9 mars 2023, 10:02
SOLO Le début d'un long combat...
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Juste après les cours,
Jardin puis intérieur, Maison familiale, Kensington, Juin 2043
(Éli 8 ans )


En revenant de l'école ce mardi là, je n'avais qu'une envie, courir vers notre vieille balançoire au fond du jardin et me laisser aller à ces mouvements réguliers. Nous avions l'habitude, Mary et moi, de nous y retrouver pour papoter après les cours, quelques minutes de répit, en attendant que Middy, notre gouvernante, nous prépare le repas. Nos parents travaillant assez tard les jours de semaine, nous passions ses moments juste à trois.

Aujourd'hui, Mary n'était pas encore rentrée du secondaire, et je n'avais pas faim. L'idée même de devoir manger, me donnait la nausée. Le léger vent qui flottait dans l'air, à mon entrée dans le jardin, me fit du bien. Avançant jusqu'à l'une des deux planches de bois qui servaient de sièges à la balançoire, mon cartable vite jeter au sol, assise je fermais enfin les yeux pour tenter de me soulager un peu. Un mal de tête avait accompagné ma journée, et ne m'avait laissé que quelques minutes d'accalmie par-ci par-la.

Avançant et reculant mes jambes doucement, puis de plus en plus vite, de plus en plus fort, mes pointes de pied tendues le plus loin possible, j'essayais de donner de l'élan à mon mouvement. Une impression de liberté me parcourait toujours dans ces moments-là, mon corps épargné de la pesanteur, j'avais la sensation de voler.
Mes cheveux encore attachés en une queue un peu hirsute, témoignaient de la journée difficile.

La douleur frappait mes tempes sur un rythme régulier, la nausée était encore plus forte à chaque aller-retour. Je n'avais pourtant aucune envie d'arrêter, mais le dernier haut-le-cœur me força à changer d'avis. Je laissais trainer mes pieds au sol, pour amortir un freinage qui risquait d'être plutôt brusque. Le retour à la stabilité ne me laissa aucun sursis, à peine le mouvement de balancier terminé, je me penchais sur le côté pour vomir.

Le contenu de mon estomac sur le sol, les mains sur les tempes, mon visage crispé de douleur, je frissonnais malgré la douceur de cette après-midi.

Sans prendre la peine de ramasser mon sac, je me levais et quittais mon terrain de jeu qui n'en était pas un aujourd'hui. Trainant des pieds pour rejoindre la maison, j'avais besoin de boire un peu, et de me jeter dans mon lit, camoufler sous mes draps protecteurs qui apaiseraient surement tout.
Ma chambre était au premier étage, je n'avais pas beaucoup de pas à faire pour la rejoindre, mais ils me paraissaient s'étirer en longueur. Les murs vacillaient, m'obligeant à y poser les mains pour soutenir ma marche incertaine.

La porte de ma chambre n'était plus qu'à quelques enjambées de moi. Dans la pièce accolée, Middy terminée de trier le linge tout juste sec. J'imaginais assez facilement ses gestes pour les avoir tant regardés, assise en tailleur sur la machine à laver, apaisé par l'odeur de lessive florale qui embaumait la pièce, et que j'aimais tellement.
J'entendais des bruits de tissus se frotter à mesure qu'elle pliait et posée dans la panière, les habits qu'elle ne tarderait pas à venir dispatcher dans les différents dressings, comme toujours.

- Miss Élisabeth !

Son visage remplit d'interrogations lorsqu'elle passa le chambranle de la buanderie, ses yeux inquiets posés sur moi, furent les dernières choses que je vis avant de m'écrouler sur la moquette beige du palier.

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron