Offrir la force à celui qui n'en a pas
Jusque là, je ne m’étais même pas encore posé la question de savoir comment j’allais pouvoir ouvrir la réserve. Bêtement, je m’imaginais qu’un sortilège d’ouverture ferait l’affaire, d’autant plus que la complexité de la potion occupait tout mon esprit. Clairement, ce n’était pas à elle que j’allais demander de l’aide. Elle ne comptait pas m’en donner ni même me la proposer. Aucune chance de réussir. Ses mots se répètent dans mon esprit, s’entrechoquent, m’humilient et me laissent sans voix.
Elle se tenait d’un coup plus droite qu’avant et semblait plus imposante. Je mémorisais chacun de ses gestes, sans comprendre pourquoi ils m’intriguaient autant. Lorsqu’elle m’indiqua le chemin de la réserve, je me retournai d’un coup. J’allais me tromper complètement de chemin, et elle l’avait sûrement compris avant moi. Je rougissai de honte, je me sentais encore plus jeune. Un pauvre petit première année plus inutile que les autres, jusqu’à ce que sa remarque me fasse rire. Moi qui comptais partir avec un merci sec et froid, pour lui souligner mon humiliation - dont elle devait sûrement se ficher -, voilà que je ne pus m’empêcher de retenir un petit rire lorsqu’elle s’exprima. Je ne disais toujours rien, tentai de mémoriser les indications données. Maintenant que j’avais le bon couloir, je devais tout de même pouvoir retrouver ma salle de cours. Après tout, j’y allais toutes les semaines.
Lorsqu’elle termina son discours, je dus me rendre à l’évidence. Je n’allais pas être accompagné. J’allais devoir me débrouiller. Seul.
- Merci, Aelle, lâchai-je dans un sourire douloureux.
Je prononçai son nom pour la première fois. Savait-elle que je le connaissais ? Connaissait-elle le mien ? Sûrement pas. Un dernier coup d’œil vers elle, la toisant encore quelques instants pour me souvenir de ce drôle de regard bien à elle. Puis, vers son renard qui, lui, restait. Je tournai les talons. La rencontre était terminée.
Elle se tenait d’un coup plus droite qu’avant et semblait plus imposante. Je mémorisais chacun de ses gestes, sans comprendre pourquoi ils m’intriguaient autant. Lorsqu’elle m’indiqua le chemin de la réserve, je me retournai d’un coup. J’allais me tromper complètement de chemin, et elle l’avait sûrement compris avant moi. Je rougissai de honte, je me sentais encore plus jeune. Un pauvre petit première année plus inutile que les autres, jusqu’à ce que sa remarque me fasse rire. Moi qui comptais partir avec un merci sec et froid, pour lui souligner mon humiliation - dont elle devait sûrement se ficher -, voilà que je ne pus m’empêcher de retenir un petit rire lorsqu’elle s’exprima. Je ne disais toujours rien, tentai de mémoriser les indications données. Maintenant que j’avais le bon couloir, je devais tout de même pouvoir retrouver ma salle de cours. Après tout, j’y allais toutes les semaines.
Lorsqu’elle termina son discours, je dus me rendre à l’évidence. Je n’allais pas être accompagné. J’allais devoir me débrouiller. Seul.
- Merci, Aelle, lâchai-je dans un sourire douloureux.
Je prononçai son nom pour la première fois. Savait-elle que je le connaissais ? Connaissait-elle le mien ? Sûrement pas. Un dernier coup d’œil vers elle, la toisant encore quelques instants pour me souvenir de ce drôle de regard bien à elle. Puis, vers son renard qui, lui, restait. Je tournai les talons. La rencontre était terminée.
Fiche PR - 4e année RP
Offrir la force à celui qui n'en a pas
Décidément, je ne comprends pas grand chose à ce garçon. C'est évident que ce que je lui dis ne lui plait pas, que ça le perturbe, le questionne. Sans doute s'attendait-il encore que je l'accompagne ou autre chose dans ce goût-là. Il faudrait être vraiment naïf pour avoir cru une telle chose possible mais puisqu'il s'agit d'un gamin, je lui prête allègrement une bonne dose de naïveté. Avec ce genre de personnes il faut toujours partir déçue. J'observe donc toutes ces drôles de mimiques sans la moindre surprise, m'attendant presque à ce qu'il se plaigne de mon ton moqueur, mais c'est tout le contraire qui arrive.
Un rire. Un rire sur ses lèvres. Comme s'il s'amusait de mes mots. Non pas pour s'en moquer, non, mais parce qu'il les trouve amusant. Serait-ce le « oh, magie ! » qui le fait réagir ainsi ? Croit-il que j'ai essayé de le faire rire ? Ce n'est pas possible, non ? Pas alors que mes lèvres n'ont pas souri à un seul instant et que mon visage n'a pas exprimé la moindre chose positive.
Mon regard se colore de jugement et je dresse le menton dans un angle encore plus sévère pour me protéger de son étrange humour. Au final, il se contentera de cela. D'un rire et d'un... Il connait mon prénom ? Merlin, je n'aime guère cela. Mon visage se voile brièvement dès qu'il se retourne pour s'éloigner dans le couloir. C'est faux, me reprends-je : j'aime assez l'idée que l'on me connaisse, moi qui ne suis après tout absolument pas banale, mais j'ai toujours eu du mal avec le fait de rencontrer des gens qui en savaient plus sur moi que j'en savais sur eux.
J'attends qu'il s'éloigne et tandis qu'il s'enfonce dans le couloir mon regard ne le quitte pas. Je réfléchis en attendant qu'il disparaisse dans les ombres profondes du château. J'ai du mal à savoir si je le trouve idiot ou courageux. Une chose est certaine : sa détermination ne me déplaît pas.
Je me questionne davantage à propos de la potion dont il a été question durant cette rencontre fugace. De laquelle s'agit-il ? J'ai la réponse sur le bout des lèvres mais impossible de trouver la réponse — je dois avouer que cela m'angoisse légèrement : à moins de quatre mois des ASPIC, ne devrais-je pas pouvoir savoir ce genre de chose instinctivement, sans faire le moindre effort de réflexion ?
Il disparaît mais apparaît au creux de mon corps une boule d'angoisse comme je n'en ai que peu connu durant ma scolarité. Les examens n'ont jamais représenté la moindre difficulté. J'ai toujours été très sûre de moi, quelles que soient les matières. Que ce soit pour les examens de fin d'année ou pour les devoirs du quotidien. Je suis intelligente et j'ai du talent. De l'avance sur le programme, surtout. Pourquoi m'inquiéter ? Mais voilà, nous sommes à quatre mois des ASPIC et je suis incapable de savoir dans quelle potion on peut retrouver du sang de salamandre, des ongles de griffon et des feuilles de Ginseng.
« Aelle, souffle Zikomo dans mon cou, Aelle !
— Mh ?
— On ne devrait pas y aller ? »
Ah, oui. Certes. Le couloir, la nuit. Le pâle éclat projeté par ma baguette magique me rappelle que je suis dans un lieu interdit et que les ténèbres pourraient bien cacher un professeur-préfet-concierge qui serait ravi de me coller une retenue ou de m'enlever des points à cause de ma présence ici. Manque de bol pour toutes ces personnes si attachées au règlement : j'ai encore moins envie que tout à l'heure de rester cloîtrée dans la Salle commune. Ne serait-ce que pour échapper à mon angoisse inattendue que je ne manquerai pas de calmer demain en me levant à l'aube pour réviser d'arrache pied, je veux plus que jamais atteindre la Réserve pour arracher aux livres centenaires qu'elle cache tout leur savoir.
« Oui, oui, on y va, murmuré-je à mi-voix en gardant pour moi mes pensées emmêlées.
— Il va se faire prendre, non ? » rajoute Zikomo d'une voix inquiète.
Il se tord vers la direction empruntée par le garçon, comme s'il voulait lui courir après pour s'assurer de son bien être, tandis que je m'enfonce dans le couloir opposé. Moi, je me fiche de ce qui lui arrivera.
« Oui. Il va se faire prendre. »
Nyakane passe de nouveau au-dessus de moi. Je l'interpelle doucement pour lui signifier que le périple reprend. J'aurais bien aimé remiser cette conversation dans un coin de mon esprit mais à cause de la potion, impossible d'oublier les yeux verts de cet enfant. Il me hantera jusqu'à demain puis je l'oublierai purement et simplement.
Rencontre fugace mais marquante, n'est-ce pas ?
La suite, bientôt. Pas dans une heure, promis.
Un rire. Un rire sur ses lèvres. Comme s'il s'amusait de mes mots. Non pas pour s'en moquer, non, mais parce qu'il les trouve amusant. Serait-ce le « oh, magie ! » qui le fait réagir ainsi ? Croit-il que j'ai essayé de le faire rire ? Ce n'est pas possible, non ? Pas alors que mes lèvres n'ont pas souri à un seul instant et que mon visage n'a pas exprimé la moindre chose positive.
Mon regard se colore de jugement et je dresse le menton dans un angle encore plus sévère pour me protéger de son étrange humour. Au final, il se contentera de cela. D'un rire et d'un... Il connait mon prénom ? Merlin, je n'aime guère cela. Mon visage se voile brièvement dès qu'il se retourne pour s'éloigner dans le couloir. C'est faux, me reprends-je : j'aime assez l'idée que l'on me connaisse, moi qui ne suis après tout absolument pas banale, mais j'ai toujours eu du mal avec le fait de rencontrer des gens qui en savaient plus sur moi que j'en savais sur eux.
J'attends qu'il s'éloigne et tandis qu'il s'enfonce dans le couloir mon regard ne le quitte pas. Je réfléchis en attendant qu'il disparaisse dans les ombres profondes du château. J'ai du mal à savoir si je le trouve idiot ou courageux. Une chose est certaine : sa détermination ne me déplaît pas.
Je me questionne davantage à propos de la potion dont il a été question durant cette rencontre fugace. De laquelle s'agit-il ? J'ai la réponse sur le bout des lèvres mais impossible de trouver la réponse — je dois avouer que cela m'angoisse légèrement : à moins de quatre mois des ASPIC, ne devrais-je pas pouvoir savoir ce genre de chose instinctivement, sans faire le moindre effort de réflexion ?
Il disparaît mais apparaît au creux de mon corps une boule d'angoisse comme je n'en ai que peu connu durant ma scolarité. Les examens n'ont jamais représenté la moindre difficulté. J'ai toujours été très sûre de moi, quelles que soient les matières. Que ce soit pour les examens de fin d'année ou pour les devoirs du quotidien. Je suis intelligente et j'ai du talent. De l'avance sur le programme, surtout. Pourquoi m'inquiéter ? Mais voilà, nous sommes à quatre mois des ASPIC et je suis incapable de savoir dans quelle potion on peut retrouver du sang de salamandre, des ongles de griffon et des feuilles de Ginseng.
« Aelle, souffle Zikomo dans mon cou, Aelle !
— Mh ?
— On ne devrait pas y aller ? »
Ah, oui. Certes. Le couloir, la nuit. Le pâle éclat projeté par ma baguette magique me rappelle que je suis dans un lieu interdit et que les ténèbres pourraient bien cacher un professeur-préfet-concierge qui serait ravi de me coller une retenue ou de m'enlever des points à cause de ma présence ici. Manque de bol pour toutes ces personnes si attachées au règlement : j'ai encore moins envie que tout à l'heure de rester cloîtrée dans la Salle commune. Ne serait-ce que pour échapper à mon angoisse inattendue que je ne manquerai pas de calmer demain en me levant à l'aube pour réviser d'arrache pied, je veux plus que jamais atteindre la Réserve pour arracher aux livres centenaires qu'elle cache tout leur savoir.
« Oui, oui, on y va, murmuré-je à mi-voix en gardant pour moi mes pensées emmêlées.
— Il va se faire prendre, non ? » rajoute Zikomo d'une voix inquiète.
Il se tord vers la direction empruntée par le garçon, comme s'il voulait lui courir après pour s'assurer de son bien être, tandis que je m'enfonce dans le couloir opposé. Moi, je me fiche de ce qui lui arrivera.
« Oui. Il va se faire prendre. »
Nyakane passe de nouveau au-dessus de moi. Je l'interpelle doucement pour lui signifier que le périple reprend. J'aurais bien aimé remiser cette conversation dans un coin de mon esprit mais à cause de la potion, impossible d'oublier les yeux verts de cet enfant. Il me hantera jusqu'à demain puis je l'oublierai purement et simplement.
— Fin —
Rencontre fugace mais marquante, n'est-ce pas ?
La suite, bientôt. Pas dans une heure, promis.