Venus d’ailleurs
Je ressens une pointe de honte à faire la gamine terrifiée __ quelle belle image cela renvoie de moi. Quelqu'un d'irréfléchi, qui regrette ses choix, incapable de juger une situation : l'exact inverse de ce que je suis. Le pire dans tout ça, c'est que cela marche. Je suis certes une excellente actrice, mais tout de même, je ne m'attendais pas à un tel succès. Je me demande comment Bristyle fait pour être aussi crédule : il faut vraiment qu'elle ait envie d'y croire pour tomber dans le panneau. Je suis surprise *agréablement ou pas* __ je n'oserais prétendre la connaître, mais je m'attendais à quelqu'un de plus... cérébral.
Je la vois redresser son buste, prendre une posture imposante et durcir ses traits. Prendre un plaisir certain à m'effrayer. Avec une certaine ironie, je me rends compte que je lui ai servi sur un plateau ce que beaucoup de personnes désirent : puissance et contrôle. Sentir que l'on a tout pouvoir sur quelqu'un est grisant ; souvent, cela permet même de redescendre. Cela revient presque, en un sens, à prendre possession d'une vie. Se dire, je pourrais la réduire en poussière. Je pourrais faire comme je veux. Et à chaque instants, dans chaque situation, tenir le fil et penser « là encore je pourrais », pour finalement ne pas le faire.
J'observe sa réaction avec le plus de professionnalisme qu'il m'est donné d'avoir, ayant la certitude que dresser un portrait psychologique m'aidera sans aucun doute par la suite. A priori, Bristyle est avide de puissance. Ce qui m'étonne plus, c'est qu'elle réagit un peu comme dans le cadre d'une addiction, se concentrant sur la satisfaction que lui procure l'évènement sans réfléchir une seconde au pourquoi du comment __ *peut-être plongée dans un petit rêve*.
Perdue dans mes pensées et à la fois concentrée sur ma mine apeurée, j'en oublie presque la raison de cette discussion. Zikomo, Nyakane, peut-être ce qui m'intrigue le plus chez Bristyle. Si seulement elle pouvait me le dire... Mais trêves d'illusions. J'imagine que paraître effrayée m'a plutôt desservie en me faisant passer pour quelqu'un d'indigne d'intérêt. A part par pitié, je ne vois pas pourquoi elle me livrerait un tel renseignement.
C'est avec un brin de satisfaction que je l'observe se moquer de moi. *Tellement prévisible*. J'aurais peut-être même fait la même chose à sa place. Une gamine qui vient demander quelque chose à quelqu'un au sommet de sa puissance, *quel ridicule*. J'ai envie de rire tellement la situation est improbable. De se moquer de nous. J'en tomberai presque dans mon propre piège à penser que j'ai l'ascendant mental sur elle. L'amertume me prend la gorge quant à ses paroles. Rien que le verbe exiger dont elle m'accuse manque de me mettre hors de moi. Pour qui se prend-elle ? Ce n'est qu'une imbécile avide de pouvoir qu'elle ne perd la raison, et elle ose employer ces mots là avec moi ? Heureusement que nous sommes dans une rue. Heureusement que je sais me...
« Un problème, jeunes filles ? »
Une femme sortie de nulle part interrompt notre conversation. Une sorcière évidemment, et je fais rapidement de lien avec la cloche ayant retentit quelques instants plutôt. Sans surprise, elle a dû voir mon petit air terrorisé face à la grande Aelle dominatrice. Ironiquement, je songe à lui répondre que nous étions en train de réviser une pièce de théâtre pour Poudlard. Chacun dans son rôle, Bristyle le tyran __ saisirait-elle au moins la référence à la réalité ? Comme attendu, la gérante du magasin se tourne vers moi, manifestement peu convaincue par la réponse de la Jaune. je me contente d'un seul mot :
__ Exact.
Elle me fixe d'un air dubitatif, et je soutien obstinément son regard. Il ne se passe rien. Elle finit pas partir après quelques secondes, se retournant pas moment comme si nous allions dans son dos nous sauter dessus. J'attends qu'elle soit rentrée dans sa boutique pour m'adosser au mur de façon plus détendue, et enchaîner sans m'offusquer :
__ Il y a une différence entre exiger et demander. C'est sûrement expliquer dans le dictionnaire.
Je ne pouvais pas laisser passer ce terrible abus de langage. J'attends un peu, la fixant bien droit, et finit par ajouter :
__ C'est vraiment drôle que tu ne te souviennes toujours pas de moi.
Par ce que si elle se rappelait de notre conversation, nous ne serions pas là à discuter. C'est tellement comique __ elle essaye de me faire croire que je ne sais rien, alors qu'en réalité c'est elle qui ne me connaît pas. Cela lui apprendra à prendre les gens de haut.
Je la vois redresser son buste, prendre une posture imposante et durcir ses traits. Prendre un plaisir certain à m'effrayer. Avec une certaine ironie, je me rends compte que je lui ai servi sur un plateau ce que beaucoup de personnes désirent : puissance et contrôle. Sentir que l'on a tout pouvoir sur quelqu'un est grisant ; souvent, cela permet même de redescendre. Cela revient presque, en un sens, à prendre possession d'une vie. Se dire, je pourrais la réduire en poussière. Je pourrais faire comme je veux. Et à chaque instants, dans chaque situation, tenir le fil et penser « là encore je pourrais », pour finalement ne pas le faire.
J'observe sa réaction avec le plus de professionnalisme qu'il m'est donné d'avoir, ayant la certitude que dresser un portrait psychologique m'aidera sans aucun doute par la suite. A priori, Bristyle est avide de puissance. Ce qui m'étonne plus, c'est qu'elle réagit un peu comme dans le cadre d'une addiction, se concentrant sur la satisfaction que lui procure l'évènement sans réfléchir une seconde au pourquoi du comment __ *peut-être plongée dans un petit rêve*.
Perdue dans mes pensées et à la fois concentrée sur ma mine apeurée, j'en oublie presque la raison de cette discussion. Zikomo, Nyakane, peut-être ce qui m'intrigue le plus chez Bristyle. Si seulement elle pouvait me le dire... Mais trêves d'illusions. J'imagine que paraître effrayée m'a plutôt desservie en me faisant passer pour quelqu'un d'indigne d'intérêt. A part par pitié, je ne vois pas pourquoi elle me livrerait un tel renseignement.
C'est avec un brin de satisfaction que je l'observe se moquer de moi. *Tellement prévisible*. J'aurais peut-être même fait la même chose à sa place. Une gamine qui vient demander quelque chose à quelqu'un au sommet de sa puissance, *quel ridicule*. J'ai envie de rire tellement la situation est improbable. De se moquer de nous. J'en tomberai presque dans mon propre piège à penser que j'ai l'ascendant mental sur elle. L'amertume me prend la gorge quant à ses paroles. Rien que le verbe exiger dont elle m'accuse manque de me mettre hors de moi. Pour qui se prend-elle ? Ce n'est qu'une imbécile avide de pouvoir qu'elle ne perd la raison, et elle ose employer ces mots là avec moi ? Heureusement que nous sommes dans une rue. Heureusement que je sais me...
« Un problème, jeunes filles ? »
Une femme sortie de nulle part interrompt notre conversation. Une sorcière évidemment, et je fais rapidement de lien avec la cloche ayant retentit quelques instants plutôt. Sans surprise, elle a dû voir mon petit air terrorisé face à la grande Aelle dominatrice. Ironiquement, je songe à lui répondre que nous étions en train de réviser une pièce de théâtre pour Poudlard. Chacun dans son rôle, Bristyle le tyran __ saisirait-elle au moins la référence à la réalité ? Comme attendu, la gérante du magasin se tourne vers moi, manifestement peu convaincue par la réponse de la Jaune. je me contente d'un seul mot :
__ Exact.
Elle me fixe d'un air dubitatif, et je soutien obstinément son regard. Il ne se passe rien. Elle finit pas partir après quelques secondes, se retournant pas moment comme si nous allions dans son dos nous sauter dessus. J'attends qu'elle soit rentrée dans sa boutique pour m'adosser au mur de façon plus détendue, et enchaîner sans m'offusquer :
__ Il y a une différence entre exiger et demander. C'est sûrement expliquer dans le dictionnaire.
Je ne pouvais pas laisser passer ce terrible abus de langage. J'attends un peu, la fixant bien droit, et finit par ajouter :
__ C'est vraiment drôle que tu ne te souviennes toujours pas de moi.
Par ce que si elle se rappelait de notre conversation, nous ne serions pas là à discuter. C'est tellement comique __ elle essaye de me faire croire que je ne sais rien, alors qu'en réalité c'est elle qui ne me connaît pas. Cela lui apprendra à prendre les gens de haut.
On a frôlé le drame, mais je suis pas sûre que ça aille en s'arrangeant ...
Venus d’ailleurs
D'un mot, la fille confirme le mensonge que je viens de proférer. La vielle sorcière la jauge du regard, plisse les yeux dans ma direction avant de conclure qu'elle ne pourra rien exiger d'autre de nous. Elle s'écarte de notre chemin dans un grognement et poursuit sa route. Je la regarde s'éloigner en souriant légèrement de la méfiance qui la force à se retourner de temps à autre. Elle ne sait pas à quel point elle a raison.
Son intervention a le mérite de m'avoir fait redescendre sur Terre. Nous sommes au beau milieu du Chemin de Traverse, les témoins sont beaucoup trop nombreux pour que je me laisse aller à ma colère, quelle qu'elle soit. De toute façon, cette fille ne m'intéresse pas. Quoi qu'elle pense obtenir, elle n'aura rien. Rien de moi. C'est quoi son problème ? À quoi pensait-elle en venant me harceler de la sorte avec ses questions à deux noises ? Sérieusement, dans quel monde pensait-elle que j'allais lui répondre ? Elle n'a pas fait preuve de la moindre once de respect depuis le premier mot qu'elle m'a adressée. Elle se pointe et exige, et après elle s'offusque que je sois désagréable ?
La suite ne fait rien pour apaiser tout le mépris qu'elle m'inspire. Incrédule, je lève les deux sourcils pour bien marquer mon étonnement face à ses paroles. Je ne comprends pas. Merlin, je ne comprends réellement pas ce qui peut la motiver à agir de la sorte avec moi, à me parler sur ce ton condescendant, à me manquer de respect, à me traiter de cette façon-là. On pourrait croire qu'elle m'en veut. Oui, c'est cela, qu'elle éprouve de la rancœur pour moi. Cela expliquerait pourquoi elle est arrivée comme si elle me connaissait, pourquoi elle m'a posée des questions en laissant croire que je ne pouvais rien faire d'autre que répondre ! Merlin, mais oui... Et sa dernière phrase me le confirme !
Je fronce les sourcils en analysant son visage. Ses traits juvéniles, ses longs cheveux bruns, ses yeux qui oscillent entre deux couleurs, la bravoure toute hypocrite dont elle semble faire preuve en me parlant à moi de la sorte... Merlin, sa tronche ne me revient vraiment pas et j'en éprouve un certain malaise puisqu'elle se rappelle parfaitement de moi, elle. C'est assez déconcertant de faire face à une personne qui nous connait et qui semble savoir des choses que nous ignorons. Mais dans un sens, cela ne fait que prouver une chose que je savais déjà : ce qu'elle me veut compte bien plus pour elle que pour moi, cela me donne une certaine importance à ses yeux... Alors que pour moi, elle est pire que rien : elle n'existe pas. Cela me réconforte légèrement, même si le ton qu'elle emploie avec moi, surtout en ce moment où la moindre frustration me donne envie d'exploser quelque chose, accroisse mon envie d'abîmer son joli visage.
J'enfonce mes mains dans mes poches en la toisant silencieusement.
« C'est vrai, je me souviens pas de toi. Je m'en fous de qui tu es. Sinon, je me rappellerais. »
C'est un euphémisme. Je tourne la tête pour observer une famille passer avant d'en revenir à elle.
« Mais puisque t'as l'air d'avoir quelque chose sur le coeur..., commencé-je avec un rictus moqueur, c'est le moment de briller : t'es qui ? Et je parle pas de ton prénom. T'as un truc contre moi on dirait alors le plus simple c'est juste de cracher le morceau. »
Les autres sont d'une banalité affligeante. L'ennui qu'ils m'inspirent, le mépris et parfois même le désespoir semblent atteindre leur paroxysme face à elle. Il faut réellement n'avoir rien de bien important dans sa vie, aucune passion dévorante, aucun but, aucun objectif, pour donner tant d'importance à une affaire comme celle-ci. Et à une inconnue, moi donc, pour laquelle cette fille semble éprouver une si grande rancœur. Quoi que je lui inspire, ce n'est pas partagé. Et je trouve cela d'une tristesse inouïe. Passe-t-elle de longues nuits à ruminer ce que je lui ai soi-disant fait, pensant à moi alors que je ne me rappelle plus d'elle, fomentant des vengeances ? Je la tiens au final ma victoire : ne plus me rappeler d'elle c'est lui prouver clairement qu'elle m'est insignifiante.
« Et je te préviens. Que tu demandes ou que tu exiges, c'est la même chose : j'ai aucune envie de te dire quoi que ce soit. Alors change de discours. »
Dans quel monde vit-elle ? Cela me donne presque envie de rire. Elle pensait réellement avoir une réponse de moi ! Merlin, est-elle donc si naïve ? À son âge ?
Scary est tellement irrespectueuse, j'en reviens pas ahah elle me fait rire !
Son intervention a le mérite de m'avoir fait redescendre sur Terre. Nous sommes au beau milieu du Chemin de Traverse, les témoins sont beaucoup trop nombreux pour que je me laisse aller à ma colère, quelle qu'elle soit. De toute façon, cette fille ne m'intéresse pas. Quoi qu'elle pense obtenir, elle n'aura rien. Rien de moi. C'est quoi son problème ? À quoi pensait-elle en venant me harceler de la sorte avec ses questions à deux noises ? Sérieusement, dans quel monde pensait-elle que j'allais lui répondre ? Elle n'a pas fait preuve de la moindre once de respect depuis le premier mot qu'elle m'a adressée. Elle se pointe et exige, et après elle s'offusque que je sois désagréable ?
La suite ne fait rien pour apaiser tout le mépris qu'elle m'inspire. Incrédule, je lève les deux sourcils pour bien marquer mon étonnement face à ses paroles. Je ne comprends pas. Merlin, je ne comprends réellement pas ce qui peut la motiver à agir de la sorte avec moi, à me parler sur ce ton condescendant, à me manquer de respect, à me traiter de cette façon-là. On pourrait croire qu'elle m'en veut. Oui, c'est cela, qu'elle éprouve de la rancœur pour moi. Cela expliquerait pourquoi elle est arrivée comme si elle me connaissait, pourquoi elle m'a posée des questions en laissant croire que je ne pouvais rien faire d'autre que répondre ! Merlin, mais oui... Et sa dernière phrase me le confirme !
Je fronce les sourcils en analysant son visage. Ses traits juvéniles, ses longs cheveux bruns, ses yeux qui oscillent entre deux couleurs, la bravoure toute hypocrite dont elle semble faire preuve en me parlant à moi de la sorte... Merlin, sa tronche ne me revient vraiment pas et j'en éprouve un certain malaise puisqu'elle se rappelle parfaitement de moi, elle. C'est assez déconcertant de faire face à une personne qui nous connait et qui semble savoir des choses que nous ignorons. Mais dans un sens, cela ne fait que prouver une chose que je savais déjà : ce qu'elle me veut compte bien plus pour elle que pour moi, cela me donne une certaine importance à ses yeux... Alors que pour moi, elle est pire que rien : elle n'existe pas. Cela me réconforte légèrement, même si le ton qu'elle emploie avec moi, surtout en ce moment où la moindre frustration me donne envie d'exploser quelque chose, accroisse mon envie d'abîmer son joli visage.
J'enfonce mes mains dans mes poches en la toisant silencieusement.
« C'est vrai, je me souviens pas de toi. Je m'en fous de qui tu es. Sinon, je me rappellerais. »
C'est un euphémisme. Je tourne la tête pour observer une famille passer avant d'en revenir à elle.
« Mais puisque t'as l'air d'avoir quelque chose sur le coeur..., commencé-je avec un rictus moqueur, c'est le moment de briller : t'es qui ? Et je parle pas de ton prénom. T'as un truc contre moi on dirait alors le plus simple c'est juste de cracher le morceau. »
Les autres sont d'une banalité affligeante. L'ennui qu'ils m'inspirent, le mépris et parfois même le désespoir semblent atteindre leur paroxysme face à elle. Il faut réellement n'avoir rien de bien important dans sa vie, aucune passion dévorante, aucun but, aucun objectif, pour donner tant d'importance à une affaire comme celle-ci. Et à une inconnue, moi donc, pour laquelle cette fille semble éprouver une si grande rancœur. Quoi que je lui inspire, ce n'est pas partagé. Et je trouve cela d'une tristesse inouïe. Passe-t-elle de longues nuits à ruminer ce que je lui ai soi-disant fait, pensant à moi alors que je ne me rappelle plus d'elle, fomentant des vengeances ? Je la tiens au final ma victoire : ne plus me rappeler d'elle c'est lui prouver clairement qu'elle m'est insignifiante.
« Et je te préviens. Que tu demandes ou que tu exiges, c'est la même chose : j'ai aucune envie de te dire quoi que ce soit. Alors change de discours. »
Dans quel monde vit-elle ? Cela me donne presque envie de rire. Elle pensait réellement avoir une réponse de moi ! Merlin, est-elle donc si naïve ? À son âge ?
Scary est tellement irrespectueuse, j'en reviens pas ahah elle me fait rire !
Venus d’ailleurs
Je l'observe me détailler, et la laisse faire sans que cela ne me dérange particulièrement. Il y a quelques instants, c'était moi qui analysait chacune de ses réactions, essayant de comprendre pourquoi elle réagissait ainsi. Je la vois se poser des questions face à cette situation absurde dont elle ne saisit pas le sens, et il est sans doute là le problème. Mon regard se porte sur les gens autour. Des familles, des sorciers seuls, que doivent-ils penser de nous en nous regardant ? Deux gamines qui peinent à trouver une logique dans l'enchaînement d'action et de paroles qu'elles ont vécu, et qui se retrouvent à échanger des mots qui ne mènent à rien. Dans le fond, le problème, c'est ce fossé d'incompréhension qu'il y a entre nous. Cette discussion ressemble de plus en plus à un téléphone arabe avec de gros problèmes de connexion.
Je la vois plonger ses mains dans ses poches, comme pour se retenir de me donner un coup. On dirait presque qu'avant elle n'avait pas saisi que nous étions dans une rue. Parallèlement, je me rends compte que la sorcière du magasin m'a peut-être sauvé d'une situation délicate, et je réalise que quelques instants plus tôt, je n'étais pas si en sécurité que cela. Il faut avoir une sacré dose de violence en soi pour oublier de prendre en compte son cadre d'expression. A cette pensée, je réprime un léger frisson. Peut-être bien que j'ai de vraies raisons d'avoir peur au final.
Elle finit par me répondre après m'avoir toisé une brève seconde, et je laisse ses mots résonner dans mon cerveau quelques secondes. « Je m'en fous de qui tu es. », puis « Sinon, je me rappellerais. ». Ils m'affligent plus que je ne l'aurais voulu et mon visage se tord instinctivement d'une certaine déception mêlée à une peu de tristesse. Parfois, j'aime n'être rien. Cela me permet de me fondre dans la masse, de ne pas me faire remarquer. Personne ne viendra jamais me voir pour me poser une question sur mes compagnons pour la simple et bonne raison que je n'en ai pas. Dans un sens, j'envie Bristyle __ elle semble se moquer d'à peu près tout et possède manifestement une facilité déconcertante à oublier les choses, alors que moi je n'oublie rien. Je passe mon temps à ressasser diverses évènements, rencontres ou échecs, que je m’efforce ensuite de corriger. Certains mots que l'on m'a dit jusqu'à plusieurs années auparavant viennent hanter mon esprit lorsque la situation s'y prête, et je ne doute pas une seule seconde que les paroles d'Aelle finiront elles aussi par ressortir. Je songe à moi __ à elle, puis à ce nous qui sonne étrangement, et maudit cet échange à ce point déséquilibré. Je crois que je n'obtiendrais jamais ce que je veux.
*J'en ai marre*.
J'écoute à peine la suite et ne réagit presque pas à ses provocations. Ma déception se teint d'abattement, puis de mépris lorsqu'elle me demande mon problème et que je dresse mentalement la liste de tous ses défauts. *Arrogante, égocentrique, susceptible, violente, malpolie*, et j'en passe. J'ai soudainement la violente envie de les lui balancer au visage, car oui, elle me pose bien problème. J'ai déjà croisé des personnes stupides qui m'ont agacé au plus haut point, mais je peux facilement mettre la Jaune dans mon top des personnes les plus détestables.
La suite de ses paroles m'agace encore plus. Pour qui se prend elle à me dire une chose pareille ? On dirait un professeur grincheux sorti de 1900. Moi, je suis polie, j'utilise un vocabulaire irréprochable et j'emploie le conditionnel lors de ma requête. Si quelqu'un doit changer de discours, ce n'est sûrement pas moi. Avant que je ne m'emporte réellement, je lui réponds sur un ton mi-amusé mi-glacial :
__ Oui. J'ai du mal à voir pourquoi tu t'obstines à être aussi détestable. On dirait que tu préfères perdre ton temps que de me répondre, ce qui serait pourtant beaucoup plus rapide.
J'enchaîne après lui avoir laissé une seconde pour ruminer mes paroles :
__ Maintenant, puisque tu sembles carrément faire preuve de mauvaise volonté, je vais m'en aller. Merci au passage de ne pas me rattraper et de ne pas me plaquer contre une autre vitrine.
Sans vraiment attendre de réponse, je lui tourne paisiblement le dos. Ce n'est sûrement pas ce que j'ai dit aujourd'hui qui règlera cette histoire, même si je m'efforce de l'archiver dans un coin sombre de ma tête. Il faut faire face à la réalité : nos échanges se résument à un problème d'incompréhension que je ne résoudrai probablement jamais.
Je la vois plonger ses mains dans ses poches, comme pour se retenir de me donner un coup. On dirait presque qu'avant elle n'avait pas saisi que nous étions dans une rue. Parallèlement, je me rends compte que la sorcière du magasin m'a peut-être sauvé d'une situation délicate, et je réalise que quelques instants plus tôt, je n'étais pas si en sécurité que cela. Il faut avoir une sacré dose de violence en soi pour oublier de prendre en compte son cadre d'expression. A cette pensée, je réprime un léger frisson. Peut-être bien que j'ai de vraies raisons d'avoir peur au final.
Elle finit par me répondre après m'avoir toisé une brève seconde, et je laisse ses mots résonner dans mon cerveau quelques secondes. « Je m'en fous de qui tu es. », puis « Sinon, je me rappellerais. ». Ils m'affligent plus que je ne l'aurais voulu et mon visage se tord instinctivement d'une certaine déception mêlée à une peu de tristesse. Parfois, j'aime n'être rien. Cela me permet de me fondre dans la masse, de ne pas me faire remarquer. Personne ne viendra jamais me voir pour me poser une question sur mes compagnons pour la simple et bonne raison que je n'en ai pas. Dans un sens, j'envie Bristyle __ elle semble se moquer d'à peu près tout et possède manifestement une facilité déconcertante à oublier les choses, alors que moi je n'oublie rien. Je passe mon temps à ressasser diverses évènements, rencontres ou échecs, que je m’efforce ensuite de corriger. Certains mots que l'on m'a dit jusqu'à plusieurs années auparavant viennent hanter mon esprit lorsque la situation s'y prête, et je ne doute pas une seule seconde que les paroles d'Aelle finiront elles aussi par ressortir. Je songe à moi __ à elle, puis à ce nous qui sonne étrangement, et maudit cet échange à ce point déséquilibré. Je crois que je n'obtiendrais jamais ce que je veux.
*J'en ai marre*.
J'écoute à peine la suite et ne réagit presque pas à ses provocations. Ma déception se teint d'abattement, puis de mépris lorsqu'elle me demande mon problème et que je dresse mentalement la liste de tous ses défauts. *Arrogante, égocentrique, susceptible, violente, malpolie*, et j'en passe. J'ai soudainement la violente envie de les lui balancer au visage, car oui, elle me pose bien problème. J'ai déjà croisé des personnes stupides qui m'ont agacé au plus haut point, mais je peux facilement mettre la Jaune dans mon top des personnes les plus détestables.
La suite de ses paroles m'agace encore plus. Pour qui se prend elle à me dire une chose pareille ? On dirait un professeur grincheux sorti de 1900. Moi, je suis polie, j'utilise un vocabulaire irréprochable et j'emploie le conditionnel lors de ma requête. Si quelqu'un doit changer de discours, ce n'est sûrement pas moi. Avant que je ne m'emporte réellement, je lui réponds sur un ton mi-amusé mi-glacial :
__ Oui. J'ai du mal à voir pourquoi tu t'obstines à être aussi détestable. On dirait que tu préfères perdre ton temps que de me répondre, ce qui serait pourtant beaucoup plus rapide.
J'enchaîne après lui avoir laissé une seconde pour ruminer mes paroles :
__ Maintenant, puisque tu sembles carrément faire preuve de mauvaise volonté, je vais m'en aller. Merci au passage de ne pas me rattraper et de ne pas me plaquer contre une autre vitrine.
Sans vraiment attendre de réponse, je lui tourne paisiblement le dos. Ce n'est sûrement pas ce que j'ai dit aujourd'hui qui règlera cette histoire, même si je m'efforce de l'archiver dans un coin sombre de ma tête. Il faut faire face à la réalité : nos échanges se résument à un problème d'incompréhension que je ne résoudrai probablement jamais.
Désolée pour le retard ! A priori c'est la fin pour moi (je répondrais peut-être selon la réaction d'Aelle) Ma foi si Scary est encore en un seul morceau... Mais oui c'est vrai, je lui reconnais bien ce trait ahaha. Je crois que les manières d'Aelle la consternent xD.
Venus d’ailleurs
J'aimerais pouvoir la clouer sur place d'un regard. Littéralement. J'aimerais l'encastrer dans cette vitrine pour qu'elle se taise à jamais. Je déteste les discours incohérents, je déteste quand mes paroles tombent dans le vide. Avec elle, c'est ce qui semble arriver. Et le problème qu'elle a avec moi, elle n'a pas l'air prête à me l'avouer. Oh, si, pardon : le problème serait donc que je suis détestable, que je perds mon temps et que je ne lui réponds pas. J'ai envie d'éclater de rire. Évidemment je ne le fais pas car je n'ai aucune envie de rire cet été et que je suis en colère. Aujourd'hui à cause d'elle mais en général aussi, constamment, tout le temps, en colère, d'une rage qui grignote, qui envahi, qui me contrôle tout à fait. Alors mon envie de brandir ma baguette pour la lui enfoncer dans la gorge avant de prononcer la formule Reducto, elle est sincère même si elle n'est pas entièrement dirigée contre elle. J'ai envie de me défouler sur cette gamine qui me parle comme si j'étais sa pote qui agissait soudainement de façon détestable avec elle. J'ai envie de la faire taire ou alors de créer dans ses yeux une étincelle d'effroi qui me plairait bien plus que le défi que j'y vois pour le moment.
Au lieu de faire toutes ces choses qui me passent par l'esprit, je me contente d'un sourire moqueur. Pas un grand sourire goguenard, non. Un petit sourire tordu. Je n'arrive pas à croire qu'elle me dise de telles choses : qui est-elle pour exiger que je lui donne des réponses ? Pour trouver ça normal que je les lui donne ? Elle doit avoir été habituée à tout avoir sans ne jamais rien demander, celle-là. Une pourrie gâtée. Une petite fille à ses parents. Elle ne fait jamais rien pour avoir ce qu'elle désire. Elle lève la main et tout atterri devant elle. Les réponses aussi, c'est sans doute comme cela qu'elle est habituée à les avoir. Et en toute sincérité, la pitié mêlée d'étonnement qu'elle m'inspire est suffisamment profonde pour que je me retienne de lui éclater la tête contre la vitre.
Oh, et maintenant je fais preuve de mauvaise volonté ! Et elle pense que j'aurais pu la rattraper ?
« Et toi essaie de plus venir me trouver pour exiger des réponses comme tu viens de le faire, je lui balance alors qu'elle s'en va. Parce que la prochaine fois je me contenterai pas de te plaquer contre une vitre. »
Je vais te la faire bouffer.
Une famille passe à côté de moi à ce moment précis. Un enfant glousse derrière ses doigts en me jetant des regards furtifs et accroché à sa main un homme, peut-être son père, qui me regarde en fronçant les sourcils. Je les fronce à mon tour : quoi, vous avez jamais vu personne en colère, vous ? Il s'éloigne en tirant son gosse. J'en profite pour me détourner à mon tour après avoir jeté un dernier regard sombre vers la jeune élève de Poudlard.
Je rentre la tête dans les épaules pour chuchoter à mon petit compagnon bleu bien agrippé à mon épaule :
« Si elle insiste, je jure sur Merlin que je me retiendrai pas...
— Je sais, gémit Zikomo en se contorsionnant pour regarder derrière nous.
— T'as vu comme elle m'a parlé ?! Elle croyait quoi, que j'allais tout lui dire ? »
Comme il ne répond pas — Zikomo a toujours eu à coeur d'apaiser les tensions au lieu de les agraver — je passe ma colère en articulant une flopée de jurons grossiers qui ne me soulage en rien. J'ai la baguette qui démange. Cette fille a titillé la colère déjà présente dans mon coeur, maintenant j'ai envie d'exploser quelque chose ou de hurler à plein poumons. De frapper un truc, de me débarrasser de la tension qui me crispe les muscles. Je me demande si j'ai le temps de transplaner dans mon repaire à destruction. Une heure ; papa ne remarquera rien, non ? Défoncer quelques rochers pour pouvoir mieux respirer.
À toi de voir si tu veux répondre quelque chose après ça ! S'il ne se passe rien d'autre, Aelle va partir. Je ne remercie pas Scary d'avoir si bien réveillé sa colère.
Certains comportements de Scary consternent aussi Aelle, ma foi !
Au lieu de faire toutes ces choses qui me passent par l'esprit, je me contente d'un sourire moqueur. Pas un grand sourire goguenard, non. Un petit sourire tordu. Je n'arrive pas à croire qu'elle me dise de telles choses : qui est-elle pour exiger que je lui donne des réponses ? Pour trouver ça normal que je les lui donne ? Elle doit avoir été habituée à tout avoir sans ne jamais rien demander, celle-là. Une pourrie gâtée. Une petite fille à ses parents. Elle ne fait jamais rien pour avoir ce qu'elle désire. Elle lève la main et tout atterri devant elle. Les réponses aussi, c'est sans doute comme cela qu'elle est habituée à les avoir. Et en toute sincérité, la pitié mêlée d'étonnement qu'elle m'inspire est suffisamment profonde pour que je me retienne de lui éclater la tête contre la vitre.
Oh, et maintenant je fais preuve de mauvaise volonté ! Et elle pense que j'aurais pu la rattraper ?
« Et toi essaie de plus venir me trouver pour exiger des réponses comme tu viens de le faire, je lui balance alors qu'elle s'en va. Parce que la prochaine fois je me contenterai pas de te plaquer contre une vitre. »
Je vais te la faire bouffer.
Une famille passe à côté de moi à ce moment précis. Un enfant glousse derrière ses doigts en me jetant des regards furtifs et accroché à sa main un homme, peut-être son père, qui me regarde en fronçant les sourcils. Je les fronce à mon tour : quoi, vous avez jamais vu personne en colère, vous ? Il s'éloigne en tirant son gosse. J'en profite pour me détourner à mon tour après avoir jeté un dernier regard sombre vers la jeune élève de Poudlard.
Je rentre la tête dans les épaules pour chuchoter à mon petit compagnon bleu bien agrippé à mon épaule :
« Si elle insiste, je jure sur Merlin que je me retiendrai pas...
— Je sais, gémit Zikomo en se contorsionnant pour regarder derrière nous.
— T'as vu comme elle m'a parlé ?! Elle croyait quoi, que j'allais tout lui dire ? »
Comme il ne répond pas — Zikomo a toujours eu à coeur d'apaiser les tensions au lieu de les agraver — je passe ma colère en articulant une flopée de jurons grossiers qui ne me soulage en rien. J'ai la baguette qui démange. Cette fille a titillé la colère déjà présente dans mon coeur, maintenant j'ai envie d'exploser quelque chose ou de hurler à plein poumons. De frapper un truc, de me débarrasser de la tension qui me crispe les muscles. Je me demande si j'ai le temps de transplaner dans mon repaire à destruction. Une heure ; papa ne remarquera rien, non ? Défoncer quelques rochers pour pouvoir mieux respirer.
À toi de voir si tu veux répondre quelque chose après ça ! S'il ne se passe rien d'autre, Aelle va partir. Je ne remercie pas Scary d'avoir si bien réveillé sa colère.
Certains comportements de Scary consternent aussi Aelle, ma foi !