Un retour aux origines
Mardi 24 décembre 2047, 15h04
Aujourd’hui était un jour que je n’oublierai jamais, c’est le jour où je suis venue pour la première fois à Dakar, au Sénégal, le pays d’origine de mes grands-parents paternels. Je n’oublierai pas non plus, comment mes parents me l’ont annoncé.
C’était hier le lundi 23 décembre, après quelques heures de voyage à bord du Poudlard Express, j’étais enfin arrivée à Kingcross où mes parents, rayonnants, m’attendaient sur le quai. Je voyais bien qu’ils étaient plus excités que d’habitude, mais ils ont attendu d’être arrivés à la maison pour m’annoncer qu’on passerait les vacances de Noël à Dakar avec ma famille. Je ne savais pas comment réagir, à la fois j’étais excitée, car j’allais découvrir un nouveau monde et de nouvelles traditions que je ne connaissais pas. Mais d’un autre côté, j’aurai voulu passer Noël ici, en Angleterre, avec la neige et toutes les décorations illuminant la rue. Je sais que j’ai été égoïste, surtout que mes parents avaient dû faire des sacrifices pour louer un portoloin de la Compagnie des portoloins.
Mais je fis en sorte de ne pas montrer ma déception et de sourire pour faire plaisir à mes parents et à mes grands-parents paternels qui partaient avec moi. Tout le monde était content, mes habits d’été étaient déjà rangés et pliés avec soin, grâce à ma mère, dans une malle. Toute la famille était prête à partir dès le lendemain et c'est ce que nous fîmes.
Le lendemain, après moult remontrances de mon grand-père à cause de ma panne de réveil, nous étions tous rassemblés autour d’une vieille caisse en bois qui semblait tout bonnement bonne pour la décharge. Au signal de mon père, nous avons mis notre main dessus et j’eus la désagréable sensation d’avoir un crochet me saisissant au niveau du nombril, avant d’être aspiré dans un tourbillon de couleur. Autour de moi, les couleurs se mélangeaient, me donnant des nausées, mes cheveux tourbillonnaient dans tous les sens et je regrettai sincèrement de ne pas avoir écouté ma mère quand elle m’a dit de natter mes cheveux. Au moment, où je pensais que j’allais vraiment vomir, mon père dit d’une forte :
« Anabelle, lâche le portoloin, maintenant ! »
Paniquée je refusai de lâcher la caisse en bois, mais je dus m’y résoudre quand mon père, énervé, cria :
« Maintenant ! »
Ainsi, ma main lâcha le portoloin, mon cœur s’emballa violemment face à la sensation de tomber dans le vide. J’étais persuadée que j’allais mourir, mais je finis plutôt par terre, sur le dos, avec un léger mal de tête. Ma mère m’aida à me relever et il me fallut quelques minutes pour retrouver mes esprits.
Lorsque la terre arrêta de tourner et que mes vertiges se calmèrent, je me rendis compte que nous étions dans une petite ruelle et que ma mère passait sa main sur mes habits pour enlever la poussière, car apparemment j’étais la seule à être tombée de manière disgracieuse. Plus loin, mon père parlait avec un homme noir âgé qui fit d’un coup de baguette disparaître la caisse en bois et nous dûmes avancer.
Lorsque nous quittions la ruelle, je fus agressé par le bruit. Des gens parlaient en wolof dans la rue, des sortes de grosse boîte jaune faisaient un bruit assourdissant et les gens s’écartaient pour leur laisser le passage. Il y avait aussi des personnes roulant sur un engin à deux roues et se faufilant entre les piétons sans que personne ne semble trouver cela dangereux. Il y avait également beaucoup de fumée et de sable, ce qui me fit tousser et couler mes yeux. Il y avait aussi les odeurs, la plus forte était celle du poisson que des dames habillées de tenues traditionnelles vendaient aux passants. Il y avait aussi des épices, des objets comme des sacs, des bijoux et pleins d’autres choses.
Je regardai émerveillée et voulue m’approcher, mais ma grand-mère me saisit la main et tira pour que je suive le reste du groupe qui se dirigeait vers une petite maison carrée, en bois, qui était délabrée. Tout le monde passait devant elle, sans la voir, nous rentions dedans et plus aucun bruit, ni fumée, ni odeur, ne nous parvient. La maison était vide, il n’y avait rien, à l’exception d’une porte en bois que mon grand-père poussa.
Dès que je passai la porte, un nouveau monde s’ouvrit à moi. De nombreuses personnes étaient habillées en tenues traditionnelles, mais ce n’étaient pas les mêmes que celles que j’avais vues précédemment. Ici, ils étaient tous beaux et élégants. Il y avait notamment une femme habillée tout en blanc, sa robe était drapée sur une épaule, laissant l’autre nue et sur son visage, elle avait trois points blancs se terminant par une longue ligne blanche qui traversait son nez pour se terminer sur son menton. Et elle portait un gros collier de perles en bois et ses cheveux étaient coiffés d’un voile blanc. Elle était magnifique et me fis un sourire, avant de faire voler vers moi un petit bracelet de grosses perles en bois. Ce qui me marqua la plus, c’est qu’elle n’utilisait pas de baguette, uniquement sa main. Ainsi, après avoir enfilé le bracelet sur mon bras droit, je tirai la main de ma grand-mère pour attirer son attention :
« Mamie, tu as vu ça ! Elle a fait de la magie sans baguette !
- Oui, tu sais en Afrique, on utilise beaucoup la magie sans baguette, alors qu’en Occident c’est le contraire.
- Moi aussi je veux apprendre !
- Bien sûr que tu vas pouvoir apprendre, mais tu ne pourras lancer que des petits sorts et encore ! »
Déçue de sa réponse, je décidai de reporter mon attention sur la rue. Il y avait de la musique jouée par des musiciens avec des instruments que je ne connaissais pas pour la plupart. Des oiseaux colorés qui voletaient par-dessus les passants, des objets qui volaient dans la rue qui n’avaient apparemment pas de propriétaires, des marchands qui négociant à même la rue, ils semblaient jouer à celui qui criait le plus fort…
« Mu ngi fi * Abdoulaye ! »
Un homme grand sourire, au visage rayonnant et sympathique, se dirigea vers mon grand-père, les bras grands ouverts.
* Ça va.
C’était hier le lundi 23 décembre, après quelques heures de voyage à bord du Poudlard Express, j’étais enfin arrivée à Kingcross où mes parents, rayonnants, m’attendaient sur le quai. Je voyais bien qu’ils étaient plus excités que d’habitude, mais ils ont attendu d’être arrivés à la maison pour m’annoncer qu’on passerait les vacances de Noël à Dakar avec ma famille. Je ne savais pas comment réagir, à la fois j’étais excitée, car j’allais découvrir un nouveau monde et de nouvelles traditions que je ne connaissais pas. Mais d’un autre côté, j’aurai voulu passer Noël ici, en Angleterre, avec la neige et toutes les décorations illuminant la rue. Je sais que j’ai été égoïste, surtout que mes parents avaient dû faire des sacrifices pour louer un portoloin de la Compagnie des portoloins.
Mais je fis en sorte de ne pas montrer ma déception et de sourire pour faire plaisir à mes parents et à mes grands-parents paternels qui partaient avec moi. Tout le monde était content, mes habits d’été étaient déjà rangés et pliés avec soin, grâce à ma mère, dans une malle. Toute la famille était prête à partir dès le lendemain et c'est ce que nous fîmes.
Le lendemain, après moult remontrances de mon grand-père à cause de ma panne de réveil, nous étions tous rassemblés autour d’une vieille caisse en bois qui semblait tout bonnement bonne pour la décharge. Au signal de mon père, nous avons mis notre main dessus et j’eus la désagréable sensation d’avoir un crochet me saisissant au niveau du nombril, avant d’être aspiré dans un tourbillon de couleur. Autour de moi, les couleurs se mélangeaient, me donnant des nausées, mes cheveux tourbillonnaient dans tous les sens et je regrettai sincèrement de ne pas avoir écouté ma mère quand elle m’a dit de natter mes cheveux. Au moment, où je pensais que j’allais vraiment vomir, mon père dit d’une forte :
« Anabelle, lâche le portoloin, maintenant ! »
Paniquée je refusai de lâcher la caisse en bois, mais je dus m’y résoudre quand mon père, énervé, cria :
« Maintenant ! »
Ainsi, ma main lâcha le portoloin, mon cœur s’emballa violemment face à la sensation de tomber dans le vide. J’étais persuadée que j’allais mourir, mais je finis plutôt par terre, sur le dos, avec un léger mal de tête. Ma mère m’aida à me relever et il me fallut quelques minutes pour retrouver mes esprits.
Lorsque la terre arrêta de tourner et que mes vertiges se calmèrent, je me rendis compte que nous étions dans une petite ruelle et que ma mère passait sa main sur mes habits pour enlever la poussière, car apparemment j’étais la seule à être tombée de manière disgracieuse. Plus loin, mon père parlait avec un homme noir âgé qui fit d’un coup de baguette disparaître la caisse en bois et nous dûmes avancer.
Lorsque nous quittions la ruelle, je fus agressé par le bruit. Des gens parlaient en wolof dans la rue, des sortes de grosse boîte jaune faisaient un bruit assourdissant et les gens s’écartaient pour leur laisser le passage. Il y avait aussi des personnes roulant sur un engin à deux roues et se faufilant entre les piétons sans que personne ne semble trouver cela dangereux. Il y avait également beaucoup de fumée et de sable, ce qui me fit tousser et couler mes yeux. Il y avait aussi les odeurs, la plus forte était celle du poisson que des dames habillées de tenues traditionnelles vendaient aux passants. Il y avait aussi des épices, des objets comme des sacs, des bijoux et pleins d’autres choses.
Je regardai émerveillée et voulue m’approcher, mais ma grand-mère me saisit la main et tira pour que je suive le reste du groupe qui se dirigeait vers une petite maison carrée, en bois, qui était délabrée. Tout le monde passait devant elle, sans la voir, nous rentions dedans et plus aucun bruit, ni fumée, ni odeur, ne nous parvient. La maison était vide, il n’y avait rien, à l’exception d’une porte en bois que mon grand-père poussa.
Dès que je passai la porte, un nouveau monde s’ouvrit à moi. De nombreuses personnes étaient habillées en tenues traditionnelles, mais ce n’étaient pas les mêmes que celles que j’avais vues précédemment. Ici, ils étaient tous beaux et élégants. Il y avait notamment une femme habillée tout en blanc, sa robe était drapée sur une épaule, laissant l’autre nue et sur son visage, elle avait trois points blancs se terminant par une longue ligne blanche qui traversait son nez pour se terminer sur son menton. Et elle portait un gros collier de perles en bois et ses cheveux étaient coiffés d’un voile blanc. Elle était magnifique et me fis un sourire, avant de faire voler vers moi un petit bracelet de grosses perles en bois. Ce qui me marqua la plus, c’est qu’elle n’utilisait pas de baguette, uniquement sa main. Ainsi, après avoir enfilé le bracelet sur mon bras droit, je tirai la main de ma grand-mère pour attirer son attention :
« Mamie, tu as vu ça ! Elle a fait de la magie sans baguette !
- Oui, tu sais en Afrique, on utilise beaucoup la magie sans baguette, alors qu’en Occident c’est le contraire.
- Moi aussi je veux apprendre !
- Bien sûr que tu vas pouvoir apprendre, mais tu ne pourras lancer que des petits sorts et encore ! »
Déçue de sa réponse, je décidai de reporter mon attention sur la rue. Il y avait de la musique jouée par des musiciens avec des instruments que je ne connaissais pas pour la plupart. Des oiseaux colorés qui voletaient par-dessus les passants, des objets qui volaient dans la rue qui n’avaient apparemment pas de propriétaires, des marchands qui négociant à même la rue, ils semblaient jouer à celui qui criait le plus fort…
« Mu ngi fi * Abdoulaye ! »
Un homme grand sourire, au visage rayonnant et sympathique, se dirigea vers mon grand-père, les bras grands ouverts.
* Ça va.
Dernière modification par Anabelle Willard le 5 févr. 2023, 22:48, modifié 1 fois.
2ème année RP
#977402
#977402
Un retour aux origines
L’homme serra mon grand-père dans ses bras, et ce dernier lui retourna son étreinte. Ils semblaient sincèrement heureux de se revoir. Je ne pouvais entendre leurs paroles, mais leurs sourires me disaient à quel point, ils étaient heureux d’être ici. Puis, ma grand-mère, mon père et ma mère vinrent le saluer à leur tour, il les accueillit tout aussi chaleureusement. Alors, face à ces étreintes chaleureuses, je souris aussi et c’est à ce moment-là qu’il tourna vers moi avec ses longues dreadlocks blanches qui encadraient son beau visage. Il me fit un large sourire d’une blancheur éclatante, et je lui souris aussi.
« kii kan la rafet xale ? * »
Je compris qu’il s’adressait à moi, alors je lui répondis dans un wolof maladroit :
« Maa ngi sant Anabelle.
- Comme on dit ici, ta langue est bien lourde quand tu parles le Wolof, mais l’effort est apprécié. » dit-il en mettant une main sur son cœur et un bref signe de la tête. Je ne compris pas ce geste, mais je l’imitai, pensant que c’était un signe de politesse, ce qui le fit rire. Avant de se baisser pour me prendre dans ses bras. Bien que je sois légèrement choquée, je retournai timidement le geste.
« Eh bien ! Comment vous avez éduqué cette enfant, pour qu’elle soit si timide !
- Elle n’est pas si timide que ça, reste en sa présence 10 minutes et elle ne pourra pas arrêter de parler.
- Abdoulaye, ne soit pas si franc, ment un peu pour mettre l’enfant en valeur. » répondit ma grand-mère, ce qui semblait amuser tout le monde sauf moi qui fis une moue de désapprobation.
« Bon dépêchons-nous d’aller au village, tout le monde vous attend, allons là-bas pour transplaner. »
L’homme dont je ne connaissais toujours pas le nom, nous dirigea vers une zone reculée de tout le brouhaha et passage de la rue. Assez vite, les adultes décidèrent que mon père transplanerait avec mon grand-père, ma mère avec ma grand-mère et moi avec Moussa, qui apparemment était mon oncle, même s’il n’avait aucun lien de parenté avec mon père, c’était juste un ami de la famille. Mais, j’appris bien vite qu’ici, il faudrait que j’appelle tous les adultes « tonton » ou « tata », même s’ils n’avaient aucun lien de parenté avec moi, c’était apparemment un signe de politesse.
« Ragal Anabelle ?
- deedeet.
- Bien, tu es courageuse. »
Sur ces mots, nous transplanâmes. J’avais l’habitude de transplaner, mais je dois dire que je n’arrivais pas à me faire à la sensation de l’arrivée qui chamboulait mon estomac.
Je fus surprise de voir que nous n’arrivions pas directement dans le village. On avait atterri près d’une assez haute muraille de bois, dont les portes étaient gardées par des femmes. Mais, ce n’était pas n’importe quel type de femme, c’était des guerrières. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit quand je vis ces femmes habillés d’un haut court, bleu aux rayures violettes, et un short bleu. Elles étaient musclées, mais pas d’une façon exagérée et semblaient franchement intimidantes, avec leur regard poser sur nous, qui ne cillaient pas. Je sentis la main de ma mère dans mon dos m’incitant à aller de l’avant. Mais, je n’avais franchement pas envie de me rapprocher quand je voyais la corde enroulée, posée sur leur hanche gauche et leur lance dans leur main droite. Enfaite, mon envie de faire demi-tour se renforça quand elles se mirent à scander en cœur :
« kii kan la rafet xale ? * »
Je compris qu’il s’adressait à moi, alors je lui répondis dans un wolof maladroit :
« Maa ngi sant Anabelle.
- Comme on dit ici, ta langue est bien lourde quand tu parles le Wolof, mais l’effort est apprécié. » dit-il en mettant une main sur son cœur et un bref signe de la tête. Je ne compris pas ce geste, mais je l’imitai, pensant que c’était un signe de politesse, ce qui le fit rire. Avant de se baisser pour me prendre dans ses bras. Bien que je sois légèrement choquée, je retournai timidement le geste.
« Eh bien ! Comment vous avez éduqué cette enfant, pour qu’elle soit si timide !
- Elle n’est pas si timide que ça, reste en sa présence 10 minutes et elle ne pourra pas arrêter de parler.
- Abdoulaye, ne soit pas si franc, ment un peu pour mettre l’enfant en valeur. » répondit ma grand-mère, ce qui semblait amuser tout le monde sauf moi qui fis une moue de désapprobation.
« Bon dépêchons-nous d’aller au village, tout le monde vous attend, allons là-bas pour transplaner. »
L’homme dont je ne connaissais toujours pas le nom, nous dirigea vers une zone reculée de tout le brouhaha et passage de la rue. Assez vite, les adultes décidèrent que mon père transplanerait avec mon grand-père, ma mère avec ma grand-mère et moi avec Moussa, qui apparemment était mon oncle, même s’il n’avait aucun lien de parenté avec mon père, c’était juste un ami de la famille. Mais, j’appris bien vite qu’ici, il faudrait que j’appelle tous les adultes « tonton » ou « tata », même s’ils n’avaient aucun lien de parenté avec moi, c’était apparemment un signe de politesse.
« Ragal Anabelle ?
- deedeet.
- Bien, tu es courageuse. »
Sur ces mots, nous transplanâmes. J’avais l’habitude de transplaner, mais je dois dire que je n’arrivais pas à me faire à la sensation de l’arrivée qui chamboulait mon estomac.
Je fus surprise de voir que nous n’arrivions pas directement dans le village. On avait atterri près d’une assez haute muraille de bois, dont les portes étaient gardées par des femmes. Mais, ce n’était pas n’importe quel type de femme, c’était des guerrières. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit quand je vis ces femmes habillés d’un haut court, bleu aux rayures violettes, et un short bleu. Elles étaient musclées, mais pas d’une façon exagérée et semblaient franchement intimidantes, avec leur regard poser sur nous, qui ne cillaient pas. Je sentis la main de ma mère dans mon dos m’incitant à aller de l’avant. Mais, je n’avais franchement pas envie de me rapprocher quand je voyais la corde enroulée, posée sur leur hanche gauche et leur lance dans leur main droite. Enfaite, mon envie de faire demi-tour se renforça quand elles se mirent à scander en cœur :
« Nékhoul ba nékhoul mais damala beugueu
Sama bountou khol yaw laako tidjil ndakh ya feugue
Sama niane tay ba souba moy gnou deukk
Guénneu nékhna lolou wayé sëy moy deugue »
Je ne compris pas tous les mots. Pourtant, j’avais l’impression, non je savais que c’était du wolof, mais je n’arrivais pas à comprendre. Ma mère qui dut sentir mon incompréhension, se pencha vers moi et chuchota à mon oreille :
« C’est du vieux wolof, elles nous souhaitent la bienvenue.
- C’est qui ?
- Personne ne connaît leur vrai nom, on sait juste que ce sont les guerrières du village qui le défendent en cas d’attaque. Maintenant avance ! »
Mécontente de ce peu d’explication, mais sachant que je n’obtiendrais rien de plus qu’un coup sur la tête si je désobéissais, je finis par avancer avec réticence et suivis le reste du groupe, Moussa en tête. Les guerrières cessèrent de chanter, les portes s’ouvrirent seules et se refermèrent derrière nous.
Sans doute, m’attendais-je à quelque chose de grandiose, car je fus déçue quand je vis une poignée de maisons rondes en argile, aux toits de paille, apparaître devant moi. Il y avait quelques chiens, bœufs, moutons et poules qui se promenaient tranquillement dans le village. Les gens qu’on apercevait, nous saluaient avec de grands sourires et étaient habillés avec des tenues traditionnelles simples, le boubou pour les hommes et les femmes, bien que la coupe, les couleurs et décorations soient différents en fonction du genre.
Moussa fini par s’arrêter devant une de ces petites maisons en argile. Il me regarda avec un sourire mystérieux et me fit un clin d’œil avant de rentrer. Nous le suivîmes et lorsque j’entrai, je fus stupéfaite. En effet, l’intérieur était totalement différent que ce qu’on pourrait imaginer en voyant l’extérieur. L’intérieur de la maison était gigantesque et la décoration était épurée, mais les lourds meubles en bois massif et les couleurs vives et bariolées donnaient un air chaleureux à l’endroit. Par contre, je trouvais effrayant, les masques ornant les murs, ils semblaient me dévisager avec leurs grands vides.
« Salaam maleykum. »
Je me tournai et vis une femme noire, élancée et mince, qui semblait avoir à peu près le même âge que mon grand-père. Elle se présenta comme étant Aminata, la sœur de mon grand-père et la femme de Moussa. Elle avait un visage avenant, ce qui fit que je me sentais à l’aise en sa présence. Elle me serra dans ses bras et m’embrassa, les larmes aux yeux, émue de me voir pour la première fois, en chair et en os. Elle me fit tellement de compliments, que je ne savais plus comment réagir. Mais heureusement, elle s’arrêta et nous proposa de nous reposer avant la fête de bienvenue qui aurait lieu ce soir.
Après m’être douché et changé en une tenue plus confortable, c’est avec joie que je m’enfouis sous les draps du grand lit qui trônait au milieu de ma nouvelle chambre. Cependant, je ne pouvais pas m’arrêter de penser à tout ce que j’avais vu, aux personnes que j’avais rencontrées, à ceux que je rencontrerai ce soir. Finalement, Morphée m’accueillit dans ses bras et je m’endormis.
« C’est du vieux wolof, elles nous souhaitent la bienvenue.
- C’est qui ?
- Personne ne connaît leur vrai nom, on sait juste que ce sont les guerrières du village qui le défendent en cas d’attaque. Maintenant avance ! »
Mécontente de ce peu d’explication, mais sachant que je n’obtiendrais rien de plus qu’un coup sur la tête si je désobéissais, je finis par avancer avec réticence et suivis le reste du groupe, Moussa en tête. Les guerrières cessèrent de chanter, les portes s’ouvrirent seules et se refermèrent derrière nous.
Sans doute, m’attendais-je à quelque chose de grandiose, car je fus déçue quand je vis une poignée de maisons rondes en argile, aux toits de paille, apparaître devant moi. Il y avait quelques chiens, bœufs, moutons et poules qui se promenaient tranquillement dans le village. Les gens qu’on apercevait, nous saluaient avec de grands sourires et étaient habillés avec des tenues traditionnelles simples, le boubou pour les hommes et les femmes, bien que la coupe, les couleurs et décorations soient différents en fonction du genre.
Moussa fini par s’arrêter devant une de ces petites maisons en argile. Il me regarda avec un sourire mystérieux et me fit un clin d’œil avant de rentrer. Nous le suivîmes et lorsque j’entrai, je fus stupéfaite. En effet, l’intérieur était totalement différent que ce qu’on pourrait imaginer en voyant l’extérieur. L’intérieur de la maison était gigantesque et la décoration était épurée, mais les lourds meubles en bois massif et les couleurs vives et bariolées donnaient un air chaleureux à l’endroit. Par contre, je trouvais effrayant, les masques ornant les murs, ils semblaient me dévisager avec leurs grands vides.
« Salaam maleykum. »
Je me tournai et vis une femme noire, élancée et mince, qui semblait avoir à peu près le même âge que mon grand-père. Elle se présenta comme étant Aminata, la sœur de mon grand-père et la femme de Moussa. Elle avait un visage avenant, ce qui fit que je me sentais à l’aise en sa présence. Elle me serra dans ses bras et m’embrassa, les larmes aux yeux, émue de me voir pour la première fois, en chair et en os. Elle me fit tellement de compliments, que je ne savais plus comment réagir. Mais heureusement, elle s’arrêta et nous proposa de nous reposer avant la fête de bienvenue qui aurait lieu ce soir.
Après m’être douché et changé en une tenue plus confortable, c’est avec joie que je m’enfouis sous les draps du grand lit qui trônait au milieu de ma nouvelle chambre. Cependant, je ne pouvais pas m’arrêter de penser à tout ce que j’avais vu, aux personnes que j’avais rencontrées, à ceux que je rencontrerai ce soir. Finalement, Morphée m’accueillit dans ses bras et je m’endormis.
*qui est ce joli enfant ?
Je m’appelle Anabelle.
Tu as peur Anabelle ?
Non.
Bonjour.
2ème année RP
#977402
#977402
Un retour aux origines
Mardi 24 décembre 2047, 20h38
Après ma longue sieste qui était censée durer 30 minutes, mais qui dura 3 bonnes heures, je me réveille groggy, la bouche sèche et les idées confuses. Je n’ai même pas le temps de me réveiller correctement que ma mère débarque comme une tornade, m’ordonnant de me dépêcher pour ne pas être en retard à la fête.
Alors que je me lève difficilement, triste de quitter ce lit douillet, ma mère m’attrape la main droite pendant que je m’étire et m’emmène dans la salle de bain, attenante à ma chambre. S’ensuit tout un rituel de beauté typique des femmes sénégalaises : bain au l’ylang-ylang, corps oint de crème de karité et coiffage des cheveux avec le beurre de karité. Au bout d’une heure, ma mère a fini de me martyriser, et je me regarde dans le miroir, ce que je vois me plaît.
Alors que je me lève difficilement, triste de quitter ce lit douillet, ma mère m’attrape la main droite pendant que je m’étire et m’emmène dans la salle de bain, attenante à ma chambre. S’ensuit tout un rituel de beauté typique des femmes sénégalaises : bain au l’ylang-ylang, corps oint de crème de karité et coiffage des cheveux avec le beurre de karité. Au bout d’une heure, ma mère a fini de me martyriser, et je me regarde dans le miroir, ce que je vois me plaît.
Reducio

Je me trouve jolie, même si je ne comprends pas pourquoi ma mère a mis autant de temps sur mes cheveux, si c’est pour mettre un turban sur mes cheveux. Mais peu importe, c’est sûre de moi et souriante que je débarque sur la place du village, où la fête bat son plein. Au milieu, il y a un grand bûcher magique qui dessine différentes formes : humaines, animales, végétales, et même des objets. Certaines femmes dansent autour de ce feu, en rythme avec les percussions et chants des musiciens. La plupart des hommes sont assis, je remarque mon père qui discute avec Moussa et leur fait un signe de la main, avant de me diriger vers la longue table, où un festin m’attend. Arrivée devant la table, un bol apparaît devant moi et je commence à me servir : du manioc, un peu d’igname, du poisson et un peu de gombo.
Alors que je mange en regardant les autres enfants joués, je sens une présence à côté de moi. Je tourne la tête et remarque qu’un garçon d’environ mon âge m’observe, avant de prendre, avec sa main, un morceau de manioc sans me demander. Je lui lance un regard de travers.
« Tu aurais pu me demander !
- Ici, au village, on partage. »
Puis il me prend un bout d’igname et un gombo avec un grand sourire.
« Je m’appelle Ali, je suis ton grand cousin, parce que j’ai 13 ans et toi que 12.
- Pas ravie de faire ta connaissance Ali le voleur.
- Eh ! Respecte ton aîné !
- Il a raison Anabelle, tu devrais être plus gentille, on ne t’a pas élevé comme ça. »
Je jette un regard à mon grand-père qui vient d’arriver, habillé d’un beau boubou bleu indigo. Je soutiens son regard quelques secondes, avant qu’il hausse les sourcils. Je finis par me tourner vers Ali et à contrecœur, je m’excuse. Alors que mon grand-père et Ali parlent, je continue de bouder, même après le départ de mon cousin qui m’annonce qu’il viendra me chercher demain pour me faire découvrir le village. Mon grand-père finit par s’asseoir à côté de moi et m’explique ce qui signifie les danses, certaines sont pour attirer la fertilité, d’autres pour repousser le mauvais œil. Il m’explique aussi comment fonctionne ce feu magique, mais j’avoue que je ne comprends grand chose, mais c’est passionnant. Après qu’il ait fini de parler, je lui pose la question qui me taraude depuis notre arrivée au village.
« Grand-père, pourquoi on nous a reçus avec des chants et maintenant on fait une fête en notre honneur ?
- Parce qu’ici on est une famille importante.
- Ah bon ? On est riche alors ! » Dis-je en haussant les sourcils, m’imaginant déjà ne plus vivre dans la pauvreté à mon retour à Flagley-le-haut.
« On est riche de la reconnaissance de nos pairs. »
Je regarde mal mon grand-père, comprenant qu’on n’était pas riche d’argent, malheureusement. Il le remarque et rit, avant de continuer son histoire.
« Je suppose que tu veux savoir pourquoi ? Eh bien, laisse-moi te l’expliquer. Mon grand-père, Assane Willard est né le 7 avril 1901. Petit, c’était un enfant qui révéla rapidement des capacités magiques incroyables, il fut très bon élève à Uagadou, et un animagus accompli, il pouvait se métamorphoser en guépard. Alors qu’il était âgé de 15 ans, il a tué le démonzémerveille qui terrorisait les habitants. Cette créature est maléfique et dangereuse, car elle vole les souvenirs de sa victime et se nourrit de son cerveau. Aujourd’hui, il y en a toujours, mais ils sont moins nombreux qu’à cette époque. »
Il s’arrêta pour prendre une gorgée de sa bière.
« Ce ne fut pas un exploit facile, car cette créature est insensible à certains sorts. Mais qu’importe, elle n’aime pas le feu. Et c’est en utilisant le sort confrigo sans baguette ! Que mon grand-père a réussi à tuer la créature. Depuis, nous sommes une famille respectée et c’est pour ça qu'à l’entrée de la maison, il y a un squelette d’animal, c’est celui du démonzémerveille tué par Assane. »
Je regarde mon grand-père, la bouche ouverte, avant de la fermer, l’esprit en ébullition. J’ai tellement de questions sur cet ancêtre qui a effectué cet exploit. Mais, avant que je puisse poser la moindre question, la fête devient soudainement silencieuse. Les personnes debout se dépêchèrent d’aller s’asseoir, le feu se fit moins vif et une vieille femme arriva.
Alors que je mange en regardant les autres enfants joués, je sens une présence à côté de moi. Je tourne la tête et remarque qu’un garçon d’environ mon âge m’observe, avant de prendre, avec sa main, un morceau de manioc sans me demander. Je lui lance un regard de travers.
« Tu aurais pu me demander !
- Ici, au village, on partage. »
Puis il me prend un bout d’igname et un gombo avec un grand sourire.
« Je m’appelle Ali, je suis ton grand cousin, parce que j’ai 13 ans et toi que 12.
- Pas ravie de faire ta connaissance Ali le voleur.
- Eh ! Respecte ton aîné !
- Il a raison Anabelle, tu devrais être plus gentille, on ne t’a pas élevé comme ça. »
Je jette un regard à mon grand-père qui vient d’arriver, habillé d’un beau boubou bleu indigo. Je soutiens son regard quelques secondes, avant qu’il hausse les sourcils. Je finis par me tourner vers Ali et à contrecœur, je m’excuse. Alors que mon grand-père et Ali parlent, je continue de bouder, même après le départ de mon cousin qui m’annonce qu’il viendra me chercher demain pour me faire découvrir le village. Mon grand-père finit par s’asseoir à côté de moi et m’explique ce qui signifie les danses, certaines sont pour attirer la fertilité, d’autres pour repousser le mauvais œil. Il m’explique aussi comment fonctionne ce feu magique, mais j’avoue que je ne comprends grand chose, mais c’est passionnant. Après qu’il ait fini de parler, je lui pose la question qui me taraude depuis notre arrivée au village.
« Grand-père, pourquoi on nous a reçus avec des chants et maintenant on fait une fête en notre honneur ?
- Parce qu’ici on est une famille importante.
- Ah bon ? On est riche alors ! » Dis-je en haussant les sourcils, m’imaginant déjà ne plus vivre dans la pauvreté à mon retour à Flagley-le-haut.
« On est riche de la reconnaissance de nos pairs. »
Je regarde mal mon grand-père, comprenant qu’on n’était pas riche d’argent, malheureusement. Il le remarque et rit, avant de continuer son histoire.
« Je suppose que tu veux savoir pourquoi ? Eh bien, laisse-moi te l’expliquer. Mon grand-père, Assane Willard est né le 7 avril 1901. Petit, c’était un enfant qui révéla rapidement des capacités magiques incroyables, il fut très bon élève à Uagadou, et un animagus accompli, il pouvait se métamorphoser en guépard. Alors qu’il était âgé de 15 ans, il a tué le démonzémerveille qui terrorisait les habitants. Cette créature est maléfique et dangereuse, car elle vole les souvenirs de sa victime et se nourrit de son cerveau. Aujourd’hui, il y en a toujours, mais ils sont moins nombreux qu’à cette époque. »
Il s’arrêta pour prendre une gorgée de sa bière.
« Ce ne fut pas un exploit facile, car cette créature est insensible à certains sorts. Mais qu’importe, elle n’aime pas le feu. Et c’est en utilisant le sort confrigo sans baguette ! Que mon grand-père a réussi à tuer la créature. Depuis, nous sommes une famille respectée et c’est pour ça qu'à l’entrée de la maison, il y a un squelette d’animal, c’est celui du démonzémerveille tué par Assane. »
Je regarde mon grand-père, la bouche ouverte, avant de la fermer, l’esprit en ébullition. J’ai tellement de questions sur cet ancêtre qui a effectué cet exploit. Mais, avant que je puisse poser la moindre question, la fête devient soudainement silencieuse. Les personnes debout se dépêchèrent d’aller s’asseoir, le feu se fit moins vif et une vieille femme arriva.
2ème année RP
#977402
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