Papiers en fleurs
6 janvier 2048, quelque part dans la journée
Juste après une discussion dans le bureau du professeur C.
Avec @Lukas Sharp
Juste après une discussion dans le bureau du professeur C.
Avec @Lukas Sharp
Sur le court trajet séparant le nouveau bureau du professeur à la serre N°6, Sigmund a laissé soin au jeune Lukas Sharp de porter sa Moly. Il est temps de lui trouver une place parmi les autres plantes de la serre. Pourtant fraîchement arrivée Poudlard, le garçon l'ayant reçue seulement aux fêtes de fin d'année quelques jours plus tôt, il est évident que son manque de confiance va poser problème et même si le professeur est persuadé qu'il s'en sortirait très bien, l'accompagner dans ses premiers pas pour l'entretien de sa plante ne le dérange aucunement.
La proposition du nouveau professeur est aussi motivée par un autre objectif : aider le jeune première année à prendre conscience de ses propres capacités, et des progrès déjà passés et à venir dans son apprentissage de la magie. Ce n'est pas mince affaire, mais cette histoire de lettre lui semble plutôt motivante.
« Et nous voilà dans la sixième serre ! Il y a plusieurs petits micro-climats ici pour s'adapter aux différentes espèces peuplant les lieux. Ta Moly y sera très confortable. » explique-t-il en prenant l'initiative de se diriger vers un petit espace qui lui paraît tout à fait convenable. Lui-même doit relire les étiquettes des plantes déjà présentes sur les lieux et vérifier magiquement la nature des micro-climats apposés dans chaque partie de la serre avant de confirmer son choix. C'est une sacrée première journée de travail à Poudlard, ainsi il ne peut que se féliciter d'être arrivé avec plusieurs jours d'avance pour s'approprier un peu les serres. Mais il faut plus qu'une petite semaine pour s'habituer aux lieux...
« Oh mais quelle andouille, j'ai oublié le nécessaire pour les lettres. Attends, je reviens tout de suite ! » Il aurait pu utiliser un sortilège s'il avait pu se souvenir de l'emplacement de tout son petit bazar d'écriture. Laissant le garçon seul pendant quelques minutes, Sigmund file rapidement en direction de son bureau.
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
Papiers en fleurs
L'accord avait été accepté, à ma grande surprise, par mon professeur. J'avais cru à un refus de sa part - car pourquoi un professeur confierait ses secrets à un élève de onze ans ? - mais il avait signé le marché et avant même d'en prendre conscience, nous étions déjà en route pour la serre. Serre que je connaissais bien, pour y être passé une bonne cinquantaine de fois, mais par politesse j'écoutais sagement ses explications. Je me demandais si elles étaient d'ailleurs plus pour lui, tentant de ne pas oublier chaque élément de chaque serre devant un jeune élève. Il venait à peine d'arriver, peut-être apprenait-il encore à se familiariser avec les lieux. Je l'écoutais en hochant de la tête pour lui montrer que je suivais et que j'attendais les prochaines étapes. Je ne remarquais aucune plume pour écrire ces fameuses lettres, et me demandais s'il allait en faire apparaître, si après qu'il ait posé ma plante, il me demanderait de passer aux confessions. Je suivais ces moindres gestes, analysant ses pensées que je lisais sur son visage, jusqu'à ce qu'il se rappelle qu'effectivement, il nous faudrait de quoi écrire. Un petit sourire amusé se dessina sur mon visage à la mention d'andouille. Clairement, il n'allait rien faire apparaître puisqu'il partit tout chercher. J'acquiesçai d'un mouvement de tête pour lui faire comprendre que je ne comptais pas bouger d'ici, et commençais à regarder autour de moi. Est-ce qu'on nous observait ? Qu'est-ce que l'on penserait si c'était le cas ? Je baissais la tête en repensant à la tâche que l'on m'incombait. Je pouvais encore partir, la porte me tendait les bras, m'offrait une sortie, mais étrangement mes jambes étaient bien où elles étaient et ne s'enfuiraient que si un feu venait à démarrer. Je soufflais d'agacement contre moi-même : tout cela pour une plante. Je ne savais pas ce que j'allais écrire sur ce fichu papier. Peut-être que justement je pourrais écrire que je ne savais pas ? Après tout, cela restait une phrase, une pensée du moment. J'espérais vraiment qu'il revienne vite, histoire de m'indiquer la démarche à suivre, comment écrire sur un parchemin que l'on offre à son professeur de botanique ?
Je regardais ma plante dans son nouvel habitat et lui souriais. Je m'accroupis devant elle et observais sa tige.
- Tu vas t'ouvrir un jour, tu crois ? Tu accepteras ta magie comme moi ?, lui chuchotai-je dans ma confession. Cette plante avait tellement de choses à apporter, mais était-elle prête à les accepter ? Il faudrait que je questionne M. Charleston à son retour.
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Je regardais ma plante dans son nouvel habitat et lui souriais. Je m'accroupis devant elle et observais sa tige.
- Tu vas t'ouvrir un jour, tu crois ? Tu accepteras ta magie comme moi ?, lui chuchotai-je dans ma confession. Cette plante avait tellement de choses à apporter, mais était-elle prête à les accepter ? Il faudrait que je questionne M. Charleston à son retour.
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Fiche PR - 4e année RP
Papiers en fleurs
Il ne faut pas beaucoup de temps à Sigmund pour remettre la main sur son papier à lettres et ses plumes magiques, malgré le petit bazar mi-organisé des lieux. Hors de question de faire attendre l'enfant, alors le sorcier revient en courant, ses chaussures claquant sur le sol au même rythme que ses articulations craquent sous l'effort. Vidé, il termine sa course en s'affalant sur le sol à côté du Poufsouffle et éponge sa sueur du revers de sa manche avec un large sourire satisfait. Oui, essoufflé et transpirant même pour une petite vingtaine de mètres, mais ses trente ans sont loin.
« J'ai tout. J'ai pris plusieurs couleurs pour que tu puisses choisir celles que tu préfères, » dit-il en étalant face à l'enfant des papiers bleus, jaunes, rouges et violets. « Et pour les plumes, c'est des autocorrectrices. Je n'ai que ça parce que je fais moi-même beaucoup de fautes » explique-t-il avec un air très désolé. Il dépose deux petites enveloppes par terre et tend un ouvrage au garçon pour lui servir de support. « J'ai à dire, moi aussi. Tu sais, ça fait beaucoup de changements quand on commence un nouveau métier. Ça va aller pour toi, Lukas ? Tu es toujours d'accord pour écrire cette lettre ? »
Lui-même n'attend pas une minute de plus et commence à plisser le regard face à son papier violet. Sa plume vient glisser avec aisance sur le grain du parchemin pour y rédiger ses premières lettres, qui très vite s'assemblent en mots pour le plus grand soulagement du sorcier qui craignait ne pas réussir à organiser proprement ses pensées.
« J'ai tout. J'ai pris plusieurs couleurs pour que tu puisses choisir celles que tu préfères, » dit-il en étalant face à l'enfant des papiers bleus, jaunes, rouges et violets. « Et pour les plumes, c'est des autocorrectrices. Je n'ai que ça parce que je fais moi-même beaucoup de fautes » explique-t-il avec un air très désolé. Il dépose deux petites enveloppes par terre et tend un ouvrage au garçon pour lui servir de support. « J'ai à dire, moi aussi. Tu sais, ça fait beaucoup de changements quand on commence un nouveau métier. Ça va aller pour toi, Lukas ? Tu es toujours d'accord pour écrire cette lettre ? »
Lui-même n'attend pas une minute de plus et commence à plisser le regard face à son papier violet. Sa plume vient glisser avec aisance sur le grain du parchemin pour y rédiger ses premières lettres, qui très vite s'assemblent en mots pour le plus grand soulagement du sorcier qui craignait ne pas réussir à organiser proprement ses pensées.
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Papiers en fleurs
Lorsque M. Charleston revient dans la serre, c'est en courant, me faisant écarquiller les yeux au passage, et les bras bien chargés. Je tends les bras pour m'apprêter à l'aider, mais il dépose tout sur le sol en s'affalant. Impossible de ne pas sourire, mais je plaque la manche de ma robe de sorcier sur ma bouche pour le cacher du mieux que je peux.
J'observe les feuilles de couleurs différentes et écoute timidement celui qui m'énonce son inventaire. Des feuilles, des plumes autocorrectrices et deux petites enveloppes me rappelant que lui aussi va jouer le jeu. Je déplace les feuilles du bout des doigts, réfléchissant à la couleur que je compte choisir et penche la tête vers lui quand il reprend la parole. Je hoche la tête pour signaler mon accord qui n'a pas changé depuis son bureau, et hausse les épaules.
- Je suis toujours d'accord, mais.. Je ne sais pas vraiment quoi écrire, Monsieur, expliqué-je en sentant la plume que je tiens me chatouiller le menton. Qu'est-ce qui vous intéresse ? L'exercice étant assez nouveau, je ne vois pas l'effet qu'il peut avoir sur moi et pense plutôt qu'il lui servira à lui, à ses attentes. Comme un exercice en classe où il faudrait répondre aux attentes du professeur. Je penche la tête vers le papier violet qu'il a déjà commencé à remplir. Vous, vous parlez de quoi ?
Je saisis la feuille de couleur jaune, comme celle de ma maison et regarde à nouveau M. Charleston, espérant qu'il débloque cette première étape.
J'observe les feuilles de couleurs différentes et écoute timidement celui qui m'énonce son inventaire. Des feuilles, des plumes autocorrectrices et deux petites enveloppes me rappelant que lui aussi va jouer le jeu. Je déplace les feuilles du bout des doigts, réfléchissant à la couleur que je compte choisir et penche la tête vers lui quand il reprend la parole. Je hoche la tête pour signaler mon accord qui n'a pas changé depuis son bureau, et hausse les épaules.
- Je suis toujours d'accord, mais.. Je ne sais pas vraiment quoi écrire, Monsieur, expliqué-je en sentant la plume que je tiens me chatouiller le menton. Qu'est-ce qui vous intéresse ? L'exercice étant assez nouveau, je ne vois pas l'effet qu'il peut avoir sur moi et pense plutôt qu'il lui servira à lui, à ses attentes. Comme un exercice en classe où il faudrait répondre aux attentes du professeur. Je penche la tête vers le papier violet qu'il a déjà commencé à remplir. Vous, vous parlez de quoi ?
Je saisis la feuille de couleur jaune, comme celle de ma maison et regarde à nouveau M. Charleston, espérant qu'il débloque cette première étape.
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Papiers en fleurs
« Si tu ne sais pas quoi écrire, tu peux simplement dessiner, si tu préfères, » indiqua simplement le professeur alors qu'il prenait lui-même un parchemin. Sigmund comptait simplement mettre ce qui lui passait par la tête, dans la limite de ce qu'il pouvait confier à un tout jeune étudiant d'une douzaine d'années. Crayon en main, il prit cependant son temps avant de coucher sur le papier les premières lettres afin de ne pas brusquer le garçon.
« Je pensais écrire un petit peu autour de l'enseignement de la botanique. C'est assez nouveau pour moi. Et les relations avec les collègues, je ne les connais pas encore tous très bien. J'ai aussi à apprendre, tu sais, » lui dit-il avec un sourire. « Il y a une grosse différence entre étudier la botanique à l'université magique et l'enseigner à des élèves. Moi aussi, j'ai un peu peur. » La plume suivit la pensée et les premiers mots vinrent rejoindre son parchemin - jaune comme celui de l'enfant. « Si tu demandes ce qui m'intéresse pour ta propre lettre, je pense que tu fais erreur sur la base même de l'exercice. C'est pour toi que tu dois écrire, garçon. Et tu sais, ta lettre, je ne la lirai pas à moins que tu me le demandes. Tu n'as donc pas vraiment de souci à te faire sur son contenu. » dit-il simplement. Lui qui n'avait jamais été sujet à l'anxiété ou à des difficultés similaires à celles éprouvées par le garçon, il n'était pas vraiment certain que ses explications l'aident. Que sa démarche elle-même lui apporte des pistes. Mais sans essayer, ils ne pourraient pas vraiment savoir.
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« Je pensais écrire un petit peu autour de l'enseignement de la botanique. C'est assez nouveau pour moi. Et les relations avec les collègues, je ne les connais pas encore tous très bien. J'ai aussi à apprendre, tu sais, » lui dit-il avec un sourire. « Il y a une grosse différence entre étudier la botanique à l'université magique et l'enseigner à des élèves. Moi aussi, j'ai un peu peur. » La plume suivit la pensée et les premiers mots vinrent rejoindre son parchemin - jaune comme celui de l'enfant. « Si tu demandes ce qui m'intéresse pour ta propre lettre, je pense que tu fais erreur sur la base même de l'exercice. C'est pour toi que tu dois écrire, garçon. Et tu sais, ta lettre, je ne la lirai pas à moins que tu me le demandes. Tu n'as donc pas vraiment de souci à te faire sur son contenu. » dit-il simplement. Lui qui n'avait jamais été sujet à l'anxiété ou à des difficultés similaires à celles éprouvées par le garçon, il n'était pas vraiment certain que ses explications l'aident. Que sa démarche elle-même lui apporte des pistes. Mais sans essayer, ils ne pourraient pas vraiment savoir.
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Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
Papiers en fleurs
Je me mets à réfléchir à son option : dessiner. C’est vrai que c’est une option. Dessiner et graver des choses dans le bois, ça me connaît et ça me rappelle mon père, alors pourquoi pas. Je hoche la tête en souriant, plutôt satisfait de cette proposition et l’écoute sagement.
Le vieux professeur confesse ses pensées, ses craintes et je souris automatiquement lorsqu’il se met à sourire. Un effet miroir s’impose entre lui et moi, peut-être l’effet du tutoiement et des sourires constants qu’il envoie et qui détend l’atmosphère. C’est sa peur qui m’étonne. Comment un vieux monsieur comme lui peut avoir peur d’élèves comme nous ?
— Peur ? Mais Monsieur, on a douze ans. Vous avez peur de quoi ? Vous nous mettez des mandragores sous le nez et on meurt !, m’exclamé-je la voix bien trop aiguë. Est-ce que c’est pour ça que vous nous tutoyez ? Pour qu’on soit comme vos amis ? Pourquoi les autres profs font pas comme vous ?
Ce professeur me rappelle le voisin du bout de Sluggans Drive, à Portree. Apeuré par les ballons qui trainaient, mais offrait toujours son aide à qui la demandait.
Le fait de savoir que cette lettre ne sera pas lue, que le dessin ne sera pas analysé me soulage. Je hoche à nouveau la tête en signe de compréhension et lui souris. Je souris mais je sais que j’échappe en l’exercice en discutant avec lui et en l’interrogeant. Ne dit-on pas que celui qui pose les questions est celui qui dirige ? Je baisse la tête sur ma feuille et je réfléchis un instant : dessiner la magie ou ne pas la dessiner ? Dessiner ce qu’il y a dans ma tête ou dans celle de mon père ?
Le vieux professeur confesse ses pensées, ses craintes et je souris automatiquement lorsqu’il se met à sourire. Un effet miroir s’impose entre lui et moi, peut-être l’effet du tutoiement et des sourires constants qu’il envoie et qui détend l’atmosphère. C’est sa peur qui m’étonne. Comment un vieux monsieur comme lui peut avoir peur d’élèves comme nous ?
— Peur ? Mais Monsieur, on a douze ans. Vous avez peur de quoi ? Vous nous mettez des mandragores sous le nez et on meurt !, m’exclamé-je la voix bien trop aiguë. Est-ce que c’est pour ça que vous nous tutoyez ? Pour qu’on soit comme vos amis ? Pourquoi les autres profs font pas comme vous ?
Ce professeur me rappelle le voisin du bout de Sluggans Drive, à Portree. Apeuré par les ballons qui trainaient, mais offrait toujours son aide à qui la demandait.
Le fait de savoir que cette lettre ne sera pas lue, que le dessin ne sera pas analysé me soulage. Je hoche à nouveau la tête en signe de compréhension et lui souris. Je souris mais je sais que j’échappe en l’exercice en discutant avec lui et en l’interrogeant. Ne dit-on pas que celui qui pose les questions est celui qui dirige ? Je baisse la tête sur ma feuille et je réfléchis un instant : dessiner la magie ou ne pas la dessiner ? Dessiner ce qu’il y a dans ma tête ou dans celle de mon père ?
Dernière modification par Lukas Sharp le 8 nov. 2023, 09:50, modifié 1 fois.
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Papiers en fleurs
Sigmund sourit face à la naïveté des questions de l'enfant. Vrai que le petit n'avait que onze ans. Non pardon, peut-être douze.
« Ce n'est pas de vos petites bouilles que j'ai peur » corrigea-t-il doucement. « C'est plutôt de ne pas parvenir à...» vous fournir les enseignements que vous méritez, s'abstint-il de dire. Il doutait beaucoup de ses capacités à enseigner quand sa première expérience, quelques années plus tôt, l'avait mené bien rapidement à la démission. « ... terminer le programme de botanique. » dit-il à la place. C'était presque pire : on pouvait quasiment y lire le sous-entendu que le sous-directeur avait fait prendre du retard à ses classes, alors que c'était plutôt l'inverse. Il allait devoir faire un petit peu attention au contenu de sa propre lettre, si jamais la curiosité de l'enfant le menait à la lire. Il ne se faisait pas vraiment d'illusion : lui aussi avait eu onze ans. Il savait bien qu'à cet âge-là, on ne résistait pas vraiment à la tentation de l'interdit. Lucas lirait sa lettre, même s'il lui demandait de ne pas le faire. Avec un demi-sourire, Sigmund interrompit sa valse des mots pour dessiner quelques petites fleurs dans le coin de son parchemin.
« Je vous tutoie parce que je n'arrive pas à vouvoyer les enfants. Nous ne sommes pas amis, Lukas, je ne suis pas là pour être ami avec mes élèves. Je suis votre enseignant. » Quant au pourquoi des autres professeurs... fichtre, il n'en savait rien. Lui-même n'avait rencontré que peu d'enseignants qui tutoyaient leurs étudiants pendant sa scolarité. « Comment tu t'en sors, avec ta lettre ? Ne te force pas si rien ne vient, tu n'es absolument pas obligé de poursuivre l'exercice si à un moment ça ne t'intéresse plus. »
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« Ce n'est pas de vos petites bouilles que j'ai peur » corrigea-t-il doucement. « C'est plutôt de ne pas parvenir à...» vous fournir les enseignements que vous méritez, s'abstint-il de dire. Il doutait beaucoup de ses capacités à enseigner quand sa première expérience, quelques années plus tôt, l'avait mené bien rapidement à la démission. « ... terminer le programme de botanique. » dit-il à la place. C'était presque pire : on pouvait quasiment y lire le sous-entendu que le sous-directeur avait fait prendre du retard à ses classes, alors que c'était plutôt l'inverse. Il allait devoir faire un petit peu attention au contenu de sa propre lettre, si jamais la curiosité de l'enfant le menait à la lire. Il ne se faisait pas vraiment d'illusion : lui aussi avait eu onze ans. Il savait bien qu'à cet âge-là, on ne résistait pas vraiment à la tentation de l'interdit. Lucas lirait sa lettre, même s'il lui demandait de ne pas le faire. Avec un demi-sourire, Sigmund interrompit sa valse des mots pour dessiner quelques petites fleurs dans le coin de son parchemin.
« Je vous tutoie parce que je n'arrive pas à vouvoyer les enfants. Nous ne sommes pas amis, Lukas, je ne suis pas là pour être ami avec mes élèves. Je suis votre enseignant. » Quant au pourquoi des autres professeurs... fichtre, il n'en savait rien. Lui-même n'avait rencontré que peu d'enseignants qui tutoyaient leurs étudiants pendant sa scolarité. « Comment tu t'en sors, avec ta lettre ? Ne te force pas si rien ne vient, tu n'es absolument pas obligé de poursuivre l'exercice si à un moment ça ne t'intéresse plus. »
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En écoutant sa réponse, je me demande si je l’ai vraiment bien entendue. Terminer un programme est une peur d’adulte ? Il suffit simplement de dire aux élèves que l’on ne le terminera pas. Est-ce si grave ? Je réfléchis à plus haut, ce que cela peut entraîner. La directrice serait-elle fâchée ? Et puis quoi, qu’est-ce qu’il risque ? Non, vraiment, je n’aurais jamais catégorisé cela comme une peur.
Je fixe sa grosse moustache lorsqu’il répond à ma question et sa remarque me gêne. Non, bien sûr, nous ne sommes pas amis.. Je regrette aussitôt d’avoir prononcé ces mots et cette question et me fais alors la promesse de ne plus jamais l’évoquer. Par cette affirmation, ce que j’entends, c’est qu’il n’est pas possible de se confier à un adulte. Car c’est aux amis que l’on se confie, non ?
Coupé dans mes pensées par son besoin de suivre où j’en suis, je me précipite pour refermer ma lettre et cacher le fait que je n’ai encore rien écrit. Je ne sais pas, à vrai dire, si l’exercice ne m’intéresse plus. J’ai l’impression de devoir penser à tout ce que cela implique d’écrire sur cette feuille. Je hausse alors les épaules, ne sachant pas quoi dire d’autre et réfléchis un instant. Je saisis le gros feutre vert et y écris la date. Je me penche pour qu’il ne voie pas, espérant qu’il pense que j’ai commencé à écrire quelque chose d’intéressant et reviens vers lui. Il a dit qu’il ne la lirait pas après tout. Je peux donc bien y inscrire tout ce que je veux.
— Monsieur…, commencé-je en saisissant le crayon noir. Est-ce qu’on peut choisir de ne plus être un sorcier ?
Je guette sa réaction. Est-ce que ce sera de la surprise ? De la moquerie ? De l’intérêt ? Je ne suis pas sûr de recevoir sa réponse et de l’accepter, mais c’est ce qui me vient à ce moment. Chercher une issue de secours.
Pardon pour ce retard.. J’espère que tu réussiras à te replonger dedans.
Je fixe sa grosse moustache lorsqu’il répond à ma question et sa remarque me gêne. Non, bien sûr, nous ne sommes pas amis.. Je regrette aussitôt d’avoir prononcé ces mots et cette question et me fais alors la promesse de ne plus jamais l’évoquer. Par cette affirmation, ce que j’entends, c’est qu’il n’est pas possible de se confier à un adulte. Car c’est aux amis que l’on se confie, non ?
Coupé dans mes pensées par son besoin de suivre où j’en suis, je me précipite pour refermer ma lettre et cacher le fait que je n’ai encore rien écrit. Je ne sais pas, à vrai dire, si l’exercice ne m’intéresse plus. J’ai l’impression de devoir penser à tout ce que cela implique d’écrire sur cette feuille. Je hausse alors les épaules, ne sachant pas quoi dire d’autre et réfléchis un instant. Je saisis le gros feutre vert et y écris la date. Je me penche pour qu’il ne voie pas, espérant qu’il pense que j’ai commencé à écrire quelque chose d’intéressant et reviens vers lui. Il a dit qu’il ne la lirait pas après tout. Je peux donc bien y inscrire tout ce que je veux.
— Monsieur…, commencé-je en saisissant le crayon noir. Est-ce qu’on peut choisir de ne plus être un sorcier ?
Je guette sa réaction. Est-ce que ce sera de la surprise ? De la moquerie ? De l’intérêt ? Je ne suis pas sûr de recevoir sa réponse et de l’accepter, mais c’est ce qui me vient à ce moment. Chercher une issue de secours.
Pardon pour ce retard.. J’espère que tu réussiras à te replonger dedans.
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Papiers en fleurs
Apercevant du coin de l'œil le changement de crayon dans les mains de l'enfant, Sigmund sourit. Manifestement, l'exercice plaisait à Lukas Lui-même interrompit sa rédaction, soudainement en manque de mots. Ça avait été rapide, mais toutes ses craintes avaient déjà été couchées sur le papier. Devait-il faire semblant d'écrire pour que l'enfant ne se presse pas en le voyant avoir terminé ? Craignant que Lukas abandonne l'exercice, Sigmund s'empara d'un crayon et fit mine d'inscrire quelque chose sur son parchemin. Là, s'il se tournait de trois quart vers la gauche, le garçon ne verrait pas qu'il avait cessé d'écrire.
La question de Lukas le prit au dépourvu. Sigmund redressa la tête et observa le garçon avec surprise.
« Non, on ne peut pas. » Sa réponse était catégorique. Il aurait aimé tenir un propos plus nuancé, mais la question ne l'avait pas permis. Pourquoi diable cet enfant se posait ce genre de question ? « Tu aurais préféré ne pas être un sorcier ? Ou tu connais quelqu'un qui aurait aimé ne pas l'être ? »
De ce qu'il savait de ce garçon, ce n'était pas un né-moldu. De sa faible expérience d'enseignant, c'était en général les nés-moldus qui regrettaient leur nature de sorciers, car cela créait une coupure nette avec l'environnement dans lequel ils avaient grandi. Pourquoi un enfant sans doute né baigné dans la magie se souciait de sa nature de sorcier ?
La question de Lukas le prit au dépourvu. Sigmund redressa la tête et observa le garçon avec surprise.
« Non, on ne peut pas. » Sa réponse était catégorique. Il aurait aimé tenir un propos plus nuancé, mais la question ne l'avait pas permis. Pourquoi diable cet enfant se posait ce genre de question ? « Tu aurais préféré ne pas être un sorcier ? Ou tu connais quelqu'un qui aurait aimé ne pas l'être ? »
De ce qu'il savait de ce garçon, ce n'était pas un né-moldu. De sa faible expérience d'enseignant, c'était en général les nés-moldus qui regrettaient leur nature de sorciers, car cela créait une coupure nette avec l'environnement dans lequel ils avaient grandi. Pourquoi un enfant sans doute né baigné dans la magie se souciait de sa nature de sorcier ?
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Papiers en fleurs
La pointe du feutre collée au parchemin, je n'y prête plus attention, trop absorbé par le non catégorique que je reçois en réponse. Ce non est presque aussi gros que la rond noir baveux qui s'est dessiné sur mon petit papier. Aussitôt, je ramène mon regard vers ma main gauche, espérant cacher au mieux la tristesse qui parcourt mon visage. Je soulève mon poignet et écoute les questions qui découlent de la mienne, sans toutefois le regarder. Je réfléchis un instant, tout en agrandissant le rond noir dessiné plus tôt. Je hausse les épaules. Il est facile de mentir à un professeur, mais difficile de se mentir à soi-même : sorcier ou pas sorcier ? Je ne sais pas. Toutefois, la deuxième question continue de flotter dans les airs. Elle me perturbe, car formulée autrement, elle aurait été la question parfaite. Mais elle ne l'est pas, et je ne suis pas sûr qu'il serait très juste pour mon père d'annoncer à ce sorcier que l'on ne veut pas que j'en sois un.
Je réalise que le silence s'éternise peut-être un peu trop et reprends le petit papier que je suis censé remplir. Et soudain, l'idée me vient. Après tout, je peux écrire ce que je veux, je peux décider que personne ne le lise, ni moi dans dix ans, ni lui. Alors j'écris, comme si tout d'un coup, le feutre s'était enchanté pour mettre en mots mes pensées.
Je replis aussitôt le petit papier en forçant un sourire qui voudrait lui faire croire que ce que j'y ai écrit est joyeux. Le voilà plié et je l'agite vers lui, douloureusement ravi du devoir accompli.
— Voilà ! Qu'est-ce que j'en fais maintenant ? demandé-je cherchant à contrôler toutes les prochaines étapes pour qu'il n'ait aucun moment seul avec pour le lire. Promis vous ne le lirez pas, Monsieur ?
Je réalise que le silence s'éternise peut-être un peu trop et reprends le petit papier que je suis censé remplir. Et soudain, l'idée me vient. Après tout, je peux écrire ce que je veux, je peux décider que personne ne le lise, ni moi dans dix ans, ni lui. Alors j'écris, comme si tout d'un coup, le feutre s'était enchanté pour mettre en mots mes pensées.
Reducio
"Mon père aurait aimé que je ne sois pas un sorcier."
Je replis aussitôt le petit papier en forçant un sourire qui voudrait lui faire croire que ce que j'y ai écrit est joyeux. Le voilà plié et je l'agite vers lui, douloureusement ravi du devoir accompli.
— Voilà ! Qu'est-ce que j'en fais maintenant ? demandé-je cherchant à contrôler toutes les prochaines étapes pour qu'il n'ait aucun moment seul avec pour le lire. Promis vous ne le lirez pas, Monsieur ?
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