L'urgence de la situation
Après le repas, Ernest s’était rendu au quatrième étage, avalant les marches trois par trois, aussi rapidement que ses petites jambes le lui permettaient. Quelle idée aussi d’avoir mis les toilettes aussi loin. Il aurait pu tout aussi bien rejoindre sa Salle commune mais il avait espéré que les toilettes des garçons du premier étage seraient un peu plus calmes à cette heure-ci. En entrant dans la salle d’eau,les portes des cabines étaient entrouvertes et il n’y avait aucun signe de vie. Soulagé, l’adolescent s’engouffra dans une cabine. In extremis.Toilettes des garçons
Quatrième étage
un lundi de février 2048
Edwin Wellhister & Ernest Stevens
Le petit brun préférait se retrouver au calme quand il s’agissait de s’occuper de ses petites affaires. Alors qu’il avait quasiment terminé, il réalisa avec effroi qu’il n’y avait plus de papiers toilettes dans la cabine dans laquelle il s’était installé. Une vague de panique l’envahit. Son regard affolé se posa dans tous les coins de l’espace clos. Ernest pris une grande inspiration. Réfléchis… Réfléchis…
Il toqua quelques coups contre la paroi et attendu quelques secondes pour voir s’il obtenait une réponse. Mieux valait vérifier qu’il était effectivement seul. Il se pencha vers le sol et se risqua à regarder sous la cloison qui séparait les deux cabines pour voir de l’autre côté. Il aperçut alors un rouleau tout neuf accroché dans la cabine d’à côté. Il ne lui fallut pas longtemps pour penser au sortilège de lévitation qu’il avait appris avant les vacances de Noël en cours de sortilèges. Il avait passé toutes les vacances à s’entraîner et il le maîtrisait plutôt bien à présent.
Alors oui, il avait peut-être un peu exagéré en tentant de déplacer un rocher dans le parc de l’école - ce qui lui avait d’ailleurs valu un bon saignement de nez et un nouveau passage à l’infirmerie, mais là, il ne s’agissait que d’un rouleau de papier toilettes. Pas plus lourd que les boules de Noël sur lesquelles Miss Priddy les avait fait s’entraîner. La manipulation restait tout de même délicate. Le rouleau était trop volumineux pour arriver à le faire passer sous la cabine. Il fallait donc choisir le chemin aérien. Ernest savait également qu’il faudrait perdre le contact visuel à un moment donné. Il ne pouvait pas se contorsionner d’avantage étant donné sa position actuelle.
Il était plutôt sûr de lui et de son plan. Et puis il n’avait pas vraiment le choix. Pas question de passer la journée ici ou même d’attendre qu’un autre élève ne passe par là. Il ne voulait pas arriver en retard en cours de botanique et ça renforçait sa détermination. D’ailleurs il fallait qu’il s’y mette où il n’aurait pas le temps de redescendre tous les étages, sortir dans le parc et rejoindre les serres.
Comme à chaque cours de Sortilèges et à chaque fois qu’il s’exerçait de manière générale, l’adolescent pris une grande inspiration et expira profondément. Il saisit sa baguette magique dans son sac et la caressa doucement du bout du pouce, en signe d’encouragement. Pour elle, comme pour lui. Le petit brun s’imagina le rouleau se soulevant doucement de son support et flottant dans les airs, se dirigeant lentement vers le haut de la cabine. Même s’il la connaissait déjà, il répéta la formule à voix basse pour la mémoriser parfaitement. Un autre rituel. Le plus dur était de retirer le rouleau de son support. Mais Ernest avait bien visualisé son trajet et il connaissait parfaitement le geste et la formule à utiliser. Une fois à porté de main, il attrapa le rouleau avec satisfaction et pu enfin en finir.
Un léger sourire aux lèvres, il tira la chasse d’eau, jeta son sac sur son épaule et sortit de la cabine… pour réaliser qu’il n’était manifestement pas seul…
Dernière modification par Ernest Stevens le 7 mai 2023, 13:35, modifié 2 fois.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -
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L'urgence de la situation
Ça lui arrivait de moins en moins souvent, mais ce jour-là Edwin était ballonné. La moitié d'assiette qu'il avait avalée au repas ne passait pas, et il savait qu'il se passerait une horreur pour ses chaussures -ou le sol - s'il forçait encore son estomac. Cependant, il n'avait pas voulu inquiéter Owen en fuyant la grande salle à renfort de nausées et avait fait un effort herculéen pour se redresser tranquillement et marcher jusqu'ici.
Il avait hésité avec les toilettes abandonnées, mais il lui semblait qu'il y avait toujours deux trois élèves pour s'y cacher, soit pour écrire sur les murs, soit pour s'embrasser et se peloter dans une cabine. Bien qu'il ne voyait absolument pas le côté romantique d'une cuvette de toilettes délabrée, Edwin préférait toujours que les élèves se bécotent là-bas plutôt que dans la salle commune. Certes, il était un romantique infini qui appréciait de voir des personnes se montrer leur amour, mais les effusions de salive et de microbes, non merci. Il y avait toujours quelqu'un qui pensait judicieux de se déclarer ou de vouloir embrasser son copain ou sa copine en salle commune, et ça finissait rarement bien. Soit la déclaration n'était pas réciproque et il y avait des pleurs, soit les bécoteurs se faisaient fixer par deux ou trois hypocondriaques qui ne supportaient pas d'imaginer quelqu'un mélanger ses microbes avec une autre personne de façon consensuelle.
Comme il appréciait plutôt bien les cours de soin aux créatures magiques - même si ce n'était pas sa passion, ils lui permettaient souvent d'être en contact avec des animaux ou de prendre l'air - Edwin préférait ne pas se rendre malade inutilement et passer son début d'après-midi à l'infirmerie. Et puis, il doutait que Diarmuid le laisse filer sans lui demander pourquoi ses cernes semblaient plus creusées aujourd'hui ou pourquoi il avait encore une fois ressenti le besoin de rendre son repas alors que son ventre se tendait déjà de faim. Bref. Il ne voulait pas aller à l'infirmerie. De plus, il n'était pas un bébé et savait parfaitement se gérer : il n'avait pas besoin de s'allonger, parce qu'il allait bien. Un petit souci dans l'estomac, c'était pas une maladie.
Une fois qu'il avait réussi - par il ne savait quel miracle - à se traîner jusqu'aux toilettes des garçons sans rendre son repas, il s'était glissé sans un bruit dans la pièce, ne voulant pas alerter un possible camarade. Il était sur le point de vérifier qu'il était seul quand il assista à une scène qui le laissa absolument effaré et figé au milieu de la salle. Un papier toilette volant, c'était nouveau ça. Il observa le rouleau disparaître dans la cabine d'à côté et, le temps qu'il se reprenne et calme son début de rire, l'élève avait déjà eu le temps de déverrouiller sa cabine et d'en ouvrir la porte. Trop tard pour s'enfuir, Edwin dû faire face, se refaisant la scène au ralenti dans son esprit, à la découverte d'un petit garçon. Enfin "petit", pas tellement pour son âge si Edwin supposait avec raison qu'il était un première année. C'était juste que lui était légèrement trop grand par rapport à la moyenne de taille sorcière.
Il fixe l'autre bien dix secondes avant d'enfin arriver à parler, et évidemment puisqu'il n'est pas le pingouin qui glisse le plus loin, la phrase qui sort n'est pas la plus élégante ni la plus intelligente. Non, ce n'est pas "Eh bien bonjour très cher camarade, comment allez-vous en cette froide matinée ?", c'est plutôt....
T'sais qu't'aurais pu.. demander du PQ si t'en avais besoin, au lieu de jeter un sort. Genre imagine si t'avais mal visé... la vision le dégoûte un instant avant qu'il ne dégage l'image mentale. La prochaine fois essaie de regarder avant, au cas où. Edwin se gratte la nuque, un peu gêné Fin' bref, faudrait peut-être en remettre dans l'autre cabine au cas où... quelqu'un en ai autant besoin. Sa dernière phrase s'accompagne d'une nausée qu'il a du mal à rattraper et qui lui laisse la gorge en feu. Il grimace sans pouvoir s'en empêcher et se penche vers l'évier histoire de boire un peu et faire passer cette sensation horrible.
Il avait hésité avec les toilettes abandonnées, mais il lui semblait qu'il y avait toujours deux trois élèves pour s'y cacher, soit pour écrire sur les murs, soit pour s'embrasser et se peloter dans une cabine. Bien qu'il ne voyait absolument pas le côté romantique d'une cuvette de toilettes délabrée, Edwin préférait toujours que les élèves se bécotent là-bas plutôt que dans la salle commune. Certes, il était un romantique infini qui appréciait de voir des personnes se montrer leur amour, mais les effusions de salive et de microbes, non merci. Il y avait toujours quelqu'un qui pensait judicieux de se déclarer ou de vouloir embrasser son copain ou sa copine en salle commune, et ça finissait rarement bien. Soit la déclaration n'était pas réciproque et il y avait des pleurs, soit les bécoteurs se faisaient fixer par deux ou trois hypocondriaques qui ne supportaient pas d'imaginer quelqu'un mélanger ses microbes avec une autre personne de façon consensuelle.
Comme il appréciait plutôt bien les cours de soin aux créatures magiques - même si ce n'était pas sa passion, ils lui permettaient souvent d'être en contact avec des animaux ou de prendre l'air - Edwin préférait ne pas se rendre malade inutilement et passer son début d'après-midi à l'infirmerie. Et puis, il doutait que Diarmuid le laisse filer sans lui demander pourquoi ses cernes semblaient plus creusées aujourd'hui ou pourquoi il avait encore une fois ressenti le besoin de rendre son repas alors que son ventre se tendait déjà de faim. Bref. Il ne voulait pas aller à l'infirmerie. De plus, il n'était pas un bébé et savait parfaitement se gérer : il n'avait pas besoin de s'allonger, parce qu'il allait bien. Un petit souci dans l'estomac, c'était pas une maladie.
Une fois qu'il avait réussi - par il ne savait quel miracle - à se traîner jusqu'aux toilettes des garçons sans rendre son repas, il s'était glissé sans un bruit dans la pièce, ne voulant pas alerter un possible camarade. Il était sur le point de vérifier qu'il était seul quand il assista à une scène qui le laissa absolument effaré et figé au milieu de la salle. Un papier toilette volant, c'était nouveau ça. Il observa le rouleau disparaître dans la cabine d'à côté et, le temps qu'il se reprenne et calme son début de rire, l'élève avait déjà eu le temps de déverrouiller sa cabine et d'en ouvrir la porte. Trop tard pour s'enfuir, Edwin dû faire face, se refaisant la scène au ralenti dans son esprit, à la découverte d'un petit garçon. Enfin "petit", pas tellement pour son âge si Edwin supposait avec raison qu'il était un première année. C'était juste que lui était légèrement trop grand par rapport à la moyenne de taille sorcière.
Il fixe l'autre bien dix secondes avant d'enfin arriver à parler, et évidemment puisqu'il n'est pas le pingouin qui glisse le plus loin, la phrase qui sort n'est pas la plus élégante ni la plus intelligente. Non, ce n'est pas "Eh bien bonjour très cher camarade, comment allez-vous en cette froide matinée ?", c'est plutôt....
T'sais qu't'aurais pu.. demander du PQ si t'en avais besoin, au lieu de jeter un sort. Genre imagine si t'avais mal visé... la vision le dégoûte un instant avant qu'il ne dégage l'image mentale. La prochaine fois essaie de regarder avant, au cas où. Edwin se gratte la nuque, un peu gêné Fin' bref, faudrait peut-être en remettre dans l'autre cabine au cas où... quelqu'un en ai autant besoin. Sa dernière phrase s'accompagne d'une nausée qu'il a du mal à rattraper et qui lui laisse la gorge en feu. Il grimace sans pouvoir s'en empêcher et se penche vers l'évier histoire de boire un peu et faire passer cette sensation horrible.
"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
L'urgence de la situation
Le regard d’Ernest était tombé sur la boucle de ceinture et avait remonté peu à peu le long du tee-shirt un peu trop large du grand dadet qui se tenait devant lui. Son visage s’était décomposé et ses joues étaient devenues cramoisies, probablement jusqu’aux oreilles. La bouche entrouverte, son visage affichait une moue contrite. Il croyait pourtant être seul. Ses sourcils se levèrent légèrement en entendant la remarque du garçon. Arrêté dans son élan, il était toujours accroché à la poignée de la porte, l’air indécis.
“Je… euh… j’avais… je croyais…”
Ernest n’était déjà pas très à l’aise avec les camarades de son année mais la présence d’élèves plus âgés l’intimidait un peu plus. Les grands de la Salle Commune. Car il avait reconnu celui-ci comme faisant partie de sa propre maison. Il ne remarqua pas directement la gêne de l’autre garçon. Il était trop grand de toute façon. Et Ernest avait bien plus l’habitude de baisser les yeux que de regarder en l’air. Il fixait à présent ses chaussures alors qu’il avait la désagréable impression de se faire sermonner. Il allait s’exécuter sans réfléchir quand il tomba face à la problématique du rouleau manquant.
“Mais si je le remet dans l’autre cabine, il n’y en aura quand même pas dans celle-ci… et euh… enfin… je… ne sais pas où en trouver d’autres…”
La surprise et l’embarras faisaient généralement perdre ses moyens à Ernest, cette situation n’échappait pas à la règle. La peur du ridicule l’y empètrait. L’autre garçon s’était déjà retourné pour se diriger vers le lavabo. L’adolesent grimaça pour lui-même. Il devait vraiment passer pour un idiot. Et dans le feu de l’action, il avait oublié ce qu’il s'apprêtait à faire, se laver les mains. Il s’avança donc aux côtés du Serpentard et ouvrit à son tour le robinet avant de jeter un coup d'œil en coin à l’intrus des toilettes. Cette fois-ci, il l’observa avec un peu plus d’attention. Cette curiosité maladive qui lui faisait parfois oublier les règles de la bienséance. Comme de ne pas fixer les gens dans les lieux d’aisance.
C’est à ce moment qu’il remarqua la mine pâle du jeune homme. Pâle comme un fantôme. Nouveau froncement de sourcils. Ernest était habitué aux malaises, il pouvait les sentir intensément, ceux des autres aussi. Et le garçon ne semblait définitivement pas dans son assiette. Mais qu’est-ce qu’il pourrait bien lui dire sans se faire envoyer bouler, ce qui semblerait logique. De quoi il se mêlait. Et de toute façon, qu’est-ce qu’il pourrait bien y faire ? Il ne savait pas si l’autre adolescent était malade ou simplement fatigué. Quoi qu’il en soit, il n’était pas docteur. Pas plus qu’infirmier. Il se rappela que l’eau coulait toujours et ferma le robinet avec empressement. Il n’avait pas de temps à perdre, il avait un cours auquel il devait assister.
Pourtant quelque chose l’empêchait de faire un mouvement de plus. Une sensation au creux de l’estomac. Et depuis qu’il avait commencé la pratique de la magie et travaillé sur la pleine conscience du lancer de sortilège, il apprenait également à mieux écouter son corps et ses instincts.
“T’es sûr que ça va ? Tu… enfin t’as l’air… t’es transparent…”
Aucune subtilité dans ses paroles. Il disait juste les choses comme il semblait les percevoir. Sans plus de sous-entendu. Parce qu’au point où il en était, il n’avait pas nécessairement besoin d’emballer ses idées et ses pensées pour les rendre présentables au monde.
“Je… euh… j’avais… je croyais…”
Ernest n’était déjà pas très à l’aise avec les camarades de son année mais la présence d’élèves plus âgés l’intimidait un peu plus. Les grands de la Salle Commune. Car il avait reconnu celui-ci comme faisant partie de sa propre maison. Il ne remarqua pas directement la gêne de l’autre garçon. Il était trop grand de toute façon. Et Ernest avait bien plus l’habitude de baisser les yeux que de regarder en l’air. Il fixait à présent ses chaussures alors qu’il avait la désagréable impression de se faire sermonner. Il allait s’exécuter sans réfléchir quand il tomba face à la problématique du rouleau manquant.
“Mais si je le remet dans l’autre cabine, il n’y en aura quand même pas dans celle-ci… et euh… enfin… je… ne sais pas où en trouver d’autres…”
La surprise et l’embarras faisaient généralement perdre ses moyens à Ernest, cette situation n’échappait pas à la règle. La peur du ridicule l’y empètrait. L’autre garçon s’était déjà retourné pour se diriger vers le lavabo. L’adolesent grimaça pour lui-même. Il devait vraiment passer pour un idiot. Et dans le feu de l’action, il avait oublié ce qu’il s'apprêtait à faire, se laver les mains. Il s’avança donc aux côtés du Serpentard et ouvrit à son tour le robinet avant de jeter un coup d'œil en coin à l’intrus des toilettes. Cette fois-ci, il l’observa avec un peu plus d’attention. Cette curiosité maladive qui lui faisait parfois oublier les règles de la bienséance. Comme de ne pas fixer les gens dans les lieux d’aisance.
C’est à ce moment qu’il remarqua la mine pâle du jeune homme. Pâle comme un fantôme. Nouveau froncement de sourcils. Ernest était habitué aux malaises, il pouvait les sentir intensément, ceux des autres aussi. Et le garçon ne semblait définitivement pas dans son assiette. Mais qu’est-ce qu’il pourrait bien lui dire sans se faire envoyer bouler, ce qui semblerait logique. De quoi il se mêlait. Et de toute façon, qu’est-ce qu’il pourrait bien y faire ? Il ne savait pas si l’autre adolescent était malade ou simplement fatigué. Quoi qu’il en soit, il n’était pas docteur. Pas plus qu’infirmier. Il se rappela que l’eau coulait toujours et ferma le robinet avec empressement. Il n’avait pas de temps à perdre, il avait un cours auquel il devait assister.
Pourtant quelque chose l’empêchait de faire un mouvement de plus. Une sensation au creux de l’estomac. Et depuis qu’il avait commencé la pratique de la magie et travaillé sur la pleine conscience du lancer de sortilège, il apprenait également à mieux écouter son corps et ses instincts.
“T’es sûr que ça va ? Tu… enfin t’as l’air… t’es transparent…”
Aucune subtilité dans ses paroles. Il disait juste les choses comme il semblait les percevoir. Sans plus de sous-entendu. Parce qu’au point où il en était, il n’avait pas nécessairement besoin d’emballer ses idées et ses pensées pour les rendre présentables au monde.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -
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L'urgence de la situation
En voyant l'autre se décomposer à moitié, Edwin se sent presque mal. Il ne voulait pas du tout le rendre mal à l'aise, pour sûr. En fait, c'était même tout le contraire. Il détestait se sentir honteux, et évitait au maximum de gêner les autres pour cette même raison. Enfin, ça lui arrivait tout de même, il restait humain et on ne pouvait pas dire que Edwin n'était pas au moins un peu rancunier. C'était même parfaitement le contraire avec certaines personnes. Il pouvait pardonner très vite comme en faire baver à l'autre pendant des mois, et donner l'impression à quelqu'un d'être honteux ou de devoir être gêné d'avoir fait quelque chose était une façon assez efficace pour lui faire remettre en cause ses choix de vie. Cependant, le petit première année en face de lui n'avait rien fait de mal, au contraire il avait juste fait quelque chose de tout à fait naturel et d'une façon très respectueuse. Edwin aurait pu lui foutre la honte s'il avait posé sa crotte au milieu du hall d'entrée, mais c'était dégueulasse de le pourrir pour une histoire de papier toilette échangé.
Son but n'avait pas été de lui faire la leçon ou de le faire se sentir mal, juste de lui dire de faire attention pour ne pas s'attirer à lui même des ennuis la prochaine fois. Quand on est chez soi, c'est pas grave si il manque du papier toilette, il suffit de hurler pour que nos parents ou nos frères et sœurs nous en apportent, mais à Poudlard c'est pas du tout la même chose. Edwin avait toujours mis un point d'honneur à tout vérifier pour qu'une telle situation ne lui arrive jamais, mais il ne connaissait pas la capacité d'adaptation de certaines personnes. Les habitudes avaient la vie dure, et en prendre une mettait des mois avant de fonctionner suffisamment pour qu'on ne l'oublie plus.
On peut voir pour demander à Krobley si on le croise, ou à n'importe quel elfe, mais ouais t'as raison. Faudra juste que les gens qui viennent fasses gaffe avant d'entrer dans la cabine !
Edwin fait un sourire fatigué à l'autre quand il le remarque l'observer. Au moins, il se lave les mains, il doit être plus propre qu'une grande majorité de ses camarades. Il se fiche si l'autre est indiscret en l'observant comme une bête étrange, ce n'est pas comme s'il était le premier de la journée. De façon générale, Edwin avait même l'impression que tout le monde le fixait tout le temps. Son côté paranoïaque, sûrement. Il lève les yeux sur son reflet dans le miroir et soupire avec un soupire crispé.
Ah, ouais t'as raison, j'ai l'air horrible. Mais t'en fais pas, c'est rien. Je suis pas malade. Il avale sa salive et grimace, peinant à retenir ses nausées. J'ai juste mangé un peu trop. Il se frotte le nez et se redresse, comme pour prouver à l'autre que tout va bien, malgré le fait qu'une partie de son dos reste irrémédiablement penchée vers l'avant.
Son but n'avait pas été de lui faire la leçon ou de le faire se sentir mal, juste de lui dire de faire attention pour ne pas s'attirer à lui même des ennuis la prochaine fois. Quand on est chez soi, c'est pas grave si il manque du papier toilette, il suffit de hurler pour que nos parents ou nos frères et sœurs nous en apportent, mais à Poudlard c'est pas du tout la même chose. Edwin avait toujours mis un point d'honneur à tout vérifier pour qu'une telle situation ne lui arrive jamais, mais il ne connaissait pas la capacité d'adaptation de certaines personnes. Les habitudes avaient la vie dure, et en prendre une mettait des mois avant de fonctionner suffisamment pour qu'on ne l'oublie plus.
On peut voir pour demander à Krobley si on le croise, ou à n'importe quel elfe, mais ouais t'as raison. Faudra juste que les gens qui viennent fasses gaffe avant d'entrer dans la cabine !
Edwin fait un sourire fatigué à l'autre quand il le remarque l'observer. Au moins, il se lave les mains, il doit être plus propre qu'une grande majorité de ses camarades. Il se fiche si l'autre est indiscret en l'observant comme une bête étrange, ce n'est pas comme s'il était le premier de la journée. De façon générale, Edwin avait même l'impression que tout le monde le fixait tout le temps. Son côté paranoïaque, sûrement. Il lève les yeux sur son reflet dans le miroir et soupire avec un soupire crispé.
Ah, ouais t'as raison, j'ai l'air horrible. Mais t'en fais pas, c'est rien. Je suis pas malade. Il avale sa salive et grimace, peinant à retenir ses nausées. J'ai juste mangé un peu trop. Il se frotte le nez et se redresse, comme pour prouver à l'autre que tout va bien, malgré le fait qu'une partie de son dos reste irrémédiablement penchée vers l'avant.
"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
L'urgence de la situation
À présent, Ernest était raide comme un piquet. Lui qui n’était pas bien épais, ça lui donnait encore plus l’allure de l’un de ces dessins cartoons où les personnages n’étaient que des traits. Une ligne qui se mouvait maladroitement. Il s’était tout de même glisser jusqu’au lavabo, légèrement honteux. Il avait beau savoir que tout être humain normal devait se délester de ses déchets organiques de temps à autre, ça n’en était pas moins désagréable d’être pris sur le fait. En général, il choisissait bien ces moments. Et il aurait pu passer inaperçu à quelques minutes près.
Une moue se dessina sur ses lèvres quand le grand brun aborda le fait qu’il ne faudrait pas que le suivant soit tête en l’air ou imprudent. Comme lui l’avait été. Clairement, il aurait préféré quelque chose d’un peu plus prestigieux pour l’utilisation du sortilèges que Miss Priddy venait de leur apprendre. Mais en même temps, leur professeur lui avait en quelque sorte sauvé la vie. Enfin peut-être qu’il exagérait un peu, peut-être pas la vie. Mais la mise, c’était certain. Mentalement, il se nota de la remercier au prochain cours. Ou peut-être pas à bien y réfléchir…
Le petit brun se contenta d'acquiescer. Il n’était pas sûr de savoir où étaient les elfes de maison à cette heure-ci ni s’il aurait encore le temps de les prévenir et d’arriver à l’heure à son cours de botanique.
“Je peux mettre un mot sur la porte…”
Un peu d’encre et du papier, ça il en était capable.
Tout en se lavant les mains, Ernest n’avait pas pu s’empêcher d’observer l’individu qui se trouvait juste à côté de lui. En croisant le regard du grand brun, il détourna le regard et rougit une nouvelle fois. Il ne voulait pas le dévisager, enfin, c’est juste qu’il était curieux. Et qu’il ne se rendait pas toujours tout de suite compte quand il agissait de manière déplacée. Lui-même détestait quand ça lui arrivait. Même s’il ne s’agissait que d’un regard lancé dans sa direction par hasard ou parce qu’il était interrogé en classe. Il avait toujours l’impression de sentir le poids des sous-entendus peser sur ses épaules. Ce qui était ridicule étant donné que personne ne remarquait vraiment sa présence. Lui aussi avait un certain don pour être transparent. Sauf que dans le cas du Serpentard à côté de lui, c’était plutôt préoccupant.
“Nan… enfin… c’est pas c’que j’voulais dire… c’est juste que… t’as pas l’air dans ton assiette…”
Est-ce qu’Ernest avait une capacité innée à mettre les pieds dans le plat ? Littéralement. L’autre adolescent justifia son état par un repas un peu chargé. Ernest acquieça avec une moue de compréhension. Depuis qu’il était à Poudlard, il lui était arrivé de faire quelques écarts en termes de nourriture. Surtout pour ce qui concernait les sucreries. Il fouilla alors dans les multiples poches de son sac et en sortit un petit batracien coloré.
“Euh… ma mère dit que le gingembre, ça aide pour la digestion…”
Les tritons au gingembre, c'était ses préférés. Celui-là était son dernier mais si ça pouvait aider l'autre garçon à se sentir un peu mieux.
@Edwin Wellhister
Une moue se dessina sur ses lèvres quand le grand brun aborda le fait qu’il ne faudrait pas que le suivant soit tête en l’air ou imprudent. Comme lui l’avait été. Clairement, il aurait préféré quelque chose d’un peu plus prestigieux pour l’utilisation du sortilèges que Miss Priddy venait de leur apprendre. Mais en même temps, leur professeur lui avait en quelque sorte sauvé la vie. Enfin peut-être qu’il exagérait un peu, peut-être pas la vie. Mais la mise, c’était certain. Mentalement, il se nota de la remercier au prochain cours. Ou peut-être pas à bien y réfléchir…
Le petit brun se contenta d'acquiescer. Il n’était pas sûr de savoir où étaient les elfes de maison à cette heure-ci ni s’il aurait encore le temps de les prévenir et d’arriver à l’heure à son cours de botanique.
“Je peux mettre un mot sur la porte…”
Un peu d’encre et du papier, ça il en était capable.
Tout en se lavant les mains, Ernest n’avait pas pu s’empêcher d’observer l’individu qui se trouvait juste à côté de lui. En croisant le regard du grand brun, il détourna le regard et rougit une nouvelle fois. Il ne voulait pas le dévisager, enfin, c’est juste qu’il était curieux. Et qu’il ne se rendait pas toujours tout de suite compte quand il agissait de manière déplacée. Lui-même détestait quand ça lui arrivait. Même s’il ne s’agissait que d’un regard lancé dans sa direction par hasard ou parce qu’il était interrogé en classe. Il avait toujours l’impression de sentir le poids des sous-entendus peser sur ses épaules. Ce qui était ridicule étant donné que personne ne remarquait vraiment sa présence. Lui aussi avait un certain don pour être transparent. Sauf que dans le cas du Serpentard à côté de lui, c’était plutôt préoccupant.
“Nan… enfin… c’est pas c’que j’voulais dire… c’est juste que… t’as pas l’air dans ton assiette…”
Est-ce qu’Ernest avait une capacité innée à mettre les pieds dans le plat ? Littéralement. L’autre adolescent justifia son état par un repas un peu chargé. Ernest acquieça avec une moue de compréhension. Depuis qu’il était à Poudlard, il lui était arrivé de faire quelques écarts en termes de nourriture. Surtout pour ce qui concernait les sucreries. Il fouilla alors dans les multiples poches de son sac et en sortit un petit batracien coloré.
“Euh… ma mère dit que le gingembre, ça aide pour la digestion…”
Les tritons au gingembre, c'était ses préférés. Celui-là était son dernier mais si ça pouvait aider l'autre garçon à se sentir un peu mieux.
@Edwin Wellhister
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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L'urgence de la situation
Ernest apprendra petit-à-petit à ne pas avoir honte de passer aux toilettes. C'est toujours ça au début quand on commence à vivre dans un grand château où on ne peut quasiment jamais être seul : on veut être présentable, et aller aux toilettes souvent, on pense que ça ne l'est pas. C'est peut-être bête pour certains, mais Edwin comprend. Lui aussi, au début, il avait eu honte de se laver ou d'aller faire ses besoins alors que d'autres personnes étaient proches. Comme si, en sortant de sa cabine, tout le monde saurait, et tout le monde se foutrait de lui. À Londres, surtout au collège, c'était le cas. Cela dit, les sorciers étaient moins stupides sur ce point là surtout parce que tout le monde avait déjà vécu cette scène de se sentir humilié pour un truc qui devrait juste être considéré comme un besoin naturel. La société actuelle rendait honteux tellement de choses, c'était dingue. Si on pouvait même plus chier en paix, que deviendrait le monde ? Un monde de merde, sans mauvais jeux de mots.
Et puis, le plus jeune avait évité le pire : s'il n'avait pas appris à utiliser sa baguette correctement, il aurait dû marcher en pingouin jusqu'à la cabine d'à côté. Et là, s'ils s'étaient croisés dans cette circonstance, Edwin aurait comprit que l'autre soit gêné. Tant qu'il ne voit pas l'autre, pantalon aux chevilles et crotte aux fesses, alors il ne le jugera pas. C'est déjà assez étonnant qu'un première année maîtrise aussi bien un sortilège que lui a mis des mois à savoir lancer correctement. Après, il sait qu'il n'est pas très doué, mais ça n'empêche que c'est assez beau comme geste de sa part : Miss Priddy serait contente de savoir que ses cours venaient de sauver la vie sociale d'un gamin.
Le mot c'est une bonne idée, ça évitera des soucis à ceux qu'ont pas ton talent pour lancer des sorts.
Edwin observe à nouveau son reflet dans le miroir. L'autre n'a pas tort. Il a l'air maladif. Il n'ira pas à la bibliothèque aujourd'hui, mais directement au lit une fois avoir fini ses cours. Il préfère éviter de croiser Owen dans cet état. L'autre sera trop inquiet et Edwin n'a aucune envie de lui expliquer qu'il n'est pas malade et qu'il a juste besoin de vider son estomac. Peut-être que l'adulte serait déçu, et ce serait encore pire que de voir son regard inquiet.
T'en fais pas, j'ai l'air d'un cadavre, j'le sais. T'as pas besoin de prendre des pincettes avec moi, je me vexerais pas. Il force un petit sourire vers l'autre et passe une main dans ses cheveux. Merci, j'y penserais pour la prochaine fois, merci. Il se fige en remarquant que l'autre lui tend une sucrerie et son estomac lui envoie clairement le signal de "je ne veux pas manger ça".
En fait, Edwin aurait bien aimé dire à l'autre qu'il n'avait même pas envie de digérer. Se vider l'estomac, c'était utile parfois, après il se sentait toujours mieux, toujours moins lourd. L'idée de manger quelque chose à nouveau, de forcer de la nourriture dans sa gorge alors que tout lui donnait envie de se blottir quelque part en pleurant... Cette idée le dégoûtait. Pourtant, c'était sympa de la part de l'autre, mais à cet instant précis ce petit triton au gingembre ressemblait à la pire menace de l'univers.
Non merci croasse-t-il J-je... je suis pas très sucré, je préfère les choses salées, j'aime pas trop les bonbons. Ce n'est pas un mensonge, mais ce n'est pas vraiment la raison pour laquelle il refuse actuellement C'est très gentil, mais garde-le, ça te sera plus utile qu'à moi.
Et puis, le plus jeune avait évité le pire : s'il n'avait pas appris à utiliser sa baguette correctement, il aurait dû marcher en pingouin jusqu'à la cabine d'à côté. Et là, s'ils s'étaient croisés dans cette circonstance, Edwin aurait comprit que l'autre soit gêné. Tant qu'il ne voit pas l'autre, pantalon aux chevilles et crotte aux fesses, alors il ne le jugera pas. C'est déjà assez étonnant qu'un première année maîtrise aussi bien un sortilège que lui a mis des mois à savoir lancer correctement. Après, il sait qu'il n'est pas très doué, mais ça n'empêche que c'est assez beau comme geste de sa part : Miss Priddy serait contente de savoir que ses cours venaient de sauver la vie sociale d'un gamin.
Le mot c'est une bonne idée, ça évitera des soucis à ceux qu'ont pas ton talent pour lancer des sorts.
Edwin observe à nouveau son reflet dans le miroir. L'autre n'a pas tort. Il a l'air maladif. Il n'ira pas à la bibliothèque aujourd'hui, mais directement au lit une fois avoir fini ses cours. Il préfère éviter de croiser Owen dans cet état. L'autre sera trop inquiet et Edwin n'a aucune envie de lui expliquer qu'il n'est pas malade et qu'il a juste besoin de vider son estomac. Peut-être que l'adulte serait déçu, et ce serait encore pire que de voir son regard inquiet.
T'en fais pas, j'ai l'air d'un cadavre, j'le sais. T'as pas besoin de prendre des pincettes avec moi, je me vexerais pas. Il force un petit sourire vers l'autre et passe une main dans ses cheveux. Merci, j'y penserais pour la prochaine fois, merci. Il se fige en remarquant que l'autre lui tend une sucrerie et son estomac lui envoie clairement le signal de "je ne veux pas manger ça".
En fait, Edwin aurait bien aimé dire à l'autre qu'il n'avait même pas envie de digérer. Se vider l'estomac, c'était utile parfois, après il se sentait toujours mieux, toujours moins lourd. L'idée de manger quelque chose à nouveau, de forcer de la nourriture dans sa gorge alors que tout lui donnait envie de se blottir quelque part en pleurant... Cette idée le dégoûtait. Pourtant, c'était sympa de la part de l'autre, mais à cet instant précis ce petit triton au gingembre ressemblait à la pire menace de l'univers.
Non merci croasse-t-il J-je... je suis pas très sucré, je préfère les choses salées, j'aime pas trop les bonbons. Ce n'est pas un mensonge, mais ce n'est pas vraiment la raison pour laquelle il refuse actuellement C'est très gentil, mais garde-le, ça te sera plus utile qu'à moi.
"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
L'urgence de la situation
Ernest avait beau ne pas vraiment connaître Edwin, il prenait ses paroles comme la consigne d’une autorité supérieure. Après tout, il n’était qu’un première année. Et malgré le fait qu’il ait été élevé en connaissance du monde magique, il n’était pas tout à fait à l’aise avec les conventions sociales en place à Poudlard. Avec aucune convention sociale finalement. Sa vie entière était hors des conventions. Quand les autres parlaient de leur père et mère, lui n’avait pas de moyen de comparaison. Et s’il avait été élevé dans un mode de vie partagé entre le monde sorcier et le monde moldu, il avait rapidement eu l’impression de ne faire partie ni de l’un ni de l’autre. L’indécision, c’était l’histoire de sa vie.
Ernest sentit ses joues se teinter de rose alors que le “grand” lui donnait son approbation. Il esquissa ce qui ressemblait à un sourire caché sous une épaisse couche de pudeur. Il baissa les yeux au sol, fixant le bout de ses chaussures quand Edwin sous-entendit qu’il avait un certain talent pour les sortilèges.
“Je… enfin… j’m’entraîne c’est tout… je crois pas que j’ai vraiment de talent en quoi que ce soit…”
Il pensa un instant à sa mère, Elianor. Talent aurait pu être son deuxième prénom. D’ailleurs ça ne l’aurait pas étonné venant de ses grands parents. En tout cas, c’est de cette manière qu’il se les imaginait. Snobs, hautains, pédants. Et paradoxalement, si l’adolescent s’entraînait autant, c'était pour essayer de se hisser dans ces hauteurs-là. D’être digne de son nom.
Le petit brun sortit rapidement un morceau de parchemin de son sac et farfouilla encore un instant pour attraper un stylo. La plume c’était bien beau mais qu’est-ce que c’était pas pratique. Il n’avait pas fait exprès de l’emmener en douce à Poudlard. Jamais de la vie il n’aurait eu l’idée de faire de la contrebande d’objets moldus. Mais il était dans son carnet et… enfin, il n’allait pas le jeter. Il griffonna une note rapidement “Plus de PQ ! Attention !” avant de se tourner une nouvelle fois vers le troisième année.
Ernest tenta de faire preuve d’un peu de compassion et surtout de sortir de sa zone de confort en faisant un pas vers Edwin. Un geste qui se voulait amical. Ses mères lui avaient toujours appris à partager. Et à se montrer serviable. Il lui semblait qu’Edwin avait peut-être besoin de l’un et de l’autre. Il afficha une moue quand le grand brun s’excusa de ne pas trop aimer les choses sucrées. C’était une chose qu’Ernest ne comprenait pas. Il avait une obsession pour le sucre. Probablement parce qu’il n’y avait eu que très peu accès jusqu’à son arrivée à Poudlard.
“T’as raison… moi aussi ça me donne mal au ventre quand j’en mange trop mais… je sais pas… j’arrive pas à m’arrêter…”
Il rangea le triton dans sa poche. Pour plus tard. C’était son dernier alors mieux valait faire durer le plaisir. Les paroles du garçon n’était pas très sophistiqué mais il essayait tout de même d’entretenir la conversation ce qui représentait un sacré effort pour lui.
“T’es sûr que t’as besoin de rien ? Je peux aller chercher un adulte…”
Parce que pour lui, les adultes résolvaient toujours tout. Appeler un adulte, c’était la solution à tous les problèmes. Il réaliserait plus tard que cette vérité sur laquelle il avait posé les fondations de son existence était loin d’être aussi exacte qu’il le pensait.
Ernest sentit ses joues se teinter de rose alors que le “grand” lui donnait son approbation. Il esquissa ce qui ressemblait à un sourire caché sous une épaisse couche de pudeur. Il baissa les yeux au sol, fixant le bout de ses chaussures quand Edwin sous-entendit qu’il avait un certain talent pour les sortilèges.
“Je… enfin… j’m’entraîne c’est tout… je crois pas que j’ai vraiment de talent en quoi que ce soit…”
Il pensa un instant à sa mère, Elianor. Talent aurait pu être son deuxième prénom. D’ailleurs ça ne l’aurait pas étonné venant de ses grands parents. En tout cas, c’est de cette manière qu’il se les imaginait. Snobs, hautains, pédants. Et paradoxalement, si l’adolescent s’entraînait autant, c'était pour essayer de se hisser dans ces hauteurs-là. D’être digne de son nom.
Le petit brun sortit rapidement un morceau de parchemin de son sac et farfouilla encore un instant pour attraper un stylo. La plume c’était bien beau mais qu’est-ce que c’était pas pratique. Il n’avait pas fait exprès de l’emmener en douce à Poudlard. Jamais de la vie il n’aurait eu l’idée de faire de la contrebande d’objets moldus. Mais il était dans son carnet et… enfin, il n’allait pas le jeter. Il griffonna une note rapidement “Plus de PQ ! Attention !” avant de se tourner une nouvelle fois vers le troisième année.
Ernest tenta de faire preuve d’un peu de compassion et surtout de sortir de sa zone de confort en faisant un pas vers Edwin. Un geste qui se voulait amical. Ses mères lui avaient toujours appris à partager. Et à se montrer serviable. Il lui semblait qu’Edwin avait peut-être besoin de l’un et de l’autre. Il afficha une moue quand le grand brun s’excusa de ne pas trop aimer les choses sucrées. C’était une chose qu’Ernest ne comprenait pas. Il avait une obsession pour le sucre. Probablement parce qu’il n’y avait eu que très peu accès jusqu’à son arrivée à Poudlard.
“T’as raison… moi aussi ça me donne mal au ventre quand j’en mange trop mais… je sais pas… j’arrive pas à m’arrêter…”
Il rangea le triton dans sa poche. Pour plus tard. C’était son dernier alors mieux valait faire durer le plaisir. Les paroles du garçon n’était pas très sophistiqué mais il essayait tout de même d’entretenir la conversation ce qui représentait un sacré effort pour lui.
“T’es sûr que t’as besoin de rien ? Je peux aller chercher un adulte…”
Parce que pour lui, les adultes résolvaient toujours tout. Appeler un adulte, c’était la solution à tous les problèmes. Il réaliserait plus tard que cette vérité sur laquelle il avait posé les fondations de son existence était loin d’être aussi exacte qu’il le pensait.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -
- COMPTE EN HIATUS -
L'urgence de la situation
C'était mignon cette manie qu'avaient les gens doués - mais pas imbu d'eux-mêmes - de se déprécier. De dire que ce n'était pas vraiment imposant ou quoi. Pour Edwin, le plus jeune avait du talent c'était certain. Pour arriver à faire un si bon sortilège après seulement quelques mois au château, ça en boucherait un coin à certains. Il se souvenait de sa première année comme d'une année difficile, où apprendre la magie et comment elle fonctionnait particulièrement difficile. Aujourd'hui il arrivait à exécuter parfaitement les sortilèges qu'il apprenait mais c'était le fruit de beaucoup de travail. Le plus jeune avait sûrement dû beaucoup travailler. Un simple entrainement de temps en temps ça ne donnait pas de si bons sortilèges sauf si l'autre avait un talent inné. Cependant, Edwin avait appris avec le temps que le talent ne faisait pas tout. Sans un bon entraînement, même les gens talentueux naturellement avaient leur limite.
Il pressa l'épaule de l'autre, un geste tout naturel pour lui quand il s'agissait de compliment les gens. C'était comme pour leur dire sans ouvrir la bouche "C'est bien, bon boulot, continue comme ça". Ca se voit que tu sais bien manier ce sort. Sois pas timide, moi à ton âge j'arrivais pas à faire d'aussi bons sortilèges de lévitation.
Il observa l'autre écrire le petit mot avec un regard presque doux. Il appréciait voir des premières années être plus heureux d'être à Poudlard que lui l'avait été. Ca lui arrivait parfois d'observer les plus jeunes dans les couloirs et de sourire en les voyant avoir déjà un groupe d'amis ou appréciant d'aller en cours. C'était tellement différent de ce qu'il avait vécu durant sa première année. Ca lui faisait parfois tout drôle de se comparer à des premières années diamétralement opposés à ce que lui avait été.
Quand l'autre rangea le bonbon, Edwin soupira à nouveau de soulagement. Merveilleux, il n'allait pas lui vomir aux pieds. Bien que les nausées se tassent petit à petit, il savait parfaitement qu'il aurait été capable de vomir juste à la vue prolongée de quelque chose à manger. Son estomac ne voulait juste plus avoir à faire à la nourriture, comme ça lui arrivait très souvent en ce moment. En tout cas, c'était trop compliqué dans sa tête pour qu'il arrive à l'expliquer alors il était content que l'autre ai juste accepté l'excuse qu'il avait donné. Ce n'était pas beau de mentir aux plus jeunes que soit mais Edwin avait préféré ça à un spectacle vraiment désastreux pour l'autre s'il s'était forcé à la place. Il fit un sourire plus naturel à l'autre. T'es pas le seul à être obsédé du sucre. J'ai une amie qui l'est, et mon Boursouflet... Si je lui montre du sucre, elle essayera de sauter dessus même si c'est pas bon pour elle.
Edwin secoua la tête, une nouvelle nausée à l'idée que quelqu'un vienne le voir. Il ne voulait pas s'expliquer et un adulte demanderait sûrement à en savoir plus. De plus, si un adulte venait le voir, Owen finirait sûrement au courant et, ça, c'était impensable. Il ne voulait pas que quelqu'un d'autre le voit dans sa misère. Il était déjà bien assez honteux qu'un première année ai été là pour le voir dans un moment de faiblesse. Prévenir un adulte ça lui donnait presque envie de vider son estomac tout entier. Il était certain que s'il voyait un autre visage se glisser dans les toilettes abandonnées il finirait sûrement en sanglots à demander qu'on le laisse tranquille. Non finit-il par dire. Pas besoin je vais bien, t'as pas à t'en faire. Il fallait vite changer de sujet Tu n'as pas de cours auxquels aller ? Je vais devoir aller aux miens, perso, alors... ben je te dis au revoir.
Il commença à marcher vers la sortie, s'arrêtant uniquement pour écouter la réponse du plus jeune. Il ne voulait pas avoir l'air bizarre en s'enfuyant juste après une question quant à l'implication un adulte.
Peut-être ma dernière réponse selon comment Ernest réagit.
669 mots
Il pressa l'épaule de l'autre, un geste tout naturel pour lui quand il s'agissait de compliment les gens. C'était comme pour leur dire sans ouvrir la bouche "C'est bien, bon boulot, continue comme ça". Ca se voit que tu sais bien manier ce sort. Sois pas timide, moi à ton âge j'arrivais pas à faire d'aussi bons sortilèges de lévitation.
Il observa l'autre écrire le petit mot avec un regard presque doux. Il appréciait voir des premières années être plus heureux d'être à Poudlard que lui l'avait été. Ca lui arrivait parfois d'observer les plus jeunes dans les couloirs et de sourire en les voyant avoir déjà un groupe d'amis ou appréciant d'aller en cours. C'était tellement différent de ce qu'il avait vécu durant sa première année. Ca lui faisait parfois tout drôle de se comparer à des premières années diamétralement opposés à ce que lui avait été.
Quand l'autre rangea le bonbon, Edwin soupira à nouveau de soulagement. Merveilleux, il n'allait pas lui vomir aux pieds. Bien que les nausées se tassent petit à petit, il savait parfaitement qu'il aurait été capable de vomir juste à la vue prolongée de quelque chose à manger. Son estomac ne voulait juste plus avoir à faire à la nourriture, comme ça lui arrivait très souvent en ce moment. En tout cas, c'était trop compliqué dans sa tête pour qu'il arrive à l'expliquer alors il était content que l'autre ai juste accepté l'excuse qu'il avait donné. Ce n'était pas beau de mentir aux plus jeunes que soit mais Edwin avait préféré ça à un spectacle vraiment désastreux pour l'autre s'il s'était forcé à la place. Il fit un sourire plus naturel à l'autre. T'es pas le seul à être obsédé du sucre. J'ai une amie qui l'est, et mon Boursouflet... Si je lui montre du sucre, elle essayera de sauter dessus même si c'est pas bon pour elle.
Edwin secoua la tête, une nouvelle nausée à l'idée que quelqu'un vienne le voir. Il ne voulait pas s'expliquer et un adulte demanderait sûrement à en savoir plus. De plus, si un adulte venait le voir, Owen finirait sûrement au courant et, ça, c'était impensable. Il ne voulait pas que quelqu'un d'autre le voit dans sa misère. Il était déjà bien assez honteux qu'un première année ai été là pour le voir dans un moment de faiblesse. Prévenir un adulte ça lui donnait presque envie de vider son estomac tout entier. Il était certain que s'il voyait un autre visage se glisser dans les toilettes abandonnées il finirait sûrement en sanglots à demander qu'on le laisse tranquille. Non finit-il par dire. Pas besoin je vais bien, t'as pas à t'en faire. Il fallait vite changer de sujet Tu n'as pas de cours auxquels aller ? Je vais devoir aller aux miens, perso, alors... ben je te dis au revoir.
Il commença à marcher vers la sortie, s'arrêtant uniquement pour écouter la réponse du plus jeune. Il ne voulait pas avoir l'air bizarre en s'enfuyant juste après une question quant à l'implication un adulte.
Peut-être ma dernière réponse selon comment Ernest réagit.
669 mots
"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)
L'urgence de la situation
Ernest acquiesça timidement et tenta d'adresser un sourire au garçon qui était plutôt une déformation étrange de ses lèvres. Il avait bien un cours de botanique un peu plus tard et il faudrait qu'il redescende les quatre étages avant de devoir encore traverser le parc. Il resta immobile quelques seconde après le départ de la grande gigue écoutant le bruits des pas qui résonnaient dans le couloir et finir par s'évanouir derrière l'épaisseur des murs de pierre. Il ne connaissait même pas son prénom.
Le silence retomba alors, uniquement troublé par le goutte-à-goutte du robinet mal fermé sur lequel la respiration du garçon se cala. Le regard du petit brun resta fixé sur la sortie un instant de plus avant de tomber lentement sur le morceau de parchemin qu'il tenait encore entre ses doigts. “Plus de PQ ! Attention !”
L’encre avait un peu bavé sur le coin inférieur où il avait posé ses doigts un peu humide. Le petit brun grimaça. En y réfléchissant, ce message avait quelque chose d’un peu ridicule. Enfin… pas complètement ridicule. Mais suffisamment pour qu’il espère très fort que personne ne soit en mesure de reconnaître son écriture. Il finit quand même par accrocher le mot sur la porte de la cabine dont il avait subtilisé le rouleau. Parce qu'au fond, ça pourrait quand même éviter à quelqu'un de vivre la pire expérience sociale de son existence. Enfin il exagérait un peu. Mais pas tant que ça.
Une fois sa mission accomplie, le première année réajusta la bandoulière de son sac sur son épaule et fit volte-face pour récupérer le bic qu'il avait laissé traîner sur le robinet. Ses doigts frôlèrent machinalement le triton au gingembre qu'il avait glissé dans s poche. Il était un peu ramolli à force d’avoir été serré contre le tissu de la doublure de sa robe. Alors son regard glissa à nouveau vers la porte par laquelle le troisième année avait quitté la salle d'eau. Il avait vraiment mauvaise mine.
Même s'il n'était pas vraiment capable de l'expliquer, le petit serpentard ressentait une sensation étrange. Le sentiment de percevoir un désalignement entre les paroles et la réalité, la contradiction d'un "ça va" et d'un visage qui disait exactement le contraire. Comme si les mots servaient surtout à éloigner les autres. Pas par méchanceté. D'ailleurs il ne s'était pas moqué quand il l'avait surpris avec son rouleau de papier toilettes flottant. Il aurait pu rire ou bien pire, raconter ça à toute la salle commune. Mais Ernest avait le sentiment que ce n'était pas son genre.
Au contraire. Il lui avait même dit qu’il était doué. Et cette pensée réchauffa un peu le creux de son ventre même s'il n'était pas certain de mériter ce compliment. C'était juste qu'il s'entraînait beaucoup. Peut-être trop. Mais entendre un garçon plus âgé dire qu'il se débrouillait bien, ça flattait forcément l'égo. Et peut-être que ça rassurait aussi un peu. Comme une autorisation discrète d'exister un peu plus que d'habitude.
Le petit brun ouvrit le robinet une dernière fois pour se rincer les doigts. Son regard croisa son reflet dans le miroir quelques secondes. Ses cheveux ondulaient légèrement à cause de l’humidité de la pièce et ses joues étaient encore un peu rouges. Moins pâles que d'habitude. Ce qui lui fit repenser à l'autre garçon. À son dos courbé. À sa façon de sourire sans vraiment avoir l’air d’aller bien. Une sensation désagréable lui traversa l’estomac. Il espérait qu’il disait vrai. Qu’il avait juste trop mangé. Lui aussi, ça lui arrivait quelques fois. Avec toute la nourriture en libre service qui apparaissait sur les tables, c'était parfois difficile de faire un choix. Et lui, il n'aimait pas choisir.
Ernest se mit finalement en route et quitta les toilettes à son tour. Dans les escaliers, il ralentit légèrement en apercevant la silhouette du grand brun en contre-bas, presque avalée par les virages des escaliers magiques. Il hésita une seconde à l’appeler mais finit par s'abstenir. À la place, il resserra doucement ses doigts autour du triton au gingembre resté dans sa poche avant de prendre la direction des serres de botanique.
Le silence retomba alors, uniquement troublé par le goutte-à-goutte du robinet mal fermé sur lequel la respiration du garçon se cala. Le regard du petit brun resta fixé sur la sortie un instant de plus avant de tomber lentement sur le morceau de parchemin qu'il tenait encore entre ses doigts. “Plus de PQ ! Attention !”
L’encre avait un peu bavé sur le coin inférieur où il avait posé ses doigts un peu humide. Le petit brun grimaça. En y réfléchissant, ce message avait quelque chose d’un peu ridicule. Enfin… pas complètement ridicule. Mais suffisamment pour qu’il espère très fort que personne ne soit en mesure de reconnaître son écriture. Il finit quand même par accrocher le mot sur la porte de la cabine dont il avait subtilisé le rouleau. Parce qu'au fond, ça pourrait quand même éviter à quelqu'un de vivre la pire expérience sociale de son existence. Enfin il exagérait un peu. Mais pas tant que ça.
Une fois sa mission accomplie, le première année réajusta la bandoulière de son sac sur son épaule et fit volte-face pour récupérer le bic qu'il avait laissé traîner sur le robinet. Ses doigts frôlèrent machinalement le triton au gingembre qu'il avait glissé dans s poche. Il était un peu ramolli à force d’avoir été serré contre le tissu de la doublure de sa robe. Alors son regard glissa à nouveau vers la porte par laquelle le troisième année avait quitté la salle d'eau. Il avait vraiment mauvaise mine.
Même s'il n'était pas vraiment capable de l'expliquer, le petit serpentard ressentait une sensation étrange. Le sentiment de percevoir un désalignement entre les paroles et la réalité, la contradiction d'un "ça va" et d'un visage qui disait exactement le contraire. Comme si les mots servaient surtout à éloigner les autres. Pas par méchanceté. D'ailleurs il ne s'était pas moqué quand il l'avait surpris avec son rouleau de papier toilettes flottant. Il aurait pu rire ou bien pire, raconter ça à toute la salle commune. Mais Ernest avait le sentiment que ce n'était pas son genre.
Au contraire. Il lui avait même dit qu’il était doué. Et cette pensée réchauffa un peu le creux de son ventre même s'il n'était pas certain de mériter ce compliment. C'était juste qu'il s'entraînait beaucoup. Peut-être trop. Mais entendre un garçon plus âgé dire qu'il se débrouillait bien, ça flattait forcément l'égo. Et peut-être que ça rassurait aussi un peu. Comme une autorisation discrète d'exister un peu plus que d'habitude.
Le petit brun ouvrit le robinet une dernière fois pour se rincer les doigts. Son regard croisa son reflet dans le miroir quelques secondes. Ses cheveux ondulaient légèrement à cause de l’humidité de la pièce et ses joues étaient encore un peu rouges. Moins pâles que d'habitude. Ce qui lui fit repenser à l'autre garçon. À son dos courbé. À sa façon de sourire sans vraiment avoir l’air d’aller bien. Une sensation désagréable lui traversa l’estomac. Il espérait qu’il disait vrai. Qu’il avait juste trop mangé. Lui aussi, ça lui arrivait quelques fois. Avec toute la nourriture en libre service qui apparaissait sur les tables, c'était parfois difficile de faire un choix. Et lui, il n'aimait pas choisir.
Ernest se mit finalement en route et quitta les toilettes à son tour. Dans les escaliers, il ralentit légèrement en apercevant la silhouette du grand brun en contre-bas, presque avalée par les virages des escaliers magiques. Il hésita une seconde à l’appeler mais finit par s'abstenir. À la place, il resserra doucement ses doigts autour du triton au gingembre resté dans sa poche avant de prendre la direction des serres de botanique.
FIN
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4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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