tickets achetés et les patins empruntés, on va s'asseoir sur un banc avec Papa et Maman pour les enfiler. Une fois équipée, je laisse mon regard errer sur la piste blanche où circulent des silhouettes emmitouflées. Bon, à défaut de vraiment me changer les idées, en effet, cette activité va m'aérer un peu.
Un peu chancelante sur mes lames aiguisées mais dont l'équilibre clairement précaire n'étaient pas fait pour la marche, je me dirige prudemment vers la piste glacée.
- Attends d'être sur la glace pour tomber, me taquine Papa.
Je lève les yeux au ciel en agitant la tête, ne prenant même pas le temps de répondre. Si c'est lui qui tombe avant moi, je ne me retiendrais pas de rire !

Hésitante - cela faisait un an que je n'avais pas reposé les pieds chaussés ainsi sur une couche de glace - je me met en mouvement, gardant la barrière de sécurité à portée de main au cas où. Les genoux légèrement fléchis, je progresse ainsi à mon rythme, écoutant d'une oreille distraite les chants de Noël diffusés par les haut-parleurs. De temps à autre, je m'arrête et me retourne pour vérifier où en sont Papa et Maman. Autant Maman est plutôt hésitante au début mais Papa semble assez à l'aise et il prend un malin plaisir à taquiner Maman. Sûrement dans l'idée de la faire rire et de la détendre.
Quelques minutes et deux chansons de Noël plus tard, je sens que j'ai un peu plus confiance en moi et m'écarte progressivement de la barrière.
Je fais un coucou à mes parents en passant près d'eux.
- Tu fais attention hein ? me demande Maman avant d'éclater de rire en écartant les bras pour maintenir son équilibre.
- Continue Mary ! l'encourage Papa, puis, en me lançant un coup d'oeil rapidement, t'inquiète pas Constance, va faire un tour si tu veux, fais juste attention de pas foncer dans les gens. Tu t'souviens comment freiner hein ? me demande-t-il avec un air espiègle.
- Oui, oui ! D'acc, j'reviens alors ! Tombe pas Maman hein !
Puis j'accélère légèrement, appuyant un peu plus sur mes patins. Je relève la tête et apprécie enfin la décoration que je n'avais fait qu'apercevoir un peu plus tôt, trop concentrée sur la glace alors, et sourit brièvement pour la première fois depuis qu'on est arrivé.
Je m'entraîne à écarter un peu les jambes, les ramener, les écarter, dessinant des citrons sur la glace. Doucement mais sûrement je me rapproche du milieu. Je regarde partout, les guirlandes, les visages, les petits traineaux en bois mis à disposition pour les petits pour les aider à avancer. Je me sens comme un fantôme.

PAF !!!

Aussi rapide que l'éclair, quelque chose me fonce dans les tibias et je m'effondre, le sol glacé rencontrant mes genoux et tout mon côté gauche. La raison ? Quelqu'un vient de me foncer dessus !
Je relève la tête, prenant appui sur mon coude gauche et ma main droite. Ouch !
Un garçon roux se redresse tant bien que mal, juste à côté de moi.
J'ai le réflexe d'avoir envie de lui demander si ça va mais je me retiens. Il m'a quand même foncé dessus ! Je ne suis pas invisible, non ? Surtout avec mon beau bonnet...
Petit check intérieur : bon, je crois que j'ai rien de cassé. Sûrement un ou deux hématomes plus tard.

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Fus-je mort ? Si oui, où était donc la douce chaleur de Satan ? La main aidante d'un esprit supérieure ? Non ce n'était que froid et douleur qui m'accueillait dans l'haut delà. Ou peut-être avais je parlé trop vite ? Les yeux écarquillés, j'ouvrais la bouche dévoilant un soupçon de neige sur ma langue signe que j'en avais avalé lors de ma terrible chute. Mon dos m'élançait et une douleur aiguë faisait crier ma jambe. Non sans quelques grimaces, je me relevais et remontais mon pantalon patte d'éléphant qui n'avait été que le seul rempart entre moi et la glace.

« Outch... »

Murmurais-je à la vue de ces trois hématomes apparents sur le côté droit de ma cuisse. Une blessure de guerre dont je ne pourrais me vanter vu la laideur que cela avait infligée à ma peau. Il fut alors vrai qu'une cicatrice de la forme d'un éclair aurait été plus appréciable, mais à l'instar de ma maladresse, je ne méritais guère mieux...

Moultes débats concernant cette vilaine blessure de "sportif" auraient pu suivre dans ma petite caboche qui me servait de tête, mais il aurait été alors bien stupide et irresponsable de ne pas prendre des nouvelles de ma victime collatérale de mes deux pieds gauches. Une fille à la crinière brune et au visage des plus commun si ce ne fut ce bonnet jaune moutarde qui en habitait le sommet.

« Excuse moi... Je... Je suis désolé. Je ne suis pas très bon... En patin.»

Bredouillais-je en réduisant prudemment, à l'aide de quelques coups de patin, les quelques mètres qui nous séparaient. Puis me mordant la lèvre inférieure, le visage trahissant un léger embarras, chose pourtant si inhabituelle sur ma bouille, je venais demander.

« Je ne t'ai pas fait mal ? »


@Constance Nelson

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Le garçon roux se relève - après avoir retroussé son pantalon pour checker sûrement l'état de sa jambe - et se rapproche vers moi, de deux-trois coups de patin alors que je peine à me relever. J'ai le réflexe de vouloir reculer alors qu'il réduit la distance en s'excusant et en me demandant s'il ne m'a pas blessé.
Le mouvement de recul opéré me faire perdre une seconde mon équilibre et je bats un peu des bras pour maintenir de mon mieux mon équilibre précaire et ne pas retomber comme une poupée de chiffon.
La jambe gauche de mon jean est parsemée d'un peu de givre que j'époussette machinalement.
- Ca va, bredouillais-je en lui jetant un coup d'oeil. Et toi ?
Le garçon n'est pas très grand et est quasi aussi mince que moi. Ses prunelles noisette cherchait les miennes dans un souci de savoir s'il ne m'a pas blessé.
J'ai envie de lui demander si je suis transparente à ses yeux, me demandant vraiment comment il a pu me foncer dessus d'une telle manière mais je retiens mon agacement et pousse un petit soupir.
Je jette un rapide regard à la ronde, les autres patineurs continuent leur ballet en s'écartant bien soigneusement de notre chemin.
Je reporte mon attention sur le garçon devant moi.
- J'crois que je vais m'en tirer avec quelques bleus, j'imagine comme toi. On a eu de la chance, on aurait pu se faire encore plus mal.
Je me force à articuler un léger sourire sur mes lèvres avant d'apercevoir mon père plus loin. Il semble avoir compris la situation car il s'écarte de Maman et s'approche à longues enjambées de nous.
Ne voulant pas que les choses se compliquent davantage ni être encore plus embarrassée de la situation, je lui fait un signe de la main pour lui faire comprendre que tout va bien. Il freine à quelques mètres, son regard allant du garçon lui tournant le dos à moi, aller-retour, un sourire naissant sur les lèvres. Comprenant soudain ce qu'il peut s'imaginer, j'écarquille un peu les yeux et rosis de honte. Non mais n'importe quoi, vraiment ! La honte, heureusement qu'il s'est pas approché plus.
Je reporte donc mon attention sur le garçon roux maladroit et me rend compte qu'il a du givre sur le menton.
- T'as du ... fis-je en montrant mon propre menton négligemment.

@Nowan James - 395
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:21, modifié 1 fois.

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Elle avait l'air de bien le prendre. Du moins si j'en jugeais sa réponse et les quelques morceaux de givres qui s'étaient accrochés à sa jambe gauche. J'avais cru un instant de par son mouvement de recul qu'elle allait me filer entre les doigts, ce qui aurait d'ailleurs pu m'éviter cette embarrassante situation, mais voilà qu'elle venait prendre aussi de mes nouvelles. Politesse, sincérité ? Je ne savais guère. Alors, d'un simple haussement d'épaule et d'un mou du visage, je venais lui apporter réponse.

« Non... Ça va. »

Demi-mensonge au vu des hématomes qui recouvraient ma jambe droite, mais il aurait été bien impertinent de venir se plaindre des conséquences de mon imprudence. C'était que j'avais un minimum de fierté tout de même... Alors, me contentant de garder silence, les pupilles faisant l'aller-retour entre le passage des autres patineurs et le visage de la jeune fille, je l'écoutais. Elle, son optimisme et ce fragile sourire qu'elle m'adresse.

« C'est ton père ? Il ne va pas me mettre une claque, j'espère... »

Ponctuais-je d'un regard furtif vers le paternel, qui posté un peu plus loin, arborait sur son visage une rangée de dents espiègle. Je fronçais légèrement les sourcils. Quelle drôle d'expression faciale pour quelqu'un qui avait vu sa descendance se faire balayer les jambes par un morveux à la crinière rousse... Enfin.. Peut-être que cela était une coutume moldu, tout comme le fait de se déguiser en sorcier le soir d'halloween... J'en lâchais un petit soupir alors que celle dont j'ignorais le nom, m'indiquait de par la parole suivie d'un mime que j'avais du... givre sur le menton ?

La main cachée sous la manche de mon pull, je m'affairais donc à enlever cette substance glacée qui habitait sans mon consentement le bout de mon menton puis cela fait, je lâchais un furtif sourire.

« Et toi tu en as sur le nez... »



@Constance Nelson

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Le rouquin maladroit avise mon père et me demande si c'est mon père et s'il risque pas de se prendre une claque.
- Ouais... quoi ? euh... non ? je lui réponds surprise avant d'esquisser un léger rire surpris. Cette conversation prend un tournant auquel je ne m'attendais pas.
Mon père n'est pas du genre violent, genre vraiment pas et l'idée qu'il puisse se fâcher de la sorte m'est incongrue.
Il pousse un petit soupir alors que j'ouvre la bouche pour lui signaler qu'il a du givre sur le menton.
Ce à quoi il me rétorque que moi aussi, sur le nez.
- Oh !
Embarrassée, je m'essuie le nez du revers de ma main gantée. Ah bon ? J'ai pas l'impression que mon gant soit humide. C'était une blague ?
Je lui jette un regard interrogateur. Si c'était une blague, elle était pas drôle - ou bien ce soir, je ne suis pas d'humeur.
- Tu blaguais ou... ?
Je laisse planer ma question une seconde avant d'enchaîner :
- Ermm... du coup tu t'appelles comment ? je lui demande machinalement.
C'était bizarre comme situation, non ? Je me sens pas hyper à l'aise et là, à pas bouger, en plein milieu de la piste, on gêne un peu non ?
Peut être que lui demander son prénom, c'est un peu trop... non ? enfin, il m'a bousculé, on est tombé, je n'ai rien de grave, lui non plus à priori, on pourrait en rester là... Mais j'sais pas. Il a une allure, et surtout des réactions étranges. Je pense notamment par rapport à Papa.
Mais bon, il a pas l'air méchant alors... ma nature originelle à discuter me pousse à laisser la situation en suspend bien qu'une partie de moi à envie d'en terminer là. Je jette un coup d'oeil en direction de la barrière non loin de là puis lui puis la barrière, puis les autres patineurs. Va-t-il comprendre ? Va-t-il comprendre qu'on gêne là, ici ?

@Nowan James
330
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:25, modifié 1 fois.

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Petit soupir de soulagement que d'apprendre que je ne rejoindrais pas les cieux de par les mains de son père. Car tous n'étaient pas comme le mien : passif et inoffensif. Non, s'il fallait craindre la foudre, c'était du côté maternel. D'ailleurs nul doute qu'elle m'aurait étranglé sur place à la vue de mon inconscience sur la glace...

« Tss... »

Sifflais-je légèrement amusé avant de m'approcher de son visage et de passer un doigt gelé sur le haut de son nez pour y enlever la fine pellicule blanche qui faisait tache sur sa bouille ovale. Un contact physique qui en aurait peut-être fait trembler les amateurs romanesques, mais dans mon cas ce n'était que simple service rendu. Et puis mince quoi... Je ne m'appelais pas Narcisse...

Cela aurait alors pu s'arrêter sur ce geste prévenant de ma part. On serait chacun partie de notre côté, traçant notre sillage respectivement dans la glace avec le sentiment, moi particulièrement, d'avoir y laisser un peu de mon honneur. Mais non. Il semblait que la fille au bonnet n'en entendait pas ainsi.

« Pourquoi ? C'est important ? »

Quelle drôle de manière d'agir que celle de décider de faire les présentations au milieu de la banquise entourée de lames tout plus aiguisées les unes que les autres. Et à moins que je fisse erreur, je n'étais pas venu à la patinoire pour me faire des amies. L'école était pour ça. Et encore, vu ma sociabilité ce n'était pas si sûr.

Alors j'enchaînais d'un simple haussement d'épaule.

« Bougeons. On gêne là. »

Et m'en retournant, il est vrai assez maladroitement, je regagnais le trafic glacé de quelques coups de patin. Sans un regard derrière moi. Sans me soucier que celle qui avait été la cible de ma chute m'ai suivi....







@Constance Nelson

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Comme réponse à ma question si il blaguait quand à une éventuelle trace de givre sur mon nez, il pousse un bref sifflement amusé et avant que je puisse réagir, approche sa main de mon visage et d'un doigt gelé, effleure le haut de mon nez.
Incrédule, je le regarde fixement l'espace d'une seconde avant d'enchaîner sur ma question suivante, m'évertuant intérieurement à rester le plus calme possible. Brr, j'espère que je ne rougis pas, j'espère que je ne rougis pas...
Ma question était simple et limite normale, non ? Quand deux personnes se rencontrent, même brièvement, elles finissent tôt ou tard par se présenter. A quoi sert un nom si on ne le donne pas ?
Sa réponse me surprend donc, haussant puis fronçant légèrement mes sourcils.
Pas le temps de répondre qu'il hausse les épaules et dit platement « Bougeons. On gêne là. ». Esquissant un pas vers l'arrière, il recule et se retourne et de quelques coups de patins rejoint la foule de patineurs qui s'amusent à faire le tour de la patinoire.

Je reste interdite une seconde avant de me mettre moi aussi en mouvement. Trop bizarre ce garçon.
Appuyant sur mes patins un peu plus fort, j'essaie de prendre un peu de vitesse pour ne pas me faire distancer. En employant la 1ère personne du pluriel, s'attendait-il que je le suive ? Notre conversation était-elle définitivement terminée ?
Sa façon cavalière de terminer notre entrevue avait de quoi laisser quelque peu perplexe qui que ce soit.
Il est maintenant à 1 mètre de moi et je ne sais quelle attitude adopter. Ca se trouve, pour lui la conversation est terminée et il pense déjà à autre chose. M'approcher et me mettre à sa hauteur pourrait passer comme quelqu'un qui s'impose, qui s'accroche. Pas vraiment le genre d'impression que je veux laisser sur les gens. Et puis, en venant ici ce soir, je n'étais pas vraiment dans le mood de rencontrer des gens. Toutefois, son attitude était intrigante et je n'avais pas l'habitude de rencontrer des personnes se comportant ainsi. La dernière personne qui avait eu cette réaction lors de présentation était... Aelle. Oui, lors de notre première recontre, elle avait agit de la sorte, elle aussi.
Très brièvement, l'idée fugace que le garçon soit un sorcier me passe à travers l'esprit. Je ne sais pourquoi. Si, peut être du fait que j'ai pensé à Aelle l'espace d'un instant.
Oui, mais si tel était le cas, comment le vérifier ?
Le garçon m'avait fait comprendre qu'il n'avait pas forcément envie de discuter donc l'aborder de nouveau serait bizarre. Et puis, même s'il n'aurait pas été si cavalier dans sa façon d'être, s'il n'était pas sorcier, il me prendrait pour un folle de lui poser une telle question.
Alors me voilà, en plein dans mes pensées, à patiner à un mètre de lui, un peu sur le côté, entourée de tous ces gens que je ne connais pas.

Finalement, j'ai une idée qui se forge dans ma tête et j'appuie encore un peu plus sur mes patins de façon à le dépasser. Au moment où je le dépasse, je tourne ma tête vers lui, croisant son regard et m'écris :
- Par Merlin, t'es sûr que ça va ? faisant référence au fait que je le double.
Je fini ma phrase sur un léger sourire espiègle et continue ma route.
Ohlala s'il n'est pas sorcier, il va me prendre pour une folle. Et s'il est sorcier... oui peut être aussi.
A cette idée, je ricane. Je ris de moi-même et de ma réaction puérile en de pareilles circonstances, étrange ?
Pas plus étrange que lui en tout cas.

@Nowan James - 611
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:29, modifié 1 fois.

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Une aventure glissante
Il était agréable de faire partie de cette masse de patin. D'avoir l'impression que moi et tous ces étrangers patineurs, nous ne formions qu'une seule entité réunie sur le même sol : celui de la glace. Les cheveux au vent, le bout des oreilles se frigorifiant, j’enchaînais les coups de lames avec prudence privilégiant alors le produit qualitatif que quantitatif. L'idée de tomber et de faire tache sur le mouvement sphérique infini que semblait avoir abordé les sportifs de l'iceberg m'en terrifiait presque. Je ne savais alors ce qu'était devenu ma récente et provoquée rencontre. Cette fille au bonnet jaune qui était tombée de par ma maladresse, je ne l'avais revu depuis. Sûrement, s'en était-elle enfui, un souvenir bleu et de douleur marqué sur son corps. Ou peut-être marchait-elle simplement dans mes talons et dans mon talent de patineur (cynisme) ?

Je n'eus pas a hypothéser plus longtemps sur sa présence puisque la louve se montra sur ma droite, sa bouche alors guère habitée de crocs, mais d'une simple phrase. Une simple phrase qui m'en fit lâcher, bien malgré moi, une petite grimace de contrariété alors que le postérieur de la jeune fille semblait petit à petit s'éloigner. Voulait-elle donc faire la course ? Me faire passer un message avec son expression moldu qui faisait allusion à un sorcier ? Peu importe, ma fierté venait d'en prendre un coup, il me fallait la rattraper. Oui. Moi l'éternel paresseux semblait avoir décidé de me confronter à la douleur de l'effort pour nettoyer mon honneur de patineur qui avait été sali d'un simple coup de vent. Forçant sur mes patins, la lame de mes patins frappant la glace dans le rythme des tambours d'une sombre époque, je tentais de réduire la distance. Et ce fut finalement après une trentaine de secondes que j'accostai son épaule droite, le cœur battant à la chamade.

« Par la barbe d'Alb... »

boom.

Le virage était arrivé plus vite que prévu et perdu dans mon orgueil blessé et ma provocation, je ne l'avais pas vu, me contentant alors, à la manière d'un cartoon, de me prendre la balustrade de pleine face.

Décidément, je n'apprenais pas de mes erreurs alors que mon dos venait s'abattre, pour la deuxième fois de cette hivernale journée, sur le sol glacé...


@Constance Nelson

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Je pousse sur mes patins, je pousse, je pousse et prends gentiment de la vitesse. Je ne me retourne pas, je ne veux pas prendre le risque de perturber mon équilibre alors que je prends davantage de vitesse. Toutefois mes oreilles restent à l'affût.
Dans le brouhaha ambiant, avec la musique de Noël diffusée par les haut-parleurs et les claquements glissés des patins des gens m'entourant sur la vaste surface gelée, quatre mots parviennent toutefois à mes oreilles.

Je tourne mon visage vers ma droite et aperçoit le visage du rouquin. Mais je n'ai pas le temps de rétorquer quoique ce soit. Aussi vite qu'il est apparu à mes côtés, aussi vite il s'est évaporé tandis qu'un bruit sonore résonne dans mon dos.

Comprenant rapidement qu'il vient de se casser la figure - vu la disparition soudaine et le gros bruit, cela ne pouvait être que cela - je freine gentiment mais sûrement et attrape la rembarde à proximité de ma main gantée droite.
Je m'accroche fermement et me rapproche rapidement contre la rambarde blanche synthétique, mes yeux regardant en arrière. Pas besoin de chercher longtemps, les gens l'esquivent de sorte que son corps affalé au sol forme un trou dans la cohorte de patineurs amateurs.

De la buée sortant de ma bouche tandis que je l'observe une petite seconde, me demandant brièvement s'il va essayer de se relever, j'espère qu'il ne s'est pas fait mal.
C'est quand même la deuxième fois qu'il s'écrase au sol en quelques minutes.
Tenant fermement la rambarde de ma main gauche, inutile de se casser la figure bêtement, je franchis à contre-courant les quelques mètres qui nous sépare.
Il est allongé sur le dos, à quelques centimètres de la barrière.

- Hey... est ce que ça va ? Mince alors, tu t'es pas fait mal j'espère ?

Il a vraiment pas de chance ou bien il n'est pas habitué à ce genre d'activité.

- Qu'est ce qui s'est passé ? Tu t'es emmêlé les pinceaux aves tes pieds ?

Ses derniers mots me revinrent alors comme un boomerang : "Par la barbe d'Alb..."
Ça, c'est pas une expression typiquement "moldue" ni anglaise, de ce que je sache.

Voulait-il dire Albus avant de se crasher au sol tel un chiot découvrant comment utiliser ses petites pattes ? Albus... Comme Albus Dumbledore ?
Le célèbre sorcier, mage, ancien directeur de Poudlard qui a combattu le Seigneur des Ténèbres il y a de cela des dizaines d'années ?
En même temps, quelle autre personne barbue portant le nom d'Albus était aussi connue ? A moins qu'il parle d'un Albert ?

Mon esprit tourbillonnant quant à cette hypothèse, ma main gauche et ma jambe gauche contre la rambarde blanche, je tend ma main droite au rouquin.
- Tu crois que tu peux te relever ? Tiens, laisse-moi t'aider, proposais-je avec un sourire bienveillant.
Dis, t'as bien dit "Par la barbe d'Albus" on est d'accord ? Comme Albus Dumbledore ?

Voilà, j'avais posé la question. Et c'était quitte ou double. Soit c'était bien le cas et il était élève à Poudlard comme moi, soit je me trompe sur toute la ligne et il existe une expression nommant un monsieur qui s'appelle Albert - et il est non-sorcier. Etrange mais possible. Après tout, les expressions, ça peut être très personnel. Ou bien, il vient pas de Londres mais d'une petite bourgade à la campagne où des expressions étranges sont utilisées.

570 - @Nowan James
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:32, modifié 1 fois.

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