Aalana Catharsis

2011, grandes vacances de première année, Partie II
La bataille fut longue, mais elle finit par obtenir l'autorisation de rencontrer Holly, dans Londres. Cabel s'était porté volontaire pour servir de taxi et s'assurer que la rencontre ne prenne pas une ampleur disproportionnée. Enfin, il souhaitait surtout fuir l'agitation de la maison avec le mariage de Flynn qui approchait à grand pas, chose que Aalana aurait su si elle avait pu lire les courriers qu'on lui avait envoyé.

Assise sur un banc dans le parc choisit par Holly, Cabel n'était pas très loin, à quelques mètres devant ledit banc pour nourrir les canard de l'étang. L'heure du rendez-vous était déjà dépassée depuis une dizaine de minutes, et Aalana craint que l'Anglaise décide de ne plus venir, mais à cet instant, elle la vit arriver, sa coupe garçonne n'avait pas changée, sa démarche non plus, son regard non plus... Mais pourtant, Aalana ne ressentait plus du tout la même joie en la voyant.

- Salut Aalana, j'étais surprise que tu demandes à me voir comme ça, j'ai des choses à faire tu sais? Tu peux juste exiger de moi qu'on se retrouve. Mais bon, comme on est amie, je te pardonne.

Elle voulait aller droit au but, clarifier cette situation qui, elle l'espérait, ne pouvait qu'être un malentendu...

-... Holly, c'est important, alors je veux que tu me répondes: où sont tes parents en ce moment? Est-ce que tu m'as dit la vérité à leur sujet?

Holly l'observa quelques secondes. Elle avait été claire avec Aalana concernant ce sujet: elle ne voulait pas lui en parler. Alors qu'elle exige ainsi d'en apprendre plus sur eux, comme si le simple fait d'être d'une famille sorcière qui a plein d'argent lui permettait de la prendre de haut.

- Aalana, je t'as pas dit que je n'aimais pas parler de mes parents? Rah, non mais ça t'amuse de te moquer de moi? Prête à partir, elle se leva du banc, mais fut bien vite arrêtée par celle qui commençait enfin à ouvrir les yeux sur la personne qu'elle avait en face d'elle.

- Ton père, il travaille vraiment dans la police? Et ta mère est vraiment infirmière ?

- Rah, mais tu me saoule! Qu'est-ce que ça peut bien faire hein?! Oui, c'est ça, c'est bon maintenant?! La manière dont elle s'emportait n'avait rien de rationnel, et surtout, ce n'était pas ce que Holly lui avait raconté sur ses parents. Son père était censé être un chef de police, et sa mère un docteur.

Aalana se dressa sur ses pieds, le ventre noué, et la gorge serrée. Quel cauchemar... Mais, il y avait peut-être une autre solution, elle avait peut-être une bonne raison de lui mentir...

- Holly, c'est ma dernière question: qu'est-ce qu'il s'est passé avec Ava Adams et Yula Clift? Cette fois le brune à la coupe en brosse s'arrêta pour considérer Aalana, toute colère ayant quitté les traits de son visage. Elle ne laissa même pas paraitre la surprise d'entendre ces deux noms et se contenta de répondre d'une voix calme.

- Comment tu les connais? Ah, qu'importe, Aalana t'es bien trop envahissante, c'est pour ça que ta famille ne t'aime pas. Franchement, qu'est-ce que tu ferais sans moi?

- Holly... Tu sais, je croyais vraiment que tu étais mon amie. Mais en fait, tu me détestes hein?

A nouveau Holly la considéra en silence, l'air de plus en plus lassée de cette conversation alors qu'Aalana sentait ses yeux la piquer.

- T'es agaçante hein. Je suis là pour t'aider moi, parce que t'es insupportable! Tu te pense inatteignable parce que tu viens d'une bonne famille, mais tu vaux pas mieux que moi! Sa voix témoignait d'une certaine colère à l'égard d'Aalana, qui termina de convaincre l'enfant. Non, Holly n'avait jamais été son amie. Tu sais, je fais ça pour toi. Il faut détruire ce qui est faible pour mieux le reconstruire. Ah, mais tu sais, j'suis sûre que c'est pas de ta faute, ça doit être à cause de tes parents si t'es s-

BAM

L'Anglaise n'eut même pas le temps de compléter sa phrase que la coup était porté. Aalana venait de lui mettre une gifle était partie avec une force telle que la main de Aalana lui en était douloureuse. Le choc avait laisse la seconde enfant silencieuse, réalisant tout juste que le coup qu'elle venait de recevoir n'était pas une hallucination ou autre. Tout en retenant ses larmes, Aalana se pencha vers Holly, et lui murmura que plus jamais, elle ne voulait entendre parler d'elle.

[...]

De retour au manoir, Aalana s'était empressée d'éviter toute rencontre pour monter immédiatement au deuxième étage, et aller voir son père. Elle avait peut-être évité de gros soucis grâce à lui, mais il y avait trop de questions sans réponses. Dressée devant la porte, le poing suspendu en l'air, elle ne parvint pas à se décider à finalement toquer.

- Il n'est pas dans son bureau, il est parti avec Flynn tout à l'heure dans les bois. Sa tante Anneline, baguette en main transportait une pile de livres.

- Oh, merci ma tante. Alors qu'elle passait à côté pour s'en aller trouver son géniteur, la femme aux cheveux blonde l'arrêta en lui bloquant le passage de son bras.

- Aalana, tu viens de comprendre pourquoi notre emblème est le Phenix non? Après chaque coup dur, on se relève, encore plus fort qu'avant. Mais ça ne veut pas pour autant dire qu'il faut provoquer les coups du sort. Même un Phénix peut disparaitre. Cette mise en garde avancée, Anneline, reprit sa tache, laissant aux soins d'Aalana, la tâche de comprendre le message de sa tante.

En entrant dans le bosquet, Aalana hésita d'abord. Elle avait des indications très précises pour trouver son père, mais elle craignait tout de même de le rater. Au final, sa longue hésitation prit fin lorsqu'elle aperçût son père quitter les bois en compagnie de Flynn, lequel les laissa discuter.

- Père, je voulais savoir comment vous aviez eu toutes ces informations ? Et surtout, je ne crois pas avoir fait mention de Holly tant de fois dans mes quelques lettres pour que cela puisse, vous mettre la puce à l'oreille...

Liam observa sa fille, s'étant douté que la question lui serait posé. Susan aussi s'était interrogée sur sa presque obsession à faire des recherches sur les noms cités dans ses lettres ou directement par la cadette de la famille O'Denn qui avait été chargé de la surveiller. On avait jugé qu'il allait trop loin, qu'enquêter sur une enfant n'était pas nécessaire... Mais il savait qu'il faisait bien de ne pas écouter.

- J'ai un bon instinct, et il serait bon pour toi que tu puisses rapidement te rendre compte de la véritable personnalité des gens autour de toi. Tu dois comprendre que tu ne peux compter que sur toi-même dans la vie, et ne pas t'attendre à recevoir constamment de l'aide.

-... Mais, n'est-ce pas le propre d'une famille, de se soutenir et de veiller les uns sur les autres?

- Si c'est vraiment ce que tu crois, tu es condamnée à ne pas pouvoir évoluer. Aalana, sais-tu ce qu'est la trahison? Penses-tu que l'on puisse être trahie par ceux dont on se méfie? Par des inconnus? Non, on ne peut être trahi que par ceux qui te donnent l'impression d'être en sécurité. En ce sens, ta famille sera toujours la chose la plus dangereuse dans ta vie. Il prit un instant pour observer sa fille. Ne te fie jamais aux apparences. Ce n'est pas la buse ou la charogne qui mangera son propre petit, mais ceux dont on se méfierait le moins: l'hirondelle, le moineau ou la mésange.

-... Je ne me ferai pas manger.

-Pourtant tu dois bien admettre n'être pas plus débrouillarde qu'un oisillon.

Piquée à vif, Aalana serra les poings en toisant son père, même si soutenir son regard lui était compliqué.

- Même si je n'étais qu'un oisillon, je saurai vivre par moi-même, je n'ai pas besoin qu'on veille sur moi!

Liam émit un soupir. Il avait cru que sa fille grandissait, mais en réalité elle restait un enfant capricieux qui refusait de comprendre les choses. Lassé de cette conversation qui ne pouvait avancer, il délaissa sa fille du regard, et s'en alla, en lâchant une dernière phrase à l'égard de sa fille.

- Mais l'oisillon pourra brasser autant d'air qu'il le souhaite, il ne réussira qu'à se briser les ailes.

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Aalana Catharsis
Août 2011, mariage du cousin Flynn Coel avec sa fiancée June Barrow
-Aalana? Aalannaaaa. Allez, viite!Aallaaannnnaaaaaa!

Refusant d'ouvrir les yeux, elle se contenta de repousser la tête du petit qui lui secouait le bras. Mais elle n'eut plus aucune chance d'ignorer son frère plus longtemps quand on vint lui retirer sa couette sans préavis. Elle se redressa en sursaut, les yeux ronds en découvrant sa tante Anneline qui l'observait.

- Allez, dépêche-toi de t'habiller on y va. Sans donner la moindre explication supplémentaire, Anneline quitta la pièce, rapidement suivit de Joey qui pressa sa soeur en lui déposant quelques habits entre les mains.

L'enfant ne comprenait certes pas la situation, mais si sa tante Anneline lui disait qu'ils avaient quelque chose à faire, alors ça ne pouvait qu'être le cas. Alors tout en s'habillant rapidement, expédiant sa toilette en quatrième vitesse, elle tenta de se remémorer de ce qu'avait pu déblatérer son frère quand il était venu la réveiller quelques heures plus tôt, mais rien ne pu l'aider à éclaircir la situation.

Sur le chemin pour quitter la demeure, Aalana prit la main de son frère qui semblait surexcité, et suivit sa tante en silence, alors qu'elle leur indiqua de monter dans une voiture. Mais où pouvaient-ils aller? Que devaient-ils faire? Ces questions emplissaient la tête de la Gryffondor, dont le coeur battait de plus en plus fort au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de la civilisation Moldue. En 12 ans, Aalana n'avait jamais eu l'autorisation de se rendre dans la ville, quitter le domaine lui était tout bonnement impossible. Alors découvrir cet endroit la poussait à s'extasier devant la moindre chose. Le nez collé à la vitre, l'enfant s'empressa de descendre du véhicule en reprenant la main de son frère lorsque leur tante le leur indiqua.

Les trois Coel sur le trottoir, Anneline ne manqua pas de voir l'émerveillement dans les yeux des enfants, et décida de les laisser s'enthousiasmer encore quelques minutes, jusqu'à ce qu'une voiture ne se gare juste derrière la leur. Il en sorti un jeune homme gominé qui s'empressa de faire le tour de sa voiture pour ouvrir la portière du côté passager.

- Je me demande laquelle est nouvelle. Ce commentaire attira aussitôt l'attention des deux enfants qui affichèrent un air curieux. Pour qu'il soit aussi prévenant, l'une des deux est nouvelle: la fille ou la voiture.

- Bon, on y va! Joey ne tarda pas à s'exclamer, impatient de mener sa mission à bien, laquelle était de trouver un cadeau pour les futurs mariés, qui soit dans ses finances.

[...]

La mission s'était avérée bien plu compliquée que prévu, Joey ne voulait pas offrir un simple bouquet de fleur, des pâtisseries de qualité coutaient trop chères, comme des bijoux ou des parfum et il refusais qu'Aalana ou Anneline ne lui avancent ce qu'il lui manquait... Assis sur un banc Joey refusait de s'avouer vaincu mais cachait difficiement sa déception, malgré qu'Aalana lui frottait le dos en lui répétant qu'il finirait pas trouver...

Au milieu du réconfort qu'elle cherchait à apporter à son cadet, un homme s'arrêta en face da sa tante, laquelle le dévisagea comme on regardait une chose sans importance. L'homme semblait assez jeune, plus que Anneline en tout cas, et s'empressa de tendre une rose à la blonde, laquelle se contenta d'hausser un sourcil.

- Mademoiselle, il m'est impossible de simplement passer mon chemin sans vous dire à quel point votre beauté est fascinante! Je m'appelle Oscar, j'ai 26 ans et j'espère que vous accepterez cette rose! Evidemment, elle ne vous engage à rien.

Aalana était stupéfaite, tout comme Joey d'ailleurs. La brunette savait bien que sa tante était une belle femme, que ce soit grâce à ses long cheveux blonds parfaitement lisses, ses joues creuses qui affinaient son visage ou son regard mystérieux et distant gris aux reflet bleus couvert par ses long cils ou même sa posture droite qui la faisait facilement dominer d'une tête son entourage du haut de son mètre 78, sa tante était pour elle la parfaite définition d'une femme fatale. Aalana trouvait presque dommage que sa tante ne s'intéresse pas au mariage. Qui sait à quel point sa descendance pourrait être belle?

Anneline observa un instant encore le jeune homme et se redressa pour l'observer. Elle paraissait légèrement plus grande lui, mais ses talons jouaient sûrement là-dedans.

- Ecoute gamin, j'ai d'autres choses à faire, alors dépêche toi de tourner les talons. Face au manque de réaction du jeune homme, elle plissa les yeux en se penchant vers lui. Je déteste me répéter. Et comme si le sens des paroles venaient à peine de lui parvenir, il recula, l'air désorienté, sa rose en main, et s'en alla, en jetant de nombreux coup d'oeil en arrière, mais Anneline en avait déjà terminé avec lui. D'ici quelques minutes, elle oublierait son existence.

En entrant dans un énième commerce d'accessoires, Aalana laissa Joey aller arpenter les allées et les présentoirs pour rester aux côtés de sa tante. Anneline était une femme forte, belle et qui ne supportait pas qu'on lui manque de respect. Elle était bien différente de sa mère, mais pour autant, toutes deux étaient ses modèles féminins.

- Ma tante, vous ne comptez pas vous marier? Jamais? Même si vous tombez amoureuse et que c'est un homme bien?

- Pourquoi est-ce que tu veux parler de ça?

- Hé bien... Je suis curieuse. Grand-mère Ella voulait à tout prix marier tante Casey au plus vite, mais pas vous. Je me demandais pourquoi...

- Tu sais Aalana, on peut peut-être trouver des hommes biens aux quatre coins du monde, mais je dois te rappeler que la terre est ronde.

Face au regard persistant de sa nièce la blonde finit par pousser un soupir en jetant un coup d'oeil à son neveu qui observait deux bracelets qu'il ne pourrait jamais s'offrir.

- Ecoute, le mariage est le plus souvent considéré comme un contrat: les deux parties vont obtenir ce dont elles ont besoin, du prestige, de l'argent, ou du pouvoir, tu vois, ce genre de choses. Mais quand on y regarde bien, ce sont souvent les femmes qui y perdent le plus. Elle se retrouvent coincée avec un homme incapable, persuadée d'avoir accompli une chose merveilleuse. Moi, je me suffit à moi-même, et je n'ai pas besoin de qui que ce soit pour obtenir ce qu'il me manque. Si je veux plus de pouvoir, j'en obtiendrai plus par moi-même.

- Ma tante, c'est quoi le pouvoir?

- Le pouvoir? Le pouvoir, c'est de savoir jusqu'à quel point on peut agir imprudemment sans avoir de problèmes.

[...]

Dès leur retour bredouille au manoir, les enfants furent presser de rejoindre leur chambre pour revêtir leurs habits. Aalana était censée apporter les alliances, alors son absence avait mit la maisonnée sans dessus dessous. Elle prenait l'habitude de devoir enfiler des vêtements à plusieurs couches, fermer des boutons difficilement accessible, et se retenir de gratter sa peau qui la démangeait, mais ce n'était pas le cas pour son cadet, qui ne se remettait pas de pas être parvenu à trouver de cadeau en fin de compte. Tout en l'aidant à lacer ses chaussures, elle le rassura en lui assurant que ni Flynn ni June ne lui en voudrait. Main dans la main, les enfants gagnèrent la volière, où tous les invités étaient déjà présents. Un tapis doré avait été déroulé pour remonter l'assemblée, séparant d'un côté la famille du marié et de l'autre celle de la mariée. Les Borrow était en majorité français, et cela s'entendait dans la volière, des sons et des mots que Aalana n'avait jamais entendu résonnaient à ses oreilles. Sa grande tante Gillian, la mère de Flynn, n'avait pas arrêté de rire de son fils en le taquinant sur le fait qu'il entrait dans une famille dans les aïeuls avaient pendant longtemps brillés grâce à leur statut de noble, mais ce n'était pas ce qui avait provoqué ce mariage, de ce qu'elle avait pu entendre, les Borrow était une famille travaillant dans l'archéologie, et ils possédaient un capital conséquent. Mais, elle était rassurée, Flynn et June avaient l'air de beaucoup s'apprécier. Et peut-être même de s'aimer... Non, June n'était pas "coincée" comme pouvait le présenter Anneline.

A l'extérieur de la volière, Aalana observait les alliances dans l'écrin, et ne remarqua même pas l'approche de son oncle, Leroy. Celui se contenta de lui indiquer que son frère la cherchait. Les mariés allaient bientôt arriver, elle devait faire au plus vite, et cela l'étonnait que son frère la demande maintenant... Et surtout que ce soit son oncle Leroy qui vienne faire le messager. Mais face à son attitude pressante elle se dépêcha de rejoindre sa famille à l'intérieur, non sans oublier de confier l'écrin à son oncle à sa demande...

Au final c'était une erreur, il ne la cherchait absolument pas. Y avait-il eu un malentendu? La fillette s'empressa de retourner à sa place, alors que Flynn, vêtu de son kilt traditionnel et, selon la tradition, offert par la famille de June, avait remonté l'allée, pour attendre sa future épouse. June ne tarda pas non plus à remonter l'allée sous les regards des nombreux invités dans sa robe blanche, offerte également par les Coel. Aalana en était plus que certaine, c'était assurément de l'affection que l'on décelait sans mal dans leur regard.
Quand son tour arriva, elle fut fière d'avancer vers son cousin lui souriant, pour porter les alliances. Elle était fière que Flynn lui ai demandé, fière que June ait accepté, fière de les voir si heureux... Flynn récupéra la précieuse boite et félicita sa jeune cousine d'une légère tape sur l'épaule. La petite s'écarta bien vite, sans quitter les époux des yeux.

Mais en ouvrant la boite, Flynn resta figé un moment, ce qui ne tarda pas faire se lever des interrogations silencieuse dans l'assemblée. Nul ne pouvait comprendre ce qui bloquait ainsi le jeune homme, à part Aalana, qui de son emplacement pouvait parfaitement s'apercevoir que le trésor sur lequel elle avait personnellement veillé était vide. Elle perdit instantanément de ses couleurs alors que Flynn releva un regard vers elle, en glissant la boite dans la poche de sa veste noire. Il balaya un instant la volière des yeux, et s'illumina soudainement en s'approchant à rapide enjambé de quelques fleurs qu'il s'empressa de cueillir, pour les nouer en revenant vers June. June n'échappait pas à l'incompréhension grandissante, et se contenta d'observer Flynn lui glisser un anneau de fortune au doigts. Il lui tendit un second anneau identique fait rapidement avec l'une des fleurs qu'il venait de cueillir, et loin d'être offusquée, la rousse ne put retenir un rire en mettant la bague de fleur à son annulaire.

Aalana, elle restait livide, malgré les applaudissements, et la joie manifeste des deux époux, elle ne pouvait s'empêcher d'enfoncer ses ongles dans sa peau, enrageant contre son oncle. S'il se permettait d'agir ainsi, c'était parce qu'il pensait avoir du pouvoir non? Hé bien, elle n'avait pas le choix, elle devait en avoir plus que lui.
Reducio
la mariée June Barrow
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Aalana Catharsis
@Onyx Willard
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Holly s'était conformée à l'injonction, peut-être un peu violente, de l'Ecossaise. Aalana ne l'avait plus revu, malgré qu'elles soient dans la même maison, dans la même promotion, dans le même dortoir, mais elle n'allait pas s'en plaindre! Seulement... Même si elle avait bien compris que cette Gryffondor était un poison mortel sans le moindre doute, mais... La mithridatisation ne consistait-elle pas justement au fait d'ingérer des doses croissantes d’un produit toxique afin d’acquérir une insensibilité à celui-ci? Comment devenir quelqu'un de fort et digne des Coel, si elle ne pouvait même pas résister à une enfant jalouse? Au fond, Holly lui avait apporté de l'aide, et même si l'admettre donnait à Aalana envie d'hurler jusqu'à s'en faire exploser les cordes vocales: Holly n'avait pas entièrement tort, Il faut détruire ce qui est faible pour mieux le reconstruire. Si elle s'en était prise à elle, c'étais évidemment parce qu'elle paraissait fragile, et elle ne pouvait le nier. Sa quête de reconnaissance et d'amour désespéré avait fait d'elle une enfant vouée à se briser les ailes d'après son père. Hé bien, elle était décidée à lui prouver qu'il avait tort.

Il lui fallut du temps pour se rapprocher de ses camarades. Avant, elle faisait en sorte de passer beaucoup de temps avec Oscar, mais elle était bien trop honteuse d'avoir tourné le dos si facilement à son cousin... Elle se savait en tort, mais s'excuser... ça ne lui avait jamais paru aussi compliqué. Surtout qu'à présent, Issel -qui devenait une vraie peste !- rodait dans les couloirs. Ainsi, à part quelques regards en leur direction quand ils se croisaient dans els couloirs, ou encore en rejoignant en même temps la Grande Salle pour les repas, Aalana n'avait plus de contact avec ses cousins. Mais elle était reconnaissante, certaines personnes de sa promo s'était rendue compte de la soudaine solitude de celle qui avait passé sa première année collée aux souliers d'une autres, et doucement, elle avait pu se lier à de nouvelles personnes. Certes ils n'étaient pas réellement amis, mais elle était moins à l'écart.

[...]

Elle scandait avec force des encouragements pour l'équipe de Quidditch de son équipe. Si au début elle avait plutôt envie de rester au lit, elle ne regrettait pas d'avoir accompagné ces filles de son dortoir! L'année passée, elle n'avait assisté qu'à un match, ne voulant pas délaisser Holly qui n'aimait pas ce sport. Mais avec le recul, c'était sûrement parce qu'elle se sentait inférieur à ces gens capables de voler si haut en maitrisant si bien leur corps et leurs forces.

- OUUUAAAIIISS!

- Le match est incroyable! Tu trouves pas?! Les réactions de Aalana ne répondaient plus que grâce à l'adrénaline dans ses veines, elle se sentait porter par une puissance sans fin! Debout dans les gradins, les joues maquillées aux couleurs de sa maison, elle hurla sa réponse positive comme elle hurlait ses encouragements.

Quand vint la fin du match, après le départ des équipes, Aalana, se laissa tomber sur son siège, le coeur battant comme mille tambours. Doucement elle releva les yeux vers la cabine des commentateurs du match. Si elle avait vibré grâce au talent et aux stratégies mises en place sur le terrain, les commentaires, et la vigueur avec laquelle ils étaient prononcés ne l'avaient pas laissés de marbre. Leur vue sur le match devait être tout à fait fascinante de là-haut...

- Aalana, tu viens?

- Oui, oui... J'arrive... Mais, je me demandais, les commentateurs...

- OH! ouais, là c'était un Poufsouffle et une Serpentard! J'crois que c'est la première fois qu'ils commentent ensemble, ils font un bon duo non? C'est trop cool ce qu'ils font! Et puis, il mettent super bien l'ambiance!

- Oui, je suis d'accord... On y va? Comme elle le pensait, elle n'était pas la seule à nourrir un certain émerveillement face à ces personnes.

Doucement, les gradins se vidèrent, mais Aalana préféra rester près du stade, histoire de ne pas manquer les commentateurs. Dès leurs sortie, elle s'interposa pour les empêcher d'aller plus loin, et en se parant d'un sourire qu'elle espérait le plus amical possible, entreprit de leur faire part de ses questionnements.

- Hum, excusez-moi de vous interrompre, mais j'aurais quelques questions...
Dernière modification par Nélya Marks le 4 juil. 2024, 21:49, modifié 1 fois.

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Aalana Catharsis
@Erza McGowan coucou Zouzou <3
Deuxième année à Poudlard, 2011 - 2012

Depuis un mois maintenant, Aalana avait pu intégrer l'équipe de commentateurs des matchs de Quidditch, et enfin, son premier match allait arriver! Elle ne commentait pas pour sa maison, mais elle n'en était pas pour autant moins ravie! Les quelques personnes dont elle avait mit du temps à se rapprocher étaient à présent des amis proches, et son cercle social s'était rapidement agrandit en rejoignant l'équipe des commentateurs ainsi qu'un groupe d'étude.
Elle semblait totalement remise de sa mésaventure avec Holly, et en réalité, ses nouveaux amis préféraient éviter d'aborder ce sujet.

Cet après-midi, elle avait cours de Potion. Elle n'était pas très douée, pour son plus grand dam... Au moins, il y avait de nombreux exercices où elle n'était pas livrée à elle-même et son chaudron, comme durant ce cour, où elle se retrouva avec une Serpentard au cheveux sombres. Aalana n'était pas du genre à faire très attention aux gens, mais elle faisait tout de même un effort pour mémoriser les visages, cependant, elle était certaine de n'avoir jamais vu cette fille avant.

- Hum, salut. Je suis Aalana Coel. Et toi?

- Bonjour, moi c'est Ariana McGowan.

Ariana hein... Ce prénom lui disait au moins un semblant de quelque chose... N'était-elle pas douée en duel? De plus, McGowan, ce nom ne figurait-il pas parmi les invités du Bal du Phenix ?

La potion du jour était celle de la potion d'Enflure. L'idée de s'en faire asperger avait donnait des sueurs froides à la brune, qui était aussi fascinée qu'inquiète des usages de cette potion. Aalana relisait les ingrédients, et peut-être parce qu'elle était distraite par l'identité de sa camarade, un manque flagrant de communication entre elles les mena à rajouter plusieurs fois des ingrédients. Le résultat ne se fit pas attendre et alors que le chaudron chauffait sur le feu, et qu'Aalana en avait complètement oublié de vérifier le temps, sa camarade lui fit remarquer l'aspect étrange de leur potion.

- Je ne crois pas que ce soit normal que ça... Gonfle...

-Heuuuu, je suis d'accord... Tu crois que...

- BAISSE-TOI!

Avant même de pouvoir énoncer sa crainte, celle-ci se réalisa et la Serpentard s'empressa d'attirer Aalana sous la table pour leur éviter de gonfler. La potion explosa et aspergea quelques élèves aux alentours, des bras, des postérieurs, des oreilles... La classe avait tout pour créer un musée des horreurs!

- COEL, McGOWAN! 50 POINTS EN MOINS A VOS MAISONS, ET VOUS SEREZ PUNIES!

Tout en prenant garde à ne pas entrer en contact avec la substance, les deux sorcières se contentèrent de se regarder, retenant difficilement un rire face au spectacle des élèves affolés et courant dans tous les sens.

[...]

Il faisait nuit depuis longtemps mais Aalana ne parvenait pas à trouver le sommeil. Après le cours de Potion, elle avait passé près de deux heures à nettoyer la salle avec Ariana, et sans magie évidemment. Mais cela leur avait permis de discuter et de faire connaissance pendant qu'elle frottait le sol et les bureau pour faire disparaitre leur reste de préparation. Ariana était une fille fière de parler de ses exploits, mais Aalana ne la trouvait pas désagréable pour autant, au contraire! Elle avait l'impression de pouvoir s'entendre avec cette fille, et le sentiment semblait réciproque.

Entre cette possible amitié, et son match dans quelques heures, la brune pensait qu'il lui serait impossible de dormir. Après s'être tournée à plusieurs reprises dans son lit, elle finit par le quitter pour descendre jusqu'au petit salon.
Les yeux rivés sur ses pieds pour ne pas manquer une marche, elle n'avait même pas aperçu la légère lumière qui éclairé une partie de la pièce, pourtant, celui qui en était à l'origine ne l'avait pas manqué et l'observait avec un certain amusement à la voir fusiller des yeux les marches en prenant garde à ne pas glisser.

Quand elle fut enfin descendue des marches de légers applaudissements lui firent aussitôt relever la tête. Assit sur un des canapé, sa baguette allumé dans la main, le garçon lui offrit un sourire qui permit à Aalana d'apercevoir des fossettes creuser les joues du Gryffondor. Elle el connaissait, enfin, elle l'avait déjà vu, et plusieurs fois même. Reece Hammond, en troisième année, lui aussi excellait en duel.
Elle ne savait pas trop pourquoi, mais la légère lumière qui se dégageait de sa baguette lui donnait un charme particulier, presque envoutant, et elle ne put faire qu'obtempérer quand il lui fit signe de se rapprocher. D'abord hésitante, elle finit par s'asseoir sur un fauteuil en face de lui, et à son tour fit s'illuminer sa baguette.

Reece était ce genre de personne solaire qui attirait les gens autour de lui. Il était facile de discuter avec lui, et savait comment faire pour que l'on se sente spécial. Et en plus de venir famille aisé, son visage n'avait rien à envier à la beauté des statues grecques. Oui, il aurait été facile de dire que ce garçon sortait d'un conte de fées. Mais encore fallait-il savoir qui était sa princesse.

La lueur de la nuit ajoutée à l'éclat presque timides de leur baguette donnait à la scène un air merveilleux, mais ce qui préoccupait le plus Aalana, était de savoir quel pyjama elle portait! Soudainement attirée par ses vêtements elle s'empressa de baisser les yeux sur ses habits, mais ne put résister à l'envie de voir à nouveau le visage souriant de Reece quand elle l'entendit rire.

- Les enfants devraient dormir à cette heure-ci tu sais? A moins que, miss Coel, Il se redressa doucement pour s'appuyer sur ses genoux, le regard rivé dans les orbes de la jeune sorcière seriez-vous un oiseau de nuit?

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Aalana Catharsis
Deuxième année à Poudlard, 2011 - 2012, vacances de Pâques
Pourquoi avait-elle accepté de rentrer? Parce que Joey le lui avait demandé. Elle aurait très bien pu refuser, mais les mots de son frère faisaient échos à ce qu'elle avait pendant longtemps ressenti, et qu'elle continuait à ressentir parfois.
Le petit lui disait se sentir seul, s'ennuyer à ne faire qu'étudier, et qu'il n'aimait pas quand leurs parents étaient absents ou simplement trop occupés pour passer du temps avec lui... De plus, il paraitrait que leur cher oncle Leroy prenne des libertés qui auraient secouées la maison autant que les cris qui avaient retentit après. Elle ne voulait pas le laisser seul là-bas, et en plus, il lui manquait. Toutes les conditions n'étaient-elles pas remplies pour qu'elle fasse ses bagages?

Elle avait prit soin de prévenir Joey de son retour, et celui-ci avait promis de l'accueillir à la gare. Il n'avait pas menti. En descendant du train, elle avait rapidement remarqué sa tante Anneline et la petite tête bondissante à ses côté qui lui faisait de grands gestes.

Sur la durée du retour, Anneline semblait préoccupée, et ne répondait que par de vague "mh" aux quelques phrases des deux bambins. Que lui arrivait-il? Aalana ne pouvait que s'inquiéter en voyant sa tante ainsi... Et même la discussion légère qu'elle menait avec Joey ne parvenait pas à la calmer.

Une fois arrivée au domaine, Anneline pressa les enfants pour qu'ils montent au plus vite les marches, et les fit même passer par l'escalier secondaire, mais avant même qu'ils ne puissent atteindre le premier étage, la voix de Leroys s'éleva du bas des marches.

- Anneline? Les enfants sont avec toi?

-... Oui.

-Ah, si ce n'est pas merveilleux! Nous pouvons donc tous nous rendre à la Volière!

Le visage de sa tante était tendue... Et la raison n'était pas uniquement la pénible voix de Leroy... Mais alors quoi? A quoi était du la préoccupation de sa tante? Et ce ton faussement mielleux chez Leroy qui n'aurait même pu supporter de parler calmement des deux jeunes enfants? Dans le doute que son frère en sache plus qu'elle puisqu'il côtoyait toujours les adultes, elle baissa un regard vers son cadet, lequel ne semblait pas plus rassuré qu'elle par la situation... Doucement Aalana approcha ses doigts de ceux de son frère pour les lui agripper. Qu'importe ce qui pouvait bien se passer, ils étaient ensemble.
Leroy patientait toujours au pieds des marches, et tandis que les deux enfants s'apprêtaient à faire marche arrière pour rejoindre l'homme, Anneline s'empressa de les arrêter pour s'abaisser à leur niveau, le temps de quelques secondes, juste pour leur murmurer quelques mots.

- Quoi qu'il se passe là-bas, ne faites rien d'inconsidéré, ne vous mettez pas en avant, et n'écoutez pas votre oncle. Restez près de moi. Ses mains sur les épaules de sa nièce et de son neveux, elle les poussa doucement à descendre, malgré leur regard interrogateur. Quoi qu'il puisse arriver à présent, Joey comme Aalana sentait leur coeur battre à une vitesse anormale dans leur poitrine.

[...]

Il s'était avéré que des collègues Magiornithologues avec qui les Coel avait l'habitude de travailler leur avait demander d'héberger le temps de quelques jours un oiseau blessé et terrifié. Ce qui voulait dire en réalité que l'oiseau, que les spécialistes avaient le plus grand mal à immobiliser pour l'endormir, était dans un état de panique tel qu'il était autant dangereux pour lui que pour ceux autour. Pour préparer son arrivée, les Coel s'étaient tous mit à la tâche, et avec l'aide de quelques oiseaux personnels, s'étaient assuré qu'aucun résident de la Volière ne soit hors de son espace, lequel devait impérativement être fermé. L'oiseau en question, un vautour fauve, avait été retrouvé blessé dans une prairie écossaise, ce faisant il était bien loin de ses hauteurs rocheuses françaises. La volière des Coel étant la plus près et qui plus est pouvait encore accueillir quelques oiseaux, il avait été décidé que le charognard devrait patienter chez eux le temps d'être remis en forme pour retourner chez lui.

Suite à l'explication d'Anneline, Aalana avait pu se faire une hypothèse: Les vautour étant généralement de très grand oiseau, la dose d'anesthésiant, dans la précipitation avait été mal dosée, ou alors la corpulence de l'oiseau était telle que malgré la dose prescrite pour son espèce, elle n'avait pas suffit, mais dans les deux cas la fin était la même: l'oiseau s'était réveillé, et ne devait pas être ravie d'être entouré d'humains, les mêmes créatures l'ayant arraché à sa maison et blessé. Et en effet, alors que le quatuor approchait de l'édifice de verre enchanté, la brunette avait pu clairement voir des silhouettes agitées courir dans tous les sens, baguette à la main.

- Vous êtes grands à présent. Alors il est bien normal d'aider dans l'affaire familiale. Non?

Leroy, tout en déposant une main sur l'épaule d'Aalana se pencha près de son oreille, un sourire collé à la figure qui ne lui allait absolument pas. Aalana le toisa un instant en silence. Elle avait décide de ne plus s'effacer face à cet énergumène, de ne plus se laisser marcher sur les pieds, pour son propre bien, comme pour celui de son frère. Aussi, à la moindre occasion, elle avait décidé de prendre exemple sur sa tante et ses phrases chocs.

- C'est vrai que la vieille génération doit se fatiguer. Mon oncle, vous devriez aller vous reposer, à votre âge, il me semble qu'il est facile de se blesser même dans la plus minime des actions. Non? L'insolence. Voilà comment elle allait faire face à présent. Et qu'importe que Leroy s'emporte et la menace, qu'importe qu'il hurle à en effrayer les rochers, qu'importe qu'il la punisse. Elle refusait qu'il est le dessus sur elle un instant de plus.

Leroy perdit alors bien vite son sourire et rajouta une pression sur l'épaule de l'écolière loin d'être nécessaire pour la pousser à avancer. Il avait bien saisit que l'insolente gamine s'inspirait de sa maudite tante pour le rendre barge, mais elle ne restait qu'une enfant. Une petite fille qu'il lui serait bien facile d'effrayer pour lui rappeler la réalité, c'était bien pour ça qu'il avait insisté pour que les enfants assiste à l'arrivée de l'animal. Il savait que vue la férocité de l'oiseau, il y aurait forcément des blessés, humains comme oiseaux, et au mieux, ce serait elle qui le serait.

En entrant dans la Volière, Aalana eu l'impression qu'un démon avait été lâché. la jeune Gryffondor ignorait dans quelles conditions exacte le Vautour s'était retrouvé blessé, mais elle pouvait au moins confirmer son hypothèse: Il n'était absolument pas satisfait de se retrouver coincer avec des humains. Mais ce qui surprit d'avantage encore la jeune fille, c'était la taille tout à fait démesurée de l'oiseau! Il lui semblait qu'une fois ses ailes déployées... Son envergure dépassait de loin le plus grand des adulte présent... Cet oiseau était tout bonnement un titan.

Figée dans sa contemplation, elle fut bien vite tirée de sa rêverie lorsque sa tante les tira tous deux, Joey et elle derrière elle, pour leur éviter un coup d'aile de la harpie féroce du patriarche qui s'était lancée à la suite du vautour. La Harpie nommée Potens était déjà impressionnante, mais elle semblait pourtant si petite à côté du Vautour... Son regard finit par se poser sur les adultes présent, et notamment, ses parents, lesquels faisaient de leur mieux pour communiquer avec calme pour ne pas stresser d'avantage encore l'oiseau. De ce qu'elle avait comprit de leur échange, l'oiseau n'avait de cesse de se cogner aux parois de verres de la Volière pour tenter de se libérer de sa prison.

Elle assistait médusée à un concert de sortilèges, que ce soit des arresto momentum visant le vautour mais qui jamais n'atteignaient leur cible, ou bien des elasticus pour éviter au vautour de s'infliger des peines supplémentaires lorsqu'il se précipitait contre les vitres. Les cris stridents parvenant à ses oreilles lui donnaient des frissons, tout comme les vols en piqués des deux oiseaux, qui frôlaient à chaque fois de peu quelqu'un. Perdue dans son observation, elle sursauta à l'exclamation soudaine d'Anneline, derrière laquelle elle était toujours cachée, à seulement quelques mètres de l'entrée.

- C'est ridicule! Aalana, ramène ton petit frère, vous n'avez rien à faire là! En effet, il était stupide d'exposer les enfants, qui n'avaient même pas la capacité de lancer le moindre sort pouvant les aider. Devoir veiller sur eux étaient une charge stressante supplémentaire.

D'un signe du chef, Aalana s'empressa d'attraper le poignet de son jeune frère pour se hâter de regagner l'extérieur de la volière, mais à peine sa main s'était-elle posée sur la poignée pour entrouvrir la porte, qu'un cri strident fit se hérisser les poils des deux enfants, et pour cause, ce hurlement terrifiant ne provenait pas cette fois des deux volatiles, mais de leur mère, qui venait de voir le vautour plonger en piqué droit vers la sortie, et donc vers eux. Dès l'instant où elle aperçu l'imposant volatile foncer droit vers eux à pleine vitesse, la brunette referma aussitôt la porte en enlaçant son petit frère, tournant le dos au vautour, prête à jouer au bouclier, même si elle ne doutait pas que son dos finirait déchiqueté. Pourtant, à l'instant même où elle refermait ses bras autour de son frère, une douleur aiguë et transperçante lui arracha un cri lui déchirant la gorge, lequel fit aussitôt réagir son frère en échos qui s'agrippa à son ainée en tremblant. Cependant, la douleur fut aussi intense que brève, puisque, dans son dos, sans qu'elle ne puisse sans rendre compte, sa mère avait réagit au quart de tour, bien avant tout le monde pour protéger ses enfants d'un coup de baguette parfaitement visé.

[...]

Allongée sur son lit, face contre l'oreiller, mordant à pleine dents dans celui-ci, Aalana patientait alors que June et Gillian étaient penchées sur le dos de la petite, laquelle se retenait de hurler sa douleur en sachant la quasi totalité de la maison en train de l'observer. Les paroles des adultes ne l'atteignaient pas, sa douleur l'y rendait sourde. Seule le contact de la main de Joey posait sur son bras lui apporter du soutient.

Après un moment à la soigner et à lui recommander de s'endormir, la pièce se visa peu à peu, ne restant plus au final que Joey, qui lui tenait à présent la main assit au pied du lit de sa soeur et leur mère qui lui caressait les cheveux avec une tendresse qui lui avait manqué.

A l'entrée de la chambre, Anneline referma doucement la porte après son départ. Elle savait que c'était une mauvaise idée, et le fait qu'elle venait de Joey était une preuve supplémentaire/ Elle savait pourquoi son frère avait accepté, mais elle ne pouvait s'empêcher de vouloir lui cogner la tête pour lui remettre les idées en place. Etait-ce donc si compliqué pour lui d'ouvrir les yeux pour regarder ses enfants et comprendre qu'il allait trop vite? En remontant le couloir pour gagner l'escalier principal, elle tomba nez à nez face à Leroy, lequel abordait un sourire tout bonnement horripilant .

- Oh, tu reviens du dortoir non? Alors, la petite va mieux je parie!

-... Elle dort, quitte l'étage.

- Hé bien, au final j'avais raison d'insister quant à leur présence! On a bien pu arrêter le vautour, non? Et puis, Aalana n'est pas vraiment blessée, je suis sûre qu'elle n'a déjà plus mal.

-... Quoi?

- Mh? Je disais que-

- Non, j'ai très bien compris ce que tu disais, je me montre juste extrêmement généreuse en te laissant l'opportunité de rectifier ta connerie.

[...]

En s'endormant si tôt, Aalana savait qu'elle finirait par se réveiller au milieu de la nuit, et sa gorge sèche ne lui avait pas laissé d'autre choix que de descendre en cuisine se servir un verre d'eau. Alors qu'elle posait le pied sur le sol su rez-de-chaussée, la porte d'entrée du manoir s'ouvrit, la laissant l'air pantoise face à son père, qui la dévisagea également. Après quelques seconde à s'observer en silence, la brunette finit par émettre un léger signe de tête de salutation envers son père pour reprendre son chemin, mais la prise de parole aussi soudaine qu'inattendue de son géniteur la stoppa aussitôt.

- Tu ne devrais pas dormir?

- Heu, oui mais, j'avais soif...

Cet échange, aussi court était-il était des plus éprouvant pour la Gryffondor qui avait presque l'impression de faire une bêtise quelque part...

- Le vautour fauve a pu être arrêté avant de se léser d'avantage ou de blesser d'autres êtres vivants. Le temps de son séjour ici, il sera au dernier étage de la Volière.

- Mais, ce n'est pas dangereux de le garder enfermer? Il pourrait... Encore chercher à s'enfuir et se blesser, non?


- Ce ne sera dangereux que le temps où il sera effrayé d'être enfermé, donc il suffit de faire passer sa peur. Le meilleur moyen de garder quelqu'un emprisonner, c'est de faire en sorte qu'il ne sache jamais qu'il l'est.

Aalana observa son père un moment en papillonnant des yeux. Qu'est-ce que ça voulait dire au juste? Pourquoi lui sortait-il si souvent ce genre de phrase qui lui donnait l'impression... Qu'elle devait saisir autre derrière ces paroles? La gamine se mit à se triturer les doigts en cherchant à trouver un quelconque double sens, ce qu'elle ne put trouver jusqu'à ce que son père l'arrête dans ses réfléxions.

- Ta mère voulait faire en sorte qu'il ne reste pas la moindre trace de ta blessure. Mais je n'étais pas d'accord. Il faut que tu comprennes Aalana, qu'en cas de problème, tu dois savoir te débrouiller. Personne ne viendra te sauver, alors n'attends une quelconque aide. Comme d'habitude, Liam avait le regard dur et froid, quand bien même il s'adressait à sa fille qui aurait pu être gravement blessé. Mais c'était ainsi qu'il démontré son affection. Il voulait rendre ses enfants forts, les endurcir pour que rien au monde ne puisse les atteindre, ainsi même une fois que lui ou sa femme ne seraient plus là pour eux, ils auraient les capacités de se débrouiller.

Il s'apprêtait à repartir, et en passant près de la jeune sorcière, à cet instant même en proie au doute, elle se retourna pour l'arrêter.

- Père! Il s'était arrêté pour la regarder, il était prêt à l'écouter. Pourtant, il était bien trop dur pour elle de dire honnêtement ce qui la tourmentait, de lui faire part de sa crainte de ne pas "être assez", de ne pas être assez méritante de cet amour paternel dont elle s'était toujours sentie privée et qu'elle avait pourtant tant recherché. Elle aurait voulu qu'il ait seulement un mot doux, un mot gentil à son égard, peut-être même une caresse affectueuse... Pleine d'un espoir désespéré, elle releva un regard humide sur son père. Hum.. J'ai... J'ai mal. Sa voix tremblante ne lui permettait aucunement d'expliciter plus cette information, mais elle voulait pourtant tant dire. Son bleu, reflet identique de celui de son père, le scrutait, pleine d'attente.

L'homme soupira en se tournant pour faire entièrement face à sa fille, affichant la même expression froide et distante.

- Si tu peux respirer, c'est que tu vas bien. Sur ces derniers mots, l'homme reprit son chemin, mettant définitivement un terme à la discussion.

Aalana, abandonnée et définitivement délaissée, senti sa gorge se compresser, mais il était hors de question qu'elle cède à ses larmes dangereuses qu'elle soupçonnait de ne pouvoir arrêter une fois lancées. Il disait que tant qu'elle respirait, elle allait "bien"? Mais pourtant chaque respiration la brulait, et lui donnait envie d'hurler une douleur qu'elle n'avait jamais pensé même possible de ressentir.

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Aalana Catharsis
@Erza McGowan
@Onyx Willard
[quote]Deuxième année à Poudlard, 2011 - 2012[quote]

- Je peux te le dire Ariana, si je dois me marier, alors ce sera avec Reece! Et comme ça, on sera un couple de joueurs de Quidditch. Mh mh, fit elle en hochant la tête, c'est vraiment un avenir parfait!

Assise près de sa meilleure amie au pied d'un arbre, Aalana parlait, pour changer, de ses derniers grands rapprochements avec Reece: cela incluait les quelques fois où elle était parvenue à s'asseoir à côté de lui pour manger, ou encore quand leur regard se croisait et qu'il lui faisait signe... Ou bien quand il la félicitait pour ses commentaires de matchs, ou alors quand elle l'attendait à la sortie du terrain avec de l'eau, une serviette et une ribambelle de compliments... Oui, elle avait totalement craqué pour lui, ce qui n'était pas compliqué à voir, et même Oscar et Issel avaient finit par s'en rendre compte, elle était bien trop occupée à poursuivre le beau Reece pour leur prêter attention.

- Ahahah! Si tu t'entendais franchement! Et donc, ce n'est absolument pas pour jouer avec Reece que tu as décidé de rejoindre l'équipe des joueurs, hein?

Un regard suspicieux accompagné d'un large sourire tourné vers celle qui était rapidement devenue sa meilleure amie, elle croisa les bras en attendant la réponse de la Gryffondor. Aalana, soupira en levant les yeux au ciel. Il était vrai qu'elle avait prit cette décision, et si la présence de Reece l'avait en partie encouragée à franchir le pas, ce n'était pas la seule chose qui avait motivé son choix!

- Roh, mais non voyons! Je ne base pas ma vie sur lui non plus. Mais à force de les voir voltiger dans tous les sens et de se donner à fond... J'ai eu envie d'être là-haut moi aussi, et d'entendre des gens m'encourager. Termina-t-elle doucement en haussant les épaules.

Aalana cherchait de l'affection, si elle pensait pouvoir en trouver quelque part, alors elle ne mettait pas longtemps à se décider. Et si avant, ce manque d'affection était flagrant, aujourd'hui, grâce à Ariana, elle savait qu'elle était aimée, et se sentait mieux. Doucement, Ariana lui sourit, et lui proposa d'aller manger un petit quelque chose.

[...]

La Gryffondor se rendait de moins en moins à la volière, mais elle ne pouvait éviter de récupérer son courrier quand celui-ci leur était directement livré à table. Le courrier s'était doucement accumulé, et à présent elle tenait pas moins de six enveloppes entre ses doigts, dont quatre provenant de Joey. C'est sûrement ce qui la poussa à les ouvrir finalement.

-... Quelle bande de... Pff Ce n'était qu'une question de temps avant que la sorcière ne découvre qu'elle était surveillée. Et cette découverte l'avait mise dans tous ses états. Elle n'avait pas su se contrôler et l'envie de trouver cette taupe pour l'étriper la démangeait sérieusement. Pourtant, elle continuait à rapporter à sa famille ses actions, ses fréquentations, et ses frasques. Pff, évidemment, la lettre est signée Joey, mais il n'y a rien de sa part... Sans prendre le temps de lire la moindre phrase, elle déchira les lettres en gros morceaux avant de froisser dans ses mains ce qu'il en restait.

- Tu parles toute seule maintenant, ça y est, tu as complètement perdue la tête?

La surprise aurait pu la faire sursauter et lui faire brandir sa baguette, mais elle connaissait trop bien cette voix à présent. Et surtout, il était hors de question de laisser paraitre quoi que ce soit face à elle. Doucement, Aalana se retourna en fronçant les sourcils. Depuis qu'elles s'étaient retrouvées à Poudlard, la relation entre les deux cousines était tendue, pourtant elles ne s'entendaient pas si mal quand elles étaient plus jeunes. Aalana avait de nombreux bons souvenirs avec Issel, mais qu'importe à présent.

- En effet, te savoir dans les parages use ma santé. Elle comptait s'en tenir là, Tourner les talons, partir et ne pas se retourner. Mais Issel ne semblait pas prête à vouloir la laisser quitter les lieux. Qu'y-a-t-il, chère cousine?

- Tu ne sais pas hein.

- Qu'est-ce que je ne sais pas?

- Pff... Grand-oncle Edgar, il s'est blessé. Il a été blessé dans la Volière, même moi je suis au courant. D'un léger coup du menton, elle désigna son poing dans lequel elle l'avait vu écraser les restes de lettres, qui cherchaient sûrement à l'informer de la situation. Tu n'as honte de rien toi. D'abord, tu te mets à trainer avec des né-moldus, et ensuite tu ignores ta famille?

Auparavant, Aalana aurait sûrement bouillonnée de l'intérieur en se retenant d'exploser. Mais au final, pourquoi devrait-elle se retenir de quoi que ce soit? Surtout si cela concernait Issel?

- Ecoute- moi bien, qu'il se blesse, qu'il perde une main, ou même un sens, je m'en fiche. Après tout... Tant que tu respires, c'est que ça va.

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Aalana Catharsis
TW:Insultes, violences physique et morale
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"Incapable"
"Saligaude"
"Quel genre de racaille es-tu?! Je refuse de voir ton nom figurer sur mon arbre généalogique, tu n'y a aucunement ta place!"
"Mais quelle! Ah! Mais va te perdre quelque part pour ne plus être un problème!"


Elle se réveilla en sursaut, haletante et tétanisée par les souvenirs d'épouvantes des grandes vacances qui refusaient de lui laisser la moindre seconde de répit. La sueur lui dégoulinant du front jusque dans le cou après un réveil agité causé par un énième cauchemar était devenue une malheureuse habitude depuis la semaine où elle avait retrouvé le château.

Elle avait fait une erreur, celle de privilégier ce qu'elle désirait au détriment de ce que priorisait sa famille. Elle avait passé plus de temps à tisser des liens qu'elle espérait solides et durables plutôt qu'à potasser ses examens, et les miracles ne sont pas pour tout le monde, puisque lors des résultats des examens, Aalana ne pu pas feindre l'étonnement devant sa moyenne de Acceptable, qui était loin de l'être pour sa famille. Certes elle avait eut quelques mauvaises notes, comme un Troll en Potions, ou un Désolant en Botanique... Mais ce n'était pas pour toutes les matières!
Les coups de cravaches étaient-ils nécessaires? Car "elle ne valait pas mieux qu'une vulgaire bête à corriger ". Ou même la gifle pour l'accueillir ? Le seul repas autorisé par jours aux provenances douteuses et au gout abjecte? Les regards de mépris? L'interdiction de sortir s'amuser ou de rester avec Joey pour ne pas "polluer le dernier espoir de la famille"? Les journées enfermée dans un placard étroit et plongé dans la pénombre qu'elle ne pouvait quitter si elle faisait trop de bruit? Ou dans quel cas les Immobilus? Les trop nombres Limacius Eructo quand on jugeait qu'elle parlait trop? Qu'importe le nombre de sorts lancés, et leurs effets, elle se faisait soigner par un Episkey ou divers baumes, mais pourtant, elle avait la sensation que son corps restait malgré tout marqué de cet enfer qu'elle avait vécu à cause d'une moyenne de Acceptable aux examens. Cette impression que n'importe qui pourrait voir ce qu'elle voulait tant cacher en un simple regard la terrifiait.

La fillette, se recroquevilla sur elle, en se frottant l'épaule, où l'un de ces nombreux hématomes avaient été soigné pour ne laisser aucune trace avant son retour. La tête plongée entre ses genoux, Aalana espérait simplement que ses pleurs étouffés n'alerteraient personne.
Pour elle, les choses étaient très claires: si elle ramenait à nouveau de mauvaises notes, ce par quoi elle était passée lui paraitrait bien gentillet en comparaison...

[...]

Assise en face de son assiette, Aalana ne parvenait à trouver, ni la force, ni l'énergie de se nourrir, et pourtant, elle savait à quel point son corps et son esprit en avait besoin, mais c'était trop dur. Le simple regard qu'elle portait sur les plats suffisait à lui donner la nausée. Alors qu'arriverait-il si elle en mangeait? Non, non, de plus elle avait des choses autrement plus importantes qui méritaient son attention et son peu d'énergie: trouver l'espion.

Elle avait déjà tant d'indices quant à son existence, que ce soit à cause de la beuglante qu'elle avait reçue en première année, sa famille qui avait apprit l'existence de Holly, ou même les punitions dont elle avait pu écoper, ou ce à quoi elle consacrait son temps, comme faire les yeux doux à son futur mari Reece Hammond, sa famille savait tout ça, malgré qu'elle ne leur disait rien. Mais qui leur racontait? Pendant un moment, le coupable parfait ou plutôt la coupable, lui paraissait être Issel. Mais à l'évidence il devait y avoir une autre personne, Issel n'aurait pas pu cafter pour sa première année, elle n'était même pas là! De plus, concernant ce qui pouvait se passer chez Gryffondor, Aalana voyait mal Issel allait demander à quelqu'un de lui rapporter ses faits et gestes... Alors qui pouvait être la personne qui lui pourrissait la vie ?

Aalana se sentait perdre la tête, elle avait l'impression d'être constamment surveillée, observée quoi qu'elle faisait... Comme un insecte courant en cercle sous le regard dédaigneux d'un enfant jugeant de son sort: l'écraser sous sa chaussure ou sous son pouce?
Elle se sentait craquer, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle ne perde totalement toute sa raison, et la fatigue jouait pour beaucoup dans son épuisement mental...

Assise à une table de la bibliothèque, avec son groupe d'étude, elle scrutait les environs, certaine que l'espion n'était pas loin. Mais... à quel point était-il près d'elle? Et si, ceux dont l'amitié lui était si précieuse, n'étaient que des pions de sa famille pour la garder sous leur influence? Elle qui pensait voler de ses propres ailes, n'avait-elle donc jamais quitté le nid? Ses tourments marquaient son visage et bientôt sa feuille alors que des perles de sang provenant de son nez vinrent recolorer son devoir de métamorphose.

- Aalana!

-Oh par Merlin, il faut l'emmener à l'infirmerie!

- C'est pas vrai! Tu te sens bien? Tu peux marcher?

Le regard fixé sur les tâches de sang pourpres, cette vision fit échos au sang qu'elle avait perdue au manoir, à ses larmes versées ou durement contenues, à ses cris qui ne trouvaient aucune oreille attentive, à ses supplications qui ne faisaient que donner du charbon à la locomotive qui l'entrainait dans les entrailles de la terre.
Ses mains agrippèrent ses cheveux emmêlés à moitié lavés, et elle s'empressa de se blottir contre elle-même en balançant son corps amaigri d'avant en arrière, obstruant ses sens pour se couper de ce monde où elle se sentait désespérément seule. Un monde de silence, aussi angoissant que rassurant, loin de tout et de tous. Elle ne sentait même plus son corps trembler, et se contentait d'aller doucement d'avant en arrière sur sa chaise, encore et encore et encore... Combien de temps aurait-elle pu restée enfermée dans cet univers qu'elle n'aimait même pas? Peut-être longtemps, ou au contraire, elle aurait finit par craquer rapidement. Le fait était qu'elle n'avait que ses suppositions, ramenée brutalement dans la réalité bruyante par la fraicheur des mains de Reece.

Il lui parlait, elle le savait bien, et ses amis s'agitaient autour d'eux, mais elle ne parvenait plus à déceler le moindre son. La moindre voix. Elle était spectatrice d'un spectacle dont elle était sensé être actrice, mais ce n'était pas nouveau.

Reece l'aida à se relever, à tenir sur ses pieds, il lui apporta le soutient dont elle avait tant besoin pour avancer, même d'un pas . Elle se permit de lâcher sa tignasse pour attraper à la place le tissu recouvrant l'épaule du jeune homme. Elle s'y accrocha, comme si elle en dépendait. Un pas après l'autre, ils quittèrent la bibliothèque, suivit par une de ses nouvelles amie. Dans le couloir, le poids de ceux qui la regardaient étaient trop lourd pour qu'elle puisse maintenir la tête haute, son corps n'était pas aussi endurci qu'elle le pensait. Elle s'était finalement peut-être réellement surestimée...
Ce fut tout juste si elle se rendit compte de la seconde personne qui s'empressa de venir la soutenir de son second côté. Le regard perdu dans le vide, elle faillit manquer de comprendre des paroles prononcées pourtant tout près d'elle...

"Je ne pensais pas qu'elle serait tant réprimandée"

Ses mots prononcés pas la cadette de la famille O'Denn ne pouvait avoir d'autre sens que celui qui la persécutait: Elle était à l'origine de tous ses maux, et la responsable de son affliction durant les vacances. C'était elle, c'était de sa faute, elle tenait sa coupable, et quand bien même elle pouvait se tromper, Aalana avait besoin de ce bouc émissaire.

- Toi... Toi... Espèce de connasse! Sans laisser le temps à Reece et Ariana qui l'escortaient de réagir, la jeune Coel déchaina une fureur emmagasinée au plus profond d'elle-même contre celle qu'elle tenait pour responsable. Sortir sa baguette aurait été trop long, et son coup de poing qui percuta dans un craquement sombre le nez de la Gryffondor était bien assez efficace. De toute façon, elle méritait bien de gouter un peu à ce à quoi elle s'était retrouvé condamnée non? Ce n'était... Qu'un juste retour de bâton.

Le coup soudain reçu au milieu de son visage lui fit perdre l'équilibre alors qu'elle s'empressait de tenir son nez, dont la douleur lui donnait envie de se tordre à chaque respiration. Mais ce n'était que le début, avant que Reece et Ariana ne parvienne à écarter Aalana, la sorcière, au visage trempé de larmes vengeresses avait déchainé sa peine et sa colère contre O'Denn, sans se soucier le moindre instant des retombées de son acte.
Même une fois séparées, elle ne voulait pas en finir ainsi, pas si vite, pas si simplement, alors qu'elle avait du endurer pendant de longs mois, jour après jour et sans répit un sort bien plus largement cruel que quelques claques. Mais l'arrivée du concierge mit un terme définitif à la justice qu'elle se rendait.
Dernière modification par Nélya Marks le 4 juil. 2024, 21:55, modifié 1 fois.

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C'était incroyable qu'elle n'ait pas été renvoyée l'année dernière après son coup d'éclat. Quelle sorcellerie était à l'origine de ce choix de ne pas la renvoyer? Peut-être le poste de préfète de Ariana? Avait-elle plaider en sa faveur? Assise dans les gradins de la salle qui servait pour le club de duel, la brune se contentait d'applaudir platement lorsque son amie réussissait un sort contre un de leur camarade de promotion. Elle qui avait d'habitude toujours envie de tout faire était étrangement apathique depuis quelques mois. Elle le savait, elle était grognon, et sa présence n'était pas des plus agréable en ce moment. Que pouvait-elle y faire? Elle avait tout simplement l'impression, d'être vide. Et rien ne semblait pouvoir faire apparaitre ne serait-ce que l'ombre d'un sourire. Ni les petites attentions de Reece, ni ses bonnes notes qui lui avaient permis d'obtenir une moyenne d'Effort Exceptionnel, ni son entrée dans l'équipe de Quidditch, ni les vacances passées avec sa meilleure amie, loin de son nid à problèmes. Rien. Et en réalité, Aalana avait bien conscience de ne rien faire pour tenter de se sentir mieux.

A la fin de la séance d'entrainement, Aalana fit signe à son amie pour l'avertir qu'elle l'attendrait dans le couloir. Ce temps loin de sa famille, grâce au soutien sans faille d'Ariana lui avait fait du bien. Elle lui avait remonté les bretelles, certes, mais elle avait surtout était là pour elle. Comme l'image qu'elle se faisait d'une famille... Finalement, Ariana lui paraissait plus comme une soeur. Elle l'acceptait comme elle l'était, sans vouloir la façonner à sa guise, et la poussait juste ce qu'il fallait pour qu'elle puisse grandir et devenir une meilleure personne. Oui, Ariana était vraiment...

- Salut l'oiseau de nuit. Cette voix qui lui était si familière et qui faisait sans cesse palpiter son cœur, elle n'eut pas le moindre doute sur l'identité de son interlocuteur lorsqu'elle releva les yeux.

- Salut Reece... Appuyée contre le mur, elle le suivit du regard, l'observant s'installer près d'elle, si près que leur coude se frôlait. C'était bien étrange ça... Ce presque contact ne lui faisait pas grand chose au final... Pourtant elle était sûre qu'il y a peu elle en aurait fait toute une histoire.

- Tu as passé de bonnes vacances? Avec ma famille, on est allé en Europe. C'était sympa... Du coup, je me disais... Que...Hum, pour les prochaines vacances, tu pourrais venir? Elle aurait tout donné avant ne serait-ce que pour s'asseoir à côté de lui pendant un repas, pour un seul regard, pour un sourire, pour un signe... Elle aurait donné tout ce qu'elle possédait pour une telle invitation mais, qu'est-ce qui avait changé?

En l'observant plus en détail, ce visage divin, qui lui paraissait façonné pour illustrer le terme de beauté, ne semblait pas avoir changé. Sa gentillesse et son attention pour ceux l'entourant non plus... Et puis, depuis le temps et avec ses entrainements de Quidditch, il avait gagné une masse musculaire qui n'était pas déplaisante... Mais elle ne sentait plus son coeur s'emballer, ni son corps tressaillir.

- C'est gentil... Mais je vais décliner. Reece, tu dois bien savoir que, je t'ai aimais pendant un moment.
Le regard tourné vers celui qui jusqu'à présent avait été le seul à pouvoir faire s'emballer son cœur, elle se redressa.

- "Ai aimais"? Donc, au passé? Reece abordait cette expression souriante, mais qui pourtant ne témoignait pas de la moindre joie. Alors, c'est terminé? L'oiseau de nuit s'est lassé?

-Non, ce n'est pas ça. Je t'ai aimé, fort et longtemps. Mais en fait, j'ai réalisé pendant les vacances que ce que j'aimais, c'était peut-être l'attention que tu me portais. Et je ne veux plus ne me sentir exister qu'au travers du regards des autres. Tu comprends? Si je veux avancer dans ma vie, je ne peux pas continuer à avoir besoin de... De... Enfin, voilà.

Reece resta un instant silencieux en observant la brunette. D'un côté ça lui faisait un petit quelque chose de voir cette fille qui lui courait sans arrêt après lui annoncer que c'était terminé. Pourquoi avait-il l'impression de se faire larguer? Mais tout de même, il était heureux pour cette petite fille. Elle semblait décidée à en finir avec son besoin d'obtenir l'accord de son monde pour exister.

- Je vois oui. Hé bien, je suis content pour toi. Mais, on reste ami? Ou, c'est peut-être gênant?

- Mhh, Aalana sembla hésiter quelques secondes, Oui, oui... On, on peut être ami. C'est pas gênant... Malgré son affirmation, il était aisé de déceler un léger inconfort chez la Gryffondor.

- Ah, j'espère que je ne dérange pas! Mais, on a des choses à faire nous. Au revoir Hammond.

Une main lui saisit l'épaule, et avant même de pouvoir lever la tête, Aalana se fit entrainer dans le couloir par Ariana, qu'elle regarda en haussant un sourcil. Encore une fois, sa sauveuse était arrivée à temps. Sans détourner le regard de son amie, la brunette soupira. Cette conversation devait avoir lieu, un jour au l'autre. Mais n'était-ce tout de même pas un peu étrange de devoir annoncer à son ancien coup de cœur... Qu'on ne l'aimait plus?

- Je suis fière de toi Aalana. Tu vois, tu n'as pas besoin de l'amour d'autrui pour avoir de la valeur, ce qui compte, c'est ta propre opinion sur toi-même, pas celle des autres. En plus, n'est-ce pas un avantage de se procurer à soi-même l'amour que l'on veut?

Doucement Aalana opina du chef. Ariana avait raison, depuis le début, elle avait raison. Elle n'avait pas à être aussi atteinte par l'avis des autres sur elle, seul ce qu'elle pensait devait compter. Et tant pis s'ils ne pouvaient pas l'aimer comme elle était, car c'est eux qui rataient le plus gros.
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Son troisième Bal du Phénix. Cette fois, Aalana était bien assez grande pour aider à sa préparation. Seulement, elle avait l'impression que cette année, le bal était bien plus somptueux et pompeux que ceux dans ses souvenirs... Même les masques, bijoux, accessoires et vêtements étaient d'une qualité qui la gênait presque. Mais personne en semblait vouloir relever ce fait. Se faisait-elle donc réellement des idées?

Comme l'exigeait la tradition, les plus jeunes enfants de la famille, devait exécuter leur danse d'ouverture du bal qui allait suivre le discours du patriarche.

- Ah, Aalana, te voilà. La jeune fille terminait tout juste d'installer l'une des nombreuses guirlande de bougies enchantées dans l'allée menant à la résidence, prenant la forme d'un augurey, dont l'éclat devrait être décuplé une fois le ciel plongé dans son obscurité.

- Oui, mon oncle? En se tournant pour faire face à Leroy, elle se redressa par réflexe. Mais pas par crainte d'être reprise sur sa posture, mais pour démontrer qu'elle ne comptait plus courber l'échine face à lui.

- Suis-moi. Une simple injonctions, sans remarque acerbe, sans critique, sans insulte, sans regard emplit de dédain... Depuis le début des vacances, elle le trouvait bien trop gentil avec elle. Peut-être qu'il la laissait en paix car une plus grosse affaire l'occupait...

Elle le suivit donc, en silence, jusqu'à la Volière, où Joey, Hazel, Dorian, Alexander répétaient la chorégraphie sous la surveillance de Leroy et Gillian. Sans comprendre la raison de sa présence, elle interrogea du regard ses aînés, et n'obtenus comme réponse qu'un signe du menton désignant le petit groupe d'enfants.

- Je ne vois ce que j-

- Tu vas danser avec eux.

- Quoi? Evidemment qu'elle avait de quoi être choquée, elle avait bien passé l'âge de faire la danse d'ouverture après tout! Et même sans ça, le groupe n'avait nullement besoin d'un cinquième danseur. Quelle était cette façon de la ridiculiser? Dans le doute, elle tourna un regard vers sa grande-tante Gillian, laquelle se contentait de l'observait sans piper mot.

- Leur danse nécessite une personne de plus. Et malgré qu'il n'y ait pas d'autres enfant en âge de faire l'ouverture, ton comportement puérile laisse à penser que ta place est toute désignée. Leroy croisa les bras, en la dévisageant.

Elle en restait bouche bée. Cette situation lui paraissait ridicule, comme un adulte tentant de rentrer dans un berceau. A nouveau, elle se risqua à observer Gillian, laquelle l'encouragea à son tour à gagner le regroupement.

- Non mais... Ce que vous dites n'a aucun sens! Ils n'ont pas besoin d'une autre personne et même si c'était le cas, je suis bien trop grande pour danser avec eux! Elle aurait bien rajouter qu'en plus il aurait été à la limite plus acceptable de demander à Winifred, mais leur choix se portait sur elle. Qu'importe les arguments qu'elle apportait, il semblait que la décision avait déjà était prise, et que son avis n'était nullement requis.

Aalana refusait de s'y résigner aussi facilement. Elle ne voulait plus obéir à ces ordres stupides, et surtout lorsqu'ils venaient de Leroy! Bien décidée à faire entendre son avis et l'importance qu'il avait, elle se rapprocha des deux adultes.

- Je crois qu'il y a quelque chose qui ne passe pas dans cet échange. Il ne me semble pas être une vulgaire poupée de chiffon que vous pouvez diriger comme bon vous semble. Et si vous avez pu en avoir l'impression, je vais vous demander d'ouvrir les yeux, et de me regarder quitter la volière pour retourner décorer les arbres qui bordent l'allée. Je ne danserai pas l'ouverture du bal.

Son cœur frappait sa poitrine comme un dragon déchaîné, et sa démarche lui semblait maladroite, incertaine comme elle prenait conscience du moindre geste qu'elle devait effectuer pour quitter cet endroit. Elle l'avait fait. Elle l'avait vraiment fait!

[...]

Tout se déroulait pour le mieux jusqu'à présent. Même si Aalana regrettait l'absence de ses parents, parti en urgence pour retrouver d'autre magiornithologues. Depuis son retour au manoir, elle les avait à peine vu. Joey s'approcha d'elle, les yeux brillant derrière son masque sombre aux décorations dorées. La danse d'ouverture venait de se terminer, et comme elle l'avait dit, elle n'y avait pas prit part.

- Bravo Joey, vous avez bien dansé, tout le monde sera d'accord là-dessus. Tout en félicitant son cadet, celui-ci se redressa, fier des compliments de sa sœur qu'il trouvait parfaitement mérité.

A demi attentive aux paroles de son frère, Aalana surveillait du coin de l'œil son oncle Leroy. Elle était bien incapable de comprendre ce qui le rendait si anxieux, lui qui avait l'habitude de courir d'une famille à l'autre, avide de créer des relations toujours plus fortes avec des familles toujours plus puissantes... Elle l'avait d'ailleurs vu approcher quelques famille qui ne lui était pas inconnue pour côtoyer leurs enfants à Poudlard. Mais l'absence de Ariana la désolait. Elle n'avait pas eu d'explication quant à leur réponse négative, et même si elle avait envoyé en cachette sa chevêche pour obtenir des réponses, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter.
Ses orbes bleues suivaient toujours les gestes incertains de Leroy, qui se tamponnait le front pour la cinquième fois en l'espace de quelques secondes seulement. Quand celui-ci quitta la Volière, un quelque chose la pousse à le suivre. Il se passait bien trop de choses étrange ces derniers temps, notamment ces soudains renouvellements de matériels ou de vêtements et bijoux...

- Joey je vais prendre un peu l'air, reste là et garde moi mon verre merci.


Sans tourner un regard vers le petit brun, elle lui confia sa coupe et son jus de citrouille, et s'empressa de relever les jupons de sa robe pour gagner au plus vite l'extérieur à son tour. Sa robe avait beau être très belle, elle n'y était pas le moins du monde à l'aise. Le corset lui sillait la taille et ses côtes lui étaient douloureuses, la jupe et ses jupons était bien trop longue et lourde, et devoir sans cesse surveiller sa traine était vraiment fatiguant.
Elle du se fier à son ouïe pour retrouver la trace de son oncle, puisque son avancée avait été ralentie par le poids de sa robe, et ses talons bien trop hauts pour elle. Mais elle y était parvenue, à moitié caché derrière un large tronc d'arbre au sein des bois qui dissimulaient le manoir, elle pu apercevoir deux silhouettes. Mais aucune d'entre elle n'était son oncle, allez savoir pourquoi, mais l'homme appuyé sur une canne portait le même costume que son grand-père. Quant à son interlocuteur soigneusement masqué et drapée dans une cape sombre comme la nuit, rien ne permettait de l'identifier à une telle distance. Cette situation n'était pas normale. Aalana sentait que quelque chose n'allait pas, pourquoi rencontrer quelqu'un dans les bois au milieu de la nuit, quand tout le monde était occupé? Que cachait donc le patriarche des Coel? Et Leroy? Etait-il dans la confidence? Etait-ce pour ça qu'il avait également quitté la Volière?

Qu'importe les réponses, la sorcière sentait qu'il était préférable qu'elle ne reste pas dans les parages. Elle n'aurait pas du être ici, et voir cette rencontre. Pressée par un sentiment qui lui nouait le ventre -et ce n'était pas cette fois la faute de son corset-, elle regroupa à nouveau sa robe dans ses bras pour faciliter son retour à la Volière et éviter d'abîmer le vêtement, mais la seconde précédent sa marche arrière, une épaisse roche étrangement pointue vint se planter dans l'écorce de l'arbre derrière lequel elle se cachait. Il aurait suffit que la roche soit lancé à quelques centimètres sur le côté, et c'en aurait été fini d'elle...

Cette lugubre constatation figea son corps, alors que ses orbes, elles, ne pouvaient détourner le regard de la silhouette de son grand-père, seule et à présent tournée vers elle, baguette en main. Il... Il ne pouvait pas avoir lancé ce sort en sachant... Que c'était elle n'est-ce pas? Mais pourtant, comment aurait-il pu ne pas la reconnaitre, même dans l'obscurité, quand elle avait pu le faire? Sa robe aux dorures étincelantes scintillait grâce au clair de lune qui perçait son chemin à travers les branchages des bois. Il devait forcément reconnaitre sa robe...
Elle ne pouvait pas rester là. Ses jupons dans les creux de ses bras, Aalana prit ses jambes à son cou, sans se retourner un instant. Elle ne pensait plus qu'à regagner la Volière au plus vite, à être plus rapide que les sortilèges du patriarche.
Elle se pensait rapide, mais ce n'était rien face à la nuée d'oiseaux qui vint l'engloutir, volant au plus près de son visage. Elle peinait à avancer, et se mit à agiter ses bras pour chasser les volatiles qui avaient sans le moindre doute étaient produits par le Sortilège Avis. Quand elle en fut enfin débarrassée, elle laissa derrière elle ses chaussures sans le moindre remords pour se donner une chance de gagner un endroit sécurisé au plus vite, et une nouvelle pierre la frôla, la faisant hurler de terreur. A présent, il n'y avait plus d'excuse possible. Son grand-père la chassait, il ne pouvait ignorer l'identité de celle qu'il assaillait de sortilèges, alors même qu'elle lui implorait d'arrêter en hurlant son nom. Les tirs de pierres aussi rapides que des balles ne cessaient de la frôler, mais heureusement elle voyait la lumière percer l'obscurité, elle allait y arriver. A peine eut-elle l'espoir de s'en sortir, qu'elle se risqua à un regard en arrière, mais sa vision ne pu que se poser sur la cime des arbres. Un caillou l'avait atteint, en plein dans le dos. La puissance de son lancé la tétanisa, et lui coupa le souffle lorsqu'elle s'écrasa contre une surface... Qui n'était pas le sol.

- Je ne savais pas que les Coel éduquaient des sauvages. Le ton moqueur de Peter Sidon ne lui fit rien, au contraire, à cet instant sa présence, et toutes les méchancetés que sa langue de vipère pouvait sortir la rassuraient au final. Elle n'allait pas être confrontée à son grand-père. Accrochée à son costume, celui-ci fit claquer sa langue contre son palais en pestant qu'elle allait abîmer ses vêtements, et la repoussa bien vite, tandis que Aalana reprenait son souffle, ses larmes ruisselants sur son visage griffés à cause de ses assaillants à plumes.

- Je, je dois y aller, excusez-mo- Bien trop tourmentée par ce qu'elle venait de vivre, Aalana ne pensait plus qu'à partir au plus loin, mais sa tentative de fuite fut étouffée alors qu'à son tour son grand-père émergeait du bois.

- Voyons Aalana, il ne faut pas négliger la famille ainsi. Enonça-t-il d'un ton calme qui faisait écho à une expression tranquille, bien loin de celui que la jeune fille aurait prêté à un homme ayant tenté de blesser volontairement sa petite fille. D'ailleurs, j'aimerais que tu me suives.
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Aalana Catharsis
Mi-Juillet 2014 grandes vacances de quatrième année, Bal du Phénix Partie II

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Elle savait bien que Peter n'aurait que faire de ses regards de supplication. Sa détresse silencieuse lui était bien égal, elle le savait, mais n'avait pu s'empêcher de s'accrocher à lui lorsque son grand-père s'était approché. Ses pas sur le gravier l'étouffait d'un vacarme grinçant à ses oreilles, lequel se retrouvait en compétition face à l'affolement de son coeur qui l'empêchait jusqu'à entendre les quelques mots qu'elle pensait avoir pu prononcer à cet instant. La main gantée du patriarche se saisit de son coude avec une brutalité qui lui était étrangère jusque là, comme si les instants de tendresse qu'elle avait pu passer avec son grand-père n'avaient jamais été plus que le fruit de son imagination. L'homme avançait la tête haute, sans lui glisser le moindre regard, sans se soucier que la vitesse de marche qu'il lui imposait risquerait de causer de quelconques lésions à présent qu'elle avançait pieds nus.

Aalana sentait les larmes lui monter aux yeux tandis que son regard poursuivait la recherche désespérée d'une quelconque aide extérieure susceptible de la tirer des serres de son grand-père, et le soulagement dont elle fut envahie à l'entente de la petite voix de son frère lui ouvrait une fenêtre sur une nouvelle perspective qu'elle aurait tout fait pour obtenir.

- Grand papy? La voix aussi incertaine qu'inquiète du jeune garçon perçait difficilement la nuit sombre, ce qu'il aurait rapidement pu résoudre en rejoignant le duo, cependant quelque chose l'en empêchait, il se sentait figeait sur place, avec ses deux verres dans les mains. G-grand papy... Pourquoi Aalana pleure? Aalana tu vas pas bien? Les mots lui pendaient au bout des lèvres privés d'être prononcés par ses sanglots étouffant qui lui donnaient mal à la tête. Le contact visuel qu'elle établissait avec son frère ne pouvait que lui faire espérer, même si elle oubliait que Joey n'était qu'un petit garçon qui n'oserait pas se dresser face à leur patriarche, lequel raffermit sa prise sur le poignet de la jeune fille. Joey, retourne dans la Volière. Je dois discuter avec Aalana. Et voilà, sa seule et dernière possibilité de se subtiliser à un avenir incertain lui enserrer la gorge, alors qu'elle n'avait plus la force de chercher à se débattre ou à supplier tandis qu'on la trainer vers le manoir.

Après le gravier, le contact du sol froid sur sa voute plantaire lui semblait plus douloureux encore, elle aurait juré que ses pieds la brulait. Seuls ses couinement et sanglots réprimés resonnaient au cours de leur ascension jusqu'au bureau du sorcier. Pour la première fois, il la libéra et lui indiqua d'un vague geste le canapé Chesterfield en cuir blanc, qu'elle rejoignit non sans jeter d'innombrables regards envieux vers la porte que son grand-père avait refermé, mais pas à clé. C'était la deuxième fois qu'elle pénétrait dans cet endroit, mais elle n'était pas aussi heureuse que dans ses jeunes années où elle s'était sentie importante en étant invitée. Aujourd'hui, elle était terrifiée. Ses doigts semblaient se lier aux fibres de sa robe tant elle la serrait dans ses poings, ses pied étaient si froids qu'ils en devenaient brûlant, le monde semblait tanguer autour d'elle, plus rien n'était clair à par la porte à laquelle son regard s'accrocher comme dernière bouée avant de sombrer.

-Voilà, bois tant que c'est chaud. Le tintement clair de la vaisselle en porcelaine immaculée ornée de subtiles dorures sur la table en bois ajoutée à la voix grave et profonde de l'homme lui firent tourner la tête. Assit en face d'elle dans son fauteuil, lui buvait le thé servit sans lui jeter un regard tandis qu'elle considérait sa tasse avec un oeil craintif. La possibilité qu'il puisse l'empoisonner lui paraissait plus que probable. pourquoi? He bien plutôt pourquoi pas? Il avait bien déjà tenté de la blesser à coups de pierre lancé à la vitesse de balle dans les bois. Dans son examen, elle ne remarqua pas que son grand-père l'observait à présent, Aalana ne le remarqua que lorsqu'il posa sa tasse pour se pencher vers elle. Mhh, heureusement qu'on a de quoi soigner ces vilaines plaies, il ne faudrait que ça te laisse des cicatrices! Même en venant d'une bonne famille, tu dois faire ta part pour faire augmenter ta valeur, et rester belle. Si elle avait été face à quelqu'un d'autre, elle n'aurait pas cherché à faire taire la petite voix qui trouvait à redire à chaque mot prononcé. "ces vilaines plaies"? On parlait bien de celles dont il était à l'origine non? Peut-on faire plus ironique? Cherchait-il à étaler ses talents de comédien? Et puis, où voyait-il "une bonne famille"? Enfin, avec tous les gens rassemblaient à cet instant dans la volière, il devait bien en avoir. Et... Vraiment? "augmenter sa valeur"? "rester belle"? He bien, si elle avait eu le cran de sa tante Anneline, elle lui aurait dit au nez. Mais comparé à la sorcière dont elle enviait la confiance et le courage, elle s'en retrouvait justement totalement dépourvu.

Sans un mot, elle le laissa étaler quelque baume magique sur son front, sur ses joues, sur son nez, et sur son cou... Endroit où la main du chef de famille s'attarda en exerçant une pression renouvelée. Tu es une bonne fille Aalana, n'est-ce pas? Tu devrais faire plus attention à toi.

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