Terminé La fente des cimes Portree, Ecosse Solo

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Dimanche 5 avril 2048
De la maison au Loch Fada
14 heures


Le retour d’avril était différent de celui de décembre. Il était plus intense et plus difficile. Je reprenais mes habitudes auprès de mon père, et cachais au mieux ce monde que nous ne partagerions jamais ; quant à ma mère, je lui récitais la liste des nouveaux sorts appris, quand je me laissais convaincre. Mon père n’était pas dupe, il devait bien se douter que passer autant de temps dans une école m’obligerait à apprendre quelque chose, à évoluer et à changer, mais il ne relevait jamais et laissait toujours la parole à ma mère. Cela m’allait, j’avais l’impression qu’il y croyait, que cela le réjouissait.

Allongé dans mon lit à ne rien faire, je fixais les plantes qui parcouraient le plafond, les bras croisés derrière la tête. Je suivais leur chemin que je connaissais par cœur. Je me défiais en me promettant de lire un manuel de Poudlard, n’importe lequel, si j’arrivais au bout de la première racine en moins de trois secondes. Mon défi était impossible vu la longueur du plafond, je le savais.

« - Lukas !, s’écria ma mère à pleins poumons pour que je l’entende depuis le bas.
- Quoiiii ?, lui répondis-je sans m’arrêter de suivre les plantes du regard. Je répondais, et pourtant, je savais qu’elle détestait cette question qui n’obtiendrait jamais de réponse. Il fallait que je descende. Je m’exécutai, trop curieux de savoir ce qu’elle voulait, et pas assez téméraire pour la laisser m’appeler une deuxième fois. Je descendis les marches deux par deux et eus le temps d’entendre leur discussion avant qu’ils ne me voient arriver. »

« - Emmène-le avec toi, sinon il va rester dans sa chambre toute la journée, chuchota ma mère.
- Mais il a peut-être pas env— »

Je venais d’être repéré et le dialogue s’était terminé. Je les regardais d’un air interrogateur, attendant que l’on m’explique. Mon père portait son vieux pantalon en toile kaki qu’il mettait lors de ses excursions en forêt. Visiblement, il comptait partir seul car personne d’autre n’était prêt.

« - Je vais à Achachork chercher du bois et aider le vieux Angus, tu veux venir ?

Il ne demandait pas souvent mon avis. Soit il savait que je viendrais et il n’avait généralement rien à dire, soit il souhaitait que je vienne et je n’avais rien à dire. Après avoir entendu le commentaire de ma mère, j’optais pour une troisième option qui n’existait pas jusqu’à lors : il partait et ne voulait pas que je vienne. Une petite moue se dessinait sur mon visage, j’hésitais une seconde, puis acceptai en haussant les épaules, comme si cela m’était égal, alors que j’en mourrais d’envie.

- Je vais me changer, je suis prêt dans une minute top chrono de la montre de papa ! »

La montre de mon père avait tendance à offrir les secondes manquantes à celui qui en avait besoin. Elle me laissait arriver au dîner avec du retard, me laissait du temps dans la serre et m’offrait une complicité avec mon père. Avec ce geste, j’espérais qu’il sourie, même si, déjà à monter les escaliers, j’allais le manquer.
Dernière modification par Lukas Sharp le 22 avr. 2023, 13:22, modifié 2 fois.

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Je m’étais changé en un temps record. J’avais imité mon père et avais récupéré mon pantalon en toile beige, puis avais saisi mon sweat à capuche gris qui trainait sur ma chaise roulante. En retournant dans la cuisine, mon père n’était déjà plus là. Je regardais ma mère avec de gros yeux, effrayé qu’il puisse être déjà parti sans moi.

« - Il t’attend dans le pick-up, me souffla ma mère, amusée par ma frayeur.

Je me détendais immédiatement, lui souriais et courrais vers la porte d’entrée pour sortir.

- À tout à l’heure ! »

Il était bien là, dans son vieux pick-up Chevrolet bleu des années soixante-dix, derrière le volant. La tête penchée vers la fente de la clef, il démarra le moteur, releva la tête et m’aperçut. Je n’avais pas bougé du paillasson depuis que je l’avais remarqué, m’assurant une énième fois qu’il ne comptait pas partir seul. Son bras droit se levait, me faisant signe de le rejoindre. J’accourrais en souriant, ouvris la porte de gauche du véhicule et m’installai.

« - Pourquoi est-ce que Maman ne vient pas ?, demandai-je curieux que pour une telle sortie, elle ne soit pas là.
- T’as pas envie d’une après-midi entre mecs ?, plaisanta-t-il en tournant la tête vers moi, et en plaçant sa main sur le dos de mon siège pour s’orienter et mieux reculer. Bien sûr que cela me disait bien, mais ma mère avait tendance, depuis décembre, à faire la connexion entre lui et moi, à adoucir les tensions et changer les visages neutres en visages souriants. Non, je ne sais pas, elle voulait rester un peu tranquille, je crois. Cela sonnait faux, ma mère ne voulait jamais rester tranquille, mais le haussement de lèvres de mon père m’indiquait que lui, avait cru à ce mensonge. »

Le pick-up avançait dans la ville jusqu’à la dernière sortie avant la forêt. Au croisement de cette dernière route, mon père freina doucement avant de s’arrêter sur le bas-côté gauche. Nous savions que la police de Portree ne nous observerait plus et que nous serions tranquilles. Le regard complice que me lançait mon père me confirmait que nous pensions à la même chose. Je détachai ma ceinture, ouvris la porte et grimpai à l’arrière du pick-up : ma place préférée. Mon père me souriait à travers le rétroviseur central et je ressentais la douceur familière de ses yeux bruns posés sur moi. Il attendit que je m’allonge sur le dos pour redémarrer ; les bras croisés derrière la tête, je pouvais observer le dessin de la cime des arbres que je connaissais par cœur. D’abord l’allée de chênes, puis les routes en lacets qui contraignaient mon père à ralentir l’allure de la voiture, mais qui m’offraient le temps d’observer les différents conifères, et enfin les allées plus étroites de hêtres. Chacune avait sa forme, mais j’aurais pu être lâché à n’importe quel endroit que j’aurais retrouvé mon chemin rien qu’en levant la tête.

Le pick-up ralentissait et s’arrêtait complètement. Nous étions arrivés dans un coin où nous avions planté une dizaine d’arbres l’année dernière. Je me relevai, sautai de l’arrière de la voiture et saisis un des sacs bien trop lourd pour mes épaules.
« - Je m’en occupe, lâcha mon père en récupérant le sac posé sur mon épaule droite. Prends les sacs du fond, ils sont vides.
Quelque peu vexé de ne pas avoir pu prouver que je pouvais porter ce fichu sac, je m’exécutai en silence et récupérai les quatre sacs du fond. Mon père s’était ajouté à sa charge une pelle et avançait vers le fond de la forêt, en direction de la maison du vieux Angus. J’accélérai le pas pour le rattraper, sans m’inquiéter de la voiture qui n’avait pas été fermée à clef. Personne ne pouvait nous voler ici.

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Après quelques minutes de marche silencieuse, nous nous étions arrêtés face à un tronc qui bloquait le chemin. Les mains dans les poches, je l’observais, cherchant à comprendre la raison. Il n’était pourtant pas vieux. Je relevai les yeux vers mon père qui comprit que je l’interrogeais du regard.

«  - L’orage d’hier soir je pense, fit-il.
- On peut pas le bouger à deux ?
- Impossible, il n’est pas complètement déraciné, continua-t-il après avoir jeté un coup d’œil vers le pied de l’arbre. »

Un Diffindo aurait fait l’affaire, me surpris-je à penser. Une belle coupe bien droite et les racines n’auraient plus été un problème. Mais impossible. Je m’efforçai de penser à autre chose avant que mon père ne puisse lire dans mon esprit et entendre que la magie y était présente. Mon père était passé au dessus du tronc pour réfléchir à sa découpe, probablement, et j’étais retourné chercher les sacs que l’on ne m’avait pas autorisé à porter plus tôt.

Je connaissais les techniques pour porter quelque chose de lourd. Il suffisait de plier ses jambes et donner de l’impulsion grâce aux cuisses pour se relever sans se faire mal. Je tentais l’exercice du mieux que je le pouvais et sentais que tout le poids allait me déboîter l’épaule, mais avançais jusqu’à mon père qui releva la tête en me voyant arriver.

«  - Y a quoi là-dedans ? Demandai-je en faisant tout mon possible pour ne pas grimacer.
- Mais ! Ça va ?, s’inquiéta-t-il en venant récupérer le sac, Fallait me laisser les sacs, Lukas. Tu peux pas tout porter.
- Bah si, tu vois, j’ai réussi. Mon ton était un peu agacé. Il aurait pu remarquer l’effort, mais au lieu de cela, il avait préféré me le reprocher.
- Bon, va toquer chez le vieux Angus. Il sait qu’on vient.  »

Je passai à mon tour au dessus du tronc couché sur le sol et courrai vers le petit chalet pour aller chercher le propriétaire des lieux. Autant les lieux où il habitait me faisait rêver, autant sa maison me donnait la chair de poule. Elle était vieille et abîmée, et semblait s’enfoncer dans le sol chaque année, enveloppée par la mousse et le liège qui recouvraient les murs. L’habitant, lui, résistait.

« - Aaah, bonjour mon garçon !

- Bonjour, Monsieur.

- Ton père a apporté sa tronçonneuse ?
Je haussais les épaules, n’ayant aucune idée du plan initial. Le vieux se retourna, disparut deux minutes et revint avec l’objet convoité.

- Tiens, prends ça et va lui donner. »

Je m’exécutai à nouveau et observai le vieux qui m’emboîtait le pas avant de saluer mon père au loin. Je tendis l’objet sans rien dire, plutôt dérangé par cette tierce personne qui venait s’immiscer dans mon après-midi. Je regardais les deux s’échangeaient des sourires complices. Des sourires bien plus grands que ceux auxquels j’avais droit. Les deux échangeaient même plus de paroles en deux minutes que mon père et moi en quinze minutes de voiture. Je m’éloignais d’eux pour ne pas recevoir de poussière dans l’œil, alors qu’ils découpaient l’arbre gênant.

« - Alors, Lukas, c’est comment l’école dans la grande ville ?, cria-t-il entre deux coups de tronçonneuse.

Le regard paniqué que mon père me lança me déçut. Je savais très bien qu’il me fallait mentir à tous ceux qui n’avaient pas le droit d’ajouter le mot « Poudlard » à leur vocabulaire. J’étais déçu qu’il ne m’en croit pas capable.

- Oh, il en est très content, répondit mon père pour moi. Il travaille bien.
C’était drôle de l’écouter parler à ma place, alors qu’il ne connaissait rien de ma scolarité. Car non, je ne travaille pas bien, papa. Mais ça, tu ne le sais pas.

- C’est quoi tes matières préférées ?

Je soutenais le regard de mon père qui semblait déjà être à court de mensonges. Il attendait que je nous protège, que je le protège de cette vie dont je m’étais éloigné depuis six mois pour lui, mais ce manque de confiance que je pouvais lire en lui m’agaçait. J’aurais voulu crier une matière qui leur serait inconnue, mais je craignais davantage les représailles d’Elina Montmort que celles de mon père.

- Botanique, lançai-je sans quitter son regard.

- Ah, ça m’étonne pas, c’est qu’t’as hérité ça d’tes parents ! »

Je ne relevai pas. Je ne souriais même pas à la remarque qui aurait pu me faire plaisir. Adossé au tronc d’un arbre bien droit, je relevai la tête vers la cime des arbres pour y lire leur langage. Je fronçai les sourcils en découvrant que certains arbres ne s’étaient pas rapprochés des autres comme je l’aurais cru. Ce phénomène, je le connaissais, c’était la fente de timidité des arbres.

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Je suivais les lignes une fois, deux fois, trois fois ; je les apprenais par cœur. J’avais envie de toucher ces arbres pour les rassurer, leur dire qu’ils n’avaient pas à avoir peur, qu’ils étaient similaires, qu’il leur faudrait juste un peu de temps pour apprendre à communiquer. Mais je me contentais de les observer.

Je baissai la tête lorsque le bruit des tronçonneuses cessa. Le tronc d’arbre venait d’être coupé en dix parties. Mon père se releva en s’essuyant les mains sur son pantalon. Je lisais en lui une certaine fierté que je regardais avec incompréhension. Les deux adultes semblaient fiers de cette tâche pourtant simple et posaient chacun une main sur l’épaule de l’autre, comme pour se féliciter. Ce tronc n’était pas déraciné, peut-être aurions-nous pu le laisser vivre différemment des autres, au lieu de le couper.

Sortant de ma réflexion, j’imitai le vieux Angus qui plaçait les morceaux dans les sacs afin de me rendre un minimum utile.

« - On t’en garde deux pour ta cabane, pour tes constructions en bois, m’annonça mon père dans une phrase à la longueur record, et à laquelle je ne répondis qu’un simple sourire de remerciement. »

Ces constructions en bois étaient celles qui nous rassemblaient. Il m’avait initié à leur réalisation lors de certains weekends. Sauf qu’aujourd’hui, si j’écoutais les mots qu’il employait, ce n’était que les miennes. Peut-être n’osait-il plus s’inclure dans cette activité, peut-être cherchait-il à s’en défaire. J’avais espéré une phrase plus longue de sa part, et lorsque je l’obtenais, j’avais beaucoup trop de mots à analyser et à comprendre.

Je zippai les deux sacs et en portai un à chaque épaule pour garder l’équilibre. Je relevai la tête vers le ciel pour admirer à nouveau les arbres et leur manière si singulière de s’éviter, complètement sourd aux avertissements que me lançait mon père derrière moi.

Une fois arrivé au pick-up, je lançai les sacs à l'arrière du véhicule et vins m'installer à l'avant, en claquant la porte passager.

Les deux discutaient encore de choses que je ne pouvais entendre, et que je n’aurais sûrement pas écoutées si j’avais pu. Je soupirai et regrettai ce voyage que j’aurais dû refuser, avant d’être surpris par la porte de droite qui venait de s’ouvrir.

«  - Tu ne te mets pas derrière ?, demanda mon père en passant la tête dans la voiture.
- Y a pas de place.
- Mais je peux déplacer les sacs, attends..
- Non, c’est bon, l’interrompis-je catégoriquement avant qu’il ne se mette à faire quoi que ce soit. »

Il hésita un instant, s’installa sur son siège, fronça les sourcils en me regardant et resta interdit. Il tira la portière pour la fermer et fit passer son bras à travers la fenêtre ouverte pour saluer son ami. Je l’imitai pour rester poli et sentis le regard interrogateur de mon père se poser sur moi à chaque virage vers la gauche. Je priais pour qu’il ne me questionne pas. Je ne voulais plus qu’il parle. Je voulais qu’il se taise et que l’on rentre. Toutefois, le dernier virage qu’il prit n’était pas le bon. Au lieu d’aller vers le sud de la ville, on se dirigeait vers le nord. Il m’obligeait à prendre la parole.

« - On rentre pas ?, demandai-je d’une voix calme et intriguée »

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Mon père tourna la tête vers moi, les yeux joueurs et je ne comprenais toujours pas. Face à cette incompréhension, il me donna une petite tape sur l’épaule.

« - Allez ! Regarde autour de toi, analyse !, fit-il en riant.
- Mais analyser quoi ?! »

Il avait repris la route des yeux et voulait se montrer patient. Je regardais face à moi et perdais toute patience. Le silence s’installait et il me dérangeait. Je soupirai, acceptai les règles imposées et me mis à réfléchir. Je n’avais d’autre choix que de jouer à son jeu.

« - Bon.. On va en direction du nord…, commençai-je en scrutant son regard à la recherche d’indices.
- … Oui…
- Il n’y a qu’une route, donc première étape c’est le Loch Fada ?
- Exact, continua-t-il toujours en souriant et sans me regarder. »

Je fronçai les sourcils, perdant patience face au peu de récompenses obtenues à la suite de mes déductions.

« - Bon, et ensuite ?, le suppliai-je. Je souhaitais qu’il mette fin à mon supplice, qu’il abrège cette énigme et m’offre la réponse. Je visualisais le lieu, le lac, la petite île… Je tournai la tête vers lui d’un coup sec. L’île ?!
- Ah, t’en as mis du temps !, lâcha mon père en riant. Un rire que je n’avais pas entendu dans sa voix depuis longtemps.
- Mais… Ils ont remis les barques ? Je ne quittais plus son regard, j’attendais une réponse qui ne venait pas. Son sourire toujours en coin, il attendait que je réfléchisse. Encore. T’en as acheté une ?!
- Exact.
- Pour moi ?, demandai-je la voix plus basse. Il détourna le regard vers moi pour me fixer à son tour.
- C’est pas ce que tu voulais ?
- … Si. »

Le pick-up s’était garé, comme prévu, au Loch Foda, en haut de la première petite colline rougie par le soleil naissant. Les couleurs se faisaient timides, mais étaient multiples.

Je claquai la porte du côté passager et vins me poser, comme nous avions l’habitude de le faire, à l’arrière de la Chevrolet pour observer le lac depuis le haut. La vue surplombait tout et nous donnait un impression de grandeur. Nous restions silencieux, je n’osais pas prendre la parole, et je sentais que lui non plus. Ses mains gigotaient, il ne savait pas comme s’y prendre.

«  - Donc la petite barque en bas, c’est la nôtre ?
- Oui, on pourra y aller après.
- Après quoi ?, demandai-je mourant d’impatience de retourner sur ce petit bout de terre au milieu du lac. Il n’avait pas tourné la tête lorsque je lui avais demandé et continuait de fixer le lac. Je respectais son silence et attendais la réponse qui vint après quelques minutes. Des minutes qui semblaient créer un trou béant dans mon estomac.

- C’est comment l’école ?
J’oubliais l’île. Le sujet qui avait mis tant de temps à arriver, arrivait. Je ne comprenais pas vers où il comptait aller. Je voulais lui répondre vite, ne pas perdre ce précieux fil qui venait de s’ouvrir, mais j’avais besoin de temps pour anticiper et comprendre.
- Poudlard ?, demandai-je inutilement avant de le voir hocher de la tête. Je cherchais mes mots, qui mots qui ne le blesseraient pas, des mots qu’il pourrait comprendre. C’est… Différent. Mais à son regard, il savait. Il savait que je cherchais à l’en protéger et que je ne lui disais pas tout.
- Ça te plait ?
- Pas tout, répondis-je aussitôt. Mais la botanique, oui. Je marchais sur des œufs, réfléchissais à tout ce que je pouvais dire et craignais de faire le moindre faux pas.
- Tu continues le basket ?
Plus de réponse envoyée au tac au tac. J’étais bloqué entre le mensonge et la vérité qui anéantirait cet effort qu’il faisait.
- Il… Il n’y a pas de basket là-bas. Je scrutais son regard, cherchais une quelconque déception, mais entendais un rire à la place.
- Oui, ils préfèrent le vol sur balai.
- Et c’est horrible d’ailleurs ! Je comprends pas les joueurs de Quidditch !, avais-je osé partager dans un élan de joie, entrainé par son rire. »

Le petit rire que nous avions échangé s’éteignit assez vite. Ses questions cessèrent et son intérêt aussi.

« - Bon, on va la voir cette île ?, fit-il en se relevant d’un coup.
Je le fixai espérant encore quelques questions sur Poudlard, sur le sport, les matières, la nourriture. N’importe quoi. Mais c’était tout ce qu’il avait pu me donner.
- Oui. »

FIN

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