Le prix du savoir
25 septembre 2047
Cabane du garde-chasse — 8h30
7ème année
Mercredi matin. La plupart des élèves de septième année de la filière Complète vont rejoindre le stade pour un cours de vol. Moi, je me lève avec un autre projet, heureuse de ne pas devoir me coltiner l'ennuyante activité de voler dans les airs à cheval sur un balai. La lettre reçue par Araya il y a quelques jours me trotte dans la tête. Je n'ai aucune intention de revenir sur ce que je lui ai dit : je ferai tout ce que je peux pour accéder à sa demande — je la devine suffisamment loyale pour m'offrir en échange un présent de pareille valeur. Je n'ai pas grand espoir de réussir dans ma quête du jour mais je ne peux pas ne pas essayer. Voilà pourquoi en ce mercredi matin, au lieu de rejoindre la bibliothèque pour avancer sur mes devoirs, je traverse le parc encore brumeux.
Je bifurque sur l'étroit sentier menant à la cabane du garde-chasse. Je garde les yeux baissés sur mes pieds, effrayée à l'idée de déraper et de terminer ma descente sur le dos et dans la douleur. Cela ne m'empêche pas de glisser sur un caillou alors que je suis presque arrivée. Je me rattrape tant bien que mal en agitant les bras et en sortant un gros juron qui fait s'agiter les oreilles de Zikomo. Le Mngwi est installé dans un repli de ma cape, sur mon épaule, et les soubresauts de ma marche ne semblent pas lui convenir puisque d'un bout il rejoint la terre ferme et continue sans moi, beaucoup plus rapide et agile.
« Tu sais où la trouver ? me demande-t-il lorsque je le rejoins enfin, soulagée d'avoir quittée le sentier.
— Elle doit pas être bien loin, » assuré-je en observant les alentours. Cachée par la brume opaque qui sévit tous les matins depuis quelques jours en Écosse, la cabane en bois se détache difficilement sur l'horizon à une dizaine de mètres de moi. « Je vais aller toquer. »
June Fleming n'est pas aussi facile à trouver que je l'aurais cru. En écoutant les bruits de couloir, j'ai plus ou moins compris les moments où elle pourrait être près de la cabane mais je n'en sais pas davantage. Si je ne la trouve pas ce matin, ma seule solution sera de me rendre au fameux goûter partagé du mercredi soir mais je préférerais autant m'abstenir : ça doit grouiller d'enfants, de rires et de bruits, là-bas. L'idée de devoir supporter tout cela pour ne même pas avoir un moment de calme avec la femme me désespère.
Je m'approche de la porte tandis que Zikomo, curieux comme pas deux, furette dans les alentours du potager. La clarté de son poil bleu se confond avec la brume et je sais qu'il suffirait qu'il s'éloigne de quelques mètres pour que je le perde de vue.Il n'en fera cependant rien : c'est lui qui a voulu m'accompagner, il ne manquera rien de la conversation.
Je frappe trois grands coups sur le battant de bois. J'espère très fort ne pas tomber sur Hagrid. Le bonhomme est gentil mais je n'ai aucune envie de perdre du temps ce matin dans de vaines et ennuyantes discussions.
Plume de @June Fleming, comme promis !
Il est aux alentours de 8h30 alors je me dis qu'il est tout à fait possible que June soit dans les parages/qu'elle ne tarde pas à arriver. Sinon, Aelle ira chercher ailleurs alors n'hésite pas à écrire ton personnage où qu'il soit !
Cabane du garde-chasse — 8h30
7ème année
Mercredi matin. La plupart des élèves de septième année de la filière Complète vont rejoindre le stade pour un cours de vol. Moi, je me lève avec un autre projet, heureuse de ne pas devoir me coltiner l'ennuyante activité de voler dans les airs à cheval sur un balai. La lettre reçue par Araya il y a quelques jours me trotte dans la tête. Je n'ai aucune intention de revenir sur ce que je lui ai dit : je ferai tout ce que je peux pour accéder à sa demande — je la devine suffisamment loyale pour m'offrir en échange un présent de pareille valeur. Je n'ai pas grand espoir de réussir dans ma quête du jour mais je ne peux pas ne pas essayer. Voilà pourquoi en ce mercredi matin, au lieu de rejoindre la bibliothèque pour avancer sur mes devoirs, je traverse le parc encore brumeux.
Je bifurque sur l'étroit sentier menant à la cabane du garde-chasse. Je garde les yeux baissés sur mes pieds, effrayée à l'idée de déraper et de terminer ma descente sur le dos et dans la douleur. Cela ne m'empêche pas de glisser sur un caillou alors que je suis presque arrivée. Je me rattrape tant bien que mal en agitant les bras et en sortant un gros juron qui fait s'agiter les oreilles de Zikomo. Le Mngwi est installé dans un repli de ma cape, sur mon épaule, et les soubresauts de ma marche ne semblent pas lui convenir puisque d'un bout il rejoint la terre ferme et continue sans moi, beaucoup plus rapide et agile.
« Tu sais où la trouver ? me demande-t-il lorsque je le rejoins enfin, soulagée d'avoir quittée le sentier.
— Elle doit pas être bien loin, » assuré-je en observant les alentours. Cachée par la brume opaque qui sévit tous les matins depuis quelques jours en Écosse, la cabane en bois se détache difficilement sur l'horizon à une dizaine de mètres de moi. « Je vais aller toquer. »
June Fleming n'est pas aussi facile à trouver que je l'aurais cru. En écoutant les bruits de couloir, j'ai plus ou moins compris les moments où elle pourrait être près de la cabane mais je n'en sais pas davantage. Si je ne la trouve pas ce matin, ma seule solution sera de me rendre au fameux goûter partagé du mercredi soir mais je préférerais autant m'abstenir : ça doit grouiller d'enfants, de rires et de bruits, là-bas. L'idée de devoir supporter tout cela pour ne même pas avoir un moment de calme avec la femme me désespère.
Je m'approche de la porte tandis que Zikomo, curieux comme pas deux, furette dans les alentours du potager. La clarté de son poil bleu se confond avec la brume et je sais qu'il suffirait qu'il s'éloigne de quelques mètres pour que je le perde de vue.Il n'en fera cependant rien : c'est lui qui a voulu m'accompagner, il ne manquera rien de la conversation.
Je frappe trois grands coups sur le battant de bois. J'espère très fort ne pas tomber sur Hagrid. Le bonhomme est gentil mais je n'ai aucune envie de perdre du temps ce matin dans de vaines et ennuyantes discussions.
Plume de @June Fleming, comme promis !
Il est aux alentours de 8h30 alors je me dis qu'il est tout à fait possible que June soit dans les parages/qu'elle ne tarde pas à arriver. Sinon, Aelle ira chercher ailleurs alors n'hésite pas à écrire ton personnage où qu'il soit !
Le prix du savoir
Ce matin-là, June avait décidé de venir plus tôt pour rendre visite à Hagrid. Elle aimait toujours autant parler de tout et de rien avec lui. Elle avait apporté des biscuits aux flocons d'avoines, à la banane et au chocolat, parfaits pour bien entamer cette journée qui s'annonçait plutôt sportive. L'ancien garde-chasse avait préparé du thé et ils trempaient joyeusement leurs petits gâteaux dans leurs tasses. La conversation s'était naturellement orientée vers un des sujets de discussion favori de June : l'influence des phases de la lune sur la croissance des plantes. Les personnes que cela intéressait étaient plutôt rares et elle en avait déjà donc parlé longuement avec Hagrid.
- Maintenant que j'ai le temps, je me suis décidé à faire une petite expérience. Tu tiens tellement à tout planter selon la lune que je voulais en avoir le cœur net. Même si tout ce que j'ai planté a toujours poussé sans que j'ai besoin de me préoccuper de ce genre de balivernes.
- C'est parce que tu as la main verte, répondit-elle en riant. Mais ça me fait super plaisir que tu aies essayé Hagrid !
- J'ai bien lu ton calendrier lunaire. Et puis j'ai planté deux pieds de mauve douce. Un en "jour fleur" et en lune décroissante pour que les racines descendent bien comme tu m'en as parlé, et l'autre sans regarder du tout les phases de la lune.
- Et qu'est-ce que ça a donné ?
- Je dois bien avoué que la première s'est bien plus développée que la deuxième.
- Ah, tu vois !
Ils en étaient là de leurs considérations lorsque trois grands coups retentirent à la porte. June posa une main sur l'avant-bras de son ami désormais retraité. « Laisse, je vais ouvrir. » Miss Bristyle se tenait sur le pas de la porte. June ne la connaissait pas personnellement mais elle en avait bien sûr entendu parler. « Miss Bristyle, bonjour. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? »
- Maintenant que j'ai le temps, je me suis décidé à faire une petite expérience. Tu tiens tellement à tout planter selon la lune que je voulais en avoir le cœur net. Même si tout ce que j'ai planté a toujours poussé sans que j'ai besoin de me préoccuper de ce genre de balivernes.
- C'est parce que tu as la main verte, répondit-elle en riant. Mais ça me fait super plaisir que tu aies essayé Hagrid !
- J'ai bien lu ton calendrier lunaire. Et puis j'ai planté deux pieds de mauve douce. Un en "jour fleur" et en lune décroissante pour que les racines descendent bien comme tu m'en as parlé, et l'autre sans regarder du tout les phases de la lune.
- Et qu'est-ce que ça a donné ?
- Je dois bien avoué que la première s'est bien plus développée que la deuxième.
- Ah, tu vois !
Ils en étaient là de leurs considérations lorsque trois grands coups retentirent à la porte. June posa une main sur l'avant-bras de son ami désormais retraité. « Laisse, je vais ouvrir. » Miss Bristyle se tenait sur le pas de la porte. June ne la connaissait pas personnellement mais elle en avait bien sûr entendu parler. « Miss Bristyle, bonjour. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? »
∞ Garde-Chasse In RP de septembre 2046 à juin 2048 ∞
Le prix du savoir
La porte s'ouvre sur June Fleming. C'est bien elle que je suis venue chercher et je n'espérais pas la trouver aussi rapidement. Son apparition est si soudaine que j'en perds le fil de mes pensées. N'est pas étranger à ce trouble le fait que cette femme soit ni plus ni moins une inconnue. Je ne lui ai jamais parlé, pas le moindre mot, même si cela fait un an qu'elle fait partie du paysage de Poudlard puisque je la vois régulièrement dans le parc, ci-ou-là, à fureter comme seule peut le faire une garde chasse. Je n'ai aucune idée de ce à quoi elle passe son temps mais j'imagine que puisqu'on la paye sa fonction doit bien avoir un quelconque intérêt.
De June Fleming, je ne sais pas grand chose. Les rumeurs disent qu'elle a été préfète un an ou deux avant mon arrivée à Poudlard. J'ai entendu mes frères en parler quelques fois lorsqu'ils évoquent la population de l'école, notamment les jeunes professeurs, et qu'ils nous racontent à Aodren et moi comment ils étaient durant leurs années collèges. À vue de nez, elle ne doit pas être âgée de plus de vingt-cinq ans — se rappelle-t-elle avoir côtoyé durant sa scolarité un élève du nom de Natanaël Bristyle ?
Ces questionnements s'effacent bien vite de mon esprit. Je ne suis pas là pour discuter de l'ancien temps avec une femme dont la vie ne m'intéresse par ailleurs pas. Je me redresse et d'une voix polie je demande :
« Bonjour... Hum, j'aimerais vous entretenir à propos d'un sujet... » Je me penche légèrement pour regarder à l'intérieur de la cabane où j'imagine que doit se trouver le vieil Hagrid. « Personnel. »
Ce n'est pas du tout dans mes habitudes d'aller demander des conseils, voire même des services, à des personnes que je ne connais pas le moins du monde. Je suis mal à l'aise d'être là car je ne sais quasiment rien de cette femme et que je n'ai aucune idée de ce à quoi je dois m'attendre : derrière son visage avenant se cache peut-être une méchanceté indiscernable. Je sais que les prochaines minutes seront décisives. Après tout, elle ne me connait pas plus que je la connais ; qu'en a-t-elle à faire d'une septième année qui n'a rien à lui apporter ?
« Je ne suis pas sûre que vous puissiez m'apporter des réponses, continué-je d'une voix prudente, mais je pense que vous êtes la plus à même de... » Merlin, je déteste dire ça. « De m'aider. »
Je me recule d'un pas, comme pour lui laisser la place de sortir et me rejoindre. Non loin de moi, Zikomo s'amuse dans le potager. Il me suffit d'un regard dans sa direction pour qu'il comprenne le message : en un bon il saute légumes et autres plantes pour me rejoindre en trottinant.
« Pouvons-nous aller faire un tour ? proposé-je à la jeune femme. Ne faites pas attention à Zikomo, il abîmera pas vos plantes. Il voulait juste m'accompagner. »
Lorsque j'ai dit à Zikomo que sa présence pouvait intéresser la garde chasse et surtout l'encourager à m'écouter, il a rétorqué que j'étais « une vile petite humaine ». Peut-être, oui, mais le fait est que souvent les gens associent sa présence à mes côtés comme un gage d'intérêt : je passe d'une jeune femme dont les années à Poudlard sont marquées par des événements qui noircissent sa réputation à une personne intéressante. Et si je n'ai habituellement pas besoin de cela pour l'être, (je me débrouille très bien toute seule, merci) je sais que les inconnus ont parfois besoin d'un peu d'aide pour ôter les œillères qui leur bouchent la vue. Le fait qu'elle connaisse mon identité ne rend cette manœuvre que plus essentielle : il y a de fortes chances pour qu'elle ne connaisse de moi que mes déboires avec Chu-Jung.
De June Fleming, je ne sais pas grand chose. Les rumeurs disent qu'elle a été préfète un an ou deux avant mon arrivée à Poudlard. J'ai entendu mes frères en parler quelques fois lorsqu'ils évoquent la population de l'école, notamment les jeunes professeurs, et qu'ils nous racontent à Aodren et moi comment ils étaient durant leurs années collèges. À vue de nez, elle ne doit pas être âgée de plus de vingt-cinq ans — se rappelle-t-elle avoir côtoyé durant sa scolarité un élève du nom de Natanaël Bristyle ?
Ces questionnements s'effacent bien vite de mon esprit. Je ne suis pas là pour discuter de l'ancien temps avec une femme dont la vie ne m'intéresse par ailleurs pas. Je me redresse et d'une voix polie je demande :
« Bonjour... Hum, j'aimerais vous entretenir à propos d'un sujet... » Je me penche légèrement pour regarder à l'intérieur de la cabane où j'imagine que doit se trouver le vieil Hagrid. « Personnel. »
Ce n'est pas du tout dans mes habitudes d'aller demander des conseils, voire même des services, à des personnes que je ne connais pas le moins du monde. Je suis mal à l'aise d'être là car je ne sais quasiment rien de cette femme et que je n'ai aucune idée de ce à quoi je dois m'attendre : derrière son visage avenant se cache peut-être une méchanceté indiscernable. Je sais que les prochaines minutes seront décisives. Après tout, elle ne me connait pas plus que je la connais ; qu'en a-t-elle à faire d'une septième année qui n'a rien à lui apporter ?
« Je ne suis pas sûre que vous puissiez m'apporter des réponses, continué-je d'une voix prudente, mais je pense que vous êtes la plus à même de... » Merlin, je déteste dire ça. « De m'aider. »
Je me recule d'un pas, comme pour lui laisser la place de sortir et me rejoindre. Non loin de moi, Zikomo s'amuse dans le potager. Il me suffit d'un regard dans sa direction pour qu'il comprenne le message : en un bon il saute légumes et autres plantes pour me rejoindre en trottinant.
« Pouvons-nous aller faire un tour ? proposé-je à la jeune femme. Ne faites pas attention à Zikomo, il abîmera pas vos plantes. Il voulait juste m'accompagner. »
Lorsque j'ai dit à Zikomo que sa présence pouvait intéresser la garde chasse et surtout l'encourager à m'écouter, il a rétorqué que j'étais « une vile petite humaine ». Peut-être, oui, mais le fait est que souvent les gens associent sa présence à mes côtés comme un gage d'intérêt : je passe d'une jeune femme dont les années à Poudlard sont marquées par des événements qui noircissent sa réputation à une personne intéressante. Et si je n'ai habituellement pas besoin de cela pour l'être, (je me débrouille très bien toute seule, merci) je sais que les inconnus ont parfois besoin d'un peu d'aide pour ôter les œillères qui leur bouchent la vue. Le fait qu'elle connaisse mon identité ne rend cette manœuvre que plus essentielle : il y a de fortes chances pour qu'elle ne connaisse de moi que mes déboires avec Chu-Jung.
Le prix du savoir
Une légère gêne flottait dans l'air lorsque la jeune fille prit la parole. Elle jeta un coup d’œil à l'intérieur de la cabane, comme pour voir si elles étaient seules. Sa demande nécessitait apparemment un échange privé. On aurait dit que Miss Bristyle ne voulait pas que quiconque ait vent de ce qu'elle s'apprêtait à dire, pas même Hagrid. Mais pourquoi avoir choisi June ? Elles ne se connaissaient pas. June avait bien sûr entendu des rumeurs sur la jeune fille. Elle savait qu'elle avait déjà été renvoyée par le passé et qu'elle avait la réputation d'être plutôt désagréable voir violente. Mais la garde-chasse n'était vraiment pas du genre à la juger avant de la connaître et d'avoir pu se faire son propre avis. Et puis, le petit renard bleu et l'oiseau serpentaire qui l'accompagnaient presque en permanence l'avaient toujours intriguée. Peut-être que ce serait l'occasion d'aborder le sujet. Maintenant qu'elle l'avait devant elle et qu'elle pouvait voir son visage de plus près, ses traits lui semblèrent familiers. Mais oui ! Natanaël. June avait donc connu son frère. L'image du griffon lui revint en tête. Ils avaient un an d'écart mais étaient tous deux dans la même maison. Ils s'étaient assez peu côtoyés durant leurs études à Poudlard mais s'étaient retrouvés à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques. On pouvait même dire qu'ils étaient devenus amis. Il se plaignait d'ailleurs parfois de sa sœur Aelle. Comment n'avait-elle pas fait le rapprochement avant ? Bien sûr, ils n'étaient plus tellement proches, même s'ils leur arrivait encore de s'écrire. Elle se promit de sortir sa plume pour lui raconter sa rencontre avec sa sœur.
Puisque Aelle n'avait aucune raison de venir la voir elle en particulier, cela devait sûrement avoir un rapport avec le parc ou la forêt. La jeune fille doutait que June puisse lui apporter les réponses qu'elle attendait mais en tous cas elle semblait l'espérer. « Et bien, je serais ravie de vous aider si je le peux. » Le renard qui jouait depuis un moment dans le potager les rejoignit. Et Miss Bristyle lui demanda si elles pouvaient aller faire un tour, sans doute pour avoir cette conversation en privé. Ses journées de garde-chasse étaient toujours bien chargées, mais elle n'était pas venu travailler dans une école pour laisser les élèves de côté. Elle pouvait bien lui accorder un peu de son temps. « Oui, je peux prendre un peu de temps avant de commencer ma journée, si besoin je finirai plus tard. Laissez-moi juste une minute. » Elle entra dans la cabane, attrapa son sac et s'adressa à l'ancien garde-chasse : « Désolée Hagrid, le devoir m'appelle, je repasserai te voir dans la soirée. » Elle sortit tout en invitant du regard Aelle à la suivre et rebondit sur sa remarque. « Oh, je ne m'inquiète pas pour lui. Je n'ai jamais vu une créature de ce genre. Est-ce que vous m'en diriez plus à son sujet ? » Elle n'orienta pas trop sa question, lui laissant la possibilité de choisir les informations qu'elle voudrait bien donner.
Puisque Aelle n'avait aucune raison de venir la voir elle en particulier, cela devait sûrement avoir un rapport avec le parc ou la forêt. La jeune fille doutait que June puisse lui apporter les réponses qu'elle attendait mais en tous cas elle semblait l'espérer. « Et bien, je serais ravie de vous aider si je le peux. » Le renard qui jouait depuis un moment dans le potager les rejoignit. Et Miss Bristyle lui demanda si elles pouvaient aller faire un tour, sans doute pour avoir cette conversation en privé. Ses journées de garde-chasse étaient toujours bien chargées, mais elle n'était pas venu travailler dans une école pour laisser les élèves de côté. Elle pouvait bien lui accorder un peu de son temps. « Oui, je peux prendre un peu de temps avant de commencer ma journée, si besoin je finirai plus tard. Laissez-moi juste une minute. » Elle entra dans la cabane, attrapa son sac et s'adressa à l'ancien garde-chasse : « Désolée Hagrid, le devoir m'appelle, je repasserai te voir dans la soirée. » Elle sortit tout en invitant du regard Aelle à la suivre et rebondit sur sa remarque. « Oh, je ne m'inquiète pas pour lui. Je n'ai jamais vu une créature de ce genre. Est-ce que vous m'en diriez plus à son sujet ? » Elle n'orienta pas trop sa question, lui laissant la possibilité de choisir les informations qu'elle voudrait bien donner.
Navrée pour le retard.
∞ Garde-Chasse In RP de septembre 2046 à juin 2048 ∞
Le prix du savoir
Je fais quelques pas en arrière le temps que la jeune femme retourne dans la cabane saluer le vieil Hagrid et récupérer ses affaires. Les premiers mots désormais échangés, je me sens bien plus rassurée. Rien dans son ton ni sur son visage n'a montré qu'elle éprouvait à mon égard un quelconque jugement voire une réticence à échanger avec moi. Je n'ai trouvé chez elle que la politesse affable que l'on s'attend, ma foi, à trouver chez tous les acteurs adultes de la vie de Poudlard. Elle est même prête à travailler plus tard pour contrebalancer le retard que je lui aurais fait prendre. C'est attentionné. Ou alors c'est une technique pour me faire comprendre que l'entrevue ne devra pas durer ; une technique peu subtile. Je suis incapable de trancher, aussi préféré-je laisser ce questionnement pour plus tard. Si je me questionne sur chacune de ses interventions, je finirai par perdre le fil de mon plan longuement réfléchi. En réponse à la première impression favorable qu'elle me fait, mes épaules se décrispent et mon air se fait un peu plus avenant : peut-être que cela ne sera pas aussi difficile que je l'avais prévu.
J'accueille son retour avec un sourire qui n'a rien de sincère. Ce n'est qu'une grimace qui vient sans que l'on y pense. Celle que l'on adresse à des inconnus quand on ne sait pas quoi dire. J'enroule une main autour de la lanière de mon sac, le regard tourné en direction du chemin sur lequel elle m'invite à la suivre. Mon évocation de Zikomo n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde. J'en éprouve un drôle de sentiment mitigé : je suis à la fois satisfaite qu'elle attrape la perche que je lui ai tendue mais réticente à l'idée de lui confier quoi que ce soit sur ce compagnon dont je cache les origines avec une ardeur qui frôle l'obsession.
Ledit Mngwi gambade sur le chemin devant nous, reniflant à droite à et à gauche, nous ouvrant la voix. Ses oreilles se tournent dans tous les sens et suivent des bruits qui sont indiscernables à nos oreilles humaines. Il semble tout à fait hermétique à ce qu'il se passe autour de lui mais je le connais suffisamment pour savoir qu'il reste malgré tout attentif.
« On en trouve pas par ici, commencé-je d'une voix prudente en gardant le regard braqué sur le renard d'encre, incapable que je suis de tourner les yeux vers la jeune femme qui m'accompagne. À vrai dire, il vient des... » Encore cette fichue réticence ; je me force à la combattre. « Des forêts vierges de Chine. »
J'observe Zikomo. Je n'ai pas pu empêcher ma voix de prendre une inflexion plus douce sur les derniers mots. La tendresse que j'éprouve pour ce petit être me semble parfois dangereusement infinie. Je me remémore nos nombreux moments passés à nous conter nos vies — surtout lui, d'ailleurs, qui a un siècle d'histoires à raconter et qui a l'envie de le faire. Il ne revient pas souvent sur ce qu'était sa vie avant. Avant Idi Musavani qui fut son premier compagnon. Avant de devenir un esprit. Mais il me parle parfois de la malice des Mngwi, des immenses arbres des forêts de sa jeunesse, de sa vie simple dont il n'a que de brefs souvenirs. Il préfère amplement me raconter les nombreux sorciers et sorcières qu'il a accompagné, ces imminents mages africains qui m'intimident, leurs exploits, leurs faiblesses parfois — je le soupçonne de me parler de ce dernier point seulement pour me faire des leçons de vie sans avoir l'air d'en faire.
« Son espèce s'appelle Mngwi, ajouté après coup sans ne serait-ce que bafouiller sur ce mot qui n'est pourtant guère habituel pour une anglaise. Aucun livre à Poudlard n'y fait référence. » Et, comme pour l'excuser de ne pas avoir su malgré son métier qui la force à côtoyer plus de créatures que n'importe qui d'autre : « C'est normal que vous en ayez jamais vu. »
Je m'efforce de ne pas lui jeter mes questions au visage. Je n'ai jamais su me faire au rythme lent et ennuyant des conversations. Il faut pourtant suivre le rythme, ne pas se précipiter. Chaque chose en son temps. Même si je déteste sincèrement cette façon de faire — c'est tellement plus facile d'aller droit au but.
J'accueille son retour avec un sourire qui n'a rien de sincère. Ce n'est qu'une grimace qui vient sans que l'on y pense. Celle que l'on adresse à des inconnus quand on ne sait pas quoi dire. J'enroule une main autour de la lanière de mon sac, le regard tourné en direction du chemin sur lequel elle m'invite à la suivre. Mon évocation de Zikomo n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde. J'en éprouve un drôle de sentiment mitigé : je suis à la fois satisfaite qu'elle attrape la perche que je lui ai tendue mais réticente à l'idée de lui confier quoi que ce soit sur ce compagnon dont je cache les origines avec une ardeur qui frôle l'obsession.
Ledit Mngwi gambade sur le chemin devant nous, reniflant à droite à et à gauche, nous ouvrant la voix. Ses oreilles se tournent dans tous les sens et suivent des bruits qui sont indiscernables à nos oreilles humaines. Il semble tout à fait hermétique à ce qu'il se passe autour de lui mais je le connais suffisamment pour savoir qu'il reste malgré tout attentif.
« On en trouve pas par ici, commencé-je d'une voix prudente en gardant le regard braqué sur le renard d'encre, incapable que je suis de tourner les yeux vers la jeune femme qui m'accompagne. À vrai dire, il vient des... » Encore cette fichue réticence ; je me force à la combattre. « Des forêts vierges de Chine. »
J'observe Zikomo. Je n'ai pas pu empêcher ma voix de prendre une inflexion plus douce sur les derniers mots. La tendresse que j'éprouve pour ce petit être me semble parfois dangereusement infinie. Je me remémore nos nombreux moments passés à nous conter nos vies — surtout lui, d'ailleurs, qui a un siècle d'histoires à raconter et qui a l'envie de le faire. Il ne revient pas souvent sur ce qu'était sa vie avant. Avant Idi Musavani qui fut son premier compagnon. Avant de devenir un esprit. Mais il me parle parfois de la malice des Mngwi, des immenses arbres des forêts de sa jeunesse, de sa vie simple dont il n'a que de brefs souvenirs. Il préfère amplement me raconter les nombreux sorciers et sorcières qu'il a accompagné, ces imminents mages africains qui m'intimident, leurs exploits, leurs faiblesses parfois — je le soupçonne de me parler de ce dernier point seulement pour me faire des leçons de vie sans avoir l'air d'en faire.
« Son espèce s'appelle Mngwi, ajouté après coup sans ne serait-ce que bafouiller sur ce mot qui n'est pourtant guère habituel pour une anglaise. Aucun livre à Poudlard n'y fait référence. » Et, comme pour l'excuser de ne pas avoir su malgré son métier qui la force à côtoyer plus de créatures que n'importe qui d'autre : « C'est normal que vous en ayez jamais vu. »
Je m'efforce de ne pas lui jeter mes questions au visage. Je n'ai jamais su me faire au rythme lent et ennuyant des conversations. Il faut pourtant suivre le rythme, ne pas se précipiter. Chaque chose en son temps. Même si je déteste sincèrement cette façon de faire — c'est tellement plus facile d'aller droit au but.
Le prix du savoir
Lorsque June accepta de faire quelques pas avec Aelle, celle-ci lui offrit un sourire pincé qui lui parut peu sincère. Était-elle gênée ? Ou peut-être n'aimait-elle simplement pas demander de l'aide. Cette première impression lui suggérait qu'elle ne respirait pas la joie de vivre. Mais peut-être n'était-ce qu'une façade.
La jeune fille semblait réticente à parler de son animal. June n'aurait su dire pourquoi, mais elle supposa que s'il était rare, elle n'avait pas forcément envie de l'ébruiter. Elle lui délivra malgré tout quelques informations au compte goutte. La garde-chasse aurait voulu lui demander dans quelles circonstances elle était devenu sa maîtresse, mais pressentait que cette question serait trop personnelle. Malgré tout, elle ne put s'empêcher d'en demander un peu plus sur le Mngwi.
« C'est passionnant, dommage qu'aucun livre n'en fasse mention. Est-ce une espèce protégée s'il est si rare ? Quelles sont ses capacités magiques ? »
Tout en parlant, elle observa le renard. Malgré sa petite taille, il était vraiment majestueux. Il semblait aussi vif et intelligent. Elle en détacha difficilement son regard pour le reporter sur son interlocutrice.
Elle rebondit sur sa dernière remarque. Aelle avait répondu à sa question, elle pouvait aussi lui confier un peu de son histoire. Bien que ce ne soit probablement pas ce qu'elle était venu chercher.
« Effectivement, l'Asie est un continent que je connais très peu. J'en sais plus sur les créatures d'Amérique du Sud où j'ai passé une partie de mon enfance. J'ai eu la chance de passer de courtes vacances au Japon, mais ce n'était pas pour le travail. Et d'ailleurs, je suis plutôt spécialisée dans l'étude des plantes, j'ai un diplôme de botaniste. » Elle marqua une pause, laissant l'occasion à Miss Bristyle de réagir ou encore de lui en dire plus. Elle profita de cette mention à ses études pour lui parler de son frère. « Savez-vous que j'ai connu votre frère Natanaël ? Nous étions ensemble à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques. » June ne savait pas comment elle allait le prendre. Il lui semblait qu'elle n'était pas tellement proche de lui. À l'époque où elle faisait encore ces études, elle avait cru comprendre qu'ils se disputaient souvent.
Sentant que la jeune fille allait vite se lasser de la conversation, et puisqu'elle n'avait pas non plus tout son temps, elle décida d'entrer dans le vif du sujet.
« Mais assez bavardé. Je suis sûre que vous n'êtes pas venue pour ça. Dîtes-moi en quoi je peux vous aider ? » finit-elle en souriant.
La jeune fille semblait réticente à parler de son animal. June n'aurait su dire pourquoi, mais elle supposa que s'il était rare, elle n'avait pas forcément envie de l'ébruiter. Elle lui délivra malgré tout quelques informations au compte goutte. La garde-chasse aurait voulu lui demander dans quelles circonstances elle était devenu sa maîtresse, mais pressentait que cette question serait trop personnelle. Malgré tout, elle ne put s'empêcher d'en demander un peu plus sur le Mngwi.
« C'est passionnant, dommage qu'aucun livre n'en fasse mention. Est-ce une espèce protégée s'il est si rare ? Quelles sont ses capacités magiques ? »
Tout en parlant, elle observa le renard. Malgré sa petite taille, il était vraiment majestueux. Il semblait aussi vif et intelligent. Elle en détacha difficilement son regard pour le reporter sur son interlocutrice.
Elle rebondit sur sa dernière remarque. Aelle avait répondu à sa question, elle pouvait aussi lui confier un peu de son histoire. Bien que ce ne soit probablement pas ce qu'elle était venu chercher.
« Effectivement, l'Asie est un continent que je connais très peu. J'en sais plus sur les créatures d'Amérique du Sud où j'ai passé une partie de mon enfance. J'ai eu la chance de passer de courtes vacances au Japon, mais ce n'était pas pour le travail. Et d'ailleurs, je suis plutôt spécialisée dans l'étude des plantes, j'ai un diplôme de botaniste. » Elle marqua une pause, laissant l'occasion à Miss Bristyle de réagir ou encore de lui en dire plus. Elle profita de cette mention à ses études pour lui parler de son frère. « Savez-vous que j'ai connu votre frère Natanaël ? Nous étions ensemble à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques. » June ne savait pas comment elle allait le prendre. Il lui semblait qu'elle n'était pas tellement proche de lui. À l'époque où elle faisait encore ces études, elle avait cru comprendre qu'ils se disputaient souvent.
Sentant que la jeune fille allait vite se lasser de la conversation, et puisqu'elle n'avait pas non plus tout son temps, elle décida d'entrer dans le vif du sujet.
« Mais assez bavardé. Je suis sûre que vous n'êtes pas venue pour ça. Dîtes-moi en quoi je peux vous aider ? » finit-elle en souriant.
∞ Garde-Chasse In RP de septembre 2046 à juin 2048 ∞
Le prix du savoir
Mes sourcils se froncent sous la concentration tandis que j'observe Zikomo en ruminant les questions de la jeune femme. À vrai dire, il est parfois difficile de savoir où se situe la limite entre les capacités que s'est vu octroyées le Mngwi lorsqu'il est devenu un Messager des rêves et ce dont il était capable en tant que renard d'encre. Que veut-elle savoir exactement ? Qu'il est doté de cordes vocales lui permettant d'imiter n'importe quel bruit, que c'est ainsi qu'il piégeait les humains lorsqu'il n'était encore qu'une créature sans conscience ? Ou veut-elle savoir qu'il est capable de sentir quand j'ai besoin de lui et qu'il peut me retrouver où que je sois ? Qu'il est également capable de telles prouesses pour Erza Nyakane, que je ne sais pas exactement comment ça fonctionne mais que c'est juste là, en lui ? Et que dire de sa faculté de parole ? Sans doute que ça lui paraîtrait dingue, ça, à la garde-chasse, si elle l'entendait parler...
« C'est surtout que son habitat naturel est pas trop accessible et puis les Mngwi sont considérés comme plutôt... Malicieux, avoué-je avec un sourire. Hein, Zikomo ? »
Ledit Zikomo tourne le museau vers moi. Nos yeux se croisent et je lui lance ce fameux regard. Celui qui l'encourage à surprendre les personnes qui nous côtoient et qui ne savent pas encore.
« Malicieux est un terme encore trop sage, » répond-il de bonne grâce avant de repartir à son furetage.
Du coin de l'oeil, j'observe la réaction de la femme — les gens sont toujours si surpris de l'entendre parler ! C'est vrai que l'on ne s'attendrait pas, en le voyant, à faire face à une créature intelligente, douée de parole et vieux d'un bon millénaire.
« Vous voyez ? m'amusé-je d'une voix légère. Il est capable de choses et d'autres. » Toujours rester vague. « Il pourrait vous imiter le bruit de n'importe quelle créature. Et c'est un pas un talent acquis je veux dire. C'est inné. »
Sans le savoir, June Fleming m'offre un fabuleux spectacle du rare talent de savoir faire la conversation. Elle enchaîne si naturellement en me parlant de ses voyages et de mon... frère que j'en reste un instant sans voix. Je ne suis pas mécontente d'en apprendre un peu plus sur celle qui était tout à fait une inconnue il y a quelques minutes. Ce n'est pas tant qu'elle m'intéresse mais comme pour chaque personne, ce qu'elle me livre d'elle me permet de me poser les bonnes questions : qu'est-ce qu'elle pourrait m'apporter ? Des connaissances sur les créatures d'Amérique du Sud et oh, un diplôme de Botaniste ? Que fait-elle donc à un poste de garde-chasse ? Ne préférerait-elle pas étudier des plantes exotiques et peu connues plutôt que de supporter à longueur de journée des gosses qui braillent ? Ma foi, si elle est là c'est sans doute que la réponse est non.
C'est étrange d'entendre une inconnue parler de mon frère. C'est mon frère, je le connais depuis toujour. C'est comme s'il n'était même plus un être à part entière : ce n'est que mon frère. Entendre parler de lui par une personne extérieure, c'est comme lorsque Saunders m'avait parlé de Narym : cela me donne une impression d'irréalité. Comme si je ne comprenais pas de qui elle parlait. Ce Natanaël qu'elle a connu était-il réellement mon frère, ce jeune homme qui manque de confiance, qui suit ma mère où qu'elle aille, qui manque d'ambition et qui se montre si agaçant avec moi ? Malheureusement, c'est bien lui, oui.
« Oh, je sais pour Natanaël, dis-je avec un sourire crispé. Enfin, il m'a vaguement — très vaguement — parlé de vous quand vous êtes arrivée aux château. Ça leur fait toujours bizarre à mes frères quand un camarade avec qui ils ont fait leurs études revient travailler à Poudlard. »
La conversation revient brutalement sur le droit chemin. Moi qui m'attendais à faire (fort laborieusement) la conversation le temps que celle-ci dévie sur le sujet qui m'intéresse, me voilà prise au dépourvu. J'essaie tant bien que mal de le cacher en rassemblant mes pensées et en me concentrant sur le chemin que nous suivons du pas lent qui convient aux promenades. Son sourire me rassure autant qu'il m'interpelle. Plus les mois s'écoulent et plus approche la fin de ma scolarité, moins je ressens cette barrière brutale et douloureuse qui a toujours existé entre les adultes et moi. J'aurais pu croire que c'est à cause du jeune âge de Fleming mais j'ai encore en tête le souvenir plus que douloureux de ma conversation du début d'année avec Elina Montmort. Montmort est plus jeune que Fleming, je me suis pourtant heurtée à cette fameuse barrière et n'en suis pas ressorti sans blessure.
Enfin, peut-être est-ce seulement June Fleming qui ne dégage rien qui me force à me retrancher derrière des couches de protection. Je réponds simplement à sa question. Aussi simplement qu'elle sourit.
« Des questions à propos du clan de Centaures de la Forêt Interdite. »
Du bout de la bottine j'envoie voltiger un caillou qui termine sa course contre un arbre en bordure du chemin. Je lève la tête vers la silhouette imposante du château et plisse les yeux à cause du reflet du soleil sur les nombreuses fenêtres qui percent ses façades.
« Vous avez déjà eu l'occasion de les rencontrer ? »
J'ai toujours eu du mal avec les conversations qui s’imbriquent dans les conversations ! N'hésite pas à me dire si ces conversations mêlées rendent le texte incohérent ou incompréhensible.
« C'est surtout que son habitat naturel est pas trop accessible et puis les Mngwi sont considérés comme plutôt... Malicieux, avoué-je avec un sourire. Hein, Zikomo ? »
Ledit Zikomo tourne le museau vers moi. Nos yeux se croisent et je lui lance ce fameux regard. Celui qui l'encourage à surprendre les personnes qui nous côtoient et qui ne savent pas encore.
« Malicieux est un terme encore trop sage, » répond-il de bonne grâce avant de repartir à son furetage.
Du coin de l'oeil, j'observe la réaction de la femme — les gens sont toujours si surpris de l'entendre parler ! C'est vrai que l'on ne s'attendrait pas, en le voyant, à faire face à une créature intelligente, douée de parole et vieux d'un bon millénaire.
« Vous voyez ? m'amusé-je d'une voix légère. Il est capable de choses et d'autres. » Toujours rester vague. « Il pourrait vous imiter le bruit de n'importe quelle créature. Et c'est un pas un talent acquis je veux dire. C'est inné. »
Sans le savoir, June Fleming m'offre un fabuleux spectacle du rare talent de savoir faire la conversation. Elle enchaîne si naturellement en me parlant de ses voyages et de mon... frère que j'en reste un instant sans voix. Je ne suis pas mécontente d'en apprendre un peu plus sur celle qui était tout à fait une inconnue il y a quelques minutes. Ce n'est pas tant qu'elle m'intéresse mais comme pour chaque personne, ce qu'elle me livre d'elle me permet de me poser les bonnes questions : qu'est-ce qu'elle pourrait m'apporter ? Des connaissances sur les créatures d'Amérique du Sud et oh, un diplôme de Botaniste ? Que fait-elle donc à un poste de garde-chasse ? Ne préférerait-elle pas étudier des plantes exotiques et peu connues plutôt que de supporter à longueur de journée des gosses qui braillent ? Ma foi, si elle est là c'est sans doute que la réponse est non.
C'est étrange d'entendre une inconnue parler de mon frère. C'est mon frère, je le connais depuis toujour. C'est comme s'il n'était même plus un être à part entière : ce n'est que mon frère. Entendre parler de lui par une personne extérieure, c'est comme lorsque Saunders m'avait parlé de Narym : cela me donne une impression d'irréalité. Comme si je ne comprenais pas de qui elle parlait. Ce Natanaël qu'elle a connu était-il réellement mon frère, ce jeune homme qui manque de confiance, qui suit ma mère où qu'elle aille, qui manque d'ambition et qui se montre si agaçant avec moi ? Malheureusement, c'est bien lui, oui.
« Oh, je sais pour Natanaël, dis-je avec un sourire crispé. Enfin, il m'a vaguement — très vaguement — parlé de vous quand vous êtes arrivée aux château. Ça leur fait toujours bizarre à mes frères quand un camarade avec qui ils ont fait leurs études revient travailler à Poudlard. »
La conversation revient brutalement sur le droit chemin. Moi qui m'attendais à faire (fort laborieusement) la conversation le temps que celle-ci dévie sur le sujet qui m'intéresse, me voilà prise au dépourvu. J'essaie tant bien que mal de le cacher en rassemblant mes pensées et en me concentrant sur le chemin que nous suivons du pas lent qui convient aux promenades. Son sourire me rassure autant qu'il m'interpelle. Plus les mois s'écoulent et plus approche la fin de ma scolarité, moins je ressens cette barrière brutale et douloureuse qui a toujours existé entre les adultes et moi. J'aurais pu croire que c'est à cause du jeune âge de Fleming mais j'ai encore en tête le souvenir plus que douloureux de ma conversation du début d'année avec Elina Montmort. Montmort est plus jeune que Fleming, je me suis pourtant heurtée à cette fameuse barrière et n'en suis pas ressorti sans blessure.
Enfin, peut-être est-ce seulement June Fleming qui ne dégage rien qui me force à me retrancher derrière des couches de protection. Je réponds simplement à sa question. Aussi simplement qu'elle sourit.
« Des questions à propos du clan de Centaures de la Forêt Interdite. »
Du bout de la bottine j'envoie voltiger un caillou qui termine sa course contre un arbre en bordure du chemin. Je lève la tête vers la silhouette imposante du château et plisse les yeux à cause du reflet du soleil sur les nombreuses fenêtres qui percent ses façades.
« Vous avez déjà eu l'occasion de les rencontrer ? »
J'ai toujours eu du mal avec les conversations qui s’imbriquent dans les conversations ! N'hésite pas à me dire si ces conversations mêlées rendent le texte incohérent ou incompréhensible.