Une aventure glissante

Alors que les échos des rires de mes compatriotes résonnaient autour de moi, je fus témoin de l'irruption dans mon champ de vision d'un visage familier. La main ferme de la jeune fille, accrochée à la rambarde, révélait une certaine inquiétude pour mon sort, alors que je gisais sur la glace, mes jambes inaptes à se relever.

« Non... non... ça va »

Articule-je en grinçant des dents avant d'expliquer entre deux petites grimaces la raison de ce fracas contre la balustrade.


« Et bien... Je crois que je n'ai pas vu le mur... »

La tournure de la phrase m'arrache tout de même un maigre sourire et ceux malgré le froid de la patinoire qui me mord les mains nues. Et c'est d'ailleurs de ces dernières que je m'agrippe aux gants emplis de gentillesse de la jeune fille au bonnet jaune. Il faut dire que je dois vraiment inspirer la pitié pour que l'on m'aide aussi gracieusement, pense-je alors que mes doigts gelés rentrent au contact de ses moufles...

Après un effort surhumain de chacun des parties, c'est finalement debout que je me retrouve, mes deux mains accrochées fermement à la bande. Le souffle coupé, je lâche tout de même un vague merci presque inaudible face au bruit des patins qui crissent le sol.

« Et bah... Je ne me suis pas loupé... »

Constatais-je après avoir remonté mon pantalon à la hauteur de ma cuisse, là où se dessinait un bleu, ou plutôt un violet si j'en jugeais la couleur, de la taille d'un cognard. Papa m'avait affirmé que les pantalons moldu étaient bien plus confortable et résistant pour le patin que les robes des sorciers, et bien, je devais avouer que de sérieux doutes à ce sujet commençaient à me tarabuster l'esprit...

Mais ce débat viendrait en temps et en heure, car voilà que la bouille au trait fin venait révéler sans ménagement son identité de sorcier. Mes sourcils se levèrent de surprise et après deux coups d'œil furtif vers la droite et la gauche, je venais acquiescer d'un soupir.

« Oui... Comme Albus... »

Répétais-je en descendant les ourlets de mon pantalon pour cacher cette abominable tache mauve qui faisait office de tatouage sur ma peau. Je ne voyais pas d'utilité à lui mentir et de toute manière le faire aurait été une façon bien ingrate de la remercier de m'avoir relevé. Alors considérant comme quitte, ce qui était bien faux, je quittais la bande pour rejoindre la masse de patineurs grouillante sur la piste. Ou du moins fut-ce mon intention avant que la douleur lancinante de ma cuisse ne me rappelle à l'ordre. "Plus de patinage pour toi aujourd'hui," entendis-je résonner dans ma tête.

« Puisque c'est comme ça... »

Grommelai-je en abandonnant la patinoire pour rejoindre les sièges pour enfants disposés autour de la piste. Et faisant en glisser un aux couleurs rouge et jaune, je demandais nonchalamment à celle dont le bonnet jaune ne semblait jamais quitter la tête :

« Veux tu bien être mon cavalier ? »

Non sans une pointe d'ironie.


@Constance Nelson

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Une aventure glissante
Le garçon toujours au sol me regarde d'un air circonspect et articule que "ça va". Le genre de "ça va" qu'on prononce pour faire bonne figure.
En même temps, se casser la figure comme ça peu de temps après une autre chute... ça m'étonnerait pas qu'il repart d'ici avec quelques hématomes. Avec quelques grimaces tandis qu'il se redresse, il m'indique brièvement qu'il n'a pas vu le mur. Pas vu le mur ?!
Alors que machinalement, mon visage imitait vaguement les mêmes grimaces, empreinte d'empathie pour ce jeune gars sûrement du même âge que moi, mon expression se fige et je me retins de rire. Comment ça il a pas vu le mur ?!

Finalement il accepte ma main tendue et c'est de ces deux mains qu'il l'agrippe. Heureusement que je me tiens fermement à la balustrade !
Alors qu'il se remet péniblement sur pied, il lâche mes mains pour de lui-même s'accrocher à la barrière en PVC blanche, comme un naufragé le ferait à une bouée de sauvetage. J'entends un vague merci, enfin, je vois ses lèvres s'articuler autour de ce mot plus que je ne l'entends et je lui sourie poliment en guise de réponse.

Le ballet des patineurs amateurs continue sa course sur le pourtour de la piste glacée. Mes yeux accrochent brièvement un pull rouge passant par là avant de se reporter sur mon "compagnon".
Celui-ci avait relevé le tissu de son pantalon sur l'une de ses jambes, découvrant non pas des petits hématomes mais plutôt un sacré placard. Du genre qu'on se fait en tombant lourdement au sol. Est ce que l'étendue du bleu était due aux deux chutes consécutives ? Probablement. J'esquisse une moue embêtée à sa remarque et réponds :
- Une vraie blessure de guerre.

A ma question , qui me brûlait les lèvres, sur l'identité du "Alb" mentionné précédemment, il marque un temps d'arrêt, me considérant avec une surprise non feinte avant de jeter un regard alerte à notre environnement. Son attitude laisse deviner sans aucun doute sa réponse avant même qu'il la formule. Seuls les sorciers réagissent ainsi. Comme si les patineurs avaient des oreilles super-sonic et écoutaient notre conversation ! En même temps, vu ce qui s'est passé hier... moi aussi, je devrais redoubler de vigilance.

J'acquiesce du menton alors qu'il me répond, contente de ne pas m'être tourné en ridicule auprès d'un non-sorcier.
Je ne sais ce qu'il se passe dans sa tête, mais comme un peu plus tôt, il recommence le même manège : il repart sans un mot, s'avançant péniblement vers la mêlée.

Mais qu'est ce qu'il lui prend ? Voilà à peine quelques secondes qu'il est debout qu'il repart sans un mot - enfin, sans préambule - comme si de rien n'était. C'est une habitude chez lui de quitter une conversation comme ça ? Agacée par ce comportement, je m'avance à mon tour vers lui, prête à lui expliquer le fond de ma pensée quand, alors qu'il n'a fait que quelques "pas", il s'arrête et se tournant à moitié vers moi - j'ouvre alors la bouche pour lui indiquer que ce n'est pas très sympa de partir comme ça - il grommelle ces quelques mots : "Puisque c'est comme ça..."
Attendez, il me parle à moi là ou bien à lui-même ?

Interloquée, je le vois se rapprocher à nouveau de la rambarde et se diriger péniblement vers les sièges pour enfants - ceux-là même qu'on utilise quand on est petit, qu'on débute et qu'on a besoin de quelque chose pour maintenir notre équilibre - et saisir l'un d'entre eux avant de revenir vers moi.
Avec ce que je perçois comme une pointe d'ironie, il me demande si je veux bien être sa cavalière, enfin son cavalier.
- Alors déjà, c'est cavalière car je suis une fille, commençais-je encore agacée par son comportement puis avec un soupir - au fond de moi, il m'intriguait et la présence inhabituelle d'un compatriote de Poudlard avait le don de clairement me changer les idées et occuper mon esprit pis, j'étais embêtée pour lui d'avoir aussi mal, au point de ne plus pouvoir patiner - je continue : allez, vas-y assied-toi.

Je saisis les poignées d'un air assuré et le pousse avant qu'il ne puisse rétorquer quoique ce soit. Pour une fois, j'avais l'avantage et il ne pourrait pas se soustraire de cette situation comme il l'avait fait deux fois auparavant. J'allais pouvoir lui dire ses quatre vérités.

- Bon, déjà, faut qu'j'te dise... c'est pas très sympa de partir comme ça en plein milieu d'une conversation. Mais bon, j'imagine que j't'apprends rien. Bon, passons... Evitant un couple qui se tenait la main en patinant, je guide avec assurance le petit siège où s'est assis mon camarade. Je crois t'avoir jamais vu encore à l'école. Après, on est beaucoup d'élèves alors c'est sûr...

C'est quand même plus facile et plus fluide de patiner en se tenant à quelque chose. Plus facile aussi de discuter.
Je parle d'une voix égale, sans m'inquiéter qu'on m'entende, qu'on nous entende. Après tout, les patineurs ont autre chose à faire que d'écouter notre conversation et je prends soin de ne pas parler de magie. Je ne suis pas stupide, je sais qu'il faut faire attention. Et encore plus après hier...

- T'es en quelle année ? poursuivais-je en regardant droit devant moi, j'suis en deuxième.
Brièvement, je me demande si lui aussi. Serait-il possible qu'on soit dans la même promo et qu'on se connaisse pas ? Bah ! Après tout, c'est un garçon et je ne connais pas tout le monde, j'veux dire des autres maisons. En tout cas, c'est sûr : il n'est pas de Poufsouffle.

942 - @Nowan James
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:38, modifié 1 fois.

6ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
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Une aventure glissante
Elle avait accepté. Certes avec agacement et en me corrigeant de mon anglais, mais elle avait accepté. Parfois, il suffisait de demander sans tact à la manière d'un rustre pour obtenir ce que l'on voulait. Du moins c'était ce que j'hésitais à penser alors que mes petites fesses se reposaient sur le siège en bois et que nous partions, moi et ma cavalière sur les pistes enneigés de l'Alaska la patinoire.

Prenant de la vitesse, la dite sorcière derrière moi, je regardais avec amusement le sol de glace se dérober sous mes patins sans que je n'eus à faire le moindre effort. Car installé confortablement à la manière d'un roi dans son calèche, il s'avérait que la jeune fille était bien plus rapide que moi sur mes patins. Avec la prime d'être prudente pensais-je lorsqu'elle dépassa un couple tout en me faisant part de son ressenti vis à vis de mon attitude précédente.

La tête penchée vers l'arrière histoire que je puisse la regarder de face (où plutôt à l'envers), je préférais garder silence. Que dire en même temps lorsqu'une fille, vous traitez d'impoli ? Lui rétorquer que je n'étais qu'un garçon associable, qui avant cette année n'avait jamais pris le temps de discuter avec le moindre enfant autre que sa sœur ? Qu'aussi inintéressant qu'un escargot dans sa coquille, il valait mieux faire la discussion avec un mur ? Non. Il valait mieux valait se taire et changer de ce sujet.

Ce fut justement ce que je fis lorsqu'elle s’intéressa à mon âge et qu'elle se présenta comme étant en deuxième année.

« Je suis en première année... »

Et il se pourrait bien que l'année prochaine aussi pensais-je en lâchant un petit soupir. Si je ne mettais pas un peu du mien pour avoir des résultats corrects nul doute que le redoublement n'allait pas tarder à venir. À ce sujet, je n'osais même pas imaginer la réaction de maman. Non, mieux valait ne pas imaginer. Après tout, c'était les vacances.

Alors, tandis qu'une de ces musiques moldu résonnait dans l’enclos de glace, je détournais légèrement le sujet sur ma cavalière.

« Au fait... T'es parents, ils sont moldu hein ? »


@Constance Nelson

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Une aventure glissante
Pas besoin d'être en face de lui pour deviner son air ravi alors que je le pousse sur son petit fauteuil-de-bois-pour-enfant. Bien malgré moi, un mince sourire effleure mes lèvres après avoir vu du coin de l'oeil sa tête renversée en arrière pour mieux me voir. Enfin, mieux me voir je n'sais pas, vu qu'il me voit à l'envers, mais me voir tout-court quoi.

Il m'indique qu'il est en première année, ce qui explique pourquoi j'ai eu cette sensation de ne l'avoir jamais vu. Le petit rouquin venait de faire ses premiers pas au château il y a quelques mois à peine.
Cela me fait immédiatement penser à moi l'an dernier. J'étais à sa place et parcourue de différentes émotions face à cette arrivée : de l'excitation, de l'émerveillement, de l'inquiétude aussi, un sentiment de manque par rapport à mes proches... j'évoluais aussi dans des circonstances bien différentes de maintenant, pensais-je en visualisant furtivement certains souvenirs désagréables.

Je chasse ceux-ci d'un mouvement bref et discret de la tête et reporte mon attention sur mon camarade-blessé-de-guerre. Je ne vois plus que sa touffe de cheveux roux et je pense au fait qu'il ne porte pas de bonnet. Tiens, il a pas froid comme ça ? m'interrogeais-je promptement.
Pas le temps de formuler à haute voix cette interrogation : le jeune garçon brise le léger et court silence qui s'est posé entre nous sans que je ne m'en aperçoive, dans mes pensées, en me posant une question qu'il n'est clairement pas le premier à poser mais dont le mot est censé être proscrit en public parmi les "moldus" comme il dit. Quoi, faut qu'j'lui explique que s'il continue sur cette pente, la brigade des brise-mémoire devra passer oublietter tous les patineurs présents ?

Assez alerte du fait de la tournure de sa phrase, je réponds du tac au tac :
- Ouais et les tiens non, j'me trompe ? Je me retiens de lui faire la leçon. Sûrement que personne autour de nous n'a entendu ou fait attention. Par contre si à l'avenir, il recommence, je lui toucherais deux mots.

Puis mon esprit me rappelle combien cette question soulève un sujet majeur dans la communauté sorcière ; je secoue la tête alors pour chasser cette pensée. Un sujet qui est sur toute les lèvres, d'ailleurs, à l'école ; bien qu'on en parle pas littéralement tout le temps. La comparaison moldu/sorcier revient assez naturellement. Bon, d'accord, c'est naturel que les gens comparent les deux communautés qui coexistent depuis sûrement des millénaires ; elles ont une histoire commune. Mais, là où ça pose un problème, ce sont les sorciers qui croient à toute cette histoire de suprématie du sang. Pff... comme si le sang qui coule dans nos veines peut être plus propre ou plus sale selon la personne et sa famille. Quelle idiotie, quelle absurdité ! Et malheureusement, les personnes qui sont plus ou moins d'accord avec ça se font de plus en plus. Un peu comme une épidémie moyennement contagieuse.

Mais bon, pourquoi est ce que je pense à ça, moi ?
Après tout, il m'a juste demandé si Papa et Maman étaient moldus, point.
J'me demande la tête qu'il ferait si je lui apprenait que j'ai une tante sorcière ? Mais bon, pourquoi amener ça sur le tapis alors que j'en sais si peu ?

Je me rends compte que je suis à nouveau dans mes pensées et me racle la gorge, embarrassée.
Poussant toujours le petit fauteuil de bois, alors que mes pensées fusaient, ma vitesse, elle, s'amenuisait.
Alors que je réappuie un peu plus sur mes patins, je décide de reprendre la conversation avec mon camarade.
- Au fait, tu m'as pas vraiment répondu t'à l'heure... commençais-je en baissant les yeux rapidement, essayant par là de croiser son regard au cas où il renverse sa tête de nouveau. Tu t'appelles comment ?

643- @Nowan James, merci pour la musique ;)
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:43, modifié 1 fois.

6ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
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Une aventure glissante
J'avais visé juste. Ses parents étaient moldus. Cela s'était vu de par l'allure de son paternelle, si à l'aise dans des vêtements non-sorcier contrairement aux miens dont le simple fait de porter un de ces "jeans" leur donnait une démarche de pingouin. La tête toujours penchée en arrière, je remarquais alors son air pensif. Ce put-il que ce fut-ce ma question qui l'eut mis dans cet état ? Sûrement se demandait-elle la raison de mon interrogation. Ou peut-être avait elle en tête la monté au pouvoir de par les sangs purs ?

Redressant la tête, de peur d'en attraper un torticolis, je répondis machinalement.

« Dans le mille. »

Lentement, mes pensées se tournèrent vers les conflits entre moldu et sorcier qui faisait rage voilà depuis quelques années. Papa et maman m'avaient bien privé de ces nouvelles en jugeant que j'étais trop jeune, mais Eddie qui avait des parents plus laxistes ou plutôt devrais-je dire plus tolérant, c'était fait joie de me relater les événements. Cela était question de sang, de retour de bâton, bref un bourbier que je m'étais alors contenté d'esquiver d'un soupir. Mais maintenant, assis sur mon petit cheval de bois, en compagnie d'une sorcière né de parents moldu, voilà que les questions ne cessaient de me traverser l'esprit.

Renversant ma tête une nouvelle fois, mes noisettes se croisant avec les siens, décidé à donner réponse à toutes mes interrogations, je fus interrompu par une des siennes. Elle voulait connaître mon nom.

« Nowan.... Et toi ? »

En temps normal, la phrase se serait arrêtée sur mon prénom, car je n'en avais nul faire de connaître le sien. Mais malheureusement, les circonstances et sa récente remarque vis à vis de mon impolitesse m'en forçaient presque à lui en retourner la question.

Alors les patins sur la glace, me déplaçant sans que je n'eus à en faire le moindre effort, j'attendis sagement qu'elle me réponde avant d'enfin reprendre, pensif.

« Dis... Constance ? Tes parents ils t'acceptent comme tu es ? »

Je marquais une pause d'un regard fuyant sur le sol gelé, avant de donner plus d'explications :

« Je veux dire... Ça ne les dérange pas que tu sois une sorcière ? »


@Constance Nelson

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Une aventure glissante
Je ne m'étais pas trompée. Ses parents étaient bien sorciers. A cette réponse, j'aurais pu avoir un petit sourire satisfait mais mes pensées bien trop accaparée par cette histoire de comparaison, de sang-purs etc... Aucun sourire ne vint donc sur mes lèvres avant qu'il ne me donne son prénom. Ah ! J'avais réussi ! J'avais obtenu son prénom !
Oui, petite victoire personnelle mais victoire quand même, non ?

- Constance, répondis-je en esquivant un gamin sur un siège comme mon camarade qui se faisait pousser par un autre enfant du même âge, avec des moufles rouge pétant coquelicot.

La question de Nowan eut l'effet d'un claquement de doigts imaginaire devant mes yeux : je me retrouve surprise par une telle demande, que je trouvais incongrue - pourquoi diable ils ne m'accepteraient pas comme je suis ? Par réflexe, je tourne les yeux à droite à gauche pour vérifier que personne n'écoute tandis que nous filons sur la glace.

- Bah... oui ! Oui bien sûr, pourquoi tu...

Ah. C'était donc cela. Encore cette histoire de rivalité sorcier/non-sorcier ? Ou bien, il s'inquiétait vraiment de comment la nouvelle était passé lors de cette sacrée découverte l'an dernier ?

- Je... oui, 'fin... j'avoue que ça a été une sacrée surprise, commençais-je en baissant la voix en me remémorant d'un coup les expressions de mes parents ce matin-là.
Le visage marquant l'incompréhension de mon père. Celui choqué, qui se métamorphosait - du fait de sûrement beaucoup d'émotions intérieurement -, de ma mère.
- Mais... ils se sont montré quand même vachement... coopératifs. continuais-je sans parler trop fort.

Oui, c'est le mot, pensais-je en pensant alors à la révélation de ma mère, et la résilience de mon père. Ils m'aimaient tellement, tout comme je les aimais. Bien que le sujet de Judith était un peu tabou, avec Maman notamment, tout était allé très vite. Et bien qu'au début, tout était nouveau, pour eux - enfin surtout Papa - comme pour moi, jamais ils ne m'ont montré de marque de rejet ou de dégoût ou de peur. Oui, mon amour pour mes parents n'en a été que renforcé même si ma relation avec Maman a tout de même un peu changé.

- Pourquoi tu m'demandes ça ? m'enquérais-je immédiatement. C'est vrai ça, c'est une drôle de question, continuais-je de penser à voix haute. T'es v'nu avec tes parents ? réalisais-je soudain en levant les yeux instinctivement, regardant autour de nous.

407 - @Nowan James
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:46, modifié 1 fois.

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Ma tête s'incline nonchalamment en arrière, tandis que j'observe avec acuité les réactions de la jeune demoiselle appartenant aux jaunes. Je discerne aisément une expression de stupéfaction se dessiner sur son visage avant que la signification profonde de ma question ne s'immisce dans son esprit. Et intrigué que je suis, je m'abandonne à une écoute attentive de sa réponse, avant de redresser pensivement la tête et de laisser mon regard se perdre sur la glace.

" Coopératif ".

Il semblait que les gens de la famille de la dénommer Constance était bien plus tolérant en matière de sorcier que ceux qui dirigeaient tout ce petit peuple. J'étais en droit de me demander maintenant, comment aurait réagi mes parents si j'avais été moldu ? M'auraient-ils laissé partir dans une de leurs écoles ?

C'était une question qui malgré mes hypothèses traversait mon esprit à la manière de cette petite chaise dans la patinoire. Il faudrait que je leur demande en rentrant.

- Je... Je ne sais pas. Je demande c'est tout.

Lui répondais-je d'un haussement d'épaule alors qu'elle s'enquiquinait à connaître la raison de mon interrogation. Je n'étais pas le genre d'enfant à partager mes pensées avec la première inconnue après tout... De toute manière, levant les yeux et tournant la tête de la manière d'un phare, elle était déjà passée à autre chose : mes parents.

- Non, ils m'ont juste déposé avant d'aller voir des amis. Mais à moins qu'il ne m'ait abandonné, ils viendront me chercher.

Dans combien de temps ? C'était la question. Maman m'avait bien filé un de ses billets moldu violet pour prendre un en cas au café-restaurant de la patinoire, mais tout comme elle, je n'avais aucune idée quant à sa valeur.

Le bambin aux moufles rouge pétant coquelicot passa alors à côté de nous en trombe, poussant son camarade qui assit sur son trône de bois nous adressa un petit clin d’œil empli de défis.

- Constance ? Tu sais ce qu'il nous reste à faire ?

Lui demandais-je, la tête se penchant une nouvelle fois en sa direction, un sourire revanchard sur la face.


@Constance Nelson désolé pour cette réponse tardive, j'avais un début de semaine chargé.

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Comme il l'avait fait les fois précédentes depuis le début de notre conversation, Nowan avait renversé la tête en arrière pour me regarder quand je lui réponds.
Mon interrogation quant à la raison de son questionnement semble l'alerter et je perçois de l'embarras alors qu'il redresse la tête droite tout en me répondant.
Ne sait-il vraiment pas pourquoi il m'a posé cette question ou bien préfère-t-il me cacher la raison ? Je ne sais pourquoi mais je tends vers la deuxième hypothèse et serre mes lèvres.

Le jeune rouquin me réponds alors qu'il est venu seul, que ses parents l'ont juste déposé.
Ca, c'est bizarre ! Quoi, ses parents trouvaient ça vraiment normal de laisser leur enfant de 11 ans seul le soir dans un lieu remplis de gens qu'ils ne connaissaient pas ?
Je sais que Papa et Maman me laisseraient jamais faire ça et pis moi, je n'en voyais pas vraiment l'intérêt. Avec Michael et Johann, oui avec plaisir, mais seule, non. Et pourtant j'aime patiner mais bon... c'est une activité à faire à plusieurs, non ?
Ces parents sorciers ne se mêlent donc pas tant que ça à la communauté non-magique - pour ne pas se rendre compte de l'étrangeté de la situation et du côté "dangereux" pour leur fils. Ca doit être étrange et... compliqué de vivre en marge de la société de cette manière.

- Ah bon ? formulais-je, surprise.
Avant même que Nowan n'ai le temps de me répondre, le gamin de tout à l'heure, celui aux moufles rouges, nous dépasse en trombe. A ce rythme-là, il va se casser la figure, malgré qu'il se tienne fermement aux poignées du siège. Son ami, assis là, semblait aux anges car il commençait à s'écrier de joie "Plus vite, plus vite, plus vite !!"

Au moment où il nous dépasse, celui assit se retourne et nous lance un regard plein de défi.
Apparemment, je ne suis pas la seule à l'avoir perçu comme ça car mon compagnon de patinage renverse de nouveau la tête en arrière, plantant son regard dans le mien. Un air bizarre - il a quand même la tête en arrière là ! - sur la figure, il m'invite, en gros, à accepter le défi.
Alors que le couple de gamins continue sa route, je me prends à peser le pour et le contre. Est ce que j'ai pas passer l'âge pour ce genre de gaminerie ?!

Mais le regard insistant de Nowan fait pencher la balance du côté du "Bon, allez, rien que cette fois !". Je ne sais pas pourquoi, mais cette rencontre a le mérite de me changer les idées au point de faire ressortir une version de moi d'avant. D'avant hier soir.

- Bon... okay, mais... tu d'vrais accrocher ta ceinture parc'que... je commence déjà à appuyer sur mes patins un peu plus fort, mon regard vrillé sur le dos du garçon quelques mètres - déjà ! - plus loin. J'ai jamais réellement passé mon permis ! terminais-je en souriant, avançant légèrement les épaules, prenant clairement de la vitesse.

510- désolée pour le retard :/
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:49, modifié 1 fois.

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Ça y est la course commençait, nous prenions de la vitesse. Moi le pilote, elle le balai. Elle m'avait conseillé de mettre ma ceinture avant de partir sur les chapeaux de roues, mais je n'avais pas trop compris sur le moment en quoi un cela pourrait bien m'aider dans la course effrénée que nous allions entreprendre... Sûrement était-ce une énième expression moldu dont j'ignorais la signification.

De toute manière, peu importe, j'avais d'autres priorités comme rattraper ce petit garnement aux gants rouges. Constance était bonne patineuse, je ne doutais pas un instant d'une éventuelle défaite et zigzaguant les obstacles humains , voilà que je me mis à sourire. Qu'il était drôle de faire la course sans avoir à produire le moindre effort !

- Youpi !

Ne pus-je me retenir de crier alors le vent frais de la patinoire me frapper les pommettes. Mes émotions avaient transcendé malgré moi mon visage de marbre et dans un mouvement euphoriques de petit bambin, je levais les bras en l'air. Je me sentais vivre. Libéré de la paresse. Enfermé dorénavant dans la gaieté : celle de traverser l'iceberg et de voir le postérieur de notre cible se rapprocher de nous !

- On y est presque !

M'écriais-je lorsque notre bolide fut à la hauteur de leur cavalier, qui après avoir nous jeté un coup d’œil avait accéléré de plus belle. Mais c'était sans compter sur la performance de Constance qui le doubla de quelques coups de patins. J'adressai un petit clin d'œil arrogant à son passager avant que son véhicule ne se range sur le côté, trop fatigué pour compétitionner avec le moteur au bonnet jaune derrière moi.

- Tu es trop forte, Constance. disais-je en me retournant vers elle, le pouce levé. Tiens arrête toi.

La main fouillant dans la poche de mon pantalon, je ressortis après quelques secondes d'intense recherche (les vêtements moldu avaient tellement de trous ma fois), le billet froissé que maman m'avait si gentiment légué avant de m'abandonner sur l'iceberg. Le tenant dans mes deux mains comme si ce simple papier s'était transformé en lingot d'or, je le tendai à la fille, dont la respiration haletante témoignait de l'effort précédent.

- Voilà ton prix !


@Constance Nelson

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Je ne sais pas si j'ai déjà patiner aussi vite. L'air est frais sur mes joues tandis que je pousse sur mes patins, évitant autant que je peux les patineurs autour de nous. Sans que je ne me rende compte, un sourire téméraire se dessine sur mes lèvres, renforcé par le cri de joie de mon partenaire assis là. C'est vrai que ça doit être un sacré manège pour lui, assis et poussé à toute vitesse.

Alors que nous rapprochons de la paire de gamins de tout à l'heure, Nowan semble sur le point de s'envoler tellement on peut percevoir dans sa joie l'excitation du jeu. Il m'encourage et je tâche de ne pas faiblir.
C'est comme si patiner était si facile ! Bon, soyons honnête, je n'aurais pas mes mains fermement clanchées sur les poignées de ce mini-traîneau, je n'arriverais pas à aller aussi vite. Mais il faut tout de même avouer que c'est... fun.

Je perçois du coin de l'oeil, plus que je ne les vois réellement, nos concurrents qui passent d'à côté de nous à derrière nous tandis que je fixe un point au loin, déterminée à ne pas faiblir dans mes coups de patins dans la glace.
Oh... on les a dépassé, n'est ce pas ?
Je crois que oui car Nowan se tourne à moitié vers moi en levant un pouce en l'air, me complimentant et me demandant de m'arrêter.
Hein ? Quoi, maintenant là ?
Avisant un espace vide près de la rambarde, je freine en mettant mes pieds en chasse neige puis en appuyant davantage sur mon patin droit. Nous nous arrêtons enfin et je perçois les battements de mon coeur en rythme avec ma respiration un peu saccadée, de la buée s'échappant de ma bouche comme de la fumée sortant par à coup d'un pot d'échappement.

Je baisse les yeux vers Nowan et le voit se faire les poches. Quoi, il cherche un mouchoir ? Oui, ça se trouve, il a juste besoin de se moucher.
Tournant la tête machinalement, je cherche du regard ceux que nous avons dépassé. Ils sont quelques mètres plus loin, eux aussi arrêtés. Quoi, déjà fatigués ?
Prenant une grande inspiration par le nez puis expirant sèchement, je tâche de retrouver un semblant de normalité. Tout de même, je suis ravie au fond de moi d'avoir gagné cette course aussi éphémère que spontanée.
Je lâche les poignées du siège glissable et me place à côté de Nowan. Il l'a trouvé son mouchoir ?

Le voilà qu'il me tend des deux mains un billet comme s'il s'agissait d'un trésor.
Quoi... il me... paye ? Incrédule, je regarde le billet tendu puis son visage puis le billet.

- Euh Nowan... range ça, j'éclate d'un léger rire stupéfait en zieutant autour de nous, embarrassée. Range ça, j'te dis. Pourquoi tu veux me payer ? C'était une sorte de... jeu ? D'accord, c'était amusant mais...

Un bref rire monte de ma poitrine tandis que je le regarde, abasourdie.
Passant une main sur mon bonnet pour bien checker qu'il est en place, je lui coule un regard intrigué.
- Mais c'est gentil hein. J'veux dire, l'intention mais ... un simple merci suffit, okay ?

Ce gamin a des manières vraiment étranges, dis donc.
Une fois que je suis assurée qu'il a bien rangé son billet, je lui demande d'un air "comme si de rien n'était" :
- Ca va mieux ta jambe ? Tu as encore mal ?

- Constance ! Constance ?
Je tourne la tête vers la voix prononçant mon prénom. Mes parents s'approchent côte côte de nous, un air intrigué sur leurs visages.
- Ah, hey ! les saluais-je avec un léger embarras. Nowan, je te présente mes parents, fis-je avec un sourire poli tandis qu'ils s'arrêtent près de nous. Papa, Maman, voici Nowan. On s'est rencontré y'a quelques minutes et... (regard furtif vers Nowan, toujours assis dans son fauteuil "pour petits") Et on s'est rendu compte que lui aussi venait de... vous savez, expliquais-je en baissant le ton.
- Oh, commença Papa en nous regardant tour à tour, je vois. Sacrée coïncidence ! Bonjour, Nowan.
Maman sourit et salue à son tour mon compagnon de glisse avec un sourire.
Ils doivent se poser trente six questions. Comment déjà on s'est rendus compte qu'on venait de la même école ? Et pourquoi il était assis dans un siège pour enfant ? En tout cas, ils semblent ravis de me trouver en compagnie de quelqu'un d'autre et avec un air non renfrogné.

Je fuis leurs regards et tourne le mien vers Nowan, afin de voir sa réaction. Qu'est-il en train de penser, là maintenant face à des non-magiques ? - enfin, lui, il doit les appeler moldus...

787 - @Nowan James
Dernière modification par Constance Nelson le 8 mai 2023, 20:53, modifié 1 fois.

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