Recueil d'O.S Judith Roumanie ++ PNJ

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Ce recueil d'OS a pour but de retracer quelques moments forts de la vie de Judith, la tante sorcière de Constance. Ces deux protagonistes ne se connaissent pas encore, du fait d'un coup du destin passé, mais celui-ci est bien déterminé à les rassembler à l'avenir. Afin de mieux comprendre ce personnage qui est l'épicentre du secret de famille de Constance et qui va être un élément déterminant de sa vie future, ces écrits seront, je l'espère, instructifs.
Ils seront tous écrits à la troisième personne sauf les deux premiers.
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𝓢𝓸𝓶𝓶𝓪𝓲𝓻𝓮
  1. Un nouveau chapitre
  2. Lettre à Mary
  3. Pas de vacances pour les braves
  4. Réveil brutal
  5. Et la vie reprend
  6. Nouveau départ
Dernière modification par Constance Nelson le 14 avr. 2025, 22:45, modifié 6 fois.

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Recueil d'O.S Judith Roumanie ++ PNJ
Un nouveau chapitre
Dans le train vers l'Autriche.
Début juillet 2030

Je m'appelle Judith, j'ai 21 ans et je viens de finir mes études à la prestigieuse école post-Aspics : la F.S.C.M qui spécialise ses élèves dans les soins aux créatures magiques.
En fait, depuis que je suis toute petite, j'ai toujours été attirée par la faune. Je dis bien « faune » car je suis issue d'une famille non-sorcière. Ma mère est apicultrice et mon père horticulteur. J'imagine que ça aide. Je veux dire, j'imagine qu'avoir des parents passionnés de nature aide l'enfant à davantage s'ouvrir à celle-ci, à s'y intéresser.
Je me souviens, avant d'arriver à Poudlard, j'avais des posters comme tous les gamins de mon âge, accrochés sur les murs de ma chambre. Bon, d'accord, j'en avais un d'un fameux groupe de rock du moment mais sinon les autres représentaient des félins, des baleines, des dauphins et j'avais même un calendrier avec des illustrations d'animaux du monde entier. Je me souviens, il était accroché sur la porte de ma chambre et j'y annotais les choses importantes d'une vie d'une enfant de 7 à 11 ans : les anniversaires, les contrôles, les week-ends chez les grands-parents, chez les amis, les sorties scolaires... bref ! Un calendrier illustré d'enfant rempli normalement.
Mais est-ce que j'avais jamais été « normale » en fait ? En plus des animaux, j'ai toujours été attirée par l'apprentissage de choses en tout genre. Je me souviens, je préférais largement lire un bon bouquin plutôt que d'aller courir après un cerceau ou jouer à la marelle. A la maison, avec ma sœur Mary, j'étais une enfant plutôt calme ; en fait la plus calme. Alors que Mary préférait largement passer son temps à jouer, moi je préférais le passer à lire ou dessiner. Bien sûr, on regardait ensemble la télé de temps en temps et parfois on jouait ensemble dans le jardin mais bon... j'ai pas souvenir (et de ce que mes parents disaient de moi) d'avoir vraiment eu la bougeotte. Par contre, avec Mary, ma petite soeur, on s'entendait vraiment bien. On s'entend toujours bien, bien sûr mais... le fait qu'elle n'ai pas reçu de lettre d'admission à Poudlard quand elle eut l'âge... ça a été un coup dur. Et depuis, notre relation quasiment épistolaire a... changé notre relation. Mais elle reste ma soeur, ma petite soeur. Celle que qui me prenait par la main pour que je lui lise des histoires quand on était petites.

Lorsque j'ai reçu ma lettre d'admission pour Poudlard, je me souviens, ça a été un vrai choc ! Qui aurait cru qu'un monde magique coexistait avec le nôtre ? Bon, d'accord, cela expliquait un événement connu de moi-seule mais quand même ! Un vrai choc.
Nos parents, le choc passé, se sont montré conciliants et en vrais bons anglais, ont accepté la situation. Une femme, une professeure de l'école, était venue nous rendre visite pour nous expliquer tout ce qu'on avait à savoir et où trouver le Chemin de Traverse, et ça, ça les avait quand même rassurés.
Haha, tout ça remonte à tellement loin maintenant ! Et pourtant, ces premiers instants sont marqués dans ma mémoire.
Sans surprise, j'ai été répartie à Serdaigle, la maison des « érudits » comme certains disaient. Je m'y suis bien plu et m'y suis fait des amies. Ma scolarité s'est déroulé sans vraiment d'accroches, j'avais de bonnes notes mais je travaillais aussi dur. On obtient rien sans rien.
Finalement, je suis sortie de Poudlard avec de bonnes notes aux Aspics et j'ai postulé à l'école de Soins aux Créatures magiques. C'était comme une évidence bien sûr.
Dés mon arrivée à Poudlard et la découverte des créatures magiques, j'ai été complètement... obnubilée ? par elles. C'était écrit, j'allais continuer naturellement dans cette voie.

Et me voilà, enfin diplômée et avec un nouvel objectif devant moi : prendre mon envol !
Assez rapidement, je me suis intéressée aux dragons quand j'étais plus jeune, à Poudlard. Certains disaient que vu que j'étais « moldue », cela ferait bizarre que je m'oriente vers cette voie. Pff quels idiots ! Quel est le rapport entre l'étude de créatures magiques et mon sang, mon origine ? Je suis une sorcière, j'ai tout autant le droit d'étudier ces créatures si fascinantes et magnifiques que n'importe quel autre sorcier !
Un trait de mon caractère à noter : quand j'ai une idée en tête, il est difficile de m'en défaire.
Du coup, je me suis plongée dans tous les ouvrages que je pouvais lire à leur sujet et très vite, j'ai eu connaissance de la Réserve de Dragons en Roumanie. Ce lieu représentait un peu le Graal pour moi. Alors, j'ai tout fait, tout ce qui était en mon pouvoir pour avoir de supers notes et apprendre, apprendre, apprendre. Je voulais avoir un super dossier pour pouvoir un jour rentrer dans cette Réserve connue mondialement.

Vous pouvez imaginer aisément mon excitation sans borne quand ma candidature a été retenue !!
Oh par tous les druides, cette excitation ne m'a pas vraiment quitté à vrai dire. Et après réflexion, je me suis dit qu'au final, c'était aussi l'occasion de voyager ! Le pays le plus lointain où j'ai pu aller jusqu'ici est... la France ! Alors l'Europe de l'Est, vous imaginez ?!
J'ai quelques semaines devant moi avant mon entrée en poste à la Réserve. J'ai donc du temps pour découvrir, partir à l'aventure !
Sauf qu'il y avait un hic dans tout ça. Mes parents. Mes parents, bien qu'aimant, allaient être très attristés de me voir partir. Aussi loin, dans une vie bien éloignée de la leur. Moi aussi, après tout, j'avais le cœur triste à cette pensée. Mais... l'appel de l'inconnu est bien trop fort pour un oisillon comme moi qui n'est qu'avide d'aventure et de découverte ! Oui, j'ai besoin de quitter vraiment le nid. Alors, afin de m'éviter une discussion trop triste, m'éviter des au-revoir dramatiques, j'ai fait le choix de leur écrire une lettre. Oui, peut être que vous me trouvez dure, sans cœur, mais vous vous trompez. J'aime mes parents, j'aime ma sœur, de tout mon cœur ! Mais, je suis grande, majeure et la vie s'ouvre en grand devant moi ! Vous comprenez ?
Une longue lettre pour mes parents, une autre encore peut être plus longue pour ma sœur et j'ai réservé une chambre au Chaudron Baveur afin de m'organiser. Voyager à la façon « normale », non magique allait être très longue... et fatigante, même si tout de même intéressante. Je me suis creusée la tête de comment m'y prendre. Voyager un peu avant de prendre mon poste.
Finalement, après deux jours et une nuit de réflexion à compulser des cartes et des guides de voyages, je me suis décidée : j'allais prendre la route via le réseau de cheminée et me rendre ainsi à Munich. De là, je prendrais le train non-sorcier jusqu'à Brasov - en Roumanie - qui faisait des étapes à travers l'Autriche et la Hongrie. Cela me permettait de m'arrêter en chemin, découvrir les paysages atypiques de là-bas et reprendre la route quand j'en aurais envie. Ma destination finale étant la Roumanie.
Me voilà donc dans le train direction Wels, située au Nord de l'Autriche. D'après ce que j'avais lu, il y avait pas mal de balades à faire dans ce coin-là. J'ai hâte. Inconnu, me voilà !


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Recueil d'O.S Judith Roumanie ++ PNJ
Pas de vacances pour les braves
Vendredi 21 Décembre 2030
Une petite ville en Roumanie


Allez, plus que quelques marches...
Paquets qui se posent au sol, mains qui fourragent dans les poches à la recherche de la clé, qui la trouvent et qui l'enfoncent sans ménagement dans la serrure.
Judith pousse le panneau de la porte de son petit appartement gris, son cocon depuis quelques mois. Elle a commencé à aménager l'espace, posé ici et là des photos de sa vie d'avant. Une étagère dans le fond à droite regroupe des livres plus ou moins épais traitant de tout ce qui peut l'attirer : la dragonologie, la botanique, les créatures magiques... Bien sûr, quelques bouquins provenant de sa scolarité traînent en bas de l'étagère. Au cas où. La pièce reste tout de même quelque peu spartiate avec un canapé-lit, un placard pour ranger la vaisselle, un autre pour ses vêtements, un frigo et une étagère pour les aliments secs. Une table trône au milieu de la pièce, accompagnée de deux chaises en bois, le tout récupéré auprès d'une voisine qui en s'en servait plus. Dans la pièce principale, les seules touches de couleurs sont apportées par la couverture colorée étendue sur le canapé et les quelques photos posées ici et là, parfois immobiles parfois mouvantes.

Défaisant son pardessus et sa grosse écharpe, Judith laisse son regard parcourir la pièce machinalement. Avec sa paie, elle aurait pu essayer de dénicher quelque chose de plus pour habiller davantage le studio, le rendre plus agréable à l'oeil. Mais elle avait préférer dépenser l'argent non-vital pour choisir des cadeaux pour sa famille.

A défaut de pouvoir rentrer en Angleterre pour les vacances, au moins elle sera là-bas par la pensée et ses quelques présents. Se déchaussant, elle attrapa ses deux paquets kraft contenant les quelques cadeaux qu'elle avait prévu d'envoyer par la poste. Après les avoir vidé sur la table, elle se prépara un thé noir, adossée à l'évier. Jaugeant sa future tâche du regard, elle essaya de se rappeler s'il lui restait bien du scotch quelque part. Bon après, j'men passerais sinon, hausse-t-elle les épaules en dégainant sa baguette.

Sa prise de poste à la Réserve occupe tout son temps, de sorte qu'elle n'a pas été très régulière dans la correspondance épistolaire qu'elle entretient avec sa sœur. Mary joue en effet le rôle d'intermédiaire avec sa famille depuis son départ du Royaume-Uni. Il faut dire que la réaction de sa famille a été exactement ce qu'elle avait supposé. Assez mauvaise. Le fait de ne pas pouvoir lui dire au revoir proprement, la prendre dans leurs bras une dernière fois et ne sachant pas quand elle rentrera leur rendre visite... avait été quelque chose d'assez pénible pour eux. Pour elle aussi, cela va sans dire mais on parlait de son rêve là. De la vie qui ne l'attendrait pas longtemps. Ses échanges de lettres avec ses parents étaient donc moins fréquents mais pour autant toujours emplis d'amour et de bonnes ondes.

Toutefois, le fait qu'elle les a quitté volontairement et de façon assez sommaire – via une lettre – la fait quelque peu culpabiliser ; de sorte que c'est davantage avec sa sœur qu'elle communique. Il y a une dizaine de jours, c'est à sa sœur qu'elle avait demandé de faire le messager pour annoncer la triste nouvelle : Judith ne pourra pas être des leurs pendant les fêtes de Noël. Son travail l'accaparait déjà beaucoup mais l'arrivée de nouveaux dragons il y a peu rendait une prise de congés difficiles. Et vu qu'elle était nouvelle à ce poste, elle trouvait délicat d'exiger un congé tout de même. La réponse de sa sœur n'avait pas tardé. Une réponse déçue bien sûr et plus succincte que d'habitude. Était-ce là un mauvais signe ? Un présage que sa dernière lettre n'avait pas soulevé seulement de la peine mais aussi de la rancoeur ? Croyaient-ils qu'elles les oubliait ? Les abandonnait ? Croyaient-ils qu'ils ne lui manquait pas ?

Judith n'avait pas un cœur de pierre, non. Mais elle était dans une situation délicate et ne souhaitait pas faire de choix qui pourrait mettre en péril d'une façon ou d'une autre le projet professionnel qu'elle s'était fixée. Si sa famille avait du mal à l'accepter, cela la peinait bien sûr mais elle espérait qu'avec le temps, ils comprendraient. Et puis, elle espérait pouvoir rentrer en Angleterre bientôt, qui sait au printemps ?

Forcément dans ses pensées, celles-ci se dirigeant donc vers ses proches restés en territoire britannique, la jeune anglaise procédait à l'emballement de ses divers cadeaux, pour sa mère, son père, sa sœur, ses grands-parents. De sa baguette, elle procéda au collage en silence puis chercha son encrier, sa plume et du parchemin. Toujours en silence, le cœur serré, elle s'employa à l'écriture de lettres destinées à accompagner les présents. Après réflexion, elle allait confier le tout à des hiboux discrets. Le transport de tout cet ensemble de courriers et colis serait plus rapide.

C'est l'écriture des lettres destinées à ses parents et sa sœur qui lui prirent le plus de temps.
Celle pour ses parents fut réécrite maintes fois avant qu'elle ne soit satisfaite du résultat. Bien qu'elle imaginait sans peine leurs visages, leurs expressions peinées faussement ravies.
Penser à eux la plongea irrémédiablement dans un rêve éveillé : la maison de ses parents. Sa mère qui ouvre la porte d'entrée pour découvrir Judith emmitouflée dans son pardessus. Elle qui crie « Surprise !! » et ses parents qui l'entourent et la prenne dans leurs bras, l'embrassant, l’enserrant jusqu'au point où elle s'écarte d'eux en riant, embarrassée. Sa sœur qui l'attendrait sagement, derrière eux. Ses cheveux soigneusement tressés en une couronne entourant sa tête. Sa mine réjouie de retrouver son aînée après tant de mois. « Presque un an ! Un record ! » ne pourrait-elle s'empêcher de plaisanter avant de l'étreindre à son tour.

Judith, les yeux fermés sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, se tenait là, assise à sa table en bois au milieu de son petit studio gris dans une petite ville de Roumanie. Seule et loin. Son cœur serré bien qu'une douce chaleur emplissait au fur et à mesure sa poitrine.
Son imagination prit alors un détour en épingle à cheveux : la voilà, debout au milieu du salon, celui-ci emplit de toutes sortes de décoration. Un chant de Noël est diffusé à bas volume depuis la cuisine. Mais seul résonne les notes de musique. Ses parents et sa sœur lui font face. La bouche fermée, toute trace de sourire a déserté leurs traits. Comme si elle était une étrangère non-désirée. « Tu nous as abandonné. » résonne alors.

La jeune femme ouvrit les yeux dans une grande inspiration, comme si elle remontait à la surface après être restée en apnée pendant un trop long moment.
Ses yeux font des va-et-vient autour d'elle, cherchant à s'ancrer davantage dans la réalité.
Son cœur bat un peu plus fort que d'habitude. Elle déglutit et se passe une main sur le visage.
Je suis grave, c'est pas possible. Elle sent le bord de ses yeux un peu humide et les sèche d'un revers de main.

Fermant et cachetant sa missive pour ses parents, elle s'attelle à celle pour sa sœur.
Chère Mary,

S'il-te-plaît, excuse-moi pour le délai de ma réponse.
[Judith s'interrompt. Elle s’apprêtait à écrire combien son boulot était dingue depuis quelques temps... Mais est-ce vraiment nécessaire de rabâcher toujours la même chose?]
J'espère que tu vas bien depuis ta dernière lettre. Et que tu te fais bien à ta nouvelle vie d'universitaire. L'université de King's College, de notoriété reconnue est un choix et une opportunité hyper chouette mais y étudier en étant bien entouré c'est encore mieux !! Je te souhaite plein de courage pour tout le programme que tu as devant toi. Mais je ne m'inquiète pas trop : tu es intelligente et passionnée !

Bon, comme je t'ai dit dans ma dernière lettre, je ne pourrais malheureusement pas être physiquement des vôtres en ce Noël 2030 mais j'espère que tu sais que je le serais mentalement. Laisse-moi, s'il-te-plaît, une part de pudding, veux-tu bien ?

Je t'ai trouvé quelque chose au marché de Noël organisé pas loin de mon quartier. J'espère que cela te plaira.

Je te souhaites un Joyeux Noël chère Mary et t'embrasses !

Ta sœur Judith


PS : T'inquiète pas pour le hibou, il saura se faire discret pour repartir. N'hésite pas à rassurer les parents sur ce point.
PS n°2 : Si t'as quelques fruits secs pour son voyage, cet hibou sera ravi, j'en suis sûre !
Voilà ! Une lettre qui ne versait pas trop dans l'émotionnel mais qui, elle l'espérait, laisserait transparaître sa tendresse pour elle. Hésitante à rajouter un « PS n°3 : tu me manques. », elle se ravisa, le cœur serré et cacheta avec soin la lettre.
Bon, plus qu'à trouver deux-trois hiboux costauds pour faire le trajet.

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Lettre à Mary

Début septembre 2030
Une petite ville en Roumanie


Voilà quelques semaines que je suis arrivée en Roumanie. Un pays riche de paysages tous aussi impressionnants les uns que les autres. Entre la steppe boisée, les immenses forêts, les paysages montagneux vertigineux, le patrimoine culturel via ses grands châteaux et manoirs... Oui, c'est une destination pour toute personne à l'âme voyageuse et qui aime être au plus près de la nature.

Mais je n'ai pas tant que ça le temps de m'émerveiller de ce qui m'entoure. J'ai bien trop à faire et à penser depuis ma nouvelle prise de poste à la Réserve des Dragons qui est bien sûr bien protégée magiquement des regards indiscrets et notamment de ceux des non-sorciers, voyageurs comme locaux. Oui, à leurs yeux, la réserve n'est une grande étendue de pics rocheux et de forêt alors que moi je sais. Je fais partie des privilégiés à pouvoir y pénétrer et y côtoyer les plus magnifiques et grandioses spécimens de dragons que j'ai vu de toute ma vie. Cela, c'est vrai, a un côté un peu... effrayant si j'ose dire. Ce sont quand même des créatures qui pourraient ne faire qu'une bouchée de nous, pauvres humains. Mais ces créatures sont aussi fascinantes qu'impressionnantes ! Si vous pouviez voir d'aussi près un tel animal ! Je n'ai pas les mots. Et pourtant, j'ai l'opportunité de travailler au quotidien auprès d'eux.
Bien sûr, tout n'est pas magique et ce n'est pas le monde des teddy bears là bas mais l'ambiance est conviviale et j'ai la sensation d'avoir intégré une équipe où on peut se serrer les coudes. Je suis la « nouvelle », le « bébé » du groupe qui vient tout juste de sortir de l'école et qui s'émerveille d'un peu tout. Ce que j'ai à faire ? Faire ce qu'on me dit de faire, faire en sorte de pas faire de bourde qui pourrait s'avérer dangereuse – ou même pénible - pour moi ou mes collègues. Toute information, tout renseignement, je les écoute avidement et essaie de mon mieux de les intégrer dans mon cerveau. De sorte que, à la fin de la journée, lorsque je rentre « chez moi », dans mon petit appartement gris au troisième étage, je suis claquée.

Mais ce n'est pas plus mal. Bien que je me fais à mon nouveau train de vie et que je suis heureuse d'avoir pris mon envol, le soir, je ne peux m'empêcher de penser à eux. A ma famille. Je me prends à imaginer ce qu'ils ont fait de leurs journées. Ce qu'ils font à cette heure. Je me demande s'ils vont bien, s'ils ont passé une bonne journée. J'espère même qu'ils n'ont pas mauvais temps. Le fait d'avoir installé des photos d'eux dans mon studio n'aide pas à combattre cette nostalgie, ce... manque. Mais ce n'est pas plus mal, n'est ce pas ? En venant ici, je ne cherchais pas effacer ma vie d'avant. Je cherchais à rencontrer mon destin. Prendre mon envol.
Assise dans ce qui me sers à la fois de canapé et à la fois de lit lorsqu'il est déplié, je laisse le silence m'envelopper. J'essaie de faire le vide dans mon esprit. Les yeux clos, je tâches de mettre mon cerveau sur pause. Ma journée est terminée, je repenserais aux dragons et à la réserve demain.
Je suis tellement fatiguée que je pourrais m'endormir là, sans avoir manger. Mais je finis par rouvrir les yeux. Ceux-ci se posent sur la table qui trône au milieu de la pièce. Dessus, une pile de parchemins, tantôt vierges tantôt remplis de notes concernant le travail. Une pile d'ouvrages git à côté et bien évidemment mon nécessaire à écrire.

Je me lève. Cela fait un moment, quoi une semaine ? Dix jours ? Que je n'ai pas écrit à Mary, que je n'ai pas pris de ses nouvelles. Sans réfléchir davantage, je m'assois sur la chaise de bois à l'assise d'osier tressé, saisis ma plume et la trempe dans l'encrier. La plume en l'air, mes yeux tombe sur le parchemin vierge de toute trace, prêt à l'emploi. Il attend que j'y couche les mots. Ceux qui restent en moi. Ceux pour qui je souhaites prendre le temps. Je visualise son visage, sa façon de sourire et de replacer une mèche derrière son oreille. Sa façon de lever les yeux au ciel aussi. Je souris. Pour qui maintenant lève-t-elle les yeux au ciel de cette façon ?
Chère Mary,

Je m'excuse par avance pour le délai de ma réponse. Déjà, quoi, 10 jours depuis ta dernière lettre ? Une éternité en somme ! Je pourrais te dire que le boulot emplit mes journées comme je n'aurais pas pu l'imaginer, au point où lorsque je rentres au studio le soir, je suis vannée. Mais ça tu t'en doutes sûrement et mine de rien, cela n'excuse pas totalement mon délai de réponse. Sache toutefois que je ne t'oublies pas, que je ne vous oublies pas.
(Pause. Je souris. En lisant ces quelques lignes, lèvera-t-elle les yeux au ciel ? Ou bien pincera-t-elle les lèvres d'agacement ? Attend-t-elle ma lettre ? Croira-t-elle en ma sincérité?)
J'espère en tout cas que tu vas bien et que tu as passé une bonne fin de vacances d'été. J'imagine que cette semaine tu rentres à King's College. Je te souhaites une belle rentrée ! Et que tu ne te perdras pas une fois arrivée là-bas. Enfin, il doit bien y avoir des plans quelque part ou bien un beau jeune homme pour t'aider à t'orienter ? (C'était bien trop beau comme occasion de la taquiner ainsi, impossible de résister. Là, c'est sûr, elle lèvera les yeux aux ciel !)
Aussi, je voulais te redire combien je suis heureuse pour toi et fière d'avoir une sœur prise à cette prestigieuse université. Je suis sûre que tu es sur la bonne voie pour un jour embrasser ton destin. (Comme moi.)
Je sais ce que cela fait d'arriver dans une nouvelle école pour y étudier des notions plus techniques et destinées à t'orienter dans ton futur métier. C'est exaltant, un peu stressant aussi, et impressionnant. Mais sache que si tu as réussis à y être sélectionnée, c'est que tu en as la trempe comme on dit. (Sourire. Je tâche de me souvenir de mon arrivée à la FSCM il y a quelques années. J'ai à la fois l'impression que c'est loin et proche en même temps.)
En tout cas, profites-en bien !!
Sinon, je suis contente que mes photos de voyages te plaise. Oui, j'ai beaucoup apprécié cette opportunité de voyager ainsi avant ma prise de poste. Si tu trouves que les paysages sont incroyables en photos alors imagine en vrai ! Une dinguerie hihi.

En parlant de dinguerie, les spécialités locales elles aussi étaient particulières pour certaines ! Que ce soit le strudel aux pommes ou le spätzle au fromage, bon sang ! J'en ai fait voir à mes papilles. J'espère un jour que tu pourras en faire de même. Oh et il y a aussi le kürtőskalács qui est une sorte de broche caramélisée cylindrique aux épices et parfois agrémentée de noix ou d'amandes! Et ici, en Roumanie, il y a les Papanasi (des sortes de beignets sucrés ou salé au fromage) et les Quenelles de prunes qui sont des sortes de gnocchis mais aux prunes ! Étonnant mais délicieux ! Le jour où vous viendrez, je vous ferais découvrir tout ça promis !

(Le fait d'écrire ceci m'arrête net. Je me rends compte de mon impulsivité. Est ce qu'ils auront envie de venir jusqu'ici ? C'est vrai que ça fait de la route. Et on est bien loin du territoire britannique. Mais qui sait, un jour...)
En parlant de se voir, je pourrais vous ramener des spécialités la prochaine fois que je rentre.(Pause. Je sens mon cœur se serrer. Je ne suis arrivée que depuis quelques semaines alors on a pas vraiment parlé des vacances de Noël. J'espère pouvoir rentrer en Angleterre. J'expire et me dis qu'il faut pas que je me fasse du mouron par rapport à ça. On a le temps devant nous !)

Et au fait, j'espère que les parents vont bien et que tout se passe bien pour eux aussi. Je vais leur écrire aussi. En attendant, embrasse les pour moi s'il-te-plaît.

En attendant ta prochaine lettre où tu me raconteras tes nouvelles aventures à ton université, je t'embrasse et te dis à bientôt !!

Judith
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Recueil d'O.S Judith Roumanie ++ PNJ
Réveil brutal TW : Moment brutal psychologique pouvant choquer personnes sensibles
Courant 2039
Un hôpital sorcier en Roumanie
Service de long séjour.


« Ju' attend ! Judith !! » Cette voix lui semble venir de loin, loin, loin, loin et semble s'éloigner au fur et à mesure. Comme si elle était dans un bateau et que la mer était son corps.

Un bruit aigü traversant ses oreilles. Une sensation ouatée. Le brouillard dans la tête. Judith ouvre péniblement les yeux, les referme, les rouvre. Le battement de ses paupières lui faisant l'effet de pages sombres qu'on agite devant ses globes oculaires. Où est-ce que je suis ?
Elle sent plus qu'elle ne comprend ou ne la voit quelque chose qui passe par son nez...
Corps qui fait la connexion avec la pensée – envie de vomir. Qu'est-ce que c'est ce truc !?
Panique, angoisse, envie de s'échapper de son propre corps.
Judith prend une grande inspiration, enfin... tente. Tousse, ne peut se retenir de s'agiter. Elle fait mine de se redresser mais se sent comme happée par une force inconnue immense vers l'arrière et retombe lâchement sur ses pâles oreillers.
Son rythme cardiaque s'accélère tandis que ses yeux furètent aussi vite qu'ils peuvent autour d'elle. Avec angoisse et incompréhension elle découvre le décor d'une chambre d'hôpital. Mais qu'est ce que je fous là ? Merde !

Une porte qui s'ouvre brusquement, un visage inconnu qui s'avance dans son champs de vision. Une voix inconnue qui se veut douce mais ferme, lui intimant de se calmer. De... se... calmer ?!
Pour un peu, elle verrait rouge. Elle est dans un lit d'hôpital bordel, tuyautée de partout et...
Une fatigue immense la prend soudainement et elle papillonne des yeux, sa tête allant vaguement de droite à gauche. Son cœur semble tambouriner moins fort alors que sa conscience est toujours dans la plus pure incompréhension. Son rythme cardiaque se fait plus régulier et la voix se fait entendre à nouveau. Dans un anglais au fort accent étranger, elle comprend à moitié ce qu'on lui dit. Puis elle sombre.

La notion de temps ne semble plus exister ou en tout cas ne plus avoir d'emprise sur elle. Elle ne sait plus où elle est, quand, quoi... qui ? Elle ouvre à nouveau les yeux et avise de nouveau le visage de la femme vue... il y a une éternité ? Non, en réalité, juste 3 minutes plus tôt, le temps qu'un médecin réponde à l'appel de l'infirmière qui lui avait administré un calmant face à son état de forte agitation.
Le monsieur en blouse blanche arrive donc et lui parle d'une voix posée, lui demande des trucs comme bouger les doigts, regarder deux doigts qui bougent etc et lui demande de rester calme... Que c'est nécessaire.

Quelques minutes sont nécessaires pour que Judith recouvre un minimum de sang-froid et on fini par lui retirer la sonde alimentaire. Elle a la bouche pâteuse comme si elle avait mangé du carton. Alors que ses oreilles perçoivent de plus en plus les bruits alentours, des chuchotements, des bruits de pas dans le couloir, la voix du docteur qui parle une autre langue que l'anglais à l'infirmière... Judith se sent tout à fait décalée, des pensées poppant dans sa tête. Des questions, encore et encore.
On lui explique alors calmement, doucement qu'elle est en train de se réveiller d'un coma. Qu'on va prévenir un dénommé Mr Untel de son réveil. Il passait de temps en temps pour checker son état. C'était un collègue à elle.
Judith ne se souvient absolument pas de qui il s'agit. Mais elle ne dit rien. Sa gorge lui semble ressembler à un très vieux parchemin qui n'a pas été conservé dans de bonnes conditions et qui pourrait s'effriter à tout moment. Elle tente de déglutir et hoche la tête de temps en temps quand le moment lui semble opportun.

Finalement, le médecin lui pose quelques questions plus directes – veut-il vérifier qu'elle est toujours capable de parler ? Qu'elle n'est pas aliénée mais bien en pleine possession de ses facultés et moyens ? - du genre, sait-elle comment elle s'appelle ? En quelle année sommes nous ?

En pleine possession de ses moyens, peut être pas, mais de ses facultés oui bien sûr !
Et l'aiglonne, avec difficulté, prononça ses premiers mots depuis 8 ans. D'une voix éraillée, elle indiqua : « Je... m'appelle... Ju... Ju-dith ».
Il y a autre chose. Oui, elle est... elle est... une sorcière. Voilà, c'est ça. Par réflexe, comme un éclair de lucidité, elle se demande vaguement où est sa baguette.

***

Le temps passe encore et finalement, un homme passe le pas de la porte. Elle ne le reconnaît pas. Mais elle sent comme un picotement le long de sa nuque. Il sait qui elle est.
Avec plus de patience qu'elle pensait n'avoir en son cœur, Judith attendit qu'il parle, qu'il lui explique ce qu'elle fiche ici. Elle se doute bien qu'elle a vécu un gros traumatisme, un gros accident. Mais bon sang... où se trouvaient-ils ? La langue parlée par le personnel soignant avait des consonances bizarres. En quelle année était-on ? Depuis combien de temps avait-elle été inconsciente ?

Voilà les principales questions qui la taraudaient mais tout ce qu'elle faisait, c'était de le fixer de ses grands yeux sombres mis en valeur par la pâleur de son teint, son visage un peu plus émacié par les longues années sans voir le soleil de près et s'être alimentée normalement. Elle attendait et son attente fut récompensée.

L'homme finit par saisir maladroitement sa main, son regard tantôt ancré dans le sien, tantôt cherchant un autre point d'ancrage dans la pièce, et lui raconter une sacrée histoire. Celle d'une jeune femme passionnée par les dragons qui eut un malheureux accident sur son lieu de travail – voilà 8 ans de cela. Elle était britannique, travaillait ici en Roumanie depuis un peu plus d'un an avant son accident. Elle avait eu un mauvais traumatisme crânien alors qu'elle s'occupait d'un jeune sujet assez agressif et réactif et on l'avait emmené ici par la suite. Elle était dans une institution magique roumaine où on s'était occupé d'elle en attendant son réveil.

Judith assimilait les informations en silence, forçant son esprit à les digérer le plus rapidement et le plus calmement possible. Mais bizarrement n'est-ce pas, elle se sentait tout sauf calme. On lui aurait demandé de tendre la main devant elle, on l'aurait vu trembler d'angoisse. Coma profond. 8 ans. Accident. Traumatisme. Séquelles psychologiques. Soins. Magie. Solitude.
La brune détourna le regard alors que son supposé collègue lui assurait qu'elle ne resterait pas seule et qu'on l'accompagnerait dans le processus de sa réhabilitation.
Elle ne savait quoi penser. Elle ne parvenait pas à se souvenir de grand chose. Et non, pas de flashbacks comme dans les films, pas le moindre petit souvenir de ce qui avait pu se passer ce jour-là, ou cette semaine-là ou... ce mois-là ou même avant.

Sa poitrine commença à se soulever à intervalles de plus en plus rapprochés, son rythme cardiaque remontant en flèche. Une pression de main, une fois, deux fois et elle reposa son regard inquiet vers le visage amical qui lui faisait face. Il se montrait patient et doux, lui assurant que c'était normal si elle ne se souvenait de rien pour le moment. Que la mémoire allait revenir, qu'il lui fallait être patiente.
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Recueil d'O.S Judith Roumanie ++ PNJ
Et la vie reprend

03 Avril 2035
Domicile de Mr et Mrs Nelson, Londres

Pause de mi-journée, veille de la naissance de Constance


Assise aussi confortablement qu'on peut l'être à 9 mois de grossesse, dans son canapé, Mary tentait de bouquiner son dernier roman du moment. Sans succès. Son conjoint, Pete, ne cessait de passer d'une pièce à l'autre, affairé tel un papa-pingouin.
- Mary, tu es sûre que tu as pensé à...
- Oui, Pete. Tout est prêt, ne t'en fais pas. La valise est préparée depuis une semaine et -
- Tu as pensé aux couches ? Il faut des couches ! Et puis, ma mère m'a dit qu'on n'avait jamais assez de c-
- Bien que j'apprécie grandement ta mère, je puis t'assurer que tout est sous contrôle.

Soupir de la part de Pete qui, debout au milieu du living-room, semblait dépassé. Mais l'était-il sous l'effet du trac du bébé à venir ou bien de l'implacable assurance que sa femme dégageait ? Était-ce normal qu'elle soit si... calme ? Ne devrait-elle pas être stressée, à vérifier que tout était bien en ordre comme prévu ? Et lui à tâcher de la rassurer comme il peut ? Les rôles sont inversés là... constate le trentenaire avec ironie.
Mr Nelson fini par capituler et vient s'asseoir confortablement auprès de la mère de son futur enfant à naître.
- Comment ta mère peut être aussi calme alors que tu pourrais arriver d'un instant à l'autre ? s'adresse-t-il avec un mélange d'amusement et de tendresse à l'intention du gros ventre proéminent où reposait le roman de Mary.
- Peut être parce que Maman est infirmière et qu'elle est habituée à ce genre de situation ? suggère Mary sans pour autant déloger son regard des pages qu'elle ne parvenait plus à lire.
Elle devine plus qu'elle ne le voit hausser les épaules et sent alors sa tête se poser contre la sienne, complice.
Lui caressant du bout des doigts la joue, Mary sourit :
- Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Et ne te fais pas d'illusion. Moi aussi j'ai le trac. C'est juste que... justement, j'ai tout préparé depuis des semaines. On est prêt. Elle n'a plus qu'à pointer le bout de son nez, ajoute-t-elle avec de l'impatience dans la voix.

Pete acquiesce, caresse tendrement le ventre gonflant le léger pull de Mary et dépose un baiser sur la joue de celle-ci.
- J'dois y r'tourner, fit-il alors en jetant un coup d'oeil à sa montre connectée. A moins que Madame Nelson ne me fournisse un justificatif médical pour que je reste auprès d'elle cette après-midi...
- Même si je pouvais, rit-elle, je ne le ferais pas. Allez, allez donc M'sieur Nelson gagner les sous qui permettront d'acheter un nouveau stock de couches ! C'est pas ta mère qui disait qu'on en avait jamais assez ?
- Vous êtes redoutable Mrs Nelson, redoutable, fit-il d'un air faussement peiné. A ce soir, pas de bêtise hein, lui souffle-t-il en l'embrassant alors qu'elle peine à refouler un sourire amusé.

***

Quelques minutes après le départ de son conjoint, Mary se retrouve dans le silence de leur maison. Un silence oppressant qui l'empêchait de se concentrer sur sa lecture. Enfin, voilà ce qu'elle tentait de se persuader. C'était plutôt toutes les pensées qui s'agglutinaient sous son crâne qui l'empêchaient de fixer son attention sur une intrigue policière futuriste.
Se levant lentement mais avec habitude, la jeune femme récupère son manteau, son tour de cou, prend de trop longues minutes à son goût pour enfiler ses chaussures et après un dernier regard en arrière, sort de chez elle et ferme à double-tour.
La voilà qui marche tranquillement dans la rue, direction le Parc Victoria se trouvant à deux pas de chez elle.

Alors qu'elle passe les hautes grilles du parc, Mary Nelson, les mains fourrées dans les poches de son manteau, laisse son regard errer alentours. Le calme des lieux, le pépiement des oiseaux et les parterres de fleurs disséminés un peu partout allégeait un peu son humeur. S'arrêtant tout à fait près d'un banc, elle ne s'assied pas mais lève son visage vers le soleil entouré de nuages. Inspiration, expiration.
Depuis des jours, alors que le terme de sa grossesse se rapprochait, une rengaine avait pris place dans son esprit. Toute mère en devenir partage la même volonté : le meilleur pour son enfant et que la naissance se fasse sans encombre. On aimerait tellement pouvoir contrôler ce genre de chose mais on a beau essayer de parer à toutes éventualité, il y a toujours cette petite part d'inconnu. Incontrôlable.

Sauf que. Cette part d'incontrôlable était plus grande encore chez une jeune maman comme Mary Nelson. Car elle était la soeur d'une sorcière. Et la Magie avait beau ne pas courir dans ses veines ou celles de son conjoint, elle ne pouvait ignorer que... son enfant à naître avait une petite chance d'avoir hérité de ce bout de patrimoine génétique qu'elle ne pouvait contrôler. Et si c'était le cas, que se passerait-il ? Allait-il y avoir quelque chose de surnaturel lors de l'accouchement ? Ou après, lors de ses premiers pleurs ?
En bonne moldue qui se respecte, ayant vu pas mal de films et séries en tout genre, Mary Nelson espérait que rien de trop extraordinaire allait se produire. Tout ce qu'elle souhaitait, c'est que sa petite fille se porte bien et arrive en ce monde saine et sauve. Et sans qu'on ne devine quoi que ce soit au sujet du secret de famille de sa mère.

Elle avait envisagé d'en parler à sa mère, bien entendu. Les mots s'étaient imprimés sur ses lèvres à plusieurs reprises alors qu'elles avaient leur coup de fil hebdomadaire. Mais le sujet de Judith était devenu un peu tabou depuis quelques années. Cela faisait plus de trois ans que le contact avait été coupé entre la sorcière née-moldue et sa famille. Plus de trois ans sans aucune nouvelle, aucun coup de téléphone, aucune lettre, aucun hibou. Au début, Mary se souvenait qu'elle se rendait parfois au Parc, quand elle avait une pause dans sa journée, et qu'alors, elle cherchait du regard si un volatile messager ne l'attendait pas en retrait. L'étonnement avait rapidement laissé la place à la déception puis à l'inquiétude... qui avait mué en une blessure ancrée dans sa chair et qu'elle avait camouflé du mieux qu'elle pouvait. Elle avait rencontré Pete et alors que leur relation se construisait, se fortifiait, elle avait été amenée à devoir choisir. Lui révéler ou non son secret de famille. Voulant éviter de remuer au maximum cette histoire qui faisait partie plus de son "passé" que de son présent, voulant préserver leur couple - au cas où qu'il réagisse mal - Mary avait choisi de ne rien dire. De garder le secret, l'enfouir au fond de sa tête.
Mais les choses sont loin d'être aussi simple dans la réalité. Sur le papier, cela a l'air facile alors que dans la pratique... c'était plus chaotique pour garder le contrôle - de la situation comme de ses émotions.

Inspiration, expiration. Il n'y rien pire que le doute lorsqu'on est vulnérable. Et avec le doute, venait le regret, la culpabilité. Aurait-elle dû partir pour là-bas, la Roumanie ? Essayer de chercher sa soeur "disparue" des radars dans un grand pays inconnu avec une langue inconnue... c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Et l'insidieux, sournois, pressentiment que peut être, peut être Judith avait décidé de mener sa vie de son côté l'avait titillé à l'époque. Et aujourd'hui, elle regrettait. Bon, c'est pas enceinte jusqu'aux yeux que j'peux faire quoi que ce soit de plus, pense-t-elle amère. Et pis, si y'avait vraiment un gros risque qu'elle soit comme Judith alors... Maman m'en aurait parlé, non ? Voilà, faut pas qu'j'me fasse autant d'mouron. Faut qu'je me détende. Pour ma petite puce à naître.

Acquiesçant machinalement pour elle-même, la jeune maman reprit donc sa marche dans le parc, essayant d'accrocher son regard partout et nul part à la fois, dans une tentative de se changer les idées. Mais irrémédiablement, les mains posées sans s'en rendre vraiment compte sur son ventre, ses pensées voletaient vers un pays d'Europe de l'Est. Et si son enfant à naître était comme Judith ? Elle, Mary, ne s'était jamais rendue dans cette école de Magie ! Elle n'y connaissait rien. Elle... Serait-elle une bonne mère du coup ? Comment pourrait-elle savoir si sa petite puce aurait des pouvoirs magiques ? Et puis, si elle avait de la Magie en elle alors... alors on la lui prendrait elle aussi. Elle aussi devra s'en aller dans une dizaine d'années. Cette idée lui retournait l'estomac et Mary Nelson accélère le pas dans l'allée gravillonnée.

Au bout d'une vingtaine de minutes, le sternum contracté, Mary fini par s'asseoir sur un banc, le souffle un peu court et la gorge serrée.
Qu'est c'que je suis bête. Me mettre dans un état pareil. Faut qu'je me calme. Voilà, que je respire. Ma grosse s'est bien passé. Rien d'anormal qui ne suggère que... que mon bébé soit différent des autres. Et puis, ce n'est pas en m'inquiétant comme ça que je vais améliorer la situation si situation il y a. Voilà. Faut que j'me calme. Que je me calme.
Inspirant et expirant profondément, la mère de Constance clos les paupières. Laissant la douceur ambiante l'imprégner. Ses hormones maternelles étaient incontrôlables mais elle savait que cela, c'était normal. Il fallait juste qu'elle se recentre sur elle-même. Qu'elle reprenne le contrôle. Sa puce allait bien. Elle, Mary, connaissait la procédure. Elle avait assisté à des accouchements dans le cadre de son travail. Et elle avait suivi le protocole à la lettre. Je vais bien, tout va bien.

Oui mais elle, Judith ? Oooh Judith. Où que tu sois, je te demande pardon. Pardon de t'avoir laissé nous quitté sans aucune raison. Pardon de ne pas être venue te retrouver là-bas, où que tu sois. J'espère sincèrement que tu vas bien. Tu me manques. Si seulement, oh j'ai un peu honte mais... si seulement tu n'avais pas ces pouvoirs alors... alors tu serais là. N'est ce pas ? J'espère que tu n'es pas en danger. J'espère que... tu es saine et sauve. Mais tu l'es, n'est ce pas ? Tu es forte. Tu es intelligente. Tu es juste partie vivre ta vie, là-bas.
Ouvrant finalement les yeux, une larme perle lentement sur la joue de Mary alors qu'elle laisse ses prunelles errer sur le décor verdoyant, illuminé des rayons du soleil d'après-midi. Essuyant prestement cette larme, elle se lève et reprend le chemin de chez elle. Le prénom de sa soeur imprimé sur ses lèvres.

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Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non --> Constance est dans le ventre de sa mère
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") :Mary Nelson est la mère de Constance, enceinte de celle-ci durant ce OS (utilisation active) + Pete Nelson (en début de post) qui est le père de Constance
- Lien vers la fiche du PNJ : lien vers le post déclarant vos PNJ dans l'index des PNJ
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Mary est enceinte de Constance alors que sa soeur Judith est dans le coma (accident de travail à la Réserve Roumaine) sans qu'elle ne le sache ; et alors qu'elle va accoucher de Constance, on perçoit toutes ses incertitudes et inquiétudes qui vont impacter la vie de Constance dans les années à venir.

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Recueil d'O.S Judith Roumanie ++
Nouveau départ
Début d'Été 2048


On dit qu'il n'est jamais trop tard pour le changement, n'est ce pas ? Oui mais qu'en est-il du poids des années et de ses conséquences ?
Huit ans. Huit années depuis que Judith s'était réveillée dans cet hôpital sorcier après quasiment autant de temps dans le coma. Accident du travail, comme les moldus appelaient cela. Accident de la vie, comme l'appellent certains sorciers.
Depuis, la vie avait repris son cours bien que les séquelles de son accident avait pas mal impacté sa vie. Troubles de la mémoire, accroissance de la sensibilité, renfermement sur soi, plongée dans le travail, rêves et cauchemars qui se mêlaient à des flashbacks... Et puis, il y avait eu Lui. Pendant quatre ans, elle a comblé ce trou dans sa poitrine, avec le travail et son amour pour lui. Pendant quatre ans, elle avait joué à l'autruche concernant ses rêves si saisissants et si perplexes parfois. Pendant quatre ans, elle avait refoulé ce sentiment de désarroi si profond, ce vide qu'elle ressentait si ancré dans sa chair. Sa famille, ceux et celles qui avaient participé à qui elle était à l'origine. Et qui lui semblaient parfois si flous et si lointains.

Malgré les avancées technologiques moldues au fil des décennies, on ne peut pas vraiment dire que la communauté sorcière ait fait le choix d'en profiter. De fait, la gestion et la compréhension de sa mémoire défaillante suite au traumatisme crânien étaient... relatifs. Et toujours la même rengaine : il fallait laisser du temps au temps. Mais bon sang, que c'était frustrant ! Alors, à défaut de trouver toutes les réponses, Judith avait dû accepter de prendre le temps et reprendre le train de sa vie qui l'attendait, ici en Roumanie. Elle avait accepté cette réalité où elle n'avait pas accès à ses racines. Elle s'était plongée dans le travail, s'était accrochée de toutes ses forces à ce qu'elle pouvait comprendre, appréhender et les quelques bribes qui lui revenaient au fur et à mesure. Reprendre le contrôle de sa vie dans un pays quasi-inconnu... ce n'est pas une tâche facile. Mais elle avait tenu bon. Et puis... il y avait eu Lui. Il était devenu rapidement une sorte de point d'ancrage. Tout devenait plus simple, plus facile, plus réconfortant, plus... pratique. Et il avait ce magnétisme qui l'avait hameçonné sans qu'elle puisse y faire grand chose. Et lorsqu'elle s'en était rendue compte, elle avait accepté l'idée que ce n'était pas plus mal. Il la rendait heureuse. Son travail correspondait à ce qu'elle avait toujours voulu faire. Sur le papier, elle était... comblée.

Et finalement, comme tous films dramatiques, parce que rien ne dure, rien n'est éternel, tout avait basculé. Et avec cette trahison, cette claque dans la face qui l'avait ébranlé une nouvelle fois après plusieurs années a tenter de rassembler les morceaux de soi-même, Judith s'était de nouveau retrouvée avec elle-même. Et son travail.
Puis, sa collègue Aki, avec qui elle s'entendait bien à la Réserve, était partie. Pour raisons "familiales". De prime abord, cela était dommage mais elles allaient garder contact par hiboux donc... en soi, rien d'irrémédiable - ce sont les aléas de la vie etc. Sauf que cela fut comme un déclic en son être. "Raisons familiales". Oui, mais qu'en est-il de son côté ?
Avait-elle toujours une famille de son côté ? C'était un terrain glissant pour l'anglaise immigrée et pendant des semaines elle a tenté de ne pas y penser. C'était sans compter les rêves qui étaient devenus si insistants, plus forts qu'avant. Et ce visage qui revenait, incessant. Comme si le passé toquait à sa fenêtre chaque nuit mais qu'elle n'avait pas de poignée pour ouvrir et que le verre était embué.

Un matin, Judith se lève avec cette sensation poisseuse, collante : elle ne pouvait plus continuer comme ça. A faire semblant. Il était temps. Temps d'affronter le passé, de retrouver ceux et celles qu'elle avait perdu. Elle ne s'était pas sentie à la hauteur, auparavant, avec plus de questions que de réponses en sa possession. Mais maintenant, elle avait besoin de changer d'air. De reprendre son souffle. Et de les retrouver. Trop d'années s'étaient écoulées. Mais... il ne faut jamais dire jamais, n'est ce pas ?
C'était décidé, il était temps de « revenir » sur le territoire britannique. Le fait d'avoir tant attendu en partie à cause de son amnésie la rend plus que mal à l'aise, mais... elle ne peut pas continuer sur cette pente savonneuse où seul son travail comble sa vie à défaut de combler ses questions quant à sa vie d'avant. Et où ses rêves taraudent son esprit. Et puis, Aki, elle était revenue là-bas - le seul lien positif dont elle est sûre, comme faisant partie de son passé comme de son présent. Elle ne savait pas ce qu'était devenue sa... soeur. Et sûrement qu'à défaut de l'avoir oubliée, elle devait lui en vouloir énormément. Mais l'heure d'un nouveau départ sonnait pour Judith. Inexplicablement, elle le sentait. Elle ne savait pas par où commencer mais... elle osait espérer que son ancienne collègue pourrait l'aider.

La dragonologiste est à des lieux d'imaginer ce qui l'attend à des milliers de kilomètres. La vie a continué sans elle du côté de la Famille Moore. Elle ne fut jamais oubliée ; elle représente plutôt... un secret de famille aux multiples répercussions. Qui ne la touchent pas seulement mais également sa soeur, ses parents, et sa future nièce à rencontrer. Ce nouveau départ entame un nouveau chapitre dans les vies de ceux qu'elle a laissé derrière elle mais aussi celle d'une apprentie-sorcière en devenir.

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@Aki Davis pour la mention

Reducio
- Votre PJ est présent ?non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Judith Moore est la tante sorcière de Constance - la seule sorcière à sa connaissance dans sa famille (utilisation active)
- Lien vers la fiche du PNJ : lien vers le post déclarant vos PNJ dans l'index des PNJ
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Dernier post de ce recueil d'OS qui signe le pourquoi Judith revient sur le sol britannique après une quinzaine d'années disparue de la circulation. Judith représente le secret de famille de la mère de Constance et de facto, le sien. Et pourtant, Judith va devenir un PNJ important dans sa construction en tant que sorcière. Ce OS sans elle décrit les prémices de l'entrecroisement des deux fils de destinées : celui de Constance et celui de sa tante maternelle.

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