Salle de quarantaine

Dragoncelle.. rien que ce mot lui donnait la nausée. Comment a-t-il été atteint ? Il n'en avait aucune idée. Tout ce qui le préoccupait c'était de sortir au plus vite de l'infirmerie et profiter de la belle journée d'automne dont les feuilles mortes apparaissaient à travers la fenêtre qu'Andrew Cooper observait avec admiration. Grâce au soin de madame Pomfresh, il se sentait déja beaucoup mieux en ce qui concernait le physique, contrairement à son moral ; Il était enfermé avec une bande d'idiots qui, apparemment se réjouissaient de leur enfermement. Comment pouvaient-ils avoir la conscience tranquille alors que leurs noms étaient affichés sur la liste à l'entrée et qu'à l'heure actuelle la moitié de l'école aura lu ? C'était en tout cas ce qui l'énervait le plus. Il détourna son regard un instant et vit un garçon dont le visage était plus recouvert que lui de pustules s'accrocher à un autre garçon dans une position ridicule, un professeur qui se lamentait sur son sort, et un élève de poufsouffle qu'il avait déjà aperçu pendant la répartition parler d'une maladie dont il avait déjà lu les effets sur une encyclopédie de maladies moldues.

* Non mais qu'est ce que je fous ici ... *

Il retourna vers sa fenêtre et aperçut au loin quelques hiboux qui sortaient de la volière qu'il suivit du regard jusqu'à ce qu'ils ne deviennent que de minuscules point dans l'horizon.

Salle de quarantaine
Alexandre se crispa au fur et à mesure que le pauvre Lyam se collait à lui. Le jeune enfant n’arrivait pas à croire qu’on puisse être autant câlin. Il aurait volontiers repoussé son camarade, mais il avait peur de se faire remarquer s’il se mettait à pleurer. Aussi doucement il le laissa parler, attentif au maximum à ses propos. Alexandre savait que Lyam trouvait le préfet mignon : TOUTE l’école savait que Lyam trouvait le préfet des rouges mignon. Certains sorciers moqueurs et peu intelligents en avaient même fait une chanson qu’Alexandre épargnerait aux oreilles chastes des quelques lecteurs qui prenaient le temps de lire les messages des autres.

« Je ne le dirais pas. » Promit pourtant Alexandre, tout en se disant qu’il ne voyait pas l’intérêt de parler de ça à quiconque : Amanda aurait certainement été moqueuse se foutant royalement de Lyam, ce qui était un peu normal. Elyott aurait trouvé ça parfaitement normal : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Vive le pays de Candy. William aurait prit un air blasé : « Alexandre, cesse de t’occuper des choses de l’amour. Tu es déjà fiancé à ma cousine sang pur. Tu iras avec elle. Ton père te tuerait s’il savait que tu pensais à un garçon qui est amoureux d’un autre. »
Ayou n’en aurait certainement rien à faire, aussi. Maylis et Emily le savaient déjà. Peut-être, éventuellement, aux professeurs ? Mais, Alexandre ne pensait pas devoir un jour dire à un professeur : Lyam trouve le préfet mignon.
Le seul professeur d’ailleurs à qui Alexandre oserait parler, en cas de gros problèmes, était le professeur Ren FAUST. Pourtant Alexandre le critiquait la plupart du temps. Il critiquait ses cours et sa manière d’être. Mais, l’homme lui donnait un sentiment de confiance. Il avait choisit sa carrière, non pas pour l’argent ou la gloire, mais pour transmettre une expérience.
Les autres, Alexandre les appréciait. Il aurait peur de les gêner avec ses problèmes. Personne ne devait savoir. Personne n’avait besoin de savoir. Ca resterait en lui. Alors, si Alexandre ne parlait pas de lui, pourquoi parlerait-il d’un autre ?

En clair : c’était une promesse pas trop difficile à tenir.

Par contre, là où le jeune et petit Alexandre manqua de s’étouffer fut à la phrase : « Tu ressembles aussi à une fille comme moi ! Tout le monde pense que je ressemble à une fille ! » Alexandre manqua de se lever et de partir après avoir baffé Lyam. Il se retint de justesse de lui en mettre une, et préféra marmonner un : « … Je ne le pense pas. »
Non, Alexandre ne pensait pas que Lyam ressemblait à une fille. Et lui, aurait préféré qu’on ne pense pas ça de lui. Certes, il avait un visage fin, des cheveux rouges si long qu’il pouvait dissimuler son dos avec : et alors ? Il n’était pas une fille. Ce serait horrible. Son frère Henry lui avait déjà dit mille fois : fillette, regarde-toi avant de parler. Alexandre avait conscience de sa carrure et de son physique, de la perche qu’il tendait en s’obstinant à garder les cheveux longs : mais faut-il être bruns aux yeux noirs, un air sévère et des cheveux courts pour être un garçon ? Faut-il parler mal et cracher par terre ?
Il était garçon, il était fier de l’être. Personne n’aurait le droit de proclamer le contraire.

Lyam semblait pourtant croire que c’était un compliment. Drôle de compliments. Voulait-il être une fille ? Il devait y avoir une potion magique qui le permettait. Oui, Alexandre se souvenait qu’Henry lui avait versé dessus, l’été dernier. Cependant, il avait raté sa potion et Alexandre avait été transformé en une sorte de lapin. Lyam se mit à parler des serpentard (trop mignons) Et Alexandre leva les yeux au ciel. Vraiment ? C’était le vert de la tenue qui émoustillait Lyam ou leurs ruses parfois mesquines ?

« Je … »

L’horreur arriva (--‘ bon elle était déjà arrivée.) au moment où son collègue de maison s’accrocha à ses vêtements, lui disant qu’ils pourraient être frères et qu’Alexandre était aussi mignon que lui. Et alors ? Alexandre songea que non, ce n’était pas le cas. Pas possible. Parce que ses frères étaient bruns, durs, sangs purs, qu’ils n’aimaient pas les garçons (ou Alexandre n’était pas au courant) qu’ils parlaient par vous et ne l’enserrait pas ou point de l’étrangler à moitié.

ET LA ! Paf, Lyam se mit à parler de sa vie. Sa mère, son père, son probable frère. Tout le monde quoi. Des souvenirs, des brides. Des passages de la vie de son ami qu’Alexandre ne doutait pas mais qu’au fond, il n’aurait peut-être pas voulu savoir. Fermer les yeux sur le passé, c’est éviter bien des problèmes. C’est éviter de voir les poux sur les cheveux de notre voisin. Trop tard : Alexandre les voyait et son cœur d’enfant se serra !
Encore des adultes.
Toujours des adultes.
Comment avoir confiance en eux ? Ils font toujours mal.

Alexandre avait beau essayé d’avoir la tête dure, il était attristé pour Lyam. Doucement, il referma les bras sur lui, bien que la situation le rende franchement mal à l’aise.


« C’est mal. On ne doit pas frapper les enfants, Lyam. Mais maintenant, c’est terminé. Tu es ici, et tu es protégé. »

Alexandre défit lentement son étreinte. Il utilisa rapidement son sort de thé, avant de mettre une tasse dans la main de Lyam, histoire d’éviter qu’il lui saute à nouveau dessus. Puis, il sourit doucement.

« Pour ton père, ne te fais pas de soucis. Lorsque tu auras acquit assez de pouvoirs, tu pourras le retrouver. Ta mère … » Alexandre réfléchit à une solution. Il reprit la tasse des mains de Lyam, la posant près du garçon, son doigt se posant dans la paume de Lyam.

« Mon frère Raphaël m’a apprit une formule magique qui peut aider pour les cauchemars. C’est un mot, une phrase, que tu inventeras. Une phrase très forte qui peut tout brisé : la mort d’un être cher, ou l’amour d’une personne que tu désires. Ce qui pourrait te combler de tristesse ou de larme. Dès que tu penseras à ta mère, et avant de te coucher, tu penseras à cette phrase. De ce fait, ton esprit se concentrera sur cette unique pensée et oubliera celle qui te causait tant de soucis.
Enfin, je suis convaincu, au plus profond de mon être, que toutes les épreuves ont une raison d’être. Un jour, si le destin le veut, tu retrouveras ton frère. Et tu comprendras alors que ta destinée était d’être séparée de lui pour mieux vivre ce qui t’attends. Maintenant, Lyam. Cesses de pleurer !

Si tu pleures, tu fais de la peine à tous ceux qui t’aiment. Il faut être fort. Si tu ne l’es pas pour toi, sois-le pour les autres. Pour celui que tu aimes. Ce n’est pas en pleurnichant qu’on gagne. D’accord ? Allez … Bois un peu de thé. Je te promets, je t’aiderais si je peux. Je serais ton ami toujours. »

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" Évidemment " dit la jeune fille avec un grand sourire. " On est tout à toi ! Hein John ? " dit elle avec le même entrain et en administrant une grande tape dans le dos de son camarade.

"Hein? Quoi? C'est pour quoi? Bonjour, John Rickers. Préfet des Poufsouffles. Et toi?"

"Emilie Gurnelle !" dit-elle en souriant.

"C'est quoi cette maladie? Je préfère la varicelle, c'est moins embêtant." fit John.

" Je ne sais pas ! Il paraît que ça s'appelle la dragoncelle ! " répondit Emilie.

"Emiiiliiie!" cria soudainement Lyam.

Celui-ci se jeta dans les bras d'Emilie qui fut surprise par tant ... elle ne savait pas quoi. Puis, il se jeta dans les bras la poufsouffle avant d'aller voir Alexandre.

Emilie fut surprise du comportement de son ami. C'est sans doute à cause de la fièvre. Elle reporta son attention aux deux poufsoufle.


" Oui, je disais ! C'est pour mon histoire ! J'ai besoin de noms pour les personnages, des objets éventuellement et peut-être pour des sorts et des potions ! Cela se passe dans une école de magie comme la nôtre !

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Lyam l'écoutait tout en serrant plus fort les mains blanches d'Alex. Il était ému. Ses yeux se remplissaient d'eau au fur et à mesure qu'il écoutait attentivement le jeune roux. Il renifla et essaya de parler. Sa lucidité, toujours pas revenu mais il comprenait les sens profonds des phrases d'Alex.

"Je...c'est..." balbutiai-t-il.

Il recula dans son fauteuil et se cacha derrière ses mains pour que le roux ne le voit pas pleurer. Il sanglotait. Silencieusement. Parce qu'on lui avait appris que pleurer n'est pas bien. Parce qu'on lui avait dit que s'il pleurait encore, il recevrait des 'punitions'. Par instinctivement, il se roula en boule dans le fauteuil et cacha son visage contre ses jambes. Il est tellement petit qu'il pouvait aisément se coucher en position foetale dans le large fauteuil. Il commença à trembler comme s'il se préparait à être frappé et il marmonnait des phrases sensé apaiser la personne qui pourrait le punir.


"S'il vous plaît...Je ne veux pas...Je suis gentil...Un gentil garçon...Je n'ai pas fait exprès...Je suis gentil..."

Sa tête le chauffait. Il avait mal, une migraine atroce à faire exploser ses neurones signe avant coureur que son cauchemar ou que ses hallucinations allaient revenir. Et c'est là qu'il vit. Il le sentait presque.

Ils étaient deux. Ils avaient des peaux translucides. Les yeux écarlates aux pupilles argentés, des crocs luisants et coupantes, des mains araignées, une démarche légère mais dangereuse.
Lyam respira plus vite et cacha sa tête entre ses bras. Il voulait se cacher. Être protégé.
Il ne voyait même plus Alex qui est tout près de lui, il ne voyait plus Emilie qui parlait avec les deux Poufsouffle. Son attention s'est fixé sur les deux dangereux hommes qui regardaient partout comme s'ils le cherchaient.
Il gémit piteusement tout en essayant de se rapetisser.

Il déteste vraiment les hallucinations.

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Ce n’était vraiment pas sa journée, songea Alexandre. Il était enfermé avec des professeurs dans une grande salle. Les camarades avec qui ils s’entendaient en général n’étaient pas là. Lyam lui avait confié des secrets qu’il n’aurait peut-être pas voulu révéler. Maintenant, il était dans un état de crise qui fit longuement soupirer le jeune Rouge.

Le jeune homme soupira. D’une main plus ferme qu’il l’aurait voulu, il prit le visage de Lyam entre ses mains et l’obligea à se lever. Le maintenant de force debout, il le poussa sur un lit d’appoint. Puis à l’aide de sa baguette magique, il fit sortir un peu d’eau qu’il versa dans un récipient posant une serviette humide sur le visage fiévreux de son camarade et ami.


« Lyam. Tout va bien aller. »


L’enfant se redressa, regardant autour de lui avant d’aller vers l’infirmière de Poudlard aussi célèbre que compétence.

« Madame, mon camarade ne se sent pas particulièrement bien. Pourriez-vous l’aider s’il vous plait ? »

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Lyam trouvait très gentil et très responsable, le jeune roux. Il le trouvait aussi très mignon! Le jeune garçon aux cheveux bleu nuit voulu se lever du lit où le roux l'avait posé. Il voulait rejoindre Alexandre. Il l'appela dans un souffle.

"Alexandre..."

Les seuls fois que Lyam appelle ses amis avec leur prénom en entier, c'est qu'il est sérieux et ces derniers le savent. Lyam n'est pas souvent sérieux mais quand il l'est, il faut l'écouter.

"Alexandre..."répéta-t-il.

Il voulut se lever. Se cacher. Il voyait les deux hommes dangereux s'approcher de lui. Ils le voyaient. Ils savent. Ils l'ont trouvé.
Lyam voulut crier mais quand il ouvrit sa bouche, aucun son n'en sortit. On lui avait déjà coupé sa voix.

Les deux hommes s'approchaient. Silencieusement, c'était les même hommes qui le cherchaient dans tous San Francisco. Il était sûr qu'ils l'ont cherché dans tous Angleterre sachant que le jeune garçon est dans se pays. Personne ne les voyait parce qu'ils ont ce pouvoir de se rendre invisible de tous le monde.
Lyam tremblait dans le lit. Il s'accrocha sur son drap, gémissait, frissonnait.
Ces deux hommes. Il ne savait pas pourquoi il avait peur d'eux, il savait juste qu'ils étaient dangereux pour lui. Il savait aussi qu'ils travaillaient pour LUI.


"Alexandre..."

Il fallait vraiment que le jeune roux revient avant que les deux hommes le kidnappe. Il le fallait sérieusement.

"Alexandre..."

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- Tutututu...tututu...tutututu...

Un grognement quasi-humain répondit à cet étrange appel. Celui-ci venait d'une masse difforme, emmitouflée dans un tas peu gracieux de couvertures. Cette étrange chose sortit un long bras fin et blanc : il semblait être à la recherche de cette détestable sonnerie. Lorsqu’il l'eut trouvé, il abattit une main lourde et lasse sur le petit objet, le faisant tomber sur le tapis vert et argent du dortoir.

Oui, la jeune Lily avait quelque peu du mal avec les réveils ces temps ci. Fallait dire que les cours l'assomaient.

Elle repoussa dans un soupire sa couverture et resta quelques instants, allongée, profitant de quelques secondes de silence. Elle mettait toujours le réveil plus tôt que ses camarades. C'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour avoir la salle de bain libre... Elle se redressa, de mauvaise humeur. Toute la nuit, elle avait eu l'affreuse sensation que des millions de piques lui tiraillaient le dos. En somme, elle s'était réveillée toute les heures.

Elle glissa ses pieds dans ses pantoufles et avança d'un pas hésitant dans la pénombre. L'hiver approchait et le changement de température se faisait de plus en plus ressentir, d'autant plus aux cachots.

Elle ouvrit la porte de la salle de bain, et l'oeil endormi avança d'un pas mécanique vers le gigantesque et majestueux miroir qui ornait la salle. Elle se pencha, ne prêtant pas encore la moindre attention à son apparence, joignit ses deux longs doigts, les remplis d'eau et jeta le tout sur son visage. En se redressant, la jeune Serpentarde se figea face à ce que le miroir lui montrait.

- Qu'est-ce que..., énonça t-elle lentement.

Elle ne se reconnaissait tout simplement pas. Ses cheveux étaient en batailles, et sur son visage... des plaques. Des affreuses plaques rouges. Elle tira les manches de sa chemise de nuit : il y en avait PARTOUT !

- Non mais c'est une blague !, ragea t-elle en tirant frénétiquement sur ses vêtements, tirant sur sa peau.


Rien à faire, malgré tous ses sorts, cette immondice ne PARTAIT PAS ! Rageuse, elle s'habilla en vitesse et descendit très rapidement les escaliers, passant d'ombres à ombres. Manquait plus que quelqu'un la voie dans cette état !

Alors qu'elle atteignait l'infirmerie, elle vit le professeur de Métamorphose sortir d'un pas théâtral de la salle. Elle ne prêta pas plus attention. Elle devait trouver cette infirmière, qu'elle la soigne ! Alors qu'elle ouvrait la porte, elle se figea sur place. Un nombre inhabituel se trouvait à là. Certains semblait avoir les même symptômes qu'elle, d'autres se grattait frénétiquement, d'autres pleuraient stupidement dans leur coin.

Elle avait la détestable impression d'être arrivée dans une quatrième dimension.

C'était une blague, une satanée blague... Or, cela été tombé sur elle. Grossière erreur. Elle ne prêta aucune attention à l'infirmière qui lui passait une substance plus que douteuse sur elle. Oh non...pour l'instant elle voulait trouver ces imbéciles qui avaient osé lui faire ça.

- Et je promets qu'il vont le payer très cher..., marmona t-elle dans ses dents serrés.

Plus vite, elle se serait vengée, plus vite et quitterai cette salle emplie de bipèdes pleurnichards... Foi de Salazard qu'elle avait des idées de tortures plus terribles les unes que les autres qui ne cessaient de traverser furieusement son esprit.


Reducio
Vilaine fille ! ^^

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Alexandre regarda l’infirmière occupée à soigner un patient, puis Lyam. Il soupira, engouffrant sa main dans ses cheveux sangs. C’était bien sa veine. Alexandre retourna près de Lyam, sa main se posant dans la sienne. Il n’y avait personne ! Alexandre le savait. Il le ressentait. Il ne pourrait pas se justifier, mais les hallucinations de Lyam n’étaient pas réelles. Le jeune garçon referma sa main dans celle de l’enfant, sa main se posant sur son front.

« Lyam. Calme-toi. Personne ne peut te faire du mal ici. Les professeurs sont de grands sorciers et un sortilège protège Poudlard. Personne ne peut y rentrer sans que le système ne se déclenche et que les professeurs soient prévenus. Ferme les yeux, tu dois dormir. »

Que pouvait-il faire d’autre ? Alexandre ne connaissait pas beaucoup de formules magiques en rapport avec les soins. Il savait faire baisser légèrement la fièvre, les sorts de soins de coupures, de bandages et souvent et d’autres sorts. Cependant contre les hallucinations. Ce n’était pas vraiment son domaine de prédilection.

Il aurait mieux fait d’étudier avec plus de sérieux. Sans doute que la solution était dans sa mémoire. Quoique la magie ne puisse pas tout résoudre ?

Non, la magie ne pouvait pas tout résoudre.

Alexandre soupira doucement, sa main se refermant sur celle de Lyam. « Ecoute-moi, tant que je serais là personne ne pourra te faire du mal. Croie-moi. Rien ne peut arriver. Alors tant que je tiendrais ta main, tu pourras avoir confiance. Alors calme-toi, ta fièvre baissera d’elle-même. Calme-toi une bonne fois pour toute ! »

Difficile de se concentrer quand on est soi-même malade. Alexandre luttait, gardant son sérieux et son calme. Il sourit doucement. Si l’infirmière ou un professeur pouvait arriver, il en serait soulagé : l’état du jeune Lyam était préoccupant.

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Les nausées se faisaient moins insistantes. N'ayant pas envie de dormir, Réda se leva pour aller ramasser les morceaux de verre qui recouvraient le sol, à cause de sa maladresse. Il ramassa le plus gros puis d'un mouvement discret avec sa botte, il poussa le reste sous la table. Une foi fait, il s'écarta des repas et boissons, tout ceci risquait de faire revenir les vomissements.

Le professeur détestait rester enfermé de la sorte. Certes, beaucoup devaient être dans le même cas, mais devoir supporter toutes ces personnes sans échappatoire était loin de le satisfaire. Il fit quelques pas pour traverser la salle sur demande lorsqu'il entendit une jeune fille marmonner sa future vengeance. Il se baissa légèrement puis chuchota quelques mots à la jeune fille issue de la maison serpentard.


-"Vous pouvez même commencer tout de suite..."

Il laissa la demoiselle tranquille puis continua sa petite marche entre les cadavres ambulants. Il regrettait déjà de s'être levé de son lit et d'avoir à supporter ces horribles visions. Toutes ces pustules le dégoûtait et il espérait sincèrement que ceci serait bientôt terminé.

Le professeur KEYLS aperçu ensuite deux élèves, dont le jeune Lyam. Il l'avait vu arriver et l'avait directement éviter, tout comme il avait éviter tout le monde dans cette salle sur demande. Néanmoins, il se rendit compte que les deux garçons n'étaient pas en grande forme. Il tourna la tête pour observer la pièce et constata que la femme POMFRESH était occupée avec d'autres élèves. Jamais là quand il faut, toujours là quand il ne faut pas.


"Hum..."

Réda tenta donc une approche, tentant d'en savoir un peu plus sur leur état inquiétant. Voyant que le jeune gryffondor n'était pas en état de répondre, voire très agité dans son état comateux, il questionna son petit camarade.

"Ca n'a pas l'air d'aller vous deux ... Besoin d'aide ?"

Le ton était le même que d'habitude, froid, distant, peu révélateur d'une envie d'aider malgré la proposition. Le professeur d'EDM s'était adressé au plus lucide des deux, un jeune garçon dont il ignorait l'identité. Il les observait, attendant simplement une réponse. Peu de professeurs étaient enfermés ici, et son poste faisait de lui un adulte responsable, bien qu'il soit tout sauf ça, et surtout, malade lui aussi. Vivement que tout cela se termine.

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En réalité, Alexandre n’aimait pas les professeurs froids. Il ne comprenait pas qu’on puisse l’être. Il préférait penser qu’on professeur pouvait être proche d’une personne enfant sans en devenir son bon pote et sans risquer sa crédibilité. En parlant avec le professeur Faust, Alexandre avait un peu remit en questions ses interrogations : le professeur Faust n’était pas un mauvais professeur mais il l’avait pourtant mal jugé à cause de principes erronés.
Est-ce qu’il en serrait de même avec celui qui venait l’aider ? En réalité, Alexandre n’aurait jamais accepté de parler à un professeur si la situation n’était pas urgente. Il les évitait comme la peste. Là, il n’avait pas le choix.


« Il délire. » Expliqua rapidement le jeune Jyfink, pointant du doigt l’élève à ses cotés. « Je pense qu’il doit s’agir des effets secondaires de la Dragoncelle, mais je ne comprend pas qu’elle puisse être aussi intense. »

Alexandre soupira, regardant son professeur avec une lueur d’inquiétude dans le regard.

« Il n’était même pas inscrit sur la liste des malades. Il aurait fallu mettre un sort d'interdiction à l'entrée, ce n'est pas très malin. »