Facheux malentendu A.C

Courant Mars,
Un Samedi dans l'après midi
Avec @Antonn Clifford

(Et peut-être une apparition de @Owen Locke et @Sigmund Charleston comme prévu)

Edwin aimait beaucoup plus les week-end depuis que les O'Belt et Owen avaient été effarés de constater que sa garde-robe était un gâchis monumental. Avant, il pouvait garder son uniforme le samedi et le dimanche pour ne pas se faire regarder bizarrement en mettant des habits trop grands et troués (bien que pour être honnête, ses uniformes étaient aussi devenus trop larges, mais aussi trop courts). Aujourd'hui, quand il ouvrait sa malle, il pouvait se souvenir avec joie de la sortie shopping qu'il avait été pratiquement forcé à suivre. Au début, il avait grogné et gneugneuté qu'il n'avait pas besoin d'habits neufs, car, après tout, il avait toujours été élevé avec l'intime conviction qu'il ne méritait pas toutes ces dépenses. Cependant, aujourd'hui, il ne pouvait que remercier son grand frère de l'y avoir embarqué.

Depuis ce moment-là, Edwin s'était rendu compte qu'il aimait s'habiller le week-end. Pas seulement pour sentir l'odeur des vêtements propres ou la douceur de ses pulls, mais parce que le résultat était joli. Eh bien, plus joli que d'habitude en tout cas. Aujourd'hui, il était paré d'un pantalon en toile cintré qui tombait négligemment sur ses chevilles. Il y avait enfoncé le bord d'un pull fin d'une jolie couleur jaune poussin. Sa tenue n'était pas digne d'un défilé de mode, mais Edwin s'était trouvé bien dans son miroir. Il s'était trouvé un peu plus adulte que quand il se perdait dans ses sweats surdimensionnés et, il devait se l'avouer, il s'était trouvé assez correct pour qu'un joli rougissement naisse sur ses joues. Il avait même pris le temps et l'énergie de stresser ses cheveux sur le côté de son épaule comme Dale le lui avait apprit. Il ne gardait pas forcément un super souvenir de cette journée-là, mais au moins, il avait pu en retirer quelque chose.

Aujourd'hui, il se sentait bien. C'était assez étrange pour être notifié, mais il se sentait léger comme une plume et de bonne humeur. Bien loin de l'humeur maussade qu'il avait subi ces dernières semaines, Edwin rayonnait pratiquement d'énergie. Pour profiter de ça, il s'était décidé à sortir et à aller se balader. Le temps n'était pas encore très chaud, mais le soleil pointait le bout de son nez et c'était suffisant pour que les températures soient tendres. Le Serpentard espérait prendre quelques couleurs avant l'été pour ne pas avoir à cramer sous le soleil pour deux teintes de bronzage. Il préférait largement profiter de son ami lumineux tant que les températures étaient encore clémentes, lui qui détestait tout bonnement d'avoir trop chaud. Quand on avait trop chaud, on puait, on était sale, c'était désagréable et Edwin détestait ça. Beaucoup de gens l'avaient charrié à ce sujet, mais Edwin était un garçon maniaque quand il s'agissait de son hygiène. Il aimait être propre comme un sous neuf, c'était pour ça que le voir dans des vêtements sales suffisait à comprendre qu'il se sentait mal.

Sa sacoche négligemment drapée sur l'épaule, il avait filé dans les couloirs jusqu'à atteindre la Cour de la tour de l'Horloge. Ce n'était pas l'endroit où il allait le plus souvent, mais c'était assez joli pour ne pas faire baisser son humeur. Comme d'habitude, sa sacoche tintait à chaque pas qu'il faisait tandis que tous les petits objets et morceaux de ferraille qu'il y avait entassé se rencontraient. Aujourd'hui allait être une journée bricolage, peut-être même qu'il pourrait arriver à un résultat assez bien pour le donner à Owen !

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

Facheux malentendu A.C
J'étais de bonne humeur en me levant ce matin, et puis il a fallu que j'ai cette fâcheuse conversation avec Lexa. Elle a osé prétendre que je n'ai aucune compétence en matière de séduction. Ce que j'ai nié bien entendu. Enfin, il suffit de me regarder: je n'ai qu'à claquer des doigts pour que toutes les filles tombent, les unes après les autres, dans mes bras. C'est vrai quoi ! Je suis un joueur de Quidditch beau, charismatique et intelligent, que demander de plus? Je suis certain que c'est simplement parce que je n'ai jamais réellement fait d'effort pour charmer qui que ce soit que mon succès est restreint. Je suis d'ailleurs bien décidé à prouver à cette mauvaise langue qui me sert d'amie que j'ai un talent inné pour draguer. Je jure que d'ici la fin de la semaine, c'est-à-dire demain, j'aurais au moins conquis un cœur entre les murs de Poudlard.

En réalité, je ne suis pas si sûr de moi. Il faut dire que je ne sais pas trop par où commencer: on a des cours de métamorphose, de défense contre les forces du mal, mais je n'ai jamais eu le moindre cours de séduction. Il faut donc espérer que c'est vraiment quelque chose de naturel pour moi, sinon je risque fort d'avoir l'air ridicule. J'ai tout de même pris la décision de sortir un peu dehors, en espérant que l'air pur de l'extérieur m'aidera à y voir plus clair et m'apportera de l'inspiration pour mon plan d'attaque. Je dois trouver une jolie fille et me lancer.

C'est alors que je remarque devant moi LA fille parfaite. Une silhouette remarquable, grande et fine, de jolis cheveux tressés. Je sens à la manière dont elle se déplace qu'elle et moi avons sans doute des tas de points communs. Ne me demandez pas comment je le sais, il y a des choses comme ça qui se devinent, c'est tout. Il y a une indéniable connexion entre elle et moi. Est-ce que j'aurais réellement trouvé la fille de mes rêves du premier coup? C'est le destin, je ne vois pas d'autre explication. Lorsque je me décide à enfin tenter des choses, il met la personne idéale sur ma route. C'est qu'il est vraiment généreux, il me simplifie la tâche. Maintenant, il faut que je trouve comment l'aborder. Le léger tintement venant de son sac me déconcentre, je ne parviens pas à trouver quelque chose de bien. Ou peut-être est-ce simplement la mystérieuse et charmante aura qu'elle dégage qui me perturbe? Je l'ignore. Le doux parfum de pêche qui se dégage d'elle lorsqu'elle avance me ferait presque perdre mes moyens.

Allez, je me lance, c'est le moment ! J'accélère jusqu'à me retrouver juste derrière elle, et marche accidentellement sur son talon. Première approche activée.

- Oh, vraiment désolé ! Je ne regardais pas devant moi, je ne t'ai pas fait mal j'espère?

Et, alors qu'elle esquisse il me semble un mouvement pour se retourner, j'enchaîne avec un sourire en coin.

- Mais dis-moi, on prétend qu'il faut souffrir pour être belle, toi t'as carrément frôlé la mort non?

Si là elle ne tombe pas sous mon charme, je ne comprends pas ce qu'il lui faut. Je passe ma main dans mes cheveux, puis plonge mes yeux dans les... Siens? Par Merlin! Je ne suis pas vraiment sûr que ce soit une fille ça, si? Dans quel bourbier me suis-je encore mis? Voilà qui m'apprendra à faire le malin. Je maudis un instant Lexa, si elle ne m'avait pas taquiné je n'aurais pas joué les petits charmeurs et je ne serais par conséquent pas dans cette situation inconfortable. Je commence à rougir, de mes doigts de pieds jusqu'au bout de mes oreilles. Par où est-ce que je peux fuir, par pitié?

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
Couleur de dialogue #134f5c

Facheux malentendu A.C
Edwin manque de grogner quand il se sent trébucher. Quelqu'un lui a marché sur le pied, il en est certain. Dans sa tête, un film se déroule et il imagine directement un des scénarios les plus probables : Un sang pur idiot a reconnu le né-moldu débile et est venu l'emmerder. Mais Edwin n'est pas d'humeur aujourd'hui, et si l'autre est bien un des petits cons qui s'amusent à le faire chier, il aura vite fait de se prendre un poing dans la tronche, et tant pis pour la perte de points et la retenue qui l'accompagnera sûrement.

Cependant, si, quand il se retourne, c'est effectivement pour voir un sang pur, celui-ci n'a pas au bout des lèvres les railleries habituelles. Non, au lieu de ça, il lui balance une phrase d'accroche. Trop choqué pour réagir, Edwin reste interdit quelques secondes avant qu'un rougissement brutal ne naisse sur ses joues et ne s'étende jusqu'au bout de ses oreilles. Celle-là, on ne lui a jamais faite. Edwin n'est même pas certain que quelqu'un ai déjà essayé de le draguer. C'est assez perturbant pour qu'il ne capte pas l'accord de l'adjectif que l'autre emploi. Un couinement de gêne remonte dans sa gorge et Edwin se gratte la nuque, les lèvres soudainement sèches. Oh, oui il a parfois entendu des choses sur Clifford, comme à peu près tous les nés-moldus qui font un peu attention, mais celui-ci n'a jamais été violent ou désagréable avec lui directement. Est-ce pour cette raison ? Peut-être qu'il ne fait pas partie de ces idiots qui pensent qu'il faut charrier la personne qui nous plaît.

Qui nous plaît....
Edwin se lèche les lèvres et frotte un de ses pieds par terre, signe de son malaise évident alors qu'une douce sensation envahit son ventre et sa cage thoracique. C'est agréable de recevoir un tel compliment, mais c'est en même temps un peu étrange. Il n'est absolument pas habitué à ce que les gens lui en fassent. Et, aussi, comment l'autre savait-il qui est intéressé par les garçons ? Edwin ne l'avait certes pas caché, mais il ne l'avait pas non plus crié sur tous les toits. Clifford avait-il fait un pas vers lui sans même savoir avec certitude s'il serait bien reçu ? C'était inattendu, mais pas désagréable. Et puis, Edwin serait bien le dernier à se foutre de sa tronche pour quelque chose comme ça. Savoir que l'autre avait risqué une mauvaise réaction mais l'avait quand même approché le faisait presque vibrer de joie. Il avait toujours été très romantique, et une telle déclaration avec un courage pareil, ça ne le laissait clairement pas indifférent.

Le troisième année n'avait jamais vraiment pris la peine de regarder Antonn plus que nécessaire. Il n'aimait pas le Quidditch et évitait au maximum de croiser le regard de ceux qui pourraient peut-être en avoir après son statut de sang. Mais maintenant qu'il le regarde, eh bien, c'est un beau garçon, il ne peut pas le nier. Et le comble, c'est qu'il fait pratiquement sa taille. Les deux garçons ne doivent avoir que quelques centimètres de différence ce qui enchante particulièrement Edwin. Ne pas avoir besoin de baisser les yeux pour regarder quelqu'un le met à l'aise. Quand les gens sont trop petits, il se sent immense, comme s'il était bien trop visible. Alors que là, il est juste... normal, en quelques sortes.

Le visage de l'autre est peut-être aussi rouge que le sien. Il est bien plus musclé que lui, même en restant fin et Edwin trouve cela assez séduisant en fin de compte. Après tout, Clifford est un joueur de Quidditch, il est tout naturel qu'il soit bien taillé. Ses yeux se perdent sur une petite cicatrice qu'il a juste sous les lèvres et Edwin finit enfin par reprendre conscience de la situation après avoir eu le temps de l'observer quelques secondes.

O-oh euh... n-non t-t'inquiètes, tu m'as pas fait mal ses doigts viennent trouver une des mèches qui s'est échappée de sa tresse pour jouer avec, tandis que l'autre maltraite la lanière de son sac. Tu m'as juste surpris. Il se mordille la lèvre inférieure, mauvaise habitude qu'il a du mal à perdre. C'est très.. c'est super bien trouvé, et très flatteur. On peut dire que je l'ai littéralement frôlé deux ou trois fois oui il rire doux s'échappe de ses lèvres et flotte quelques instants dans l'espace entre eux deux.

Edwin ne sait pas quoi dire de plus. Devrait-il lui faire un compliment en retour ? Il n'est pas très doué pour ça, il avait même du mal à en faire à Maiy pendant la période où ils sont sortis ensemble. Il a beaucoup moins de mal à en faire à Lili, mais c'est normal puisqu'elle est sa meilleure amie. Ça semble beaucoup plus simple avec elle, et il n'a jamais peur de se ridiculiser. Il ne connait Clifford qu'à travers Maiy, puisqu'il est un ami proche de Lexa qu'elle semble apprécier malgré le fait qu'il ne comprenne pas bien pourquoi, alors il ne sait pas trop quoi dire. Je pourrais dire la même chose pour toi, finit-il par dire, la voix un peu enrouée d'incertitude, mais les joues toujours délicatement roses.

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

Facheux malentendu A.C
Mais qu'est-ce que c'est que ce bourbier? Pourquoi est-ce qu'il a l'air content? N'aurait-il pas pu me regarder de travers tel un drôle d'énergumène, ce que je parais sans doute, avant de poursuivre son chemin en soupirant? J'ai à l'heure actuelle une réelle envie de me faire piétiner par un hyppogriffe. L'un d'entre eux ne pourrait-il pas surgir du ciel immédiatement? Je vais finir par croire que j'ai un réel don pour me mettre dans les situations les plus improbables. Je me retrouve à draguer un garçon, né-moldu par-dessus le marché. Je pense que si ma mère assistait à ça, elle m'étranglerait directement.

Et dooonc... il me renvoie le compliment? Il n'a même pas l'air de relever le fait que je l'ai genré au féminin, alors qu'il est, de face, de toute évidence un garçon. Il me trouble. Plus vraiment pour les mêmes raisons que tout à l'heure, c'est évident, mais parce qu'il est bizarre. Enfin, le mot est mal adapté. Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'a pas répondu comme mon cerveau aurait attendu qu'il le fasse. Et ça, ça me déstabilise. Je laisse échapper un petit rire, un peu forcé je l'admets, pour répondre au sien.

Le choc est assez brutal. Je viens de passer en quelques secondes seulement du "Je crois que j'ai trouvé la femme de ma vie, c'est le destin." au "Comment vais-je bien pouvoir m'en sortir sans que ce soit encore plus gênant que ça ne l'est actuellement?" J'ai reconnu son visage, je sais qu'Edwin est à Serpentard. Que se passerait-il alors s'il commençait à raconter partout que j'aime les garçons? Je n'aurais plus jamais la moindre chance de sortir avec une fille dans l'école. Ce serait une véritable catastrophe.

Le seul point positif de cette apocalyptique, et je pèse mes mots, rencontre, c'est qu'il semble avoir aimé ma phrase d'accroche. J'avoue que ça me fait plaisir, même si elle ne touche pas le public visé c'est la preuve que ma compétence de séduction est bien au top du top. Lexa avait donc tort et moi raison, c'est l'analyse que je fais. Certes, je n'analyse que les éléments qui m'arrangent. Peut-être faudrait-il que je teste ma petite phrase sur une fille avant de tirer des conclusions. Qu'est-ce que je raconte? Plus jamais je n'aborde personne, nouvelle règle d'or, on voit bien ce que ça donne.

J'ai l'impression qu'un long silence gênant ne tardera pas à s'installer si je ne fais rien, ne dit rien d'ici peu. Mais en même temps que dire? Que faire? J'avoue que ce cas de figure ne m'était encore jamais arrivé. Il a l'air tellement content que je ne veux pas le blesser. J'veux dire, je ne veux pas qu'il pense que je me suis moqué de lui. De dos, il ferait vraiment une très jolie fille. Et c'est bien le problème, je suis attiré par les filles, pas les garçons. Et le fait qu'il puisse penser le contraire m'embarrasse beaucoup. Si bien que mon visage a du mal à perdre sa teinte rouge, je crois. J'essaie de fuir au maximum son regard tout en maintenant tout de même un contact visuel régulier, je panique en bref. Bon, essayons de répondre tout en détournant légèrement le sujet. Allez Antonn tu peux le faire. Je prends un ton intéressé.

- Tu as déjà frôlé la mort? Impressionnant. Il s'est passé quoi?

Edwin, je t'en supplie, rend cette conversation normale. Oublie que je t'ai dragué il y a quelques secondes à peine. Libère moi du poids qui repose sur mes épaules. Je jette un rapide coup d'oeil aux alentours à la recherche de quelqu'un qui pourrait bien me sauver, mais je ne vois personne qui ait l'air de porter une cape de super-héros. Bon, je crois que si je veux m'en sortir je vais être obligé d'agir comme si de rien était. Ca va le faire. On est samedi, je ne peux même pas prétexter un cours quelconque pour m'enfuir. Assume-donc tes paroles mon grand.

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Facheux malentendu A.C
D'un peu plus près, Antonn semble légèrement mal à l'aise. Est-ce parce qu'ils parlent devant d'autres personnes ? Edwin ne connait pas trop bien le monde des sang-purs, mais Owen et son copain sont très peu expressifs en présence d'autres personnes. Peut-être, assurément même, que c'est mal vu pour eux d'accoster un garçon ou de parler de leurs sentiments. Pour ce point là, Edwin ne peut être que d'accord avec lui. Il n'est pas à l'aise à l'idée de parler de ce qu'il ressent, alors, même s'il est né-moldu, il comprend parfaitement que l'autre puisse avoir du mal. Edwin essaie de réfléchir à ce qu'aurait pu lui conseiller Owen à ce moment.

Edwin penche la tête et papillonne les yeux quelques secondes, réfléchissant intensément. T-tu as l'air.. enfin.. e-est-ce que tu veux qu'on aille se poser quelque part ? Un peu à part ? T-t'as l'air un peu gêné. Le Serpentard pointe négligemment du doigts un mur assez propre sur lequel ils pourraient aller s'adosser. Ici, ils ne seraient pas trop visibles des autres et Antonn serait sûrement moins gêné. On peut marcher un peu si tu préfères, pour papoter, c'est tout. Edwin amorcé un mouvement vers l'endroit qu'il a pointé. Il doit avouer qu'il n'est pas non plus super à l'aise de rester au milieu de la cour, c'est beaucoup trop visible. Même s'il se sent bien aujourd'hui, il a toujours ses reflexes qui lui crient de se mettre en sécurité et dans un endroit où il pourra avoir le dos protégé des attaques et voir ses possibles agresseurs arriver.

Antonn a toujours les joues joliment rouges et cela lui donne un petit air. Edwin aime bien voir cette couleur sur son visage, maintenant qu'il regarde bien. Clifford est assez pâle, tout comme lui et la couleur ressort très bien sur ses joues. C'est joli, ça lui plait bien à Edwin. Ça contraste bien avec ses épaules plus larges ou sa carrure de sportif. Edwin préfère ça aux joueurs de Quidditch ou de foot idiots et qui se comportent comme des abrutis.

Edwin se frotte la nuque face à la question de l'autre, légèrement mal à l'aise. Il ne peut pas lui en vouloir, après tout c'est lui qui en a parlé en premier. Il ne parlera pas des Harrison, il ne se sent toujours pas à l'aise avec ça. C'est toujours effrayant, de penser qu'ils pourraient l'apprendre et venir finir ce qu'ils avaient essayé de faire. Il fini par rire tout doucement, un peu gêné. O-ouais, quelques fois. Tu sais, j'ai.. j-j'étais à Londres pendant la.. fin' quand les moldus ont su qu'on existait. Y'avait aussi des sorciers pas fou-fous qui aimaient bien jouer avec le feu. Edwin redresse légèrement la manche de son pull pour lui montrer la brulure qui s'étend sur son bras et qui a toujours le chic de déformer et décolorer sa peau. Il tend son bras vers l'autre en le tournant doucement avec un rire doux. Tu vois ?

Cette histoire est bien plus facile à conter maintenant qu'il y a quelques mois. Il a réussi à faire le tri sur tout ça, et son été chez les Harrison a parfaitement réussi à éclipser le reste, petit à petit. Bien sûr, ça remonte de temps en temps mais aujourd'hui il se sent suffisamment bien pour que ça ne détruise pas le contrôle qu'il a sur ses émotions. C'est ma maison, elle a prit feu. Enfin, mon ancienne maison du coup, on s'y attendait pas trop alors ça a été difficile de sortir de là sans se faire un peu rôtir. Il sourit, cette fois-ci d'un vrai rire contenu Mais bon, ça me rends plus "hot", non ? Certains disent que les cicatrices ça attire les gens, moi je trouve celle-ci un peu moche mais celle que tu as juste ici il pointe le bas de ses lèvres pour que Antonn voit de quoi il parle Est assez jolie, ça va bien avec le reste de ton visage.

Il agite son bras pour que la manche retombe sur son poignet et fredonne. Celle-ci, elle va un peu moins avec le reste, n'est-ce pas ? Il lui fait un autre sourire calme. C'est pas très impressionnant comme ça, mais bon !

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

Facheux malentendu A.C
J'ai l'air un peu gêné ? Non, sans blague ? Peut-être parce que je suis terriblement gêné Edwin. Je n'en ai pas que l'air. Si on récapitule je viens tout de même de draguer un garçon, qui plus est né-moldu, et qui connaît un tas de gens que je connais. De quoi ruiner ma réputation. Alors oui, je suis vraiment mal à l'aise. Et maintenant il veut qu'on marche ensemble, on dirait un mauvais tuto sur comment alimenter les rumeurs. Je m'apprête à refuser en prétextant un truc urgent à faire lorsque je le vois qui amorce déjà son mouvement. Je me tais donc et le suis, pour ne pas lui faire de peine, puisqu'il a déjà l'air parti. Pourquoi est-ce que je ne sais pas dire non ? Je veille tout de même à garder une certaine distance de sécurité, pour avoir le temps de reculer si jamais il me saute dessus pour m'embrasser, puisqu'il a l'air d'être tombé sous mon charme. Enfin, pas assez grande pour qu'il puisse la remarquer, je ne tiens pas à le blesser.

Cependant, ses paroles me sortent un peu de mon malaise, le transformant en intérêt et compassion. Son histoire fait écho à la mienne. Je me retrouve dans ses paroles. Et mon coeur se met à battre plus vite lorsqu'il me montre sa cicatrice, laissée par une brulure. Je sens la mienne me démanger un peu. Je le regarde droit dans les yeux avant de lui répondre. Pour la première fois depuis le début de cette étrange conversation j'utilise mon vrai ton, je ne joue pas de rôle ni ne suis gêné, je suis juste moi. Et ça fait du bien.

- Oui j'm'en rappelle. Londres c'était vraiment pas terrible à ce moment là. J'ai grandi là-bas, mais mes parents ont préféré déménager lorsque la situation a commencé à dégénérer, ils ne se sentaient plus en sécurité. Depuis on vit à Godric's Hollow et c'est vraiment top, on a plus à se cacher. Je suis désolé que t'ai eu à vivre ça.

J'hésite un peu. Je suis pas très doué avec les mots, souvent maladroit. Je n'aime pas quand les gens me font des confessions, je ne sais jamais y réagir convenablement. Et puis, je ne connais pas trop Edwin, je ne sais pas ce qu'il attend de moi. Je laisse donc échapper quelques mots spontanément.

- Moi j'la trouve belle ta cicatrice. T'as pas à en avoir honte. Et puis...

Je m'arrête en plein milieu de ma phrase, est-ce que j'ai vraiment envie de faire ça ? Je suis pas trop sûr. Je crois pas l'avoir déjà montrée à quelqu'un, ou alors c'était il y a super longtemps. J'ai plutôt tendance à la cacher qu'à l'exhiber, c'est un peu mon petit secret. Cependant, je me décide, je remonte ma manche à mon tour et révèle ma trace de brulure en forme de bracelet, autour de mon poignet. J'hausse ensuite les épaules, comme pour essayer de rendre anodin ce que je viens de faire, avant de sourire, pour de vrai cette fois, à mon interlocuteur.

- Ça nous fait un point commun je suppose.

Je m'empresse ensuite de remettre ma manche en place, effrayé à l'idée que quelqu'un d'autre ne remarque ma blessure. Je la considère comme un aveu de faiblesse, la marque que je ne résiste pas à tout comme j'aime le prétendre.

@Edwin Wellhister

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
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Antonn n'a pas l'air dérangé à l'idée de marcher avec lui, et c'est plutôt agréable comme journée, finalement. Edwin aime bien le calme de la marche à deux, même si tout seul, cela l'ennuie souvent. La présence d'Antonn est plus agréable que prévu. Il ne l'avait jamais regardé plus que de très loin, il n'y avait jamais fait plus attention que ça. Il n'avait pas entendu de mauvaises choses sur lui, alors il était passé à la trappe dans son esprit, même si ça pouvait paraître un peu méchant dit comme ça. Edwin trouvait que c'était une bonne chose : pas de réputation, ça implique forcément qu'on évite d'en avoir une mauvaise. Et, pour le coup, là Antonn s'en formait une bonne. Tout du moins, pour lui. C'était dommage que le monde sorcier soit tellement divisé pour cette raison-là. S'il n'y avait aucun mur entre les statuts de sang ou simplement pas de mur de classe sociale, tout serait plus simple. La communication, les échanges. Tout le monde s'en sentirait mieux, ça Edwin en était persuadé, mais c'était difficile de casser des murs quand ils étaient renforcés des deux côtés.

En parlant de sa brûlure, c'est comme si Antonn... changeait. Edwin ne saurait pas trop dire ce qui avait changé ou pourquoi, mais il ne semble plus être si tendu. En fait, il semble même... naturel. Encore plus qu'avant. Edwin aime bien ce nouveau visage de lui, c'est agréable de le voir être détendu, au moins beaucoup plus qu'il ne l'est depuis le début de la conversation. Un nouveau sourire nait sur les lèvres d'Edwin, encore plus sincère que les derniers. Il est encore plus beau comme ça, quand son front n'est pas froncé de gêne et que ses yeux ne reflètent ni froideur ni calme trop poussé pour être vraiment naturel. Il préfère ses yeux comme ça, des yeux de Antonn, pas des yeux d'adolescent qui garde la face. Edwin sait les reconnaître, avec le temps, il les voit quasiment tous les jours dans le miroir.

Il l'observe avec un nouvel intérêt.

Comment c'est, Godric's Hollow ? J'y ai jamais mis les pieds, mais ça a l'air sympa. C'est très différent de Londres ? Il lui fait un sourire léger en poussant son épaule contre la sienne, légèrement taquin. Merci, mais c'est pas ta faute. De toute façon, ça aurait bien dû arriver à quelqu'un

Son visage se colore à nouveau d'un rouge presque pourpre au compliment de l'autre. La couleur envahit son nez, puis ses joues, et descend même dans son cou avant de grimper à ses oreilles. Personne ne lui a jamais fait de compliment sur sa cicatrice. On lui a déjà dit qu'elle est horrible, les gens ont adoré être méchants. Et, quand les gens étaient globalement gentils, ils disaient essentiellement que sa cicatrice ne le définissait pas, et qu'elle n'était pas si horrible que ça. Mais un compliment ? Jamais. Jamais personne n'avait dit qu'elle était belle, même pas un mot qui s'en rapprochait.

Une bulle gonfle dans sa poitrine, fait se tordre son ventre et assèche sa bouche d'un coup. Il est vraiment heureux, entièrement et sans aucune honte. Et, plus que tout, Antonn a tapé juste. Ce compliment est bien mieux que le premier qu'il lui a fait, parce que celui là touche quelque chose de spécial pour Edwin. Il touche un complexe et le transforme presque en jolie fleur de printemps. Savoir que quelqu'un d'autre peut apprécier sa cicatrice lui donne envie de la voir sous un autre angle que celui de l'horreur habituel.

Le sourire d'Antonn semble vraiment authentique et fini d'achever Edwin. Il baisse les yeux sur le poignet de l'autre et observe sa cicatrice. Il n'a pas de dégoût dans les yeux, pas d'effroi. Il ne le plain pas, au contraire. En voyant sa brulure, Edwin a encore plus envie de le connaître. Il tend légèrement la main vers le poignet de l'autre, comme s'il voulait la toucher avant de s'arrêter en plein milieu du mouvement. Les doigts tendus entre eux, Edwin observe l'autre jusqu'à ce qu'il abaisse sa manche.

Merci de m'avoir montré chuchote-t-il, le souffle court et les yeux pétillants. Est-ce que... Tu voudrais en parler ? Est-ce que... c'est toi qui l'a fait ? Elle a l'air trop propre pour avoir été fait par une brulure naturelle, et Edwin ne connait que trop bien cette impression de devoir marquer sa douleur mentale sur son corps. J'ai.. j'ai déjà fait des trucs comme ça, si tu veux en parler à quelqu'un. Je jugerais pas, qu'importe d'où elle vient.

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

Facheux malentendu A.C
L'ambiance entre nous deux a un peu changé je crois, je ne suis plus aussi mal à l'aise. Peut-être parce qu'on s'éloigne légèrement du flirt original qui me mettait dans une position si inconfortable. Là je me sens bien, apaisé et éventuellement... Compris ? Il est trop tôt pour le dire, mais j'ai l'impression qu'Edwin n'a pas eu une vie facile non plus. J'aime ce genre de conversation, trop rares, qui se font sur le ton de la confession. Ces moments un peu hors du temps où je peux me permettre de fissurer mon masque, tout en sachant que je devrais ensuite en enfiler un tout neuf encore plus compliqué à abîmer pour compenser cet instant de faiblesse. Je trouve en mon camarade quelque chose de brisé qui rentre en résonnance avec tout ce qui l'est chez moi. Victor Hugo, un poète et écrivain français a dit un jour « Il n'y a rien de plus précieux en ce monde que le sentiment d'exister pour quelqu'un. » En s'intéressant à moi, ne s'arrêtant pas à celui que je parais être mais allant chercher plus loin, m'invitant à me confier si j'en ai envie ou besoin, Edwin me donne l'impression tant recherchée d'exister un peu. Et pour cela, je suppose que je peux bien lui pardonner de m'avoir fait vivre quelques minutes plus tôt l'un des pires malaise de ma vie.

Je hausse les épaules, tentant d'avoir l'air indifférent face à sa question sur Godric's Hollow. En réalité je ne le suis pas. Cette ville est la source de plusieurs de mes tracas et remises en question. Je n'arrive pas à décider si vivre là-bas est pour moi un privilège ou le comble de mes malheurs. J'adore cet endroit, si je ne laissais parler que mon coeur. Mais une part de moi déteste l'image qu'il renvoie et la case dans laquelle on me place parce que j'y habite. Cette même case que j'ai donc décidé d'ajouter à ma personnalité, à défaut de ne pas réellement pouvoir m'en défaire.

- J'aime bien Godric's Hollow, c'est charmant. L'avantage c'est qu'il n'y a pas de moldus donc on est plus... Libres ? Si tu as l'occasion d'y aller, arrête toi au café du Rosier et prends des macarons, tu verras ils sont exquis !

Ces fameux macarons sont sans doute ce que je préfère là-bas. Je ne peux résister à l'envie d'en acheter dès que je passe devant chez eux. J'avais envie de partager un truc un peu positif avec lui. Quelque chose qui donne envie de sourire. Je fronce très légèrement les sourcils lorsque nous commençons à parler de ma cicatrice. Il pense que c'est moi qui me suis fait ça ? Je secoue la tête négativement pour affirmer que ce n'est pas le cas. Je ne sais pas trop si je dois développer. La règle de ma famille est de ne pas sortir de la maison Clifford ce qui peut se passer entre nous. Cependant, Edwin a été sincère avec moi, je me dois donc de faire de même avec lui ? Je cherche à masquer dans mes yeux la douleur réveillée par l'évocation de cette histoire et en fait un résumé à mon camarade. J'essaie de ne pas mettre d'émotion dans ma voix, et ainsi l'empêcher de trembler. Instinctivement mon visage aussi se ferme un peu.

- Je n'ai pas le droit de m'approcher des sans-statuts, par rapport à l'honneur et aux valeurs de ma famille. Le lourd héritage du sang tu vois ? Mais il m'arrive de faire des exceptions, lorsque je pense que ça en vaut la peine. Il y avait une fille que j'aimais bien, tu nous as peut-être déjà vu ensemble d'ailleurs. Enfin, là n'est pas le sujet. Elle m'avait offert un bracelet, juste avant les vacances. Comme j'y tenais, je le portais. Disons en bref que ça n'a pas vraiment plu à ma mère. Je crois qu'au fond elle l'a pris comme une espèce de provocation, je n'essaie pas de la défendre mais je pense qu'elle y a vu une remise en question de son autorité. Aussi, elle a estimé qu'il était nécessaire de s'en débarrasser et... elle n'a pas attendu que je l'enlève. Au fond, c'est un peu de ma faute, j'ai dans tout les sens du terme joué avec le feu. J'aurais très bien pu attendre de ne plus être chez moi pour porter le bracelet, mais j'ai décidé d'en faire autrement.

Je laisse échapper un petit rire, comme pour montrer que ça ne m'atteint pas, puis laisse un silence et en profite pour respirer après avoir tout déroulé d'une traite. Je ne sais quoi dire de plus. Qu'est-ce qu'il y aurait à ajouter ? J'en ai déjà trop dit. C'est la première fois que je le raconte à quelqu'un. En l'enfouissant au fond de mon coeur, j'ai cru que ça avait cicatrisé. Je me rends compte maintenant que non, ça fait toujours aussi mal. Gêné de m'être tant dévoilé à un quasi inconnu, je tente de banaliser ce que je viens de révéler.

- Mais bon, la famille c'est toujours compliqué de toute façon. On apprend juste à vivre avec.

Voilà, soit fort et insensible Antonn. Montre que ça n'a aucun impact sur toi, que tu y es indifférent. C'est ce qu'on attend de toi. Qui est-ce qui attend ça de moi ? Je ne sais pas vraiment, mais on ne m'a jamais affirmé le contraire, que ce n'est pas ainsi qu'il faut agir. Alors faute de mieux je continue.

@Edwin Wellhister, pardon pour l'attente ! J'espère que ça en valait la peine.

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
Couleur de dialogue #134f5c

Facheux malentendu A.C
Une ville entièrement sorcière, ça sonnait bien pour Edwin qui avait eu l'occasion de voir toute la cruauté du monde à Londres. Une ville où personne ne t'attendait à la fin du collège pour te dégommer la tête parce que ta mère croyait aux sorciers et qu'on hurlait à qui voulait savoir que lui en était un. Pas de sorciers qui essaient de vous brûler vif, pas de manifestation, pas d'angoisse, pas de volets bloqués pour ne pas filer en douce. Pas sa mère, puisqu'elle n'aurait jamais pu entrer à Godric's Hollow. Peut-être qu'Edwin aurait été bien plus heureux là-bas qu'à Londres. Peut-être que s'il était né dans une autre famille, toute sa vie aurait été différente et qu'il aurait été un de ces adolescents qui n'avaient jamais vu le feu et le sang. Peut-être... Ça aurait été chouette, mais c'était de toute façon trop tard pour y penser maintenant. Tout était déjà parti en cacahuète.

Il croise ses doigts dans son dos, et se penche un peu vers l'avant avec un sourire calme, balançant ses jambes en avançant. Je sais pas si un jour, je pourrais aller là-bas, mais à l'occasion, j'en prendrais. Je suis pas une bouche très sucrée, à part les pâtes de fruits bien sûr. Les trucs sorciers ce n'est pas trop mon fort, genre les dragées qui ont des goûts horribles. Ce sont de vrais macarons avec des goûts sympa ?

Avec Owen, Edwin pensait plus souvent à ce dont il avait envie et non pas ce dont il pouvait se permettre. Avec sa mère, c'était rien. Elle ne dépensait pas particulièrement d'argent pour faire plaisir à son fils, parce qu'Edwin n'avait jamais mérité qu'elle le fasse, à ses yeux. Des macarons, il n'était même pas sûr d'en avoir déjà mangé. Il n'en avait jamais vu à Poudlard, alors sûrement qu'il n'avait jamais goutté à ça, même s'il savait ce que c'était. Edwin se souvient surtout des quelques billets volés dans ses poches une fois que sa mère s'endormait et des conneries qu'il s'achetait à manger avec. Il n'avait jamais osé ouvrir la porte d'une vraie bonne boulangerie avec ces sous volés, il se contentait simplement de passer dans l'épicerie du coin. Et, parfois même, il y passait sans avoir de pièces dans les poches. Les portiques ne fonctionnaient pas, et le caissier avait l'air plutôt sympathique. S'il avait déjà compris qu'Edwin volait, il n'en avait jamais fait la remarque. Il se contentait de le regarder et de lui demander comment se passait sa journée. Un homme bon, Edwin l'appréciait bien.

Ça doit être cool une ville où tu peux te balader avec ta baguette sans te faire sauter dessus par des moldus ou virer de Poudlard.

Edwin se redresse, sérieux, quand il écoute la tirade de l'autre. Sa poitrine se serre. Il n'est pas dupe, il se rend bien compte que les petits rires qu'Antonn laisse échapper sont plus un signe de détresse qu'autre chose. Après tout, ne fait-il pas exactement la même chose ? Rire pour donner l'impression que ce n'est pas important, et que ça ne le touche pas. Glousser entre deux événements traumatisants pour se donner l'impression à lui-même qu'il n'est pas tellement touché. Mais au fond, rire ou pas de la situation ne change rien : elle fait mal et reste tapie dans l'ombre jusqu'à la prochaine fois où elle pourra ressortir quand il ne sera pas assez fort pour en rire.

Par réflexe, Edwin attrape la main d'Antonn et la serre fort, pas assez pour faire mal, mais suffisamment pour lui montrer qu'il est là. Qu'il comprend. Je connais Lumah oui.. Et si tu veux, je dirai à personne qu'on... enfin qu'on traîne ensemble. Edwin touche légèrement le poignet de l'autre avant de prendre une inspiration tremblante. L'histoire d'Antonn le touche particulièrement, tellement qu'il sent presque ses yeux se mouiller. Il n'aime pas particulièrement pleurer, mais son cœur raisonne avec les mots de son camarade et lui donne presque l'impression qu'il va fondre en larmes d'un instant à l'autre. Merci.. de m'avoir dit. C'était courageux. Il serre un peu plus sa main Je suis désolé qu'elle ait fait ça... elle avait pas le droit. Edwin lâche sa main et croise les bras sur sa poitrine, comme pour se faire un câlin à lui même, se berçant doucement. Il ne sait pas quoi dire à l'autre, il n'a pas les mots magiques pour que tout se passe mieux.

M-ma.. ma mère elle buvait souvent. Au début, elle me hurlait juste dessus, dès que je faisais une connerie ou.. ou quand je lui faisait trop penser à mon père. C'était pas grand chose, elle était triste, et puis souvent je le méritais. Je sortais souvent quand elle me disait de pas le faire alors... Il inspire un bon coup, le souffle tremblant de larmes contenues Et puis parfois elle donnait des coups. Au début c'était que quand elle avait bu ou qu'elle était triste, et puis quand je suis retourné à Londres pendant ma première année.. Elle a pas aimé, avec tout ce qu'il s'est passé avec les moldus et les sorciers. Elle avait plus besoin de boire pour être énervée. Sa voix se fane pour n'être qu'un chuchotement C'est parce qu'elle avait mis des affiches contre les sorciers sur la Maison que les manteaux noirs l'ont fait bruler. Parfois je me dis que... ça aurait été moins difficile de pas en sortir tous les deux, tu vois ?

Il pousse son épaule contre celle d'Antonn comme pour le réconforter Les parents abusifs c'est la grande merde. Mais c'est pas ta faute, elle aurait jamais dû bruler le bracelet, qu'il soit sur toi ou pas. Alors le faire quand il était encore à ton poignet... Elle avait pas le droit. Il se frotte le visage comme pour se reprendre un peu, en voyant à quel point Antonn a l'air calme, lui. C'est Owen qui m'a fait comprendre ça. Même si tu fais une connerie, ou que tes parents considèrent que t'en a fais une, ils ont pas le droit de te faire mal, et ils devraient jamais le faire. Il baisse les yeux sur ses pieds. J'suis sûr qu'il t'écouterait si tu voulais lui en parler.

Ca semblait juste de lui parler de lui après qu'il ai dit tout ça. Edwin avait l'impression d'être entré dans le coeur de son camarade, et il se serait senti mal à l'idée de ne pas lui rentre la pareille.

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)