Recueil de OS PNJ Les sœurs Priddy

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[indent][indent]Tamara Priddy (sœur de Sarah)
Padrig Priddy (père de Sarah)
Catrin Priddy (mère de Sarah)
Simon Priddy (père de Sarah)[/indent][/indent]
- Lien vers la fiche du PNJ : portoloin
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Moment de vie au sein de sa famille. Ecrire des moments forts bien que parfois en apparence banale mais importants pour la construction du personnage.

Début août 2046, Londres

" Tu ne devrais pas t'agacer ainsi. Tu sais bien que maman... Maman a toujours eu des principes."

Sarah avait levé les yeux au ciel sans ralentir son allure. Certes maman avait toujours eu des principes. Mais non de non, ses filles n'avaient plus 5 ans. Sarah en avait bientôt 35 et elle revenait après 10 années loin mais non, les principes prenaient toujours le dessus. À croire qu'elle était issue d'une famille de Sang-Pur parfois.

" Elle me fatigue par moment. Je sais, je suis partie et j'ai eu tort de ne pas donner de nouvelles mais... Je suis revenue. Je me suis excusée. Je ne peux pas faire beaucoup mieux. Elle pourrait elle aussi se remettre un peu en question. Elle... Bref... Parlons d'autre chose. À ton avis, selon les principes, ça s'habille comment une prof de sortilèges ? "

La rousse pétillante qui accompagnait Sarah explosa de rire, surjouant la chose en un court arrêt pour se tenir le ventre. La châtain se retourna vers la cadette, tentant de prendre un air vexé mais, face à l'hilarité évidente de sa petite sœur, elle ne put s'empêcher de sourire.

" Qu'est ce que j'ai ENCORE dit ? je suis si drôle que ça ? J'ai l'impression d'être un clown dès que je suis avec toi. "

Cela dit, ce n'était pas non plus désagréable. Elle qui avait craint le retour en Angleterre et les retrouvailles avec Tamara était plutôt soulagée de voir que tout se passait comme si les dix dernières années n'avaient pas existé ou presque. Pas de question gênante, pas de silence pesant, juste des rires et des bons moments partagés.

" Sarah, je ne sais pas ce qui t'a pris de postuler pour ce poste. Tu... tu détestes les gosses. J'imaginais les profs comme des gens... Enfin pas comme ma sœur en définitif. Tu penses que tu vas tenir ? "

La Galloise se contenta de hausser les épaules à la question, elle verrait ça en temps et en heure. Pour le moment, elle devait se trouver des vêtements un peu plus adaptés que ses tenues de voyages habituelles. Les deux sorcières continuèrent leurs bavardages tout en pénétrant dans une boutique sans que Sarah ne puisse retenir une petite grimace en direction de la vitrine. La mission allait peut-être s'avérer bien plus complexe que prévu.

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Recueil de OS PNJ Les sœurs Priddy
Dimanche 9 février 2048 - Moylgrove, Pays de Galles

La tension était palpable dans la petite maison familiale des Priddy. Sarah, profita de la fin du repas pour se porter volontaire pour débarrasser. Une occasion de fuir cinq minutes dans la cuisine. Elle empila rapidement les assiettes à sa portée avant de se diriger dans la petite cuisine attenante. Tamara avait imité sa sœur de l'autre côté de la table. Non pas qu'elle ressentait elle aussi le besoin de souffler mais, parler avec sa sœur en privé ne ferait de toute évidence pas de mal. Leur regard se croisèrent à l'abri derrière la porte. Elles n'eurent cependant pas le temps de prononcer le moindre mot, la porte s'ouvraient à nouveau, laissant entrer Gwendolyne, la petite amie moldue de leur frère cadet puis, dans la foulée, la mère de famille, qui se mit à rouspéter autant que faire ce peut dès que la porte fut fermée.

" Sarah, il faut que tu arrêtes de bouder de la sorte. Tu n'as plus dix ans. Ton père est triste à chaque qu'il te sent en colère ainsi. À ton âge on devrait être capable de prendre du recul sur les remarques et d'accepter ses torts. "

" Mam... "

Les assiettes tombèrent un peu trop violement sur la table, celle du dessous se brisant sur le coup.

" Sarah ! "

Les yeux de la trentenaire était bien plus sombre que d'ordinaire, trahissant une colère grondante.

" Je pense que je ne suis pas la seule qui doit grandir dans cette maison Maman. Oui, j'ai cassé le piano. Enfin, devrais-je dire, le meuble qui te servait à poser tes cadeaux de fêtes des mères. Oui, je l'ai cassé et je me suis excusée, et je t'en ai offert un autre, identique. Du moins, il est noir et tu peux y poser tes affaires. Qu'est ce que je dois faire de plus ? "

" Sar... "

" Et bien, tu pourrais éviter de détruire mes affaires par exemple. Comme ça tu n'aurais pas à les remplacer ! Comme cette assiette que tu viens de briser en morceaux juste parce que tu es en colère. "

La fautive haussa les épaules. Cette assiette, ce n'était pas grand chose, un coup de baguette et elle serait remise en état. La question n'était pas là. Elle se tourna vers sa mère, plantant ses yeux dans les siens.

" J'allais crever maman. Tu comprends ça ? Il était une dizaine et nous on était 5. Ils ont torturé mon collègue pendant qu'on était ligoté et à genoux. Oui, quand j'ai retrouvé ma baguette, j'ai agis au plus vite, sans réfléchir. Tu devrais être heureuse non ? Ta fille à survécu et, la chose à laquelle elle a pensé quand elle a tenté le tout pour le tout, c'est ce piano, c'est cette maison. Mais toi non. Un an après, tu me reproches toujours d'avoir... survécu. Tu aurais préféré que je finisse occis par des mages noirs plutôt que de perdre ta fichue étagère musicale. Tu me dégoutes maman. "

Alors qu'elle parlait, Sarah ne s'occupait plus du reste. Trop de chose à dire depuis trop longtemps. Il fallait que sa sorte et tant pis pour les dégâts collatéraux. Sa mère la fixait, ouvrant et fermant la bouche tel un poisson hors de l'eau, cherchant surement les mots pour répondre à sa fille qui n'avait pas du lui dire autant de choses d'affilées depuis de nombreuses années.

" Il est temps qu'on passe à autre chose Maman sans quoi, je ne vois pas bien pourquoi je continue à venir ici. Si je ne suis pas la bienvenue, il suffit de me le dire. On ne peut pas dire que transplaner ici soit coûteux ou me demande un effort particulier mais, si c'est pour n'entendre que des reproches continuels, je ne vois pas l'intérêt. Que connais tu de ma vie ? Oui, je suis célibataire ! Et non, je n'ai pas d'enfant à mon âge mais sais-tu seulement si c'est un choix de ma part ou non ! "

L'ainée des soeurs semblait ne plus vouloir s'arrêter mais la cadette, qui se mordait l'intérieur de la joue depuis quelques secondes tourna soudain la tête vers l'intruse, la quatrième femme de la pièce, celle qui ne savait pas et ne devait pas savoir. La dénommée Gwendolyne ouvrait de grands yeux, reculant doucement vers la porte. La rouquine fut la plus rapide et le sort fusa, bloquant la porte et donc toute fuite.

" Sarah ! "

Le cri fonctionna comme un électrochoc et surtout l'apparition de la baguette de Tamara. La moldue ! La baguette magique de la professeure de sortilèges apparut dans l'instant, sortant dont ne sait ou et se braqua sur sa pauvre belle sœur.

" Stupefix ! "

Un silence immense envahit la pièce alors que quelqu'un frappait à la porte close pour prendre des nouvelles après avoir tenté vainement d'ouvrir.

" Oui, oui... T... Tout va bien. "

Le regard noir de Sarah se posa sur sa mère, toujours immobile et presque tremblante. La femme avait reculé d'un pas, s'éloignant un peu de ses deux filles. Tamara lui adressa un sourire doux avant de poser sa main sur l'avant-bras de sa sœur ainée qui hocha la tête. Elle avait compris le message.

" J' m'occupe de la vaisselle sale. "

Les baguettes s'agitèrent en duo. En quelques secondes, la vaisselle fut lavée et rangée, la casse réparée et la porte déverrouillée. Sarah tendit le dernier plat restant à sa mère ainsi qu'un torchon avant de se poster devant le vaisselier dont les tiroirs étaient restés ouverts après le passage des couverts un instant plus tôt. Elle lança un torchon humidifié à Tamara.

" C'est tout bon. Fais semblant d'essuyer maman. "

La baguette de la rouquine s'agita devant le visage de la statut qui leur tenait compagnie et un instant plus tard, alors que Sarah demandait poliment des nouvelles de son oncle, Gwendolyne cligna des yeux. Elle semblait se réveiller d'un profond sommeil et, un peu confuse, elle reprit la direction du salon. Après quelques secondes silencieuses, Sarah posa son torchon et suivit la jeune fille.

" Je vous abandonne, je travaille ce soir. Bonne fin de journée tout le monde. "

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Printemps 2036, vacances de Pâques - Moylgrove, Pays de Galles

Chose promise, chose due, c'était étrange pour Sarah de se retrouver à nouveau sur ce lit, dans cette chambre mais, elle s'était engagée auprès de Tamara à revenir pour les vacances. Profitant de son week-end elle était donc de retour dans la demeure familiale. La Galloise délaissa son "Balais Magazine" sur son oreiller en entendant les pas qui caracolaient dans l'escalier. Elle le finirait plus tard.

Une petite tornade rousse de treize ans -presque quatorze aurait-elle hurlé en lisant les pensées de sa sœur- pénétra en trombe dans l'antre de l'aînée des Priddy. Quelques minutes plus tard, les deux sœurs, assises par terre se perdaient sous les cartes et guides de voyage, lisant à tour de rôle les conseils des uns et des autres. Les rêves allaient bon train et Sarah doutait de plus en plus de parvenir à faire un choix pour un itinéraire cohérent. Tamara sautait d'un pays à l'autre, oubliant la notion de temps, de coût, de lois... sa grande sœur la laissait cependant s'émerveiller sans opposer la moindre résistance. L'annonce de son futur départ à l'automne avait rendu si triste la rouquine que son aînée tenait à la laisser participer autant que possible au projet. De son côté, plus tard, au calme, elle ferait un tri plus... cohérent.

Après une bonne heure de voyage littéraire, les deux sorcières ressentirent un besoin urgent d'étirements.

" J'ai besoin de bouger un peu. Je vais nous chercher un goûter. "

Sa mère ne tolérait pas l'usage de la magie à la maison. Sarah respectait la règle, acceptant le fait que son petit frère moldu devait en voir le moins possible pour éviter les ennuis. Quelques minutes plus tard, elle était de retour avec un petit plateau, deux tasses fumantes et des biscuits. Tamara avait abandonné les mappemondes pour se vautrer sur le lit tout proche.

" Depuis quand tu suis le quidditch toi ? "

Sarah fronça un sourcil face à cette question saugrenue.

" Depuis jamais. Pourquoi ? "

Elle se réinstalla par terre, attrapant un guide touristique sur l'Amérique du Nord. C'est par là qu'elle commencerait.

" Hum... alors pourquoi ton magazine est ouvert à CETTE page ? Équipe de Quidditch d'Écosse, les déplacements prévus cette année... "

La Poufsouffle brandissait victorieuse le "Balais Magazine" abandonné un peu plus tôt. Sarah tourna la tête pour voir la page dans le bon sens avant de répondre.

" Ah ! Je connais un des membres accompagnant l'équipe. Je ne savais pas qu'il était devenu infirmier. J'ai commencé l'article tout à l'heure. "

Un sourire taquin apparut sur le visage de la plus jeune. Sourire qui alluma des signaux d'alerte dans le cerveau de Sarah qui ne put s'empêcher d'éclater de rire.

" Ne va pas t'imaginer quoi que ce soit de... stupide Tamara. "

" Mais bien sûr, je m'imagine des trucs... son doigt parcourait la légende de la photo, cherchant de toute évidence à identifier la fameuse connaissance de sa sœur aînée. Sœur qui, voyant la catastrophe arrivée, s'était déjà levée. Aaah ! Trouvé ! Hum... il est pas maaal. "

Le magazine glissa soudain des mains de l'adolescente.

" Je lui dirai qu'il te plaît si j'en ai l'occasion un jour, promis. "

" Comment tu retournes la situation discrètement toi ! Ça ne se passera pas comme ça ! "

Si la plus jeune ouvrit les hostilités, la plus agée ne fut pas longtemps en reste et, quelques instants plus tard, les plumes d'oreiller voletaient dans la pièce tandis que la bataille faisait rage.

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Juillet 2046, un bord de mer sur la côte galloise


" Ça va. Ça c'est plutôt bien passé. "

Sarah tourna la tête vers la rouquine qui venait de passer son bras sous le siens.

" C'est vrai. Elle ne m'a même pas mise à la porte. "

Les deux sœurs se mirent à rire. Derrière elles, les empreintes de pieds dans le sable témoignait de leur trajet depuis leur arrivée. Le ciel était couvert, la pluie menaçait et une chaleur lourde enveloppait les deux seules personnes encore présentes sur la plage, sandales à la main.

" C'est rigolo de nous retrouver de nouveau tous à la maison. J'ai l'impression de redevenir une gamine."

" Tu es une gamine Tamara. "

La brune eut juste le temps de s'écarter pour éviter un coup de coude plutôt mérité. Après des excuses en bonne et due forme, la promenade reprit alors que l'orage grondait dans le lointain.

" Oh Saraaah ! Fais moi un nuage d'étoiles filantes, comme quand j'étais à Poudlard. J'adorais quand tu faisais ça. "

" Oh... ça fait un petit moment que je n'ai pas fait ça. Vais-je encore y arriver... On va faire la récolte avant la nuit. Tu t'occuperas du bouclier de protection. Tu es une grande maintenant il paraît. "

La sorcière sortit sa baguette en lançant un regard taquin à la cadette et bientôt une traînée de petits coquillage se mit à suivre les deux sorcières tels les rats suivant le joueur de flûte de Hamelin.

À la nuit tombée de la nuit, le bruit des vagues roulait sur les dunes silencieuses. L'orage s'était tu après avoir détrempé les lieux. Seul une zone ronde demeurait étrangement sèche sur la plage. En son centre, les sœurs Priddy rattrapaient tout bas le temps perdu, assises devant un tas de coquilles, petites pierres et coquillages.

" Je crois qu'il fait assez nuit. Prête ? Lumos. "

Alors qu'un petit dôme invisible se formait à la demande de Tamara, des dizaines de lucioles semblèrent s'allumer sur le sol. Sarah les repoussa hors du champ de protection et ferma les yeux, prête à invoquer son sort favoris.

" Ventus. "

Un tourbillon heureusement fort bien maîtrisé se forma sur la plage entraînant avec lui tous les petits cailloux luisants. Le ciel des deux sœurs fut aussitôt parsemé d'une nuée d'étoiles filantes qui semblait ne vouloir s'offrir qu'à elles seules, illuminant le noir de la nuit.

" Fais un vœu Sarah. J'ai fait le miens. "

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TW : Violence, manipulation, domination

Septembre 2037
Bonjour Tamara !

Comment vas-tu ?

Je suis toujours en Amérique et je crois que je risque d'y rester bien plus longtemps que prévu, la Louisiane est un endroit fabuleux où se mêlent magies et légendes, ça te plairait ! Toi qui aime les créatures étranges et les témoignages fous des moldus, tu serais servie.

Les peintures de Dylan sont merveilleuses, il faudrait que tu les vois. Je maîtrise maintenant parfaitement la technique des pigmentations. Je dois aller acheter quelques fioles, certaines sont tombées la semaine dernière et il m'en manque pour stocker mes petits ingrédients et j'en profite pour t'envoyer ce courrier. Je ne vais pas souvent en ville car Dylan veille généralement à ce que je ne manque de rien mais il est parti depuis quelques jours pour une exposition.

Seul point noir, autour de la maison, les marécages sont un peu trop remplis de moustiques à mon goût et de rougarous parait-il mais je n'en ai jamais croisé. J'ouvre l'œil et je t'enverrai un cliché si j'en vois un.

Passe le bonjour à la maison. Plein de bisous pour toi !
Ta grande sœur préférée.


Sarah avait reposé sa lettre précipitamment. Elle avait failli oublier ! Elle se mordillait la lèvre, se morfondant au-dessus du petit chaudron. Heureusement qu'elle s'en était rendue compte à temps. Un peu plus et la peinture aurait été inutilisable. Dylan ne travaillait qu'avec le meilleur et des pigments trop chauffés donnaient souvent une pâte trop épaisse pour s'étaler avec précision et moins brillante ensuite. La conservation de la toile en pâtissait aussi même avec un enchantement parfait par la suite. Depuis presqu'un an qu'elle assurait les préparations, elle maîtrisait maintenant le sujet et surtout les effets indésirables. Dylan s'effondrait quand son œuvre était gâchée à cause d'une préparation médiocre. Sarah ne pouvait que comprendre la quête de perfection du sorcier et faisait de son mieux pour le soutenir. Elle aimait son regard empli de fierté quand il se posait sur ses toiles ou sur elle. Oui, sur elle. Elle était devenue la seule et l'unique personne avec qui il partageait la création de ses toiles, celle qui veillait sur les ingrédients et qui partageait sa vie exaltante, pleine de passion. Concentrée sur sa tâche, les yeux rivées sur le mélange qui prenait doucement la couleur attendue, elle n'entendit pas les pas sur le perron.

Quand le bruit de la porte lui fit prendre conscience du retour du peintre, un sourire apparut sur son visage avant que Sarah ne palisse. La lettre. La lettre était restée sur la table. Le silence lui sembla soudain pesant et elle sentit sa main trembler, se forçant à maintenir la pression sur la cuillère en bois. Il ne fallait pas rater la préparation. La qualité des toiles en dépendait.

" Sarah... Je ne comprend pas... Je ne suffis pas à ton bonheur c'est ça ? Malgré tout ce que je fais pour toi ?"

La sorcière déglutit, sentant son rythme cardiaque s'emballer. Devait-elle répondre ou non ? La préparation était prête. La sorcière sortit sa baguette et fit léviter le petit chaudron hors du feu sans oser se retourner. Les colères de Dylan l'effrayait de plus en plus. Une main se posa sur son bras, les doigts se serrant un peu plus que nécessaire, la forçant à se tourner alors qu'elle allait refermer le pot désormais rempli de peinture bleue.

" Je te parle Sarah. Qu'est ce qu'il faut que je fasse pour que tu arrêtes de vouloir m'écarter. Tu sais que j'en souffre à chaque fois. Ensuite, je fais des bêtises parce que... tu me fais mal. "

Le geste brusque lui fit perdre le peu de concentration qui lui restait. Le couvercle glissa de ses doigts et une partie de la pâte brûlante déborda, se déversant sur la peau de la brune. Elle retint son cri, sentant les yeux sombres du sorcier sur elle et ne trouvant pas la force de les affronter. Elle avait promis... Elle avait trahi sa parole et la confiance qu'il lui accordait.

" Pardon. "

Le pot de peinture chauffait dans sa main et alors qu'elle tournait l'avant bras pour le poser, la poigne de d'homme se resserra sur ses doigts, accentuant la pression sur la source de chaleur, stoppant son geste du même coup.

" Pardon... c'est tout ce que tu trouves à me dire. Tu m'avais promis. Plus de lettre, plus personne entre nous. Plus jamais. Sarah, je n'arrive à atteindre la perfection que dans notre bulle. Pourquoi tentes-tu de la briser ? Pourquoi veux-tu me détruire ? Moi je te donne tout, je te consacre chaque seconde de mon temps libre et toi, tu me trahis dès que l'occasion se présente. "

Sa main la brûlait et Sarah grimaça sentant des larmes poindre au coin de ses yeux. Elle osa un instant lever les yeux vers l'Homme qui la retenait, suppliante. Mais affronter les yeux sombres était trop pour elle. Ils brillaient d'une colère que la jeune femme connaissait trop bien maintenant. Chacun avait un côté sombre en lui, Dylan n'arrivait pas toujours à le maîtriser.

" S'il te plaît Dylan... Je... C'est ma sœur. Juste ma petite sœur. Personne d'autres. S'il te plaît... "

De nouvelles larmes apparurent sur ses joues alors qu'elle tentait d'appuyer son front contre la poitrine du sorcier, grimaçant sous la douleur qui s'accentuait sur sa main.

" Moi je n'ai pas de sœur. Je n'ai que toi Sarah, tu comprends. "

Ses doigts se resserrèrent un peu plus encore alors qu'il soulevait le menton de la Galloise la forçant à affronter son regard.

" Je n'ai que toi. Tu m'avais promis. Toi, moi, nos peintures et rien d'autres. Comment veux-tu que je te fasse confiance ? Comment veux-tu que je ne me laisse pas tenter par d'autres si tu ne tiens aucune de tes promesses ? "

Enfin, il lâcha la main brûlée pour tendre la sienne vers le feu encore allumé. Une seconde plus tard, le papier s'enflammait réduisant les mots de la sorcière en cendres alors que le peintre l'embrassait, faisant taire toute protestation.

" Je t'aime Sarah. "

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7 août 2048

Les bougies vascillèrent un instant avant de s'éteindre pour de bon, déclanchant un petit tonnerre d'applaudissements et un sourire radieux chez le Gallois désormais agé de 64 ans de façon on ne peut plus officielle.

La famille était au complet en cet après-midi d'été et tout chacun se tut en attendant que le père de famille ne fasse crisser l'emballage de son paquet cadeau. Quand le sourire de l'homme s'agrandit, creusant un peu plus les rides de son front, chacun s'autorisa à reprendre la parole.

" Holala, vous m'avez gâté, il ne fallait pas," précisa t'il alors que ses yeux brillaient, hurlaient le contraire. Ne pouvant résister, il ouvrit l'ouvrage ornithologique, faisant glisser ses doigts sur le papier glacé encore neuf.

" Tu pourrais attendre qu'on mange le dessert tout de même. "

Le livre se referma prestement.

" Tu as raison, chaque chose en son temps. Je vais tout de même percher la petite figurine de milan sur le bord de mon verre. Qui y a pensé ? Regardez, reconstitution du barrage. Tu te souviens quand on allait les voir là-bas Sarah ? "

L'intéressée hocha la tête en posant devant elle une assiette contenant désormais une part de tarte aux fraises. Elle se souvenait en effet très bien de ces moments partagés avec son père. Elle n'aimait pas particulièrement les oiseaux que le vieux professeur chérissait, mais, petite, elle adorait partir avec lui en excursion et partager son petit bonheur d'ornithologue amateur.

" Mais comment vas tu boire avec ce truc sur ton verre. "

Cette fois cependant, personne ne sembla entendre le bon sens maternel et les conversations continuèrent alors que Tamara distribuait des parts plus ou moins égales de tarte.

" Dire que moi et Simon tu ne nous as jamais emmenés. Me voilà jalouse ! lâcha la rouquine en riant, balaçant un instant plus tard une serviette de table à son frère quand il avoua avoir lui aussi connu ce petit privilège faisant naître un éclat de rire général.

" Si tu veux je t'emmenerai le week-end prochain Tamara. On testera mes toutes nouvelles jumelles ! Quel dommage qu'on ne voit plus les milans chez nous..."

Un sourire amusé passa sur le visage de la professeure de Sortilèges. De sa main droite elle attrapa la petite figurine avant de murmurer un mot. Quand les doigts de la femme s'ouvrir, un petit Milan, plus si petit que ça s'éleva soudain dans les airs sous les applaudissements et les rires des trois hommes présents autour de la table. La plus âgée de l'assemblée cependant, désormais silencieuse au bout de la table, semblait bien pâle.

" Sarah. Tu connais la règle dans cette maison. Elle n'a jamais changé, pas de baguette magique. Déjà, la dernière fois, je n'ai ruen dit mais... "

" Saraaah ! Par Merlin ! Maman, rassure toi, la règle est respectée à la lettre. Pas de baguette. La Rousse se leva pour attraper la main de sa sœur, l'observant soudain avec attention. Depuis quand ? Tu ne m'avais pas dit que tu y arrivais ! Holala... quelle classe ! "

" Ça suffit. Expliquez-vous ! "

Mais ce fut une voix douce et posée qui monta, coupant court à toutes les explications.

" Je crois qu'il n'y a pas besoin d'explication dans l'immédiat. le regard du père de famille suivait des yeux le petit milan qui planait au dessus de lui, un grand sourire aux lèvres. Il reporta soudain son regard sur son épouse. Je crois aussi... qu'il est temps que nos règles évoluent quand nous sommes entre nous, mais nous en parlerons après le dessert. Ta tarte aux fraises est toujours le meilleur moment du repas à mes yeux et la partager avec vous en regardant un milan me comble de bonheur. "

Sa petite cuillère tinta en heurtant la porcelaine et sans un mot de plus, il commença sa dégustation, bientôt immité par le reste de la famille malgré un silence impressionnant et des regards en coin.

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Samedi 5 septembre 2048, après-midi.

Les pieds frappaient les pavés humides d'un pas régulier et les mots se mêlaient, parfois tintés d'éclats de rire depuis une bonne heure désormais. Les sacs des sœurs Priddy étaient remplis, les achats étaient terminés et les deux femmes s'arrêtèrent sur le bord du trottoir, prêtes à repartir chacune de leur côté, mais avec l'envie de ne pas se séparer tout de suite en vérité.

" Bon allez, tu fais un bisou de ma part à Rafael. "

Elles se rapprochèrent pour se faire la bise et la brune tendit à la rousse un sac de tissus tout en répondant à l'air taquin de sa sœur.

" Je n'y manquerait pas. Passe le bonjour à Donovan. Tu travailles demain ? "

" Non. Une fois n'est pas coutume, j'ai mon week-end. C'est un peu le problème du tourisme, il faut travailler quand les autres ont des envies de promenades. "

" C'est sûr... je sens une petite pointe de... Tu en as marre ? Quand tu parlais de ton poste à la réserve, tu semblais plus enthousiaste. "

La rousse fit une petite moue, hochant la tête alors qu'elle réfléchissait à la réponse à donner.

" En fait... c'est... J'aime bien faire découvrir la réserve aux gens, travailler auprès des dragons, tout ça... mais... Ce n'est pas ce que je voulais faire. Mon rêve c'était de travailler au ministère pour la régulation des accidents magiques ou les animaux en balade. Je rêvais d'intervenir auprès des populations moldues, les rassurer, leur concocter de nouveaux souvenirs... Ouais, je sais c'est bizarre. C'est pour ça que j'adorais les archives du muséum. Les vieux témoignages des moldus sont extraordinaires à lire. C'est tellement évident que les créatures décrites sont des animaux magiques... Enfin bref, j'ai fait la GEAD pour guider les touristes. Des fois, ça m'agace... mais il y a sûrement bien pire que moi, je n'ai pas à me plaindre. J'ai de la chance d'avoir trouvé un lieu de travail ouvert sur bien des sujets et... elle baissa la voix soudainement ne considérant pas les nés-moldus comme des moins que rien. Bon allez, j'y vais. Merci de m'avoir aider à choisir mes tissus ! Je te montrerai le résultat ! "

Sur ces mots, dans un petit claquement sonore, la rousse disparue, laissant la brune perplexe sur le trottoir de la Capitale Sorcière, gouvernement ouvertement anti nés-moldus...

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Début juillet 2050

Passer du temps en famille... Assise dans le sable, adossée au gros rochers qui bordaient la plage, Sarah retint un nouveau soupir en entendant sa mère distribuer un nouveau conseil à Tamara. Pourquoi Merlin fallait-il qu'elle sache tout mieux que tout le monde ? Et pourquoi... Le regard de la sous-directrice croisa un instant celui de sa petite sœur et elle y perçut sans le moindre doute un agacement certain. Pourtant, Tamara ne dirait rien. Chacune avait son rôle dans la famille.

Dans la famille Priddy, je voudrais la mère ! Maman prodiguait les bonnes mœurs et lançait les grandes vérités qui dirigeait sa vie sans se soucier de savoir si ces vérités étaient aussi valables chez les autres. Elle avait le reproche constant et la verbe facile.

Le père ! Le regard de Sarah glissa vers son père qui, plongé dans ses mots croisés, les yeux cachés par l'ombre de son bob, semblait ne pas avoir entendu le moindre mot de cet échange. L'ainée de la famille sourit devant ce mensonge facile, attendrie malgré elle. Papa avait toujours fuit les grandes décisions, préférant profiter de l'instant que de se perdre en bavardages inutiles. De toute façon, sa femme avait toujours eu le dernier mot, ou presque, et mieux valait lui laisser la main que de batailler pendant des heures pour finir par céder. À sa façon, il gagnait du temps.

" Tu sais maman. Je pense qu'il n'y a pas qu'une façon d'élever un enfant et je suis persuadée que Tamara s'en sortira comme les milliers de femmes avant elle qui ont, un jour, hérité du doux surnom de maman. "

La fille ! La première, celle qui râlait, celle qui disait les choses. Celle qui avait mis le bazar en devenant un jour sorcière au grand désespoir de sa mère et donc de son père par effet papillon même s'il ne l'avouerait jamais. Celle qui avait un jour disparu pour revenir dix ans plus tard, la casse-pied pour rester polie. Sarah, la gamine pleine de joie et de légèreté avait été métamorphosée par son passage à Poudlard et surtout par les règles imposées au sujet de la magie à la maison ; pas un mot était la règle pour le bien-être de tous et surtout de sa mère. Moins elle en savait, mieux elle se portait ! Sarah qui venait de recevoir un regard lourd de reproche pour avoir osé remettre en question la sainte parole maternelle.

" Tu sais maman, je crois que Sarah a raison. Je suis contente d'avoir tes conseils et ton aide mais, les choses ont changé et je tiens à élever mon enfant comme je le souhaite et comme Donovan le veut aussi. Je sais que tu n'aimes pas ça mais, les couches lavables sont très efficaces et bien moins irritantes que certaines couches... moldues. "

La fille ! La deuxième, Tamara, toujours souriante, toujours conciliante. Elle était la charnière de la famille, celle qui permettait à l'équilibre de se maintenir. Tamara marchait sur un fil, portant à bout de bras toute son petit monde, sans jamais faiblir, sans jamais douter, du moins, c'est ce qu'elle laissait transparaître et, pour ça, Sarah l'admirait. Tamara était la bonté incarnée, toujours prête à se sacrifier pour les autres pour...

" Siiiimonnnnn ! "

Le fils ! Le petit dernier, celui qui semblait vivre dans un autre monde et qui venait de déposer sans que nul ne sache vraiment pourquoi une brassée d'algues brunes sur la tête de sa mère. Simon, celui que Sarah ne connaissait pas vraiment. Celui qui s'affranchissait des règles comme on franchit une porte et qui semblait vivre au jour le jour sans se poser de question. Il s'excusait maintenant auprès de la matriarche mais, son sourire extatique ne trompait personne. Il était hilare et de toute évidence particulièrement fier de sa farce.

Sarah balaya la petite assemblée du regard et s'arrêta sur Edwen, le dernier de la bande.

" Toi, tu ne sais pas dans quoi tu t'es lancé. "

Famille !


668 mots

#343663 -------- absence du 24 au 28 juin
... ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page.

Recueil de OS PNJ Les sœurs Priddy
Sur la pointe des pieds ou presque, elle était entrée dans le bureau. Le bureau d'Elina, le bureau de la directrice. Certes, Sarah occupait ce rôle aujourd'hui, mais... Non, ce n'était nullement son bureau, même si les anges de l'entrée la laissaient pénétrer sans soucis. Après avoir trouvé le dossier qu'elle cherchait, la sorcière s'assit au bureau pour le consulter. Elle attrapa son carnet dans sa poche et nota rapidement les informations dont elle avait besoin. Son regard parcourut les murs, les tableaux, les étagères et revint sur le parchemin et la plume toujours dans sa main droite. Après un soupire, elle reposa la plume sur le papier et la laissa courir comme ses yeux couraient un instant plus tôt sur les murs de la pièce.
Coucou toi !

Et bien... Qui aurait pu penser que tu serais là un jour Sarah ? Pas toi hein ? Pas grand monde au final. Une née de moldue assise dans le plus haut bureau du château... Avec un né de moldu comme bras droit, quelle affaire. Certains ancêtres doivent se retourner dans leur tombe. Étonnant que la presse n'ait pas encore bavé des prédictions désastreuses dans leurs colonnes en prétextant percer à jour les secrets de l'école décadente. Tu devrais peut-être lire les mémoires de Armando Dippet pour apprendre des erreurs de ce directeur mis face à des imprévus constants.

Pourquoi tu ne t'installes pas dans le bureau de la directrice puisque tu es actuellement directrice ? Non, tu as raison, tu es simplement directrice par intérim... une remplaçante. Ce bureau n'est pas le tiens, il ressemble à une autre et c'est très bien comme ça.

Cela dit, tu es une remplaçante qui doit assumer pas mal de trucs dans l'urgence depuis quelques jours et, par conséquence Sarah, peut-être que tu devrais lever tes fesses de ce fauteuil maintenant et aller faire ce que tu étais en train de faire un peu plus tôt. Comment ça tu as la flemme ? Allez ! Bouge Sarah !

On se retrouve bientôt...
Sur ce, avec un sourire, la sorcière se releva et ferma le carnet sur la page désormais bien rempli avant de le glisser dans sa poche. Elle rangea le dossier là où elle l'avait trouvé un peu plus tôt et quitta les lieux après avoir saluer les directeurs peints dans les tableaux du mythique bureau.

Inktober Professeurs
Moi le magicien : Écrire une page de journal intime.
Faire mention d'un livre autobiographique ou qui aide à réfléchir sur soi.

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