Tournez à gauche. Faites demi-tour.
12 octobre 2047,
fin d'après-midi.
@Ezra Waite
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@Ezra Waite
La grandeur de Poudlard l’avait paralysé les premières semaines, si bien qu’il avait visité les lieux nommés et connus, ceux que les élèves étaient souvent amenés à traverser pour rejoindre une salle de cours ou leur salle commune. Malgré l’existence de ces lieux déjà nombreux, Sunday savait bien qu’il restait une multitude de pièces et de recoins qu’il n’avait pas vu. L’idée était aussi réjouissante qu’elle était oppressante, car la perspective même de se perdre au cœur de Poudlard sans avoir quoi que ce soit pour appeler quelqu’un — pas même un téléphone portable ! — était plus qu’effrayante. Aussi, avait-il attendu le meilleur moment pour partir en exploration : le jour où les devoirs s’accumulaient et qu’il fallait à tout prix s’éloigner de sa pile de manuels. Il devait aussi écrire un hibou à ses parents pour leur parler de ses premières semaines à Poudlard, bien qu’il était décidé à ne pas tout raconter sans quoi sa mère ferait une syncope dès la lecture de la première ligne.
Courageusement, le garçon était donc sorti de la salle commune et avait pris la direction d’il ne savait où, se laissant guider par les carrefours, virages et lignes droites que proposaient les couloirs de Poudlard. Il traînait des pieds, s’effrayait de chaque bruit inhabituel, priait intérieurement pour qu’il ne tente pas d’ouvrir les portes d’une salle qui le happerait et le téléporterait dans les confins de la galaxie. Il avait ainsi découvert quelques salles d’études qu’il ne connaissait pas, une salle aux accents musicaux dont il souhaitait découvrir l’intérieur un jour, mais pas cette fois car il avait fui à l’instant où il avait vu quelqu’un à l’intérieur, et d’autres salles dont il ne comprenait pas la fonction.
Finalement, le cœur retourné dans tous les sens par les surprises que lui offraient les pièces diverses, Sunday décida de s’en tenir à l’exploration des couloirs, ce qui n’était pas une mince affaire : ils se ressemblaient tous, et le Serpentard usa de stratagèmes pour tenter de faire une carte mentale du lieu. Il se servit de la présence des tableaux, auxquels il se présentait tous brièvement, pour nommer les couloirs dans la mesure du possible, puis, fatigué par deux bonnes heures d’exploration, le garçon s’installa en fin d’après-midi contre le mur d’un des couloirs, observant l’encadrement en pierre d’une porte, qui formait un arc autour du bois. Il lui sembla que l’arc était un arc brisé, mais il se reprocha ne pas avoir amené de livres d’architecture pour confirmer ses pensées. La perspective même de l’existence de livres d’architecture dans la bibliothèque de Poudlard était on ne peut plus incertaine, mais il faudrait qu’il se renseigne — il savait parfaitement que la pensée restera à l’état de mots qui flottent dans sa tête, incapable de faire le premier pas vers quelqu’un pour lui demander de l’aide sans avoir une réponse certaine derrière.
L’arrière de sa tête posée contre la pierre, et ses genoux retroussés contre son torse, il soupira finalement, appréciant la solitude du moment en quelque sorte, mais redoutant aussi le moment où il devrait se lever pour retrouver son chemin jusqu'à la salle commune.
Dernière modification par Sunday Vandermeer le 5 mai 2023, 19:05, modifié 1 fois.
Tournez à gauche. Faites demi-tour.
Ce château devait bien cacher autre chose que des couloirs et des salles des cours. Après, plusieurs jours à arpenter les étages, à épier les professeurs, à écouter les moindres bruits rien ne m'avaient permis de mettre la main sur le moindre indice. Si les rumeurs au sein de l'école étaient fondées, ces fameux passages secrets se dérobaient toujours. Pourtant hors de question d'abandonner. Si d'autres que moi avaient su les débusquer, j'étais capable d'en faire de même.
Une nouvelle fois, cet après midi, je repassais devant les mêmes portraits du deuxième étage. Je sentais sur moi leur regard interrogateur, se demandant surement pourquoi un jeune Serpentard passait autant de temps à marcher dans leur couloir. Je ne prêtais presque plus attention à leur gesticulation. J'avais vite compris qu'ils ne me seraient d'aucune aide. Boris le Hagard avait d'ailleurs fait les frais de mon agacement quand devant ses dénégations, je lui avais répondu par la plus horrible grimace. Depuis, il restait totalement immobile à chacun de mes passages comme s'il s'agissait d'une stupide peinture moldue.
"Alors Boris, toujours fâché ?"
Pas de réponse, pas de geste, juste un léger tressaillement des lèvres indiquant un dédain manifeste à mon égard. Je passais donc mon chemin poursuivant vers le petit escalier en colimaçon qui guidait vers l'étage supérieur quand je remarquais pour la première fois la silhouette de Sunday, assis sur le sol, les genoux ramener contre lui. Etait il déjà là, la fois dernière ?
Depuis la rentrée, Sunday se trouvait dans ma classe mais son comportement distant et son air toujours absent m'avait un peu découragé. Nous n'avions certainement jamais échangé autre chose que des regards fuyants et peut être, pas grand chose à nous dire. Il y avait bien trop d'élève timide dans cette promotion.
Que faisait il là d'ailleurs, tout seul par terre, devant une des portes closes du couloir ? C'était un drôle d'endroit pour tuer le temps. Et puis si cela n'avait pas été un peu pathétique, cela aurait pu être flippant. Y'avait déjà assez de fantômes et d'âmes égarées dans ce château.
"Super endroit pour faire une petite pause. Comment se fait il que je n'y ai jamais songé. Sunday, c'est bien ça ? Moi c'est Ezra. On est dans la même classe."
Je m'asseyais à côté du Serpentard et fixais la porte.
"Belle porte !"
Une nouvelle fois, cet après midi, je repassais devant les mêmes portraits du deuxième étage. Je sentais sur moi leur regard interrogateur, se demandant surement pourquoi un jeune Serpentard passait autant de temps à marcher dans leur couloir. Je ne prêtais presque plus attention à leur gesticulation. J'avais vite compris qu'ils ne me seraient d'aucune aide. Boris le Hagard avait d'ailleurs fait les frais de mon agacement quand devant ses dénégations, je lui avais répondu par la plus horrible grimace. Depuis, il restait totalement immobile à chacun de mes passages comme s'il s'agissait d'une stupide peinture moldue.
"Alors Boris, toujours fâché ?"
Pas de réponse, pas de geste, juste un léger tressaillement des lèvres indiquant un dédain manifeste à mon égard. Je passais donc mon chemin poursuivant vers le petit escalier en colimaçon qui guidait vers l'étage supérieur quand je remarquais pour la première fois la silhouette de Sunday, assis sur le sol, les genoux ramener contre lui. Etait il déjà là, la fois dernière ?
Depuis la rentrée, Sunday se trouvait dans ma classe mais son comportement distant et son air toujours absent m'avait un peu découragé. Nous n'avions certainement jamais échangé autre chose que des regards fuyants et peut être, pas grand chose à nous dire. Il y avait bien trop d'élève timide dans cette promotion.
Que faisait il là d'ailleurs, tout seul par terre, devant une des portes closes du couloir ? C'était un drôle d'endroit pour tuer le temps. Et puis si cela n'avait pas été un peu pathétique, cela aurait pu être flippant. Y'avait déjà assez de fantômes et d'âmes égarées dans ce château.
"Super endroit pour faire une petite pause. Comment se fait il que je n'y ai jamais songé. Sunday, c'est bien ça ? Moi c'est Ezra. On est dans la même classe."
Je m'asseyais à côté du Serpentard et fixais la porte.
"Belle porte !"
14 ans / Promo 47 / 4ème année RP 2050-2051 / Fiche PR
"“Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison.” Edgar Allan POE
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Tournez à gauche. Faites demi-tour.
Les pas d’une autre personne résonnaient dans le couloir mais Sunday ne les entendit pourtant pas. Perdu dans ses pensées, il avait commencé à s’imaginer grand architecte sorcier, à construire d’autres grands châteaux. L’un d’eux aurait pour but de présenter un refuge somptueux pour les nés-moldus, et peut-être même qu’il serait le siège d’un nouveau Conseil : le Conseil des Nés-Moldus, où on interdirait les sorciers de sang pur à travailler… Puis, l’idée dégringola alors que le Serpentard réalisa la gravité de ses pensées. Quand bien même il détestait ce qu’il avait découvert du fonctionnement du monde sorcier, il était dangereux de s’abaisser à leur niveau : en fait, dans tous les films et les dessins animés qu’il avait regardé, les personnes qui songeaient à ce genre de desseins sombres finissaient très mal. Ce n’était pas l’objectif de Sunday qui, lui, voulait simplement un lieu où il n’avait pas à se sentir étranger.
Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que quelqu’un venait de lui adresser la parole et il tourna la tête vers son interlocuteur d’un air interrogateur — pourquoi s’adressait-on à lui, avait-il fait quelque chose qu’il n’aurait pas du ? Gênait-il le passage ? — avant de se rendre compte qu’il s’agissait d’un autre élève de Serpentard, lui aussi en première année. Ce dernier cru bien faire en se présentant à lui à nouveau, et il eut raison : Sunday avait une très mauvaise mémoire des prénoms et sa propension à rester seul depuis la rentrée ne l’aidait pas. Ce n’était pourtant pas dans sa nature de chercher la solitude, mais elle lui semblait bien plus rassurante depuis qu’il avait rejoint les bancs de Poudlard.
— Oui, c’est Sunday. Il acquiesça d’un hochement de tête, et s’il s’attendait à ce qu’Ezra passe son chemin, le Serpentard s’installa à côté de lui pour à son tour regarder la porte. La remarque d’Ezra lui apporta un sourire, ce qui était assez rare pour être souligné, et il hocha à nouveau la tête brusquement. Je pense aussi ! En fait, je me demandais si c’est un arc brisé en haut de la porte, mais j’ai pas de livre pour en être sûr donc… Bah, je sais pas. Il marqua un petit temps de pause où il balaya la porte du regard, avant de finalement se tourner vers Ezra. T’es perdu ? Pas que je le sois, hein, mais je demande pour toi, au cas où t’as besoin d’aide pour retrouver ton chemin. Ces deux dernières phrases avaient été prononcées rapidement, ce qui n’était pas caractéristique de Sunday, et n’importe qui le connaissant un minimum pouvait probablement comprendre le sous-entendu : Sunday était lui-même perdu et voyait en la salutation amicale d’Ezra une porte de sortie.
Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que quelqu’un venait de lui adresser la parole et il tourna la tête vers son interlocuteur d’un air interrogateur — pourquoi s’adressait-on à lui, avait-il fait quelque chose qu’il n’aurait pas du ? Gênait-il le passage ? — avant de se rendre compte qu’il s’agissait d’un autre élève de Serpentard, lui aussi en première année. Ce dernier cru bien faire en se présentant à lui à nouveau, et il eut raison : Sunday avait une très mauvaise mémoire des prénoms et sa propension à rester seul depuis la rentrée ne l’aidait pas. Ce n’était pourtant pas dans sa nature de chercher la solitude, mais elle lui semblait bien plus rassurante depuis qu’il avait rejoint les bancs de Poudlard.
— Oui, c’est Sunday. Il acquiesça d’un hochement de tête, et s’il s’attendait à ce qu’Ezra passe son chemin, le Serpentard s’installa à côté de lui pour à son tour regarder la porte. La remarque d’Ezra lui apporta un sourire, ce qui était assez rare pour être souligné, et il hocha à nouveau la tête brusquement. Je pense aussi ! En fait, je me demandais si c’est un arc brisé en haut de la porte, mais j’ai pas de livre pour en être sûr donc… Bah, je sais pas. Il marqua un petit temps de pause où il balaya la porte du regard, avant de finalement se tourner vers Ezra. T’es perdu ? Pas que je le sois, hein, mais je demande pour toi, au cas où t’as besoin d’aide pour retrouver ton chemin. Ces deux dernières phrases avaient été prononcées rapidement, ce qui n’était pas caractéristique de Sunday, et n’importe qui le connaissant un minimum pouvait probablement comprendre le sous-entendu : Sunday était lui-même perdu et voyait en la salutation amicale d’Ezra une porte de sortie.
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Deux arcs de cercles de pierres taillées coiffaient le lourd panneau de bois et se croisaient en formant ainsi une figure symétrique.
J'aurais dit aussi "arc brisé"... Tu t'intéresses à ce qu'il y a derrière cette porte ou juste à sa forme ?
J'éludais la dernière question. J'étais nullement perdu mais ne voyait pas réellement l'intérêt de répondre à une telle préoccupation puisque j'étais pour le moment assis à ses côtés.
"Y'a des tas de portes dans ce château, beaucoup trop pour le nombre de salle dont nous avons besoin du coup, je m'interroge : "Qu'est ce qu'il y a derrière certaines portes ? Il y a aussi des lieux auxquels on n'accède pas par des portes. Ce sont de simples passages dont certains sont dissimulés. Là aussi, je m'interroge. Pourquoi tant de secrets ?"
Je quittais enfin la porte des yeux pour regarder le garçon assis à mes côtés. Ses cheveux en bataille, ses paupières tombantes et son allure mal fagotée lui donnaient un air épouvantesque mais le sourire que je lisais sur ses lèvres, peut être pour la première fois, me le rendait plus sympathique que de coutume. C'était un drôle d'oiseau. Un drôle d'oiseau qui méritait mieux que la solitude de ce couloir froid et sans intérêt.
"Et sinon, au lieu d'être prostré dans un couloir à contempler l'allure des portes, ça te dirait de m'aider un peu ? Je suis à la recherche de ces fameux passages... secrets."
J'aurais dit aussi "arc brisé"... Tu t'intéresses à ce qu'il y a derrière cette porte ou juste à sa forme ?
J'éludais la dernière question. J'étais nullement perdu mais ne voyait pas réellement l'intérêt de répondre à une telle préoccupation puisque j'étais pour le moment assis à ses côtés.
"Y'a des tas de portes dans ce château, beaucoup trop pour le nombre de salle dont nous avons besoin du coup, je m'interroge : "Qu'est ce qu'il y a derrière certaines portes ? Il y a aussi des lieux auxquels on n'accède pas par des portes. Ce sont de simples passages dont certains sont dissimulés. Là aussi, je m'interroge. Pourquoi tant de secrets ?"
Je quittais enfin la porte des yeux pour regarder le garçon assis à mes côtés. Ses cheveux en bataille, ses paupières tombantes et son allure mal fagotée lui donnaient un air épouvantesque mais le sourire que je lisais sur ses lèvres, peut être pour la première fois, me le rendait plus sympathique que de coutume. C'était un drôle d'oiseau. Un drôle d'oiseau qui méritait mieux que la solitude de ce couloir froid et sans intérêt.
"Et sinon, au lieu d'être prostré dans un couloir à contempler l'allure des portes, ça te dirait de m'aider un peu ? Je suis à la recherche de ces fameux passages... secrets."
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"“Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison.” Edgar Allan POE
"“Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison.” Edgar Allan POE
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Ezra fut en mesure de confirmer les propos de Sunday, ce qui impressionna le garçon, tant l’architecture n’était généralement pas quelque chose qui intéressait les autres enfants de leur âge. Son camarade prit même la liberté d’élargir les interrogations de Sunday, qui ne s’était bêtement pas posé la question de ce qu’il y avait derrière la porte, plus intéressé par le contenant que le contenu. À ses mots, il tourna un peu plus la tête vers le bois de la porte comme s’il tenait d’y voir à travers, mais rien d’autre qu’une vision boisée ne l’accueillit. La porte perdit son intérêt aussitôt, et le Serpentard adressa un nouveau regard à son camarade. Ezra avait soulevé une bonne question : pourquoi tant de secrets ? Sunday ne répondit pas, mais se mit à jouer avec ses lacets du bout des doigts d’un air pensif, le regard perdu dans le vague alors qu’il tentait de faire un tri vain dans les pensées que lui insufflaient le nouveau questionnement. Poudlard était une école bien mystérieuse, et pas simplement car elle défiait les lois du monde moldu, c’était certain. Le garçon s’étonna du fait qu’Ezra semblait lui aussi étonné de quoi que ce soit : les enfants sorciers qu’il avait rencontré jusque là semblaient ne rien questionner et accepter ce monde plein de mystère. Pour Sunday, c’était bien plus compliqué, et il manquait de connaissances pour remplir les mystères de théories farfelues qu’il ne pouvait pas confirmer.
Il reporta à nouveau son attention sur son camarade, détaillant dans un silence pensif le visage d’Ezra, qui semblait incarner la noblesse que l’on prêtait aux Serpentard, contrairement à Sunday qui en était malheureusement l’opposé — ce qui l’interrogeait sur sa présence dans la maison des reptiles. Dépliant ses genoux, il se leva finalement, prenant l’invitation de son camarade pour quitter ses observations architecturales.
— On peut chercher, oui, et sur ces mots il hésita à tendre la main pour aider Ezra à se relever mais il se ravisa finalement, jugeant que c’était une marque de proximité qu’ils ne méritaient pas encore de partager. Moi, je trouve que le monde magique est rempli de secrets, et un peu trop même. Quand on cache quelque chose, c’est pas qu’on a des reproches à se faire ? Tu crois pas qu’il y a des trucs dans toutes ces pièces qui devraient pas être là ? T’as pas peur de tomber sur quelque chose de dangereux ? questionna-t-il, tout en marchant d’un pas lent et dansant jusqu’à une des armures de chevalier qui gratifiaient les couloirs de leur présence silencieuse mais charismatique.
Il reporta à nouveau son attention sur son camarade, détaillant dans un silence pensif le visage d’Ezra, qui semblait incarner la noblesse que l’on prêtait aux Serpentard, contrairement à Sunday qui en était malheureusement l’opposé — ce qui l’interrogeait sur sa présence dans la maison des reptiles. Dépliant ses genoux, il se leva finalement, prenant l’invitation de son camarade pour quitter ses observations architecturales.
— On peut chercher, oui, et sur ces mots il hésita à tendre la main pour aider Ezra à se relever mais il se ravisa finalement, jugeant que c’était une marque de proximité qu’ils ne méritaient pas encore de partager. Moi, je trouve que le monde magique est rempli de secrets, et un peu trop même. Quand on cache quelque chose, c’est pas qu’on a des reproches à se faire ? Tu crois pas qu’il y a des trucs dans toutes ces pièces qui devraient pas être là ? T’as pas peur de tomber sur quelque chose de dangereux ? questionna-t-il, tout en marchant d’un pas lent et dansant jusqu’à une des armures de chevalier qui gratifiaient les couloirs de leur présence silencieuse mais charismatique.
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Est ce qu'il fallait avoir peur ? Evidemment. Mais la peur ne serait jamais un frein. Il pouvait y avoir des tas de choses dans ce château, bonnes ou mauvaises, cela ne m'empêcherait pas de mettre mon nez partout. L'excitation de la découverte était plus fort que tout. L'école était millénaire, j'étais persuadé qu'elle renfermait des objets que le commun des sorciers ne pouvait même pas concevoir. Or, rester au rang des ignorants ne faisait pas partie de mes projets.
"Est ce que les portes sont fermées pour notre sécurité ? Sont elles là pour garder les choses secrètes ? Que ça soit l'un ou l'autre, cela ne fait qu'augmenter ma curiosité. Mais tu as raison, il faut se méfier du jour où nous n'aurons plus peur."
Le pas lent de Sunday était plus propice à la réflexion qu'à l'exploration et le couloir me semblait alors beaucoup plus long tout à coup. Je commençais à me demander si mon camarade était le meilleur allié pour abattre le colossal travail qui nous attendait quand une de ses phrases me revint : "je trouve que le monde magique est rempli de secrets..." Je n'y avais pas prêté attention sur le coup mais en y songeant c'était une phrase typiquement moldue. Je m'arrêtais :
"Tes pas encore habitué ? Les fantômes, les portraits qui parlent, les sortilèges... tout ça c'est encore nouveau pour toi. Tes parents sont moldus peut être ? Si c'est ça, faut que tu saches que je m'en fiche. T'es un sorcier maintenant, faut juste t'y faire."
Ce n'était pas la peine d'en dire plus. Je clôturais donc le sujet en gratifiant Sunday d'un large sourire afin qu'il comprenne que pour moi, ce genre de question ne se posait pas puis reprenait ma marche vers le bout du couloir.
"Pas de passage secret ici, on va aller voir au troisième étage."
"Est ce que les portes sont fermées pour notre sécurité ? Sont elles là pour garder les choses secrètes ? Que ça soit l'un ou l'autre, cela ne fait qu'augmenter ma curiosité. Mais tu as raison, il faut se méfier du jour où nous n'aurons plus peur."
Le pas lent de Sunday était plus propice à la réflexion qu'à l'exploration et le couloir me semblait alors beaucoup plus long tout à coup. Je commençais à me demander si mon camarade était le meilleur allié pour abattre le colossal travail qui nous attendait quand une de ses phrases me revint : "je trouve que le monde magique est rempli de secrets..." Je n'y avais pas prêté attention sur le coup mais en y songeant c'était une phrase typiquement moldue. Je m'arrêtais :
"Tes pas encore habitué ? Les fantômes, les portraits qui parlent, les sortilèges... tout ça c'est encore nouveau pour toi. Tes parents sont moldus peut être ? Si c'est ça, faut que tu saches que je m'en fiche. T'es un sorcier maintenant, faut juste t'y faire."
Ce n'était pas la peine d'en dire plus. Je clôturais donc le sujet en gratifiant Sunday d'un large sourire afin qu'il comprenne que pour moi, ce genre de question ne se posait pas puis reprenait ma marche vers le bout du couloir.
"Pas de passage secret ici, on va aller voir au troisième étage."
14 ans / Promo 47 / 4ème année RP 2050-2051 / Fiche PR
"“Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison.” Edgar Allan POE
"“Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison.” Edgar Allan POE
Tournez à gauche. Faites demi-tour.
Pour Sunday, il n'y avait aucun risque : le garçon était entrelacé, momifié dans des bandes conçues par sa propension à avoir peur de tout. Chaque mouvement le rappelait à cette émotion, chaque pas amorcé dans ce grand château aux possibilités infinies, chaque nouvelle connaissance inhérente au monde magique, qui provoquait la naissance de nouveaux doutes, de nouveaux questionnements. Son cerveau oscillait entre l'hypervigilance des autres et de cet univers, et les voyages sur la Lune durant lesquels les communications vers la Terre étaient complètement coupés. Ce paradoxe poussait Sunday à alterner les phases de grands questionnements, et celles d'une certaine dissociation à ce qui l'entourait.
Ses paroles avaient trahi son statut de né-moldu, ce qui arrivait sans arrêt. Incapable de se sentir être partie intégrante des sorciers. Il y avait lui et puis il y avait les autres dans ce château. Les autres, ceux qui connaissaient mieux que lui, qui savaient quel sortilège employer en quelle situation, qui connaissaient des mots semblant tout droits sortis d'un film de fantasy. Alors qu'Ezra s'était arrêté, Sunday continuait sa marche lente, les mains enfoncées dans les poches comme pour les emprisonner et les empêcher de se mettre à se mouver dans tous les sens tels des serpenteaux nerveux.
— Y'a plein de gens qui s'en fichent pas, rétorqua-t-il dans l'incapacité d'accueillir la bienveillance de son camarade sur le sujet. Serpentard était la mauvaise maison lorsqu'on était né-moldu. Mais il se tourna vers l'autre garçon aux couleurs de la maison verte et balaya l'air d'un geste du bras comme pour écarter le sujet de conversation. Il le replaça sur l'existence des passages secrets, qui l'effrayaient plus que l'intéressaient, finalement ;
— Okay on y va, mais tu cherches un truc en particulier ? Un endroit, un symbole.. Une porte... Je sais pas, parce que c'est vague quand même tout ça, non ? Sur ces mots, il tourna le corps d'un seul geste de pivot vers le couloir de gauche sans vraiment savoir s'il était bien sur le trajet adéquat, n'ayant aucune idée de leur localisation ni de la direction de leur destination.
Ses paroles avaient trahi son statut de né-moldu, ce qui arrivait sans arrêt. Incapable de se sentir être partie intégrante des sorciers. Il y avait lui et puis il y avait les autres dans ce château. Les autres, ceux qui connaissaient mieux que lui, qui savaient quel sortilège employer en quelle situation, qui connaissaient des mots semblant tout droits sortis d'un film de fantasy. Alors qu'Ezra s'était arrêté, Sunday continuait sa marche lente, les mains enfoncées dans les poches comme pour les emprisonner et les empêcher de se mettre à se mouver dans tous les sens tels des serpenteaux nerveux.
— Y'a plein de gens qui s'en fichent pas, rétorqua-t-il dans l'incapacité d'accueillir la bienveillance de son camarade sur le sujet. Serpentard était la mauvaise maison lorsqu'on était né-moldu. Mais il se tourna vers l'autre garçon aux couleurs de la maison verte et balaya l'air d'un geste du bras comme pour écarter le sujet de conversation. Il le replaça sur l'existence des passages secrets, qui l'effrayaient plus que l'intéressaient, finalement ;
— Okay on y va, mais tu cherches un truc en particulier ? Un endroit, un symbole.. Une porte... Je sais pas, parce que c'est vague quand même tout ça, non ? Sur ces mots, il tourna le corps d'un seul geste de pivot vers le couloir de gauche sans vraiment savoir s'il était bien sur le trajet adéquat, n'ayant aucune idée de leur localisation ni de la direction de leur destination.
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Vague ?
Rien de ce que j'entreprenais ne pouvait être qualifié comme tel. Mes choix, mes actes, mes paroles tout étaient murement réfléchis, pesés et assumés. Me faire taxer de la sorte par un tchava qui, deux minutes plus tôt, semblait paumé et l'œil hagard ne me plaisait pas. Et, s'il n'avait pas pivoté sans raison vers le couloir de gauche, ce dernier aurait pu s'en rendre compte de lui même.
Je sentais déjà mon sang écumer, mes muscles se tendre et ma mâchoire craquer, preuve que tout mon être réclamait une empoignade avec l'impertinent dont l'air débonnaire suffisait pourtant à désarmer toute velléité d'agressivité. Malgré ces propos, Sunday, ce garçon polaire, finissait contre toute attente par m'être sympathique. Je ravalais ma fierté sans pour autant fléchir :
"Ce n'est pas "vague", au contraire. Depuis la nuit des temps ce château a accueilli nombre de passages secrets. Si tu avais lu les mêmes ouvrages que moi, tu saurais. Ils sont gardés par des mots de passe, tout comme l'accès à notre salle commune. Celui que je cherche conduit du couloir du deuxième étage vers le couloir du troisième étage. Mais impossible de mettre la main de dessus. J'ai questionné le portrait de Boris le Hagard à son propos mais ce vieux dément n'a rien voulu savoir."
J'avais parlé rudement, sans pause, ni respiration, porté par l'irrépressible envie d'obtenir réparation et j'espérais, que malgré toutes les chimères qu'il put avoir en tête, Sunday capterait au moins mon agacement.
Rien de ce que j'entreprenais ne pouvait être qualifié comme tel. Mes choix, mes actes, mes paroles tout étaient murement réfléchis, pesés et assumés. Me faire taxer de la sorte par un tchava qui, deux minutes plus tôt, semblait paumé et l'œil hagard ne me plaisait pas. Et, s'il n'avait pas pivoté sans raison vers le couloir de gauche, ce dernier aurait pu s'en rendre compte de lui même.
Je sentais déjà mon sang écumer, mes muscles se tendre et ma mâchoire craquer, preuve que tout mon être réclamait une empoignade avec l'impertinent dont l'air débonnaire suffisait pourtant à désarmer toute velléité d'agressivité. Malgré ces propos, Sunday, ce garçon polaire, finissait contre toute attente par m'être sympathique. Je ravalais ma fierté sans pour autant fléchir :
"Ce n'est pas "vague", au contraire. Depuis la nuit des temps ce château a accueilli nombre de passages secrets. Si tu avais lu les mêmes ouvrages que moi, tu saurais. Ils sont gardés par des mots de passe, tout comme l'accès à notre salle commune. Celui que je cherche conduit du couloir du deuxième étage vers le couloir du troisième étage. Mais impossible de mettre la main de dessus. J'ai questionné le portrait de Boris le Hagard à son propos mais ce vieux dément n'a rien voulu savoir."
J'avais parlé rudement, sans pause, ni respiration, porté par l'irrépressible envie d'obtenir réparation et j'espérais, que malgré toutes les chimères qu'il put avoir en tête, Sunday capterait au moins mon agacement.
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