Zone de perturbations
18h00
Leo avait eu le matin même cours de Sortilèges. C'était une heure qu'il aimait bien, où la professeure savait savamment manier pratique et théorie. Ainsi, on restait rarement sans rien faire, ce qui ne pouvait que plaire au Serpentard.
Mais l'inconvénient de tout ça, c'était les devoirs donnés en fin d'heure. Pour compenser le temps perdu en pratiquant, Miss Priddy distribuait à foison des exercices en tous genres, qui n'étaient pas réputés pour leur simplicité. Il fallait parfois y passer plusieurs heures, durant lesquelles on alternait entre de longues rédactions, et des recherches toutes aussi fastidieuses.
C'était pour ça que Leo se retrouvait dans la bibliothèque, alternant entre la lecture de gros livres reliés en cuir, et l'écriture de son devoir. À chaque fois qu'il devait faire des recherches, le plus difficile était de trouver le livre adapté. Souvent, ils étaient bien trop compliqués pour que le jeune garçon comprenne quoi que ce soit. Et, quand, enfin, il trouvait quelque chose d'à peu près lisible, il n'était pas rare que le livre manque alors d'informations, ou soit démesurément vulgarisé.
Mais, cette fois-ci, Leo n'avait pas eu trop de difficultés à trouver ce qui lui convenait. Un gros livre, certes, mais qu'il comprenait dans l'ensemble, et qui répondait à ses questions. Restait qu'il n'arrivait pas à se concentrer. Les questions lui paraissaient bien trop détachées de toute réalité, rien ne l'intéressait dans ce devoir. D'autant plus qu'il faisait assez beau, dehors. Les rayons du soleil couchant filtraient à travers les grandes fenêtres de la bibliothèque, tombant sur la table au bois verni qui les reflétait dans les yeux du Serpentard.
Tournant les yeux, Leo aperçut un petit oiseau voleter derrière la fenêtre, puis se poser au bord de celle-ci. Soupirant un bon coup, il se reconcentra sur sa tâche première.
"Les carottes dansent mieux lorsqu'elles sont en pyjama."
- Mère Teresa
Zone de perturbations
Les études, Sunday l’avait compris, c’étaient un assemblement de mots et de schémas dont on le gavait, d’abord par les oreilles, puis quand il n’y avait plus la place, c’était par les trous de nez et par la bouche, jusqu’à ce qu’il en ait la nausée et qu’il veuille se dissimuler au fond du lit comme Rupert, le chien de la famille, faisait quand il avait peur de l’orage. Il n’avait jamais été un élève brillant, c’était pourtant ce qu’on attendait de lui depuis qu’il était entré à l’école primaire écossaise à ses cinq ans, mais les études à Poudlard lui demandaient une telle remise en question de sa vision du monde qu’il se sentait incapable d’aligner plus de trois mots sur un parchemin — l’idée même d’écrire sur un parchemin, avec une plume, était tout à fait moyenâgeuse mais personne n’avait demandé l’avis de Sunday et les traditions sorcières restaient telles quelles. Il n’avait pas vu un seul crayon depuis son arrivée à Poudlard, et avait du jeter plusieurs de ses parchemins suite à des tâches d’encre disgracieuses. L’utilisation même d’une plume devenait un obstacle dans ses tentatives difficiles de se mettre au travail.
Une énième tâche d’encre sur son devoir et il enfonça son visage dans le coussin, habituellement installé sur un des canapés de la salle commune, qu’il avait ramené avec lui jusqu’à la table. Il détestait Poudlard, détestait la montagne d’informations qu’il devait ingurgiter au quotidien. Pire, bien qu’il le détestait, il était dans l’incapacité de prendre une décision et de retourner au monde des moldus ; la perspective de devoir rester éloigné de ce monde mystérieux lui donnait l’impression qu’il raterait quelque chose. Et, de toute façon, il n’était pas certain que le Conseil des Sorciers le laisserait rentrer confortablement chez les moldus, mais il n’avait pas tenté de savoir si c’était possible.
Son manque de courage le porta à faire ce qu’il faisait de mieux : tenter de se laisser flotter au gré des attentes, y répondre en demi-teinte, juste assez pour qu’on le laisse tranquille. Mais toute la passivité dont il savait faire preuve ne suffisait pas à remplir ses devoirs, et le bruit constant dans la salle commune n’aidait pas.
Si bien que Sunday décida de rejoindre la bibliothèque dont il ne raffolait pas particulièrement mais qui avait l’avantage d’être plein d’un silence oppressant, perturbé seulement par les raclements de gorge, les éclats de toux et le bruit de livres dont les pages se voyaient tourner d’un sens et de l’autre à la recherche d’une information particulière.
Trois heures passèrent dans l’imaginaire de Sunday, mais l’on parlait en réalité de vingt petites minutes durant lesquelles il n’eut compléter qu’une seule question à son devoir de métamorphose. C’était déjà trop pour Sunday, dont le cerveau commençait déjà à s’éparpiller, lançant ses petits soldats dans tous les coins à la recherche d’un souvenir, d’un mot, d’un quelque chose qui saurait stimuler le garçon. Dans le même temps, ses jambes se mirent à bouger frénétiquement dans un mouvement de balancier, tantôt passant sous la chaise de Sunday, tantôt s’étendant sous la table.
— C’est baaarbant… Barbe.. Barbe de Merlin… Par la Barbe de Merlin ! Merlinpinpin… Ah non, ça c’est perlimpinpin. Pain de mie.. Du pain de mie.. Avec de la confiture, oh ouais... murmurait-il, enchaînant les mots dans un ordre chaotique dont la seule logique consistait en une association d’idées hasardeuse. Le dos collé à sa chaise dans une volonté de la faire balancer (mais elle était trop lourde), Sunday balaya la pièce du regard, remarqua le dos du garçon qui était assis à la table devant lui, jusqu’à ce que son regard se plonge à nouveau sur son parchemin dont il observait le grain, ignorant totalement la phrase qu’il avait commencé et qu’il n’avait pas achevé. Puis, parce que bientôt le grain du parchemin ne suffisait plus à l’occuper, il se mit à fredonner un morceau de musique de son cru, aux notes désorganisées qui feraient probablement pleurer le chef de cœur de Poudlard, tout en griffonnant des gribouillis sur le coin de son parchemin de brouillon, les jambes se balançant toujours de manière frénétique. Il ajouta finalement des paroles dans un murmure, recherchées et exquises, à sa mélodie fredonnée, sans s'inquiéter d'embêter son entourage puisqu'il était persuadé que son murmure agité n'était entendu de personne.
— Pain de mie, pain de mie... Miche de pain, miche de pain... Pain d'épices, paaa-in d'épices, tutututu..
Une énième tâche d’encre sur son devoir et il enfonça son visage dans le coussin, habituellement installé sur un des canapés de la salle commune, qu’il avait ramené avec lui jusqu’à la table. Il détestait Poudlard, détestait la montagne d’informations qu’il devait ingurgiter au quotidien. Pire, bien qu’il le détestait, il était dans l’incapacité de prendre une décision et de retourner au monde des moldus ; la perspective de devoir rester éloigné de ce monde mystérieux lui donnait l’impression qu’il raterait quelque chose. Et, de toute façon, il n’était pas certain que le Conseil des Sorciers le laisserait rentrer confortablement chez les moldus, mais il n’avait pas tenté de savoir si c’était possible.
Son manque de courage le porta à faire ce qu’il faisait de mieux : tenter de se laisser flotter au gré des attentes, y répondre en demi-teinte, juste assez pour qu’on le laisse tranquille. Mais toute la passivité dont il savait faire preuve ne suffisait pas à remplir ses devoirs, et le bruit constant dans la salle commune n’aidait pas.
Si bien que Sunday décida de rejoindre la bibliothèque dont il ne raffolait pas particulièrement mais qui avait l’avantage d’être plein d’un silence oppressant, perturbé seulement par les raclements de gorge, les éclats de toux et le bruit de livres dont les pages se voyaient tourner d’un sens et de l’autre à la recherche d’une information particulière.
Trois heures passèrent dans l’imaginaire de Sunday, mais l’on parlait en réalité de vingt petites minutes durant lesquelles il n’eut compléter qu’une seule question à son devoir de métamorphose. C’était déjà trop pour Sunday, dont le cerveau commençait déjà à s’éparpiller, lançant ses petits soldats dans tous les coins à la recherche d’un souvenir, d’un mot, d’un quelque chose qui saurait stimuler le garçon. Dans le même temps, ses jambes se mirent à bouger frénétiquement dans un mouvement de balancier, tantôt passant sous la chaise de Sunday, tantôt s’étendant sous la table.
— C’est baaarbant… Barbe.. Barbe de Merlin… Par la Barbe de Merlin ! Merlinpinpin… Ah non, ça c’est perlimpinpin. Pain de mie.. Du pain de mie.. Avec de la confiture, oh ouais... murmurait-il, enchaînant les mots dans un ordre chaotique dont la seule logique consistait en une association d’idées hasardeuse. Le dos collé à sa chaise dans une volonté de la faire balancer (mais elle était trop lourde), Sunday balaya la pièce du regard, remarqua le dos du garçon qui était assis à la table devant lui, jusqu’à ce que son regard se plonge à nouveau sur son parchemin dont il observait le grain, ignorant totalement la phrase qu’il avait commencé et qu’il n’avait pas achevé. Puis, parce que bientôt le grain du parchemin ne suffisait plus à l’occuper, il se mit à fredonner un morceau de musique de son cru, aux notes désorganisées qui feraient probablement pleurer le chef de cœur de Poudlard, tout en griffonnant des gribouillis sur le coin de son parchemin de brouillon, les jambes se balançant toujours de manière frénétique. Il ajouta finalement des paroles dans un murmure, recherchées et exquises, à sa mélodie fredonnée, sans s'inquiéter d'embêter son entourage puisqu'il était persuadé que son murmure agité n'était entendu de personne.
— Pain de mie, pain de mie... Miche de pain, miche de pain... Pain d'épices, paaa-in d'épices, tutututu..
Dernière modification par Sunday Vandermeer le 1 mai 2023, 21:13, modifié 1 fois.
Zone de perturbations
Leo était quand même bien, là. Même si c'était rébarbatif, il était au calme, seul dans la bibliothèque. Devant lui le mur, sur le côté la fenêtre. Certes, de temps en temps, un petit regard à travers celle-ci. Mais, la majorité du temps, il écrivait, et écrivait encore. Ça faisait bien plusieurs heures, mais rien ne venait troubler son travail, le bibliothécaire restant invisible.
Soudain, une voix derrière lui. Surpris, Leo se tourna vers celle-ci, d'un mouvement réflexe. Et il emporta avec son bras sa plume et son encrier.
Il vit, au ralenti, l'encre tomber sur le vieux livre. Elle sembla hésiter un instant à glisser hors de son pot, mais finit par tomber en une grosse flaque épaisse et uniforme. Avant que Leo ne redresse l'encrier, le pot s'était déjà à moitié vidé. L'encre avait imbibé toutes les pages du livre, le transperçant même légèrement en son centre. Il semblait proprement irrécupérable.
Et pendant ce temps, l'autre continuait à chantonner des mots sans aucun rapport. Il ne voulait pas travailler, d'accord, c'était son choix. Mais qu'il dérange les autres ailleurs, au moins. La bibliothèque était un espace de travail, il y avait la Salle de répétition pour travailler sa voix.
D'autant plus qu'il le connaissait, ce garçon. C'était Sunday, un Serpentard lui aussi. Il ne le connaissait que de vue et de réputation, celle d'un garçon surexcité, débordant un peu trop d'énergie. Leo leva donc les yeux au ciel. Il sentait qu'il allait être difficile de lui faire reconnaitre ses tords.
-Tu as vu ce que tu as provoqué? Fais attention, maintenant je sais pas ce que je vais faire.
Soudain, une voix derrière lui. Surpris, Leo se tourna vers celle-ci, d'un mouvement réflexe. Et il emporta avec son bras sa plume et son encrier.
Il vit, au ralenti, l'encre tomber sur le vieux livre. Elle sembla hésiter un instant à glisser hors de son pot, mais finit par tomber en une grosse flaque épaisse et uniforme. Avant que Leo ne redresse l'encrier, le pot s'était déjà à moitié vidé. L'encre avait imbibé toutes les pages du livre, le transperçant même légèrement en son centre. Il semblait proprement irrécupérable.
Et pendant ce temps, l'autre continuait à chantonner des mots sans aucun rapport. Il ne voulait pas travailler, d'accord, c'était son choix. Mais qu'il dérange les autres ailleurs, au moins. La bibliothèque était un espace de travail, il y avait la Salle de répétition pour travailler sa voix.
D'autant plus qu'il le connaissait, ce garçon. C'était Sunday, un Serpentard lui aussi. Il ne le connaissait que de vue et de réputation, celle d'un garçon surexcité, débordant un peu trop d'énergie. Leo leva donc les yeux au ciel. Il sentait qu'il allait être difficile de lui faire reconnaitre ses tords.
-Tu as vu ce que tu as provoqué? Fais attention, maintenant je sais pas ce que je vais faire.
"Les carottes dansent mieux lorsqu'elles sont en pyjama."
- Mère Teresa
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Un sursaut fit remonter ses épaules un instant, alors qu’il redressa la tête pour chercher la source des paroles qui venaient de se faufiler brusquement dans son oreille. D’abord, il ouvrit la bouche. Puis, il la referma. Il jeta un regard sur le côté, mais il n’y avait personne, et reporta son attention sur Gallagher, dont il ne se rappelait que le nom de famille pour l’avoir entendu de temps en temps autour de lui. Il lui fallut un instant pour comprendre ce qui lui était reproché, et il observa bêtement le garçon blond devant lui pendant un instant. Puis, parce qu’il ne voyait rien qui clochait sur son visage, son regard se posa finalement sur la table de son camarade, sur laquelle trônaient un vieux livre plein d’encre, et le cadavre éventré d’un encrier dégoulinant. Une vraie scène de crime, dont le blond était de toute évidence le coupable. Pourtant, les mots de Gallagher le ciblaient lui, alors qu’il venait tout juste de prendre connaissance de l’existence de l’encrier et du livre : jusque là, le dos du Serpentard bloquait sa vision. Le garçon trouva la situation ridicule bien qu’il n’était pas tout à fait surpris : depuis qu’il avait rejoint Poudlard, il avait été témoin de comportements étranges à n’en pas finir. Pas que les moldus n’étaient pas eux-mêmes la source de bizarreries, mais proportionnellement, il était davantage amené à en voir ici en étant entouré de dizaines de jeunes adolescents turbulents — sa mère n’en dormirait pas, s’il lui racontait tout ce qu’il voyait au quotidien, alors il s’était promis de ne pas entrer dans les détails auprès d’elle.
Confus sur la réaction à adopter lorsque l’on se retrouve acculé de cette façon, Sunday observa son interlocuteur avec des yeux ronds à nouveau pendant un instant, les traits figés par la confusion — qu’attendait-on de lui ? Puis, parce qu’il était hors de question qu’il se laisse accuser de la sorte, il le pointa du sommet de sa plume à écrire.
— M’accuses pas pour te défiler, c’est toi qui as renversé ça. Moi mes bras ils étaient là, sur la table, j’ai rien touché, hein. Tu connais pas un sort pour nettoyer tout ça ? Un Récurvite, un truc de ce type là. Ou demande à quelqu’un, avec moi ça va être raté, déclara-t-il d’un ton plus assuré qu’il ne l’était réellement, avant de tourner la tête et de balayer la bibliothèque du regard à la recherche de quelqu’un qui saurait les aiguiller en cas de maladresse malencontreuse. La personne là-bas, par exemple, non ? Il a l’air d’être au moins en quatrième année. Il doit bien avoir un maxi Récurvite qui va tout nettoyer en douze millièmes de secondes, fit-il remarquer, le doigt tendu en direction du probable-quatrième-année en question. Il glissa momentanément le sommet de sa plume contre son menton comme s’il était en pleine réflexion, avant de baisser à nouveau le visage vers ses parchemins, comme pour se persuader lui-même que Gallagher venait d’interrompre son travail et que la responsabilité de la lenteur avec laquelle il remplissait son parchemin ne lui incombait pas.
Confus sur la réaction à adopter lorsque l’on se retrouve acculé de cette façon, Sunday observa son interlocuteur avec des yeux ronds à nouveau pendant un instant, les traits figés par la confusion — qu’attendait-on de lui ? Puis, parce qu’il était hors de question qu’il se laisse accuser de la sorte, il le pointa du sommet de sa plume à écrire.
— M’accuses pas pour te défiler, c’est toi qui as renversé ça. Moi mes bras ils étaient là, sur la table, j’ai rien touché, hein. Tu connais pas un sort pour nettoyer tout ça ? Un Récurvite, un truc de ce type là. Ou demande à quelqu’un, avec moi ça va être raté, déclara-t-il d’un ton plus assuré qu’il ne l’était réellement, avant de tourner la tête et de balayer la bibliothèque du regard à la recherche de quelqu’un qui saurait les aiguiller en cas de maladresse malencontreuse. La personne là-bas, par exemple, non ? Il a l’air d’être au moins en quatrième année. Il doit bien avoir un maxi Récurvite qui va tout nettoyer en douze millièmes de secondes, fit-il remarquer, le doigt tendu en direction du probable-quatrième-année en question. Il glissa momentanément le sommet de sa plume contre son menton comme s’il était en pleine réflexion, avant de baisser à nouveau le visage vers ses parchemins, comme pour se persuader lui-même que Gallagher venait d’interrompre son travail et que la responsabilité de la lenteur avec laquelle il remplissait son parchemin ne lui incombait pas.
Zone de perturbations
Mais qu'est-ce qu'il racontait, encore?
C'était lui qui provoquait la catastrophe, et il voulait maintenant se détacher de la responsabilité. Quel comportement lâche, vraiment pas digne d'un Serpentard. La maison verte prônait l'honneur et la fierté, pas la couardise.
Leo se leva, et décala le fauteuil sur le côté. En effet, pendant qu'ils parlaient, l'encre avait continué son petit bout de chemin sur la table, et, après avoir entièrement imprégné le parchemin de Sortilèges sur lequel Leo travaillait, elle menaçait maintenant de couler sur le sol. Et il était hors de question de salir, en plus du livre, un des beaux fauteuils de la bibliothèque.
Puis, l'adolescent décala ce qui restait de ses affaires, avant de se tourner de nouveau vers l'autre Serpentard.
-C'est pas un récurvite qui va régler le problème, le papier du livre est transpercé, là. Il est à jeter. Sur un ton plus pensif, il reprit la parole, après un instant de réflexion. À la limite, pour la table...
Puis, pointant sa baguette sur la table en bois, Leo lança un rapide Recurvite. L'encre disparut de la table, arrêtant de menacer le sol de la bibliothèque. Mais restait le livre, entièrement trempé. Et le Serpentard ne s'imaginait pas essayer de restaurer ce vieux livre, c'était bien au-dessus de ses capacités.
-Bonne idée le Recurvite. Au mois ça limite les risques. Par contre, on fait quoi du livre maintenant? Tu as vu le bibliothéquaire? J'ai plus confiance en lui qu'en un élève au hasard.
C'était lui qui provoquait la catastrophe, et il voulait maintenant se détacher de la responsabilité. Quel comportement lâche, vraiment pas digne d'un Serpentard. La maison verte prônait l'honneur et la fierté, pas la couardise.
Leo se leva, et décala le fauteuil sur le côté. En effet, pendant qu'ils parlaient, l'encre avait continué son petit bout de chemin sur la table, et, après avoir entièrement imprégné le parchemin de Sortilèges sur lequel Leo travaillait, elle menaçait maintenant de couler sur le sol. Et il était hors de question de salir, en plus du livre, un des beaux fauteuils de la bibliothèque.
Puis, l'adolescent décala ce qui restait de ses affaires, avant de se tourner de nouveau vers l'autre Serpentard.
-C'est pas un récurvite qui va régler le problème, le papier du livre est transpercé, là. Il est à jeter. Sur un ton plus pensif, il reprit la parole, après un instant de réflexion. À la limite, pour la table...
Puis, pointant sa baguette sur la table en bois, Leo lança un rapide Recurvite. L'encre disparut de la table, arrêtant de menacer le sol de la bibliothèque. Mais restait le livre, entièrement trempé. Et le Serpentard ne s'imaginait pas essayer de restaurer ce vieux livre, c'était bien au-dessus de ses capacités.
-Bonne idée le Recurvite. Au mois ça limite les risques. Par contre, on fait quoi du livre maintenant? Tu as vu le bibliothéquaire? J'ai plus confiance en lui qu'en un élève au hasard.
"Les carottes dansent mieux lorsqu'elles sont en pyjama."
- Mère Teresa
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Sunday avait beau réfléchir à la situation en tout sens, il ne comprenait pas pour quelle raison Gallagher le prenait à partie de cette manière. Il n’avait pourtant rien provoqué, comment aurait-il pu ? Le malaise lui noua la gorge et lui fit ravaler ses mots tandis qu’il observait l’encre couler sur le cadavre du livre — paix à son âme. Les reproches de son camarade avaient réussi à creuser son estomac dans un tunnel de culpabilité qui aveuglait à présent son objectivité : et si c’était vraiment de sa faute ? Et si, dans un effet boule de neige, son souffle avait provoqué une tempête qui avait renversé l’encrier du Serpentard ? L’idée paraissait difficilement croyable, mais pour une raison qui prenait probablement source dans l’éducation du garçon, Sunday se persuada qu’il avait bien sa part de responsabilité dans le malencontreux accident. Dans un geste lent et mesuré, il se leva finalement avec la volonté de ne pas émettre un seul son même avec sa chaise. Le brun observa son interlocuteur lancer le sortilège de Recurvite avec une efficacité spectaculaire dans les yeux du né-moldu qu’il était, et il se posta à côté du fauteuil de son camarade, les mains sur le dossier, les doigts tapotant doucement sur la matelassure.
— Je sais pas, non. C’est de ma faute ? demanda-t-il finalement, le regard perdu dans la tâche d’encre qui engloutissait le livre. Suspicieusement, son regard parcourut la bibliothèque avant de finalement s’arrêter sur le visage du blond. Mais j’ai rien fait moi, si ? Il murmurait, le ton incertain et plus aiguë qu'habituellement, comme s’il avait été pris sur le fait de quelque chose qu’il ignorait lui-même. La perspective de se faire exclure de la bibliothèque l’embêtait : c’était le seul endroit où il parvenait à ne pas trop se distraire. Et puis il n’avait pas d’argent pour parvenir à racheter un livre, il était certain qu’il serait bien trop cher pour ses maigres économies dont il ne voulait pas se départir de toute façon.
— Je sais pas, non. C’est de ma faute ? demanda-t-il finalement, le regard perdu dans la tâche d’encre qui engloutissait le livre. Suspicieusement, son regard parcourut la bibliothèque avant de finalement s’arrêter sur le visage du blond. Mais j’ai rien fait moi, si ? Il murmurait, le ton incertain et plus aiguë qu'habituellement, comme s’il avait été pris sur le fait de quelque chose qu’il ignorait lui-même. La perspective de se faire exclure de la bibliothèque l’embêtait : c’était le seul endroit où il parvenait à ne pas trop se distraire. Et puis il n’avait pas d’argent pour parvenir à racheter un livre, il était certain qu’il serait bien trop cher pour ses maigres économies dont il ne voulait pas se départir de toute façon.